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03

2010

Régionales 2010, soirée électorale : les résultats définitifs du 1er tour sur Grenoble et en région Rhône-Alpes. Premières analyses

regionales 2010 grenoble Article maj le 15/03 à 12h12.

Dimanche 14 mars 2010 à partir de 10h du matin, GreBlog.net choisissait de mettre en place un dispositif décalé "spécial élections" sur greblog.net/elections (un micro-site web [1] dédié) afin de vous permettre de suivre pas à pas les toutes premières estimations.

Dans un premier temps, une diffusion des premiers taux de participation publiée à 12h, 17h et 20h au niveau national par le Ministère de l'intérieur.

Dans un second temps, quelques "objets" astucieusement glissés dans un fil d'informations en continu.

Dans un troisième temps, l'arrivée des premières estimations chiffrées en temps réel concernant la Ville de Grenoble, en direct de la Mairie à partir de 20h et ce, jusqu'à 23h20.


Les résultats du 1er tour sur Grenoble et sur Rhône-Alpes


Ci-dessous, les résultats définitifs du 1er tour, sur Grenoble et sur Rhône-Alpes.

En bas de tableau, 2 feuilles, 2 onglets : résultats sur Grenoble | sur Rhône-Alpes.




Premières analyses des résultats


Juste quelques comparaisons intéressantes :

La liste "Une région d'avance" conduite par Jean-Jack Queyranne actuel Président de la région Rhône-Alpes fait 2 points de mieux sur Grenoble par rapport à son score régional.

La liste "Aujourd'hui et demain, ensemble pour Rhône-Alpes" de la majorité présidentielle conduite par Françoise Grossetête creuse un écart de plus de 7 points par rapport à son résultat obtenu au niveau régional.

A l'inverse, la liste "Europe Ecologie Rhône-Alpes autrement et maintenant" conduite par Philippe Meirieu obtient un score très élevé sur Grenoble avec plus de 8 points de différence par rapport à celui obtenu au niveau de la région.

La liste "Front National pour Rhône-Alpes et nos provinces" conduite par Bruno Gollnisch réalise un score supérieur de 5 points au niveau régional par rapport à son résultat sur Grenoble.

La liste "Rhône-Alpes Démocrates" conduite par Azouz Begag obtient sensiblement le même score sur Grenoble et en région Rhône-Alpes.

Les listes "Ensemble pour les régions à gauche" et "Anticapitalistes Tout changer, rien lâcher" passent la barre des 10% sur Grenoble, soit 2 points de plus par rapport à leurs résultats respectifs obtenus en Rhône-Alpes.


Ce que l'on peut dire


La première surprise vient du Front National qui réalise un score plutôt élevé par rapport aux dernières estimations propulsées par les sondages avant le 1er tour des Régionales 2010. En passant la barre des 10%, une partie de la flotte du paquebot devrait se maintenir dans une douzaine de régions pour le 2ème tour et couper l'herbe de la majorité présidentielle.

La seconde vient des écologistes. Globalement, jamais ils n'ont réalisé un score aussi élevé sur Grenoble. Seulement 1 point d'écart avec les socialistes. Un exemple : dans le canton 2 de Grenoble, le bureau de vote de la "Porte de France" a comptabilisé le score de 40,19% pour Europe Ecologie. En devenant la 3ème force politique du pays, Europe Ecologie a gagné l'un de ses paris : balayer, étrangler le MoDem pour "jouer à armes égales" avec le PS au niveau local. Au niveau électoral, Grenoble pourrait prochainement devenir la grande ville la plus "verte" de France. Un fort score dont le Maire de Grenoble devrait tenir compte lors des prochaines échéances. Reste à savoir au niveau régional comment le rassemblement des socialistes et des écologistes va pouvoir s'opérer. Les premiers doivent nécessairement tenir compte du score des seconds pour "gouverner" la région et tenter de rassembler. Les seconds estiment qu'il n'y a aucun mal à "gouverner" avec les premiers malgré les fortes divergences et différences de points de vue qui les animent. A priori, sans trop de difficultés, les écologistes vont pouvoir faire monter les enchères avant le 2ème tour.

La troisième vient du Modem. Un score en dessous de 5% à la fois sur Grenoble et sur le plan régional. Un mouvement asphyxié par les récentes divergences hyperlocales, marginalisé par un score bas, balayé par une vague verte qui n'attendait qu'une élection de ce calibre pour prendre pied et s'imposer. Le Modem n'a pas su trouver le ton juste pour mobiliser les électeurs.

La quatrième vient de la majorité présidentielle. Sur Grenoble, la droite traditionnelle a souvent pour habitude de faire 10 points de moins par rapport à son score relatif au niveau national. Cette fois-ci, elle se tasse, dégringole et ne passe pas la barre des 20% en ville alors qu'elle devance d'un tout petit point les socialistes et arrive en tête du 1er tour au niveau régional. Ne disposant pas de "réserves" de voix à part entière, face aux invectives du Front National, la majorité présidentielle ne peut compter que sur les abstentionnistes du 1er tour pour tenter de remobiliser ses troupes. Pour y parvenir, elle va jouer la carte de l'impossible entente initiale entre ses concurrents et souligner la division récurrente entre les socialistes et les écologistes.

La cinquième vient des forces arrières de la gauche. Le NPA, le Front de gauche et associés n'entendent pas baisser les bras et laisser les socialistes discuter seuls avec les écologistes pour rassembler au second tour. Ensemble, elles passent tout de même la barre des 10% sur Grenoble. Une progression estimée, plus ou moins attendue pour un Front de gauche qui, âgé d'un peu plus d'un an, se paye le luxe d'obtenir un score similaire et comparable à celui du MoDem quelques mois après sa création.

La sixième n'est peut-être pas une surprise. Le score des socialistes était attendu. En s'appuyant sur le bilan de sa région, Jean-Jack Queyranne a réussi à fédérer et (re)mobiliser bon nombre d'électeurs de gauche qui avaient perdu leur marque... et leur foi. La constitution de listes communes pour le second tour notamment avec les écologistes risque de prendre une toute autre tournure. Au niveau local, le PS a l'habitude de négocier avec ses "partenaires-adversaires" en présentant une position hégémonique de circonstance avant toute négociation.

Affaire à suivre pour l'ensemble des qualifiés au second tour...


Revue de web : GreBlog sur France Info !


Ce matin, en prenant mon petit café, j'ai eu la surprise d'entendre le chroniqueur et journaliste David Abiker [2] relayer la manière dont j'ai utilisé le réseautage social "Twitter" pour annoncer de Grenoble les premières estimations des résultats sur le Net en employant un langage "très particulier" mélangeant des objets, des noms communs...

Ecouter la Chronique "Le bruit du Net" de David.

Je vous laisse deviner !

On se retrouve dimanche prochain pour la suite des résultats du second tour des Régionales 2010 sur Rhône-Alpes, sur Grenoble... et en direct.

Notes

[1] Afin d'éviter une surcharge habituelle de consultations côté serveur web

[2] qui m'avait interviewé il y a quelques années sur le "blog de Grenoble"


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03

2010

Régionales 2010 en Rhône-Alpes pour les Nuls, les newbies et les abstentionnistes.

regionales 2010 Juste avant d'aller voter ce dimanche 14 mars 2010 [1], j'ai décidé d'en remettre une couche et d'accentuer la visibilité de ces élections régionales en région Rhône-Alpes principalement en direction des lecteurs internautes qui ont la chance de pouvoir voter et de...

...ceux qui n'ont que faire de la politique, ceux qui pensent en être éloignés, ceux qui ont le don de marteler que la politique ne change rien dans leur vie, ceux qui ne font pas l'effort de comprendre ou qui sous-estiment les principales prérogatives de la région, ceux qui ont déjà décidé de s'abstenir d'aller voter, ceux qui ont toujours une bonne excuse pour ne pas se déplacer le jour du scrutin, ceux qui n'osent pas déclarer à leur entourage qu'ils n'iront pas voter, ceux qui estiment être au dessus des autres, de la politique et qui pensent que "ça fait bien de dire à autrui qu'on n'est pas allé voter", ceux qui mélangent un peu tout, les enjeux politiques nationaux, locaux et régionaux...

La liste peut être encore plus longue... alors mieux vaut entrer directement dans le vif du sujet.

Il suffit parfois d'un clic de souris, d'un lien pertinent inséré dans cet article pour mieux comprendre ces élections.

Et pourquoi pas... changer d'avis !


Elections Régionales 2010 en Rhône-Alpes, quelques chiffres pour comprendre


La région Rhône-Alpes est la deuxième région économique de France.

C'est 43 698 Km2 de superficie, 8 départements, 6 millions d'habitants, 137 habitants par Km2 en densité, 25 arrondissements, 335 cantons, 2 879 communes [2].

L’élection des Conseillers régionaux de la région Rhône-Alpes a lieu les dimanches 14 mars et 21 mars 2010 (si un second tour est nécessaire !).

Les dernières élections régionales ont eu lieu il y a 6 ans, les 21 et 28 mars 2004.

Par décret, les électeurs sont convoqués [3] 5 semaines avant la date du 1er tour de scrutin pour renouveler l'ensemble des Conseillers régionaux qui seront élus cette-fois-ci pour 4 ans et non 6 ans ! (en raison principalement de la réforme des collectivités territoriales à venir et du chevauchement du renouvèlement des Conseillers régionaux et des Conseillers généraux la même année, en 2014 [4].

Il y a 8 sections départementales puisqu'il y a 8 départements en région Rhône-Alpes.

