Jeudi 8 mars 2007, je me suis rendu à une réunion publique à la Plateforme organisée par le Conseil Général de l'Isère et la ville de Grenoble dans le cadre de la concertation pour le devenir du pont provisoire Massena et la requalification des quais de l'Isère. En raison d'une communication trop tardive liée à cette rencontre, à peine 40 personnes étaient présentes.

Ce pont fut construit et mis en service en avril 2004 pour une durée d'exploitation de 3 ans. Il permettait à l'époque d'accompagner la circulation des automobilistes dans Grenoble durant les travaux de la ligne C du tram, d'absorber les flux de circulation sur certains axes de la ville et de circuler sur les quais de l'Isère en sens unique. La ville de Grenoble a demandé au CG38 ayant largement contribué à sa réalisation de rendre ce "pont provisoire... définitif". Le coût de la location du "pont Massena" auprès d'un prestataire s'élève à 180 000 euros par an !

Avant les travaux de la ligne C du tram, 33000 véhicules par jour circulaient sur les quais (hors voie sur berge) contre 37500 actuellement (9000 véhicules/jour sur la voie sur berge en mars 2005). Il se trouve que les appuis actuels du pont provisoire ne sont pas suffisants pour reprendre un ouvrage définitif et les normes de règlementation diffèrent. Le tablier du pont est actuellement de 10,5 mètres et la ville escompte élargir un nouveau pont [1] à 16 mètres (1,5 m de végétation séparant 3 m par voie pour les voitures et 3,5 m pour les modes doux, cycles et piétons).

L'architecte en charge du projet déclare : "Ce nouveau pont doit devenir un lieu privilégié pour voir et comprendre la ville (...) créer un trait d'unions entre les quartiers (...) il invite à la promenade". Jacques Chiron, adjoint aux déplacements et espaces publics signalent : "A terme, le nouveau pont pourrait retrouver un double sens de circulation".

Après les différentes phases de concertation, la ville de Grenoble estiment à 8 mois la durée des travaux qui pourraient débuter fin 2008 et se finaliser fin 2009... avec une coupure de circulation... pour un coût estimé à 6 millions d'euros !

En dehors des règles de normalisation d'infrastructure, une partie du public avait du mal à comprendre la finalité du projet concernant le remplacement du pont provisoire par un autre. Un habitant déclarait ceci lors des échanges : "Ce qui me choque aujourd'hui, c'est le fond (...) c'est peut être un problème de génération mais vous êtes toujours dans une logique autoroutière (...) vous avez beau axé votre discours sur les transports doux mais il n'empêche que ce pont, c'est plus d'automobiles qu'il n'y en avait avant (...) la logique, c'est de diminuer la part modale de l'automobile (...) là, vous le savez très bien, quand on crée une voix de circulation, on crée un besoin et on augmente le trafic (...) ce que je ne comprends pas, c'est que ce nouveau pont, finalement, c'est le même que le pont provisoire actuel".

Pensant globalement à la circulation dans l'agglo, je m'attendais à ce que les intervenants venus expliquer ce projet de nouveau pont définitif établissent un parallèle, une logique ou un lien avec celui de la Rocade Nord. Ce ne fut pas le cas !

Notes

[1] En photo, une projection du nouveau pont et le plan prévu par l'architecte