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05

2009

Grenoble, itinéraire cyclable, voie verte et entretien des berges du Drac et de l'Isère : mieux vaut circuler sans regarder les alentours

grenoble drac Avec les beaux jours du printemps et le retour quasi permanent de la chaleur, du soleil, il est agréable de ressortir les vélos d'été pour se promener, se détendre et circuler en famille les jours de congés sur les nombreux itinéraires et aménagements cyclables de l'agglomération Grenobloise.

Il est coutume de dire que Grenoble est la grande ville la plus plate de France.

Les occasions de se déplacer en vélo ne manquent pas.

Reconnaissons-le. Le vélo est un mode de déplacement agréable, pratique, économique [1], non polluant, silencieux, plutôt rapide en ville... même si nous ne sommes toujours pas prêts à le prendre lorsqu'il s'agit de le combiner sans réfléchir avec d'autres transports en commun [2].


Un réseau cyclable à la fois dense, ouvert et étendu


Le réseau cyclable de l'agglomération Grenobloise est à la fois dense, ouvert et étendu. En mode "cycle", le "quadrillage" de pistes cyclables de la Ville de Grenoble est impressionnant [3].

Il atteint près de 300 km de voiries aménagées pour les cyclistes, parfois même autorisé pour la pratique du roller ou de la course à pied. Plus de 1500 panneaux de balisage et de signalisation [4] leur permettent de s'orienter en bordure des 450 intersections de voies.

La communauté d'agglomération (Grenoble Alpes Métropole - la Métro), le Conseil général de l'Isère (CG38) et les mairies s'occupent des aménagements.

Globalement, la Métro assure la promotion de l'intermodalité et des modes de transports alternatifs. Elle veille à la sécurité des cyclistes, soutient les communes dans le cadre d'aménagements dédiés tout en assurant la continuité des itinéraires.

Les communes prennent principalement en charge l'aménagement et l'entretien de la voirie et des aménagements cyclables sur leurs secteurs.

Quant au Conseil général de l'Isère, il s'occupe généralement de l'entretien et des aménagements des "voies vertes" des berges de l'Isère, du Drac, et des voies départementales.


Est et Ouest


Promenez-vous en vélo sur les pistes et voies vertes au Nord-est de Grenoble, du côté de Meylan, Domène, Murianette... en direction de Chambery (52km !).

Vous découvrirez un espace d'itinéraires bien aménagés, agréables à emprunter, souvent en forets. Le genre d'endroit qui vous donne l'occasion de sentir quelques odeurs parfumées, de relever la tête du guidon et d'observer de près comme de loin la nature... en toute tranquillité.

Maintenant, promenez-vous en vélo sur la voie verte qui longe le Drac et rejoint l'Isère en direction de Noyarey puis Veurey-Voroize .

Vous découvrirez un spectacle différent, loin de l'image et du portrait idyllique précédent.

Bienvenue dans la jungle industrielle représentative de nos excès, dans un show-room de matières "durables" encastrées, laissées sur place, à l'abandon.


Un formidable spectacle naturel gratuit pour tous


Embarquez pour une aventure "extraordinaire" le long du Drac et de l'Isère.

En premier lieu, découvrez sur votre droite en contrebas de la piste cyclable, une très belle Peugeot 205 blanche défoncée, sans vie, sans vitre, calcinée de l'intérieur, en train de prendre son bain printanier. A l'avant, son toit ouvrant et son tableau de bord brulé vous donne envie de la repêcher. A l'arrière, ses phares cassés et sa bouteille de Cola vous enivrent d'une sensation jusque là débordante et insoupçonnée...

En amont, à quelques mètres du véhicule, observez le cercle de cendres et appréciez la délicatesse avec laquelle des individus ont mis le feu au véhicule avant de le glisser dans la rivière puisqu'il faut bien l'éteindre avec de l'eau pour prolonger le plaisir...

grenoble decharge Plus loin, visitez une décharge improvisée à 90 cm du courant de la rivière. Sa belle robe noire couleur de braises entourée de bidons en plastique partiellement carbonisés, ses sacs poubelles éventrés et ses bouts de ferrailles vous donne envie de vous arrêter pour pique-niquer. La vue est superbe. Vous êtes naturellement saisis par le charme des lieux...

Après une petite collation, vous reprenez votre cycle et trouvez plus au Nord près du pont une magnifique télévision désossée posée par terre qui attend de pouvoir à son tour prendre son bain mensuel. Pour cela, elle attend que la hauteur d'eau de l'Isère s'élève pour la recouvrir entièrement. Patience... avec la fin de la fonte des neiges, elle va pouvoir de nouveau faire trempette et libérer un peu de sa substance...

Sur votre chemin, vous trouverez une belle petite affiche placardée sur quelques troncs d'arbre le long de votre parcours "industriel" initiatique. Un propriétaire recherche sa chienne à Sassenage depuis le 21/02/2009. Il est vrai que la photo couleur de l'animal vous invite à la retrouver. Un mignon petit foulard autour du cou de l'animal, le regard si juvénile et apeuré. Veuillez donc contactez le 06.76.xx.xx ou le 06.31.xx.xx si vous la voyez naturellement... sur votre route.

Avant de rebrousser chemin, rendez-vous au niveau des câbles permettant la circulation aérienne des petites bennes remplies de matériaux [5] qui traversent l'Isère. Vous aurez l'occasion de vous éblouir devant des panneaux illisibles entièrement recouverts de magnifiques signatures graphiques et autres graffitis en tous genres. Bien évidemment, c'est de l'art urbain, du "Street art" pour les cyclistes amoureux de la nature authentique, vous comprenez...

Je préfère m'arrêter là.


La métro, le CG38, les communes avoisinantes ?


Il a été maintes fois démontré que lorsqu'un individu commence à déposer des ordures, des matériaux ou du matériel dans des lieux non prévus à cet effet, d'autres ont parfois tendance à multiplier le geste sur place ou dans les environs. C'est la politique du mouton... et nous en sommes.

Au delà de cette règle humaine absurde, on est en droit de se demander qui s'occupe réellement de l'entretien de ces "voies vertes" le long du Drac et de l'Isère. Chaque collectivité concernée est censée assurer un "type d'entretien spécifique" sur ce territoire aménagé.

Au moment où la Fédération Française des Usagers de la Bicyclette (FUBICY) attribue le "Guidon d'or 2009" à la Ville de Grenoble notamment pour la généralisation des double-sens cyclables, on est en droit de s'intérroger sur l'entretien de certaines "voies vertes".

