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01

07

2009

L'ESC Grenoble EM renforce sa politique ascension sociale auprès des jeunes issus de millieux modestes

esc grenoble em Le 26 juin 2009, dans le cadre de sa politique "Ascension Sociale et Diversité", Grenoble Ecole de Management (GEM) invitait la presse [1] à découvrir les nouveaux enjeux et nouvelles perspectives de l'ESC Grenoble visant à permettre à des jeunes élèves et étudiants issus de milieux modestes d'accéder aux classes préparatoires et aux Ecoles de Commerce.

Très Souvent décriées ou critiquées pour leur manque d'initiative et d'ouverture en matière de diversité sociale et culturelle au monde économique et de l'entreprise, nombreuses sont les Ecoles de Commerces dans l'hexagone qui tentent de "flirter par nécessité" avec l'exigence nationale d'ouverture sociale pour s'offrir un permis de bonne conduite.

Visiblement, dans ce domaine, l'ESC Grenoble Ecole de Management sort de ce contexte et a choisi de prendre une autre direction, une autre méthode.


Une sensibilisation et une volonté d'ouverture


L'ESC Grenoble est connue pour être impliquée dans de nombreux dispositifs visant à renforcer sa volonté d'ouverture auprès d'un large public.

Récemment, l'école s'est illustrée en recevant cinq distinctions sur le plan national pour ses actions en lien avec le handicap. 272 étudiants ont décroché le label "HandiManager" attestant qu'ils ont été sensibilisés durant leur formation à la problématique de l'intégration professionnelle des personnes handicapées.

Depuis bientôt quatre ans, le partenariat entre la Fondation Agir contre l'Exclusion (FACE) et l'ESC Grenoble permet à de nombreux étudiants de suivre une préparation sur mesure au concours d'admissions parallèles "Passerelle ESC". Une ouverture sociale permettant d'élargir le recrutement des élèves motivés issus notamment de milieux modestes et/ou défavorisés. Les étudiants sélectionnés bénéficient toute l'année d'un suivi pédagogique, d'un accès à toutes les ressources de l'école et d'un triple accompagnement individuel (un prof dédié, un coach étudiant et un tuteur entreprise).

En 2007, sur les 7 élèves présentés, un étudiant avait réussi le concours lui permettant d'intégrer l'une des 18 Grandes Ecoles de la banque "Passerelle".


Ascenseur social... ou ascension sociale ?


Au travers de la concurrence impitoyable que se livrent la plupart du temps les Grandes Ecoles, la direction de Grenoble Ecole de Management (EM Grenoble), soucieuse de son image, souhaite clarifier la situation et apporter ses précisions.

"Les quotas dans les grandes Ecoles, c'est bien gentil (...) S'habituer principalement à un type de profil, ce n'est pas un discours, une attitude qui soit compatible avec les attentes de ces personnes (...) Toute politique de quotas conduit à une photo d'accompagnement de tous les articles avec un rappeur à casquette du 9-3 (...) Nous ne voulons pas être accusé plus tard, devant la glace, d'être des individus qui n'avons fait que suivre le mouvement de concentration sociale dans les Grandes Ecoles (...) Les Grandes Ecoles, il faut le dire aujourd'hui, ont failli (...) Comme le disait Jacques Attali dans un livre, si vous voulez que votre enfant entre à X, je peux vous donner le nom des 6 classes maternelles à l'issue desquelles le parcours est déjà tracé pour y parvenir" explique avec rigueur et pragmatisme Thierry Grange, Directeur de Grenoble Ecole de Management.

Le dispositif "Ascension sociale et Diversité" repose sur un triple objectif : accompagner très tôt l'accessibilité des élèves de milieux modestes, détecter en amont leur potentiel de réussite et leur permettre inévitablement de réussir, offrir davantage au monde de l'entreprise une richesse sociale et culturelle issue de la diversité.

"Les entreprises que nous rencontrons ont besoin d'une ouverture à la diversité psychologique (...) On doit essayer de donner toute l'aide nécessaire aux lycéens et étudiants pour qu'ils puissent se muscler avant de passer le concours (...) En ouvrant les écoles, il se peut que les gens que nous aidons soient dans des conditions moins difficiles que d'autres personnes qui sont rentrés comme ça, facilement, par la voie classique (...) Nous faisons ça parce qu'on nous le demande (...) On est très fier de le faire sur ordre, ça nous évitera de tomber dans la charité ou dans des points de vue philosophico-je-ne-sais-pas-quoi qui ne nous aideraient pas" ajoute Thierry Grange.

En d'autres termes, la politique de l'ESC n'est pas de placer un élève dans un ascenseur aspirateur social le menant tout droit en haut de l'échelle sociale. Ce qu'elle prône, c'est l'ascension sociale progressive afin qu'il puisse monter les étages à son rythme tout en étant accompagné pour y arriver.


Un nouvel accès "privilégié" à l'Enseignement Supérieur


Dans sa tradition d'ouverture, l'ESC Grenoble Ecole de Management vient de signer un nouveau partenariat avec le Lycée Champollion de Grenoble.

Objectif : permettre à des jeunes issus de milieux modestes d'accéder aux classes préparatoires et aux Ecoles de Commerce.

En 2007, l'ESC Grenoble a créé un concours post-bac IUT dans le cadre du dispositif FACE (élargi au niveau national, Passerelle) à destination de lycéens de classe de Terminale de milieux défavorisés. Ces derniers passent un concours écrit et oral en vue d'une intégration à l'IUT 2 de Grenoble pour obtenir leur DUT. Une fois obtenu, ils intègrent l'ESC Grenoble sans repasser le concours.

En 2008, le Lycée Champollion a initié un projet "Ascenseur Prépas" en partenariat avec la FACE dans le cadre de l'exigence nationale d'ouverture sociale des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (CPGE). Il permet d'accompagner des élèves des lycées de l'agglomération Grenobloise répondant à certains critères sociaux et sélectionnés par la FACE (critère de résidence, financier, de bourse, de situation familiale avec ordre de priorité sociale) vers notamment les classes préparatoires littéraires et économiques.

"Une prof m'a parlé de ce projet, elle m'a poussé, elle croyait en moi (...) J'ai tenté l'expérience et finalement j'ai été accepté (...) Ce qui est bien avec les modules que j'ai eu c'est que je peux aussi les réutiliser en classe (...) Au troisième trimestre, ma moyenne générale a monté d'un point et demi, je suis passé de 13 à 14,5/20 (...) Maintenant, ça me motive pour rentrer en Prépa et en Ecole de Commerce" explique Ludivine Adla, élève en 1ère ES au Lycée Marie Curie à Echirolles.


Un risque maîtrisé


Actuellement, 17 lycéens sont engagés dans ce processus d'ascension sociale et scolaire... pour 10 places offertes.

Ils bénéficient de ce dispositif une fois par mois (principalement le mercredi après-midi en plus des cours classiques traditionnels). Le concours a lieu en avril, quelques semaines avant l'épreuve du Bac.

l'ESC Grenoble Ecole de Management souhaite naturellement ardemment que les élèves feront le choix d'intégrer ses murs. Elle essayera de tout faire pour les retenir...

Au passage, rappelons en pratique les droits de scolarité de l'ESC Grenoble Ecole de Management : 1ère année (7920 €) - 2ème (8480 €), 3ème (8480 €) avec un large éventail de financement possible.

Parmi la liste des lycées retenus pour le moment faisant partie du dispositif "Ascenseur sociale et Diversité", citons les lycées Marie Curie (Echirolles), Mounier (Grenoble), Champollion (Grenoble) ou Pablo Neruda (Saint-Martin-d'Hères).

