04
08
2006
Hubert Dubedout en ville
En me promenant au centre ville de Grenoble, j'ai été attiré par une affiche devant la Fnac. L'image de Hubert Dubedout, ancien Maire de Grenoble, de 1965 à 1983.
Hubert Dubedout (1922-1986) fut l'un des plus grands Maire socialiste Français (1965-1983) et député de l'Isère (1973-83). A cette époque, Grenoble était un laboratoire en matière d'urbanisme, de mélange de populations et de mixité sociale. Période ayant permis à la ville de valoriser sa place et son image dans l'hexagone. Comme Michel Destot, amoureux de la montagne, l'ex-Maire qui initia en son temps une méthode originale de démocratie participative (les blogueurs locaux...aiment ce terme...) décéda il y a 20 ans, le 25 juillet 1986 à Chamonix. Je me souviens tout juste à l'époque. Ce fut un choc pour les grenoblois. Epoque à laquelle je commençais à forger mes premières opinions politiques.
L'initiative de la Mairie de Grenoble de commémorer la personne me paraît sympathique. Je n'aime pas du tout la photo choisie pour illustrer l'ancien Maire. Hubert Dubedout, en noir et blanc,.. mal rasé. Regard ni chaud...ni froid. Image peu valorisée... simple portrait posé. Mauvais point pour l'équipe de Communication de la Ville. Pourquoi constamment choisir le noir et blanc pour "se souvenir". Une photo couleur, du Maire en montagne, en action par exemple...aurait eu plus d'impact ! Dommage.
En attendant, quelle(s) trace(s) gardez-vous de ce Maire concernant la ville ?
Billet rédigé par [ chrys ]
vendredi 4 août 2006 à 18:20
dans la catégorie > [ A la Mairie ]
-
Lien permanent - 860 lecture(s)
Facebooker |
Ce billet est sous licence Creative Commons
Ce billet vous a plus ?
Abonnez-vous gratuitement au flux RSS du blog
Promouvoir ou bookmarker ce billet sur un digg-like






Vos Commentaires
(16)
Fil des commentaires de ce billet| Revenir au billet
Le niveau des contributeurs les plus actifs est indiqué entre parenthèses (Niv.1-9)
Quand je suis arrivé à Grenoble en 87, j'ai effectivement beaucoup entendu parlé de lui par des gens proche des socialistes ou pas d'ailleurs. Il a semble t-il marqué les esprits par ce que tu appelles le "laboratoire en matière d'urbanisme" et une certaine idée de la politique. Son aura a dépassé je pense, la seule zone géographique de Grenoble.
Dubedout a incarné l'urbanisme nouveau (villeneuve, arlequin...). Le renouveau de la ville comme vous le dites.
Maintenant, quand on voit ce qu'est devenu cette enorme quartier..
... vous allez voir Vigny Musset...dans 15 ans !
> En attendant, quelle(s) trace(s) gardez-vous de ce Maire concernant la ville ?
Je ne l'ai pas vraiment connu, j'avais 5 ans à la fin de son mandat!
Mais ce que je retiens de lui, c'est le retour du tramway dans notre ville.
J'ai un peu connu Hubert Dubedout. Je retiens de cet homme venu de la société civile, comme on dit, sa simplicité et surtout son honnêteté. Il a quitté Grenoble après avoir été battu aux élections municipales de 1983, très amer. Tout le monde lui tournait le dos "malheur au vaincu". Je ne suis pas sûre qu'il aurait apprécié un tel hommage de la ville à lauqelle il a beaucoup donné et dont si peu reçu.
Comme Sylvain, je me souviendrai du tramway dont il a lancé l'idée et les études et qu'un autre a réalisé...
je découvre cet homme avec ton article chrys, n'étant pas originaire de l'isère, je ne connais pas bcp des hommes qui ont fait Grenoble !
mais si tout ce que tu dis ets vrai, je ne pense pas qu'un tel hommage lui fasse plaisir... ah tétais né en 86 toi ? LOL
Dubedout était un maire froid, distant, réfugié dans les beaux quartiers de Meylan (la résidence extrème-bourge de Saint Mury). Bref il a surtout inventé le bobo avant l'heure.
Quels sont les exemples de réussite d'aménagement de la ville qu'il a légué ? La Villeneuve que peu de gens choisissent d'habiter et qui a pourtant englouti tous les efforts financiers de la ville pendant de nombreuses années ? Le déplorable tronc-commun des bus qui traversaient l'avenue Alsace Lorraine de part en part avant que son successeur ne parvienne à débloquer de façon habile la question du tramway ?
