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06

2010

Le quotidien 20 Minutes débarque en grande pompe sur Grenoble : explications

20 minutes grenoble Depuis quelques mois, dans la sphère médiatique locale, un bruit n'en finissait plus de courir concernant l'arrivée possible, certaine ou imminente sur Grenoble du numéro 1 de la presse quotidienne nationale.

Rumeurs confirmées de mon côté depuis quelques semaines déjà par un intermédiaire bien placé.

Le quotidien 20 Minutes (papier + web) a commencé à être distribué gratuitement ce lundi 31 mai à Grenoble.

Invité au lancement du journal ce même jour, j'ai pu échanger avec des responsables du quotidien, appréhender leur stratégie et mieux déceler une partie de leurs ambitions sur Grenoble.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que 20 Minutes n'arrive pas les mains vides. Le quotidien a visiblement pris l'habitude de se déployer... avec une certaine agilité sur le terrain.


L'armada 20 Minutes, en chiffres


Déploiement : 105 journalistes travaillent pour le titre. Le 29 mars dernier, 20 Minutes ouvrait sa 9ème édition locale à Nice. Aujourd'hui, la 10ème édition se déploie sur Grenoble. Deux nouvelles éditions devraient être propulsées ultérieurement. Selon mes sources, la 11ème pourrait arriver sur Montpellier à partir de 2011.

Positionnement : 20 Minutes, c'est le n°1 de la presse quotidienne nationale sur les 25-49 ans (50% du lectorat), les femmes (48% de lectrices) et les actifs (69% du lectorat). C'est également le 4ème site web d'information en France (hors agrégateurs) avec 4,38 Millions de visiteurs uniques en avril 2010.

Répartition : Selon les chiffres communiqués par le journal, 2,7 millions de lecteurs lisent chaque jour le quotidien en France (dont 1,34 millions de 25-49 ans). En répartition, 69% d'actifs, 20% d'étudiants et 11% d'inactifs/retraités. Le gratuit 20 Minutes attire 27% des 15-24 ans (contre 15% au total dans la Presse Quotidienne Régionale), 23% des 25-34 ans (15% PQN), 27% des 35-49 ans (25% PQN), 23% des + de 50 ans (45% PQN).

Rapporté à la PQN, 20 Minutes réussit à attirer chaque tranche d'âge de manière équilibrée.


Ligne éditoriale : la nécessité et le plaisir


Yvon Mézou, Directeur de la rédaction (ex-Secrétaire général de la rédaction du Progrès de Lyon, ex-Rédacteur en chef du Parisien - Aujourd'hui en France) et Pierre-Jean Bozo, Président et Directeur de la publication de 20 Minutes ont exposé leur démarche d'introduction du journal gratuit sur Grenoble.

"Compte tenu de la population grenobloise, il était logique que nous venions à Grenoble (...) Nous sommes dans une logique d'apport d'une autre information (...) 20 Minutes n'est pas un quotidien d'opinion, nous sommes un quotidien d'information, notre ligne est non partisane (...) Nous avons une ligne éditoriale pour le print, une pour le web (...) Nous répondons à un double appel (...) L'appel de la nécessité, ce que doit savoir le lecteur en début de journée pour intégrer une vie sociale, tisser du lien social et la réponse du plaisir pour relever les choses" explique avec soin Pierre-Jean Bozo.

"On veut être plus un journal local qu'un journal national qui arrive (...) Et je sais ce qui se passe ici à Grenoble" ajoute Yvon Mézou, originaire de Chambéry.

Sur le papier, la ligne éditoriale de 20 Minutes est tournée vers l'information essentielle (ce que doit savoir le lecteur chaque matin avec un zeste d'information "people") et l'information servicielle (fournir le plus d'information pratique et le plus de services possibles). Au niveau local, le journal souhaite développer du contenu de proximité, économique, culturel et sportif. Une double accessibilité à l'information à la fois géographique et intellectuelle.

Sur le web, la philosophie du quotidien est de retransmettre en continu une information certifiée le plus rapidement possible. "Nous ne sommes pas un site de presse sur Internet, nous sommes un site de radio (...) Nous avons des dispositifs techniques qui nous permettent d'incruster en temps réel du contenu média sur le web" tient à préciser le Président de 20 Minutes.


L'édition 20 Minutes sur Grenoble


Le quotidien compte rapidement tirer 20000 à 25000 exemplaires sur Grenoble avant de monter progressivement en charge (35000 selon InterMédia).

Pour des questions budgétaires et de positionnement, 20 Minutes s'appuie sur l'agence de presse lyonnaise Pleins Titres en matière éditoriale. Comme sur Lyon, la régie est assurée par Cojecom.

L'équipe locale est composée de 4 journalistes permanents sur Grenoble "pilotés" de Lyon (chacun étant spécialisé dans un domaine rédactionnel) sous la responsabilité d'un Rédacteur en chef en charge des régions - et de quelques pigistes (2 pour commencer).

Côté exploitation, 20 Minutes s'appuie sur près de 50 points de distribution sur Grenoble (points de colportage, lignes de bus et de tramway, sites universitaires et d'entreprises...).

La grille du premier numéro de 20 Minutes sur Grenoble est la même que celle des autres éditions locales. Elle est composée de 24 pages dont une vingtaine réservée aux contenus : 3 ou 4 pages Grand Grenoble et Grenoble Sport, 4 pages France, 2 pages Monde, 1 page Economie, 1 page Pause (jeux, horoscope...), 1 page High-Tech, 1 page Culture, 2 pages TV-Médias, programme TV de la soirée et 2 pages Sport.

En fonction de l'actualité grenobloise, Pierre-Jean Bozo confirme la possibilité d'étendre le contenu local dans l'édition papier. Sans compter la publication hebdomadaire de suppléments ou dossiers nationaux (prévue dès cet automne sur Grenoble).


Une arrivée attendue pour certains, redoutée pour d'autres


Dans une salle comble du très chic restaurant gastronomique Fantin Latour [1] à Grenoble, de nombreux institutionnels, communicants et journalistes invités pour l'occasion avaient fait le déplacement. Tantôt pour "faire bonne figure" ou pour répondre à leurs préoccupations liées à l'arrivée du quotidien. Tantôt pour accueillir sans modestie à bras ouverts le lancement du quotidien et échanger de nombreux contacts professionnels.