Pour chaque liste, le nombre de sièges à pourvoir est calculé puis réparti entre les sections départementales en fonction du nombre de suffrages obtenus dans chacune d'elles.

Cette fois-ci, face aux électeurs, 1551 candidats au poste de Conseiller régional Rhône-Alpes se répartissent sur 9 listes.

L'effectif du Conseil régional Rhône-Alpes est fixé à 157.

Mais le total des candidats par section départementale est fixé à 173 !

Au cas où un ou plusieurs Conseillers ne pourraient exercer leur fonction, il est initialement prévu que chaque section départementale présente 2 candidats supplémentaires.

Au total en Isère, nous obtenons 31 candidats pour la section départementale.

Une fois les listes déposées, il n'est pas possible de modifier, ajouter, supprimer ou remanier l'ordre de présentation des noms des candidats inscrits (voir la liste officielle des candidats en Rhône-Alpes).

Initialement, les candidats avaient jusqu'au 15 février 2010 à 12h pour se déclarer pour le 1er tour. Ils auront jusqu'au 16 mars 2010 pour le faire pour le second tour.

Entre les deux tours, le titre et l'ordre de présentation des candidats peuvent être modifiés ainsi que le premier des candidats ou tête de liste notamment en cas de fusion de liste.

C'est bon, vous suivez ? Alors on continue...


Elections Régionales 2010 en Rhône-Alpes, le mode de désignation


Le mode de désignation repose sur un scrutin de liste à deux tours.

Le dimanche 14 mars 2010 dès le premier tour, si une liste obtient plus de 50% des suffrages exprimés (soit la majorité du premier coup, ça m'étonnerait mais bon...), elle obtient directement 1/4 quart des sièges à pourvoir. Du coup, les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au minimum 5 % des suffrages exprimés.

Si aucune liste présentée n’obtient cette utopique majorité des suffrages exprimés au premier tour, on revote la semaine suivante.

Le dimanche 21 mars 2010 lors du second tour, les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au 1er tour peuvent se maintenir en lice et choisir de fusionner avec les listes ayant obtenu au minimum 5 % des suffrages exprimés.

Au final, la liste qui arrive en tête obtient 1/4 des sièges au Conseil régional. Les autres sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au minimum 5 % des suffrages exprimés ce jour là.

La parité est exigée au niveau des listes de candidats. Un homme, une femme et/ou inversement... "en alternance".


Elections Régionales 2010 en Rhône-Alpes, la campagne électorale


A partir du dimanche 28 février 2010 à minuit, la campagne électorale pour le 1er tour peut commencer. Elle se termine le samedi 13 mars 2010 à minuit.

A partir du dimanche 14 mars 2010 à minuit, la campagne électorale pour le 2ème tour peut (re)commencer. Elle se termine le samedi 20 mars 2010 à minuit.


Les Conseillers régionaux en Rhône-Alpes, ils font quoi au juste ?


"Ben... ils sont tous Vices-Présidents de quelque chose et ils font rien...".

Non, je déconne... Bien au contraire !

Voici un aperçu global de l'ensemble des compétences de la région Rhône-Alpes. Et quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit très rapidement que les attributions et compétences du Conseil régional sont au coeur de nos usages et de notre vie quotidienne !

Aménagement du territoire

La région s'occupe du développement durable de son territoire, de la protection de l'environnement, du progrès social, de développement économique...

Les Transports Collectifs Régionaux

Aménagement des gares, investissement dans les transports collectifs tels que les trains, les TER, bus et autres moyens de déplacement connexes dont elle a la charge...

L'emploi et le développement économique

Les mesures stratégiques visant à déployer des pôles de compétitivité. Les politiques de développement permettant de regrouper, aider, soutenir les entreprises (notamment les PME-PMI). La mise en place de dispositifs permettant de propulser des initiatives dans les économies régionales...

La formation professionnelle, l'apprentissage, les lycées

L'entretien, la construction, le financement, les budgets de fonctionnement, les matériels des établissements de formation et d'apprentissage tels que les lycées publics et privés d’enseignement général, professionnel, technologique, agricole...

Les mesures d'accès à l'emploi et aux changement professionnels. Le financement des formations continues. Le développement des modes de validation de compétences professionnelles...

Voir tous les pouvoirs des collectivités territoriales.


Les Conseillers régionaux en Rhône-Alpes, ils sont payés combien ?


Les Conseillers régionaux perçoivent des "indemnités" [5].

Depuis 2008, l'indemnité maximale du Président du Conseil régional est fixée à 5441,10€/mois.

Les indemnités des Conseillers régionaux varient en fonction... du nombre d'habitants. Et pour plus de 3 millions d'habitants, c'est 2626,74€/mois.


Des sites web pertinents qui traitent des élections Régionales 2010


Vous avez tout compris ?

Alors pour aller encore plus loin, voici quelques liens web sélectionnés pour étoffer votre culture publique et politique sur le sujet :

NetPolitique - Election politique - Délits d'Opinion - CEVIPOF - Admi.net - Elections régionales 2010

Et pour en savoir encore plus au niveau régional, voici un très bon condensé de la NetCampagne des élections Régionales de 2010 en Rhône-Alpes :

Les artisans-Politologues (excellente initiative locale) pour mieux comprendre la sociologie et l'histoire électorale des territoires et des redécoupages en France.

Points d'actu, Lyon dans lequel GreBlog est le seul "blog local citoyen" (+ article) cité qui suit ces régionales 2010 pour le département de l'Isère [6].


Voilà !

En espérant que ces quelques informations complémentaires ont pu vous éclairer sur les rouages et les enjeux de cette élection.

Dans une certaine "mesure", on dit toujours que les abstentionnistes ne devraient pas se plaindre du résultat de ces élections car ils ont décidé de ne pas se déplacer pour aller voter. Personnellement, comme vous l'aurez compris, j'encourage tous les électeurs, lecteurs et internautes à aller voter !

Rendez-vous dimanche 14 mars à partir de 18h-20h sur GreBlog.net pour suivre comme d'habitude l'arrivée des résultats au niveau local... et en direct [7] !

En espérant que mon serveur web tienne le coup et ne saute pas comme d'habitude des vos premières requêtes.

Notes

[1] parce que j'y tiens, parce que c'est un droit, un devoir et un mode d'expression précieux...

[2] via Wikipedia

[3] dès le 5 février 2010

[4] via BM Lyon

[5] lire la circulaire indemnités de 2008

[6] c'est plutôt marrant

[7] dans la mesure du possible


05

03

2010

Régionales 2010 : les inquiétudes de Bernard Soulage, tête de liste PS en Isère

bernard soulage grenoble Mercredi 3 mars 2010, la liste de rassemblement "Une région d'avance" conduite par Jean-Jack Queyranne et soutenue par le PS, le Parti radical de gauche, le Mouvement républicain et citoyen et des personnalités du mouvement écologiste organisait une réunion publique à la Maison des associations de Grenoble dans le cadre de la campagne des Régionales 2010.

Environ 1/3 des colistiers de la liste iséroise conduite par Bernard Soulage, tête de liste en Isère, actuel Vice-Président délégué aux Transports de la région Rhône-Alpes ont fait le déplacement pour aller à la rencontre des Grenoblois.

Michel Destot, Député-Maire de Grenoble et Geneviève Fioraso, Député de la 1ère circonscription accompagnaient les candidats.


Une réunion publique plutôt fade et sans saveur


Bien qu'un sentiment de relative désorganisation en interne anime ma curiosité depuis le début de la campagne du PS dans l'agglo, les adhérents, élus et personnalités bien présents sur le terrain ces derniers jours ont cherché à communiquer sur les thèmes "Rhône-Alpes : ecorégion", sur l'emploi, la santé ou les transports. Objectifs : tenter de (re)mobiliser les électeurs et convaincre les nombreux abstentionnistes.

Et visiblement, en dehors des militants ou responsables de secteur, peu de Grenoblois ont fait l'effort [1] de se déplacer [2]. A l'heure du rendez-vous, 20h30, à peine une vingtaine de personnes étaient présentes dans la grande salle. Il a fallu attendre péniblement qu'elle se remplisse pour débuter la réunion publique devant environ 140-150 personnes... colistiers compris.

Une heure assez tardive pour attirer le citoyen électeur. Un démarrage à partir de 19h30 aurait été plus raisonnable et judicieux.

En seconde partie de soirée, le public a pu poser quelques questions "routinières" aux colistiers concernant l'accessibilité, les ascenseurs, l'eternelle dilemme concernant la liaison ferroviaire Lyon - Grenoble ou le Lyon-Turin, la part du culturel et du photovoltaïque au niveau local et régional...

Pas de quoi emballer ou enthousiasmer les candidats de la liste. La plupart semblaient fatigués. Face au public, certains "checkaient" leur mail ou leur SMS sur leur mobile durant la réunion...

Drôle d'ambiance pour une soirée de campagne électorale.


Une campagne pour les Régionales axée sur le bilan, liée à l'actualité


"On a choisi de mettre cette campagne sous les feux de l'actualité (...) et sur ce que nous avons déjà développé et porté pour la région" souligne en introduction Jérôme Safar, 1er Adjoint à la Mairie de Grenoble, en 7ème position sur la liste Isèroise.

Il s'agit de renforcer les politiques de formation générale, professionnelle et d'insertion au niveau de la région. L'emploi durable et non délocalisable reste une priorité. A ce titre, l'équipe souhaite porter à 5% l'effort budgétaire pour la recherche et l'innovation (120M€/an) en direction des PME-PMI. La région amène 85M€ dans le cadre du plan Campus. Une somme presque équivalente à celle de l'engagement de l'Etat.