Quatre lycées qui, selon le dossier du magazine l'Express du 15 avril 2009... sont déjà en tête du classement des meilleurs établissements publics en Isère (Marie-Curie, 1er du département, 66ème sur 1909 sur le plan national - Pablo Neruda, 8ème - Champollion, 20ème - Mounier, 33ème). Le meilleur lycée classé du département est... l'ITEC Boisfleury (Corenc, privé - 10ème sur le plan national).

En amont, il pourrait s'agit d'une autre forme de sélection à l'entrée...

Notes

[1] déjeuner presse : journalistes, direction, entrepreneur, élève...


12

06

2009

Quand des parents d'élèves fêtent le départ à la retraite d'une Directrice d'école à Grenoble : vidéo

bizanet grenoble 23 ans.

Cela fait déjà 23 ans que Marie-Ange Stourm, Directrice "en chef" de l'Ecole maternelle et élémentaire Bizanet fait partie des murs et du patrimoine des deux établissements scolaires situés juste en face du Musée de Grenoble.

Cette femme active, remplie d'énergie et de bonne volonté, organise, planifie et gère d'une main ferme la direction et la vie scolaire de l'Ecole Bizanet depuis des années [1].

Le "pôle" Bizanet intègre également une Section Internationale Espagnole (seule école primaire en Isère à proposer un enseignement en espagnol au niveau de l’apprentissage d’une première langue étrangère - sélection à l'entrée - 13 sections internationales de ce type existent en France).

Après avoir eu l'opportunité de reporter à plusieurs reprises la date de son départ effectif à la retraite, la "dame de fer" au caractère bien trempé a décidé cette année par obligation de tirer sa révérence et de quitter ses fonctions à la fin de ce cursus scolaire.


Une Directrice exigeante et juste...


Ne laissant jamais le hasard s'installer, le moindre faux pas ni le moindre problème en suspend, chaque écolier redoute de passer au moins une fois dans son bureau pour un tête à tête... en règle, en cas de problème.

Quand quelque chose ne tourne pas rond en terme de fonctionnement ou de présentation de projets scolaires, elle n'hésite pas à dire tout haut ce qu'elle pense tout bas auprès de l'Adjoint à l'Education [2] à la Ville de Grenoble. Au service scolaire de la Mairie de Grenoble ou de l'Inspection académique de l'Isère, tout le monde connaît Marie-Ange Stourm.

Son tempérament à facette, exigeant et juste envers les élèves de son établissement ne passe jamais inaperçu auprès des parents d'élèves et du personnel de la Vie Scolaire.

"Ecoutez, moi vous savez, j'ai calculé mes points, je pourrai partir maintenant, me reposer et faire autre chose (...) J'ai choisi de rempiler encore une année parce que l'équipe enseignante fait du bon boulot sinon je resterai pas (...) Et puis vous avez vu où on en est (...) Je vois mal mon successeur prendre le relai sur le retard des travaux de la Mairie sur le chantier de la nouvelle halte-garderie dans l'établissement et gérer l'histoire de la suppression de classe le samedi matin qui va arriver" expliquait Marie-Ange Stourm en 2007-2008.

"Quand elle nous appelle, on sait que c'est elle au bout du fil (...) Elle nous appelle pas pour rien généralement, surtout pour régler un problème qui lui semble urgent" soulignait Annick Debart, Responsable de la Vie Scolaire à la Mairie lors d'une réunion de présentation du Projet Educatif Grenoblois (PEG) aux parents d'élèves fin 2008.


...qui s'occupe de tout


Elle supervise la gestion administrative de l'Ecole sur son vieux i-Mac CRT. Elle vérifie avec minutie auprès d'autres directeurs d'école de la ville une éventuelle baisse du budget de fonctionnement alloué par la Municipalité. Elle s'insurge auprès des fournisseurs lorsqu'une référence de cartouche d'imprimante n'est plus référencée. Elle installe les ateliers des petits et leur matelas pour qu'ils puissent faire une sieste après le temps de restauration scolaire. Elle tiend tête au délégué de parents d'élèves en certaines circonstances...

Elle est comme ça, Marie-Ange.

Il y a quelques décennies, l'école Bizanet jouissait d'une assez mauvaise réputation sur Grenoble.

Depuis quelques années, c'est l'inverse, l'image de l'établissement a changé. Avec une telle force de caractère, une équipe solide et un peu d'acharnement pour son fonctionnement et son budget, pas étonnant que l'Ecole Bizanet "tourne" bien... et plus encore.


Un départ à la retraite fêté en "grande pompe"


Certains parents d'élèves la redoutent, ne supportent pas son caractère, son tempérament et son franc parler. D'autres l'estiment, l'adorent, soutiennent sa détermination et reconnaissent sans vergogne qu'une page importante de l'histoire de cette école va désormais se tourner... sans elle.

Pour fêter en "grande pompe" le départ à la retraite de Marie-Ange Stourm début juillet 2009, des parents d'élèves ont organisé une fête assez inattendue. Plus de la moitié d'entre eux, anciens élèves [3] et personnel de l'établissement scolaire ont répondu présents (environ 200 personnes... sans compter les enfants).

Ma vidéo : une grosse surprise attend la Directrice de l'école Bizanet en bas de son école ce lundi 8 juin 2009, de 18h30 à 22h00.

Quand des parents d'élèves décident de mettre le paquet pour fêter son départ, ça donne ça... en rythme :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



"C'était génial (...) Vous savez, j'ai mis deux jours pour m'en remettre (...) Tout ça, c'était pour moi (...) Je m'en souviendrai toute ma vie" déclarait cette semaine la Directrice de l'Ecole Bizanet, qui n'en revenait toujours pas.

Vu son tempérament et son caractère, sa retraite risque d'être active.

Bon vent Mme la Directrice...

Notes

[1] voir le e-journal de l'association des parents d'élèves APEB

[2] Paul Bron

[3] voir sur copainsdavant


09

02

2009

Projet Educatif Grenoblois. Vers une semaine de 4,5 jours pour nos enfants sur Grenoble à la rentrée 2009 ?

Bron école Grenoble Depuis la rentrée 2008/2009, nos enfants ne vont plus à l’école le samedi matin. Sur le plan national, des enquêtes d’opinions montrent que cette décision entérinée par le Ministère de l’Education nationale est appréciée par une grande majorité [1] de parents d’élèves.

En instaurant la semaine de quatre jours, le rythme de l’enfant est modifié.

Depuis la rentrée, de nombreux enseignants estiment qu’ils doivent dorénavant "faire en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi" tout en assurant l’aide personnalisée apportée aux élèves en difficulté scolaire.

Dans le cadre de l’élaboration du Projet Educatif Grenoblois (PEG), projet qui vise à définir une politique éducative, la Ville de Grenoble entend engager une discussion sur les changements et incidences produits par la réforme sur le "rythme de l’enfant et de la famille".


Projet Educatif Grenoblois, rythme de l'enfant et de la famille


Cette réflexion de la Ville de Grenoble s’appuie principalement sur des études menées par des "chronobiologistes" et notamment sur un entretien avec Philippe Meirieu, Professeur en sciences de l’éducation à l’Université Lumière (Lyon 2).

Le spécialiste en sciences de l'éducation et en pédagogie souligne que la semaine de quatre jours ne convient pas à tous les enfants. Chacun n'ayant pas le même rythme d'apprentissage scolaire, de la vie.


9 demi-journées, cours le mercredi matin, sorties de classe à 15h45


La Ville de Grenoble envisage de proposer dès la rentrée 2009 un passage progressif à 9 demi-journées par semaine pour les enfants (lundi, mardi, mercredi matin, jeudi et vendredi).

Au lieu de sortir de classe le soir à 16h30, les élèves sortiraient... à 15h45 !