L'arrivée plus ou moins inattendue de Michel Destot et de Michel Issindou, respectivement Député-Maire de Grenoble et de Gières lors de ce petit-déjeuner fut particulièrement remarquée par la direction du journal.

"Je reste assez perplexe sur l'arrivée à Grenoble mais bon, on attend de voir" me disait récemment un Maître de conférences spécialisé dans le domaine des médias. "Pour nous, c'est une bonne chose l'arrivée de 20 Minutes (...) On va pouvoir communiquer davantage sur Grenoble sur nos sujets et en même temps faire remonter notre info locale par leur canal national" m'expliquait l'une des responsables Presse d'une grande école. "Ça va enfin faire bouger le microcosme médiatique Grenoblois qui se regarde le nombril et changer la donne, je l'espère" me confiait également sur place une amie journaliste.

Comme je le disais en introduction, le quotidien gratuit 20 Minutes n'arrive pas les mains vides.

D'une part, l'agence Cojecom qui travaille avec le quotidien connait bien le marché de la presse grenobloise puisque c'est elle qui s'est occupée jusqu'en décembre 2009 de l'édition papier du titre Grenoble&Moi (actuellement recentré sur le web). D'autre part, l'arrivée "anticipée" du quotidien sur Grenoble coïncide avec une volonté de prendre ses marques durant la période estivale durant laquelle de nombreux médias locaux sont en "stand by".

Une nouvelle rivalité s'annonce entre les médias locaux.

Elle ne fait que commencer. Elle a déjà commencé...

Notes

[1] pas assez de chaises pour tout le monde


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05

2010

Greblog MonGrenoble invité de l'émission TV de Robert Ménard, Médias[2] : "L'information hyperlocale est-elle viable"

medias2 grenoble Il y a quelques semaines, j'ai été contacté par un journaliste du Comité éditorial de Médias2 pour participer à l'enregistrement d'une émission TV à Paris sur le thème de l'information hyperlocale.

Liée à la revue trimestrielle Médias spécialisée dans le décryptage des médias, Media2 est une plateforme communautaire collaborative en ligne "qui explore l'univers des dynamiques médiatiques". Un espace récent de conversation, d'échange et de production de contenus en direction du grand public et des professionnels intéressés par l'écosystème des médias.

Le Directeur de la rédaction de Médias et de la publication de Médias2 est Robert Ménard, fondateur et ancien Secrétaire général de l'association RSF (Reporters Sans Frontières).

Avec d'autres journalistes de la rédaction, celui-ci co-anime une série d'émissions enregistrées sur un plateau de télévision avant d'être déployées entre autre, sur la WebTV du magazine.


L'information hyperlocale : en prise directe avec le territoire ?


Il est souvent difficile de qualifier précisément "l'information hyperlocale".

S'agit-il d'une information de proximité, de territoire, produite à une échelle géographique restreinte ? Une information en prise directe avec les habitants, tournée vers les citoyens d'un arrondissement, d'un quartier, d'une ville ?

S'agit-il d'une information décalée par rapport à la presse régionale ? Des contenus destinés à être agrégés sur le web pour accentuer une visibilité locale à une échelle plus importante ?

L'information hyperlocale est-elle l'avenir du web ? Est-elle viable au niveau économique ? Au niveau éditorial ?

Dans son émission "L'information hyperlocale est-elle viable ?", la rédaction de Médias2 tente une approche intéressante sur ces thèmes avec ses invités.


L'information hyperlocale est-elle viable ?


Parmi les invités de l'émission, des responsables de développement Internet, blogueurs locaux et journalistes.

François Guerrier, blogueur à Versaille (monversailles.com). Jean Christophe Dimino à Nice (hyperlocalnews.fr). Geoffrey Bonnefoy, journaliste dans le 18e Arr. à Paris (dixhuitinfo.com). Erwann Gaucher, Responsable du développement Internet du réseau de franchise de journaux régionaux (Vivrici.com) et Chrystophe Oléon à Grenoble, fondateur et responsable éditorial de GreBlog MonGrenoble.

Voici un aperçu rapide des différentes rubriques abordées dans l'émission TV :

Greblog, référence de l'info hyperlocale | Des vrais Journalistes ? | Parlons chiffres (audience des sites hyperlocaux) | Les voisins comme sources d'infos | L'hyperlocal, renouveau de la PQR ? | Quel avenir pour l'hyperlocal ?...


>> Regarder l'émission (44mn) en ligne de Média2 et naviguer par chapitre de manière interactive si besoin.



Pour aller plus loin et/ou en savoir plus sur le sujet :

- Les slides d'Hubert Guillaud, l'un des pionniers du blogging local en France (Fing - InternetActu) "Relever l'Hyperlocal" et "Territoire 2.0".

- Le point de vue de l'excellent Jeff Jarvis (The gardian) "Let's build an ecosystem around hyperlocal bloggers".

- Le point de vue de Xavier Ternisien (Le Monde) sur "l'émergence de l'information hyperlocale" - focus sur GreBlog.

- Le dossier sur "les enjeux de l'hyperlocal" (Satellinet - janvier 2010) - focus sur GreBlog

- Le slide récent de mon confrère Bertrand Soulier (weblocal) avec qui j'ai eu le plaisir d'animer un atelier-débat sur la géolocalisation de contenu hyperlocal début 2010 à Paris "Hyperlocales: tendances de 2010".


02

04

2010

Offre éditoriale de proximité sur Grenoble : le difficile pari de la presse locale

greblog satellinet Depuis environ une quinzaine d'années, le quotidien de l'audiovisuel Satellifax publie une lettre qui traite chaque jour de l'actualité de l'audiovisuel et des médias sur le plan national et international.

Lu quotidiennement par plus de 8000 acteurs issus du monde de l'audiovisuel, de la production et par de nombreux institutionnels, la société éditrice a propulsé en décembre 2009 son nouvel opus : Satellinet.

