Le blog local de Grenoble | Plateforme de publication participative et d'expression locale

> Accueil | A propos | Charte | Agenda | Médias | Contact | La Salade Grenobloise | Proposer [ témoignage, communiqué ]    

Tous les billets de la catégorie :: [ Transports ]

Transports contient actuellement 52 billets

Fil des billets de la catégorie - Fil des commentaires de la catégorie

29

04

2008

Encore un valideur en panne sur le réseau TAG du SMTC

tag semitag Vendredi 18 avril 2008, 13h.

Je sors d'un rendez-vous professionnel près du Square des Fusillés à Grenoble et m'apprêtes à prendre la direction du centre de Grenoble pour aller déjeuner en ville. Afin de m'y rendre rapidement, je décide naturellement de prendre la ligne du tram A.

A pied, je rejoins l'arrêt le plus proche, Berriat-Le magasin, situé à la fin du Cours Berriat.

Arrivé sur le quai de l'arrêt, je sors de mon portefeuille un ticket à oblitérer contenant 10 voyages [1] me permettant de circuler sur le réseau TAG du SMTC.


Mieux vaut prendre ses précautions avant de voyager sur le réseau TAG


Par précaution, avant d'introduire un ticket à valider pour voyager, je vérifie systématiquement si le "valideur" est en état de fonctionnement. S'il est opérationnel, ce dernier affiche un témoin lumineux de couleur verte. Le cas échéant, le témoin est rouge et signale une panne éventuelle de la machine.

Par expérience, beaucoup ne fonctionnent pas de manière régulière et optimale sur le réseau TAG.

Sur certains arrêts, toutes lignes confondues, il n'est pas rare de constater un dysfonctionnement identique et généralisé sur l'ensemble des valideurs positionnés sur un même quai : témoin lumineux rouge, clignotant, écran de contrôle indiquant des tentatives de "reboot" du système qui les gère... je vous laisse imaginer la situation au moment de monter dans le tram et le discours à tenir face aux contrôleurs.

En tant qu'usager ou "client" du réseau, je ne devrais pas me soucier en permanence d'un éventuel dysfonctionnement d'appareil. Par ailleurs, je me sens systématiquement obligé d'oblitérer un ticket au moment seulement où le tramway arrive : je ne compte plus le nombre de fois où j'ai offert mon voyage à la TAG en raison d'un blocage ou d'un retard du tramway annoncé par haut parleur ou signalé aléatoirement sur les panneaux d'affichage de l'arrêt.


Une nouvelle fois, un valideur "avale" mes tickets de transport TAG


Le tram A arrive. Je choisi de trouver un valideur en état de marche.

J'introduis ma carte contenant 10 voyages. Celle-ci ne ressort pas de la machine. Le valideur TAG émet un bruit inhabituel de dysfonctionnement. Le témoin passe au rouge..., puis au vert... revient sur le rouge... et continu d'alterner sans cesse et en boucle le jeu de lumière. Le valideur cherche à "rebooter" et à se reconnecter en permanence au système principal... sans succès. H.S.

Je viens une nouvelle fois de me faire "avaler" ma carte sur le quai. Quand à la rame du tram, elle part sans moi en direction du centre-ville.

Enervé, je décide d'attendre le prochain tram [2] et de valider après hésitation une seconde fois un titre de transport à partir d'une nouvelle carte de 10 voyages en ma possession. Je me rend immédiatement à l'Office du Tourisme pour déposer une réclamation à l'agence de la TAG.


Une connaissance récurrente et avouée du problème


Arrivé sur place, je commence à exposer oralement la mésaventure. L'hôtesse d'accueil du service coupe mon élan, s'empresse de me tendre un fascicule format papier glacé à remplir et me demande de me mettre de côté pour laisser d'autres usagers venir à leur tour devant le guichet. Etonné par la procédure, j'obtempère et indique clairement par écrit le motif de ma demande de remboursement d'une carte de 10 voyages. Sans oublier d'apporter la preuve du dysfonctionnement précis du valideur par un enregistrement vidéo effectué avec mon Médiaphone.

Repositionné devant le guichet, l'hôtesse prend cette fois-ci le temps de lire ma réclamation et m'indique "Merci Monsieur, normalement c'est bon, nous allons donner suite à votre demande sous 15 jours (...) Vous déclarez avoir filmé l'incident et vous savez, il y en a qui font comme vous depuis un petit moment déjà (...) mais vous savez, je comprends la réaction des gens, nous savons que des valideurs tombent en panne de façon fréquente (...) En tout cas, merci pour le signalement de la panne, je vais alerter le service concerné".

Sur le coup, cette petite "discussion" m'a paru assez hallucinante et décalée : une forme d'autosuffisance maîtrisée dans la gestion de la réclamation, une sensation de connaissance récurrente et avouée du problème... sans la moindre inquiétude.


Une succession de dysfonctionnement, un service clientèle à la hauteur


A peine 7 jours après le dépôt de ma déclaration, je recevais à mon domicile un courrier personnalisé SEMITAG de la Responsable Relations Clientèle de la TAG m'indiquant "Je suis désolée de ce dysfonctionnement, aussi, ai-je le plaisir de vous adresser ci-joint, 6 cartes de 1 voyage correspondant au solde de votre carte".

Par une réponse très rapide, le service administratif de la TAG a pleinement donné satisfaction à l'usager.

Malheureusement, il n'en est pas de même concernant la mise à disposition du matériel pour les usagers du réseau TAG le long des voies du tramway à Grenoble. Le nombre de valideurs en panne est conséquent, trop important. La qualité, la maintenance de ces appareils ou du système qui les gère est à revoir... sous peine d'agacer continuellement d'autres usagers au quotidien.