Si on respecte le nombre d'heures qu'un élève doit effectuer dans l'année, cet "étalement du temps de travail" sur la semaine devrait logiquement le contraindre à ne pas se rendre à l’école un mercredi sur trois [2].

Annick Debart, responsable de la Vie scolaire souligne que la journée de classe (qui passerait de 6h à 5h15/jour) pourrait être organisée de manière différente : mise en place d'activités sociaux éducatives périscolaires supplémentaires dans le cadre du PEL (Projet Educatif Local) en sortie d'école, après la garderie ou l'étude du soir et la possibilité d'allonger la "pause méridienne" (temps de restauration de l'enfant) de 11h30 à 14h30 au lieu de 13h30.

Un peu moins d’un quart des établissements Grenoblois [3] pourraient être concernés par cette mesure dès la rentrée prochaine. La Ville de Grenoble souhaiterait que ceux situés en zones d’éducation prioritaires (ZEP) puissent les premiers bénéficier de cette dérogation à la semaine de quatre jours [4].

A terme, l’objectif serait d’uniformiser le passage à quatre jours et demi sur Grenoble et d’encourager progressivement d’autres municipalités de l’agglomération à le faire.

Pour Paul Bron, Adjoint à l’Education à la Ville de Grenoble, ce projet est une priorité du Plan Educatif Grenoblois.


Les Conseils d'écoles doivent rapidement... se prononcer


En février - mars 2009, les Conseils d'écoles du second trimestre (directeur d'écoles, corps enseignant et délégués de parents d'élèves) devront débattre sur les avantages et inconvénients d'une semaine de 4,5 jours et élaborer des propositions de travail pour améliorer le rythme de travail de l'enfant.

Ce sont eux qui auront la charge de se prononcer sur cette dérogation et de la mettre à l'ordre du jour [5]. Les Conseils d'écoles qui choisiront d'opter pour cet étalement du rythme scolaire devront présenter un projet écrit indiquant les raisons de leurs motivations, sous couvert d'une validation effectuée par l'Inspection académique de l'Isère (IA).

Un fois entérinée, la Ville de Grenoble s'engage à respecter la décision prise par les Conseils d'écoles, à maintenir la durée de prise en charge des enfants sur la journée et à soutenir les établissements qui rentreront dans le cadre de cette expérimentation dérogation.

En avril 2009, les propositions d'évolution du rythme et/ou des horaires de l'enfant devront être élaborées en vue d'une mise en oeuvre du processus.

Tout doit être entériné d'ici mai 2009.... pour préparer la rentrée... 2009/2010.


Le schéma de concertation de la Ville de Grenoble


En octobre 2008, les principaux représentants des délégués de parents d'élèves de la ville ont eu partiellement connaissance de cette réforme dérogation.

Mi janvier 2009, la municipalité a présenté un schéma de concertation afin d’impliquer les parents d’élèves dans l’élaboration de son Projet Educatif Grenoblois, en partenariat avec les structures d’éducation populaires (écoles, MJC, centre sociaux…) et les associations concernées. Un tour de table est en cours auprès du corps enseignant et des directeurs d’école.

Au cours du mois de janvier et de février 2009, la Ville de Grenoble organise 7 "réunions de concertation sur les rythmes de l'enfant et de la famille" avec les parents d’élèves dans chaque secteur de la Ville (8000 parents invités à participer).


Réunion de concertation sur les secteurs 4 et 5 : présentation du projet


Jeudi 5 février 2008, de 18h à 20h, les parents d'élèves des écoles Bajatières, Clémenceau, Driant, Elisée Chatin, Ferdinand Buisson et Léon Jouhaux étaient conviés à la présentation du projet de la Ville de Grenoble à La Chaufferie (rue Léon Jouhaux). Lors de cette 5ème réunion, seulement 70 parents d'élèves (sur 6 écoles) avaient fait le déplacement.

En introduction, Paul Bron, Adjoint à l’Education présente brièvement son le projet aux quelques parents d'élèves. Ils sont invités à suivre la projection d'une vidéo de 14 mn de Philippe Meyrieu intitulé "Respecter les rythmes de l'enfant pour l'aider à grandir" (voir la vidéo).

Dans sa vidéo, le chercheur explique notamment que "la concentration est la clé de la réussite scolaire (...) L'important, c'est de comprendre ce que l'on apprend (...) L'année scolaire est mal équilibrée (...) Il faut éviter les cassures dans la semaine (...) Nous avons intérêt à regarder avec les yeux de l'enfant pour suivre et s'occuper de son développement (...) Dans une journée, les deux moments les plus favorables pour l'apprentissage sont la première partie de la matinée et la seconde partie de l'après-midi". Lorsqu'un enfant est devant la télévision, Philippe Meyrieu préconise aux parents de rester près de lui, de l'accompagner durant ce temps devant le petit écran et de lui expliquer le programme qu'il regarde [6].

Dans un second temps, Annick Debart, [7] responsable du service Vie Scolaire rappelle les attributions de la Ville de Grenoble et présente les difficultés rencontrées par les enfants, les principes d'accompagnement de la Ville et les pistes d'améliorations possibles sur la semaine d'apprentissage. Rupture dans la semaine scolaire de l'enfant. Temps d'enseignement trop long. Réduction des temps pour l'éducation artistique, culturelle et sportive. Recherche de l'équilibre dans les temps de travail. Complémentarité et cohérence des différentes offres périscolaires adaptées. Volonté de former des animateurs. Volonté d'amener les moyens nécessaires et de soutenir les écoles qui expérimenteront la semaine de 4,5 jours...

Puis, dans un troisième temps, les parents d'élèves sont invités à débattre avec les porteurs du projet.


Réunion de concertation : positions des parents d'élèves sur le projet


Un premier parent prend la parole : "Il serait bon que vous puissiez préciser votre rôle en tant qu'élu de la municipalité (...) J'ai du mal à voir la cohérence de votre démarche au niveau local par rapport au Ministère de l'Education nationale (...) J'ai l'impression qu'il y a un mélange des rôles ou quelque chose de politique dans la démarche".

Les interventions et questions s'enchaînent.

"Tout ça c'est pas très clair (...) Vous nous avez présenté de beaux transparents, c'est bien gentil mais je ne vois pas bien ce qu'il y a derrière (...) Si mes enfants doivent sortir à 15h45, quels sont les moyens que vous comptez mettre à disposition sur le périscolaire pour les accueillir à la sortie et quel est le financement ?"

"On a vraiment pas l'impression que vous allez mettre les moyens derrière votre projet (...) En théorie, c'est bien présenté mais en pratique par derrière, ça va être dur (...) Déjà, il y a un manque de moyens humains et financiers en MJC alors comment allez-vous faire pour les mettre dans votre projet sur le périscolaire dès l'année prochaine ?" s'interroge un père de famille.

Une mère de famille s'interroge sur l'offre périscolaire : "Le PEL, je trouve ça très bien (...) L'année dernière sur la Bajatière, ça me coûtait 5 euros pour le trimestre (...) Mais maintenant cette année, le tarif est basé sur le quotient familial et les familles arrivent à payer 50 euros pour certaines activités et je me demande dans quelles mesures les parents pourront débourser une telle somme sur plusieurs jours dans la semaine pour occuper leur enfant après l'école de 15h45 à 17h30 - 18h ?".

D'autres réactions font surface : "Je suis absolument contre ce projet (...) Mes enfants sont déjà assez fatigués comme ça (...) Ils ont besoin de buller le mercredi, de se reposer ou de faire des activités en famille, dans un centre ou de prendre le temps de faire des devoirs de semaine (...) Sinon on peut changer aussi la société, on finit tous le boulot à 15h et on va les chercher à 15h45 (...) La réalité c'est le travail (...) Il y a ceux qui iront récupérer leurs gosses à l'heure, ceux qui les mettront à la garderie en attendant l'heure et ceux plus chanceux, les plus riches qui les mettront au PEL" (applaudissement dans la salle).

