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01

11

2008

Petite promenade au nouveau parc de Ouagadougou à Grenoble : réactions

parc ouagadougou grenoble Samedi 25 octobre 2008, je suis allé me promener avec mes enfants et un voisin du côté des quartiers Teisseire et Abbaye-Jouhaux pour découvrir le nouveau parc de Ouagadougou situé avenue des Jeux Olympiques à Grenoble.

Un nouvel espace de vie, de rencontre et de verdure dédié à la promenade et aux jeux, récemment inauguré au début du mois d'octobre.

Le jour de son inauguration, je n'ai pas pu me rendre sur place mais un proche m'a signalé qu'il n'y avait pas grand monde autour des élus ce jour là [1]. En dehors du contexte familial, c'est l'une des raisons qui m'a incité à découvrir ce nouveau parc de Ouagadougou à Grenoble.


Le parc de Ouagadougou, écologie et développement durable


Le parc porte le nom de la capitale du Burkina-Faso, ville avec laquelle Grenoble a signé une convention de jumelage en 1999, un accord de coopération basé sur une relation d'amitié, portant également sur les questions d'environnement entre les deux villes.

Le parc de Ouagadougou fait 9000 m2. Il s'inspire largement du continent Africain : lisières, eaux, bambous, passerelles, couleur de pierres rouges, bois brûlés...

Il est séparé par une allée d'eau : d'un côté un terrain vert, de l'autre des îlots ou squares-jardins et un esplanade de pins.

La moitié de sa surface est un espace de verdure sur une pente douce, ouvert sur la ville, bordé de roues d'infiltration et de fossés chargés de capter les eaux de pluie. En permanence, elles sont récupérées, filtrées par les plantes et les bambous. Elles permettent principalement d'irriguer l'autre portion du jardin en cas de forte pluie.

L'autre moitié est une superficie aménagée de quatre îlots-jardins ou squares-jardins inspirés des contes et légendes du Dauphiné dans la ligne des dragons, des loups-garous et des fées (quatre thèmes : le jardin des fées, la source de la fée, la grotte des fées et l'empreinte du dragon). Chaque jardin est un espace ludique, à découvrir. Certains permettent aux enfants de déambuler et de jouer sur des ateliers d'aires de jeux.

Entre les deux, trois passerelles en bois permettent de passer d'une rive à l'autre.


La sensation d'un jardin sorti de nul part


Dés mon arrivée sur place, ma première impression fut une impression de parc inachevée, en cours de finition.

De loin, la sensation étrange d'un jardin à la fois moderne et isolé, sorti de nul part, coincé à l'est entre le chantier d'immeubles de trois, cinq ou même huit étages [2] en cours de construction (ex : Résidence Le Jardin de Séléné) et à l'ouest les vieilles "barres" d'immeubles du quartier Teisseire des années...

Sur le moment, juste une vision d'un espace surprenant, d'un "délire d'architectes" complètement décalé par rapport aux paysages des alentours.

Mais à l'approche et une fois sur place, on devine et découvre l'ensemble avec plaisir. On cherche à occuper l'espace, à l'appréhender de milles façons et à rentrer à l'intérieur des quatre jardins à thème.


Quelques critiques, remarques et impressions


En soi, la conception du parc est très intéressante. De part sa structuration et son agencement, il s'inscrit parfaitement dans un cadre écologique et de développement durable.

En terme d'engagement et d'innovation, les architectes se sont vraiment fait plaisir. L'imagination et l'artistique sont au rendez-vous. Pourtant, en y regardant de plus près, quelques critiques et remarques peuvent être soulevées.

Les système de collecte des eaux pluviales, de filtrages de récupération d'impureté et d'irrigation de la végétation font que le parc de Ouagadougou est de toutes parts, extrêmement humide : herbe, végétation, sol, terreau. Un climat idéal sur zone l'été... pas du tout adéquate en automne ni en hiver.

Chaque square-jardin manque réellement d'espace pour déambuler ou se promener entre les allées. De plus, des clôtures en bois ont été temporairement plantées pour protéger la végétation les îlots, ce qui accentue la sensation d'étouffement et de cloisonnement des lieux.

Chaque square-jardin est isolé des autres, soit par des barrières métalliques, soit séparé par une petite allée : ce qui confine passants et promeneurs. Dommage.

Au niveau de l'aire de jeux pour enfants, une plaque de bois a été posée pour surélever le toboggan (problème de pose, de niveau incorrect ?). Une barre en bois de sécurité oblige les enfants à se baisser pour descendre du toboggan. Du coup, si un enfant butte contre la plaque, il risque de se cogner la tête contre la barre. Plutôt dangereux.

