Le procès de Marc Cécillon s'ouvrira lundi 6 novembre devant la cour d'assises de l'Isère. Il est emprisonné depuis août 2004 à la suite du meurtre de son épouse, Chantal. D'ores et déjà, l'entourage du joueur et toute la ville de Bourgoin vivent à l'heure de ce procès.

Par un cruel concours de circonstances le XV de France, dont il a été le capitaine valeureux, sera dans le voisinage. Puisqu’il reçoit cette semaine là, samedi 11 novembre, à Lyon où est emprisonné Marc Cécillon, les All Blacks de Nouvelle Zélande. Depuis deux ans qu’il est en détention préventive combien de ses anciens dirigeants qui l’ont fait membre du Comité Directeur de la Fédération et membre d’honneur de Bourgoin, combien de ses anciens partenaires en équipe de France qui se sont amusés de le voir acheter un révolver 357 Magnum lors d’une tournée du XV de France en Afrique du Sud, ont demandé à lui rendre visite pendant sa détention préventive ?

Je n'écris pas cela pour juger Marc Cécillon. Ce qu'il a fait est horrible, tout le monde en convient et la justice française est là pour faire son travail. Il mérite d'être condamné, et seul les jurés décideront de la lourdeur de sa peine. Mais j'aimerais que derrière cet évènement certaines personnes dans les hautes sphères rugbystiques se posent la question de savoir si ils ont tout fait pour que cela n'arrive pas. Un de ses anciens coéquipiers à Bourgoin à dit sur France 3 qu'à cette époque, quand un joueur arrêtait sa carrière, on lui donnait un bar ou un bureau de tabac et tchaô l'ami. La reconversion n'était pas prèvue dans le plan de carrière.

Ce sport, qui s’attache tant aux valeurs de l’amitié, de la solidarité, de l’assistance, a-t-il maintenu contact avec Cécillon le meurtrier ? Personne n'a les réponses à ces questions. Mais quelque chose nous dit que pendant le procès, c’est aussi la famille du rugby qu’on jugera.