Je me suis rendu à Paris samedi 24 mars 2007 aux premières rencontres du "5ème pouvoir" organisées par Agoravox (le média citoyen) sur le thème du "journalisme citoyen et l'influence des nouveaux médias".

Journalistes professionnels, blog reporters, blogueurs locaux, nouveaux médias, personnalités politiques et acteurs reconnus de la blogosphère ont pu débattre et échanger sur le sujet. Voici un compte-rendu des débats de la matinée. Voir également celui de l'après-midi.

Après une riche introduction de Joël de Rosnay sur la notion de "journalisme citoyen" et un bilan de l'initiative Agoravox par Carlo Revelli, Thierry Crouzet (voir mon Itv) tenta d'expliquer la notion relative du 5ème pouvoir : ce besoin de redonner la parole aux individus créant du contenu d'information partagés en réseau". Pour Joel de Rosnay, on assiste à un bouleversement des modèles. On passe d'une société pyramidale de l'information à une société de recommandation de l'information, organisée en réseau.

Guillaume Champeau (Ratiatum) rappela quelques informations juridiques concernant la liberté d'expression et la problématique du rapport de Marc Tessier proposant entre autre, la création d'un label de qualité du "journalisme citoyen".

Francis Pisani (correspondant du Monde aux USA) se demande finalement si le 5ème pouvoir doit se poser la question du pouvoir. Concernant la prise de pouvoir du citoyen favorisée par les nouvelles technologies, il estime que les facteurs permettant à tous d'y accéder sont finalement plus importants à partir du moment où elles contribuent à créer des réseaux sociaux d'échanges d'information.

Jacques Rosselin (Peuplade) devait parler de l'expérience Peuplade mais a préféré s'exprimer en apportant quelques contradictions au débat sur les notions de journalisme citoyen et professionnel. Il déclare notamment "les blogs locaux ne sont pas des blogs d'information mais d'animation de communauté" (opinion non partagée) [1].

Jean-Luc Martin-Lagardette tente de définir les rouages de la censure dans les médias traditionnels rappelant un article de convention signalant que la liberté d'expression du journaliste ne doit pas mettre en danger la vie de (son) entreprise. Il divise le journalisme en trois catégories : le journalisme d'information brute, d'investigation et d'opinion. Le journalisme professionnel investigue de moins en moins au moment où le journalisme citoyen, essentiellement journalisme d'opinion est tenté par l'investigation".

Chantal Enguehard apporta sa contribution dans le cadre de l'expression par le vote. Elle s'oppose aux systèmes d'ordinateurs de vote et à leur fiabilité en démontrant les problématiques d'utilisation et de sécurité. Denis Robert (journaliste d'investigation) fait une intervention vidéo pour évoquer sa situation et ses relations avec la justice.

Pour clore cette matinée de réflexion, Natacha Quester Séméon (Mémoire-vive) présente Nétique et son expérience Second Life. A sa manière, elle tend à démontrer le besoin de nous identifier, de collaborer dans le virtuel et de s'approprier les nouvelles technologies. Nicolas Voisin (Politic Show) évoque brièvement son expérience, la place de la vidéos et leurs formats sur le web 2.0. Autour d'un excellent buffet, je rencontre Rodrigo et Mry et continue d'échanger sur l'ensemble des sujets évoqués avec d'autres personnalités.

Notes

[1] Les blogs locaux sont à la fois des blogs d'information et d'animation