Dubedout c'était le Poma 2000 (projet avorté de transport en commun), c'était un centre ville hideux qui colle encore de nos jours à la réputation de Grenoble, c'était des initiatives dirigistes comme CLAIRE (un minitel dont le contenu était conçu et programmé par les autorités municipales), c'était une communication digne des pays de l'Est. La plupart des équipements qui font Grenoble aujourd'hui sont le fait de son prédécesseur et de son successeur. Il n'a fait qu'hériter du boom des JO de Michalon et a dormi jusqu'à Carignon.
Pour qui a connu Grenoble à son époque, la bouffée d'air frais apportée par la municipalité qui lui a succédé n'était pas virtuelle. Ne vous laissez pas prendre aux sirènes de la nostalgie que l'on nous présente aujourd'hui.
Il ne faut pas blamer un disparu qui a sans doute agi en fonction des circonstances, mais il ne faut pas non plus lui tresser une couronne de lauriers trop large pour sa tête.
Moi je trouve que c'est une bonne idée de célébrer les hommes politiques qui ont marqué la ville. (même si je me doute que les mairies de gauche célèbrent leurs prédecesseurs de gauche, et celles de droite leurs prédécesseurs de droite).
J'espère que la mairie fera quelque chose pour les 100 ans de la naissance de Pierre Mendès France, l'an prochain
Philippe > merci pour ces infos ; j'apprends des choses (à prendre ou à laisser :-) !
J'ai vu effectivement l'affiche. je l'aime pas moi non plus. Dubedout, son image est trop liée à la Villeneuve. Un époque ou Gre s'est etendu trop vite ?
Quand on voit ce que fait en ce moment Montpellier !
GreBlog ne prend pas de vacances ?
Je persiste et signe :-))
Je préfère un maire froid (ce qu'il n'était pas pour qui le connaissait, paraît-il) et honnête à un maire chaleureux, près du peuple, qui a vendu l'eau de la ville au privé et fait d'autres entourloupes aux grenoblois (je ne parle pas du maire actuel, qui en fait d'autres...), comme vouloir sucrer les subventions pour les MJC par exemple.
Quand il a été élu, je crois que Dubedout a déménagé pour habiter pas loin de la Mairie (je crois...)
La Villeneuve est dans le droit fil de ce qui se faisait à l'époque, et bien des gens de gauche qui crachent dessus maintenant y ont habité. Il faudrait savoir pourquoi La Villeneuve est devenue ce qu'elle est actuellement, alors qu'elle a été un laboratoire de la vie associative et culturelle d'un quartier (maison médicale, espace 600, bibliothèque bien fournie, et plein d'associations)
Je rejoins l'idée de Vinz, j'aimerais qu'il y ait quelque chose pou les 10 ans de la naissance de Pierre Mendes France.
Chrys, je suis content que tu parles de ces affiches, voilà quinze jours que j'en vois et ça me met en rogne.
Je dénoncerais plutôt cette tendance de M. Destot de vouloir tout se réapproprier. Je suis désolé, ces affiches (car il n'y a pas que ce portrait, il y en a d'autres) sont mal venues et servent plus la propagande qu'autre chose.
M. Dubedoux a peut être marqué les esprits, vouloir lui rendre hommage est une chose... payer une campagne d'affiches publicitaires dans toute la ville aux frais du contribuable en est une autre.
J'en rajoute un peu : si M. Destot aime tant M. Dubedoux, c'est que son électrorat préféré habite Villeneuve, mais là je m'emballe...
> Le déplorable tronc-commun des bus qui traversaient l'avenue Alsace
> Lorraine de part en part avant que son successeur ne parvienne à
> débloquer de façon habile la question du tramway ?
> Dubedout c'était le Poma 2000 (projet avorté de transport en commun)
Il y a quelques méprises sur cette question qe je connais bien :
le Poma 2000 et ce genre d'engins futuristes, c'était la mode à l'époque. Il fallait faire quelque chose pour les transports en commun, mais le tramway était encore perçu comme un moyen ringard, du passé. Il fallait du progrès. L'ADTC, créé en 1974, s'est justement constituée pour promouvoir le tramway au lieu du Poma 2000.
Le Tronc Commun a été mis en place le 1/1/1975, dans le but de faciliter les correspondances. Les nombreux plans de circulation des années précédentes avaient rendu la vie difficile aux bus, avec la mise en place de sens uniques.
Un spécialiste des transports en commun de Grenoble considère 1981 comme l'an 1 du tram moderne dans notre ville : c'est l'année où le SMTC? le SIEPARG (ancetre de la Métro) et le CG38 votent pour le tramway.
Carignon, son opposant aux proches élections voulait un référendum, Dubedout voulait le tramway ("Gouverner, c'est prévoir"). Carignon gagne en 1983 et organise son referendum, où le Oui l'a emporté de justesse (53%) grâce à l'action d'information des associations locales.
Le tramway a été inauguré le 5 septembre 1987. Ce n'est pas en 4 ans qu'on construit un tramway.