Satellinet [1] est une nouvelle lettre d'information hebdomadaire payante (abonnement 1080€ HT/an) sur la communication et les médias en ligne qui décrypte les tendances qui feront les médias en ligne de demain.

Dans sa lettre n°3 et sa rubrique Médias d'information en ligne, Satellinet tente de décrypter les enjeux de l'information locale et de l'hyperlocale.


Hyperlocal : rapprocher l'information des lecteurs


Satellinet dresse un panorama national des sites locaux d'information qui proposent une offre éditoriale de proximité et qui parfois, entre en concurrence avec les médias traditionnels.

"Longtemps restée le monopole des journaux locaux, l’information de proximité s’ouvre aujourd’hui à la concurrence d’internet. Greblog.net à Grenoble, Alter1fo.com à Rennes ou encore DailyNeuvième.com dans le IXe arrondissement de Paris : des dizaines de ces « nouveaux médias locaux » sont aujourd’hui référencés dans Google Actualités" explique Satellinet.

A l'origine, ce besoin de rapprocher l'information des lecteurs vient principalement des Etats-Unis où de nombreux sites d'information indépendants (blogs, site web hyperlocal, de quartier..) ont su progressivement attirer un panel de "nouveaux" lecteurs... ignorés, délaissés, parfois méprisés par les rédactions des grands titres de presse.


Les médias traditionnels investissent dans le local


Face aux nouvelles offres éditoriales de proximité qui ont su au départ capter l'attention et capitaliser une partie des attentes des lecteurs sur la toile, nombreux sont les médias traditionnels qui, après avoir été longtemps réticent à investir la moindre somme d'argent dans l'hyperlocal, tentent d'ouvrir une brèche pour s'imposer avec plus ou moins de réussite sur les nouveaux créneaux de l'information locale.

Et Satellinet dresse un éventail d'expériences en cours ou à venir sur le web local.

Avec ses LibéVilles, Libération choisit par exemple de traiter l'actualité locale dans huit grandes villes françaises. Les gratuits 20Minutes ou Métro sont également positionnés sur le web local dans de grandes agglomérations et propulsent depuis pas mal de temps des blogs locaux en direction de leurs lecteurs. Le réseau MaVille publie des informations locales sur 81 villes dans l'hexagone en partenariat avec des quotidiens régionaux. Du côté du MidiLibre, une expérience visant à regrouper sur une même plateforme des blogs de correspondants locaux du quotidien a été lancée sur 24hactus. Prochainement sur Montpellier, Nîmes et Béziers, des blogs locaux couvriront les quartiers de ces villes sous la couverture des Journaux du Midi. Dans le cadre le la réforme audiovisuel, France 3 étudie la possibilité de lancer pas moins de 24 WebTv locales propulsées sur l'Adsl avec une volonté de jouer la carte de la participation citoyenne au niveau de la réalisation des programmes.


Du côté de Grenoble


Du côté de Grenoble, la course en quête de parts de marché continue de plus belle.

Disons-le clairement, elle ne fait que commencer.

Il y a ceux qui se sont introduits sur le marché local existant pour le bousculer, grappiller au passage des parts conséquentes ou se positionner sur de nouvelles niches... et ceux qui tentent et tenterons de s'accrocher... pour survivre.

Après une tentative d'introduction épisodique sur le pavé, Direct Soir n'est finalement plus distribué en centre-ville. Le journal papier gratuit Grenoble&Moi s'est discrètement retiré de la course en décembre 2009 et tente désormais de se maintenir sur le web. Après avoir propulsé Grenews et Avignews, le Dauphiné Libéré a décidé il y a quelques mois de mettre fin à l'aventure éphémère Arvignews.

D'une régie publicitaire commune à une autre, les opportunités d'introduction sur le marché de la presse locale papier et/ou en ligne continuent à fleurir.

Après avoir introduit Captiv et Decor'Home, Captiv'Press vient de lancer un nouveau magazine papier gratuit bi-mensuel Site-e Mag complété par une présence parallèle en ligne plutôt active sur le web. Fort de son expérience locale et nationale, venant tout juste d'introduire sa 9ème édition locale à Nice, le quotidien gratuit 20Minutes compte bousculer le marché de la presse locale Grenobloise à partir du second semestre 2010.

Une arrivée envisagée, ciblée, mesurée qui, selon certains journalistes locaux que je côtoie régulièrement, risque davantage de secouer le DL que Grenews. L'un étant... sous la coupole de l'autre.


Une prise de risque dans un climat économique tendu


Tout ce beau monde prend le risque d'investir dans l'information locale en ligne au moment où les revenus publicitaires continuent de baisser sur la toile et sur le papier à une vitesse élevée ou quasi-constante. Selon la synthèse de l'IREP, le montant des recettes publicitaires a baissé de 10,2% pour les quotidiens régionaux entre 2008 et 2009 (perte nette des recettes pour l'ensemble des médias de près de 1,5 milliard d'€ !) [2]

Pour bon nombre d'entités, le local reste une aubaine. Une fois lancé dans l'arène, chacun escompte trouver un nouveau modèle éditorial et économique viable, inespéré.

"Dans ce pari risqué, c'est souvent la quantité des contenus qui comptent, la qualité passe mal (...) Le vainqueur est celui qui durera le plus longtemps possible (...) On en est là" me confiait sans ambiguïté l'un des Responsables des Etudes Stratégiques d'un grand groupe de presse régional rencontré sur Lyon en décembre 2009.

Dans cet imbroglio économique, certains blogs locaux d'information tentent également d'émerger et de trouver un public à leur juste mesure. Certains y parviennent, d'autres non.

Aux Etats-Unis, la rentabilisation de l'information de proximité est en marche. Non seulement elle s'appuie progressivement sur une multitude de localités, de correspondants et de blogueurs locaux venus soutenir et partager une couverture quotidienne de l'actualité, mais elle est parfois adossée à des systèmes d'agrégateurs géographiques de contenus associés à des publicités ciblées, contextualisées ou personnalisées. Des modèles éditoriaux vont même jusqu'à proposer de récolter de l'argent directement auprès des lecteurs avant de publier l'article dont le sujet traité est choisi par ces derniers.

En France, on mesure encore peu ces opportunités.