Notes

[1] par lot de 3, le voyage est à moins de 1 euro

[2] 7 mn d'attente tout de même, un vendredi à 13h22... pas normal !


07

04

2008

TER Grenoble - Lyon : un confort supérieur au TGV Lyon - Paris

ter grenoble lyon Je n'ai pas pour habitude de prendre régulièrement le train dans mes déplacements extra-muros.

Pourtant, j'ai de plus en plus tendance à privilégier ce moyen de transport, quitte à effectuer plusieurs correspondances intermodales sur plusieurs centaines de kilomètres d'une région à une autre, au détriment de mon véhicule personnel.

A Grenoble, tout le monde rêve d'une ligne TGV directe entre Grenoble et Paris. Un rêve récemment évoqué à maintes reprises et inscrit à l'ordre du jour dans le programme de certains candidats en lice lors des dernières élections municipales 2008 à Grenoble.


Une ligne TER Grenoble - Lyon sans confort apparent...


Sortie du rêve, revenons sur terre.

Tout le monde ou presque s'accorde à dire que la ligne TER entre Grenoble et Lyon n'est pas la plus idéale en matière de transport. Une ligne vieillotte, qui désert habituellement les petites gares du département et qui prive souvent les voyageurs d'un trajet direct sans arrêt. Un TER qui parfois s'arrête à maintes reprises en plein milieu de la voie et qui repart quelques minutes après sans explication apparente aux usagers. Le confort du passager "client" laissent à désirer : le summum est sans aucun doute les nuisances sonores produites à l'intérieur du train entre le bruit des essieux, des rames et des moteurs lorsqu'on n'a pas l'opportunité de monter dans les derniers modèles de rames du TER. Notons par ailleurs que le prix du billet aller simple hors réduction est passé de 13 euros à 18 euros ces dernières années.

Grenoble - Lyon Perrache, 1h51.
Grenoble - Lyon Part Dieu, 1h16, avec l'opportunité de voyager en trajet direct.
En voiture par l'autoroute, le trajet entre Grenoble et Lyon est souvent plus confortable... et plus rapide.


...mais des rames plus confortables que celles du TGV Lyon - Paris


En tant que passager, Je n'ai jamais véritablement trouvé de confort apparent en seconde classe dans les rames du TGV Lyon - Paris. Le TGV "orange" n'en avaient pas. Celui à la couleur "bleu" en a un peu plus, notamment lorsqu'on a l'opportunité de monter dans l'un des derniers TGV "Duplex" récents.

Malgré tout, il est toujours aussi difficile de trouver le moyen de se détendre dans les rames du TGV entre Lyon et Paris. Le confort et la place accordée au passager en seconde classe restent limités. Prenons un simple exemple : bouger ses jambes devient une opération délicate lorsqu'un passager est assis à côté de soi et certains accoudoirs fixés au siège ne peuvent se relever. Tout ceci n'est pas aisé pour le voyageur embarqué pour un trajet d'environ deux heures.

A contrario, si on a la chance de monter dans un TER Grenoble - Lyon récemment mis en service par la SNCF ces quatre dernières années, la sensation change du tout au tout.

En me rendant à Lyon ces jours derniers, je suis monté dans l'une de ces rames [1]. Les Z 24500 (TER 2N) sont des automotrices électriques de nouvelle génération à deux niveaux, "duplex". J'ai vraiment été surpris par le grand confort de ces nouvelles rames.

Des allées espacées et colorées pour circuler agréablement à l'intérieur sans encombre d'une rame à une autre. Des sièges vraiment confortables. Un véritable espace pour allonger et détendre ses jambes entre les fauteuils. Des prises électriques à portée de main pour brancher son portable ou recharger son mobile durant le trajet. Des porte manteaux d'appoints pour accrocher ses vêtements. Une bonne aération et circulation de l'air au niveau des jambes et non au niveau des vitres. Une lumière non agressive par compartiment passager. De vrais reposes magazines et non des filets comme dans le TGV . Des tablettes bien étudiées pour lire, déposer son matériel ou sa nourriture. Des accoudoirs non fixés. Des coins assis "à quatre" comme dans le TGV...

...et surtout, quelque chose qui m'a bluffé : aucune nuisance sonore apparente, un roulement du TER extrêmement silencieux au contact de la voie (impression de roulements à billes), aucun grincement d'essieux gênant, un bruit de moteur camouflé identique à celui des véhicules récents circulant sur la chaussée.


Un confort à "deux vitesses"


Pour des questions économiques et stratégiques, il est vrai que beaucoup de gens ont l'impression que la SNCF a tendance à trop miser sur le TGV (ou le futur AGV) au détriment des trains circulant sur des petites et moyennes lignes.

Quand on achète son billet de TGV, on à l'opportunité de choisir le type de rame dans laquelle on souhaite monter (simple, duplex, couchette, avec récemment l'arrivée du wifi et de rames "discothèque" sur des longs trajets de nuit...etc.). Mais lorsqu'on prend un ticket-billet TER, il est rare de pouvoir connaître à l'avance le genre de rame que l'on va prendre pour voyager.

Ceci est d'autant plus dommageable que certaines lignes TER offrent désormais un confort supérieur à celui des TGV accessibles dans notre région. Quoi qu'il en soit, mieux vaut tomber sur une rame de Transport Express Régional récente sous peine de crispation, de fatigue et d'énervement.