Une autre maman estime que le projet en soi est intéressant pour le rythme de la famille. Pour elle, se lever le mercredi matin pour emmener ses enfants en MJC revient à les préparer pour les emmener à l'école si ses enfants devaient aller en classe le mercredi matin.

Un délégué de la FCPE souligne son attachement au projet. "On estime que la perte du samedi matin est déjà une mauvaise chose (...) Le samedi, c'était le moment où on pouvait créer du lien social entre les parents, leurs enfants et les enseignants (...) Nous, ça fait très longtemps qu'on prône cette semaine de 4,5 jours".

Marina Girod de L'Ain, sociologue, Conseillère municipale de l'opposition (Ecologie & Solidarité) s'exprime. "Je trouve qu'il y a une certaine précipitation (...) On a l'impression que vous posez les questions et en même temps vous apportez déjà les réponses, c'est 4,5 jours et c'est le mercredi matin (...) Quand j'entends parler d'augmenter la coupure méridienne, on serait pratiquement les seuls à avoir une coupure aussi longue, peut être au monde, alors que les autres pays n'ont même pas une heure".

Paul Bron s'adresse au public et répond aux différentes interventions.

"Je veux bien qu'il y ait des parents qui soient complètement contre et d'autres complètement pour mais je vous demande de la modération (...) Ce n'est pas la mairie qui va décider mais les Conseils d'écoles (...) On peut aussi ne pas bouger, rester sur les 4 jours et on clos le débat (...) Pour nous, il y a une opportunité pour ouvrir le débat'".

"Sur les moyens, il est bien plus simple pour nous ne ne rien vous dire plutôt que de s'engager sur un certain nombre de choses (...) Bien sur qu'on n'aura pas énormément de moyens mais on a une opportunité (...) D'abord, on va renégocier avec les animateurs des structures du mercredi matin pour qu'ils puissent réinvestir les temps du périscolaire sur les quatre autres jours (...) Rien qu'avec les mêmes moyens, on peut les répartir autrement".

Par ailleurs, l'adjoint à l'Education propose d'ouvrir des écoles le samedi matin pour les parents qui veulent se mobiliser pour des activités autour de la parentalité avec ou sans les enseignants.


Après avoir interrogé discrètement quelques parents autour de moi durant la concertation puis à l'extérieur du bâtiment [8], il en résulte qu'environ 3/4 des parents présents ne sont pas favorables au projet présenté par la Ville de Grenoble.

En sortie de réunion, sur le parvis de la Chaufferie, une jeune maman explique à une autre "Mais je ne comprends pas (...) On part dans un hypothétique schéma et aujourd'hui, les parents ont besoin de concret et de savoir ce qu'il y a derrière surtout au niveau des moyens sur le périscolaire (...) Déjà le mercredi, on nous dis qu'il manque des animateurs alors tu imagines comment tout ça va fonctionner ?"


Il va de soi que cette dérogation, si elle devait être adoptée par les Conseils d'écoles, n’est pas sans poser des problèmes d’organisation au niveau de la prise en charge des enfants, des gardes, de la gestion des activités extra et périscolaires, du rythme scolaire des enseignants et de celui de la famille.

D'un coté, la Ville de Grenoble souligne son attachement au "rythme de l'enfant" dans le cadre de sa politique éducative.

De l'autre, les parents d'élèves attachés avant tout à l'organisation de leur famille et au fonctionnement de leur quotidien.

Notes

[1] sondages Opinion Way, Psychologies, CSA...

[2] sur le rythme des samedis vaqués les années précédentes

[3] environ 80

[4] Entrevue avec Pierre Brochet, Chargé de mission PEG

[5] d'ici moins de 8 semaines, en comptant les 2 semaines de vacances de février

[6] nombreux parents présents abasourdis par ces propos

[7] voir photo

[8] une alarme incendie s'était déclenchée


18

11

2008

A Grenoble, les équipements CCAS et espaces petite enfance poussent comme des champignons

petite enfance grenoble Depuis quelques années, la municipalité de Grenoble a choisi de mettre en place une politique ambitieuse dans le secteur convoité [1] de la "Petite Enfance".

Nouvelles constructions d’équipements innovants répondant aux nouvelles normes d’accueil des petits, restructuration, réhabilitation d’infrastructures, redéploiement de places en crèche ou halte garderie sur des pôles petite enfance existants…

En matière d’éducation, ce déploiement s’accompagne de nombreux changements.

"Nous aspirons à explorer de nouvelles voies pour répondre aux besoins et aux attentes des Grenoblois" souligne le CCAS de la Ville de Grenoble. Pour beaucoup en terme budgétaire et de structure, le CCAS, c’est un peu "une ville dans la ville". Son budget est conséquent : 60M d’euros, dont plus de 20M attribués au secteur de la petite enfance.

Changement de cap également depuis trois ans : nouvelle politique en matière de critères d’accueil des jeunes enfants, diversification des modes de garde, nouvelles options d’accueil et d’accompagnement des enfants... et des parents. " Notre objectif qualitatif est de lutter contre les inégalités, de développer la mixité et la prévention sociale " explique le Centre.

Reste à savoir si la nouvelle carte politique du CCAS en matière de petite enfance, longuement expliquée en conférence de presse début novembre… convient désormais aux parents.


La petite enfance à Grenoble, en chiffre


Selon le CCAS de Grenoble, il y a eu 2300 naissances à Grenoble en 2007. Le nombre de naissances est plus élevé dans le sud et dans l’ouest de la ville. 5600 petits Grenoblois ont moins de 3 ans.

Grenoble dispose actuellement de 35 équipements d’accueil petite enfance, dont 29 équipements municipaux (4 en gestion associative et 2 en gestion CAF). En tout, 1344 places d’accueil (1198 en équipements municipaux et 146 places en équipements associatifs et CAF). 4 RAM (Relais Assistantes Maternelles municipaux) soit 1743 places d’accueil régulier et périscolaire) et 1 PAP (Pôle Accueil Petite Enfance).

En comparaison avec une autre commune dont le nombre d'habitants est approximativement le même, la Ville de Clermont-Ferrand ne dispose… que de 5 équipements d’accueil petite enfance selon Olivier Noblecourt, le nouvel homme fort de la politique sociale de la ville de Grenoble, Adjoint au Maire chargé de l'action sociale et familiale, Vice-Président du CCAS et ancien directeur de Cabinet de Michel Destot.

Parmi ces chiffres, un est à retenir : le coût annuel d’une place en crèche est de 18000 euros par enfant dont 8500 pris en charge par la municipalité. Une donnée que beaucoup de parents ont du mal à évaluer comprendre au moment de leur démarche d’inscription pour leur bambin.


Ouverture d’équipements petite enfance à venir


Ces dernières années, la municipalité de Grenoble a ouvert en moyenne un nouveau pôle par secteur, soit approximativement 200 nouvelles places d’accueil pour les petits. Ce développement est notamment favorisé par la politique incitative de la CAF.

Au nord de Grenoble (secteur 1 et 2), les équipements "Armand" et "Bizanet". Au centre (secteur 4), "Elisée Chatin". Au sud de la ville (secteur 5 et 6), "O 3 Pom" et "Les Frênes".

La municipalité ne compte pas s’arrêter là.

De nouvelles restructurations et redéploiements d’effectifs sont prévus. En tout, le CCAS s’est engagé à investir plus d’un million d’euros dans la création de 125 places supplémentaires dans les mois à venir, notamment dans les secteurs où la natalité est la plus forte. Voici la liste :

Pôle petite enfance Mistral Eaux Claires (secteur 3) : multi accueil de 25 places de 0 à 6 ans (redéploiement). Coût : 1,4M d’euros. Ouverture : octobre 2008.