L'organisation historique des bureaux locaux, l'internalisation et le manque de réactivités des rédactions sont un frein aux diverses tentatives de redéploiements plus ou moins aléatoires de l'information locale papier ou en ligne.

A Grenoble, contrairement à d'autres grandes agglomérations, le marché reste encore ouvert aux opportunités d'introduction.

Mais pour combien de temps ?


Lire la publication n°3 de Satellinet (exceptionnellement gratuite) sur "les enjeux du local et de l'hyperlocal" faisant mention de GreBlog.net.

Notes

[1] Satellinet est une publication Satellifax

[2] Source IREP – France Pub 2009


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11

2009

Information locale émergente : GreBlog MonGrenoble dans Le Monde

greblog le monde Dans un article préalablement publié sur le web puis dans son édition papier du 4 novembre 2009, le journal Le Monde évoque le développement et l'émergence de l'information locale en France.

Après avoir interrogé plusieurs acteurs du "web local" choisis pour leurs initiatives respectives dans l'hexagone, le journaliste Xavier Ternisien tente d'analyser leur démarche et de lister les moyens parfois rudimentaires dont ils disposent pour parvenir à relayer ou à produire une information.

En cherchant à publier différents contenus locaux, ces acteurs sont à la recherche d'une audience et/ou d'un modèle économique viable : deux principes... pas totalement antinomiques.


Une échelle hyperlocale segmentée


Dans un article publié dans la rubrique Economie et Medias intitulé "Malgré leurs faibles moyens, de plus en plus de sites Internet tentent de faire émerger l'information locale", le journaliste du Monde relève plusieurs types de sites d'information.

Les sites web dont la principale qualité est de proposer des services et bons plans locaux et dont l'une des principales finalités et d'aboutir à une démarche commerciale.

Les sites d'information "citoyens" [1] qui se proposent de relayer ou de produire des contenus d'information couramment propulsés sur des plateformes de blogs.

Les sites d'information édités et réalisés par des professionnels régulièrement soutenus par des médias régionaux ou nationaux.


Production et rémunération des contenus


Philippe Couve [2], producteur de l'Atelier des Médias souligne la difficulté des médias hyperlocaux à trouver un modèle économique viable et à générer des revenus. "Sur le papier, l'espace est compté et optimisé pour intéresser le plus grand nombre de lecteurs (...) Sur le Web, la place n'est pas limitée (...) Le seul problème est que la production de contenus coûte cher (...) Et les petits annonceurs ne sont pas encore prêts à payer pour un bandeau sur Internet".

Il est vrai que bon nombre de sites d'information locaux vivent principalement de la publicité et qu'ils peinent à attirer des annonceurs "hyperlocaux".

Certains sites n'existent que par la seule volonté d'un groupe de presse d'occuper le marché local avec la volonté intrinsèque d'écarter progressivement d'autres supports médias implantés jouant dans la même catégorie. Sur le web, des rédactions se maintiennent tant que le support papier est capable de les "entretenir". D'autres au contraire, misent sur l'édition web afin d'assurer tant bien que mal le financement du support papier en payant à coup de lance-pierre leurs pigistes ou correspondants locaux.

Mais pour combien de temps encore..?

"J'ai tenté de vendre de la publicité à des annonceurs locaux, mais sans grand succès (...) Ils sont attirés par des médias plus conventionnels (...) Mais je suis persuadé que ça va évoluer" a pu relever le journaliste du Monde après lui avoir accordé une interview dans laquelle je lui signalais avoir été plusieurs fois contacté par des agences de publicité régionales ou des services de communication de collectivités territoriales pour "passer de la pub" sur GreBlog.

Un moyen qui, pour des questions de principe, n'est toujours pas à l'ordre du jour. Mais les choses pourraient évoluer...


Succès d'audience


Pour reprendre la segmentation développée plus haut par Xavier Ternisien, tous les blogueurs "locaux" ne sont pas tous en quête de rémunération mais ils y pensent... un jour ou l'autre. En dehors de l'adoption du schéma publicitaire "classique" inhérent à la profession et aux médias traditionnels, nombreux sont les blogueurs qui ont tenté de déceler différentes opportunités permettant de dégager des revenus... avec plus ou moins de succès.

En attendant, "L'information locale est au moins un succès d'audience" comme le souligne très justement le journaliste du Monde.


Pour aller plus loin, dans le même quotidien national :

Lire le précédent article du Monde du 9 juillet 2008 "Des médias au plus près des villes et des quartiers" faisant référence à GreBlog.

Lire l'article du Monde du 4 novembre 2009 "Malgré leurs faibles moyens, de plus en plus de sites Internet tentent de faire émerger l'information locale".

Retrouver également mon retour d'expérience publié dans l'ouvrage professionnel "Blog territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités" (Franck Confino - éditions Territorial, 2009) en direction des cadres territoriaux.

Notes

[1] terme employé par les médias qui reprennent souvent cette expression employée par des blogueurs locaux à la recherche d'une identification, d'une différenciation ou d'une revendication particulière liée à l'expression libre et aux usages démocratiques

[2] interview GreBlog pour Radio France Internationale en 2007


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02

2009

Rencontre journalistes - syndicats au Club de la presse et des médias de Grenoble et de l'Isère

club presse 38 snj Le 18 février 2009, le Club de la Presse et des Médias 38 (association regroupant un panel représentatif de médias locaux, de directions de la communication d’organismes ou d’entreprises et des agences de conseil du département) organisait une rencontre-débat avec des journalistes sous la direction de Jacques-Marie Francillon, Président du Club en présence d'Emmanuel Saint-Bonnet, représentant du syndicat SNJ [1] et de Marc Greiner, représentant FO.

Face à une dizaine de journalistes présents au Tonneau de Diogène à Grenoble, les principaux intervenants ont souhaité tour à tour évoquer la crise de la presse en France au niveau de la PQR [2], de la PQN et levé un premier bilan des Etats Généraux de la presse écrite.

A travers leurs analyses, les représentants ont abordé les rapports qu'entretiennent principalement les journalistes avec leur direction et dressé un portrait constat de leur profession.