Pour l'heure, ça fait des mois... des années que les cyclistes, rollers et coureurs assistent à ce magnifique spectacle désopilant sur les berges.

C'est tout simplement... lamentable !

Notes

[1] sauf le prix d'un vélo : toujours aussi cher à l'achat...

[2] déplacements, transports, stationnements sous conditions...

[3] se procurer le plan jaune-vert auprès de la Métro

[4] panneaux verts

[5] gravat, ciment..?


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12

2008

Réunion de concertation du Conseil Général de l'Isère à Grenoble sur le projet de Rocade Nord : principaux arguments

rocade nord grenoble Article maj le 16/12/08 [1].

Jeudi 11 décembre 2008, le Conseil Général de l’Isère (CG38) organisait à Grenoble une réunion publique dans le cadre de la concertation préalable engagée depuis de 15 novembre. Une étape transitoire du projet non définitif au cours de laquelle habitants et porteurs du dossier concernés peuvent s'exprimer et ce, jusqu'au 15 janvier 2009 [2].

Face au public, quatre principaux orateurs venus porter le projet de Rocade Nord : Marc Baïetto, Vice-président chargé de l'aménagement et de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements. Alain Mistral, Vice-président chargé de l'administration générale et des finances. Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au département et Pascal Raoult, Ingénieur.

Dans la salle, de nombreuses associations particulièrement opposées au projet font entendre leur voix au cours du débat. D'autres personnalités sont là. Notons la présence des Conseillers généraux Jacques Chiron, Christine Crifo, Olivier Bertrand et Roger Pellat-Finet ainsi que Jean Cognet, porteur du tracé "Cognet" (voir l'interview).


Le public n'est pas au rendez-vous


Contrairement à l'an passé, le public ne s'est pas déplacé en masse au CRDP. A peine une centaine de personnes dans la salle et de nombreux sièges vides. Un nombre sensiblement identique à celui constaté lors de la réunion du collectif CAIRN [3] à Grenoble il y a quelques jours (lire mon article).

Le dossier reste sensible. Le cadre est fixé en introduction. "Ce projet suscite beaucoup d'intérêts et de points de vue passionnés (...) Je vous demande de respecter la parole d’autrui et de respecter les règles [4] (...) J'espère que vous donnerez une certaine dignité à ce débat" souligne le modérateur de la soirée. Ce dernier fait également part de son étonnement en constatant le peu de personnes présentes.

Durant une trentaine de minutes, les principaux porteurs du projet exposent au public les différentes étapes du projet et leur positionnement en s'appuyant à la fois sur des études et des constatations. Juste avant de débattre, les habitants sont invités à suivre la projection du film [5] (visible ici) commandité par le CG38 présentant une modélisation (images de synthèse) du projet de Rocade Nord.


Les arguments des porteurs du projet de Rocade Nord


"On n'est pas au ordre de la Chambre de commerce (...) Ce projet va libérer du foncier (...) Cette rocade s’inscrit bien dans un cadre, celui du développement des transports publics financés à 80% par l’activité économique de la région" explique dans un premier temps Marc Baïetto.

Max Lambert est chargé de présenter rapidement les différentes familles de tracés "éloignés" (ex : le tracé Cognet) et "rapprochés" (ex : le projet initial de la DDE et... celui du CG38). Son exposé s'appuie notamment sur les conditions techniques de réalisation, la requalification des secteurs urbains, la qualité de l’air. Bien entendu, l'objectif est de focaliser l'attention du public sur le tracé "rapproché" proposé par le CG38 [6], maître d’œuvre du projet de Rocade Nord.

Pour les porteurs du projet, il s’agit je cite... de "mieux desservir l’Agglomération Grenobloise, d’apporter une réponse adaptée aux besoins des Isérois, de réduire le trafic sur les grandes voies urbaines, de limiter l’impact en surface des ouvrages" avec une volonté "d'interdire la circulation des poids lourds".

Pour le Chef de projet Rocade Nord, "Rien n'est arrêté pour le moment (...) Nous réfléchissons à la requalification des échangeurs et diffuseurs (...) La rocade doit contribuer au développement durable du territoire (...) Il sera possible de faire du paysager, du mode doux, de reconquérir des espaces naturelles, de réduire la pollution en diminuant les déplacements dans l’Agglomération (...) Une route intelligente sur laquelle des informations pertinentes de circulation seront proposées aux automobilistes".


Les arguments des collectifs et associations


Le public est invité à débattre. La règle conduit les associations à s'exprimer durant 15 mn.

"Le Conseil Général vient de vous présenter un très joli film de science-fiction (...) Nous aurions bien aimé vous présenter un dossier alternatif mais hélas, il en a décidé autrement" souligne Philippe Zannola de l'ADTC. Applaudissement dans la salle.

L'ADES pose une question : "Dans le dossier de concertation, il manque pas mal de données économiques et financières (...) On voudrait avoir une confirmation sur les chiffres du coût d'exploitation annuelle de 4M€ et du coût des recettes de péage de 15 M€" [7].

Le collectif RESPIRON s'interroge : "Je ne vois pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes des bouchons endémiques sur Crolles et Voreppe (...) Je me demande aussi qui, en 2014, va bien pouvoir prendre cette rocade nord ?". Son représentant évoque une phrase qu'aurait mentionnée André Vallini dans un journal. "Le 11 janvier 2008 dans Les Affiches de Grenoble, le Président Vallini m'a donné une réponse, je cite le Président Vallini... nous faisons la Rocade Nord pour les VRP, les commerçants et les artisans, pas pour les salariés qui peuvent prendre le bus" [8].

Marc Baïetto choisi de ne pas rentrer dans le "jeu" des petites phrases et préfère effectuer une mise au point.

"Je n’ai jamais dit que directement la rocade réduirait les bouchons, par contre nous ne les réduirons pas si nous ne faisons pas la rocade (...) Aujourd’hui, on a à traiter une ville qui ne peut fonctionner qu'en s’appuyant sur des moyens de mobilité individuel, qu’on a laisser se vautrer dans l'espace qui est autour de la ville-centre (...) La première chose que nous avons à faire, c'est de densifier la ville, construire des logements (...) Et je le redis, le SMTC, le Département, la Métro peuvent financer de l’investissement mais le problème majeur que nous avons, c'est du fonctionnement (...) Quand vous prenez les transports en commun, nous finançons 17% du coût, ça veut dire qu'il faut trouver 83% ailleurs (...) Le principal usage premier attendu de la Rocade, c'est l'usage économique".