Notes

[1] en photo, l'intérieur d'un compartiment


24

01

2008

La place Sainte-Claire se transforme le dimanche en zone de stationnement

halles grenoble circulation Il y a environ 15 jours, je décide d'aller me promener au centre-ville de Grenoble, du côté de la place Sainte-Claire et de son marché des Halles pour y acheter un demi poulet, quelques fruits et légumes, juste avant de monter en station pour faire du ski en famille.

Arrivé sur place et à pied sur les coups de 9h45 ce dimanche matin, j'entame mes petites emplettes dans l'enceinte du marché des Halles pour nous ravitailler de produits frais. Dehors, la population Grenobloise se réveille à son rythme et arrive petit à petit sur ce lieu convivial [1] pour prendre un café au soleil sur la place, proposer quelques tracts de campagne municipale aux passants ou faire son marché.

Il est environ 10h30 au moment où je termine mes achats. Je sors des Halles Sainte-Claire par la porte principale, face à la ligne du tram B et là, je m'arrête sur l'une des marches du petit escalier.

Immédiatement, je suis stupéfait par ce que je constate sur les lieux : en l'espace de 3/4 d'heure, la douceur de la place Sainte-Claire avait complètement disparu.


Le souk de la place Sainte-Claire


Des véhicules garés de partout et n'importe comment, collés les uns aux autres, stationnant sur les pavés.

Une file entière de voitures formée tout le long de la voie du tram B, empêchant partiellement ce dernier de passer à son allure habituelle et l'obligeant à fortement ralentir. Des 4x4 citadins [2] garés sur les trottoirs devant le bureau de tabac, l'entrée de l'Office du Tourisme ou placés le long de la rue derrière la Poste.

Sur la place et ses proches alentours, la situation décrite n'émpêche pas d'autres véhicules d'arriver le long de la voie du tram A et B derrière l'Office du Tourisme de Grenoble . Une queue formée par le flot de véhicules depuis l'entrée du parking souterrain.

Un vrai bordel.


Analyse de la situation


Si on tente d'analyser la situation, on se rend compte très vite que les habitants viennent en grande majorité stationner temporairement sur la place pour effectuer leurs achats ou se donner tout simplement rendez-vous avec des amis sur la place... au soleil.

Le dimanche matin, la place Sainte-Claire devient une étape, un lieu de passage de convenance qui doit les mener ailleurs ultérieurement. Ce qui permet de penser qu'en ce jour de repos hebdomadaire, le tramway n'est pas le moyen de transport le plus adéquate pour les Grenoblois qui souhaitent rapidement y faire une halte, puis quitter la ville.

Vu le nombre important de véhicules garés, tout porte à croire que ce stationnement sauvage est "quasi toléré" et qu'il n'entraîne aucune gêne particulière pour les conducteurs. Je n'ai pas relevé de contraventions déposées sur les pares-brise des véhicules, ni de contrôle en particulier.

En ville, dans les mentalités urbaines, la voiture reste toujours le moyen de transport privilégié pour aller vite, se rendre rapidement d'un point à un autre et se diriger vers d'autres destinations, notamment lorsqu'il s'agit de quitter sa commune.

Force est de constater qu'il reste encore beaucoup de chose à faire et à proposer aux habitants en matière de transport pour déroger à la situation. Pour le moment, je ne vois pas comment la place peut retrouver sa douceur et son équilibre.

Notes

[1] pour combien de temps ?

[2] voir ma photo


27

12

2007

Mieux vaut écouter de la musique avec son baladeur numérique dans le tram

tram grenoble Pour de nombreuses personnes, le passage régulier du tramway produit de nombreuses nuisances récurrentes à Grenoble , au quotidien.

En centre-ville, de nombreux habitants font régulièrement part de leur mécontentement et se regroupent en collectif.

Il y a un an, je relevais dans un billet quelques plaintes et désagréments pour pollution sonore au coeur de la ville et le jeu de Ping Pong qui s'opérait entre les collectivités concernées.


Nuisances sonores en extérieur


Certains trams A et B arrivent à produire une nuisance sonore proche de 75 décibels lorsque certaines rames de première génération circulent sur des portions de voies courbées. Fort grincement aigu des roues au contact de la voie, augmentation régulière des "gongs" destinés à avertir les piétons peu attentifs aux passages du tram...

Certains bâtiments ont le plancher et les murs qui vibrent en moyenne toutes les 6 minutes. La vibration est d'autant plus forte lorsque deux tramways se croisent. On peut aisément s'en rendre compte lorsqu'on se rend au marché des Halles, dans le hall de la Maison du Tourisme ou que l'on assiste à une réunion dans son auditorium.


Nuisances sonores en intérieur


Mais depuis quelques mois, je constate régulièrement une augmentation du niveau sonore à l'intérieur des rames.

A commencer par le volume trop élevé du "gong" et de la voix féminine annonçant en moyenne toutes les 30 secondes le nom du prochain arrêt et la liste des numéros de lignes connexes. Ajoutons également le fameux grincement récurrent des roues au contact de la voie qui s'entend bien évidemment à l'intérieur des compartiments.

Sans oublier de mentionner l'extraordinaire cacophonie ambiante [1] produite par le "pliage des accordéons" reliant deux rames et dont le volume sonore est tellement élevé et stressant qu'on a qu'une envie,... c'est de descendre du tram.

La semaine dernière, je n'ai pas pu m'empêcher d'enregistrer ce "Concerto strident en Si aigu pour deux rames" (monter le son).

C'est carrément... insupportable :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Désormais, quit à m'isoler, [2] je prends le tram en écoutant de la musique avec mon IPOD ou mon N95. A Paris, la régularité du niveau sonore produit par le Métro ou le RER permet de lire un livre ou un journal.