Les Etats Généraux de la presse écrite


Les Etats Généraux de la presse avaient pour objectif d'élaborer un nième diagnostic sur l'état de la presse écrite en France, de discuter et de dégager des solutions pour y remédier en réunissant des acteurs de la profession au sein de quatre pôles de réflexion.

Quel avenir pour les métiers du journalisme ? - Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ? - Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ? - Presse et société : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?

A l'issue de ces Etats Généraux de la presse, les différentes recommandations des principaux groupes de travail ont été publiées le 8 janvier 2009 dans un "livre vert" (le télécharger). Le 20 janvier 2009, les Assises du Journalisme ont élaboré 14 propositions "pour le droit de chacun à une information de qualité".


Des "Etats Généraux des patrons de presse" ?


Marc Greiner, photographe au Dauphiné Libéré souligne que son syndicat (FO) a assez mal vécu l'organisation de ses Etats Généraux de la presse. Selon lui, trop peu de journalistes ont été invités à participer à ces assises. Il estime à 12% le taux de syndicalisation des journalistes en France. Bien que ce taux soit faible et plus élevé en comparaison avec d'autres secteurs d'activités, il souligne que la profession a été peu écoutée et entendue.

"On s'est retiré d'entrée (...) On sait pertinemment que c'était mettre en musique uniquement les propositions patronales (...) Les syndicats de journalistes malheureusement ne pèsent pas grand chose dans les journaux en terme de position de blocage vis à vis du patronat (...) Le jour où le livre sera vraiment atteint, il y aura une atteinte en règle de nos acquis sociaux, de nos conventions collectives, de la déontologie (...) Actuellement, il y a une sorte de dynamique patronale, une sorte de pacte de non agression sur les journalistes du DL parce qu'il y a encore des syndicats du livre qui tiennent la route" explique le représentant FO.

Marc Grenier constate aujourd'hui que les jeunes journalistes ont beaucoup de mal à se syndiquer. Ces derniers ne se sont pas vraiment intéressés aux Etats Généraux de la presse. "Ils ne s'intéressent qu'à leur gamelle (...) Les directions successives les ont tellement affamé qu'ils sont prêts à plus se mobiliser pour des questions de salaire maintenant" revendique le photographe.


Le dilemme de la double loyauté


Pour Emmanuel Saint-Bonnet, rédacteur au Dauphiné Libéré, fondateur d'AtlasPol, ces Etats Généraux de la presse sont des "Etats Généraux des patrons de presse". D'après lui, les journalistes sont "un petit peu dans ce que les pédopsychiatres appellent un conflit de loyauté".

Un journaliste qui travaille dans la PQR est désormais confronté à une "double loyauté" déséquilibrée : celle envers son entreprise qui cherche à diversifier ses contenus au coeur d'une logique économique qui s'éloigne des "clients" [3] et celle envers les lecteurs pour lesquels il est de plus en plus difficile d'offrir une information fiable et de qualité.

La distorsion est de plus en plus importante avec les directions d'entreprises. Les journalistes sont attaqués sur leur garantie d'indépendance, souvent financière. "Quand on fait un texte, une mise en page, un reportage, on a une responsabilité morale (...) On est de plus en plus attaqué sur nos droits d'auteur, sur la clause de cession" [4] argumente le journaliste.

Les principaux intervenants soulignent que les journalistes du Dauphiné Libéré (le DL appartient au groupe EBRA - Est, Bourgogne, Rhône-Alpes : détenu par l'Est Républicain 51%, Crédit Mutuel 49% - actuellement en difficulté selon L'AFP, affaire GHM/EBRA) sont régulièrement soumis à des pressions au quotidien. Pressions au niveau des accords internes, sur la cession des droits d'auteur ou sur la sauvegarde de leur indépendance vis à vis de leurs sources d'information.


Une presse "sous perfusion"


En France, les grands titres sont encore bien protégés.

La presse écrite survit sous perfusion en partie grâce aux aides à la diffusion, de l'Etat et de l'Europe. "Si on était dans un système libéral à l'américaine, on aurait plus que deux quotidiens en France, La Croix et Le Parisien" souligne Emmanuel Saint-Bonnet.

"Il faut savoir aussi qu'il y a un énorme problème économique dans la presse (...) Si les patrons sont aussi agressifs, c'est qu'ils ont aussi les actionnaires qui sont derrière eux (...) Il faut pas se leurrer, la profession va être sinistrée parce que c'est une profession individualiste (...) A la limite, on fait un combat d'arrière garde" explique Marc Greiner.

Face à l'urgence de la crise économique de la presse, l'Etat prévoit un plan d'aide de près de 600 M€ sur trois ans.


Une logique d'entreprise


L'un des intervenants évoque le positionnement interne des entreprises de média. La grande majorité des groupes qui rachètent à tour de bras ces entreprises pour la plupart ne connaissent pas le métier, découvrent la représentation, le dialogue social et les méthodes de travail.

"On est plus face à des gens qui connaissent la presse (...) Ils sont dans la 8ème dimension, ils découvrent le dialogue social, la façon de travailler et le métier (...) Le paysage est sur la chute des ventes, de la publicité (...) Ils deviennent agressifs parce que économiquement, ils ont du mal à tenir (...) Ce qui se passe par exemple au Républicain Lorrain le matin en conférence de rédaction, ce sont les chefs des ventes qui arrivent et c'est eux qui donnent les sujets (...) C'est plus les journalistes qui décident parce qu'il y a une logique d'entreprise" explique l'intervenant.

Dans une logique de mutualisation des moyens et des effectifs, la concentration des médias au sein des grands groupes a pour effet de limiter l'indépendance des titres et celle des journalistes. Loin de jouer la carte de la pluralité, ce regroupement contraint les entreprises de presse à proposer au lecteur plusieurs fois le même sujet traité sur des supports différents, conduisant à une dispersion des audiences entre titres et supports.

L'une des principales revendications évoquées lors des Etats Généraux de la presse porte sur la fameuse "charte de déontologie" et l'opportunité de l'inscrire dans une convention collective. Il s'agit d'une avancé qui permettrait de reconnaître et donner un statut juridique aux rédactions et à la profession. Laurent Joffrin , Directeur de publication de Libération rencontré lors du dernier Forum Libération à Grenoble évoquait pleinement les mêmes attentes.