Le tramway à Grenoble, c'est Dubedout. D'ailleurs, la station "Maison du Tourisme" a été rebaptisée en 1996 "Hubert Dubedout". C'est pas pour rien.
(et un petit lien pour de plus amples informations : standard216.free.fr/dossi... )
Oui le Poma2000 était à la mode (encore que), mais céder à une mode sans suite n'est pas le plus bel exemple de gestion de la ville.
Le Tronc Commun avait sans doute été mis en place pour améliorer tant bien que mal le réseau de transport, il n'empêche qu'à cette époque l'avenue Alsace Lorraine était constamment occupée par des bus en file indienne. Il était difficile de traverser et on se prenait une bouffée de gaz d'échappements en approchant du trottoir. Je passe sur les façaces noires des batiments alentours.
Le tramway avait été imaginé avant Carignon en effet, mais il ne pouvait se faire car il y avait l'opposition des petits commerçants qui n'en voulaient pas. Carignon, a eu l'habileté politique de soumettre la question au vote des grenoblois (une attitude que l'on aimerait bien voir reconduite de nos jours sur d'autres dossiers) afin de trancher la question. C'est cette décision, portée par un candidat, a priori du coté des anti-tramway, qui a permis de le construire et de débloquer la situation. La municipalité Dubedout était tentée de passer en force, un peu à la manière dont on traite aujourd'hui les dossiers d'aménagement.
Quant à la station "Dubedout", je ne vois pas en quoi cette décision de la municipalité prouve quoique ce soit quant à la parternité du projet. Les succès ont plusieurs pères, les échecs sont orphelins. Notons au passage l'ambiguïté avec la place Dubedout (baptisée par Carignon en hommage à son prédéceseur) qui se trouve assez loin de l'arrêt de tramway.
"Oui le Poma2000 était à la mode (encore que), mais céder à une mode sans suite n'est pas le plus bel exemple de gestion de la ville."
En quoi H. Dubedout a cédé à une mode,
à ma connaissance aucun métre de poma 2000 n'a été installé sous Dubedout à Grenoble,
on peut donc difficilement lui faire le reproche et
d'avoir mal géré la ville !
"La municipalité Dubedout était tentée de passer en force"
400 grenoblois visitant Zurich et son tramway
en Décembre 1982. Si ce n'est pas de la concertation,
je me demande ce que c'est.
Quant au Référendum, je veux bien mais
à condition que l'on mette tout sur la table
comme par exemple pour la rocade nord,
la droite à Grenoble en réclame un sur ce sujet,
ok mais a ce moment-là, il faut alors
2 choix et non oui ou non à la rocade nord
pour les 700 millions prévus actuellement
pour la rocade nord :
- la rocade nord ou
- le tram D prolongé à Meylan d'un coté et à Seyssins
par Grand-place de l'autre + tram E jusqu'au Fontanil voir Voreppe + tram A prolongé à Sassenage d'un coté à Pont de Claix de l'autre + tram-train vers Vizille/Vif et Crolles +
ligne 1 en trolleybus grande capacité
Le Poma 2000 n'était pas une mode au sens propre du terme. C'était un état d'esprit de l'époque, tout comme à l'époque de Pompidou l'esprit c'était d'adapter la ville à la voiture.
Le tronc commun n'était certainement pas la panacée, mais c'était une solution permettant d'améliorer le réseau bus. Et sa saturation a déboucher sur le tramway. Mais Dubedout était persuadé qu'il fallait le faire. Si le referendum avait donné un résultat négatif, c'est une batterie de 25 trolleybus articulés qu'on s'appretait à acquérir.
Bon, on ne va pas refaire l'histoire, mais associer Dubedout au tronc commun et au Poma 2000, et Carignon au tramway, c'est très injuste. Comme tu dis, les succès ont plusieurs pères.
Pour l'histoire de la station rebaptisée : certes, c'est un choix de la municipalité actuelle, ca ne prouve rien. Mais on n'aurait pas donné son nom à la station la plus fréquentée du réseau s'il n'avait pas joué un rôle important dans le retour du tramway.
Dire que Carignon faisait partie des anti-tram est un euphémisme. Il a d'ailleurs reconnu publiquement, depuis, son erreur et les avantages apportés par cette solution.
Son objectif référendaire était d'enterrer le dossier définitivement, ne soyons pas naïfs.
Quand à l'Arlequin, pour y avoir vécut 15 ans (je pense que c'est significatif, de 1980 à 1995 environ), je peux vous dire que la catastrophe date du milieu des années 80. Lorsque l'attribution des logements a fait l'objet d'un rapprochement avec l'origine des familles, il était inévitable que le repli communautaire s'y impose. Sans parler de l'arrêt brutal de la vie culturelle. Agressions, fuite des petits commerçants, on connaît la suite.