A Grenoble, dans le tram, je n'y arrive pas.

Notes

[1] certainement

[2] on ne peut pas dire que la discussion soit de rigueur dans le tram


13

12

2007

Une Lamborghini devant le marché de Noël à Grenoble : le ridicule ne tue pas

lamborghini grenoble Grenoble n'est pas Paris. Grenoble n'est pas Cannes, Monaco ou Monté-Carlo.

Pourtant, il faut bien l'admettre, Grenoble n'est pas une ville où l'on écoute régulièrement le ronronnement de belles voitures de marque, aux formes allongées, épurées... mais plutôt une commune où l'on croise allégrement de charmants 4x4 descendant des premières hauteurs de l'agglomération.

Mercredi 12 décembre 2007, je sors de la Fnac avec mes enfants et m'apprête à longer la voie du tram en direction de la Maison du tourisme. Mon fils aîné me fait remarquer, dans le verbe "Dis papa, regarde là bas, on dirait une Lamborghini comme celle que tu m'as offert(e) dans ma chambre à mon anniversaire (...) t'as vu papa, c'est la même (...) allez papa, viens, on va la voir là bas... allez, s'il te plaît..!".


Apprivoiser temporairement une parcelle du territoire


En dehors de la perspicacité juvénile et visuelle de mon fils [1], la première chose qui m'a attirée n'est pas le stationnement de cette Lamborghini au profil distingué [2] mais l'attroupement humain suscité par la belle.

Force est de constater que ce genre de modèle attire toujours l'attention des passants, d'autant plus facilement lorsque son heureux propriétaire décide de la stationner au beau milieu d'un passage piétions, sur une place piétonne, à l'entrée du marché de Noël, à deux pas des commerçants, juste devant de gros containers à poubelle.

Quand on sait que la plupart du temps, son heureux conducteur n'a que faire des éventuelles contraventions.

Je suis fasciné [3] par cette détermination qui consiste à exposer une voiture de luxe dans une zone non prévue à cet effet devant des passants qui ne pourront certainement jamais se payer ce genre de véhicule haut de gamme.

J'adore cette exubérance, ce décalage et cette volonté d'apprivoiser temporairement une parcelle du territoire public. J'adore ce côté "has been". J'adore cette projection naïve et cette manière de paraître, de s'afficher devant le plus grand nombre. J'ai toujours apprécié une part infime d'égocentrisme quand il mène à construire quelque chose. Là, je ne vois pas grand chose qui aille dans ce sens.

Je suis fasciné par le ridicule. Pourtant, le ridicule ne tue pas. L'excès... oui, parfois.

Notes

[1] ses récentes lunettes fonCtionnent à merveille à ce que je vois :-)

[2] ma photo

[3] avec ironie :-)


28

11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


05

11

2007

Rocade Nord : rencontre avec Jean Cognet, militant contre le tracé proposé par le Conseil Général de l'Isère et initiateur de la variante "Cognet"

cognet rocade nord Après une consultation controversée dont les résultats ont largement plébiscité la construction de la Rocade Nord "pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain", le Conseil Général de l'Isère avance à grands pas dans la concrétisation de son projet.

Un projet "Rocade Nord" mené dans un contexte de polémique sur la synthèse de l'étude de modélisation du trafic [1] et qui s'appuie sur un tracé loin de faire l’unanimité.

Jean Cognet, architecte à l’initiative d’une étude alternative aussi appelée "Variante Cognet" a accepté de me recevoir afin d’exposer ses positions.


La défense du patrimoine


En guise d’introduction, il me rappelle l’histoire de Grenoble, ville frontière entre la France et le Duché de Savoie, fortifiée par vagues successives dont il reste aujourd’hui peu de vestiges : la poudrière Vauban , la Bastille et une partie des fortifications de 1884 situées à Saint Martin le Vinoux . Ce sont ces dernières, de même que la Casamaures, la Porte de France ou la Porte Saint Laurent, que mettrait en péril la future Rocade Nord.

Et c’est avant tout sur la défense du patrimoine que se positionne Jean Cognet, soutenu par plusieurs associations locales et nationales.

Sans rentrer dans la polémique "pour ou contre la Rocade Nord", Jean Cognet constate que le projet actuel, calqué sur une étude datant de 1964 alors que la ville était principalement étendue vers le Sud, n’est plus adapté du fait de son développement sur les deux autres branches de l’Y Grenoblois. Situé trop près du centre ville, le tracé actuel du CG38 passe dans des secteurs sensibles (hôpital de la Tronche d’un côté, Centre d'Etude Nucléaire et Minatec de l’autre) et menace les patrimoines bâtis, environnementaux et humains.


Interview de Jean Cognet, initiateur de la "variante Cognet"

Voir l'interview vidéo de Jean Cognet, vice-président de l’association Patrimoine et Développement, accordée à GreBlog :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Ecouter ou télécharger l'interview en podcast audio.


Les inconvénients du projet Rocade Nord proposé par le CG38


Jean Cognet pousuit en énumérant d’autres inconvénients de la solution retenue par le Conseil Général de l'Isère :

Inaccessibilité de la Rocade Nord aux véhicules de plus de 2 mètres, ce qui pose notamment la question de l’accès des véhicules de secours en cas d’accident.

Un tracé courant le long de l’Isère au niveau de la Tronche, passant à 3 mètres en dessous du sol alors que le niveau de l’eau se situe à 1 mètre, avec risque d’inondation du tunnel et des travaux difficiles et couteux.