L'orientation des bancs est surprenante. Une dizaine sont placés le long d'une des allées principales. Problème : quand on s'assoie, le promeneur fait face aux immeubles (en construction), aux bacs en béton de récupération d'eau... et non aux îlots-jardins (comment prendre plaisir à contempler le jardin ou surveiller ses enfants dans ces conditions ?).

Au nord, les enfants ont la possibilité de déambuler sur un dragon rouge qui serpente dans l'un des squares-jardins. Confectionné à partir de pneus de voiture usagés et de montures plastiques parfaitement lisses, nos enfants n'ont pas manqué de se casser la figure à maintes reprises sur le dos du dragon à cause de l'humidité ambiante. Manque total de revêtements antidérapants...

Au sud, au niveau de l'esplanade des pins la vue sur le parc est agréable. Un jeu d'équilibre (pyracorde) permet aux enfants de se hisser en hauteur (même jeu que celui situé au jardin des Dauphins, Porte de France). Le poteau central sur lequel repose le cordage vacille à partir du moment où plusieurs enfants montent simultanément sur cette "araignée", ce qui peut déstabiliser la prise de cordes.

Déjà, des graffitis ou rayures ont été apposées sur le mobilier urbain (injures, à l'entrée du dragon), sans compter quelques déchets (papiers, bouteilles) jetés dans la "rizière". Par ailleurs, Il ne me semble pas avoir vu de poubelles dans le parc.


Au delà de ces quelques remarques pertinentes, je vous invite naturellement à découvrir le parc de Ouagadougou pour son concept de parcours découverte, son originalité et son charme, sa multitude de composantes et de facettes avec vos amis et ou vos enfants.

Vos remarques sont les bienvenues.

Notes

[1] ceci reste à confirmer

[2] je pensais qu'on arrêtait de construire aussi haut


18

08

2008

Qui veut du bois sec pour sa cheminée ?

grenoble isere Si il y a bien un vaste projet évoqué durant la campagne des municipales de 2008 à Grenoble sur lequel tout le monde était presque unanime et convergeait dans le même sens[1], c'était la nécessité de requalifier partiellement globalement les quais et les berges de l'Isère .

Il faut dire qu'il y a de quoi faire en la matière.

Le moment venu, les architectes vont pouvoir s'en donner à cœur joie et nous proposer de belles intentions sur le papier tellement les quais ont besoin de retrouver un équilibre serein et harmonieux dans le paysage Grenoblois. Idem à mon sens, pour le quartier Saint-Laurent, assez délaissé en matière de requalification depuis quelques années.

Par où commencer ?

Et bien, si nous commencions par faire en sorte d'éviter qu'un amas de troncs d'arbres viennent s'échouer sur l'un des piliers du pont permettant de circuler en direction du quartier Saint-Laurent ?


Un amas de troncs d'arbres heurte la carte postale idyllique Grenobloise


A chaque fois que l'Isère subit une crue passagère ou que son niveau habituelle se met à varier, quelques longs troncs d'arbres viennent se blottir juste sous le pont. Une fois bien amarré, c'est au tour de centaines de branches et de feuillages de s'accrocher au monticule. Puis, c'est au tour des détritus de la rivière (plastiques flottants, cartons épais, tissus de toutes sortes, de venir s'accrocher à cette masse de bois.

En plein été, au moment où les touristes visitent notre belle région, il est difficile d'imaginer prendre une photo du pont interdit à la circulation automobile en amont. Pourtant, comme chacun le sait, c'est sur ce pont "noir" qu'une des principales images de la Ville de Grenoble est représentée sur de nombreuses cartes postales bien connues (vue des quais, des bulles, des ponts, de la rivière...).


Déblayer le terrain


En me promenant le long des quais, après avoir pris cette photo, j'ai eu l'opportunité de discuter avec des agents de la voirie de la Ville de Grenoble, en train de nettoyer l'un des escaliers menant à la voie sur berge.

J'ai profité de l'occasion pour demander au responsable s'il était normal de voir deux ou trois fois par an un tas de bois s'échouer sous le pont.

Sa réponse fut surprenante : "Oui, on le sait (...) Nous, on peut rien faire, ce n'est pas nous qui nous occupons de ça, c'est un autre service mais je sais pas lequel (...) On sait qu'il intervient de temps en temps mais là, ils doivent venir mais je sais pas quand exactement (...) Je suis bien d'accord avec vous, ça devrait être enlevé depuis un moment, surtout que ça peut forcer sur le pilier avec le courant".

Bizarrement, le second pilier soutenant le pont n'a aucun amas [2].

Au delà de l'image produite par le phénomène, l'une de mes premières réactions fut d'imaginer un plaisantin jetant une allumette sous le pilier pour mettre le feu et obtenir un grand brasier : aucun doute, les bois ont eu tout le temps de sécher en surface, en plein soleil.