Les arguments du public


Une habitante estime que la voiture doit faire partie du passé. "J’ai 4 enfants, j’ai réussi à abandonner la voiture, nous nous déplaçons en vélo, en bus et je pense que nous avons encore des progrès à faire dans ce sens, inventons un monde nouveau".

Une autre personne souligne l'énorme travail réalisé par les acteurs du projet mais pense que ce dernier arrive un peu trop tard. "Pour moi ce qui ne va pas, c'est qu'on mette des voitures dans cette rocade (...) Il faudrait que ce projet soit recyclable pour y mettre plus tard des trains (...) Faites les tailles des tunnels pour qu'ils soient utilisables plus tard, voyez plus loin que le bout de votre pare-choc".

Autre intervention d'un participant "Ce projet est mal ficelé (...) Un tunnel, c’est fait pour absorber tous les trafics (...) Grenoble a fait tomber son autopont, on va pas refaire un méga viaduc à La Casamaure".

Une habitante s'appuie sur le Grenelle de l'environnement pour justifier ses propos: "Avec le Grenelle, on nous rabâche qu'il faut réduire la voiture et la pollution et là, on développe plus de route (...) En terme de message et de sensibilisation de la population, c'est un petit peu compliqué à comprendre".

Bruno Ferrand, membre du CCS3 [9] de Grenoble, exprime son opposition à l'élargissement et au passage deux fois trois voies de l'A480 et à tout aménagement qui conduirait à une augmentation de la circulation, de la pollution et du bruit. Il évoque le concept "d'autoroute apaisée" à expérimenter : limitation de vitesse à 70km/h de jours comme de nuit.

A l'opposé, une participante estime que la Rocade Nord aurait du voir le jour depuis longtemps et que cette infrastructure est un bon projet pour l'avenir.


L'argumentation des porteurs du projet de Rocade Nord a peu évolué. L'orientation est la même. L'objectif est d'agir. Les réponses sont toutes prêtes. Le ton reste déterminé.

Par ailleurs, les remarques des habitants évoluent également. Au delà des interprétations et justifications de chacun, on a le sentiment que beaucoup ont compris que ce projet de Rocade Nord poursuit sa route et devrait aller à son terme.

Désormais, beaucoup s'interrogent sur la qualification et l'usage du futur contournement routier. Et parmi les principales préoccupations soulevées... la durée de vie de la Rocade Nord.

Notes

[1] ajout d'une remarque sur l'A480

[2] à propos de la consultation

[3] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[4] cadrées, plutôt strictes et formelles...

[5] deux habitants baillent au moment où on rallume la salle après projection

[6] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[7] mentionnés dans le rapport d'expertise Hersant, lire ici

[8] propos à confirmer

[9] CCS gelés, en hibernation pour le moment...


04

12

2008

Certains élus commencent à soulever des inquiétudes sur le projet de Rocade Nord

rocade nord grenobleLe projet de Rocade Nord n'en fini pas de faire parler de lui.

Depuis la consultation publique organisée mi-2007 par le Conseil Général de l'Isère (CG38), maître d'ouvrage du projet d'infrastructure routière, de nouvelles données, études et analyses sont venues "étoffer" le dossier sensible de la Rocade Nord.

Depuis une année, de nouvelles informations complémentaires viennent préciser officiellement et officieusement le cadre et les perspectives du projet : nouvelles expertises à l'appui, nouvelles prospectives et estimations financières.

Sur ce dernier point, il semblerait que certains élus commencent à retourner leur veste.


La Rocade Nord, depuis un an


A commencer en octobre 2007 par la publication et la diffusion du vrai rapport de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) quelques semaines seulement après la consultation publique. Le document initial contenait des informations sensibles sur la modélisation du trafic. En l'occurrence, des données sur les conséquences d'une prépondérance et d'une attractivité de la voiture dans les déplacements aux dépens des transports collectifs.

En février 2008, pour le compte de la Société Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) en charge de la définition du PDU 2007-2012 (dont la délibération a été annulée le mois dernier), l'AURG a réalisé une étude prospective permettant d'évaluer l'impact du projet de Rocade Nord d'ici 2025. Un rapport très intéressant modélisant différents scénarios sur le trafic, la population et l'usage des transports... avec et sans Rocade Nord.

En juin 2008, suite à un appel d'offre, le CG38 demande à un bureau d'étude indépendant (SECAD, Amiens) d'apprécier les impacts d'un scénario alternatif de déplacements dans la région Grenobloise... en tenant compte de l'existence de la Rocade. Dans sa conclusion, le rapport souligne que "le projet global de déplacement fondé sur la réalisation de la Rocade Nord" (...) nous apparaît favorable au développement d'une mobilité durable dans ses 3 facettes - économique, sociale et environnementale - de l'agglomération Grenobloise".

En octobre 2008, estimant que le chiffrage du coût actuel annoncé n'a pas été pleinement étudié, l'Observatoire des Finances et Politiques Publiques (OFIPOPU) décide d'analyser les coûts successifs estimés pour la réalisation du projet de Rocade Nord. Le PDU 2000-2010 annonçait un premier coût de 300 M€. En 2004, le devis de la DDE sur le projet PDU portait le coût à 763M€ (valeur 2006). En 2006, le CG38 diffusait le chiffre de 580 M€. Fin 2008, l'Observatoire estime que le projet de Rocade Nord couterait au minimum... 733 M€ (valeur 2006) et 836 M€ (valeur juin 2008).


La Rocade Nord, et maintenant


Le CG38 a lancé le 15 novembre 2008 une concertation préalable obligatoire avant projet auprès du public. Jusqu'au 15 janvier 2009, un dossier de présentation et un registre destiné aux observations sont mis à la disposition des habitants à l'Hôtel du département et dans les communes concernées de Fontaine, Grenoble, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et Sassenage.

Début 2009, le CG38 devrait se prononcer sur le coût réel de la Rocade Nord et ses différentes modalités de financement. Au second semestre de la même année, une Enquête d'Utilité Publique (EUP) devrait suivre en attendant le lancement des études de l'avant projet.


Des "propositions alternatives innovantes" à la Rocade Nord


De nombreuses personnes hostiles au projet se mobilisent pour proposer "des alternatives innovantes" à la Rocade Nord.

Une fédération, des unions de quartier, des groupes et de nombreuses associations se réunissent sous l'égide du Collectif pour des Alternatives Innovantes à la Rocade Nord de Grenoble (CAIRN) "convaincu que le projet de Rocade Nord de Grenoble aurait un impact négatif pour notre agglomération, et qui milite pour un Plan de Déplacements Urbains (PDU) alternatif".