Des expropriations rendues nécessaires par ce tracé très urbain, dont le coût n’a semble-t-il [2] pas été pris en compte par le CG38 dans les 580 millions d’euros annoncés pour le projet.

A ce tracé, l'équipe de Jean Cognet opposent un projet plus excentré [3], composé de trois tunnels sous la Chartreuse . Ce tracé partirait de l’A48 au niveau de Saint Egrève pour arriver au niveau du raccordement entre la Rocade Sud et l’A41 .


Présentation générale de la "variante Cognet"

Insérer photo de la carte Un projet présenté à tord par le Conseil Général de l'Isère comme "deux fois plus long et deux fois plus cher" dans le document d’accompagnement de la consultation sur la Rocade Nord .

Car si la "variante Cognet" [4] est en effet beaucoup plus longue, son coût de mise en œuvre devrait en revanche avoisiner les 700 millions d’euros, grace à une réduction des travaux routiers et à la réutilisation des matériaux extraits du tunnel pour la fabrication de ciment. La solution proposée aurait en outre l’avantage de créer un véritable périphérique qui éviterait les zones sensibles et serait accessible aux poids lourds.

Autant d’arguments en faveur d’une étude plus détaillée de cette variante pour en affiner les paramètres et proposer un véritable choix. Ce que se refuse à faire le CG38 depuis 2004. Et lorsque je l’interroge pour connaître les raisons de ce choix du CG38, Jean Cognet, se refusant à rentrer dans des considérations politiques, me laisse tenter seule, de répondre à cette question.

Un début d’explication se trouve peut-être dans la présentation ce vendredi 19 octobre au Conseil Général du plan métropolitain de déplacement intégrant le réaménagement complet de la presqu’île Grenobloise [5]. Un projet tenu secret jusque là mais qui justifierait bien l’intérêt de faire partir la Rocade au niveau du polygone scientifique : un passage obligé pour les automobilistes et une formidable vitrine pour Grenoble ! Le texte doit être présenté le 9 novembre 2007 au vote des conseillers généraux.

Faut-il en déduire que les jeux sont faits ?

Pas sûr, car dans le même temps, André Vallini , Président du Conseil Général de l'Isère annonce le lancement d’une concertation de 6 mois sur le sujet de la Rocade Nord. De leur côté, les opposants au projet actuel ne sont pas inactifs. Le maire de Saint Martin le Vinoux, Yannick Ollivier, sollicite l’aide des politiques tels que Jean-Louis Borloo , ou Corinne Lepage . Au moment de nous quitter, Jean Cognet m’assure que des actions seront menées à tous niveaux par les associations de défense du patrimoine.

Les Grenoblois n'ont pas fini d'entendre parler de la Rocade Nord !

Notes

[1] voir articles du DL des 18 et 20 octobre 2007

[2] le détail de la composition des 580 millions d’euros n’a pas été communiqué par le CG38, malgré les demandes de M. Cognet et son équipe

[3] La brochure de l’association Patrimoine et Développement sur le projet de Rocade Nord est consultatble en ligne (à la fin du bulletin de mars 2006)

[4] télécharger ou lire la carte du projet Cognet ici

[5] voir article des affiches Grenobloises du 26 octobre


15

10

2007

Boulevard Jean Pain, 27 minutes pour faire 700 mètres en voiture

jean pain Vendredi 12 octobre 2007 en fin d'après-midi, je décide d'aller chercher mon fils à l'école. Je lui propose de l'emmener voir le match amical de football PSG - GF38 (3-1) au stade Lesdiguières à Grenoble. Par téléphone, le service billetterie du club grenoblois m'indique qu'il est préférable d'arriver tôt pour prendre les billets et pouvoir assister à la rencontre.

Cela fait longtemps que je ne prend plus mon véhicule pour me déplacer à Grenoble un vendredi soir. Plutôt que de prendre le bus, je souhaite néanmoins prendre ma voiture, pensant dans un premier temps que ce moyen de transport est le plus rapide.

Le match commence à 18h. Je pars de l'école à 17h05, remonte le boulevard Maréchal Leclerc, prends la voie longeant l'Isère et traversant l'extension du parc Paul Mistral. J'arrive à 17h08 au nouveau carrefour situé à l'angle du Stade des Alpes. Jusque là, on va dire... que tout va bien. Je souhaite me diriger boulevard Maréchal Joffre, place Gustave Rivet et descendre le cours de la Libération pour arriver au stade Lesdiguières situé au n° 126. Pour information, le site mappy.com indique qu'en toute logique, le parcours complet en voiture dure environ 8 minutes pour une distance approximative de 4 kilomètres.


Un bouchon quasi-incompréhensible, une circulation anarchique


Il est 17h09. Le feu passe au vert. Je tourne à droite, commence à descendre le boulevard Jean Pain (Mairie de Grenoble). Immédiatement, je me heurte à un bouchon dès l'entrée sur le boulevard. Il m'a fallu 4 minutes pour arriver au feu suivant, rue Haxo. Puis 7 minutes pour atteindre le feu place Paul Vallier. A partir de ce point, rien ne va plus.

Il m'a fallu 16 minutes pour faire 300 mètres et atteindre la place Pasteur puis le boulevard Maréchal Joffre.

A proximité du cinéma Nef Chavant, c'est l'anarchie totale en matière de circulation. La densité de véhicules est telle que les passages piétons ne permettent plus aux passants et aux poussettes venant du parc Paul Mistral de circuler [1]. On entend de nombreux klaxons. Dans les véhicules, les gens s'énervent fortement. Les bus tentent en vain de passer dans les deux sens. Pas moins de trois voies d'accès de véhicules se télescopent sur la place. Sans oublier le tram A qui bien malgré lui, essaye à son tour d'avancer lorsqu'il arrive au point de passage dans l'énorme embouteillage.

