Mardi 21 février 2007, le Dauphiné Libéré publiait en page 6 un état des lieux du patrimoine de certains élus et des principaux candidats déclarés sur quelques circonscriptions de l'Isère en vue des prochaines élections législatives 2007.

En introduction, le DL rappelle la règle en matière de déclaration de patrimoine et signale que "ce n'est qu'une fois élus qu'ils doivent faire une déclaration à la commission pour la transparence financière de la vie politique mais cette déclaration n'est pas publique". Le patrimoine, c'est une chose : la répartition des revenus en est une autre !

Parmi les 25 personnalités interrogées (sénateurs, candidats sortants ou déclarés...), seuls le député-maire de Grenoble, Michel Destot et André Vallini, président du Conseil Général de l'Isère ont préféré ne pas participer à cette "enquête".

D'un premier abord, on peut être étonné par ce refus de déclarer son patrimoine. Nous le savons tous : nous (les français) n'aimons pas parler de nos salaires, de nos gains, de nos impôts, mais aimons plus facilement indiquer indirectement à autrui notre réussite en communiquant sur la partie de notre patrimoine la plus visible (habitation, voiture...). Les questions du DL portaient en majorité sur le patrimoine immobilier, les revenus et la voiture. Tant que les principaux revenus déclarés "coïncident" sans encombre avec la voiture et l'habitation (les biens en apparence)... une certaine logique subsiste ! Au final sur 23 personnes, une seule (le sénateur-maire d'Autrans Jean Faure) déclare payer l'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF).

Mettons-nous à la place du lecteur du journal : découvre t'il une nouvelle sphère d'élus ou candidats qui ne nous ressembleraient pas au point de révéler éventuellement quelque chose d'inattendu au grand public ? Sur le plan relationnel, le déficit d'affection des citoyens avec ses politiques incite nos représentants à jouer la carte de la transparence et à communiquer des éléments... que beaucoup connaissent déjà. Notons que ces personnalités ont communiqué ce qu'elles souhaitaient mentionner en la matière. Finalement, elles ont peur d'entendre le citoyen imaginer qu'elles sont susceptibles de s'enrichir en faisant bien évidemment... de la politique !

La clé de voûte est la confiance que nous accordons ou non à nos politiques dans l'accomplissement de leur(s) mandat(s). Si Michel Destot n'a pas souhaité répondre au DL, ce n'est à mon sens certainement pas pour "cacher" au public des éléments de son patrimoine.

D'un coté, le Maire de Grenoble doit certainement penser que ses concitoyens lui accordent cette confiance et n'a donc pas faire de déclaration. Est-ce une manière d'attirer l'attention en ne souhaitant pas rentrer dans le contexte du jeu des questions posées ? Une manière de se différencier ?

De l'autre, ne pas jouer le jeu dans cette "enquête" au même titre que d'autres élus ou candidats risque de choquer bon nombre de lecteurs... et d'électeurs !