Le "vivre ensemble" est-il devenu l'un des thèmes de prédilection et l'une des préoccupations majeures des Grenoblois ?
A en croire les nombreuses interventions et inquiétudes régulièrement soulevées de manière chronique par les habitants lors de réunions publiques, de concertation ou de quartier, on est en mesure de le penser.
Régulièrement, les habitants évoquent une dégradation des conditions de vie dans le centre ville de Grenoble. Nuisances sonores, graffitis, boîtes aux lettres malmenées, urines, incivilités gratuites envers les personnes. Nombreux sont les habitants qui s'interrogent sur les mesures prises ou à prendre par les acteurs publics concernés pour palier aux divers problèmes qu'ils rencontrent au quotidien.
Entre les actes isolés et autres constatations croissantes mentionnées par les habitants, le thème de l'insécurité rejaillit de manière récurrente.
En parallèle, certains se demandent d'ailleurs si le centre ville de Grenoble est un lieu de vie... ou de loisirs.
Evocation de moyens pour lutter contre l'insécurité
Récemment, lors d'une réunion de présentation générale des orientations du budget 2009 déclinée sur le secteur 2 [1], Jérôme Safar, Adjoint aux Finances, chargé des questions portant sur les nuisances et l'insécurité en ville répondait ouvertement aux préoccupations des habitants.
En matière de sécurité le soir, la réponse de la ville est compliquée puisque qu'elle n'intervient généralement pas au delà de 22h... 22h30.
"La réponse de la Ville ne suffira pas (...) Aujourd'hui, vous avez autant de policiers nationaux qu'en 1997 sur la circonscription de Police de Grenoble, Gières, Saint-Martin le Vinoux, Saint-Martin d'Hères, Echirolles (...) Je sais que quand vous appelez le 17 le soir, soit vous n'avez pas de réponse, soit les équipages de Police national ne viennent pas ou viennent trop tard (...) Aujourd'hui, en moyenne, il y a deux équipages qui tournent chaque soir sur tout ce territoire" explique Jérôme Safar.
L'Adjoint aux Finances va plus loin. Il évoque une incivilité croissante envers les employés municipaux chargés de "remettre en ordre" la ville au petit matin. Celui-ci s'interroge sur l'éventualité de disposer d'une "Police permanente" en ville.
"Il y a quelques mois, l'éventualité d'avoir une Police présente tout le temps n'était pas pour la Ville de Grenoble quelque chose que je favorisais et j'en suis aujourd'hui à me poser la question si nous n'aurons pas à palier à terme à un désengagement" souligne l'élu.
L'idée de renforcer les patrouilles en faisant appel à des entreprises privées de sécurité n'est pas à l'ordre du jour. "Sincèrement, je ne pense pas connaître un seul élu au Conseil municipal qui accepterait de s'engager sur cette voie là, toutes tendances confondues" signale le 1er Adjoint.
Quelques constatations de la Ville de Grenoble
La plupart des habitants du centre-ville de Grenoble se plaignent des nuisances sonores qui surviennent principalement au moment de la sortie des établissements de nuit (bar, restaurant, discothèque...) vers 1h du matin. Pour tenter de diluer le flot des nuisances, certains évoquent la nécessité de réguler fluidifier les sorties au delà de cet horaire (avant 3h du matin).
Selon Jérôme Safar, la Ville de Grenoble a récemment constaté une baisse des agressions graves. Par ailleurs, elle témoigne d'une augmentation des incivilités et petites agressions courantes sur les personnes.
Quand aux agressions qui surviennent dans le tramway, elles auraient fortement diminué ces derniers temps. "On a mis des caméras dans les bus et les trams (...) Je suis affirmatif, on a pu retrouver systématiquement 99% des agresseurs, souvent les mêmes d'ailleurs, grâce à nos dispositifs" explique Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la ville.
La question de la fermeture du Jardin de Ville
Au niveau du secteur 2, l'un des sujets qui préoccupent riverains et habitants porte sur la fermeture prochaine et programmée éventuelle du Jardin de Ville... la nuit.
En mai 2009, le dossier sera ouvert et mis sur la table.
Pour tenter de faire face aux nuisances qui surviennent principalement la nuit dans le parc du Jardin de Ville, la ville de Grenoble évoquent quatre "scénarios" possibles.
Une fermeture totale du Jardin de Ville la nuit. Problème : cet espace est un lieu de passage régulier et de transit pour de nombreux Grenoblois. Une fermeture complète déporterait le problème des dégradations nuisances sonores rencontrées sur cette partie du secteur... ailleurs.
Une fermeture partielle des accès au niveau de la roseraie (jardin fleuri). Elle ne doit pas empêcher le passage des personnes d'une rue commerçante à une autre, notamment entre la place de Gordes et la rue Montorge.
Une fermeture plus importante "autour" de la roseraie (limitation d'accès) pourrait toutefois être envisagée.
La dernière option évoquée consiste à ne pas fermer l'accès au jardin de Ville et de conserver les accès en l'état. Un scénario toutefois peu envisagé à terme par la Ville. Il induirait necessairement un déploiement et un renforcement "de moyens humains et une réaction de la Police nationale que nous ne sommes pas en mesure, nous, Ville de Grenoble, de vous promettre" souligne Jérôme Safar.
Engager une réflexion commune
Depuis deux ans, une réflexion s'est engagée avec les professionnels de la nuit, les Conseils consultatifs de secteur et les associations de riverains pour la rédaction d'une "Charte de la tranquillité publique". A court terme, la ville souhaite que la Préfecture de Police soit signataire de ce document.
La question de l'organisation de l'espace publique est au cœur des préoccupations des habitants du centre-ville.
D'un côté, il faut trouver des parades pour tenter de gêner le moins possible les riverains des alentours. De l'autre, il est nécessaire d'assurer une circulation optimale des habitants pour qu'ils puissent venir consommer, se divertir... et y vivre.
Au delà de cette charte, au delà de la "réactivation en douceur" des Conseils consultatifs de secteur, souhaitons que la Ville de Grenoble puisse prochainement répondre de manière constructive aux préoccupations des habitants et riverains concernés par ces nuisances chroniques en centre-ville.
Quasiment à chaque réunion publique, un habitant signale un sentiment croissant d'insécurité et interpelle les responsables publiques. Parmi les évocations, celles des moyens sur le terrain et la coordination des dispositifs de la Police Nationale et le la Police Municipale.
L'incivilité, l'insécurité ou les nuisances dans leur ensemble, pourraient bien être au cœur des préoccupations des Grenoblois lors des prochaines échéances électorales... au niveau local.
Notes
[1] centre-ville de Grenoble, Notre-Dame, Championnet, Foch, Aigle, Libération, Mutualité, Préfecture, Saint-Laurent, Ile Verte



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Salut Chrys. Je te trouve un peu dur avec la...
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