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2007
Difficultés financières pour ADAEP, l'Association pour le Développement des Arts et Expressions Populaires
L'Association pour le Développement des Arts et Expressions Populaires fêtait ce week-end ses 30 ans.
30 ans que l'ADAEP, regroupement d'associations culturelles, s'est donné pour mission l'ouverture de la culture et le droit à l'expression pour tous. 30 ans que, considérant que toute activité artistique ne doit pas être réservée à une élite, l'ADAEP s'est fait un devoir de faire sauter les barrières et désacraliser "l'art", pour le rendre accessible au plus grand nombre.
L'ADAEP, ce sont 5 associations qui partagent les locaux du 163 cours Berriat (1 salle de concert, 1 salle de spectacles) et mutualisent leurs moyens :
- musact, association pour le développement des musiques actuelles
- aremdat, Agence de Recherche et d'Enseignement en Musiques et Danses Traditionnelles
- le piment vert, café d'art et d'expression
- la petite roulotte, qui offre une programmation jeune public de qualité
- le step, qui propose des formations au théatre et à l'expression corporelle
Grâce à son fonctionnement fédératif et au développement d'un réseau d'artistes et d'associations, l'ADAEP est passée de 30 à 300 manifestations par an, qui accueillent 25.000 spectateurs. Peu de salles sur Grenoble peuvent se vanter d'une telle fréquentation. Les lieux très modulables, l'implication des salariés et des bénévoles de l'ADAEP et la diversité des associations la composant, permettent une programmation extrêmement variée et réactive.
Malheureusement, victime de son succès, l'association rencontre aujourd'hui de grosses difficultés financières. Car si son activité a été multipliée par 10 en 30 ans, les subventions, elles, n'ont pas suivi. En redressement judiciaire, l'ADAEP sollicite l'aide de la mairie de Grenoble à hauteur de 80.000€ pour financer son plan de redressement.
"Les élus n'osent pas soutenir l'ADAEP" regrette Loïc Cloez, coordinateur de l'association. "Je n'ai jamais vu un seul élu participer à un évènement de l'ADAEP. Pourtant, depuis 2 ans, de gros efforts de structuration ont été réalisés. Nous sommes plus pro et la qualité est au RDV". Enthousiaste, Loïc défend l'ADAEP comme un véritable "projet de société, pour inscrire la pratique artistique dans le quotidien et donner aux gens un espace de création" : "On n'obtient pas la qualité sans la pratique" ajoute-t-il. "L'ADAEP permet l'apparition de nouveaux talents contrairement aux salles traditionnelles qui brident la créativité".
En vidéo, une petite interview sur le terrain du coordinateur de l'association :
L'ADAEP a lancé un appel à soutien à ses adhérents pour encourager la mairie à reconnaître l'association et à lui apporter les moyens de son développement. A la veille des municipales, cet appel sera-t-il entendu ?
## Billet mis à jour le 07/06/07 à 15:31 : la mairie de Grenoble a souhaité porter à la connaissance de GreBlog MonGrenoble des élements concernant les relations entre la ville de Grenoble et l'ADAEP : copie du communiqué en commentaire.
## Billet mis à jour le 09/06/07 à 21:17 :Réponse de l'ADAEP au communiqué de la ville de Grenoble, en commentaire
Billet rédigé par [ Nath ]
mercredi 6 juin 2007 à 14:52
dans la catégorie > [ Culture ]
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Vos Commentaires
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Et si tout simplement la Mairie ne voulait pas récupérer ces locaux ?
Ils sont proches du site Bouchallet-Viallet qui va être réaménagé...
80 000, c pas mal : y a pleins d'assoc qui rêveraient de ce montant pour fonctionner. Grenoble se veut une ville de culture et elle y parvient très honnêtement.
Y a des assoc qui n'ont rien. Y a des assoc qui reçoivent trop. Mais quand j'entends les mots "projets de société", ça me fait penser de la politique et pas du culturel.