Parmi les propositions évoquées au niveau des transports, pas plus de 2€ le trajet quotidien pour un déplacement domicile-travail pour les abonnés TER "salariés". Une plus grande autonomie pour les jeunes avec la carte M'ra étendue aux étudiants boursiers de 1ère année. Un "Pass contraception"...

Comme à l'accoutumée, le maire de Grenoble évoque le rôle de la région dans le domaine du développement durable et souligne le regard positif porté par Jean-Louis Borloo concernant les initiatives grenobloises déployées sur le terrain en la matière.

Période électorale oblige, il profite de l'occasion pour tacler la liste Europe Ecologie en période de crise économique. "Tout ceux qui nous ont prôné la décroissance et bien on l'a la décroissance et on en voit les conséquences (...) On ne peut pas avoir une politique qui ne soit pas globale" rappelle le 1er magistrat de la Ville de Grenoble.


Une satisfaction de rigueur, à tous les niveaux


Sans modération, Geneviève Fioraso qui assure actuellement la Présidence par intérim de la Métro depuis la nomination de Didier Migaud à la Cour des Comptes dresse un bilan très positif de la politique économique actuelle menée en région Rhône-Alpes.

"Dans ce premier mandat pour la gauche et les progressistes, le bilan offert est une vraie réussite (...) Je voudrais dire à quel point on a vraiment bien travaillé avec les Vices-Présidents (...) La valorisation se fait dans toutes les compétences (...) A Grenoble, on est très fier d'Eco-quartier, Eco-cité, on est la ville de France qui utilise le plus les énergies renouvelables" argumente la Députée qui ne manque pas de souligner toutes les récompenses obtenues par la Ville de Grenoble et l'arrivée prochaine d'une seconde centrale à bois au niveau local.


"L'affaire" Smetanine


Le regard luisant, Bernard soulage évoque avec sensibilité la candidature de David Smetanine [3].

"On a pensé à David (...) avec l'accord de Jean-Jack (...) C'est quelqu'un qui a un parcours formidable et qui va nous apporter quelque chose (...) On a besoin de gens comme ça (...) On gagne quand on sait écouter les différences".

Alors que chez certains militants PS en Rhône-Alpes, on continue de s'interroger sur les choix "politico-people" de Jean-Jack Queyranne concernant les positions éligibles des champions olympiques Gwendal Pezerat et David Smetanine respectivement placés en 7ème et 3ème place dans le Rhône et en l'Isère.

Ce dernier, soucieux de présenter son parcours sportif et professionnel est longuement revenu sur son engagement politique.

"La question des transports forcément, j'y suis sensible en tant que personne handicapée (...) Je fais parti de commissions sportives, de l'IPC (...) Je me déplace de nombreuses fois, peut-être plus que la plupart d'entre vous et j'ai envie d'être traité comme toute personne (...) En menant une carrière sportive de haut niveau, j'ai aujourd'hui une compétence à apporter (...) Sur cette liste, j'ai une position tout à fait honorable et cela lui donne une certaine crédibilité (...) Oui j'ai des médailles d'or mais des médailles d'or qui sont une expérience, une expertise au service de notre population (...) Et j'ai des choses à dire" explique avec soin le sportif qui s'entraîne en ce moment... pour le championnat de France handisport.


Une inquiétude grandissante


Contrairement à d'autres personnalités qui pour la plupart estiment que la région est gagnée d'avance en s'appuyant globalement sur le bilan régional de Jean-Jack Queyranne, Geneviève Fioraso livre son sentiment et sa méfiance envers les médias.

"On entend tellement dire dans les médias que c'est gagné d'avance pour les socialistes que je pense que c'est très démobilisateur (...) Ce n'est jamais évident surtout dans une période de crise avec une espèce de résignation (...) et une intoxication par des sondages qui nous donneraient gagnants".

Quant à Bernard Soulage, il rappelle que c'est la première fois qu'une élection régionale a lieu "sans qu'il y ait une autre élection avec", ce qui selon l'intéressé, expliquerait en partie le problème inhérent de mobilisation pour ce type de désignation.

Dans son intervention, la tête de liste Isèroise a tendance à politiser l'échéance du 14 et 21 mars. Il ne manque pas de revenir sur le débat national sur les retraites tout en rappelant que ces élections régionales doivent "montrer le chemin de 2010 à 2012".

"Si nous ne sommes pas en tête dès le premier tour, on dira que c'est encore une victoire pour l'UMP (...) L'UMP va se balader en disant nous avons gagné et tout le monde, même les médias, va répéter, ils ont gagné" explique en clôture la tête de liste Isèroise.


Les rendez-vous du jeudi


Jeudi 18 février 2010, la liste de la majorité présidentielle (lire mon article) rassemblait plus de 500 personnes à l'Alpexpo - Espace Pelvoux dans une salle étroite. Jeudi 4 mars 2010, la liste Europe Ecologie (lire mon article) réussissait à rassembler plus de 1000 personnes à la Halle Clémenceau dans le cadre de la campagne pour les Régionales 2010 en Rhône-Alpes.

Jeudi 11 mars 2010, la liste "Une région d'avance" emmenée par Jean-Jack Queyranne propose un grand meeting de rassemblement à l'Alpexpo, Grenoble. Souhaitons qu'il y ait plus d'animation et effervescence que ce mercredi soir.

Donnons-leur tous rendez-vous le soir du 14 mars pour en juger.

Notes

[1] le match de foot France - Espagne n'explique pas tout

[2] idem côté presse locale

[3] en survêtement sur ma photo


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02

2010

Régionales 2010 : Françoise Grossetête, tête de liste UMP dans les starting-blocks

grossetete ump grenoble Jeudi 18 février 2010, la liste de la majorité présidentielle "Aujourd'hui et demain - Ensemble pour Rhône-Alpes" rassemblant des candidats de l'UMP, du Nouveau Centre, du Parti Radical, du Parti Chrétien Démocrate et du Cercle de Diversité conduite par Françoise Grossetête, tête de liste pour la région Rhône-Alpes tenait un meeting départemental à l'Alpexpo.

Ce fut l'occasion d'interroger la Députée européenne de la circonscription Sud-Est sur ses intentions et son programme politique à quelques semaines des élections régionales de 2010.

Bernard Accoyer , Président de l'Assemblée nationale et du Comité de soutien de la tête de liste avait fait le déplacement à Grenoble. Eric Woerth , Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique est venu également appuyé Michel Savin, actuel Président de l’UMP 38 [1] et la liste départementale conduite par Fabrice Marchiol, Conseiller régional, tête de liste en Isère;

Le ministre effectuait un aller-retour... en avion.


Françoise Grossetête, de l'optimisme et de la conviction


Sans détour, Françoise Grossetête, tête de liste en région Rhône Alpes reconnait qu'il y a eu des difficultés "de casting" pour concocter sa liste notamment en Isère.

"Un scrutin de liste à la proportionnelle, c'est toujours ça, les premiers les mieux placés sont sur d'être élus (...) C'est un scrutin qui n'est pas très agréable (...) Mais dans 4 ans, nous aurons l'élection des Conseillers territoriaux (...) Nous élirons des candidats qui siègeront à la fois au Conseil régional et au Conseil général pour éviter les doublons parce qu'on superpose les choses (...) Rien finalement n'est lisible et c'est cela qui coûte très cher" explique l'ancienne Adjointe au maire de Saint-Etienne.

Au niveau national, un baromètre (OpinionWay) publié le 20 février [2] crédite la liste UMP de 32% (progression +2%) pour les Régionales 2010. Le PS serait à 26% (-1%), Europe Ecologie 14% (+4%), le FN 9%, le Modem et le Front de gauche respectivement chacun 5%.

Optimiste et déterminée, Françoise Grossetête anticipe le résultat du premier tour.

"Nous arrivons en tête du premier tour (...) L'essentiel pour nous c'est de rassembler, de convaincre les abstentionnistes au second tour et d'expliquer ce que nous voulons faire et dire pourquoi nous ne voulons plus de cette région socialisante".


Objectif : remettre la vie quotidienne au coeur des priorités régionales


La candidate attaque sur tous les fronts et ne se défile pas. Une réponse dosée à chaque question posée.

"Quand on supprime le Vice-président en charge de l'Agriculture dans une région comme Rhône-Alpes qui est une grande région agricole, c'est scandaleux" souligne la candidate à l'égard de la politique agricole du Président de région, Jean-Jack Queyranne. La Tête de liste de la majorité présidentielle en Rhône-Alpes prône une "agriculture d'excellence". Elle propose de favoriser notamment les circuits courts entre producteurs et consommateurs.

Autres souhaits, autres engagements relevés dans son programme pour les Régionales 2010.

Une garantie d'emprunt à 50% pour les projets de développement des commerçants. Une "formation sur mesure" pour toute entreprise qui a besoin d'embauches identifiées. Une aide pour celles qui recrutent au moins un apprenti. Une meilleure orientation scolaire par une information précise sur les métiers qui embauchent et un complément de revenu pour les étudiants apportant un soutien scolaire dans les lycées. Un soutien à la création du nouvel EPR (Réacteur Pressurisé Européen) dans le cadre du développement des énergies sans carbone. Du prêt à taux zéro pour les particuliers et une garantie d'emprunt pour les copropriétés dans leurs démarches d'économies d'énergie. Au niveau social, priorité aux services à la personne via un plan de formation et de valorisation des métiers d'accompagnement des personnes âgées et handicapées.

Parmi l'ensemble des propositions et priorités évoquées, le domaine du transport revient en permanence sur la table.