Cette montagne de bois secs reste dangereuse. Au moment où je rédige ce billet, le stock de bois est toujours là.

Il serait temps de le déblayer. A moins que l'on décide d'attendre l'arrivée d'une prochaine crue pour le voir éventuellement disparaitre de lui même...

Notes

[1] au même titre que l'arrivée attendue d'un système de type Velib à Grenoble

[2] voir la photo


02

05

2008

A Grenoble, les "dégonfleurs anonymes" tentent de rééduquer les possesseurs de véhicule "indécent et énergivore"

grenoble voiture Il y a quelques jours, je rencontrais dans la rue un ami médecin habitant au centre-ville de Grenoble. Ce jeune praticien m'a fait part d'une mésaventure personnelle survenue il y a environ un mois.

Un samedi matin, ce jeune praticien, qui ne dispose pas de garage pour ranger sa voiture, part travailler tôt pour se rendre à son cabinet médical. Il prend son véhicule personnel stationné la veille durant la nuit dans une rue du centre-ville proche de son domicile et prend la route.

Au bout de 300 mètres, le médecin est manifestement obligé de s’arrêter : il sort de l'habitacle et découvre que les deux pneus de son véhicule, situés côté passager, sont dégonflés. Sur le moment, il pense alors à une blague de potaches d'étudiants carabins. Surpris et étonné, il décide d'inspecter minutieusement sa voiture et découvre quelques instants plus tard un tract positionné sous l’essuie-glace avant de son véhicule.


Un tract surprenant apposé sur le véhicule du médecin


Le message qu'il lit sous ses yeux est surprenant, se veut direct et dissuasif. En voici un extrait [1]:

"En ville, les bagnoles (...) Partout, les bagnoles (...) Pour vous déplacer, vous avez choisi un modèle particulièrement indécent et énergivore de véhicule (...) N'avez-vous vraiment pas d'autres moyen de transport ? (...) Nous espérons que ce modeste acte de dégonflage vous laissera le temps de réfléchir aux conséquences de votre choix, sur la vie quotidienne et future de toutes et tous"

Depuis la lecture du message anonyme rédigé en bonne et due forme selon lui par des "adultes bien pensants", le praticien avoue que son étonnement n'est toujours pas retombé.

Ironie de la situation, le médecin venait tout juste la veille d'acheter une Peugeot 407 Break sur laquelle le tract était positionné. Un nouvel achat de véhicule destiné à remplacer sa vieille Renault R21 essence âgée de 17 ans qui consommait et polluait bien plus que le diesel avec pot catalytique de sa nouvelle acquisition automobile. Une R21 qui juste là, n'avait jamais subi de dégonflage intempestif par qui que ce soit depuis ses 13 dernières années de domiciliation en centre-ville.


D'autres véhicules "cossus" également pris pour cible


Ce jour-là, le médecin avoue n'avoir pas constaté de dégonflage sur d'autres vieilles voitures polluantes de la rue. Par ailleurs, il remarque que ces derniers mois, dans les rue du centre-ville de Grenoble, d'autres véhicules ont été la cible de dégonflage : des voitures récentes qui avaient en commun leur aspect "cossu" et plutôt de marque allemande (4x4 ou break). Selon lui, le tort de sa nouvelle 407 Break était sans doute de sortir du garage la veille et donc de briller un peu trop…la nuit.

Etant attendu au cabinet médical et devant l’impossibilité matérielle de changer deux roues dégonflées, le praticien décide de laisser son véhicule au bord du trottoir, non sans avoir mis un peu d’argent pour la collectivité dans l'horodateur. Prévenue de l'incident, son épouse ira jusqu'à renouveler plusieurs fois dans la même journée la durée de stationnement limitée dans la zone à 2 heures.


Un geste "pseudo-rééducateur" qui aurait pu avoir d'autres conséquences


Le médecin sait déjà qu'il est en retard à son cabinet où l'attendent plus d'une dizaine de personnes venues le consulter ce samedi matin. A mains nues, il doit seul transporter un ordinateur portable, un cartable de visite et une mallette imposante contenant des produits médicaux d'urgence. Il décide de prendre le tram : à sa descente, muni de son matériel, il doit encore marcher près d'un kilomètre à pied pour arriver enfin à son cabinet médical... avec plus de 45 mn de retard et 3 patients qui l'attendaient devant la porte de son lieu de travail.

Fort heureusement, le jeune praticien précise que ce jour là, il n'a pas eu à faire de visites à domicile et surtout aucune urgence médicale prioritaire. Il ajoute qu'il aurait pu être de garde la nuit précédente, être dans l'obligation de se déplacer et être dans l’impossibilité de se rendre chez des patients nécessitants une aide en urgence...