En tout, 27 minutes pour faire 700 mètres. Après quelques ralentissements anodins sur le reste du parcours, je suis finalement arrivé au stade... à 17h48.

Je n'ai jamais vu un tel bordel ambiant de circulation où différents types de transport se rencontrent au même endroit et tentent de circuler : voitures, bus, tram, vélos, motos, poussettes, piétons... Une synchronisation des feux absolument déplorable à cette heure de la journée qui ne régulent pas le flot de véhicules. Une circulation quasi incompréhensible et anarchique.


Mea-culpa


Prendre la voiture un vendredi soir dans l'agglomération au moment où de nombreuses personnes finissent leur semaine de travail pour rentrer chez elles n'est pas vraiment conseillé. Je reconnais que je n'aurai pas dû prendre ma voiture mais prendre les transports en commun. La ligne de bus n°1 est idéal et remonte le cours de la Libération. Elle dispose d'un arrêt juste devant le stade.

Malgré tout, certaines personnes n'ont pas d'autres choix que de se déplacer en prenant un véhicule. Elles se retrouvent souvent confrontées aux problèmes récurrents de circulation en ville. Depuis quelques temps, tout est fait pour privilégier les transports en commun, les modes doux et repousser une bonne partie de la circulation routière sur les principaux axes en dehors ou en bordure de Grenoble . Qu'il en soit ainsi. Admettons dans ce cas qu'il est vivement nécessaire de revoir la synchronisation de circulation de cette entrée en ville.

Notes

[1] Voir ma photo


28

08

2007

Rocade Nord : résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements

Rocade Nord Le résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements dans le cadre du PDU (2007 - 2012) est désormais connu.

Plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) étaient invités cet été à répondre au fameux questionnaire "Rocade Nord", accompagné d'une brochure explicative du CG38 intitulée "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", d'une enveloppe T et d'une notice explicative.

André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère, communique les résultats suivants : sur les 492 000 habitants concernés, 169 000 ont répondu soit un taux de réponse de 34,35%.

Concernant les chiffres de la consultation "Rocade Nord" :

  • Pensez vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit :

- indispensable : 82,1 %
- utile : 16,4 %
- inutile : 1,5 %

  • Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacement passe :

- par des aménagements routiers : 14,8 %
- par le développement des transports collectifs : 16,1 %
- par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs : 69,1 %

  • Pensez-vous que la réalisation de la rocade-Nord de Grenoble, pour réduire les "bouchons" et diminuer le trafic urbain, soit :

- indispensable : 58,7 %
- utile : 24,7 %
- inutile : 16,6 %

  • Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit :

- indispensable : 62,7 %
- utile : 34,2 %
- inutile : 3,1 %


Le document du CG38 en ligne mentionne (en rouge) un groupement des résultats obtenus en mettant en évidence la connivence des réponses possibles proposées dont je faisais précédemment écho dans ce billet.

Par ailleurs, le taux de réponse est conséquent. Il démontre l'intérêt et la primauté du sujet pour l'ensemble des habitants concernés. Au regard des résultats obtenus, l'ensemble des procédures juridiques, études de faisabilité et autres réalisations connexes dans le cadre du PDU devraient suivre son cours (écouter ou voir la vidéo de présentation).

De toute évidence, le CG38 marque quatre points.

Le premier, sur un plan exécutif, lui permet de conforter sa charge de maître d'ouvrage. Le second, sur un plan opérationnel, démontre que le projet peut devenir réalité, après des décennies de transitudes et de tergiversations. Le troisième, sur un plan politique, permet d'éviter une éventuelle opulence du débat au sujet de la "Rocade Nord" lors des prochaines élections municipales puisque qu'une partie des isérois concernés vient de s'exprimer. Le quatrième, sur un plan de communication, lui permet d'éviter de donner les résultats détaillés obtenus par ville ou par secteur, puisque celui-ci n'avait pas prévu initialement de les communiquer.

Sur ce dernier point, il est dommageable que le CG38 ne communique pas les chiffres détaillés définitifs obtenus par ville alors même que le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit. Pour le moment, la globalité du résultat et les pourcentages annoncés sont nettement moins intéressants que l'éventuelle pertinence de disparité des réponses obtenus... secteurs par secteurs !

En parallèle, GreBlog MonGrenoble mettait en ligne début juillet 2007 un sondage sans prétention avec une question simple. A ce jour, 346 personnes ont participé et répondu sur ce blog (une réponse possible par IP).

  • Etes-vous pour ou contre la réalisation du projet de Rocade Nord ?

- Je suis Pour : 43.9%
- Je suis Contre : 56.1%

Il est vrai que la manière de poser une ou plusieurs questions dans le cadre d'une consultation populaire sur papier ou sur la toile prend... toute son importance... au regard des résultats obtenus !


16

07

2007

ADTC : l'Association pour le Développement des Transports en Commun dit "non" à la Rocade Nord

L'ADTC, association militant depuis 1974 pour le développement des transports en commun, des voies cyclables et piétonnes dans la région Grenobloise, a lancé une campagne active contre le projet de la Rocade Nord et la "pseudo consultation" (en ces termes, sur l'un des nombreux tracts ADTC) du Conseil Général de l'Isère sur le sujet.