Mardi 2 décembre 2008, le CG38 organisait l'une de ses réunions de concertation à Saint-Martin-le-Vinoux[1], . Au même moment, le CAIRN organisait une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble.

Une petite centaine de Grenoblois est venue écouter les arguments du CAIRN. Globalement, le discours est rapide, construit, bien huilé, parfois décousu. Il se veut déclaratif, percutant et particulièrement offensif. Le collectif passe en revue ses "10 idées fausses sur la Rocade Nord" en se basant sur des comparaisons et de nombreux chiffres [2].

La moindre observation émise par les acteurs du projet devient le support d'une contre-proposition "crédible" pour les opposants. Toutes les alternatives sont passées en revue : réseau TER structurant, lignes tram-train, tram urbain, prolongation de lignes actuelles, retour du trolleybus, priorité aux feux, double-sens cyclables et déplacements à vélo, stationnement, intermodalité, paysage immobilier, tarifications à venir, ... jusqu'à l'opportunité de trouver de nouveaux modes de financement.


Inquiétudes de certains élus sur le projet de Rocade Nord


"On sait que deux communes ne veulent pas de la Rocade, La Tronche et Saint-Martin-le-Vinoux (...) Depuis peu, on sait que Saint-Egrève se positionne et que d'autres communes qui au départ avaient accepté la Rocade Nord pour le principe commencent à s'interroger sérieusement depuis un an, voir à reculer en arrière (...) La plupart ne veulent pas le dire tout haut" explique Antoine Jammes, Vice-Président de l'ADTC.

Selon Olivier Bertrand, Conseiller général du canton 1de Grenoble, la vision de la Rocade Nord est bouleversée : "Depuis la consultation de 2007, le projet a complètement changé dans sa manière d'être porté médiatiquement (...) Si vous remarquez bien, il y a une évolution vers le manque d'intérêt du projet (...) La situation financière du Conseil Général est plutôt bonne mais avec la crise, même s'il prend un prêt de 400 M€ pour faire la Rocade, il ne pourra certainement plus financer ailleurs d'autres structure".

Pour le Conseiller général, le financement du projet est la clé : "Attaquer la Rocade Nord sur le fond, je me demande si ça sert à quelque chose (...) Il va bien falloir que le Conseil général s'exprime sur le chiffrage exact et quand on l'aura, on va vite s'apercevoir qu'il ne pourra peut être pas suivre son projet vu le contexte économique (...) En réalité, la question financière est au coeur de la problématique, c'est la seule qui à mon sens peut faire plier le projet".


Réactions du public sur le projet de Rocade Nord


Pêle-mêle, quelques réactions du public lors de cette réunion.

"Il serait temps de repenser la notion du travail en France et d'en parler car on s'attache à se déplacer alors qu'on pourrait faire du télétravail et mieux s'organiser" - "La Rocade Nord si elle se fait, c'est qu'il y a des gens qui ont de l'argent à gagner dans l'histoire" - "De toute façon, on sait bien qu'elle va se faire et qu'elle est déjà décidée en haut lieu et nous on compte pour rien" - "La Métro et la Ville de Grenoble sont de plus en plus endettées, ca va peser sur nos impôts" - "On nous dit que pour réaliser ou financer la future ligne E du tram à Grenoble, les quais ou l'Espanade, la Rocade Nord doit se faire et que tout est lié en attendant les JO de 2018" - "Plus on fait des infrastructures, plus le trafic automobile augmente et pas l'inverse" - "On sait pertinemment que ça coutera plus cher à la fin et ça coutera un milliard d'euros à la collectivité".


L'annulation de la délibération du PDU 2007-2012 inscrivant le principe de Rocade Nord relance une partie du débat sur sa réalisation.

Face à la crise économique et financière, le CG38 maintient son cap et ses ambitions sans toujours dévoiler avec précision le détail de ses intentions. Au regard des situations, des élus s'interrogent sur l'opportunité de réaliser un projet structurant devenu un "pretexte" pour en réaliser d'autres au sein de l'agglomération Grenobloise.

En parallèle, le CAIRN admet qu'il n'a pas toujours les moyens de ses ambitions lorsqu'il s'agit d'expliquer son positionnement et ses prérogatives auprès de l'ensemble de la population concernant le projet de Rocade Nord.

Notes

[1] Le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[2] Le CAIRN et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/


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10

2008

Une nouvelle gare de Grenoble, de nouvelles fréquences TGV en perspective : vidéo

Grenoble sncf gare Vendredi 24 octobre 2008, je me suis rendu en début d’après midi à la gare de Grenoble pour aller à la rencontre de Guillaume Pepy, Président de la SNCF.

Invité par Michel Destot, député-maire de Grenoble et Bernard Soulage, Vice-président délégué aux transports, déplacements et infrastructures du Conseil général Rhône-Alpes, le Président de la SNCF est venu officiellement donner le coup d’envoi de la nouvelle gare de Grenoble.

Entouré de nombreux responsables et élus, Guillaume Pepy profitait de l’occasion pour visiter en premier lieu les travaux d’aménagement en cours (voir ma vidéo) concernant l’accessibilité des personnes à la gare de Grenoble avant de présenter un certain nombre de mesures notamment liées à l’évolution croissante du transport des passagers dans notre région.


Concevoir une nouvelle gare de Grenoble


Guillaume Pepy exprime la motivation et l’enthousiasme de la SNCF.

"C’est un projet dont on parle depuis très longtemps (…) La gare est dépassée, il faut l’adapter (…) Avec les projets de développement qu’il y a aujourd’hui à Grenoble, il est temps de refaire la gare (…) Ce qui le justifie, c’est à la fois le projet de Presqu’île scientifique auquel la SNCF s’associe pleinement mais aussi le succès du TER grâce au Conseil régional et les perspectives TGV qui sont concernées (…) Il faut une gare qui soit la gare de tous les transports, une gare écologique, qui soit le moyen de réussir encore mieux la Presqu’île scientifique" explique le directeur de la SNCF.

Il va de soit que ce projet s’insère également dans les projets d’aménagement liés à la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018.

En volume, la gare actuelle de Grenoble n’est que la 18ème de France. Elle date des JO de 1968. Face aux attentes, la future gare devrait être l’une des plus moderne de l’hexagone. Une gare de nouvelle génération, multimodale, s’inscrivant au cœur et non aux abords de la ville.