Un constat accablant


Les principaux intervenants du pôle "Le choc Internet : quels modèles pour la presse écrite ?" ont dressé un diagnostic de la situation de la presse en France et dans le monde.

Le constat détaillé dans le "Livre vert" des EGP disponible ici. est accablant.

Ce que l'on peut lire et retenir :

L’offre globale de médias augmente plus vite que leur consommation et les annonceurs poursuivent leur retrait et s'installe dans une croissance négative. La hausse de la consommation de médias va de pair en France avec une dispersion des audiences entre titres et supports. La presse imprimée est une dépense mineure dans le budget d’un ménage français. Le gros consommateur de médias écrits ne se cantonne pas, en France, à un support unique. Le média Internet continue de croître en France, en pénétration et en utilisation. La recette publicitaire tirée d’un visiteur unique est vingt fois moindre que celle d’un lecteur. Google est au cœur des sessions sur Internet et sa vente de publicité en tire parti...


Une autre vision, un autre modèle


Lors de cette rencontre-débat fort intéressante, la place du lecteur, de l'auditeur ou du téléspectateur a très peu été évoquée, voir oubliée. Pourtant, c'est lui qui consomme du média, c'est lui qui est au coeur des stratégies d'audience, c'est pour lui que les médias ont une raison d'exister.

Les journalistes sont en droit de s'interroger sur l'indépendance et la crédibilité de la profession au coeur d'un système économique vacillant, d'un métier qui finalement, à du mal à appréhender les changements et bouleversement du secteur, qui ne parvient que partiellement à se remettre en cause.

Après la révolution numérique, le papier devra faire la sienne.

Ce n'est pas le papier qui risque de disparaître, c'est son usage qui est remis en cause face aux nouveaux comportements et la pluralité des nouveaux moyens de consommation de l'information.

Petit à petit, l'information n'est plus le récipient de la pub.

Le prochain défi du papier porte sur son adaptation [5].

Il doit devenir un complément attrayant et séduisant, un "+" vis à vis des nouveaux supports. Il doit servir à présenter une personnalisation des contenus de presse écrite, loin de la diffusion de masse qui engendre des coûts de production hallucinants. Progressivement, le support papier doit basculer pour devenir un complément, un supplément du web qui lui reste accessible à tout moment, en temps réel.

Les Etats Généraux de la presse ont permis de rassembler un certain nombre d'acteurs autour de la table, de dresser un constat alarmant de l'état de la presse écrite en général, de saupoudrer d'aides un secteur d'activité qui n'a plus vraiment les moyens de financer une production d'information basée sur un vieux modèle économique déjà enrayé.

Ils n'ont pas permis de résoudre les problèmes de fond : ceux de la profession, ceux du secteur.

A lire également : le compte-rendu de séance réalisé par le Club de la presse 38.

Notes

[1] Syndicat national des journalistes

[2] Presse Quotidienne Régionale, Presse Quotidienne Nationale

[3] lecteur potentiel

[4] condition de départ avec système de rétribution financière

[5] A lire : "La fin des journaux et l'avenir de l'information" - Bernard Poulet, Rédacteur en chef à l'expansion, vient de paraître


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01

2009

Pigé Magazine - PigeMag - navigue dans la blogosphère Grenobloise

pige magazine grenoble Pigé Magazine (PigeMag) est le journal d'information des étudiants du Master Journalisme de l’IEP (IEPG - Sciences Po Grenoble).

Ce semestriel de 32 pages tout en couleur tiré à plus de 3000 exemplaires est principalement distribué à l'Institut d'études politiques de Grenoble, sur le campus et dans le centre-ville de Grenoble.

Ce magazine propulsé par des étudiants aborde de nombreux dossiers d'actualités, propose des reportages sur le terrain, traite de sujets politiques, publie des interviews au fil des rencontres. Son format donne tout simplement envie de le parcourir, de le lire. Sans compter la qualité au toucher de son papier et l'aération de sa grille de lecture.

Sur le fond, Pigé Magazine propose des sujets qui ont souvent été traités par d'autres médias en prenant soin d'analyser un contexte, de relever une situation et de raconter une histoire. On peut toutefois regretter l'absence relative de sujets liés au cursus et à la formation des étudiants, à l'avenir de leur métier, aux pratiques journalistiques et à l'évolution des médias en général.


PigéWeb : un panorama du web Grenoblois


Dans son numéro 7 paru mi-décembre 2008, le magazine propose désormais à ses lecteurs une nouvelle rubrique qui dresse un panorama du web Grenoblois. Le journal propulsé en ligne sur Pigemag.com a choisi pour la rentrée 2009 de se plonger dans la blogosphère locale et de faire remonter des blogs "qui valent en tout cas le détour !" selon PigéMag.


Une sélection de blogs issus de la blogosphère Grenobloise


Cinq blogs ont été sélectionnés par la rédaction du journal.

L'occasion est donnée pour exprimer un mon avis et vous faire découvrir d'autres blogs sur le même thème (recommandations).


Grenoble Daily Photo


Gaëlle Brunet est photographe professionnelle. Depuis 2007, elle publie chaque jour une photo qui reflète sa vision de Grenoble sous un angle personnel et insolite. Grenobledailyphoto fait partie du réseau international City Daily Photo initialement lancé par Eric Tenin [1] (Parisdailyphoto). Le blog de Gaëlle est parsemé de courtes réactions spontanées. En choisissant d'écrire principalement en anglais, "Bleeding Orange" a su attirer un public hétéroclite et consolider une communauté d'internautes passionnés par ses clichés.


Point fort : regard artistique, appuyé et esthétique sur ce que nous voyons et ne voyons pas à Grenoble.

Point faible : peu d'explications sur le regard de l'artiste. Participations subjectives, tournées vers le compliment.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Shandara.net (photos d'une Canadienne à Grenoble, de retour au canada : archives).