Espace petite enfance Malherbe (secteur 5) : 65 places (restructuration des locaux). Coût : 0,8M d’euros. Ouverture : octobre 2008.

Espace petite enfance Bouchayer Viallet (secteur 1) : multi accueil de 40 places de 0 à 4 ans (nouvel équipement). Coût : 1,45M d’euros. Ouverture : avril 2009.

Espace petite enfance T2A (secteur 3) : multi accueil de 80 places de 0 à 6 ans (regroupement équipements Mozart et Saint Bruno). Coût : 1,3M d’euros. Ouverture : fin 2010.

Espace petite enfance Philippeville (secteur 2) : 40 places (redéploiement, nouvel équipement). Coût : 2,2M d’euros. Ouverture : juin 2009. Le choix d’étendre au préalable la surface du Jardin de Ville aux promeneurs est abandonné au profit de l’équipement.

Par ailleurs, un projet de création de places d’accueil est en cours sur le nouveau quartier de Bonne. Objectif : accueillir 40 places. A terme en 2009, la halte garderie Kleber devrait s’inscrire dans ce nouveau projet.

"On sera presque à 1500 places d’accueil dans les équipements et si on ajoute les assistantes maternelles indépendantes, aujourd’hui sur Grenoble, vous allez avoir 3700 enfants qui peuvent être accueillis de manière régulière sur 5600, c’est 66% et c’est considérable (…) Il faut savoir qu’au niveau national, le mode de garde en équipement collectif, c’est moins de 10%" explique le Vice-président du CCAS de Grenoble.


Changement de cap du côté de l’offre


En matière d’équipements, d’accueil et d’offres de prestation sur le terrain, Grenoble se situe à la pointe dans le domaine de la petite enfance. Il est le fer de lance de la politique sociale de la ville.

"On est sur une dynamique démographique fortement portée par les quartiers populaires (…) Aujourd’hui, 1/3 des enfants de 0 à 3 ans vivent dans une famille ayant un revenu inférieur à 770 euros/mois et cette réalité sociale, on ne peut pas l’ignorer (…) La question de la capacité de ces enfants à intégrer un lieu d’accueil collectif est très bénéfique pour leur développement (…) donc, nous avons modifié il y a 3 ans les critères d’admission en crèche (…) Aujourd’hui, c’est entre 1 enfant sur 4 et 1 enfant sur 3 qui sont admis en crèche sur la base d’une priorité sociale (…) Jusqu’à il y a 3 ans, la règle qui prévalait était que les parents devaient travailler pour avoir accès à la crèche" souligne Olivier Noblecourt.

Le besoin d’accueil n’est donc plus "indexé prioritairement" sur le rythme familial des parents mais sur le rythme social de l’enfant.

Le premier objectif est de socialiser l’enfant dès son plus jeune âge. Le second objectif est de promouvoir les lieux collectifs qui soutiennent la parentalité, de développer des initiatives "passerelle" entre la petite enfance et l’école maternelle, de détecter le plus tôt possible d’éventuels soucis de santé dans le schéma collectif et de travailler avec les parents sur des projets d’accompagnement éducatif.


Du côté de la demande… et des parents


Cette nouvelle donne préoccupe légitimement certains parents qui auparavant, avaient l’habitude de déposer un dossier de candidature principalement auprès de l’administration de l’équipement souhaité.

Le nouveau dispositif s’est doté d’un pôle unique d’information, de conseil, d’orientation… et d’inscription (PAP).

Désormais d’un côté, les parents se voient offrir une plus grande souplesse dans le choix d’un équipement et de modes d’accueil pour leurs enfants. De l’autre, ils sont "invités" à accepter une place qui parfois, ne correspond pas toujours à leur choix de départ. Un enfant du nord de Grenoble peut donc obtenir une place au sud de la ville, et réciproquement.

"Dans l’attente, on essaye de leur trouver la meilleure place (…) c'est-à-dire 9 mois entre le dépôt d’un dossier et la place d’accueil en équipement (…) En tant que municipalité de gauche, on a une vraie mission d’accompagnement des publics les plus en difficulté et là-dessus, on ne dérogera pas" explique Céline Deslattes, Conseillère municipale déléguée à la petite enfance.

Sur cet élan, Olivier Noblecourt poursuit "A Grenoble culturellement, les parents attendent la crèche (…) Notre problème, ce n’est pas de faire garder les gamins, mais c’est de défendre la politique petite enfance par le prisme social (…) Une politique globale, éducative, ce n’est pas qu’une politique d’institution".

L’une de mes questions porte sur le nombre de dossiers actuellement sur liste d’attente à Grenoble. La réponse du CCAS est significative.

"On est toujours à peu près sur 600 places en attente qui tournent en volume (…) La demande est supérieure en centre ville et on a un nombre de places restreint (…) Si vous demandez un équipement dans le secteur 6 dans le sud, l’attente sera moins longue et vous participerez à la question de la mixité sociale" explique Céline Deslattes.


En se basant sur la courbe de croissance des naissances en fonction des secteurs de Grenoble, le CCAS fait donc un pari sur l’avenir.

Mais aussi celui de voir évoluer les mentalités de nombreux parents qui considèrent que la crèche est l’équipement de collectivité adéquate pour ceux qui ont une vie familiale et professionnelle trépidante. De nos jours, beaucoup manquent de visibilité, de recul et d'explications sur le fonctionnement des équipements et nouveaux dispositifs de la petite enfance.

En faisant le choix de se concentrer en priorité sur les besoins de l’enfant, il est clair que le CCAS doit chercher désormais à mieux communiquer sur ses objectifs.

Notes

[1] par les parents, par la municipalité…


17

06

2008

Un car scolaire peut en cacher un autre

bus grenoble Il n'est pas rare que notre quotidien nous réserve une surprise. Celle-ci est plutôt amusante et peut en surprendre plus d'un. A commencer par une directrice d'école, des enseignants et des parents d'élèves.

Lundi 16 juin 2008. Après un week-end chargé et une bonne nuit de sommeil bien méritée , mon fils se lève tranquillement vers 7h, déjeune en famille, se lave et s'habille dans sa chambre.

C'est un grand jour pour lui et tous ses petits camarades de classe. Ils ont la chance et l'opportunité de partir en "classe verte" pendant une semaine à Pont-Saint-Esprit (Gard ), au cœur d'un grand domaine, une bastide provençale aménagée pour accueillir des enfants dans des chambres de 2 ou 3 lits, équipées chacune de salle d'eau et sanitaires individuels. Un confort qui en ferait rêver plus d'un.


Préparer une "classe verte" : le parcours du combattant


Ce voyage de fin d'année est organisé par les enseignants de deux classes de grande section (GS) de maternelle à l'Ecole Bizanet (non loin du Musée de Grenoble).

A les écouter, organiser une "classe verte" est un véritable parcours du combattant. Il faut s'y prendre très très tôt (dès le mois d'octobre ou novembre... pour un séjour en juin).

En plus de s'occuper toute la journée de nos enfants en classe et de la logistique d'organisation du séjour semaine après semaine, le corps enseignant est quasi dans l'obligation de se transformer en gestionnaire avisé, adossé à un profil commercial, pour espérer pouvoir partir un jour ou l'autre avec les enfants. Un voyage qui n'aurait pu se faire et se concrétiser sans la ténacité, la volonté et l'audace des jeunes maîtresses, l'énergie de certains parents d'élèves et le formidable soutien tonique de la directrice de l'Ecole maternelle et primaire.