Parmi les objectifs annoncés, celui de son désenclavement afin qu’elle ne soit plus uniquement une "gare départ – terminus" mais devienne une gare de liaison. Le 7 juillet 2008, un projet d’électrification de ligne entre Chambéry et Valence a été signé, permettant à terme une ouverture ferroviaire vers le sud (avec l’arrivée de liaisons TGV en direction de Marseille et de Montpellier).

Côté financement, différents scénarios sont à l’étude : destruction, reconstruction d’une nouvelle gare… ou refonte, restructuration et réaménagement de l’actuelle.

Les devis prévisionnels et modes de financement du projet seront remis aux différents élus avant… la fin de l’année 2008. "Une nouvelle gare de Grenoble, c’est un cofinancement de quelques dizaines de millions d’euros entre toutes les parties prenantes et la SNCF y mettra ce qu’il faut avec le Réseau Ferré de France" explique Guillaume Pepy.

Bernard Soulage ajoute "qu’elle est inscrite au contrat de projet État-Région, une garantie de financement sur la période 2007 – 2013 (…) Il faut donc aller vite de façon à être bien placé dans l’ordre de préséance des projets Rhonalpins".


Visite de chantier, promenade dans la gare de Grenoble


Actuellement, des travaux d’aménagements permettant d’améliorer l’accès à la gare, notamment pour les personnes à mobilité réduite et les poussettes sont en cours. De nouvelles commodités d’accès sont prévues, notamment la mise en place d’ascenseurs permettant de relier le sous-terrain aux quais.

L’investissement initial est de 4M€. Guillaume Pepy assure par ailleurs que ces travaux de mise en conformité s'inscrivent dans la perspective d'une future gare de Grenoble .

Le directeur de la SNCF a pu effectuer une visite du chantier sur le terrain [1].

En accompagnant la visite des personnalités, j’ai souris en écoutant les propos de Guillaume Pepy en direction des élus à propos du bâtiment extérieur principal de la Gare de Grenoble.

"Mais dites-moi, elle est ‘Total Vintage’ votre gare, je la voyais pas comme ça (…) Attention, si ça continue, elle va pouvoir être classé" ironise le Président de la SNCF devant le parking de la gare.


Progression des lignes, nouvelles fréquences TGV sur Grenoble


Bernard Soulage souligne la progression constance du trafic en Rhône-Alpes. "Grenoble a déjà une gare double face avec de l’activité de chaque côté (…) Faut pas qu’on soit petit bras sur ce projet (…) L’usage du TER et du TGV, c’est aujourd’hui plus 10% par an depuis 3 ans avec la ligne Lyon Grenoble qui est la plus importance progression, la première, dépassant maintenant Lyon Saint-Étienne".

Ainsi, dès le 14 décembre 2008, un aller-retour TGV supplémentaire (de mi-journée) sera mis en place entre Grenoble et Paris (une 9ème fréquence) et un TGV d’extrême fin de soirée permettant de vivre une journée pleine à Paris ou à Grenoble (moins rempli, synonyme de réduction de tarifs selon Guillaume Pepy).

Concernant la ligne actuelle Grenoble Paris, le président de la SNCF explique qu’on pourrait à la rigueur gagner une quinzaine de minutes mais que cette possibilité de réduction de temps de trajet n'est pas une priorité. Pour le moment, l'action se porte sur une augmentation des fréquences.

Par ailleurs, cet été, un accord a été signé pour raccorder la ligne LGV Méditerranée en passant par Valence, permettant à Grenoble de rejoindre Marseille en 2 heures d’ici quatre ou cinq ans.

Avant de reprendre le TGV pour Paris, Guillaume Pepy a tenu personnellement à remercier les médias audiovisuels présents par une simple poignée de main. Un geste qui à mon sens et à mon égard, coïncide avec sa volonté d'aller sur le terrain à la rencontre des usagers de la SNCF comme j'ai souvent pu le lire dans la presse nationale.

Ci- dessous en vidéo, visite de chantier à la gare de Grenoble, interview croisée de Michel Destot, Bernard Soulage et Guillaume Pepy, Président de la SNCF :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Notes

[1] voir ma vidéo


01

07

2008

A son tour, la ville de Grenoble montre l'exemple

grenoble_stationnement Je reconnais bien volontiers que le soleil tant attendu depuis le début du mois de juin est pleinement de retour ces jours derniers. De plus, la chaleur envahissante ne favorise pas toujours la concentration en journée sur nos lieux de travail respectifs. Il est parfois sympathique de s'affranchir temporairement de certaines règles ennuyeuses...

Il est vrai qu'à l'approche des vacances d'été, le rythme de travail de chacun a parfois psychologiquement tendance à diminuer : par envie et/ou nécessité, urgence et contrainte, certains ont également besoin de lâcher du lest sur le terrain, de ne pas s'enquiquiner, ni s'ennuyer pour autant.


Evidemment, personne n'est parfait...


C'est probablement le cas du conducteur de ce véhicule de la Mairie estampillé du logo "Ville de Grenoble" sur les portières et d'un "numéro vert" sur le capot qui n'a rien trouvé de mieux que de se garer sur un espace de stationnement non autorisé en centre-ville.

Il est vrai qu'un samedi en fin d'après-midi (le 28/06, vers 19h30), il n'y a pas trop de circulation (sic !).

Entre les Grenoblois qui viennent de toucher leur paie en fin de mois, sortant des magasins en tenant des sacs de produits "soldés"... les gens assis dehors, remplissant les terrasses et prenant un verre... les parents et enfants à pied, en poussette et fatigués, revenant des parcs des alentours... les véhicules roulant les uns derrière les autres en file indienne place Notre-Dame, à quelques mètres de la rue Taulier en direction du Musée de Grenoble, de l'Ile Verte ou des Quais de l'Isère... les automobilistes "frimeurs" qui considèrent que le quartier et les pavés sont un lieu de prédilection pour afficher et affirmer un style à vive allure... sans oublier le ralentissement potentiel du passage du tram sur la ligne B...

Dans ces circonstances, vu l'activité du quartier, pourquoi ne pas se gêner ?


...ni le conducteur de véhicule de la municipalité


Il y a quelques mois, je signalais déjà dans ces colonnes la dangerosité de ce stationnement sauvage situé juste devant des barrières à quelques centimètres d'un point d'attache de cycles, entre d'un côté le passage de la ligne du tram B, de l'autre, une intersection de deux voies de circulation.

Un lieu de passage fréquent de véhicules et de piétons, une circulation souvent peu fluide et dense en fin de journée.