Bmol


Bmol est le blog des bibliothécaires musicaux de la Ville de Grenoble . Depuis un peu plus d'un an maintenant, une vingtaine de rédacteurs vous proposent régulièrement de consulter des collections et des animations liées à la musique dans les Bibliothèques municipales de Grenoble. Côté support, Bmol se veut interactif et "réactif à la scène locale". Le blog propose de nombreux services. Il met en avant des archives sonores, sélectionne des nouveautés musicales, publie des extraits de concerts et tente d'interagir avec le public et ses adhérents.


Point fort : l'équipe de rédaction, le catalogue, le services d'écoute, les contenus objectifs.

Point faible : l'agencement et l'organisation des contenus, la grille de lecture.

Autre blog à découvrir sur le même thème : La bibliothèque apprivoisée (débat sur la bibliothèque 2.0 et ses expériences).


Michel Destot


Le blog du député-maire de Grenoble est plutôt atypique dans la blogosphère Grenobloise. Les publications de son carnet de bord sont partagées entre son désir de mettre en avant ses passions, ses convictions personnelles, son engagement politique et son implication dans les dossiers locaux et sur le plan national. Un mélange vivant de contenu non subordonné. Michel Destot a compris l'intérêt de publier du contenu en s'adressant directement à ses concitoyens. Un exercice qui lui permet quelque peu de s'affranchir des médias traditionnels [2].


Point fort : une mise en avant de la personnalité : regard, humeur, sentiments, liberté de ton...

Point faible : une absence de participation, de commentaires. Une présentation graphique "vieillotte", "has been".

Autre blog à découvrir sur le même thème : Stéphane Gemmani (un Conseiller municipal de Grenoble, coups de gueule et liberté de ton).


Skipass


Le blog de Skipass, 1er site francophone consacré aux sports d'hiver, est tenu par les "chefs" et responsables du magazine en ligne. En ce début de saison froide et tout au long de l'année, on y trouve de l'actualité toute fraîche sur les sports de neige, un panel d'informations pratiques et réactives, une myriade de bons plans pour tous les passionnés ou amateurs de glisse. Le support est accompagné de photos et vidéos qui ne passent pas inaperçus. Le ton du blog est volontairement accrocheur, libre et dissocié de celui du site principal.


Points fort : l'équipe de rédaction, les bons plans, une liberté de ton et de décontraction.

Points faible : égocentré, un excès de chiffres et de démonstrations.

Autre blog à découvrir sur le même thème : Manuturlututu (un Grenoblois passionné de montagne, des sommets, de randos...).


GreBlog MonGrenoble


Selon le magazine PigéMag, "Impossible de ne pas connaître GreBlog MonGrenoble lorsqu'on vit dans la capitale des Alpes (...) Moins de trois ans après sa création, son auteur a réussi à faire de GreBlog le principal blog d'information de la région (...) présent au même titre que les journalistes". [3].


Point fort : "est considéré (...) comme un média à part entière" selon PigéMag.

Point faible : fait tout... tout seul [4].

Notes

[1] que je rencontre parfois lors d'évènements "Blogs" dans l'hexagone

[2] annonce de sa candidature de 2008 sur son blog

[3] je rajouterai simplement... blog d'information locale ou blog hyperlocal :-)

[4] ce qui est à la fois un handicap et une formidable opportunité


21

01

2009

Déjeuner annuel avec les médias locaux, voeux à la presse avec Michel Destot : bilan 2008, état du PS, perspective 2009 et JO 2018

voeux presse grenoble 2009 A l'occasion de la nouvelle année, Michel Destot, député-maire de Grenoble conviait les médias locaux à une rencontre autour d'un déjeuner dans le cadre des traditionnels voeux à la presse.

Jeudi 15 janvier 2009 à 12h30, une trentaine de journalistes étaient invités [1] à l'Hôtel Mercure Alpotel Grenoble Centre pour échanger autour des priorités politiques actuelles de l'équipe municipale et des enjeux nationaux.

Pour la troisième année consécutive, j'étais invité [2].

Contrairement à l'an passé, l'ambiance cette année était beaucoup plus détendue. Il faut dire qu'en 2008, nous étions en pleine période électorale. Lors des vœux 2008, le maire paraissait fatigué par le rythme imposé par la bataille des municipales et n'avait pas toujours souhaité répondre à toutes les sollicitations des journalistes... arcane de campagne oblige.


Satisfaction du maire, bilan de l'année 2008


Devant les médias locaux, Michel Destot entame un long discours. En introduction, il choisit de revenir sur les principaux évènements qui ont marqué selon lui l'année 2008.

A commencer naturellement par sa réélection sur laquelle il ne s'attarde pas. Rapidement, il fait une allusion sur le "plan campus" et les pôles universitaires Grenoblois, l'enseignement supérieur et le projet de Presqu'île scientifique. Il souligne avec enthousiasme l'accession du GF38. "Il a fallu attendre 45 ans pour la ligue 1 (...) On a fait encore la démonstration que l'offre sportive était justifiée (...) Un stade moderne et emblématique en plein cœur de la ville, source de rassemblement, source de nuisances moindres avec un bilan carbone qui est un des meilleurs en France".

Le maire de Grenoble continue sa revue. "Je passe rapidement sur les prix (...) 1er prix Santé, Petite Enfance, plan étudiant, label 5 arobases Internet, prix de la presse municipale, victoire du hockey et le retour de nos athlètes des JO de Pékin (...) Mais maintenant il va falloir affronter la crise (...) et cette incapacité du Monde à se gouverner lui-même" signale Michel Destot.


Retour sur l'état du monde en 2009


Le maire revient sur le conflit Israélo-Arabe. "La création de l'Etat d'Israël a été l'une des plus belles décisions de la communauté internationale (...) Aujourd'hui, il faut qu'elle décide qu'il y ait sur la carte du monde deux Etats viables, Israélien et Palestinien et qu'elle l'impose au monde entier, c'est la condition même de la survie de l'humanité (...) J'a vu à Grenoble les représentants des communautés et pour l'instant, les choses sont fragiles" explique le premier magistrat de la ville.