La tâche est compliquée. Sans eux, rien ne peut se faire.

Partir en "classe verte" en 2008 est plutôt inespéré et ce, pour différentes raisons : demander l'autorisation des parents d'élèves, respecter les normes de sécurité en vigueur en milieu scolaire, gérer l'angoisse naturelle de nombreux parents d'élèves (entre ceux qui n'ont jamais eu l'opportunité d'emmener leur enfant en vacances, ceux qui les surprotègent ou ceux qui évoquent la présence éventuelle d'un maniac sexuel sur place en s'appuyant sur l'information des journaux télévisés...), gérer les tracasseries administratives, courir derrière les subventions et obtenir le financement nécessaire...


Payer des impôts, s'entraider pour pouvoir partir


Ce genre d'opportunité de séjour d'une semaine en "pension complète" pour nos enfants permet de rappeler à tous à quoi peuvent également servir nos contributions et impôts locaux.

Pour deux classes de maternelle (environ 53 enfants), le prix total du séjour avoisine... les 11 000 euros : une somme non négligeable. Une moyenne de 205 euros par enfant (certains parents ont deux enfants dans les classes).

Notons que la Mairie de Grenoble prend tout de même à sa charge près de 34% du montant du séjour. Le Conseil général de l'Isère, 12%. L'Ecole, 2%. Les 52% restant sont entièrement à la charge des parents qui doivent se débrouiller pour régler le solde en fonction du quotient familiale de chacun (entre 55 et 160 euros pour un enfant après subventions).

Certains parents d'élèves ont soulevé des difficultés financières. Pour le corps enseignant, tous les enfants doivent partir, sans condition. Des ventes de gâteaux et de plats préparés à la sortie de l'école ont permis ces dernières semaines de répartir et d'abaisser au final les sommes dues et demandées aux parents d'élèves : des idées, de la volonté et une solidarité active, partagée, indispensable, ont permis à tous les enfants de partir ensemble en séjour.


Embarquement... à destination ?


Le grand moment du départ en "classe verte" arrive. Il est 8h45. Le personnel enseignant invite tous les parents d'élèves, enfants et leurs bagages à se rendre devant l'entrée de l'école pour attendre l'arrivée du car scolaire.

Vers 9h10, un car de couleur vert arrive sur les lieux et se gare. Le chauffeur descend, ouvre les soutes à bagages. Une à une, les enseignantes de chaque classe invite respectivement les parents d'élèves à déposer les bagages dans les soutes et à faire monter les enfants dans le car après une premier pointage. La directrice de l'Ecole est là, s'active avec ferveur et charge à elle seule la moitié des sacs et valises des enfants.

Sur le quai d'embarquement, la joie et l'angoisse se lient sur les visages des parents. A travers les vitres, les enfants s'excitent à l'idée de partir, font gentiment les pitres tandis que d'autres appréhendent la séparation et pleurent dans le car.

Pour clôturer la scène, je profite de l'occasion pour plaisanter avec quelques parents légèrement inquiets de voir partir leurs enfants une semaine durant laquelle toute communication directe est volontairement interdite. Je lance quelques boutades "Eh mais, vous avez vu, les pneus du car à l'avant sont lisses [1] (...) La, c'est bon, regardez, ce car est homologué, on leur met la ceinture à l'intérieur (...) Vous savez que le chauffeur s'est arrêté à l'Ile Verte pour boire un petit blanc avant de venir ?". Rien de tel pour décoincer quelques connaissances.

Juste au moment où le chauffeur ferme les soutes et s'apprête à monter dans le car pour partir à destination, il reçoit un appel sur son mobile.

Visiblement, il y a un problème. Le conducteur s'est trompé d'école.


Un car peut en cacher un autre...


La directrice de l'Ecole, les accompagnateurs et les enseignants n'en reviennent pas. Le chauffeur était prêt à emmener les enfants... je ne sais où. Lui même n'a pas eu le moindre doute au moment d'embarquer des centaines de kilos de bagages dans ses soutes. Sans ce coup de fil, les enfants et leur maîtresse seraient partis... peut être dans le nord...

Pire : les gens se sont rendus compte que le "bon car" n'était finalement toujours pas arrivé sur place. A peine 2 minutes plus tard, le car jaune "TransIsère" du Conseil Général de l'Isère arrivait enfin devant l'Ecole.

Conscient du retard pris sur l'horaire, pour dissimuler au mieux à la fois l'état d'angoisse immédiate des parents et l'incompréhension des enfants qui se voyaient obligé de redescendre du premier car, les parents d'élèves ont formé instinctivement sur le parvis une file indienne entre les deux cars. Chacun faisant rapidement passer la totalité des bagages d'une soute à une autre [2].

En moins de 3 minutes, corps enseignant, bagages et enfants étaient prêt à partir... pour la bonne destination... dans le "bon car".

Sur le moment, hors de toute plaisanterie cette fois, je fais remarquer aux parents que le car jaune "TransIsère" à l'air plus récent que le précédent car vert. Ses pneus sont neufs et crantés.

Aux dernières nouvelles, tout le monde est arrivé à bon port. Il paraît que le domaine est magnifique. Dans le sud, il fait beau : les enfants sont déjà partis se promener dans la campagne.

Volontairement éloignés de leurs parents pendant une semaine, sans contact ni communication directe, ces enfants âgés de 5 et 6 ans vont apprendre à vivre ensemble une expérience unique à la campagne. Vu le prix du séjour, jamais ils n'auraient pu partir sans l'aide de l'Ecole, de son personnel motivé... et le soutien des collectivités.

Notes

[1] effectivement...

[2] en photo, la file indienne des parents... dissimulant leur inquiétude dans l'action


06

05

2008

Fichier "Base Elèves" : le CIRBE tente d'informer les parents d'élèves, l'Inspection Académique de l'Isère tente de les rassurer

base eleves grenoble S'il y a bien un dossier que je suis depuis quelques mois en diagonal depuis que j'ai goûté aux joies de la paternité et qui m'interpelle en raison des récentes agitations qu'il suscite au sein de la communauté Grenobloise, c'est bien celui du logiciel "Base Elèves 1er degré".

Base Elèves est une application informatique de gestion mise en place progressivement depuis 2005 par le Ministère de l'Education nationale dans les départements Français. Un logiciel qui selon une note distribuée fin avril [1] par l'Inspection Académique de l'Isère à l'ensemble des parents d'élèves des écoles maternelles et élémentaires du département, est destiné à suivre le parcours scolaire des élèves, aider les directeurs d'écoles dans la gestion des dossiers élèves, faciliter le suivi en temps réel des effectifs et produire accessoirement des statistiques précises sur le plan national.

Progressivement mis en place depuis 2004 dans certains départements, Base Elèves sera généralisé d'ici la fin de l'année dans tous les départements. En Isère, certains directeurs d'écoles ont déjà commencé à saisir le minimum de renseignements obligatoires demandés dont la grande majorité est conservée sur une période... de 15 ans. A l'échelon national, ils sont consultables et ne sont plus nominatifs : la clé principale est un identifiant. Dans l'académie, les mairies et les inspections peuvent les consulter.


Un dispositif discrètement mis en place


Peu de parents d'élèves ont actuellement entendu parler de ce dispositif dont l'intérêt ne suscite guère l'enthousiasme des médias traditionnels. Pourtant, son application fait grand bruit notamment au sein de l'agglomération : quelques élus tentent de parler du dossier, de nombreux collectifs font leur apparition pour dénoncer la mise en place et la finalité du système.

Similaire aux outils existants depuis de nombreuses années pour la gestion des collèges et lycées (logiciel BEA, SCONET ...), l'application base de données "Base Elèves 1er degré" contient des champs principaux saisis par les directeurs d'écoles qui ont l'obligation de renseigner une fiche de renseignement... pour chaque élève scolarisé du public et du privé... dès la première année de maternelle.