Bien entendu, si ce véhicule de la municipalité n'a pas souhaité se garer ailleurs dans les alentours et n'a rien trouvé de mieux pour stationner... c'est que son conducteur a certainement une bonne raison à nous fournir.

In Fine, il est probable que ce véhicule ait voulu montrer l'exemple : "officieusement", il doit donc bien s'agir d'une vraie place de stationnement pour véhicule motorisé !

Personnellement, vu les circonstances et les conditions de circulation décrites plus haut, j'en doute fort.


10

06

2008

A Grenoble, le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère...

stationnement voiture grenoble Largement intronisé dans la campagne des municipales comme l'un des sujets politiques majeurs de l'agglomération, la circulation et le stationnement de véhicules à Grenoble restent au quotidien l'une des principales priorités pour les Grenoblois.

A leur manière, les politiques tentent d'analyser la situation, soumettent des projets plus ou moins pertinents sur le terrain, proposent des initiatives, lancent des alternatives avec le soutien d'experts, de professionnels et cherchent à résoudre les problèmes récurrents de circulation.

En parallèle, le comportement de certains conducteurs de véhicule en ville est loin de faire l'unanimité.


Les politiques tentent de résoudre les problèmes de circulation...


Comme j'aime parfois le rappeler, tout est fait à Grenoble pour limiter globalement la circulation des véhicules à moteur en ville.

Suppression de places de parking, rétrécissement de voies obligeant fortement les conducteurs à ralentir (causant parfois de nombreux "bris" involontaires de rétroviseurs extérieurs), franchissement de passages surélevés, réaménagement de carrefours, ajout de feux tricolores, de rond-points sur de longues distances etc.

Désormais, aucun projet n'échappe aux priorités d'accès en matière de transport en commun et de nombreuses grandes villes françaises ou européennes prennent modèle sur les réalisations menées par la ville de Grenoble ou la Communauté d'agglomération Grenobloise.


...tandis que le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère


En parallèle, les comportements de nombreux citoyens ne changent guère. Pire, ils s'accentuent ou se pérennisent.

Il faut dire que certains automobilistes ne manquent pas d'air et ne pensent qu'à entretenir ou préserver leur "pré carré" lorsqu'il s'agit de garer un véhicule sans toutefois se soucier de leurs concitoyens.

Prenons un exemple, au niveau du quartier Mutualité à Grenoble. Prenons le cas des rues Joseph Fourrier et des Dauphins.

Bien que la rue des Dauphins autorise le stationnement bilatéral, des conducteurs peu scrupuleux n'hésitent pas à stationner leur véhicule à l'angle des deux rues, directement sur le passage piéton, empêchant du même coup toute visibilité accrue ou possibilité pour le piéton de circuler en toute sérénité et en toute sécurité.

Un vrai danger pour les familles qui très souvent, prennent l'habitude de passer à cet endroit pour se rendre directement au Jardin des Plantes situé en face de la Mairie de Grenoble. Nombreux sont celles et ceux qui sont accompagnés de jeunes enfants ou d'une poussette et qui remontent la rue pour rentrer chez eux en passant par le centre-ville de Grenoble.

Juste à l'angle, devant ce lieu de stationnement non autorisé, un "crayon jaune" indique la sortie d'une école. On imagine aisément les difficultés engendrées par les parents d'élèves lorsqu'il s'agit naturellement de traverser la rue. Mauvaise visibilité des piétons les obligeant à contourner le véhicule mal garé et à circuler sur la chaussée en dehors du passage piétons. Perte de repère visuel pour tout conducteur d'un véhicule en circulation désirant changer de rue au niveau de l'intersection


Je m'installe, donc j'existe


Je reste persuadé que l'automobiliste agit volontairement en connaissance de cause lorsqu'il décide de se garer de cette manière sur la chaussée. En stationnant ainsi, il connaît naturellement les risques d'insécurité qu'il risque d'engendrer. Son comportement est volontaire, sans équivoque.

Le contraire serait... étonnant.

Pour beaucoup, le véhicule est le prolongement de soi : une forme de projection de sa présence dans un territoire, dans un milieu qui n'est pas forcément le sien et dans lequel on cherche à s'installer quelques instants pour attirer l'attention.

Il semblerait que la prévention n'ait aucun effet dissuasif face à un tel comportement égoïste et méprisant. Ce comportement doit faire l'objet d'une sanction méritée qui dans ce cas, paraît plus que nécessaire.


30

05

2008

Une nouvelle vague d'horodateurs "communicants" à Grenoble

horodateur grenoble Lorsqu'on se promène de temps à autre au centre-ville de Grenoble , il n'est pas rare de tomber nez à nez sur de nombreux parcmètres ou horodateurs qui font l'objet de dégradations récurrentes ou servent de support pour afficher certaines intentions.

En l'espace de deux mois, lors de mes promenades en famille ou déplacements professionnels en ville, je suis arrivé à prendre à la volée et spontanément plus d'une dizaine de clichés d'horodateurs tagués, redécorés, malmenés, détériorés ou partiellement empêchés de fonctionner correctement.

Ma photo en montre seulement deux.


De nombreux horodateurs pris pour cible


A Grenoble, certains lieux sont régulièrement prisés pour manifester un désir d'expression, une pulsion artistique ou étaler ses convictions sur ce type de mobilier urbain.

Boulevard Gambetta, quelques horodateurs régulièrement marqués sous les arbres au feutre noir. Rue de la République, un horodateur littéralement pris à partie et relooké en rouge, à quelques mètres de l'Office du Tourisme de la ville. Rue Dolomieu, une boîte de carton en provenance du mini marché rue Hébert, directement placée sur le panneau solaire photovoltaïque situé au dessus d'un horodateur. Rue Lesdiguières, un "message artistique" sur format papier collé sur la fente à pièces d'une machine, pas loin de l'Ecole Supérieure d'Art de Grenoble. Rue Thiers, un stick placardé sur un horodateur avec ce message "La Tag rafle les sans papiers"...

Je m'arrête là.


L'horodateur, mobilier urbain "communicant"


Cette "vague d'expression" n'est pas nouvelle, bien au contraire.

Il apparaît clairement que l'horodateur devient un mobilier privilégié pour "faire passer des messages" sous des formes d'expressions diverses et variées, allant de la dégradation de l'appareil ou son empêchement de fonctionner... en passant par l'expression libre ou la manifestation d'un mécontentement lié à la réglementation en vigueur en matière de stationnement.