Mais comme tout est politique de nos jours.... n'est-ce pas ? L'avenir ADAEP sera politique!
Verbatim.
L'ADAEP est une super association : les spectacles sont excellents, de qualité pour les enfants. Clown, histoires naturelles, fables, construction -):
Un vrai bonheur et en tant que parents, quelle plaisir de voir mes enfants ravis en sortie de spectacle. En plus, c'est pas cher (même prix que le Theatre Coccinelle). Je dis bravo l'ensemble des activités proposées. Tant que mes enfants sont contents, je le suis aussi.
Moi, je pense que l'ADAEP est un groupement d'association qui fais d'excellente chose, et qui doit continuer à vivre.
Et qui sa la mairie n'a pas encore réagis j'espere juste que c'est du aux éléctions législatives qui mobilise beaucoup d'energie.
bref, l'ADAEP doit vivre et être pérene car c'est un beau projet de societe que de proposer et de faire de la culture pour tous
une municipalité de gauche qui ne fait pas de social ?
La mairie de Grenoble a souhaité porter à la connaissance de GreBlog MonGrenoble des éléments concernant les relations entre la ville de Grenoble et l'ADAEP
Voici en copie, son communiqué :
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La Ville de Grenoble a toujours soutenu l'ADAEP, lui versant un subvention de 11 K€ ces dernières années, qui a été portée à 15 K€ en 2007. Ce niveau de subvention est tout à fait comparable à celui de nombreuses autres associations culturelles dont l'intérêt social et public est indéniable.
Au cours de son histoire mouvementée, l'ADAEP a connu de nombreuses crises sans jamais que le soutien de la Ville de Grenoble ne faiblisse. La dernière crise, grave, s'est déroulée il y a deux ans. A l'issue, les nouveaux responsables de l'ADAEP ont conçu un projet très ambitieux, qui reposait sur des hypothèses de subventions publiques très optimistes.
Ainsi, il était demandé à la Ville de Grenoble de multiplier par 7 ou 8 sa subvention annuelle de fonctionnement pour la porter à 90 000 €.Le rapport était du même ordre pour les autres collectivités. Une telle augmentation budgétaire, dans le contexte financier des collectivités locales, ne pouvait se faire qu'en supprimant des subventions à d'autres acteurs culturels, ce que les élus ont refusé de faire.
Sans attendre les réponses des collectivités locales, l'ADAEP a mis en oeuvre son projet, dépensant de l'argent qu'elle n'avait pas et creusant un déficit qui s'élève aujourd'hui à 250 K€. Aujourd'hui, l'ADAEP est en procédure de redressement judiciaire, avec un administrateur judiciaire nommé pour en garantir la gestion.
Il est par ailleurs tout à fait juste que l'ADAEP a développé dans cette période une activité et un projet tout à fait intéressants, et mis en place des outils de gestion nouveaux et plus rigoureux. La Ville est tout à fait consciente des efforts de gestion de l'ADAEP et reconnaît pleinement le rôle culturel et social de l'ADAEP dans le paysage grenoblois, aux côtés de nombreuses autres associations qui développent des projets comparables et se soucient de leur équilibre budgétaire.
Pour autant, gérant de l'argent public, la Ville se tient à une méthode et à certaines règles en matière d'association en difficulté, qui s'appliquent à l'ADAEP comme aux autres associations : vérification scrupuleuse de la gestion de l'association, établissement d'un diagnostic partagé sur sa situation, respect des procédures judiciaires en cours, précaution afin d'éviter d'intervenir en "comblement de passif" et de courir le risque de faire du "soutien abusif".
A ce jour, la Ville a réalisé un audit financier de l'association par le service de gestion déléguée et plusieurs réunions se sont tenues ces dernières semaines pour établir un diagnostic partagé, puis participer autant que possible au plan de redressement qui sera proposé au Tribunal.
