J'ai fais un petit tour lundi soir à 17h30 au Conseil Municipal de Grenoble. Je pensais rester 1h... je suis resté écouter les débats, délibérations, amendements... jusqu'à 23h30. Je dois dire que je n'ai pas été déçu par l'ambiance, le fond et la forme. Je ne m'attarderai pas dans ce billet à développer le fond. Je préfère m'intéresser dans un premier temps à la forme et à l'ambiance.

Arrivé à 17h30, je fus surpris par le faible nombre de personnes venues écouter les débats. La grande salle du Conseil Municipal de Grenoble permet d'accueillir tout au plus 40 places assises pour le public. Progressivement, les places furent prises en soirée en majorité par des personnes de plus de 50 ans. Très peu de jeunes. A chaque arrivée, les élus ont tendance à observer discrètement qui arrive dans le public. C'est amusant !

L'ambiance est studieuse. Le Maire de Grenoble pilote les débats. Son micro est allumé en quasi-permanence. Chaque élu active manuellement son micro pour s'exprimer. Certains oublient de l'activer, de l'éteindre, ou on du mal à appuyer sur le bouton. Une lumière rouge indique à l'assemblée qui prend la parole.

Il y a une chose que je n'arrive pas à comprendre : pratiquement aucun orateur ne se présente avant de parler. Son appartenance à un groupe politique est à peine mentionnée. Le public est quasi-invité à deviner qui s'exprime et à découvrir le placement des groupes. En raison de la répartition des places, j'ai mis un certain temps à cibler les élus de la majorité et ceux de l'opposition. Afin de respecter le public, il serait bon que les orateurs se présentent eux-mêmes avant chaque intervention, ce qui éviterait au Maire de le faire en mode "court".

Concernant l'ambiance générale, elle est amusante : certains élus dorment. Baillent. Lisent les journaux. Discutent deux par deux en chuchotant pendant qu'un orateur prend la parole. On entend parfois des mobiles qui sonnent. Toutes les 3 minutes, un élu sort, rentre dans la salle. Parfois, il s'agit du même, virevoltant comme un girouette d'élus en élus. Chaque orateur a devant lui une pile de documents dépassant parfois les 20 cm de hauteur. Plus le temps passent, plus les élus se distinguent dans leur intervention par des petites attaques, des rappels de procédures, des citations alambiquées, des moqueries, des situations coquasses...

Après quelques heures de débat, la fatigue s'installe. Le Maire de Grenoble décide énergiquement d'activer la séance pour parvenir à procéder parallèlement aux votes des amendements. Quelques mots magiques font leur apparition dans les débats. DM1, NPPB, NPPV, SRU, PDU, GMCD, APS, APOGD, offre TR, le TH... Pour le public, c'est très clair !

J'ai apprécié la clarté avec laquelle le Maire de Grenoble a évoqué les éléments du dossier du PDU (plan de déplacements urbains) concernant la rocade nord, avec vivacité et fermeté. Dossier sensible. Tout le monde était à l'écoute. C'est là notamment ou les choses deviennent vraiment intéressantes : vidéo projection des éléments du dossier, budgétisation, tenants et aboutissants, planning, participations des entités, avantages et inconvénients mis en valeur...

J'en ai profité pour discuter avec des élus de la majorité et de l'opposition. A la pause (23h20), je suis invité au buffet des membres du Conseil Municipal. Je reste 5 mn. Fatigué par ma journée, je décide de rentrer chez moi.

Pour conclure sur la forme, un bon orateur, quelques soient son appartenance et ses idées, stimule les débats et permet d'éviter un relâchement auditif général. Certains élus devraient faire l'effort de s'exprimer en 4 ou 6 minutes, grand maximum. Je suis persuadé que le Conseil Municipal pourrait diviser son temps de session par deux !