Le blog local de Grenoble | Plateforme de publication participative et d'expression locale

> Accueil | A propos | Charte | Agenda | Médias | Contact | La Salade Grenobloise | Proposer [ témoignage, communiqué ]    

Tous les billets de la catégorie :: [ Politique ]

Politique contient actuellement 7 billets

Fil des billets de la catégorie - Fil des commentaires de la catégorie

11

01

2008

Les Grenoblois aiment la politique

municipales 2008 grenoble En ce début d'année, le maire de Grenoble et le Conseil municipal présentent leurs meilleurs voeux pour l'année 2008 aux habitants en choisissant de communiquer cette année sur le 40ème anniversaire des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble.

Un choix opportun et un thème de communication qui viennent à point nommé avec les prochaines festivités liées à l'inauguration du Stade des Alpes, juste avant... les municipales 2008. A Grenoble, notamment en centre-ville, les habitants ont eu l'occasion de découvrir cette campagne de communication [1] sur quelques panneaux publicitaires.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que certains habitants en profitent pour s'exprimer sur le sujet et donner leur point de vue en fonction de l'humeur du moment.


Un petit tag au marqueur noir...


Samedi 5 janvier 2007, je décide d'emmener mes enfants au MacDo [2] près de la Fnac. Sur notre parcours, à l'angle de la place Grenette, près des cabines téléphoniques, je découvre un petit message tagué au marqueur noir [3] sur l'un de ces panneaux.

  • "13 ans ça suffit dehors !"

Avec le sourire et un air amusé, je décide de m'approcher du panneau publicitaire.

La réaction des passants est surprenante.

Le simple fait que je reste positionné quelques dizaines de secondes devant le panneau pour prendre une photo a incité des inconnus à m'aborder et à m'indiquer sans gêne leur point de vue sur le message du tag [4].


Une petite discussion à bâton rompu...


En premier lieu, un couple d'une cinquantaine d'années arrive derrière moi, me surprend et me lance sans gêne cette affirmation "Ah ben celui-là... ça fait un moment qu'il est là, hein (...) tous les mêmes de toute façon (...) Nous vous savez, on en a un autre à Eybens qui veut pas laisser sa place à d'autres (...) Baïetto, alors lui par contre vous savez, il s'accroche bien à sa chaise (...) tenez, ma femme peut vous en parler, elle travaille à la mairie...".

Amusé par le discours, je profite de l'occasion pour jouer le jeu et leur poser la question suivante "Alors donc, vous pensez voter pour qui ?" et la réponse ne tarde pas à venir. "Pas pour lui en tout cas, ni pour le jeune gars là, je sais plus comment il s'appelle (...) Chérie, comment il s'appelle déjà celui-là (...) il a un nom à coucher dehors !".

A cet instant et intérieurement, j'étais plié de rire. Au bout du compte, je n'ai pas pu obtenir ma réponse : le couple continuait à dialoguer en se laissant porter par ses affirmations.

Quelques minutes plus tard, toujours en compagnie du couple Grenoblois, un jeune homme élégant et bien habillé passe devant nous, nous entend dialoguer et s'invite carrément dans la discussion, face au tag. "Je vous entend parler (...) Vous verrez, il va repasser sans problème (...) En face, il y a qui ?"

Et c'était reparti...

Chose surprenante, le jeune homme et le couple sont restés sur le trottoir à discuter un bon moment au moment où il me fallait quitter la place car mes enfants s'impatientaient.

J'ai adoré cette situation cocasse.

Quel engouement des Grenoblois pour la politique..!

J'adore !

Notes

[1] M majuscule à maire, à municipal... étonnant

[2] ils me réclamaient un "happy meal"

[3] un de plus...

[4] je suis repassé devant cette semaine, l'affiche a disparu, le tag est toujours présent


03

10

2007

Alain Carignon ne sera pas candidat aux municipales 2008 sur Grenoble

alain carignon Mercredi 3 octobre 2007, Alain Carignon, ancien maire de Grenoble (1983 -1995), ex-président du Conseil Général de l'Isère (1985 - 1997), ancien député européen (1984-1986), ex-ministre délégué chargé de l'Environnement (1986 -1988), de la Communication (1993-1994), condamné en 1996 pour "corruption et abus de biens sociaux" et actuel Président de l'UMP Isère, vient d'annoncer par communiqué (AFP) son intention de ne pas plus se présenter aux élections municipales de 2008 à Grenoble.

Pour autant, la retraite politique de l'ancien maire de la ville n'est pas... pour demain.