Peut-être avez-vous vu afficher au détour d'une rue ou sur un abribus une des affiches illustrées avec humour par Cléd'12 ? Elles sont en téléchargement sur le site de l'ADTC ainsi qu'un dossier spécial sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU), exposant les positions de l'association et ses propositions alternatives. Car si l'ADTC dit "non" à la Rocade Nord, c'est qu'elle craint un retour à une logique du "tout voiture" qui ne résoudrait en rien les problèmes de circulation actuels et engendrerait au contraire une augmentation du trafic général. Elle s'appuie notamment sur l'analyse du CERTU (Organisme d'études du Ministère français de l'Urbanisme) qui écrit : "il est maintenant établi que la réalisation d'infrastructures nouvelles génère systématiquement des besoins supplémentaires de déplacements et ne permet pas de résoudre la congestion".

Une analyse que ne partage pas le Conseil Général de l'Isère, qui dans le numéro d'été d'Isère Magazine, répond au travers de sa Foire aux Questions aux oppositions de l'ADTC : Non la Rocade Nord n'engendrera pas de trafic supplémentaire, "c'est la croissance de la démographie et des emplois qui engendre des besoins en déplacement supplémentaires".

Et lorsque l'ADTC alerte sur une probable "remise en cause de projets de transports en commun" pour cause de manque de financement, le CG38 semble lui répondre en assurant que le projet sera financé "pour au moins un tiers par des partenaires privés et à hauteur de 200 millions par le Conseil Général de l'Isère - qui a la capacité financière de poursuivre en parallèle ses efforts pour développer les transports en commun".



Pour l'ADTC enfin, la Rocade Nord est surtout une réponse inadaptée aux besoins en matière de circulation automobile dont une partie très importante concerne les déplacements pendulaires (domicile / travail ou études) internes à la région urbaine grenobloise. Une augmentation de l'offre de transports en commun et la facilitation des transports intermodaux (vélo + train, voiture + tram, etc.) permettrait de réduire le trafic automobile. A contrario, le Conseil Général voit dans la Rocade Nord un tremplin pour les transports en commun par le dégagement des voiries existantes pour faire de la place à de nouvelles voies réservées aux bus ou aux tramways.

Face à ces deux analyses, comment le citoyen peut se forger sa propre opinion ?

En vidéo, des éléments de réflexion au travers de l'interview d'Antoine Jammes, président de l'ADTC :


05

07

2007

Rocade Nord : consultation du Conseil général de l'Isère sur les déplacements, le questionnaire à remplir

Au moment où les élus du SMTC valident et entérinent le Plan de Déplacements Urbains (PDU) 2007 - 2012, un peu plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) sont invités cet été, et jusqu'au 11 août 2007, à donner leur opinion sur le projet de "Rocade Nord" soutenu par le Conseil général de l'Isère.

Le 28 juin dernier, en aparté de la réunion de présentation du projet (lire le billet), je rencontrais Max Lambert, chargé de mission et chef de projet "Rocade Nord" pour en savoir plus sur les rouages de cette consultation.

Au cours de notre discussion, ce dernier m'informe du coût et des modalités de l'opération. "Oui, je confirme (...) la consultation coûte un peu plus de 600 000 euros, majorée d'une dizaine de milliers d'euros supplémentaires en fonction du traitement et du nombre de réponses retournées (...) Le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit (...) Nous avons intégré un code composé de lettres sur chaque enveloppe pré-affranchie permettant à l'huissier de valider chacune des réponses retournées afin d'éviter la fraude" me confiait Max Lambert.

En début de semaine, j'ai reçu le fameux questionnaire "Rocade Nord". Une brochure explicative du CG38 "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", une enveloppe T, le questionnaire et une notice explicative.

Une réponse possible pour chaque question. Analysons-les en surface :

Question 2 : "Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacements passe : par des aménagements routiers, par le développement des transports collectifs, par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs ?

La dernière réponse reprend les deux premières en parlant d'amélioration et non plus de développement ! On sait qu'une majorité de transports collectifs circulent sur les aménagements routiers. Une partie de l'un ne va pas sans l'autre. Que doit-on comprendre exactement ? Bien vu la question !

Autres questions  :

Un choix de réponses identiques pour les questions 1,3, et 4. Trois adjectifs au choix, dont deux qui s'opposent littéralement par définition (utile, inutile), deux ayant une définition relativement homogène, proche et similaire (indispensable, utile).

Indispensable : dont on ne peut se passer (synonyme : essentiel, inévitable, obligatoire, primordial, vital)

Utile : qui rend un service (synonyme : bon, avantageux, efficace, opportun, pratique, salutaire)

Inutile : Qui n'est pas utile, qui ne sert à rien (synonyme : futile, accessoire, superflu, superfétatoire)

Question 1 : Pensez-vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", c'est qu'il ne connaît absolument pas Grenoble, sa région, ses difficultés intrinsèques et inhérentes de déplacements urbains depuis des décennies. La réponse "inutile" est inutile.

Question 4 : "Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", soit il refuse la communauté des transports publics, soit il récuse les services publics, soit il n'aime pas de se déplacer en présence d'autrui, soit il ne jure que par son véhicule personnel pour ses déplacements. Les habitués des modes doux au quotidien ne peuvent répondre "inutile" puisque la communauté de transports publics les aide à se déplacer.

Question 3 : "Pensez-vous que la réalisation de la Rocade Nord de Grenoble, pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain, soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Il s'agit de la question la plus orientée. Certainement celle qui intéresse le plus le CG38 et qui, par son affirmation, laisse les trois autres questions en arrière plan. Jeudi 28 juin 2007, Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements a retenu toute l'attention du public lors de sa présentation du projet "Rocade Nord" en soulignant quasi-furtivement "Si nous avions voulu résoudre les bouchons, c'est d'autres solutions (que la rocade nord) que nous aurions choisies". Je vous laisse méditer sur ces propos. La réduction des bouchons n'est donc pas une certitude, ni une fin en soi. Il a va de même pour la diminution du trafic urbain. En fin de compte, tout ceci n'est que probabilité.

