La campagne pour les élections législatives de juin 2007 est belle et bien lancée depuis septembre 2006 et se durcit depuis le début de l'année.

Après le sondage CSA / Dauphiné Libéré commandé par le PS en 2005, le sondage IFOP / Dauphiné Libéré du 19/09/06 commandé par Max Micoud (Grenoble est à vous) qui avait alimenté les premières intentions de vote pour les candidats "officieusement déclarés" sur la 1ère circonscription de l'Isère, voici qu'un autre sondage IPSOS / Dauphiné Libéré commandé par l'UMP relance les hypothèses de résultats au premier et second tour des législatives.

Ce nouveau sondage fait apparaître qu'au premier tour, Geneviève Fioraso (PS) obtiendrait 31% des voix, Alain Carignon (UMP) 23%, Richard Cazenave (Divers Droite ? UMP ?) [1] 15%, Philippe de Longevialle (UDF) 10%; Marie-Odile Novelli (Les Verts) 10%, Hugues Petit (FN) 6%, Michel Vannier (PC) 3%, extrême gauche 2%.

Dans l'hypothèse d'un duel Alain Carignon (soutenu par les électeurs de droite) / Geneviève Fioraso (soutenue par les électeurs de gauche), celle-ci l'emporterait au second tour avec 52%. Autre hypothèse similaire groupée entre Richard Cazenave et Geneviève Fioraso, cette dernière gagnerait également l'élection avec tout juste 51% des voix.

Interviewé sur France 3 la semaine dernière, Alain Carignon déclarait : "Ce sondage signifie une progression depuis 2 ans incontestable (...) qu'il y a encore du chemin à faire (...) l'échange que j'ai avec les habitants (...) porte ses fruits (...) ce que j'entends, j'en tiens compte, c'est l'étape de la réconciliation, il y a encore beaucoup de chemin à faire et que j'ai besoin du soutien de Richard Cazenave pour gagner".

Pour sa part, Richard Cazenave mentionnait : "Le seul résultat de ce sondage, c'est de démontrer une fois de plus que le candidat Carignon, c'est le candidat qui perd à tous les coups et qui fait perdre son camp (...) Monsieur Carignon ferait mieux de se retirer".

Selon Philippe de Longevalle, "Le sondage (...) c'est fait par un parti pour un parti (...) les soutiens de l'UDF à l'un ou à l'autre ne sont absolument pas acquis aujourd'hui surtout dans ces circonstances ou l'on voit bien qu'on manipule l'opinion publique à tour de bras".

Lors de mon interview de Geneviève Fioraso, celle-ci avait entre autre mentionné qu'elle escomptait être portée par l'éventuelle victoire de Ségolène Royal à la présidentielle et qu'elle laissait la droite se diviser.

Au regard de ce sondage, je pense que le résultat de l'élection présidentielle influencera les électeurs, non pas au premier tour des législatives (vote pour une personnalité) mais au second tour (vote pour un parti, une étiquette). Le report des voix de l'UDF sera déterminant. Quand on voit la fiabilité des sondages politiques de premier plan au niveau national ne correspondant pas toujours aux résultats officiels obtenus (avril 2002), doit-on encore commander une enquête d'opinion sur un échantillon représentatif de la population au niveau local ? Ce sondage politique de popularité, soumis à une logique de presse qui privilégie l'actualité au détriment d'une présentation des éléments de fond... est une arme politique... à double tranchant !

Notes

[1] rectifié !