Alain Carignon compte rester présent, actif et déterminé


Dans son communiqué, Alain Carignon affirme qu'il n'est "candidat à rien". Il souhaite "faire gagner Grenoble et l'Isère" et "espère que cette décision constituera le meilleur tremplin pour cette victoire".

L'ancien ministre analyse la situation actuelle, relève le manque de démocratie en mettant en cause les pouvoirs locaux. Il souligne les divisions qui ont marquées le terrain politique lors des précédentes élections législatives 2007. Il entend rester actif et déterminé pour défendre ses valeurs et accompagner la victoire de l'UMP au niveau local en mars prochain.


Un non évènement qui laisse une place ouverte à d'autres personnalités


En elle même, l'annonce n'était pas forcément prévisible mais la déclaration de candidature "à la candidature" pour les municipales 2008 du Président départemental de l'UMP lancée le 9 mai 2007 ne pouvait qu'être remis en question notamment depuis sa défaite aux élections législatives le 17 juin dernier face à Geneviève Fioraso (Lire le billet). A ce stade, beaucoup imaginent que la carrière publique d'Alain Carignon est au point mort et que ses ambitions ne lui permettront plus de conquérir de nouveaux horizons politiques.

A mon sens, il n'en est rien. Alain Carignon souhaite plus que jamais occuper le terrain des négociations.

Il y a environ un an, Henri Baile [1] déclarait son intention d'être candidat à la Mairie de Grenoble. Le Président de l'association "Grenoble Avenir Action Projet" vient de relancer et de réitérer sa candidature pour l'investiture. Hervé Gerbi, initiateur de "Grenoble 2008, L'Agenda" est également candidat et tête de liste de "L'énergie du changement". Fabien de Sans Nicolas, Président national des Jeunes de l'UMP, opposé à André Vallini lors des dernières législatives sur la 9ème circonscription est également pressenti sur une liste UMP sur Voiron... ou tête de liste sur Grenoble.

Dans quelques semaines, l'UMP désignera ses candidats pour les élections municipales.


La vigilance du stratège


Nul doute qu'Alain Carignon, retiré de la course sur Grenoble [2] , aura plus que jamais l'occasion d'invoquer ses choix et ses prérogatives en matière d'investiture. Ce retrait laisse une porte ouverte aux convoitises politiques et permet à d'autres d'annoncer ouvertement leurs intentions. A contrario, il peut laisser entrevoir de nouvelles divisions internes et les conflits d'intérêts latents au sein de l'UMP Isère.

Nul doute qu'Alain Carignon, fin stratège politique, restera un observateur attentif de la situation, un acteur vigilant et privilégié de la situation au niveau local.

En politique, il faut être patient. On prend son ticket et on attend son tour...

Notes

[1] et non "Bayle", dans le DL du 30/09

[2] Voir le sondage GreBlog en aparté... sur le sujet


01

10

2007

Michel Destot envisagerait-il de ne pas se représenter pour un troisième mandat municipal ?

michel destot grenoble Michel Destot, député maire de Grenoble, laisse t'il volontairement planer le doute sur son éventuelle intention de se représenter pour un troisième mandat municipal [1] à la tête de la Mairie de Grenoble ?

Oui, pour le moment... à en croire l'écoute de l'une de ses nombreuses interventions lors du précédent Conseil municipal de la ville de Grenoble qui s'est tenu ce lundi 24 septembre.

Lors des débats, l'un des principaux dossiers importants évoqués concerne le devenir de la piscine Jean Bron et la nouvelle piscine des Dauphins à Grenoble. En séance, les discussions vont bon train. L'ensemble du Conseil municipal est plutôt studieux, attentif, bien que l'on puisse aisément lire la fatigue de la rentrée sur le visage de certains Conseillers municipaux.


Michel Destot évoque son éventuelle candidature pour les municipales 2008


Vers 19h30, quelques orateurs relèvent la "proximité" de la gestion de certains dossiers en cours avec le calendrier électoral à venir, notamment l'approche des municipales 2008. Le député maire de Grenoble tient à faire un point, prend la parole et rejette toute corrélation sur le sujet. Ce qui n'empêche pas certains membres de l'opposition municipale de "glousser" avec légèreté dans l'assistance sur le sujet.

En écoute, Michel Destot, à propos de son éventuelle candidature :


Il y a t'il une stratégie derrière le doute ?