La question 3 aurait du être posée vraisemblablement de la manière suivante, avec plus de simplicité, de clarté, moins d'affirmations et de suggestions.

Finalement, on peut s'interroger sur l'utilité de cette consultation en tentant d'analyser la chose autrement.

Si on tient compte des facteurs du projets et des modalités de la consultation : une consultation en été au moment ou les gens partent en vacances, une consultation qui n'inclue pas le choix d'autres projets de contournement routier de l'agglomération grenobloise, des questions-réponses un tant soi peu ambigües ou décentrées vis à vis du projet de "Rocade Nord", la déclaration d'André Vallini, président du Conseil général de l'Isère "Si la majorité des gens trouve cette réalisation inutile, nous ne la ferons pas", le coût élevé d'une consultation aux yeux de certaines personnes...

... on peut tout de même s'attendre a un résultat négatif. En exprimant une éventuelle opposition au projet dans le cadre de la consultation, en ne recevant pas un nombre de réponses escomptés en amont, les instances concernées et collectivités pourraient légitimer une hibernation du projet "Rocade Nord", le mettre en suspens durant une longue période, l'écarter des enjeux des prochaines échéances électorales et en profiter pour indiquer "les électeurs ont choisi... le projet n'est plus d'actualité" !...

Attendons avec intérêt le résultat de cette consultation !


02

07

2007

Rocade Nord : reunion publique à Grenoble avant consultation : surprenante assurance du Conseil général de l'Isère

Jeudi 28 juin, je me suis rendu au CRDP à la 8ème réunion publique organisée par le Conseil général de l'Isère. Une réunion d'information-débat destinée à présenter le "projet Rocade Nord" retenu par le CG38 dans le cadre du vaste plan de déplacements urbains (PDU), avant la consultation publique qui aura lieu cet été, du 25 juin au 10 août.

De nombreuses personnalités étaient présentes : Michel Destot, Geneviève Fioraso, Stéphane Gemmani, Christine Garnier, Hervé Gerbi, Gilles Kuntz, Jérôme Safar, Vincent Fristot, Gisèle Pérez, Marina Girod de l'Ain... également des représentants de tous bords, associations, unions de quartier, collectifs d'opposition au projet, alternatifs, GO Citoyenneté, ADTC, ADES, PS, PC, MODEM, UMP. Le sujet interpelle toutes les sensibilités...

Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements, Max Lambert, chargé de mission, chef de projet "Rocade Nord" et Jacques Chiron, adjoint à la mairie de Grenoble chargé des déplacements, président de la Semitag, présentent tour à tour dan un premier temps les détails du projet de contournement.

Puis, durant près de 2 heures, le public pose diverses questions aux principaux intervenants. En majorité, elles portent essentiellement sur une opposition au contournement urbain et la manière dont le Conseil général de l'Isère présente le projet de Rocade Nord. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le Marc Baietto et Max Lambert maîtrisent parfaitement leurs discours et le sujet principal. Habitués à répondre aux nombreux contradicteurs présents dans la salle, les orateurs démontrent à chaque instant une assurance déconcertante : études mesurées et qualitatives, projections de chiffres à l'appui, simulations de bureaux d'études, expertises et contre-expertises, exemples de situations vécues dans d'autres villes de part le monde, réponses franches et courtes adressées aux différents interlocuteurs démontrant une parfaite maîtrise des rouages du projet de Rocade Nord par les instances du Conseil général de l'Isère...

La contradiction est à peine relevée par les acteurs du projet. Le public tente d'apporter d'autres chiffres, de s'appuyer sur d'autres études, d'amener de nouvelles suggestions liées à des facteurs environnementaux, écologiques, économiques et sociaux... mais en vain. Les avis contraires soulevés sont pris en compte et sont brillamment contrecarrés par une démonstration aiguisée, une réponse à tout. Au cours de la soirée, je discute avec différentes personnalités n'ayant pas les mêmes affinités politiques. Le constat est le même : la plupart sont étonnées par l'attitude et l'assurance des orateurs. Certaines déclarent "De toute façon, c'est plié (...) La consultation qui va suivre cet été est légale, mais finalement, à quoi peut-elle bien servir (...) Les oppositions se sont affirmées ce soir, mais en face, ils sont forts... ils sont blindés".

En vidéo, la présentation du projet Rocade Nord :

En audio, l'ensemble du débat, toutes les questions du public et réponses des orateurs :

Fichier audio seul : Cliquez ici

. Auteur, Chrys, 81mn 44s.

Le sujet de la Rocade Nord fait débat depuis plus de 30 ans. De nombreux projets ou variantes ont vu le jour. Des associations émergent et revendiquent leur opposition au tracé, au principe de contournement. Des collectifs s'engagent pour sa faisabilité et sa réalisation. Depuis le désengagement de l'Etat, le Conseil général entend assurer la maîtrise de l'ouvrage, associé aux collectivités et si besoin au secteur privé. La notion de péage est envisagée. Le projet du CG38 est initialement estimé à 580 millions d'euros. En attendant, plus de 492 000 électeurs commencent à recevoir dans le cadre de la consultation sur le contournement autoroutier de Grenoble un questionnaire... durant l'été. Coût de l'opération : plus de 600 000 euros.


- page 1 de 5