Le médecin exprime sa colère et son désarroi


Après avoir exposé les faits et les conditions de sa mésaventure, le médecin me fait part de son opinion par écrit :

"Concernant la pollution en ville, mes enfants respirent l’air du centre-ville, et en supposant que j’aime mes enfants (on pourrait en douter car je roule en voiture "indécente"), je suis bien placé pour être concerné par les problèmes de pollution (...) Ces dégonflages arbitraires ne sont pas dignes de personnes se voulant des citoyens responsables (...) Etre citoyen, c’est aussi respecter ses concitoyens (...) Les solutions collectives se trouvent dans la discussion et non dans des agressions individuelles arbitraires à visée pseudo rééducative, sauf à rester bloqué sur des régimes politiques amateurs de camps de rééducation (...) Malheureusement pour les "rééducateurs dégonfleurs", le choix des véhicules ciblés montre plus la haine du nanti que l’amour de l’air pur (...) Ces actes discréditent les valeurs écologiques qu’elles veulent porter (...) C’est bien dommage car nous avons tous besoin d’air pur".

Il souhaite également s'adresser personnellement aux "rééducateurs dégonfleurs" en leur signalant "Demain, j’irais dégonfler vos pneus pour vous faire réfléchir au tort que vous faites aux valeurs de l’écologie (...) La prochaine fois, pourriez-vous au moins utiliser du papier recyclable pour vos tracts (...) Pourriez-vous aussi me rendre les 2 bouchons des valves des pneus que vous avez conservés ? (...) Je n’ose penser que des "adultes pseudo rééducateurs amis autoproclamés de l’air pur" puissent jeter ce type d’objets sur la voie publique ou alors peut être dans une poubelle "Je trie" !


Agir et revendiquer, plutôt que de communiquer ouvertement


Muni de son matériel professionnel, un médecin est obligé de prendre un véhicule pour se rendre rapidement au chevet d'un patient, pour effectuer des domiciles et répondre aux urgences sur le terrain.

Cette histoire récemment vécue par un ami révèle l'irrésistible besoin de culpabiliser des gens qui ne correspondraient pas au profil d'autres personnes se déclarant plus respectueuses de l'environnement que d'autres.

Une fois encore, une personne est jugée artificiellement pour l'effet qu'elle produit, pour son style et son degré d'apparence au sein de l'espace public. Une fois encore, les plaignants ne cherchent pas à communiquer directement avec elle, préférant s'en prendre au matériel afin de marquer les esprits, préférant user d'une sémantique hasardeuse parfaitement calibrée sur papier pour revendiquer et justifier leur geste. Une fois encore, cette tentative avortée de changement d'un comportement supposé infantilise la personne et ne peut qu'accentuer la recherche de la différence et des antagonismes latents entre les individus.

Notes

[1] tract complet téléchargeable ci-dessous en annexe


24

04

2008

La Bastille de Grenoble prend quelques couleurs

bastille grenoble Depuis quelques jours, la "petite montagne fortifiée au carrefour des trois vallées, desservie par le premier téléphérique urbain au monde" au sommet de laquelle on peut admirer la ville la plus plane de France fait l'objet d'une attention toute particulière.

En marge de la commémoration du 40ème anniversaire des JO de 1968 à Grenoble et des nombreuses expositions, festivals et activités régulièrement proposés au public, le site de la Bastille à Grenoble prend des couleurs.

Cinq nouveaux drapeaux de grande taille ont été érigés sur le parvis supérieur du restaurant du téléphérique de la Bastille habituellement accessible via un ascenseur aérien pour observer de haut la vallée de Grenoble.

Vu du centre ville de Grenoble et ses alentours, le flottement des drapeaux Français, Européen, du Dauphiné et emblématiques de la région ne passent pas inaperçu.


La présence de drapeaux au sommet de la Bastille de Grenoble


Je prends contact en premier lieu avec le "Restaurant du Téléférique" pour connaître la raison de la présence de ces drapeaux : également intrigué, le restaurateur ne la connaît pas. J'appelle ensuite le Centre d'Art de la Bastille (CAB) qui à son tour, ne me donne aucune explication tangible.

Enfin, je téléphone à la Régie du Téléphérique de la Bastille qui m'indique simplement, sans trop de précision et pour des raisons apparentes, que les drapeaux sont hissés au sommet de la Bastille pour renforcer l'image du site... selon la volonté de son directeur.


Une initiative positive et intéressante


En attendant, la mise en place de cette rangée de drapeaux multicolores au sommet de la Bastille me paraît intéressante .