Sur la crise économique et sociale actuelle, le maire de Grenoble condamne fermement les spéculateurs financiers, "Ces gens qui se disent banquiers et qui risquent le fric des autres et jamais le leur (...) Il faut que le métier de banquier devienne un métier modeste (...) Il faut qu'on réhabilite dans le monde entier les métiers de chercheurs, d'ingénieurs et d'entrepreneurs". Pour Michel Destot, le 20è siècle fut le siècle des Etats-Nations. Le 21è siècle devra être celui du monde et des villes en raison des phénomènes d'urbanisation et de concentration des développements, sources d'impulsions au niveau national. Il est donc important de renforcer les moyens de leur émancipation.

Au niveau local, le député-maire estime "qu'il serait complètement fou de se retirer des projets et de baisser l'investissement en période de crise (...) Tout le monde peut comprendre quand 73% des investissements publics dans notre pays relèvent des collectivités locales (...) Une augmentation d'impôts, ça ne fait pas plaisir, mais la solidarité c'est aussi un effort pour ceux qui gagnent plus que les autres".


Les JO de 2018 à Grenoble, "se déplacer sans carbone"


Le maire souligne que Grenoble est la ville la plus jeune de France. Son offre sportive est la plus diversifiée en tenant compte du grand nombre de pratiquants. Pour lui, aucune autre ville sur la planète n'est plus représentative de l'idéal olympique, du sport, de la culture et de la jeunesse pour accueillir les JO... au coeur du plus grand massif le plus aménagé du monde.

"Je ne sais pas si je serai encore maire dans beaucoup de temps, je ne sais pas si je me présenterai à d'autres élections mais en tout cas, de la même façon que pour le stade, après toutes ces emmerdes, quand on a fini de le faire et quand on voit aujourd'hui le bonheur que c'est (...) me dire qu'à une échelle cent fois plus importante, on sera capable d'organiser en 2018 ce rassemblement mondial (...) et bien j'espère que je ne serai pas le seul à être heureux" explique Michel Destot.

Quelques précisions sont apportées concernant l'emplacement et la gestion de certains sites olympiques inscrits dans la candidature de "Grenoble - Isère 2018" [3] .

Une restructuration adaptée de l'anneau de vitesse est prévue. Une grande toile le recouvrera durant les épreuves olympiques de sports de glace. Un projet de 3500 chambres du côté du village olympique (converties plus tard en logements). Le centre de presse et de communication côté Alpexpo.

Le cahier des charges olympique demande à ce qu'il y ait le moins de déplacements possibles entre les sites. Au niveau du développement durable sur les JO, Michel Destot évoque une partie sensible du dossier. "Nous avons un concept pour l'organisation des Jeux, c'est de pouvoir se rendre sur tous les sites... sans carbone".

Sans doute une forte allusion à des déplacements... par câbles.

Le maire revient sur la candidature de Grenoble aux JO de 2018. "Je pense qu'on a des chances non nulles de sortir le 18 mars avec une candidature française, c'est pas gagné, loin s'en faut (...) Si on l'a pas, on sera extrêmement déçu (...) On continuera quand même à porter une candidature en 2015 pour 2022".


Evocation de l'état du PS sur le plan national


"C'est vraiment pas facile (...) pas simplement parce qu'on a à la tête de l'Etat quelqu'un qui a un tempérament et une personnalité, une stratégie hyper présidentielle mais parce qu'il y a au fond en période de crise un écho dans la population à se resserrer sur le Président de la République au niveau national et sur le Maire au niveau local" explique Michel Destot.

Il évoque la difficulté pour son parti à concilier la tradition du PS avec l'évolution présidentielle et la perception des militants lors de l'élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste, déterminés à connaître leur poulain présidentiel au lieu de s'attarder sur le fond des motions et des engagements. "Au Parti Socialiste, on doit résoudre la double équation présidentielle et de l'orientation qui ne peut être que réformiste, clairement social-démocrate (...) Martine, c'est une bosseuse (...) Avec elle, ce n'est pas l'assurance tout risque mais on a la possibilité de faire avancer le parti pour trancher sur les orientations" explique le député-maire.


Rapport et relation avec les médias locaux


Le maire de Grenoble conclut son discours en s'adressant aux médias locaux présents autour de la table. L'attention est palpable.

"L'espoir vient de comprendre ce qui nous arrive (...) Décrypter les situations compliquées au niveau local et national, c'est votre job (...) Vous le faites bien, dès fois pas très bien un peu comme nous (...) Il y a un truc que je ne supporte pas, c'est l'hypocrisie (...) On peut être mal compris sur des sujets mais je suis révolté quand il y a des menaces portées sur la capacité des médias à faire leur boulot (...) Je serai donc toujours à vos côtés y compris quand je suis sévèrement critiqué" explique Michel Destot.


Il va de soi que ce genre de rendez-vous traditionnel avec les médias est l'opportunité pour le maire de dresser un bilan de sa politique et de remettre un peu d'ordre à travers les sujets traités.

Curieusement, par principe ou réticence, les journalistes hésitent globalement à poser de nombreuses questions au premier magistrat de la ville. Pourtant, l'occasion est propice. N'oublions pas que les journalistes eux-mêmes, ont parfois du mal à s'exposer lorsqu'ils sont ensemble...

Notes

[1] sur invitation

[2] un blogueur local considéré comme journaliste ? :-)

[3] nouveau site web Grenoble JO 2018


09

01

2009

3ème journée : en direct des rencontres d'Autrans 2009 : micro blogging

autrans internet 2009 Comme chaque année depuis 13 ans et durant trois jours, de nombreux acteurs de l'Internet se retrouve à Autrans pour échanger sur les outils Internet, communiquer sur les nouveaux usages, créer des liens à travers des réseaux humains (et sociaux), se familiariser sur des produits du web ou introduire de nouveaux concepts du web.

Plutôt que de rédiger un article, j'ai choisi cette année de micro-bloguer sur place (envoyer de courts messages à la communauté, redistribution de notes, partage de points de vue, synthèse et regroupement des échanges en fin de session à partir des réseaux sociaux mis à disposition).

Le tout... en live !

Un expérience enrichissante lorsqu'elle est partagée par la communauté (absente et présente) qui suit les comptes-rendus archivés et vous fait un retour... en direct !


Suivre les notes en direct ICI, sur le Mur, redistribuées sur Autrans 2009


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