Le Maire de Grenoble souhaite-t'il volontairement faire monter la pression sur son intention "d'y aller" une troisième fois ? S'agit-il simplement de lancer une pierre dans la mare, de poser un ultimatum, de rappeler simplement les conditions d'exercice de mandat de certains membres du Conseil, de les mettre en garde en les invitant à travailler jusqu'au bout de leur mission ?

La candidature de Michel Destot pour une troisième mandat municipal [2] est un secret de polichinelle pour tout le monde. Qui peut escompter remplacer au sein de la majorité municipale l'actuel Maire de Grenoble ? Qui en a la posture, l'énergie, la volonté et la détermination dans son propre entourage ou dans les sphères du PS au niveau local et ce, quelques soient les procédures de désignation en cours ? Il y aurait-il un "poulain" prédestiné, mis en avant ?

Faisons le tour des personnalités proches de Michel Destot susceptibles de se positionner. Il se dit que Geneviève Fioraso, député de la 1ère circonscription se présenterait sur Meylan ou une commune du nord de l'agglomération. Jérôme Safar, Christine Crifo, Olivier Noblecourt, Alain Pilaud, Jacques Chiron,... ? ... qui d'autres en vue ?

A mon sens, il n'y a pas grand monde, ou... personne.

Comme à l'accoutumée, de nombreuses personnalités politiques laissent volontairement planer le suspens sur leurs intentions. Au cas où Michel Destot serait réélu et reconduit par les grenoblois en mars 2008, quelque chose me dit que son prochain premier adjoint devrait se préparer à assurer un passage de relais. Mais quand ?

Notes

[1] Voir également le résultat du sondage GreBlog en cours sur le sujet

[2] municipales : les 9 et 16 mars 2008


27

09

2007

A grenoble, les colleurs d'affiches sont sur le web

election affiche Il y a quelques années, il n'était pas rare de voir de nombreux colleurs d'affiches issus de mouvances politiques différentes se disputer les meilleurs places pour placarder le "sacro-saint" portrait de leur candidat désigné au cours d'une campagne électorale.

Pour de nombreux sympathisants et militants, le geste reste un symbole emblématique, une tradition. Une bonne campagne doit forcement se terminer par une traditionnelle "virée" de nuit destinée à coller le portrait de son poulain sur celui de son adversaire en dehors des supports autorisés et ce, juste avant la date de clôture officielle. Le rituel se pérennise au sein des bureaux, permanences et fédérations politiques mais les stratégies de communication politiques divergent en fonction de la cible, de l'électorat.


Les supports et méthodes de communication évoluent inégalement selon les partis


A Grenoble, nombreux sont les candidats aux législatives qui m'ont fait part de leurs difficultés et de la rudesse de leur campagne. Depuis peu, les NTIC ont fait leur entrée au sein des permanences politiques. Traditionnellement, chaque candidat à la candidature, chaque postulant désigné se doit de "passer" régulièrement dans le Dauphiné Libéré pour dévoiler ses intentions au grand public. Désormais, en aparté, chaque candidat se doit également d'avoir un site web ou son blog pour communiquer.

Par manque de moyens et souvent pour des questions idéologiques, les militants des petites formations politiques continuent régulièrement de coller des affiches, distribuent des milliers de tracts dans la rue. A l'opposé, les grandes formations se déploient sur le net et utilisent de nombreux artifices et stratagèmes pour sensibiliser le public à leurs idées, leurs actions ou prérogatives à venir. La bataille est inégale. Elle s'opère à présent sur le Net.


Des colleurs d'affiches au cybermilitantisme local et politique


Les NTIC bousculent fondamentalement les rapports qu'entretiennent les politiques avec les militants, les sympathisants et les électeurs potentiels. De nos jours, le carnet d'adresses d'un club politique est stocké en base de données. Chaque fédération envoie régulièrement sa liste de diffusion ou "mailing list" à ses adhérents. Les journalistes sont invités par courriel à rencontrer le politique prenant ainsi la main sur l'approche de l'orientation du contenu à publier. Le candidat gère lui-même son blog ou en délègue l'administration à un militant. Les tracts insidieux ou calomnieux entre candidats ne suffisent plus à toucher le plus grand nombre : en quelques secondes, des centaines de courriels peuvent cibler avec précision de nombreux destinataires. Les candidats ou militants s'échangent des amabilités, gardent trace de leurs débats animés sur le web, postent des contributions sur la toile, opèrent une traçabilité des échanges ou déposent un nom de domaine comme on officialise le dépôt d'une candidature à la Préfecture...