De nos jours, la majorité des mobiliers urbains sont pris pour cible : à se demander s'il existe assez d'espace ou de lieux d'expression libre sur la voie publique pour tout ceux qui désirent s'exprimer ainsi. Des graffitis sans âme, le plus souvent artistiquement limités, qui s'apparentent plus à des messages ou codes géolocalisés.

- je suis passé par là, voici ma signature... je viens de le faire... c'est excitant... je me sens libre... donc, j'existe auprès du public... qui me regarde à travers ce que je viens de faire -.

Drôle de support "communicant" pour favoriser ou lancer une expression.


De l'usage des horodateurs...


En France , braver l'interdit est un sport national. De nos jours, chacun a besoin de reconnaissance et d'exprimer librement ses idées... tout de même, jusqu'à un certain point.

Comme à l'accoutumée, il est probable qu'une infime minorité d'individus jettent leur dévolu sur ces horodateurs. Les autres n'ont pourtant rien demandé en échange, sauf le fait de pouvoir régler librement leur stationnement s'ils ont choisi de circuler et venir garer leur véhicule en ville.

En fin de compte, tout est fait pour limiter progressivement la circulation des automobilistes en ville. Les places de parking sont de plus en plus rare, prisées : face à notre mentalité en matière de circulation urbaine, le stationnement payant n'est apparemment pas prêt de disparaître. Viendra bien un jour où l'accès même en centre-ville deviendra payant ou fortement réglementé. En la matière, la ville de Londres a pris ces dispositions.

Comme de nombreux Grenoblois, plus les années passent et plus j'utilise mon véhicule exclusivement pour me rendre à l'extérieur de Grenoble . Entre ceux qui prennent leur voiture pour aller chercher du pain ou leurs enfants à 400 mètres de leur domicile et ceux qui la prenne pour des déplacements lointains non desservis aisément par d'autres moyens de transport, il y a tout de même... une sacrée marge !

En dehors de sa principale prérogative, si l'horodateur est psychologiquement un moyen complémentaire permettant de faire évoluer les esprits en matière de déplacements et de stationnements urbains afin qu'il y ait moins de véhicules en circulation en ville, ce mobilier urbain me paraît pour le moment, utile et nécessaire.

Paradoxalement, la plupart de ceux qui dégradent ce mobilier ou laissent des "messages" sur des horodateurs sont souvent les premiers à revendiquer et exercer une pression pour qu'il y ait moins de circulation de véhicules en ville.


29

04

2008

Encore un valideur en panne sur le réseau TAG du SMTC

tag semitag Vendredi 18 avril 2008, 13h.

Je sors d'un rendez-vous professionnel près du Square des Fusillés à Grenoble et m'apprêtes à prendre la direction du centre de Grenoble pour aller déjeuner en ville. Afin de m'y rendre rapidement, je décide naturellement de prendre la ligne du tram A.

A pied, je rejoins l'arrêt le plus proche, Berriat-Le magasin, situé à la fin du Cours Berriat.

Arrivé sur le quai de l'arrêt, je sors de mon portefeuille un ticket à oblitérer contenant 10 voyages [1] me permettant de circuler sur le réseau TAG du SMTC.


Mieux vaut prendre ses précautions avant de voyager sur le réseau TAG


Par précaution, avant d'introduire un ticket à valider pour voyager, je vérifie systématiquement si le "valideur" est en état de fonctionnement. S'il est opérationnel, ce dernier affiche un témoin lumineux de couleur verte. Le cas échéant, le témoin est rouge et signale une panne éventuelle de la machine.

Par expérience, beaucoup ne fonctionnent pas de manière régulière et optimale sur le réseau TAG.

Sur certains arrêts, toutes lignes confondues, il n'est pas rare de constater un dysfonctionnement identique et généralisé sur l'ensemble des valideurs positionnés sur un même quai : témoin lumineux rouge, clignotant, écran de contrôle indiquant des tentatives de "reboot" du système qui les gère... je vous laisse imaginer la situation au moment de monter dans le tram et le discours à tenir face aux contrôleurs.

En tant qu'usager ou "client" du réseau, je ne devrais pas me soucier en permanence d'un éventuel dysfonctionnement d'appareil. Par ailleurs, je me sens systématiquement obligé d'oblitérer un ticket au moment seulement où le tramway arrive : je ne compte plus le nombre de fois où j'ai offert mon voyage à la TAG en raison d'un blocage ou d'un retard du tramway annoncé par haut parleur ou signalé aléatoirement sur les panneaux d'affichage de l'arrêt.


Une nouvelle fois, un valideur "avale" mes tickets de transport TAG


Le tram A arrive. Je choisi de trouver un valideur en état de marche.

J'introduis ma carte contenant 10 voyages. Celle-ci ne ressort pas de la machine. Le valideur TAG émet un bruit inhabituel de dysfonctionnement. Le témoin passe au rouge..., puis au vert... revient sur le rouge... et continu d'alterner sans cesse et en boucle le jeu de lumière. Le valideur cherche à "rebooter" et à se reconnecter en permanence au système principal... sans succès. H.S.

Je viens une nouvelle fois de me faire "avaler" ma carte sur le quai. Quand à la rame du tram, elle part sans moi en direction du centre-ville.

Enervé, je décide d'attendre le prochain tram [2] et de valider après hésitation une seconde fois un titre de transport à partir d'une nouvelle carte de 10 voyages en ma possession. Je me rend immédiatement à l'Office du Tourisme pour déposer une réclamation à l'agence de la TAG.


Une connaissance récurrente et avouée du problème


Arrivé sur place, je commence à exposer oralement la mésaventure. L'hôtesse d'accueil du service coupe mon élan, s'empresse de me tendre un fascicule format papier glacé à remplir et me demande de me mettre de côté pour laisser d'autres usagers venir à leur tour devant le guichet. Etonné par la procédure, j'obtempère et indique clairement par écrit le motif de ma demande de remboursement d'une carte de 10 voyages. Sans oublier d'apporter la preuve du dysfonctionnement précis du valideur par un enregistrement vidéo effectué avec mon Médiaphone.

Repositionné devant le guichet, l'hôtesse prend cette fois-ci le temps de lire ma réclamation et m'indique "Merci Monsieur, normalement c'est bon, nous allons donner suite à votre demande sous 15 jours (...) Vous déclarez avoir filmé l'incident et vous savez, il y en a qui font comme vous depuis un petit moment déjà (...) mais vous savez, je comprends la réaction des gens, nous savons que des valideurs tombent en panne de façon fréquente (...) En tout cas, merci pour le signalement de la panne, je vais alerter le service concerné".