"Avec l'alliance rose-verte et des écologistes, on nous parle que du ferroviaire (...) On va s'atteler aux cadencements des TER avec des heures fixes (...) Mais il faut bien réaliser qu'il y a un certain nombre de Rhônalpins qui n'habitent pas près d'une gare et qui ont besoin de leur véhicule (...) Culpabiliser systématiquement les automobilistes, ce n'est pas une solution, je veux des propositions de déplacement adaptées à chaque territoire" explique avec méthode Françoise Grossetête.

Ainsi, pour favoriser la complémentarité entre les modes de transports, la tête de liste propose la création d'une "grande centrale de mobilité régionale" sur Internet. Un portail web pour le moins ambitieux qui permettrait aux Rhônalpins de connaître toutes les informations sur les modes de déplacement possibles et optimisés d'un point à un autre de la région (train, TER, Bus, alerte SMS incidents ou retards en temps réel, co-voiturage centralisé en partenariat avec les entreprises existantes...).


Un bilan acéré du PS et de Jean-Jack Queyranne


Interrogé sur le bilan du Président de la région Rhône-Alpes, Françoise Grossetête s'emporte avec élan sur le sujet.

"Mais enfin...vous savez bien que notre priorité, c'est de ne pas augmenter les impôts (...) Avec Jean-Jack Queyranne, on a eu +56% en 6 ans sur la carte grise, +23,5% sur la taxe professionnelle, +273% sur la dette (...) On a pas besoin d'avoir une quarantaine de Vices-Présidents et Vices-Présidents délégués (...) Ça ne vous suffit pas pour comprendre qu'il faut changer cela et que les socialistes sont incapables de gérer une région" martèle l'ancienne Conseillère régionale Rhône-Alpes, soucieuse de faire passer le message.

woerth accoyer grenoble L'argumentaire général de la liste conduite par la candidate relève "une gestion financière catastrophique" au niveau de la région. Pêle-mêle, on peut lire que la région Rhône-Alpes est dans le "peloton de queue" des 5 régions sur 22 qui investissent le moins. Le nombre de places de train a augmenté de 1% en 6 ans. Il est mentionné que le nombre d'agents à la région est passé de 800 à 1400 ces dernières années. Le Cabinet de Jean-Jack Queyranne compte 37 collaborateurs. Le coût de la construction du nouveau "palais de la région" équivaut à la construction de 10 lycées (soit 150M€)...

"Il s'agit de mettre un terme à cette gauche caviar, radis, pastèque (...) Caviar pour le château [3] Queyranne (...) Radis pour sa composante rose à l'extérieur, blanche à l'intérieur mais toujours prêt de l'assiette au beurre (...) Pastèque pour sa composante verte d'apparence mais rouge dès qu'on enlève la première couche" ironise avec soin Fabrice Marchiol devant une salle [4] comble et hilare.

Le Président de l'Assemblée nationale et le Ministre du budget se délectent [5]. La presse également...


Un combat pour mener des idées


En aparté, face aux pronostics, Fabrice Marchiol préfère raisonner en terme de combat pour défendre, mener des idées et dire ce que qu'il pense "sans trembler, sans scrupule (...) On a pas a rasé les murs, bien au contraire, même si c'est difficile pour nous" ajoute la tête de liste Isèroise âgée de 36 ans.

Le jeune candidat qui se définit lui-même comme un "gaulliste social" et dont l'un des modèles politiques est Philippe Séguin estime que le mode de scrutin politise ces élections régionales.

Face aux électeurs, il souhaite faire campagne en s'appuyant sur un discours simple et quelques engagements accessibles, compréhensibles. Mais en même temps, il rappelle les enjeux politiques sur le plan national. "Le gouvernement réforme tout azimut et il faut qu'on tienne bon (...) Sinon ça sera la victoire de ceux qui pensent que pour gagner en politique, il ne faut rien faire (...) On reviendrait à une conception émolliente de la gestion de la République" ajoute la tête de liste du département.

"Aujourd'hui et demain - Ensemble pour Rhône-Alpes" est dans les starting blocks sur le terrain.

La liste des déplacements de Françoise Grossetête sur le terrain entre le 15 février et le 14 mars prochain est assez impressionnante : visite d'entreprises, de pôle de compétitivité, de parc d'exposition, de foire, de lycées, meeting dans des petites et grandes salles, escale en haute montagne, déjeuners "économiques", réunions publiques, rencontre de personnalités, réceptions, déambulation sur des marchés...

Un programme de proximité qui d'après ce que j'ai pu discerner au cours de notre entretien, correspond au tempérament volontariste de la personnalité et qui va de pair avec le caractère trempé et combatif de la candidate.

Notes

[1] ovationné par les Jeunes Pop 38

[2] via Nouvelobs.com

[3] en référence à l'Hôtel de région

[4] environ 500 personnes présentes

[5] voir ma photo


17

02

2010

Régionales 2010 : Philippe Meirieu, tête de liste Europe Ecologie cible la Vice-présidence des Transports

philippe meirieu grenoble Philippe Meirieu, tête de liste Europe Ecologie en région Rhône-Alpes était à Grenoble ce Vendredi 12 février 2010.

Une journée marathon durant laquelle il devait rencontrer tour à tour les acteurs du logement social dans l'agglomération Grenobloise, les signataires de l'appel d'Europe Ecologie Rhône-Alpes et présenter à la presse le projet et la liste des écologistes en Isère.

Pour l'occasion, un repas était organisé avec les médias locaux au restaurant "Le 5" jouxtant le Musée de Grenoble. Parmi les convives, Marie-Odile Novelli, tête de liste Europe Ecologie (EE) en Isère, Vice-présidente de la région chargée des solidarités, de la politique de la ville et du logement, entourée des premiers candidats sur la liste Isèroise.


Europe Ecologie : dépoussiérer la région et changer de logiciel politique


Après les bons scores obtenus lors des dernières élections européennes, notamment dans notre région, Europe Ecologie n'entend pas baisser la garde et s'organise depuis des mois à travers des séminaires de travail. La campagne des Verts pour les Régionales de 2010 a débuté dès la deuxième semaine de janvier. Hors "tractage", une quinzaine d'actions (sur 30 prévues dans le département) ont déjà été menées par les écologistes sur le terrain.

Les Verts insistent sur la composition de leur liste pour une société "plus juste, plus inventive, plus écologiste et plus solidaire".

"En fait c'est simple, sur notre liste, les candidats sont tous différents, tous professionnellement différents, tous complémentaires (...) tous engagés dans la vie civile, dans la transformation de la société, militants de quelque chose (...) Ils partagent tous la même vision (...) Sortir de la compétitivité à outrance et d'un mode de production qui a atteint ses limites" explique Marie-Odile Novelli.

"Sur la liste, beaucoup ne sont pas des Verts (...) J'aime cette capacité à rassembler et à faire travailler des gens dans leur différence" ajoute Philippe Meirieu soucieux d'évoquer les raisons de son engagement politique avec Europe Ecologie. Un mouvement qui selon lui, n'est plus à la marge de notre société.

Le chercheur de renom, professeur en Sciences de l'Education à l'Université Lumière-Lyon 2 souhaite "un dépoussiérage nécessaire de l'administration régionale". Il souligne la nécessité de changer de logiciel politique en raison d'un essoufflement des organisations politiques traditionnelles et la volonté de ré-articuler la politique avec le social, l'associatif et notre rapport avec les citoyens.


Un engagement politique ciblé


Philippe Meirieu ne cherche pas à faire carrière en politique. Simplement, il ne se reconnaît plus dans le Parti Socialiste . Un parti qu'il a pourtant jadis, soutenu.

Pour sa première campagne [1], l'écrivain et pédagogue ne cache pas ses principales motivations.

"Au sein d'Europe Ecologie, je ne conçois pas mon rôle comme un rôle de patron (...) Je veux jouer collectif et rassembler les intelligences collectives (...) A titre personnel, je me suis aussi investi pour la région car ses prérogatives sont les plus massivement proches de mes domaines de compétence professionnels". Rappelons simplement qu'environ 60% du budget de la région Rhône-Alpes est actuellement consacré à la formation et à l'éducation.

Un domaine d'activité que Philippe Meirieu connaît bien.

Au passage, rappelons que l'Adjoint à l'Education [2] à la Ville de Grenoble avait "embarqué" il y a un an un clip vidéo de Philippe Meirieu dans une "campagne municipale" visant à engager une réflexion avec les Grenoblois sur le passage à une semaine de 4,5 jours d'école à Grenoble. Un dossier du Projet Educatif Grenoblois (PEG) sur le rythme de l'enfant et de la famille qui s'était soldé par un échec cuisant (lire mon article sur le sujet).


Un bilan du PS et de Jean-Jack Queyranne


Pour Marie-Odile Novelli, les élites administratives et politiques savent depuis longtemps qu'elles ont du mal à écouter les idées, à répondre aux projets, aux initiatives portées sur le territoire. Les écologistes se veulent plus ambitieux et souhaitent "casser" cette barrière administrative. "A la région, on a tendance à aller là où tout le monde va (...) On ne met pas l'argent là où il faudrait pour faciliter par exemple, l'innovation" explique la tête de liste en Isère.

Pour Gérard Leras, président du groupe des Conseillers régionaux Verts, il existe des ruptures fondamentales avec la politique menée par Jean-Jack Queyranne au niveau régional en matière économique, au niveau du logement, de l'international, de la croissance. "Aujourd'hui, les mécanismes de la région ne sont que de l'accompagnement de l'existant" ajoute ce dernier.