D'une part, elle accentue la visibilité du site au cœur de la ville de Grenoble et dans la vallée. Elle valorise et renforce l'attirance touristique de la Bastille en lui conférant au passage une symbolique régionale plus étendue au détriment de l'encrage local.

D'autre part, elle permet en partie de cacher l'affreuse antenne de relais radiotéléphonique malheureusement visible en tous points, située juste derrière les remparts du site [1]. De loin, cette rangée de drapeaux flottant au gré du vent permet également à tous de savoir en contrebas si le site est venté. En effet, il n'est pas rare de rester ne serait-ce que quelques instants au sommet de la Bastille en raison des bourrasques. Idéal pour décider ou non de monter à pied ou par les bulles de la Bastille et éventuellement proposer à des amis de prendre un pot au sommet.

En définitive, je n'y vois pour le moment que des avantages... ...en dehors du fait qu'il est amusant de constater que les porte-drapeaux blancs sont beaucoup trop visibles à l'œil nu [2] proportionnellement à la petite taille des drapeaux.

Bien entendu, d'un autre côté, tout porte à croire qu'un certain nombre de personnes peuvent naturellement considérer que la mise en avant de ces drapeaux porte atteinte à l'environnement, à l'intégralité ou à l'image du site.

Notes

[1] le site officiel bastille-grenoble.com se garde bien de la montrer sur ses clichés photographiques

[2] par beau temps, ils sont peu visibles : par temps maussade, ils sont prédominants


01

04

2008

Une brigade de choc pour ramasser les déchets

voirie grenoble Il y a quelques temps, je me promenais tranquillement en ville pour aller retirer de l'argent à un distributeur bancaire situé près de la Maison du Tourisme.

Face au distributeur, au moment de finaliser mon retrait, j'observe trois agents des services municipaux de la ville de Grenoble qui passent à faible allure juste derrière mon dos.

Chacun conduit devant lui une poubelle mobile sur roues associée à un équipement dédié pour le ramassage des déchets légers sur la voie publique : papier jeté par terre, bout de carton, canette, morceaux de carton et autres détritus trouvés aux abords des trottoirs, des bacs ou jonchant le sol.


Une brigade "de choc" sur le bitume


Le principe est simple, utile et pratique.

Un agent circule le long des rues avec sa poubelle ambulante et se sert d'une longue pince qu'il articule pour ramasser les objets qu'il trouve le long de son parcours et qu'il récupère dans un sachet poubelle estampillé "Ville de Grenoble".

Intrigué par le comportement des agents, je décide de suivre cette "brigade ambulante" sur quelques centaines de mètres en direction de la Place Victor Hugo.

Ce qui m'a frappé, c'est de constater que cette "brigade de choc" est composée de trois techniciens groupés ensemble pour effectuer une même tache...dans une même direction... sur une même superficie et ce, tout au long du parcours observé.


Une "apparente" inefficacité


On ne peut qu'être étonné de constater l'apparente inefficacité du dispositif observé sur plusieurs longueurs de rue.

Un seul agent effectue réellement le travail de ramassage des déchets sur la voie publique puisque de toute évidence, le premier observateur placé en avant de la brigade à l'opportunité de ramasser les détritus : les deux autres techniciens placés trop proche de lui, n'ont plus grand chose à ramasser et se contentent finalement de jouer les figurants.

Le déploiement séparé des agents, éloignés les uns des autres, de part et d'autre d'une rue, d'un coin de quartier à un autre, permettraient d'optimiser la tache et de récupérer beaucoup plus efficacement un plus grand nombre de déchets sur la voie publique.

J'ose espérer qu'il y a une logique particulière dans ce dispositif rapproché. A ce rythme, nul doute que le sac poubelle des "brigades du bitume" mettra du temps à se remplir.

maj le 02/04/08 : ce billet est un "Poisson d'Avril" : bravo à ceux qui ont découvert la farce. Explication dans un commentaire :-)


28

03

2008

Extension du Parc Paul Mistral : des îles jardins sans vie, sans couleur, sans harmonie...

iles jardin mistral S'il y a bien un billet que je souhaitais planifier et rédiger depuis un bon moment, c'est bien celui que vous êtes en train de lire.

Cela fait des mois et des mois que j'observe attentivement, au gré de mes déplacements à pied, en tramway ou en voiture, le devenir de la zone du Parc Paul Mistral située le long du boulevard Jean Pain, entre la Mairie de Grenoble et la statue des "Diables bleus".

La réalisation du nouveau Stade des Alpes a longuement fait parler d'elle durant le second mandat de Michel Destot.