Lors des prochaines municipales à Grenoble, les candidats "tête de liste" n'auront pas les mêmes cartes à jouer durant leur campagne par rapport à celles qui sont distribuées lors d'une élection sur le plan régionale ou nationale. Les moyens techniques et financiers mis à leur disposition pour gérer leur campagne sont souvent plus limités et les opportunités de s'exprimer doivent prendre en compte les inconvénients et les règles du local.

A Grenoble, ville Internet "4 arobases", ville dynamique par excellence dans de nombreux domaines, un candidat à la candidature ou un postulant désigné qui n'a pris place sur la toile est un candidat qui ne peut prétendre gagner une élection.

Désormais, l'Internet ne "fait" pas encore l'élection mais "fait" la campagne.


24

09

2007

Marie-Christine Tardy, Maire de Meylan, exposée dans une BD sulfureuse

tardy meylan Depuis quelques jours, un citoyen fait parler de lui à la mairie de Meylan. La nouvelle se répand rapidement par bouche à oreille entre agents communaux au sein des services.

Yves Ferradou est peintre et habite Meylan. Accompagné de son fils, arrivé de Guadeloupe, ce père de famille débarque en France en 2003 et demande à la mairie de Meylan de lui prêter un appartement pour une courte période. Il obtient un logement provisoire...

L'histoire ne s'arrête pas là...

Yves Ferradou décide de réaliser une bande dessinée (lire ici) dans laquelle il raconte en introduction les mésaventures de son histoire personnel, donne son opinion sur les rouages actuels de la Mairie de Meylan tout en relayant ses déboires avec Marie-Christine Tardy, actuel Maire UMP de la ville, Conseillère régionale Rhône-Alpes.


Une bande dessinée sulfureuse évoquant la personnalité du Maire de Meylan


"Il y a trois ans, j'ai pu apprécier sa générosité à une période assez difficile de ma vie. Je voulais que vous sachiez de quoi est capable cette femme (...) c'est édifiant (...) J'ai essayé de faire une bande dessinée humoristique, sans prétentions." C'est en ces termes que s'exprime le peintre pour introduire sa démarche.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette BD sur le web a pour ambition de de relayer selon l'auteur ce que tout le monde pense tout bas. Ce dernier souhaite attirer l'attention des meylanais sur des propos qui finalement n'engagent que lui.

Actuellement, la BD contient près de 55 pages originales. Chacune des planches dessinées témoignent d'une situation particulière, d'un fait, d'un jugement, des supposées relations qu'entretient "Marie-Christine Tardy 1ère, Reine de Meylan" avec son entourage, ses proches ou ses adversaires (notamment politiques).


Une combinaison d'éléments qui suscite la critique


Tout y passe : l'enfance de Madame le Maire et ses origines, des éléments de sa vie privée, ses stratégies politiques supposées, ses déboires éventuels, ses relations avec les meylanais, le fonctionnement du Conseil municipal, ses choix durant les législatives 2007, ses ambitions pour les municipales 2008, l'organisation interne des services de la mairie ou l'équipe de son cabinet.

L'auteur expose les relations supposées du maire de Meylan en s'appuyant sur des symboles politiques et de nombreuses personnalités. Tout le monde y passe... ou presque : Nicolas Sarkozy, Rachida Dati, François Mitterrand, Jacques Chirac, Maurice Papon, Georges Bush...

...Alain Carignon, Richard Cazenave, Philippe de Longevialle, Jean Faure, Guy Cabanel et même Geneviève Fioraso.

Yves Ferradou va plus loin. Il va même jusqu'à proposer aux meylanais de participer sur le web à la rédaction de scénarios et de nouvelles pages de sa bande dessinée.


Une initiative particulière, un regard mitigé


Cette bande dessinée "humoristique, sans prétentions" selon son auteur, est destinée à marquer les esprits. Yves Ferradou dispose d'un forum sur lequel il propose je cite, de parler de "tout mais surtout de Marie-Christine Tardy" en soulignant sur sa plateforme d'échange "Les propos choquants, xénophobes ou à l'encontre de la morale ne sont pas les bienvenue ici et seront sanctionnés".

De fait, la liberté d'expression est une nouvelle fois revendiquée. Signe de vengeance, de rancune au grand jour ?

Le problème est que certaines planches de la bande dessinée contiennent des propos déplacés et insidieux (allant à l'encontre de ses déclarations sur le forum) dont l'auteur aurait pu se passer afin de préserver la qualité intrinsèque, artistique et humoristique de son travail.