"Le PS ne réfléchit plus (...) Les gens en ont marre du professionnalisme politique des élus (...) On est là pour prendre des responsabilités politiques, on n'est pas là pour faire carrière en politique" explique Philippe Meirieu lorsqu'il évoque le bilan de Jean-Jack Queyranne, actuel Président du Conseil Régional Rhône-Alpes.

"On part seul sans le PS pour ne pas être noyé dans ce parti (...) En étant aux manettes, on peut infléchir les choses (...) Le PS est un parti de barons locaux gestionnaires (...) Ils sont cumulards et ils trouvent leurs avantages dans les baronnies régionales" ajoute Eric Piolle, l'un des candidats de la liste Europe Ecologie.


Décloisonner les Vices-présidences régionales


Les écologistes souhaitent décloisonner les Vices-présidences de région.

Ils considèrent qu'elles doivent être beaucoup plus transversales, moins concentrées dans une gestion "en réservoir" et une vision "en tube" ou "en silo". Les Vice-présidences doivent désormais correspondre à une logique "de territoire".

Lors du repas, sans détour, Philippe Meirieu franchit le pas, ne cache pas son intention de relier les pôles Santé et Environnement à la région.... et de prendre des bastions politiques ciblés.

"On vise la Vice-présidence des Transports (...) on vise la Vice-présidence Education Formation initiale Formation continue..." souligne Philippe Meirieu avant d'être rattrapé par Marie-Odile Novelli qui tient avant tout à rappeler qu'Europe Ecologie dans son ensemble, vise tout simplement la Présidence de la Région Rhône-Alpes.

L'argumentation est posée autrement. "Il faudrait poser la question aux socialistes et leur demander quelles Vices-présidences ils voudraient si nous étions Président de la région" ironise à demi-mot le pédagogue, tête de liste Europe Ecologie pour les régionales de 2010.


Un optimisme de circonstance (dé)mesuré ?


En attendant les 14 et 21 mars 2010, Europe Ecologie tente de mobiliser principalement les abstentionnistes.

Selon une récente enquête, 74% des jeunes et 64% des femmes auraient décidé de s'abstenir aux prochaines élections régionales. Les cadres et militants écologistes restent confiants et optimistes quant à l'issue du scrutin.

Sur le parvis du Musée de Grenoble, Philippe Meirieu [3], toujours aussi avenant et communicant tient à relativiser les choses et à rappeler que le Parti Socialiste n'est pas un adversaire politique... mais bel et bien un concurrent.

Après Daniel Cohn-Bendit , Eva Joly et consorts, la nouvelle personnalité politique entrante chez les Verts depuis novembre 2009, tête de liste en région, est convaincue qu'il y aura "des surprises de taille" en terme de résultats lors des prochaines élections régionales de 2010 en région Rhône-Alpes.

Notes

[1] et sa dernière campagne comme le souligne Philippe Meirieu à table

[2] Paul Bron

[3] voir ma photo


09

02

2010

Philippe de Longevialle s'est-il volontairement débranché du MoDem ?

philippe de longevialle grenoble Article mis à jour le 10/02/10.

Philippe de Longevialle, actuel Adjoint à l'Urbanisme à la Ville de Grenoble et Président de la fédération du MoDem de l'Isère (MoDem38) convoquait le jeudi 4 février 2010 un panel de médias Grenoblois pour une conférence de presse "express", quasi en catimini.

On connaissait déjà les divisions internes au sein du MoDem en l'Isère.

En le réceptionnant, le style inhabituel du communiqué laissait présager une situation alambiquée, plus que confuse au niveau du MoDem à la fois sur le plan national, régional et départemental. Parsemé de doutes et d'inquiétudes, le contenu de ce courriel témoigne du parcours d'un homme, de son engagement en politique et des options choisies par le Mouvement Démocrate en période d'élections régionales.

Philippe de Longevialle terminait son allocution écrite par un bout de phrase laconique...

"Alors J'ai décidé, moi, de réagir."


Le grand déballage politique


Souriant, donnant l'apparence d'un homme détendu et plus que déterminé, Philippe de Longevialle n'y va pas par quatre chemins et vide son sac.

En ligne de mire, Azouz Begag, tête de liste pour le MoDem en Rhône-Alpes pour les élections régionales de 2010.

"Concernant ces élections régionales, je conteste le choix de la tête de liste, son absence de programme, son absence de projet, son absence de campagne et surtout son absence de rassemblement des forces et énergies du MoDem Rhône-Alpes (...) C'est exactement le contraire qui s'est passé (...) C'est la division qui l'a emporté et le candidat en est en grande partie responsable" explique sans détour le Président du MoDem 38.

Philippe de Longevialle fustige la manière dont la préparation des élections régionales s'est tenue en invoquant notamment l'absence de processus démocratique avec les militants et les électeurs du Modem pour la désignation des différents candidats sur la liste des régionales en Rhône-Alpes. Selon lui, "dans le plus grand secret", un accord au préalable aurait été passé dès le mois d'août 2009 entre la tête de liste et un certain nombre de personnalités élues et Conseiller régionaux sortants... dans le but de se maintenir politiquement après le scrutin.

Une "auto-désignation" des Conseillers sortants qui aurait contribué à écarter du même coup en tête de peloton plusieurs responsables départementaux... dont Philippe de Longevialle.

Il critique également la Direction nationale du MoDem et un certain nombre de responsables locaux pour avoir validé en coulisse un scénario politique qui ne correspond pas à ses attentes. Il dénonce publiquement le choix d'Azouz Begag comme tête de liste aux régionales de 2010. Sans rentrer dans les détails, il lui reproche de mener une campagne personnelle qui lui servirait de tremplin politique pour rejoindre éventuellement par la suite d'autres courants politiques, notamment le Club de Dominique de Villepin avec lequel il aurait gardé de bonnes relations.


Démission(s) au sein du MoDem ?


Quelques heures avant la conférence de presse [1], Philippe de Longevialle souhaitait quasi démissionner de la présidence du MoDem38... ...voire plus.

"J'en avais fortement envie mais ce qui m'a empêché de le faire aujourd'hui, c'est les très nombreux adhérents derrière moi (...) Pour eux, j'ai encore envie de continuer quelques temps (...) pour essayer de préparer la suite et l'après régionales (...) Cette étape elle est pour moi définitivement révolue, perdue, mais derrière il y a autre chose à faire" souligne avec aigreur le 3ème Adjoint à la Mairie de Grenoble.

Philippe de Longevialle annonçait vouloir quitter ses fonctions au sein du Conseil national du MoDem.


Un étrange "vrai-faux" courriel


La candidature d'Azouz Begag en région Rhône-Alpes est loin de faire l'unanimité. Certains responsables locaux du MoDem auraient également du mal à cerner la candidature et la personnalité de l'ancien Ministre délégué à l'Egalité des chances.

Dans le but de faire "bouger les lignes", de provoquer un débat et dire "tout haut ce que d'autres pensent tout bas", Philippe de Longevialle explique avoir envoyé la veille un courriel à différentes rédactions de presse régionales dans lequel il dénonçait (je ne rentre pas ici dans les détails) la campagne d'Azouz Begag et annonçait entre autre le retrait de têtes de liste départementales.

Pour tenter d'alerter l'opinion par voie de presse et accentuer l'écho de ses propos, l'auteur du courriel explique avoir créé un compte email sous le pseudonyme d'un élu, Thomas Rudigoz, Conseiller général de Lyon. Une méthode, une tentative de manipulation que ce dernier n'a visiblement pas apprécié, tout comme la tête de liste du MoDem en région Rhône-Alpes. Un courriel dont le contenu destiné à brouiller l'engrenage politique actuel a jeté un froid et un grand malaise durant les jours et les heures qui ont suivi son expédition, tant au niveau des médias locaux et des instances régionales du MoDem.

Azouz Begag et Thomas Rudigoz auraient fait part de leur intention de saisir la justice et de porter l'affaire au tribunal.

En Rhône-Alpes, l'affaire est rapidement remontée au niveau des instances nationales du MoDem. A ce jour, François Bayrou , Marielle de Sarnez et associés se penchent sur le cas de Philippe de Longevialle.

Une décision d'éviction ou une sanction au sein du Modem n'est donc pas à exclure dans les prochains jours.


Une candidature MoDem non retenue


Avant d'agir ainsi, le Président de la fédération du MoDem38 était potentiellement éligible en 3ème position sur la liste du MoDem pour les régionales de 2010.

Derrière sa volonté de provoquer le débat, d'extirper l'organisation actuelle, de "faire réagir" les cadres et les instances du MoDem jusqu'au plus haut niveau, Philippe de Longevialle aurait également usé de ce stratagème pour marquer indirectement son rejet de voir Morad Bachir-Chérif, actuel Conseiller régional et municipal sortant désigné à sa place comme tête de liste en Isère.

Une désignation qui n'aurait pas arrangé les relations "de travail" entre les deux hommes.


Préserver le groupe MoDem au sein de la majorité municipale


Son refus de démissionner - volontairement - de la présidence du MoDem38 s'expliquerait en raison de son attachement en tant que 3ème Adjoint à la majorité municipale de Grenoble. En effet, Philippe de Longevialle se félicite de sa collaboration "extrêmement positive" avec le groupe MoDem auquel il appartient et de son alliance avec Michel Destot, Député-Maire de Grenoble.

"Je veux préserver ce qui a été construit ensemble (...) Ce qui est positif et efficace aujourd'hui, ça doit continuer" ajoute l'Adjoint à l'Urbanisme de la Ville de Grenoble.

Mais au delà des propos, c'est l'ensemble du groupe MoDem qui est désormais fragilisé et qui s'interroge sur sa conduite politique à venir.