Des parkings aux espaces "verts"


La ville de Grenoble a choisi de supprimer plusieurs parkings. Un premier espace de stationnement de 120 places juste devant la statut des "Diables Bleus", un de 160 places correspondant à l'ancien parking de la Mairie et celui de 413 places entre les deux premiers. Au total, c'est environ 700 places de parking qui ont été remplacées par plus de 10 000 m2 de nature et d'espace minéralisé.

Certains regrettent avec ardeur la suppression des zones de stationnement. D'autres au contraire, se réjouissent de ce nouvel espace de végétation et de promenade nouvellement appelé "les Iles Jardins" [1] par leurs concepteurs. En ces lieux, seuls les grands arbres du Parc Paul Mistral ont été préservés.

En y regardant de plus près, lorsqu'on décide de s'y rendre pour se promener ou pour traverser une partie du parc, on se rend compte de l'extraordinaire fadeur et tristesse des lieux.


Végétations et végétalisation relatives


Il semblerait que depuis près de 2 ans, la végétation tente de pousser à un faible rythme et soit relativement identique quelques soient les saisons. On a l'impression que l'on attend sagement qu'elle pousse.

La verdure est relative, voire inexistante par certains endroits. La végétation repose sur une sorte de "lit de paille" sur lequel une variété de plantes grasses tentent de pousser au ras du sol depuis des mois et des mois autour des arbres.

Ces îlots de verdure ne donnent pas l'image d'un embellissement vivant et soutenu. En hiver, la végétation est recouverte par un feuillage aux couleurs d'automne associé à des plantes ternes dont la disposition est hasardeuse sur le sol.

Aucun charme ne se dégage des "Iles Jardins", aucune couleur verdoyante, aucun ton pastel vivant. L'étendue de la zone entre les différents îlots est triste à souhait.

Aucun plaisir. Le printemps et l'été ne changeront certainement pas la vision actuelle du terrain. Sans compter une impression d'abandon de végétalisation.

En définitive, rien ne nous invite à errer dans cette zone ni de s'y promener : tout nous pousse à en partir et à la traverser pour se rendre fonctionnellement d'un point à un autre.

La notion d'Iles Jardins apaisantes au coeur de la ville... est à revoir.

Notes

[1] terme un peu élancé et pompeux


08

11

2007

Le point sur les polluants à Grenoble (2/2)

ascoparg polluant Je fais suite au billet rédigé précédemment sur la qualité de l'air que nous respirons à Grenoble.

Celle que nous respirons n'est pas la meilleure de l'hexagone, loin de là.

La plupart du temps, lorsqu'on évoque la pollution de l'air qui nous entoure, nous avons la mauvaise habitude de fustiger principalement les rejets de particules liés aux déplacements des véhicules au sein de l'agglomération grenobloise.

Pourtant, à l'écoute de Nicolas Vigier, Responsable Communication de l'ASCOPARG, nous sous-estimons l'impact d'autres polluants plus difficiles à détecter, parfois bien plus dangereux et plus nocifs que les particules rejetés par nos véhicules, notamment en milieu urbain.

Quels polluants respirons-nous [1] ?


Particules nocives et toxiques en intérieur


Le "résidentiel tertiaire" (42% des émissions de PM10, particules solides) est l'une des principales sources de pollutions en milieu urbain. Cette source à la particularité de produire et de rejeter de nombreuses particules en suspension.

Contrairement aux idées reçues en matière de polluants, Nicolas Vigier signale que le chauffage au fuel et au bois génèrent beaucoup de poussières de particules et selon lui, "cela pose problème". Sur le plan technique, leurs surveillances est assez récente et inquiètent de nombreux scientifiques. Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont des composés complexes qui proviennent essentiellement... de combustions incomplètes (bois, charbon…).

"Plus de 80% des émissions de ces polluants sont liés au secteur résidentiel tertiaire (...) le bois est une énergie dont on vante les vertu depuis des années en tant qu'énergie renouvelable (...) elle n’a pas d’impact au niveau de l’effet de serre mais il faut savoir que si la combustion n’est pas réalisée dans de bonnes conditions comme c’est très souvent le cas avec du bois qui n’est pas sec ou qui est de mauvaise qualité, elle a pour effet de rejeter des polluants toxiques (...) la difficulté est de trouver le bon bois et c'est plutôt rare" explique le Responsable Communication de l'ASCOPARG.

Ce dernier ajoute "Les Canadiens commencent à prendre conscience de la toxicité sur leur territoire (...) A Grenoble, les mesures effectuées sur les HAP avec un traceur de combustion bois ne sont pas bons et sont parmi les plus mauvaises de France".

En définitive, à vouloir faire des économies d'énergie en employant un composant noble, renouvelable, naturel, tendance et à la mode, industriels et habitants émettent des particules toxiques dans notre entourage (monoxyde de carbone, imbrûlés solides, HAP en majorité, benzène et autres poussières fines nocives pour la santé [2]).