Ne pouvant intervenir seule en subvention de fonctionnement (pour des raisons juridiques et financières), indépendamment des autres partenaires que l'ADAEP doit mobiliser dans le cadre de son plan de redressement, la municipalité a décidé d'agir sans délai en ce qui concerne les besoins d'investissements de l'association, qui sont à notre sens les plus urgents car ils concernent les normes de sécurité des locaux. Une enveloppe de 70 K€ sera soumise au vote du conseil municipal du mois de juillet. C'est une somme importante qui démontre, s'il en était besoin, l'engagement de la Ville de Grenoble.
Pour l'avenir, la situation ne se résume donc pas à un "tout ou rien" caricatural qui ferait dépendre l'ADAEP du "bon vouloir" de la Ville, et qui reviendrait à faire porter sur les seuls contribuables grenoblois les erreurs de gestion d'une association, au risque de devoir gravement amputer le budget culturel de notre ville. L'avenir de l'ADAEP dépend d'abord de sa capacité propre à adapter son projet à ses ressources réelles, comme le font toutes les associations normalement gérées, et à mobiliser tous les partenaires possibles pour son plan de redressement.
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Je trouve quand même assez bizarre que la mairie réponde pas par commentaire si elle a des choses à dire comme elle le veut. D'un coté, un communiqué, ca fait officiel et institutionnel, ca fait un peu "la mairie est au dessus du citoyen". De l'autre, faudrait apprendre les nouvelles technos et réponndre si elle veut en utilisant les commentaires sur le greblog, non ? Drôle de logique, pas très logique.
Au passage, l'ADAEP, c'est une assoc super géniale pour les gamins. J'espère qu'elle va rester et continuer bien surr ses activités.
Bonsoir,
Toutes les associations sont geniales, culturelles sportives ou de quartier.
C'est vrai que les collectivités territorriales (mairie, metro, cg38) allouent des subventions et demandent des comptes longtemps à posteriori.
Beaucoup de dirigeants des associations n'ont pas la realite de la gestion financiere et les bilans financiers (ursaff en premier lieu).
Les demandes de subvention demandent de temps, jeunesse et sport, ministere de la culture, region, Département.
Je vais jeter peut etre un pave dans la mare mais quand on est une assoc de grenoble (la metro et le CG 38 bottent souvent en touche), ils considerent que la ville a les moyens de subventionner.
N'est ce pas messieurs de la metro et du CG38
@ myriam
t as pas forcément tort mais comment être sur que la personne qui signerait son post du nom Ville de Grenoble soit réellement un représentant de la Ville.
tu peux très bien demain écrire sous le titre Métro, Conseil général voire Destot ou Cazenave, personne, sauf Chrys s'il appelle les intéressés pour vérifier, ne saura qui tu es réellement. donc je trouve la voie du communiqué assez logique
sinon, c est sur que l'adaep c est génial (ma fille adore) mais moi aussi je peux créer une assoc, embaucher des mecs, monter des opé de com et des spectacles géniaux, creuser un méga déficit puis gueuler apres les collectivités qui donnent pas assez de tunes... mais je trouvera pas ca super réglo
L'Adaep remercie la ville de répondre publiquement mais regrette quelques procédés rhétoriques parfois douteux :
- Reconnaître, dans un même texte, l’existence d’outils de gestions cohérents et finir par parler d’erreurs de gestion alors que s’il y en a eu, elles sont minimes ; Le problème premier est un décalage entre le projet et le soutien de la collectivité (et là, les responsabilités sont partagées entre la collectivité et l’Adaep)
- Rendre l’Adaep « coupable » de demander de l’argent aux « seuls contribuables » et nier ainsi l’investissement salarial, bénévole et la contribution forte des publics ;
- Rendre l’Adaep « coupable » de risquer « d’amputer gravement le budget culturel de la ville », alors que le problème premier est peut-être la taille du budget culturel de la ville (ou de certains autres budgets de la ville) qui fait que de tel projet ne peuvent pas véritablement être soutenu. C’est toujours, et avant toute question budgétaire, une question d’arbitrage politique.