"Maintenant, je ne sais pas comment on va pouvoir travailler ensemble avec lui [2] (...) Je ne pensais pas qu'on puisse être capable d'en arriver là" explique avec une certaine amertume Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l'Accessibilité et à la Prévention, joint il y a quelques heures par téléphone.

En coulisse, cette histoire n'arrange pas du tout la majorité municipal PS de Grenoble à quelques semaines des élections régionales d'un point de vue électoral sur le plan des options et reports... et sur le plan de la cohésion politique de groupes. D'autant plus que Philippe de Longevialle vient récemment de signaler [3] qu'il n'appelait pas à voter pour la liste MoDem emmenée par Azouz Begag.


Perspectives


En attendant, les adhérents du Mouvement Démocrate en Rhône-Alpes se sont prononcés (principalement par Internet) pour valider la liste conduite par Azouz Begag entre les 4 et 6 février 2010.

Ils ont approuvé à 59,59 % les têtes de liste départementales. Un score qui révèle quelque part un manque d'enthousiasme des militants.

maj le 10/02/10 : cette semaine, l'équipe se réunie autour de Morad Bachir-Cherif, tête de liste en Isère, conseiller régional sortant, avec Michèle Cedrin, conseillère municipale de Vienne, vice-présidente du MoDem 38 et Paul Bouriat, vice-président du MoDem 38 au siège départemental.

Une aubaine pour renforcer la cohésion des militants et de l'équipe en Isère.

Après les élections présidentielles de 2007, le MoDem38 avait près de 1100 adhérents. Aujourd'hui, le Mouvement Démocrates en Isère ne compte plus que 500 à 600 adhérents à jour de cotisation. Selon une enquête récente du baromètre TNS Sofres Logica parue la veille de la conférence de presse, le MoDem serait crédité de seulement 4% des intentions de vote pour les élections régionales de mars prochain dans l'hexagone.

Au sein du MoDem en Isère, quelque part... tout reste à rebâtir.

Notes

[1] voir ma photo

[2] Philippe de Longevialle

[3] Lyon Capitale, 08/02/2010


04

02

2010

Budget 2010, impôts locaux, conso, densification, logement, effectifs de la ville... vus par le groupe PS-PRG-MRG et société civile de la Ville de Grenoble

ps grenoble Vendredi 29 janvier 2010, les élus du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la Ville de Grenoble conviaient la presse [1] à la Mairie pour faire un point sur les dossiers en cours et l'actualité municipale.

Un "exercice de style" que le Président du groupe Abderrahmane Djellal souhaite reconduire plusieurs fois dans l'année pour communiquer sur les choix politiques, rebondir sur les dossiers en cours, souligner les divergences de vue avec l'opposition municipale tout en s'appuyant sur le fond sur l'actualité locale et nationale. Sur la forme, l'objectif est d'associer différentes personnalités élues lors de chaque rencontre avec les médias.

Au menu de cette réunion de rentrée 2010 du groupe PS et associés [2] : un point sur la construction du budget 2010 de la Ville de Grenoble, une vision sur le rôle de l'Etat, un regard porté vers l'opposition municipale, l'emploi public, les effectifs de la ville, la Police municipale, le logement, les transports, le développement durable et... les impôts locaux.


L'Etat, au coeur de la construction du budget 2010 ?


"On a construit un budget 2010 qui nous permet de continuer à mener les politiques que nous menons en matière de logement, de développement durable, autour du dynamisme et de la cohésion sociale (...) pour être un amortisseur de crise (...) Ce budget 2010, tel qu'on l'évalue au quotidien, prouve que nous avons eu raison de le bâtir de cette manière" souligne Abderrahmane Djellal, avec une certaine fierté.

En arrière plan du dispositif, l'Adjoint à l'Insertion et la Formation Professionnelle revient de façon récurrente sur le désengagement direct et indirect du gouvernement et le déficit de la fonction régalienne de l'Etat pour expliquer en partie les difficultés "qui retombent sur les épaules du Maire et des collectivités locales" notamment en matière de santé, d'éducation, de prévention et de sécurité.

"On peut comprendre qu'on réforme (...) Nous aussi, on veut moderniser le service public (...) On réaffirme nos politiques de solidarité, pas d'assistanat (...) L'idée, c'est d'apporter de la respiration aux gens, c'est d'essayer de les rendre autonomes" souligne l'Adjoint, visiblement très critique à l'égard du gouvernement.


La majorité municipale, une équipe "plurielle"


Au niveau local, le groupe réaffirme ce qui fait sa force et sa richesse au niveau politique.

"Avec nos amis de GO Citoyenneté, du Parti Communiste, du MoDem et de la société civile, on est une équipe plurielle en ordre de marche (...) On ne veut surtout pas uniformiser notre schéma de penser" rappelle Abderrahmane Djellal, soucieux de faire passer le message à la presse sur le fond et la forme, dans un contexte électoral où les divergences des écuries politiques et de personnes s'affirment de part et d'autre(s) sur la place publique.


L'opposition municipale et la bétonisation de la ville


Pour souligner le travail accompli et appuyer les priorités de sa majorité, le groupe PS revient sur l'un des thèmes de prédilection de la droite locale : la densification de la Ville de Grenoble.

"On a une droite locale, aujourd'hui, son discours est de deux niveaux (...) Ils prennent prétexte de la bétonisation de notre ville pour masquer leur rejet du logement social (...) Les mêmes qui nous expliquent qu'on betonerait la ville, ce sont les premiers défenseurs de la Tour Perret en nous disant que c'est la priorité des priorités" explique le Président du groupe.

En parallèle, une réflexion sur la hauteur des bâtiments est actuellement menée, associant élus et architectes concernés. De son côté, Jérôme Safar, 1er Adjoint aux Finances, au contrôle de gestion externe, à la Prévention et Sécurité explique qu'il est parfois nécessaire de bâtir des immeubles un peu plus hauts en ville afin de pouvoir alléger l'impression de densité et dégager de l'espace au sol. Le projet de presqu'île scientifique est l'occasion d'amener cette réflexion sur le terrain, de développer l'opportunité de maintenir les innovations sociales, urbaines, économiques et environnementales de la ville.

"C'est un moyen de garder l'avance (...) Ceux qui luttent contre ça... seulement pour lutter contre ça prennent un risque énorme" ajoute le 1er Adjoint.

Au delà des perspectives, l'un des enjeux politiques majeurs au niveau local porte sur la nature de l'investissement, plus que sur leur montant.


L'emploi public municipal... et les effectifs de la municipalité


Le parti pris du Maire concernant l'emploi et les services publics va à contre courant de ce qui est proposé au niveau de l'Etat. Le gouvernement actuel considère que l'emploi public pèse trop sur le budget de l'Etat, jugeant parfois nécessaire de supprimer des postes par différents moyens.

De son côté, la municipalité considère que les services publics et l'emploi public sont des leviers qui oeuvrent à la cohésion sociale, à la solidarité et au développement économique... en situation de crise.

"Nous maintenons l'emploi public et le service public municipal (...) Non seulement nous le maintenons mais nous souhaitons le développer pour porter les politiques et les priorités que nous avons défini (...) Le service public municipal doit être efficace et de proximité, au service des citoyens (...) Nous avons plus de 200 métiers à la Ville de Grenoble, des métiers qui ne touchent parfois qu'un ou deux salariés (...) On a par exemple au Muséum un taxidermiste, c'est important" explique avec fierté et précision Marie-Josée Salat, Adjointe chargée du Personnel, d'un ton déterminé.

Fin 2009, les effectifs de la Ville de Grenoble comptaient 3050 agents, titulaires, équivalent temps plein !

La ville imprime 4000 fiches de paie (intermittents, vacataires, contractuels, intérimaires, étudiants, accompagnateurs... en complément) !

En 1995, il y a eu un réajustement important des effectifs de la ville dès le premier mandat de Michel Destot. A l'époque, la municipalité avait estimé qu'il manquait près de 500 emplois dans les services publics municipaux. Depuis cette date, il y a eu globalement un maintien de ces effectifs (à quelques dizaines près) selon la 2ème Adjointe. Par ailleurs, sentant le sujet sensible, elle tient à ajuster ses propos en précisant qu'il n'y a pas eu "d'explosion" en terme d'emplois publics.

"L'opposition nous reproche de dépenser beaucoup trop en matière de personnel et d'avoir trop de Catégorie A (...) Il est vrai qu'on est à 17% (...) Mais à la Ville de Grenoble, on est dans des logiques de conception, d'expériences particulières avec un taux d'encadrement qu'on souhaite le plus efficace possible" explique sans détour Marie-Josée Salat.

Il y a actuellement 84 policiers municipaux à la Ville de Grenoble. "En fonction des réformes à venir, on envisagerait éventuellement de passer aux alentours de 90 (...) La Police municipale a une Police dédiée sur Villeneuve et sur le Village Olympique que nous conserverons (...) A effectif réel, c'est l'une des polices municipales les plus importantes de France rapportée au nombre de policiers et d'habitants" explique Jérôme Safar, qui tient tout particulièrement à rappeler les missions de prévention, de tranquillité et de sécurisation des bâtiments de la Police municipale.

Pour Stéphane Siebert, Adjoint au Développement durable, l'efficacité de la Police municipale dépend de l'effectif. Pour Marie-Josée Salat, qualité et effectif dans les services municipaux sont étroitement liés.


Vers une nouvelle augmentation des impôts à Grenoble ?