15

09

2007

En direct du Forum MC2 Libération. Troisième journée

fabius finkielkraut Ce matin, je décide d’aller écouter un ténor de la politique et un philosophe de renom.

La journéeLe public rempli la salle de l’auditorium.

Beaucoup de monde à l’entrée, la salle est pleine. Le service sécurité est renforcé. Il est à son maximum.

Les journalistes, libres de circuler, reçoivent quelques indications. Le premier rang est réservé aux personnalités.

Les intervenants entrent sur scène sous l’applaudissement du public.


Laurent Fabius – Alain Finkielkraut « La reconstruction de la gauche ? »



Alain Finkielkraut est le premier à prendre la parole en faisant un focus sur les révolutions de mai 68 et du printemps de Prague pour démontrer à sa manière l’état actuel de la gauche. « Nous avons assisté progressivement à une déconstruction de la gauche (…) Elle doit s’interroger sur la valeur profonde de l’égalité (…) Il faut changer de paradigme, sauver le monde et non pas le changer (…) Les enfants ne sont pas dressés à aimer le monde, mais à aimer les images du monde (…) Le monde est délaissé au profit des écrans (…) On joue avec les images du monde au lieu de le regarder, ce qui pose le problème de la perception écologique ».

Laurent Fabius prend la parole. « Pour sauver le monde –physiquement-, il faut le changer (…) Je préfère le terme de reconstruction de la gauche au terme renouvellement (…) Il est nécessaire de revendiquer nos valeurs qui sont bonnes (…) en revanche, ils nous faut adapter nos propositions (…) Contrairement à la droite, la principale valeur fondamentale de la gauche, c’est l’égalité. La seconde est la solidarité. La troisième est la laïcité (…) Lorsque nous aurons clarifié l’ensemble de nos valeurs, nous pourrons reconstruire la gauche ».

L’ancien premier ministre reste conforme à son image : celle d’un homme d’Etat de premier plan, plein d’humour, argumentant avec clarté, rigueur et pragmatisme. Un phrase attire toutefois l’attention du public « Nous avons perdu en 20007 car nous avons perdu le terrain des idées (…) La lisibilité est l’un des problèmes de la gauche (…) Aujourd’hui, le chemin est brouillé entre la gauche et le citoyen».

Alain Finkielkraut se distingue par de nombreuses démonstrations pertinentes qui finissent par rattraper l’analyse du sujet abordé. A son tour, il fustige les combats internes qui affaiblissent la gauche depuis deux décennies « Les intellectuels de gauche ne cessent d’opposer dominants et dominés (…) La gauche défend mal la sûreté et la notion de sécurité en raison de la critique de la domination, l’explication de tout fait par ses causes (…) A gauche, la critique de la domination est systématique et cela lui dessert (…) A gauche, la critique de l’élitisme ne doit pas se focaliser sur l’argent. Contrairement à la gauche, Nicolas Sarkozy a su installer la volonté et réconcilier les français avec la politique en commençant par rassembler dans son camp, ce que la gauche n’a pas su faire (…) La gauche ne veut entendre parler, hélas, que de la critique de la domination».


Rachida Dati – André Vallini « La justice est-elle juste ? »


dati valliniNous y sommes. Le débat le plus attendu du Forum Libération entre Rachida Dati et André Vallini va commencer. Le public est bien là.

Rachida Dati est la première à s’exprimer. Un style détonnant, une expression tonique, une sûreté à toute épreuve dans ses propos. En introduction, elle commence par évoquer les prochaines actions du gouvernement en matière de justice et rappelle son profond attachement à la lutte contre la discrimination.

A son tour, André Vallini dresse le portrait de la justice française « Je souhaiterai une accessibilité de la justice, une justice plus rapide, un toilettage des mots techniques employés qui font que le citoyen n’a plus confiance en elle (…) la justice donne l’impression qu’elle ne doit rendre des comptes à personne (…) Il faut que les justiciables puissent avoir un accès direct au Conseil de la Magistrature (…) Avec l’affaire D, les français se sont rendus compte que la justice pénale pouvait un jour les concerner en rappelant à tous l’importance de la présomption d’innocence.

Le président du Conseil général de l’Isère rappelle également que 20% des courtes peines ne sont jamais exécutées. Il s’attache à donner de nombreux conseils à Rachida Dati sur le fonctionnement de la justice « Vous plaisez à l’opinion, vous avez la chance d’être ministre de la justice, sachez que d’autres aimeraient être à votre place ».