- Réduire la demande de l’Adaep à une « multiplication par 7 ou 8 » alors qu’une autre lecture pourrait être que nous demandons un rééquilibrage qui amènera les subventions à moins de 50% du budget général ;
Malgré ces petits dérapages, il est tout à l’honneur de la ville de bien vouloir expliciter publiquement sa position du moment. Nous nous permettrons d’apporter à notre tour des éléments complémentaires notamment sur l'histoire de l’ADAEP et du soutien de la ville de Grenoble à l'Adaep qui est une histoire longue, complexe et mouvementée (Obtention, suppression, promesse, réduction, réobtention de subventions notamment).
L'Adaep s'est créée en 1976 dans le quartier Abbaye-Jouhaux-Teisseire et était hébergée par les MJC. Le fort développement de l'association (ateliers, théâtre et bals folks) a entraîné un problème de décalage entre l'une et l'autre. Un directeur de MJC a résumé à l'époque la situation en demandant si c'était la MJC qui hébergeait l'Adaep ou si c'était l'inverse.
La ville de Grenoble décide alors de soutenir l'association en lui attribuant une subvention pour qu'elle puisse « faire ses preuves » et assurer la location d'un local rue Alphonse Terray. Quelques temps plus tard, une convention est en passe d'être réalisée avec le soutien de René Rizzardo, adjoint à la culture de l'équipe Dubedout, quand, en 1983, contre toute attente, Carignon est élu à la tête de la ville. Le projet de convention est oublié, et la subvention s'arrête ... Mais le loyer court toujours.
En 1985, l'Adaep a un an de loyer de retard et est condamnée par le tribunal à l'expulsion suspensive. Celle-ci réunit en deux ans les fonds pour rembourser son retard de paiement tout en continuant de payer son loyer.
Pendant neuf ans, l'activité de l'Adaep se développe énormément avec notamment une réinvention de la musique folk grâce à des groupes et artistes talentueux. L'Adaep permet alors la professionnalisation de ceux-ci. Les contraintes budgétaires commencent à se renforcer.
C'est alors, que le propriétaire, peu scrupuleux, poursuit à nouveau l'Adaep en justifiant à posteriori que le montant des loyers avaient augmenté. Il réclame à l'époque 160 000 francs d'impayés. Face à l'impossibilité de recouvrir cette somme, l'expulsion est prononcée et devient effective en 1994.
Pendant deux ans, l'Adaep rentre en vadrouille et développe ses activités dans de nombreux lieux. Après une campagne de forte pression auprès de la ville et le soutien d'Henri Beyle, secrétaire adjoint de Carignon, une convention et signée avec la ville et le conseil général pour financer le fonctionnement de l'Adaep (75 000 francs par an chacun) et lui permettre d'acheter un local. Une forte mobilisation des bénévoles a lieu et permet de rassembler 600 000 francs supplémentaires pour l'achat et l'aménagement du local.
En 1995, l'Adaep s'installe dans les locaux du 163 cours Berriat, avec 150 000 francs de subventions de fonctionnement et 2 300 participants. Mais disposer d'un local pose des problèmes colossaux en terme de coûts de maintenance, d'entretien et de fonctionnement. Si une MJC, en cas de problème en ces murs contacte les services de la ville pour y remédier, il n'en va pas de même pour l'Adaep, qui prend cela à sa charge.
Le projet s'installe dans les murs avec toutes ses difficultés et toutes ses réussites. Les spectacles jeune public, les concerts de musiques actuelles se développe alors en parallèle des ateliers, du théâtre et du folk. Mais cela ne suffit pas. En 2000, l'Adaep connaît un redressement fiscal qui assujettit à posteriori l'adaep à la TVA soit 600 000 francs de TVA due. Une énorme mobilisation s'engage alors qui se soldera par l'annulation de la dette par le ministre du budget de l'époque. Sur les conseils des impôts, l'Adaep devient une fédération d'associations afin de segmenter les activités de manière à rester sous la barre de l'assujettissement.