La saisie des renseignements s'effectue par Intranet sécurisé. Soulignons au passage que la sécurité du système n'était pas du tout fiable au début de sa mise en place [2]. En principe, chaque directeur a reçu une formation par son académie lui permettant de renseigner les fiches des élèves. A présent, celui-ci se voit remettre une "clé OTP" (mot de passe sécurisé jetable et valide durant la durée de la connexion).


Des champs obligatoires, facultatifs, visibles, non visibles...


Acte 1 : principaux champs obligatoires :

un identifiant unique de 18 chiffres réservé à l'EN dont la construction permet d'éviter une connexion éventuelle avec tout autre fichier informatique existant ou à venir [3], des renseignements obligatoires (nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, adresse de résidence avec noms, prénoms et adresse des responsables légaux, type de rattachement avec l'enfant, attribution de l'autorité parentale).

Acte 2 : renseignements saisis uniquement par le directeur d'école :

situation familiale, email, téléphones, professions des parents, CSP, coordonnées des personnes à appeler en cas d'urgence, autorisation ou non de transmission de coordonnées aux associations parents, de la photo de l'élève, assurance de l'enfant, date d'inscription mairie et d'admission, obtention de dérogation, date de radiation de l'école, écoles précédemment fréquentées, cycle, niveau, classe, langues apprises de l'année passée et en cours, absentéisme signalé, validation des piliers du socle de compétences et acquisitions de compétences diverses, projet personnalisé de réussite éducative, activité périscolaire, maintien ou passage à l'issu du cycle...

Acte 3 : renseignements que le directeur ne peut saisir qu'avec l'accord des parents d'élèves :

Besoins éducatifs particuliers dont projet d'accueil personnalisé, service d'aide pédagogique à domicile, modalités de scolarisation, matériel adapté, projet personnalisé de scolarisation, réseau d'aide pour enfants en difficulté et type d'enseignement...

Sous la pression médiatique, au fil du temps, certains champs à renseigner sont devenus facultatifs alors qu'ils étaient obligatoires, d'autres, devenus invisibles au fil des consultations.


Inquiétude chronique et polémique récurrente autour du dispositif


Depuis début 2008, l'Isère est l'un des départements les plus mobilisés contre Base Elèves. Le CIRBE, Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves qui dispose d'un blog très actif sur le sujet, entend mener de nombreuses actions sur le terrain en tentant d'informer les parents d'élèves et autres responsables locaux sur la dangerosité légitime et supposée du dispositif. Kit complet "Non à Base Elèves", réunions programmées, tracts, documents, lettres types, formulaires, comptes-rendus... permettent au collectif d'informer les parents d'élèves sur le terrain de l'Education nationale.

Selon l'une de ses responsables, rencontrée au cours d'une réunion d'information du CIRBE ce samedi 2 mai 2008, le collectif touche près de 406 écoles sur les 1013 du premier degré que compte le département de l'Isère. A peine une vingtaine de personnes sont venues écouter l'oratrice : le sujet peine à mobiliser. A ses côtés, une représentante d'une association de parents d'élèves d'une école et un seul élu à s'être déplacé tôt ce samedi matin pour écouter et échanger avec le public : Philippe de Longevialle, nouvel Adjoint à l'urbanisme de la ville de Grenoble.

De son côté, le Conseil municipal de Grenoble a manifesté son opposition à la mise en œuvre du dispositif le 25 juin 2007, réaffirmée le 4 avril 2008 par l'émission d'un vœu réclamant tout simplement l’abandon du fichier Base Elèves.

Au passage, notons simplement que la note de l'Inspecteur d'académie de l'Isère (IA) stipule que "les mairies en charge de l'inscription des élèves ont accès aux seuls renseignements d'état civil, de la classe fréquentée, des activités périscolaires et des informations relatives à l'existence d'une assurance ou à la possession d'attestations (...) Aucune information relative à l'absentéisme n'est communicable via ce fichier à la mairie (...) Le Recteur et le Ministre n'ont accès qu'aux données statistiques donc anonymes (...) Aucune connexion entre académies n'est possible (...) Ce fichier n'est partageable avec aucune autre administration (...) Il n'existe donc pas de fichier national de Base Elèves".

En d'autres termes, une bonne partie de ces informations sont déjà connues de la mairie (la mairie gère les dossiers d'inscription des élèves avec ces champs principaux, le directeur d'école procède à la répartition des classes et fait des pointages réguliers avec la mairie au moment des inscriptions).

L'IA ajoute "Aucun suivi psychologique, aucune information médicale ne sont renseignés dans le fichier (...) Aucune information concernant la nationalité de l'élève n'est saisie dans ce logiciel".

Par ailleurs, selon un avis de la CNIL du 22 juin 2007 (3 jours avant l'avis du Conseil municipal), "les parents ne peuvent s'opposer à ce dispositif concernant leur enfant, l'inscription scolaire étant obligatoire". Bien entendu, un parent peut demander à vérifier les infos contenues dans Base Elèves concernant son enfant... et le droit de rectifier celles-ci au besoin (loi du 6 janvier 1978), mais comme chacun le sait...personne ou presque n'utilise ce droit.


Le CIRBE tente d'alerter l'opinion... à sa manière...


Quand on s'amuse à comparer la liste des champs de la base de données Base Elèves signalés par l'IA avec ceux mentionnés dans le kit complet "Anti Base Elève" fourni par le CIRBE, on reste perplexe et surpris par la différence des annonces.

Premier exemple : l'IA mentionne l'existence du champ "Assurance" (case à cocher, oui ou non). Le CIRBE parle de champs "Compagnie" et "N° de police d'assurance".

Deuxième exemple : le CIRBE signale l'existence de champs de type "Maîtrise des techniques usuelles de l'information et de communication", "Possession d'une culture humaniste", "Autonomie et l'esprit d'initiative" mais également "Lieu de travail : dénomination et coordonnées" des parents, "Poste" occupé... etc.

...informations nullement clairement mentionnées dans le document de l'IA. Il semblerait que le CIRBE extrapole certains champs afin de dramatiser et d'assombrir la situation auprès des parents d'élèves : à moins que ce soit l'IA qui n'est pas tout dit...


Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?


L'Education nationale cherche à communiquer en justifiant l'intérêt du dispositif et en minimisant l'impact soulevé par des opposants de plus en plus nombreux à dénoncer le manque d'information au préalable auprès du public concerné.

Ces derniers dénoncent un système qui est une formidable atteinte à la vie privé. Un dispositif pernicieux lié aux rapports d'expertise collective de l'INSERM en 2005 intitulé "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent" et Bénisti en 2004 sur la "Prévention de la délinquance".

"Une base de données élèves contenant la fiche d'un enfant qui ne donne pas, ni de procure sa vie" ajoute un parent d'élèves lors de la réunion d'information. Les parents témoignent en faisant part de leur angoisse liée à la notion de partage nominatif, à la diffusion possible de données sensibles ou médicales, à une éventuelle portabilité des informations saisies dans Base Elèves d'une administration à une autre.

Philippe de Longevialle exprime son désarroi "Ce fichier pose un problème de société (...) Pour l'instant à Grenoble , il y a une prise de conscience mais il faut que le débat remonte au niveau national (...) Dans tout ça, ce qui est gênant, c'est la confusion des objectifs (...) On ne sait pour l'instant ni trop comment, ni trop pourquoi cela peut t'il servir à l'Etat en dehors des statistiques".

A contrario, d'autres parents s'étonnent du positionnement alarmiste des intervenants et dénoncent l'attitude du CIRBE qui, selon eux, n'expose aucune contre-proposition constructive au dispositif obligatoire en cours de généralisation.