Le duel est lancé. Le débat devient technique. Moyens de la justice et nécessité d’accroître les sanctions. Compréhension du mineur face à la compréhension et à l’exécution de sa peine. Rapidement, la discussion devient politique, notamment concernant les mineurs récidivistes. Les oppositions s’affirment.

André Vallini évoque l’augmentation des violences physiques et Rachida Dati rappelle l’ensemble des moyens mis en place par le gouvernement actuel. Il affirme « La justice n’a pas les moyens d’appliquer les textes, alors pourquoi vouloir faire une loi à chaque fois qu’un fait divers marquant survient auprès de l’opinion publique ? ». Elle réagit « Ce n’est pas le manque de moyen, c’est la révélation d’un vide juridique qui nous amène à vouloir légiférer dans le cadre de récidive de viol lorsque rien n’est prévu à la sortie de prison pour un violeur dont on sait qu’il risque de récidiver ».

Les sujets évoqués et lancés par André Vallini font l’objet d’un applaudissement constant du public. L’indépendance de la justice, la dépénalisation des affaires, le fichage par ADN. La ministre a réponse à tout : chiffres, signalement de faits et exemples d’affaires à l’appui. Le professionnalisme et l’engagement des intervenants entraînent le public et la qualité des échanges est au rendez-vous. Les sujets évoqués restent sensibles. Chacun prend ses précautions dans ce duel entre personnalités au caractère fort.


Nicolas Baverez – Arnaud Montebourg « Qu’est-ce que le sarkozisme économique »


baverez montebourg Un débat qui s’annonce intéressant et passionnant entre deux avocats.

En introduction, Nicolas Baverez réussit en une dizaine de minutes à donner les principales clés de la politique économique du gouvernement Sarkozy. Sur le fond, les principales mesures économiques sont évoquées. Il dresse un portrait sur l’état actuel de l’économie du pays.

« Nicolas Sarkozy est plutôt libéral, mais certainement pas un ultra-libéral (…) Le modèle que nous avons est le plus anti-social qui soit. Pourquoi notre croissance ne décolle pas ? (…) Sur 100 euros qui circulent, 54 est de fond public (…) Depuis 10 ans, nous vivons sur la consommation alimentée par une dette publique qui enfle »

Arnaud Montebourg exprime son étonnement et préfère évoquer la forme. « La priorité de Nicolas Sarkozy finalement, c’est de plaire. Il reste pour moi un objet non identifié (…) L’ambivalence de son discours vogue entre le souverainisme et libéralisme (…) Durant la campagne présidentielle, il a réussi à faire la gauche et la droite en même temps. En réalité, nous nous sommes trompés. Au départ, nous avons pensé qu’il donnerait une image ultra-libérale. Il s’agit d’une part de malentendu et d’analyse au sein de la gauche ».


14

09

2007

En direct du Forum MC2 Libération. Deuxième journée

Autain Valls Ca y est. Je viens de récupérer mon accréditation presse. A l’entrée, du MC2, le service d’ordre fait son travail. Les gens sont calmes et arrivent pas à pas récupérer leurs billets. Arrivé dans le hall principal, je prend la température des lieux en compagnie d’autres « confrères journalistes ». La liste des intervenants s’affichent sur l’ecran et chacun consulte sa tranche horaire.

Je vois Jack Lang. Très certainement attiré par les « pass press », il se dirige vers nous et nous serre la main avec son grand sourire habituel. Laurent Joffrin et Olivier Ihl sont interviewés par France Culture. Je me dirige en salle de presse pour m’organiser, bloguer et mobloguer. Michel Destot arrive et rejoint d’autres personnalités de gauche en bas des escaliers près de la salle de presse. Je recroise Jack Lang, un nouveau bonjour « presse ». Sacré Jack !

Colonne de gauche sur GreBlog, toutes les photos prises sur le vif. Je tente ici de bloguer en direct quand le temps me le permet. :-)

L’ouverture des débats approche. Il me faut choisir une premier débat. Je me dirige dans la salle de l’auditorium et assiste à la confrontation.


Manuel Valls – Clémentine Autain « Qu’est-ce qu’une gauche moderne ».


Clémentine Autain prend la parole. Je m’approche de la tribune. Je confirme : quelle belle femme ! Son discours est aiguisé, actif, marquant et relativement percutant. Le public écoute avec attention. Manuel Valls, décontracté, chemise légèrement ouverte, assez bronzé attend patiemment son tour de parole et relit avec attention ces notes.