A cela vient s'ajouter des difficultés colossales de financement du projet, et malgré le passage à 15 000 participants en 2000, un déficit se creuse. Le tribunal décrète la mise en redressement judiciaire de l'association pour des dettes qui avoisinent les 600 000 francs (notamment auprès des caisses sociales). Une forte mobilisation bénévole vient combler ce passif. Mais les collectivités, malgré de très nombreuses alertes n'augmentent pas leurs aides.
Elles financent tout de même une partie des travaux d'aménagements à raison de 11 500 euros de la ville et 20% du montant des travaux par le conseil général. Cette aide restreinte permet avec l'investissement de beaucoup de bénévoles de réaliser des travaux d'aménagements du local. Il nous sera reproché par la suite de ne pas les avoir fait faire par des sociétés spécialisées. Ce à quoi nous répondons que les enveloppes ne suffisaient pas et que nous avons fait au mieux avec ce dont nous disposions.La subvention de la ville passe en 2004 à 7 500 euros (avant d’être rétabli en 2005). M Safar, adjoint à la culture s'engage oralement, à l'automne 2004, à arrêter les « petites enveloppes » d'investissement pour engager de véritables travaux de mise aux normes avec le budget nécessaire.
Nous arrivons alors en 2005 avec plus de 22 000 participants, mais aussi un nouveau trou qui se creuse chaque année et qui atteint déjà 140 000 euros. On est alors face à une crise financière, une crise organisationnelle et une crise de sens. Deux possibilités s'offre alors (comme en 1985 et 2000) :
− Considérer que l'Adaep était une belle expérience mais doit s'arrêter,
− Ou considérer que ce projet doit exister et faire en sorte qu'il continue.
C'est cette deuxième option qui est retenue. L'Adaep entame alors pour sortir de cette crise une profonde restructuration en considérant que les responsabilités dans la situation de l'adaep étaient partagées entre la ville et elle.
C'est alors que naît un projet plus clair et plus ambitieux aussi. L'Adaep réaffirme son statut de fédération et souhaite renforcer le rôle des associations membres, pour plus de clarté et plus de responsabilisation. L’Adaep présente son projet en août 2005 en mairie devant les adjoints à la culture, à la culture solidaire, à la politique de la ville, à l'animation, à l'économie. L'enveloppe demandée porte alors sur 150 000 euros, toutes collectivités confondues. En ville, la méfiance et la méconnaissance sont au rendez-vous. Au département, on est en attente de la ville ... Les aides ne suivront pas.
Très souvent, il nous est reproché de vouloir « multiplier par 7 ou 8 » les demandes de subventions par rapport à celles obtenues. Mais il faut savoir que les collectivités ont certes « toujours » (ou presque) aidés l'Adaep, mais avec une enveloppe identique depuis l'époque où l'Adaep accueillait 1 500 participants (soit 20 fois moins qu’aujourd’hui), on peut légitimement penser qu'il existe un certain décalage entre le développement du projet et sa reconnaissance par les collectivités. Et plus les élus tardent à prendre en compte à sa juste valeur ce dossier et plus le décalage sera grand entre les aides accordées et les moyens nécessaires.
On nous reproche souvent « d'avoir malgré tout mis en oeuvre le projet » et « d'avoir dépensé de l'argent que nous n'avions pas », et là, un décalage perdure avec la ville quant à leur conscience de la nécessité qu’existe à Grenoble un tel lieu et ce que cela représente en termes de budget. Ce projet rassemble des publics, des organisateurs, des artistes en nombre toujours plus élevé. Il répond à un vrai besoin non recouvert à ce jour par les politiques publiques, il a une pertinence et une potentialité de développement indéniable ...