"Le Maire a été clair (...) Sauf changement majeur... et de périmètre et désengagement violent de la part de l'Etat, on a pris un engagement (...) Ceci dit, je vous renvois aux années précédentes, on n'a pas augmenté les impôts pendant 10 ans dans cette ville (...) On a un travail d'explication à faire (...) Sur les 10 dernières années, on a été l'une des grandes villes qui a le moins augmenté les impôts en France (...) C'est vrai qu'on les a augmenté et que ce n'était pas prévu et on s'en serait passé" explique avec pragmatisme l'Adjoint aux Finance, un brin agacé de devoir réexpliquer le positionnement de la Mairie sur le sujet.

Dans son élan de justification, Jérôme Safar estime que nous vivons dans un pays où la fiscalité fonctionne "à l'envers". D'une part, la suppression de la TP (taxe professionnelle) donnera plus de fiscalité pour les ménages. D'autre part, d'ici peu, toutes les politiques publiques seront suspendues à la loi portant sur la réforme des collectivités territoriales.

Pour le groupe PS de la Ville de Grenoble, l'engagement de ne pas augmenter les impôts locaux dans les prochaines années n'est pas scellé dans le marbre. Il dépendrait donc principalement, de facteurs inhérents à l'environnement fiscal et politique.


Le logement, les économies d'énergie et la biodiversité


Le groupe PS, par l'intermédiaire de Stéphane Siebert, rappelle qu'il est impossible de s'opposer aux prix du marché en matière de logement.

Pour tenter de contenir les prix, de rééquilibrer l'offre et la demande sur le marché de l'immobilier Grenoblois, la ville souhaite porter ses efforts sur les économies d'énergie pour les ménages "moyens" dans les logements neufs (aide fiscale, opération d'investissement supplémentaire récupéré par les ménages au bout de 2 ans...).

Concernant le logement dans l'ancien, une campagne d'isolation auprès des co-propriétés a été lancée auprès des "classes moyennes" (notamment sur les Grands Boulevards) dans le cadre du plan Climat. Objectifs recherchés : 30 à 50% d'économie d'énergie sur la facture de ces ménages !

Autre projection à court et moyen terme : en partenariat avec GEG, la Ville de Grenoble souhaite s'attaquer à l'éclairage public. Elle annonce vouloir faire entre 30 et 50% d'économie sur l'éclairage public tout en tenant compte de la pollution lumineuse actuellement produite par les matériels actuels.

Un objectif pour le moins... très ambitieux qui naturellement, engendrera de nouvelles dépenses et de nouveaux investissements pour la Ville de Grenoble.

Autres intentions à venir dans le cadre de la biodiversité en milieu urbain : les projets de création de toitures végétalisées, de jardins surélevés et l'implantation de ruches pour lutter contre les moustiques... sur le toit de la Mairie de Grenoble !

La Ville de Grenoble va-t-elle imprimer une nouvelle fiche de paie pour un "apiculteur urbain" ? :-)

Notes

[1] Le DL + GreBlog présents...

[2] voir ma photo


07

12

2009

Alain Carignon cherche à se repositionner sur le plan local et national

alain carignon grenoble Mardi 1er décembre 2009, dans un salon de l'hôtel Europole à Grenoble, Alain Carignon convoquait les médias pour un point presse.

Un brin de fatigue lisible sur son visage, les traits légèrement tirés, l'ancien Président de l'UMP 38 semblait attendre de pied ferme les journalistes pour retrouver avec eux son fil conducteur et une forme de dialogue à bâtons rompus. Ouvertement, il avoue se méfier d'eux depuis qu'il a quitté son dernier mandat à la Mairie de Grenoble et il n'hésite pas à s'emporter sur des sujets sensibles.

Durant plus d'une heure, Alain Carignon s'est exprimé sur différents sujets liés à l'actualité locale et aux "grosses difficultés de la Ville de Grenoble". Puis, il a donné quelques détails complémentaires [1] sur sa "mission" politique au niveau national.

Visiblement, au rythme des échanges avec ses interlocuteurs, l'ancien Ministre de la Communication parait n'avoir pas perdu sa verve politique.


Réactiver l'esprit de Grenoble


"J'estime qu'il est temps de vous dire maintenant le fond des choses (...) Il y a une sorte de grand mensonge que je voudrais évoquer et qu'il est plus que jamais nécessaire de réactiver l'esprit de Grenoble et d'entamer un vrai débat de fond qui concerne le quotidien des Grenoblois (...) Je voudrais participer à réanimer cet esprit de Grenoble" explique Alain Carignon en introduction.

Ce dernier n'apprécie guère le manque de vision d'avenir de la gouvernance municipale. Selon lui, cette réactivation doit être animée par une nouvelle alternance qui ne doit pas être à priori celle des étiquettes politiques mais celle de la volonté populaire.

Après son échec aux dernières législatives, il explique qu’il n’a pu présenter sa candidature aux dernières municipales de 2008 en raison des oppositions émises à l'époque dans son propre camp.

A la question relative à son positionnement sur les Régionales de 2010, Alain Carignon entend défendre les idées de l’UMP, participer aux débats et focaliser son attention sur la "folie fiscale des régions" et les "empilements, superstructures et administrations des socialistes".

A la question relative à son propre avenir électoral en politique, Alain Carignon le souligne clairement : il souhaite préparer l’alternance des projets et des idées… pour 2014 !


Les "grands mensonges" et manquement de la municipalité


Alain Carignon évoque pêle-mêle différents thèmes locaux et commence par évoquer l'évolution des finances de la Ville de Grenoble.

"Entre 95 et aujourd'hui, je suis quand même stupéfait qu'on ne dénonce pas le grand mensonge qui a consisté à dire que la ville était trop endettée, avait des frais de fonctionnement considérables" souligne ce dernier. Faisant référence à un palmarès du journal Le Point posé sur sa table [2], il signale aujourd'hui que la dette par habitant a augmenté de 1000€ (elle atteindrait 1775€/hab en 2009 - près de 2500€ en tenant compte de la dette de la Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole - contre 1500€/hab en 1994). Et la Ville de Grenoble serait en tête des villes les plus dépensières de France concernant ses frais de fonctionnements. "Ce bilan financier est catastrophique et il nous promet un avenir extrêmement sombre" ajoute t-il.

Pour comparer à priori et à posteriori l'état des financements sur une longue période, l’ancien candidat aux dernières législatives prône la méthode des deux bilans et souhaite introduire la notion de retour sur impôt sur des investissements publics majeurs (méthode BBZ - budget base zéro - (re)mettre le budget d'une ville à zéro une année N - système comparatif de simulation des dépenses permettant ou non de les justifier). Avant tout augmentation d'impôt, il propose qu'un audit de la ville et des collectivités soit réalisé sous le contrôle d'une commission présidée par un élu de l'opposition pour chaque entité. "Les socialistes devraient suivre l'exemple de Nicolas Sarkozy (...) et donner la présidence de la commission de finance et de contrôle à l'opposition" rappelle l'ex-Ministre de la Communication qui reconnaît par ailleurs qu'il n’avait pas eu l'idée de le faire lorsqu'il était Maire de Grenoble.

Abderrahmane Djellal, Président du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la Ville de Grenoble s’est empressé de répondre aux propos d’Alain Carignon dans un communiqué de presse. "Monsieur Carignon fait mine de donner des leçons de gestion (…) Des leçons absolument inacceptable venant de celui qui avait laissé la Ville exsangue avec une épargne nette négative de 100 millions de francs (15M€). Et puisque Monsieur Carignon nous conseille de comparer l'endettement par habitant, la vérité est la suivante : une augmentation de 6% de l'endettement par habitant depuis 1995 contre une augmentation de 174 % lors des mandats de Monsieur Carignon".

Bataille de chiffres en perspective…

Dans le domaine sportif, il souhaite que les maires des communes puissent davantage s'impliquer pour aider le club du GF38 si des problèmes financiers surgissent. Il regrette que la Ville de Grenoble ne se soit pas portée candidate pour l'Euro 2016. "On n'a pas fait le stade qu'il fallait (...) Et après l'échec des JO et notre incapacité locale à gagner, on devrait avoir un bilan total de ce qu'à couté la candidature de Grenoble".

Alain Carignon critique l'ouverture politique réalisée par la majorité municipale principalement sur des problèmes de rassemblement autour des projets. "On a eu Destot avec les écolos, on a maintenant Destot avec le Modem (...) C'est pas une ouverture, c'est une addition d'intérêts sans projet commun contrairement à ce qui se fait au niveau national (...) Cette alliance [3] avec le Modem va aussi aboutir à une forme d'immobilisme dans Grenoble et son agglomération" explique l'ancien Ministre délégué à l'Environnement.

En comparaison avec d'autres grandes agglomérations, il regrette que Grenoble n'arrive pas à rattraper son retard en matière d'accessibilité notamment dans le domaine des infrastructures de transport. "Il faut aller chercher des moyens ailleurs, des apports extérieurs (...) Il faudrait qu'on mette en place une sorte de multinationale des idées pour tirer et amener les grands équipements et les grandes solutions" ajoute t-il.

En matière d'urbanisme, Alain Carignon souligne que Grenoble figure au deuxième rang des villes dont la densité de la population est la plus forte en France. Il fustige le bétonnage systématique qui selon lui, "consiste à chasser les espaces verts et à densifier la ville à fond". Il estime que la densification et l'insécurité sont étroitement liées et que le Maire de Grenoble n'assume pas ses responsabilités sur ce dernier point.


Communiquer et combler un vide politique


L'ancien Maire de Grenoble a du mal à comprendre les dissensions au sein de l'opposition municipale à droite. Il estime que la situation n'est pas durable dans le cadre de la préparation de l'alternance des idées, des projets et des bilans. "Vraiment ça m'attriste (...) On a l'impression que l'opposition municipale s'oppose à elle-même plutôt qu'à Destot (...) Il y tellement de sujets [4] sur lesquels les conseillers municipaux pourraient travailler".