Clémentine Autain marque son discours « Oui, il faut revaloriser la valeur travail (…), on a l’impression que la gauche est dans la résistance et veut conserver ses acquis, cette image est dénaturée (…) Pour qu’il y ait du mouvement, il faut qu’il y ait une forme de sécurité sociale et je conteste la centralité de la valeur travail (…) Le problème en réalité vient de la répartition du temps et la gauche moderne devra appréhender cette problématique à bras le corps (…) Je suis pour la mondialisation mais je suis contre le marché ». Chacun essayera de décrypter cette dernière affirmation :-)

Manuel Valls prend à son tour la parole. Il n’hésite pas à fustiger la gauche actuelle et ses problèmes en matière d’image et les dégâts causés par la campagne présidentielle de Ségolène Royal. Un discours hyper tonique, droit et démonstratif tout en affirmant la nécessité d’asseoir une nouvelle gauche jeune et moderne « A force de nous dire que la gauche n’est pas assez à gauche, eh bien c’est la droite qui gouverne. (…) Elle doit accepter que nous sommes dans une économie de marché et finalement, il faut qu’elle soit aussi le parti des entrepreneurs (…) Il faut prendre en compte la réussite individuelle à travers le travail. Il nous faut reconstruire un discours sur la culture (…) Nicolas Sarkozy a joué beaucoup sur les peurs (…) La gauche, au lieu d’être dans la confrontation avec les entrepreneurs, doit être capable d’assumer les valeurs de l’entreprise (…) J’en ai marre que la vie politique tourne autour de Nicolas Sarkozy".


Jack Lang - Dominique Reynié « Une VIème république».


Lang Reynie Je vais aller faire un tour du côté de Jack Lang confronté à Dominique Reynié...

L'ancien Ministre de la culture est très aimé : en tout cas, le public le signale, intervient et n'hésite pas à lui montrer une marque d'affection. Jack Lang exprime ses idées. Quelques notes à sa disposition, un public plutôt jeune et attentif aux différents échanges. Le Ministre rappelle son attachement profond aux valeurs de la république.

A plusieurs reprises, ce dernier regrette le manque d'audace de François Mitterrand "en fin de règne" en matière de planification de changement de constitution. Période durant laquelle il estime que l'ancien président de la république aurait pu s'attarder sur le sujet conformément à ce qu'il avait préalablement signalé à son ministre de la culture "attitré".

Je quitte le second débat et déjà, je regrette ne pas pouvoir assister à tous les débats. Dans les couloirs, je rencontre Daniel Cohn-Bendit, Michel Destot, Olivier Noblecourt, Laurent Joffrin, Richard Cazenave, Valérie Pécresse et bien d'autres...


Jean-Pierre Raffarin – François Chérèque « La retraite à 80 ans ? »


Je continue ma tournée des salles. Certains débats ont dépassé leur temps de parole. Je rentre en salle de presse pour mobloguer quelques photos et tenir ce compte-rendu personnel.

raffarin chereque Je découvre l’ancien premier ministre, très détendu, mâchant les branches de ses lunettes, sûr de lui et serein. François Chérèque reste pragmatique dans son discours. Le responsable syndical lit ses notes avec attention tandis que son challenger se tourne régulièrement vers le public. Je m’attendais à un débat de chiffres, d’hypothèses émises, de spéculation politique. Finalement, le débat reste courtois, en dehors de toute polémique sur les précédentes réformes des retraites. Quelques congratulations entre débatteurs. « Il ne faut pas bousculer le temps (…) le gouvernement a raison d’aller vite sur le sujet des retraites en mêlant la discussion du fond avec la méthode » déclare Jean-Pierre Raffarin.

François Chérèque regrette que la réforme des retraites se soit faite en parallèle de celle de la décentralisation à l’époque du gouvernement Raffarin. Une « petite erreur » selon lui. Le leader syndical affirme néanmoins que la réforme de 2003 n’est finalement pas inutile en prenant du recul. « Sans être bénéfique pour tout le monde, elle a permis d’avancer concrètement et elle nous permet d’entamer l’avenir et de poser de nouvelles bases ». Manuel Valls a eu des propos courageux sur le dossier et j’affirme qu’il y a de nombreux conservateurs sur le sujet des retraites au Parti Socialiste (…) C’est la durée des cotisations qui compte et non pas l’âge » signale Jean-Pierre Raffarin.