Sur le coup, cette petite "discussion" m'a paru assez hallucinante et décalée : une forme d'autosuffisance maîtrisée dans la gestion de la réclamation, une sensation de connaissance récurrente et avouée du problème... sans la moindre inquiétude.


Une succession de dysfonctionnement, un service clientèle à la hauteur


A peine 7 jours après le dépôt de ma déclaration, je recevais à mon domicile un courrier personnalisé SEMITAG de la Responsable Relations Clientèle de la TAG m'indiquant "Je suis désolée de ce dysfonctionnement, aussi, ai-je le plaisir de vous adresser ci-joint, 6 cartes de 1 voyage correspondant au solde de votre carte".

Par une réponse très rapide, le service administratif de la TAG a pleinement donné satisfaction à l'usager.

Malheureusement, il n'en est pas de même concernant la mise à disposition du matériel pour les usagers du réseau TAG le long des voies du tramway à Grenoble. Le nombre de valideurs en panne est conséquent, trop important. La qualité, la maintenance de ces appareils ou du système qui les gère est à revoir... sous peine d'agacer continuellement d'autres usagers au quotidien.

Notes

[1] par lot de 3, le voyage est à moins de 1 euro

[2] 7 mn d'attente tout de même, un vendredi à 13h22... pas normal !


07

04

2008

TER Grenoble - Lyon : un confort supérieur au TGV Lyon - Paris

ter grenoble lyon Je n'ai pas pour habitude de prendre régulièrement le train dans mes déplacements extra-muros.

Pourtant, j'ai de plus en plus tendance à privilégier ce moyen de transport, quitte à effectuer plusieurs correspondances intermodales sur plusieurs centaines de kilomètres d'une région à une autre, au détriment de mon véhicule personnel.

A Grenoble, tout le monde rêve d'une ligne TGV directe entre Grenoble et Paris. Un rêve récemment évoqué à maintes reprises et inscrit à l'ordre du jour dans le programme de certains candidats en lice lors des dernières élections municipales 2008 à Grenoble.


Une ligne TER Grenoble - Lyon sans confort apparent...


Sortie du rêve, revenons sur terre.

Tout le monde ou presque s'accorde à dire que la ligne TER entre Grenoble et Lyon n'est pas la plus idéale en matière de transport. Une ligne vieillotte, qui désert habituellement les petites gares du département et qui prive souvent les voyageurs d'un trajet direct sans arrêt. Un TER qui parfois s'arrête à maintes reprises en plein milieu de la voie et qui repart quelques minutes après sans explication apparente aux usagers. Le confort du passager "client" laissent à désirer : le summum est sans aucun doute les nuisances sonores produites à l'intérieur du train entre le bruit des essieux, des rames et des moteurs lorsqu'on n'a pas l'opportunité de monter dans les derniers modèles de rames du TER. Notons par ailleurs que le prix du billet aller simple hors réduction est passé de 13 euros à 18 euros ces dernières années.

Grenoble - Lyon Perrache, 1h51.
Grenoble - Lyon Part Dieu, 1h16, avec l'opportunité de voyager en trajet direct.
En voiture par l'autoroute, le trajet entre Grenoble et Lyon est souvent plus confortable... et plus rapide.


...mais des rames plus confortables que celles du TGV Lyon - Paris


En tant que passager, Je n'ai jamais véritablement trouvé de confort apparent en seconde classe dans les rames du TGV Lyon - Paris. Le TGV "orange" n'en avaient pas. Celui à la couleur "bleu" en a un peu plus, notamment lorsqu'on a l'opportunité de monter dans l'un des derniers TGV "Duplex" récents.

Malgré tout, il est toujours aussi difficile de trouver le moyen de se détendre dans les rames du TGV entre Lyon et Paris. Le confort et la place accordée au passager en seconde classe restent limités. Prenons un simple exemple : bouger ses jambes devient une opération délicate lorsqu'un passager est assis à côté de soi et certains accoudoirs fixés au siège ne peuvent se relever. Tout ceci n'est pas aisé pour le voyageur embarqué pour un trajet d'environ deux heures.

A contrario, si on a la chance de monter dans un TER Grenoble - Lyon récemment mis en service par la SNCF ces quatre dernières années, la sensation change du tout au tout.

En me rendant à Lyon ces jours derniers, je suis monté dans l'une de ces rames [1]. Les Z 24500 (TER 2N) sont des automotrices électriques de nouvelle génération à deux niveaux, "duplex". J'ai vraiment été surpris par le grand confort de ces nouvelles rames.

Des allées espacées et colorées pour circuler agréablement à l'intérieur sans encombre d'une rame à une autre. Des sièges vraiment confortables. Un véritable espace pour allonger et détendre ses jambes entre les fauteuils. Des prises électriques à portée de main pour brancher son portable ou recharger son mobile durant le trajet. Des porte manteaux d'appoints pour accrocher ses vêtements. Une bonne aération et circulation de l'air au niveau des jambes et non au niveau des vitres. Une lumière non agressive par compartiment passager. De vrais reposes magazines et non des filets comme dans le TGV . Des tablettes bien étudiées pour lire, déposer son matériel ou sa nourriture. Des accoudoirs non fixés. Des coins assis "à quatre" comme dans le TGV...

...et surtout, quelque chose qui m'a bluffé : aucune nuisance sonore apparente, un roulement du TER extrêmement silencieux au contact de la voie (impression de roulements à billes), aucun grincement d'essieux gênant, un bruit de moteur camouflé identique à celui des véhicules récents circulant sur la chaussée.


Un confort à "deux vitesses"


Pour des questions économiques et stratégiques, il est vrai que beaucoup de gens ont l'impression que la SNCF a tendance à trop miser sur le TGV (ou le futur AGV) au détriment des trains circulant sur des petites et moyennes lignes.

Quand on achète son billet de TGV, on à l'opportunité de choisir le type de rame dans laquelle on souhaite monter (simple, duplex, couchette, avec récemment l'arrivée du wifi et de rames "discothèque" sur des longs trajets de nuit...etc.). Mais lorsqu'on prend un ticket-billet TER, il est rare de pouvoir connaître à l'avance le genre de rame que l'on va prendre pour voyager.

Ceci est d'autant plus dommageable que certaines lignes TER offrent désormais un confort supérieur à celui des TGV accessibles dans notre région. Quoi qu'il en soit, mieux vaut tomber sur une rame de Transport Express Régional récente sous peine de crispation, de fatigue et d'énervement.

Notes

[1] en photo, l'intérieur d'un compartiment


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