Parmi eux, certains signalent que chacun est fiché depuis bien longtemps dans notre société, que la plupart des données à saisir dans Base Elèves sont déjà inscrites sur d'autres fichiers appartenant à des entités commerciales ou administratives. D'autres estiment que Base Elèves est le moyen d'harmoniser et de mieux contrôler une grande partie de ces données dispersées dans plusieurs fichiers structurellement hétérogènes... et qu'il faut vivre avec son temps.

A Grenoble, malgré un certain silence qui l'entoure, le dossier reste éminemment sensible... en toute circonstance.

Notes

[1] bien tardivement

[2] révélation du Canard Enchaîné du 27/06/07

[3] selon l'IA


05

12

2007

Manifestation des étudiants et lycéens contre l'Etat, les institutions et la Loi Pécresse LRU à Grenoble

pecresse grenoble Mardi 4 décembre 2007 au matin, j'avais un rendez-vous à Europole. Vers 10h30, je décide de rentrer à pieds, direction le centre ville de Grenoble.

Avenue Alsace-Lorraine , je tombe sur une manifestation rassemblant une majorité de lycéens et lycéennes et une proportion moindre d'étudiants.

A vue d'oeil, ils sont près de 500 jeunes à défiler en provenance du campus universitaire et de lycées de l'agglomération.


Une manifestation affichant des slogans incisifs et particuliers


Une manifestation plutôt calme, encadrée par la Police et peu silencieuse. En début de cortège, je découvre avec étonnement les deux principaux slogans suivants [1] : "Tous unis contre l'Etat et ses flics" puis "Votre démocratie est une imposture". En milieu de rassemblement, on peut également lire sur une banderole "Lycée Bergès en lutte".

Parmi les chants de revendication des manifestants, on peut entendre "Aux ar-mes, nous sommes les lycéens, aux ar-mes, en guerre contre Pécresse".

Intrigué par les motifs de revendication, je m'approche d'une manifestante distribuant des tracts.

Le premier est intitulé "Pour l'intensification et la convergence des luttes !" dont voici un extrait "L'Etat est la cible, toujours. Les syndicats et organisations de gauche sont à la ramasse et ne cherche qu'à calmer le jeu (...) les rapports sociaux capitalistes font que la plupart des individus dans ce monde ont une vie de merde (...) Preuve permanente que l'Etat nous met un max de pression mais on lâchera pas l'affaire (...) Et qu'on ne vienne pas nous parler d'aller voter ! (...)".

Le second est un guide "Conseils juridiques et pratiques - dans des contextes de manifestation ou de confrontation avec les forces de l'ordre" recommandant quelques précautions à prendre notamment en cas d'interpellations ou de suivi au commissariat.


Un étudiant déterminé, aux multiples revendications


Je décide d'en savoir plus et m'oriente vers un manifestant pour l'interviewer. Je tombe sur un étudiant en Master 2 "Recherche Math Appliqué", Master 1 "Informatique".

En toute simplicité et avec détermination, ce dernier m'explique qu'il s'agit d'une manifestation contre les violences policières dont sont victimes les étudiants grévistes à la fac de Grenoble et du débrayage de lycéens contre la Loi Pécresse LRU, Loi sur l'autonomie des universités.

En vidéo, la manifestation et l'interview :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Les revendications de l'étudiant sont nombreuses. Dans l'ordre, abrogation et retrait de la loi Pécresse LRU (le texte), atteinte au Service Public de l'enseignement supérieur, au droit du travail, à la santé pour tous, lutte pour une cohésion collective, atteinte à l'éducation, à l'énergie, au pouvoir d'achat...

Quelques propos tenus "Actuellement, les priorités du gouvernement ne sont pas pour l'éducation (...) Le problème est qu'il faut attendre les décrets d'applications, une fois signés et mis en place, nous n'aurons plus aucun contrôle sur ce qui se passe à l'Université (...) Ce qui me fait le plus peur, c'est une entrée de financements privés avec un droit de contrôle et de regard sur les enseignements et la recherche (...) fondamentale".

L'étudiant explique qu'il est "dans un branche, surtout sur Grenoble, au débouché professionnel large" et pense aux autres étudiants notamment en Sciences Humaines "qui eux, n'auront pas cette chance" puisque selon lui, les entreprises privées viendront financer en premier "les sciences" (prenant exemple sur les nanotechnologies).


Une situation confuse de part et d'autre


Entre les AG étudiantes et lycéennes, les manifestations répétées déclarées ou non à la Préfecture de l'Isère, les multiples interventions des forces de l'ordre, les revendications parfois disparates des syndicats, les communiqués de l'intersyndicale des Universités de Grenoble, la démission de Bruno Julliard, le point de vue divergeant des enseignants et maîtres de conférence, les nombreuses interpellations, le comportement des étudiants bloqueurs, anti-bloqueurs et non grévistes, les occupations de lieux sur le campus ou le geste d'Olivier Ihl, directeur de l' IEP Grenoble...

... quelques soient les engagements, notre bord dans ce conflit et nos affinités politiques, la situation actuelle est assez alarmante et il est difficile d'y voir clair.

Notes

[1] voir ma photo


01

03

2007

Nos enfants seront fatigués cette année à l'école...

Etonnante discussion à laquelle je participe de temps en temps avec des parents d'élèves ou professeurs des écoles en allant chercher mes enfants à la sortie des classes. Discussion également entendue la semaine dernière entre deux hôtesses d'accueil à Carrefour Meylan en faisant quelques courses.

Nous sommes au milieu de l'année scolaire 2007 et de nombreuses personnes se plaignent du rythme scolaire de leurs enfants.

Jugez plutôt le calendrier scolaire de nos enfants fixés par l'Education nationale (notre inventif mammouth) pour la zone A de Grenoble :

- de la rentrée aux vacances de la Toussaint, 7 semaines de travail,
- de la Toussaint aux vacances de Noël, 7 semaines,
- des vacances de Noël aux vacances d'hiver, 5 semaines,
- des vacances d'hiver aux vacances de Pâques, 5 semaines,
- des vacances de Pâques aux vacances d'été 2007, 11 semaines !

J'imagine le tableau en fin de parcours : des élèves fatigués, des profs se plaignant, des parents d'élèves supportant le poids des semaines sans un repos prolongé de leurs bambins avant les "grandes vacances" 2007.

Je me demande si l'Education nationale pense vraiment à nos enfants, à son personnel enseignant... ou s'emploie t'elle à fixer un calendrier scolaire par zones, liée aux contraintes et retombées économiques des vacanciers ? Ce n'est pas sérieux !


14

07

2006

Rectorat de Grenoble : 2 ans de travaux de mise en sécurité... non finalisés

Le Rectorat de Grenoble a engagé des travaux de mise en securité dont le PC date du 22 juillet 2004.

La mise en conformité et l'engagement des travaux à été décidée il y a deux ans, pratiquement jour pour jour. En me renseignant un peu, j'ai appris que les travaux devait débuter en mai 2005 pour se terminer en 2007 (sans plus de précision).

Le Maître d'ouvrage n'est autre que le Rectorat. Pas moins de 21 sociétés sont engagées dans cette mise en conformité pour la sécurité. Le problème, c'est que les travaux n'ont pas l'air d'avancer. Un barrière protège une grande partie du batiment. La place centrale interieure du Rectorat n'évolue pas dans le sens des travaux. Des feuillets au format A4 indique la direction de l'accueil et de la réception avec du scotch sur les grilles de protection. Une partie des bureaux du rez-de-chaussée sont partiellement condamnés.

En apparence, les travaux n'évoluent pas. Tout ceci n'est pas très sérieux.


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