En matière de communication, il estime qu’aujourd’hui il n'y a plus la volonté à Grenoble de débattre sur des sujets importants, de proposer de grands débats publics au Grenoblois, de grands "face à face" entre leaders politiques. "Je me rappelle qu'on passait deux ou trois heures avec Dubedout à débattre devant vous (...) Maintenant, tout ça, c'est mort" rappelle avec véhémence l'ancien Président du Conseil général de l'Isère. Il reste persuadé que Michel Destot la récuse.

Pour Alain Carignon, ce manque d’enthousiasme pour le "face à face" politique s’explique en partie par la volonté de couper court au débat en passant par le déploiement de nombreux journaux publics distribués et payés par les contribuables émanant de chaque organisme, agence ou collectivité publique.


Sa "mission" sur le plan national


Depuis le mois d’août 2009, Alain Carignon travaille en collaboration avec Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, en tant que Conseiller sur des sujets de terrain tels que la prévention, la politique de proximité dans les quartiers. Il participe à une réflexion sur l’actualité politique, à la coordination des "rencontres de Beauvau" et à la mise en place de liens et de débats avec des ministres et parlementaires de l’UMP.

Dès le mois de janvier 2010, avec d’autres personnalités, il ouvrira de nouveaux débats idéologiques avec des intellectuels "de la droite" dans le cadre du second volet de sa mission.

"Je suis une boîte à idées (…) J’ajoute de la coordination dans les rouages" ajoute l’ancien Député de l’Isère.

"En réalité, Nicolas Sarkozy a toujours pris de l’avance depuis 2002 (…) C’est lui qui mène le ton et les débats sur la table (…) Pour moi, la vraie honte du PS, c’est l'absence de débats d’idées depuis une dizaine d’années (…) Son absence de propositions face à la crise depuis deux ans (…) Les français vont lui faire payer très très cher son manque d’alternative" explique l’ancien Maire de Grenoble.


A sa façon, Alain Carignon tente de réactiver l’esprit d’une époque en s’appuyant sur les débats et les projets qu’il a mené lorsqu’il était Maire de Grenoble pour justifier la pérennité de son combat politique et de ses idées. Les divisions internes au sein du groupe de l’opposition municipale et de l’UMP 38 lui permettent d’occuper une partie du terrain politique et de "combler un vide".

Une partie des membres de la majorité municipale de Grenoble estime que l’ancien Maire de Grenoble est "hors circuit" depuis qu’il a perdu les dernières élections législatives et la présidence de l’Union pour un Mouvement Populaire en Isère.

En retrouvant une légitimité politique en tant que Conseiller au niveau de l’Etat et en gravitant autour de Nicolas Sarkozy, il se pourrait bien qu’Alain Carignon ai trouvé une nouvelle opportunité lui permettant de revenir plus facilement sur le terrain politique Grenoblois… le moment venu.

Notes

[1] ma question

[2] voir ma photo

[3] il fait allusion à la démission récente de Stéphane Gemmani du CCAS de Grenoble, sans le nommer

[4] parmi ceux évoqués


20

10

2009

Le MoDem 38 se resserre autour d'Azouz Begag pour les Régionales 2010 en Rhône-Alpes

azouz begag grenoble Depuis quelques semaines, les différentes composantes du MoDem RA (Rhône-Alpes) se mettent d'ore et déjà en ordre de marche pour les prochaines élections régionales de mars 2010.

A ce jour, une candidature [1] a récemment reçu le soutien des 8 présidences départementales du Mouvement Démocrate Rhône-Alpes et de celui de François Bayrou.

Il s'agit de celle d'Azouz Begag [2], écrivain, chercheur en Economie, Sociologie et ancien Ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances du gouvernement Dominique de Villepin de 2005 à 2007.

Mercredi 14 octobre 2009, Azouz Begag était en déplacement en Isère à l'IEP de Grenoble pour une conférence-débat sur le thème "Le pouvoir de dire 'non' - Education et construction de soi" avant de rejoindre en début de soirée les sympathisants et militants du MoDem 38.


Un "laboratoire politique" stimulant


Les principaux cadres du MoDem 38 ont mis un instant de côté leur antagonisme politique au niveau local et ont choisi de se resserer autour de la candidature d'Azouz Begag. Parmi eux, une soixantaine de militants Isérois venus remplir sans encombre l'étroite permanence du Mouvement Démocrate à Grenoble.

A quelques mois des élections régionales de 2010, certains militants sont venus écouter et découvrir par curiosité les valeurs prônées par le candidat. D'autres attendaient patiemment de connaître les principaux axes d'engagement politique et attributions actuelles de l'ancien Ministre. En marge, quelques adhérent(e)s souhaitaient vivement obtenir une dédicace du romancier.

Au niveau local, ce qui surprend toujours au Modem, c'est la manière avec laquelle les militants issus d'horizons très divers font part de leurs idées et la facilité avec laquelle chacun témoigne sans encombre envers l'autre de ses opinions ou divergences... communes.

Au détour des allées de la permanence, les échecs, gains ou rivalités politiques sont évoqués. En toute modestie et en toute liberté, certains revendiquent ouvertement leurs divergences de vue avec François Bayrou. D'autres, quelques soient les options choisies, sont prêt à suivre chacunes des initiatives politiques proposées par le leader du Mouvement Démocrate.

En interne, le militant de tout bord à le sentiment d'appartenir avant tout à une famille politique ou l'expression personnelle et politique prime sur les structures hierarchiques du parti.

L'emulsion politique est palpable au sein de la permanence. Le besoin d'écouter l'autre est une nécessité. Le sentiment d'appartenir à un "laboratoire politique" [3] qui cherche de manière récurrente sa place sur l'échiquier politique est pour beaucoup une stimulation. Au sein de cet univers politique, les idées et suggestions échangées prévalent. Ce soir là, contre toute attente, les dissentiments internes pouvaient attendre...


Un discours de pré-campagne "politico-littéraire" et romancé


Devant les militants de la fédération et les sympathisants, dans un contexte de pré-campagne pour les régionales 2010, Philippe de Longevialle affiche sa satisfaction. "Au MoDem, on a souvent été les champions du monde des campagnes de dernières minutes (...) Pour une fois, on peut commencer une campagne éléctorale en amont pour que chacun puisse s'engager et se laisser du temps sur le terrain" souligne le Président du MoDem 38.

A son tour, Azouz Begag savoure son plaisir de rencontrer les militants. Il n'hésite pas à critiquer la politique de Nicolas Sarkozy tout en expliquant que son passage au gouvernement fut une épreuve qui a permis de renforcer ses prérogatives et sa volonté de poursuivre ses engagements.

Le contenu du discours de l'ex-Ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances est un mélange d'allusions politiques et de faits d'actualité, de regards portés sur l'histoire de notre pays, la société et les comportements des individus. Le tout, trempé et édulcoré dans un engrenage de rhétoriques et de références littéraires dont l'écrivain se délecte.

"J'aime bien changer le monde avec des gens qui sont minoritaires et qui se posent les bonnes questions (...) Le principe de réfutabilité, j'adore ça (...) La politique, c'est aussi le pouvoir de dire non (...) On ne fait pas de la politique pour gagner des privilèges (...) La politique, c'est pas un métier, c'est un service (...) Gauche - droite, on s'en fou, c'est les gens qui comptent" explique Azouz Begag, soucieux de démontrer par ailleurs à l'assistance qu'il est aussi capable de faire autre chose que de la politique... pour vivre.

Le candidat du MoDem aux élections régionales de 2010 en Rhône-Alpes revient sur son engagement au MoDem et ses points communs avec François Bayrou. "Dans cette espace décousu de l'élection presidentielle, le discours de Bayrou me plaisait à juste titre (...) Bayrou a une sensibilité de prof et les profs, ça travaille sur la longueur (...) Et puis la bipolarisation simplifie à outrance le débat politique... en gros, vous devez soit être pour ou contre (...) Et à trois avec le MoDem, ca favorise la complexité du débat politique et son intelligence et çaa oblige les partis à composer avec une autre composante" explique l'auteur du roman autobiographique "Le gone du Chaâba".

Azouz Begag souligne la peur et l'angoisse des gens dans la société et leur incapacité la plupart du temps à se projeter dans l'avenir.

Durant les "30 glorieuses", les gens se projetaient aisement dans l'avenir. Desormais, le centre de leurs préoccupations a clairement changé. "Aujourd'hui on est en 2009 (...) Vous avez déjà entendu quelqu'un qui vous parle de 2030, de 2040 ou 2050 ? (...) Tout le monde aujourd'hui parle de 2012 et ces 30 ans de projection sont aujourd'hui reduits à 2 ans, il est donc normal que les gens aient peur (...) Le bouc-émissaire, c'est l'argent, un étau comme valeur refuge de l'immediateté" argumente l'ancien Ministre.

Au sein de la permanence du MoDem, les conversations des militants continuent de plus belle autour d'un petit raffraichissement, toujours en présence d'Azouz Begag.

Auprès des militants, le discours "politico-littéraire" et romancé a fait mouche.

En attendant d'en savoir plus sur les propositions et le programme électoral du Modem Rhône-Alpes pour les élections régionales de 2010, la fédération du Mouvement Démocrate en Isère vient de mettre en place un Comité de soutien officiel dans tout le département.

Notes

[1] non encore officiellement déclarée

[2] ma photo, un peu loupée...

[3] expression d'un adhérent du MoDem durant la soirée


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