« L’âge du départ de la retraite ne peut qu’augmenter dans les années à venir (…) Quand on dit 60 ans, il faut donner des éléments de choix individuels indispensables pour le départ (…) Les paramètres économiques rentrent fortement en considération (…) Les entreprises doivent également assurer un départ à la retraite des salariés conforme aux particularités économiques et aux attentes formulés dans l’avenir » réaffirme François Chérèque.


Thierry Solère - Benoît Thieulin « Le Net, nouvel opium du peuple ? »


thieulin solere Un débat passionnant. Les usages du Net, le bilan de la campagne présidentielle sur Internet. L'accent est mis sur les rouages des débats participatifs dans le cadre de la campagne présidentielle de Ségolène Royal.

Face à la stratégie Internet de l'UMP, Benoît Thieulin défend avec ferveur l'impact de l'expression participative durant la campagne. Il rappelle les méthodes ayant permis à la candidate d'appréhender les contributions déposées par des centaines de milliers d'internautes dans le cadre des sessions participatifs et l'impossibilité de "tracker" toutes personnes suceptibles "d'enrayer" les débats sur le web.

"Nous sommes prêts à réitérer l'esprit et l'emergence des débats participatifs dans cinq ans (...) Une chose est claire, nous n'utiliserons certainement pas les outils du net actuels mais souhaitons conserver l'esprits de la participation du grand public (...) Nous devons continuer à faire emerger l'expression populaire".

Thierry Solère souhaite pour sa part accentuer les usages de l'internet dans le cadre de l'expression politique. Il rappelle simplement "Les colleurs d'affiches sont aussi sur le web".


Jean-Marc Ayrault - Bernard Accoyer « Les députés doivent-ils prendre le pouvoir ? »


accoyer ayrault Un débat engagé entre les ténors de l'Assemblée nationale. Une salle quasiment pleine. Beaucoup de points d'accords entre des intervenants heureux de débattre ensemble et qui se connaissent bien. "On légifère beaucoup trop et il faut commencer par appliquer les lois existantes avant de voter de nouvelles lois (...) L'image de notre démocratie est affaiblie à l'étranger en raison de notre incapacité à endiguer ce frein (...) Il est toutefois indispensable de réformer le Sénat (...) Arrêtons de faire passer des lois émotionnelles face à l'émotion de l'opinion pour satisfaire une demande immédiate de la société (...) Nous allons contribuer à decevoir le citoyen" déclare Jean-Marc Ayrault.

Bernard Accoyer rappelle avec rigueur la nécessité de "toilletter la Constitution" afin d'accentuer la pérénisation de celle-ci. Il rappelle que la république n'est pas en sursis en France. "Nous légiférons beaucoup trop, beaucoup trop vite mais il faut garder nos deux instances parlementaires, necessaire à la bonne marche de nos institution". Concernant les courants minoritaires, il ajoute "L'entrée des petits partis à l'Assemblée ne contribuera pas à une instabilité gouvernementale et des majorités". Le président de l'Assemblée nationale signale qu'il n'est pas pour le mandat unique principalement en raison de la coupure qui existe entre les élus et le citoyen. Selon lui, le cumul des mandats est le moyen de rapprocher le politique de l'electeur "Cette coupure est effrayante et ne doit pas ressembler à celle du contribuable et de son administration".


Patrick Bloche - Patrick Zelnick « La fin des droits d'auteur ? »


bloche zelnick Je termine cette seconde journée du Forum Libéraation par un débat technique sur les rapports ambigüs entre l'industrie et la culture. L'éternel synergie à trouver entre les "fournisseurs de tuyaux" et les "majors". Le sujet de l'industrie musicale est au coeur du débat.

Patrick Zelnick fustige le fait qu'"un seul homme contrôle le prix de la musique en ligne : Steve Jobs (...) Droits d'auteurs et royalties ne sont pas basés sur les mêmes modèles économiques et ceci ne pourra continuer à fonctionner dans les années à venir (...) On assiste à une concentration purement verticale dans l'industrie musicale et les différents partenariats entre fournisseurs de flux musicaux et majors ne permet plus aux auteurs de musique de s'en sortir (...) Finalement, la baisse tant attendue de la TVA ou une TVA unique pour le texte, l'audio et la vidéo va permettre dans les années à venir aux libraires... de vendre des disques !".

Patrick Bloche exprime son désarroi concernant la concentration de l'industrie musicale. Il rappelle les enjeux qui porteront sur le prix que le consommateur est prêt à payer pour un produit culturel. En aparté, il souligne un autre argument "L'autre problème évoqué est le rappel de la comission européenne qui continue de considérer que le disque n'est pas un bien culturel mais un bien industriel".