En matière de consommation d'énergie, un polluant peut remplacer ou en cacher un autre...


Particules nocives et toxiques en extérieur


L'urbain est très attaché à son véhicule dans le cadre de ses déplacement.

Pourtant, Nicolas Vigier explique avec clarté le problème soulevé par la distance et la vitesse de nos déplacements en milieu urbain. Sans détour, il souligne "On considère qu’une voiture doit faire plus d’une dizaine de kilomètres pour que son catalyseur soit suffisamment chaud et efficace pour contenir les particules nocives (...) la faible vitesse des véhicules en ville est pénalisante (...) on considère en moyenne qu’à 70 km, les rejets de polluants sont les plus faibles (...) A faible vitesse en milieu urbain, entre 30 et 50 km/h, cela ne change pas grand-chose et finalement, on se rend compte que la voiture n’est pas adaptée pour la ville".

De quoi s'interroger sérieusement sur l'utilité, l'impact et la mise en place de "zones 30" dans certains quartiers de la ville.

Vitesse ou pollution, il faut choisir...

Notes

[1] >>> 2ème document : télécharger et lire l'étude sur la qualité de l'air, diagnostic PDU

[2] lire le document en annexe


01

11

2007

Le point sur la qualité de l'air à Grenoble (1/2)

air grenoble ascoparg Lundi 22 octobre 2007, je me suis rendu à la Maison des Association à Grenoble. Le CLUQ (Comité de Liaison des Unions de Quartier de Grenoble) invitait les grenoblois à débattre sur la qualité de l’air à Grenoble. Avec clarté et objectivité, Nicolas Vigier, responsable Communication pour l'ASCOPARG (Association pour la Contrôle et la Prévention de l'Air dans la Région Grenobloise) dressait un bilan exhaustif des polluants et de la qualité de l'air sur Grenoble.

A première vue, le sujet fâche. Pour beaucoup, moins on en parle et mieux on se porte. Très peu de personnes ou de personnalités politiques [1] étaient présentes dans la salle pour débattre d’un sujet qui nous préoccupe tous.

Quel air respirons-nous [2] ?


Un point sur les principales sources de pollutions à Grenoble


Sans trop rentrer dans les détails, il existe trois principales sources de pollution à Grenoble.

Le trafic automobile (57% des émissions d’Oxydes d’azote NOx en Rhône-Alpes), l'industrie (66% des émission de Dioxyde de soufre SO2 en Rhône-Alpes) et le résidentiel - tertiaire (42% des émissions de particules solides en suspension PM10 en Rhône-Alpes ). Il faut bien évidemment ajouter ou inclure l'Ozone (COV) et... les petits nouveaux, trop peu mentionnés ou détectés… les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP ) que nous aborderons dans un prochain billet.


Qualité de l'air du grand Grenoble sur le plan national


Nicolas Vigier souligne "Globalement, la situation grenobloise n’est pas si mauvaise que ça (...) Il y a un gradient est-ouest qui montre une séparation des indices (...) On constate que la façade ouest est généralement moins touchée par les polluants classiques que la façade est, mais cela cache des disparités (...) La région Rhône-Alpes est très touchée par la pollution urbaine (...) Il vaut mieux par exemple, habiter en Bretagne, mais il faut signaler que dans cette région, peu de laboratoires ont travaillé sur les pesticides et les premiers travaux étendus sur les polluants de cette catégorie montrent qu’à l’ouest, les résultats ne sont pas du tout satisfaisants (...) Nous ne sommes pas au bout de nos surprises".

La région Rhône-Alpes est particulièrement touchée par l’Ozone entre avril et octobre. A Grenoble , il y a du vent. Mais nos vents ne sont pas des vents "généraux". Ces derniers pénètrent rarement dans l’agglomération grenobloise pour disperser les polluants. L’air polluée circule généralement simplement d’une vallée à l’autre par des vents "thermiques" dont la vitesse de progression est inférieure à 2m/s.

L'un des intervenants ajoute "En matière de substitution énergétique, notre région n'est pas prête d'accueillir une armée d'éoliennes (...) Finalement, on se demande si le nucléaire n'est pas de toute évidence la solution pérenne". D'un regard amusé, Nicolas Vigier répond avec le sourire "Et bien, si vous le permettez, je préfère de pas me prononcer sur ce point".


Pics de pollution


Contrairement à ce que l'on peut imaginer, les pics élevés de pollution sont rares à Grenoble et les polluants se trouvant à l'extérieur ne sont pas les plus dangereux pour notre santé.

En 2006, sur Grenoble, la qualité de l’air fut très mauvaise durant 2 jours (1% du temps - indice 8), moyenne ou médiocre durant 106 jours (29% - indice 5 à 7) et bonne durant 257 jours (70% - indice 2 à 4). Aucun jour où la qualité de l'air fut excellente (indice 1). Voir le schéma ci-dessus.

Contrairement à 2003, 2006 fut "une année assez préservée en terme de qualité de l’air mais les indices ne prennent en compte que les sites de fond et ne prennent pas en compte les conditions les plus défavorables, notamment lorsqu’on est près des principaux axes routiers ou sites industriels (...) Il y a de grosses disparités (...) Ca fait des années que l’on milite auprès du Ministère de l’écologie pour faire évoluer ces indices et pour prendre en compte tous les points noirs d’exposition" souligne Nicolas Vigier.

Prenant exemple sur deux stations de surveillance (boulevard Foch et Rondeau), ce dernier signale "On dépasse déjà les valeurs limites qui sont préconisées (...) Dès qu’on s’éloigne de quelques dizaines de mètres des bordures immédiates des voies de circulation, les valeurs retombent nettement et le danger est moindre".

Sur les boulevards, il y a eu une amélioration. Bien qu’il y ai eu un rétrécissement des voies depuis quelques années et une diminution relative de la circulation, les mesures restent au dessus des valeurs limites préconisées par la réglementation en vigueur dans certains secteurs de la ville.


Concernant la Rocade Sud et la Rocade Nord


L’ASCORPAG travaille en étroite collaboration avec la METRO et le SMTC dans le cadre du PDU .

Alors que de nombreuses études sur la faisabilité du projet de Rocade Nord ont été réalisées avant la fameuse consultation publique controversée de l'été 2007, l'Association signale qu'elle vient juste seulement d'être sollicitée par le Conseil Général de l'Isère.

"Jusqu'à maintenant, on ne nous avait jamais demandé d’étudier au préalable l’impact réel des polluants dans le cadre du projet Rocade Nord (…) L’enjeux déterminant, c'est de nous fournir des données trafics qui soient fiables, réalistes et qui tiennent la route sur un ouvrage qui n’existe pas (…) Si elles sont discutables, nos résultats le seront aussi" assure Nicolas Vigier.

Aucune sollicitation concernant les autres projets proposés pour la Rocade Nord. Concernant le contournement routier actuel, ce dernier ajoute avec ironie "Partant du principe qu'il y a moins de circulation en ville, sur la Rocade Sud autour de Grenoble, le trafic arrive même encore à augmenter un petit peu".

En définitive, tout est fait pour qu'on circule de moins en moins en ville intra-muros... et de plus en plus sur les grands axes extra-urbains.

En définitive, lutter contre la pollution, c'est tenter de la déplacer.

Notes

[1] Philippe de Longevialle, Stéphane Gemmani...

[2] >>> 1er document : télécharger et lire le document complet de Nicolas Vigier


25

06

2007

Les services municipaux montrent l'exemple...

"Comment facilement perturber la circulation juste devant la cathédrale Notre-Dame à Grenoble ?"

... "Il suffit de prendre son véhicule, de se garer sur une zone non autorisée, juste devant les bornes permettant aux vélos de stationner (...) Vous allez chercher par exemple, votre pain à la boulangerie (...) Manque de chance, vous empêchez le Tram B de circuler normalement. Vous l'obligez fortement à ralentir, pour peu qu'il ne manque d'effleurer votre véhicule. Vous créez un ralentissement sur la voie de circulation obligeant les autres véhicules à ralentir, entre ceux désirant tourner à droite et ceux souhaitant se diriger vers le Musée de Grenoble (...) A maintes reprises, j'ai vu des agents municipaux verbaliser...".

C'est en ces termes que je rédigeais un billet intitulé "Contravention récurrente ou prévention par vidéosurveillance " le 11 novembre 2006 sur ce blog.

7 mois plus tard, les choses ont peu changé en ces lieux : de nouveaux plots imposants et dissuasifs, plus épais, ont depuis peu remplacé les fameux poteaux gris bordant le parvis de l'église. Néanmoins, les automobilistes continuent de prendre l'habitude de stationner entre la ligne du tram et l'intersection de rues. Ils se garent et vont acheter le journal au bureau de tabac, prennent du pain à la boulangerie, attendent l'arrivée d'une personne...

Ce sont maintenant les véhicules des services municipaux qui s'y collent le matin, [1], au moment où les gens circulent, amènent leurs enfants en crèche, à l'école ou se rendent à leur travail !

Vu que tout le monde s'y met, finalement, autant fixer immédiatement une place de stationnement pérenne et la rentabiliser par un horodateur...

Notes

[1] comme nous pouvons le constater sur la photo


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