L'Adaep continue alors, malgré tout, et améliore sans cesse son fonctionnement (professionnalisation, clarification des rôles et missions de chaque association, mutualisation de moyens, développement de la vie associative ...). Cette restructuration a permis de développer le projet tout en optimisant les moyens et diminuant le déficit annuel ... Mais le passif grossit tout de même. (Il faut reconnaître que sur le plan de la logique comptable, l'Adaep aurait du s'arrêter en 1985. Félicitons nous qu'elle existe et qu'autant de personnes se soient battues pour qu’elle continue d’exister, car ce qui existe avec elle, c’est une quantité énorme de projets culturels, artistiques et associatifs.)
Deux ans après la restructuration, nous sommes en passe d'atteindre 30 000 participants pour 300 manifestations à l’année. S’il est vrai que « le niveau de subvention de l’Adaep est tout à fait comparable à celui de nombreuses autres associations culturelles à l'intérêt social et public indéniable », nous considérons que le volume d’activités, d’associations et de public accueillis est quant à lui peu comparable avec des projets aidés à cette hauteur-là. Le volume d’activités de l’ADAEP correspond plus à un dossier de dimension MJC, mais les financements sont loin d’atteindre ce niveau.
Pour l'instant nous n'arrivons pas à nous en sortir financièrement, malgré comme le dit la ville la mise en place« d'outils de gestion nouveaux et plus rigoureux », et la confirmation de cette rigueur par le tribunal qui n’a pas estimé nécessaire de confier notre gestion à un administrateur judiciaire (il se contente dans notre cas de représenter les créanciers auprès du tribunal). Malgré tout cela, nous ne pouvons pas tenir avec 12 % de subventions des collectivités, nous avons beau embaucher en insertion, mutualiser les moyens, connaître l'investissement de plus de 20 équivalents temps plein bénévoles ... Cela ne suffit pas, nous avons besoin d'un véritable engagement des collectivités et en premier lieu, de la ville. Le Conseil Général et la Région nous ont fait savoir leur volonté de participer à une rencontre commune sur ce sujet, à la charge de la ville de l'organiser.
Pour cela, nous avons toujours souhaité ouvrir le dialogue, présenter le projet, permettre le contrôle de la collectivité. Nous demandons une subvention de fonctionnement, mais nous tenons à ce qu’elle soit liée à une convention d'objectifs et à des critères d’évaluation définis collectivement. Nous ne gonflons pas nos demandes, nous demandons simplement de vrais moyens de développement. Nous proposons donc aux collectivités de nous aider véritablement pour assurer notre fonctionnement, nous assurerons l’apurement de nos dettes avec les recettes propres de l’Adaep. Nous leur demandons aussi d’aider raisonnablement les projets des associations membres. Les financements publics demandés (toutes collectivités confondues) s’élèvent à 230 000 euros pour l’Adaep (36 500 euros accordés actuellement), il faut ajouter à cela 92 000 euros de demande d’aides aux associations (dont 45 000 euros déjà accordés par la région, 11 000 euros par le département, 12 600 euros par la ville).
Ces sommes sont importantes, mais elles sont le reflet d’une réalité et de choix budgétaires : Nous ne pensons que c’est au public d’assumer la totalité des coûts de fonctionnement, c’est pourquoi nous sollicitons les collectivités à ces hauteurs. Les demandes en subventions, toutes activités et toutes collectivités confondues, représenteront 47% du budget. Nous pensons que cela démontre une belle capacité d’autofinancement, mais qu’elle a malgré tout ses limites. Nous demander de fonctionner avec un budget moindre, c’est nous demander de renoncer à ce projet-là. Si les élus veulent aider l’ADAEP, c’est à cette hauteur-là. Moins, c’est alors un autre projet qu’ils aideraient, qui ne pourrait avoir cette politique tarifaire, cette dimension d’accueil et d’ouverture, cette mutualisation de moyens, cette diversité d’expressions et de pratiques …
Les projets de ce type, menés à bout de bras par des salariés, artistes et bénévoles passionnés ne doivent plus être les éternels parents pauvres de la culture ou du socioculturel. Nous demandons à ce que l'exemplarité de nos réussites soit reconnue et que l'engagement des collectivités soit réel et sérieux. Chez nous, la participation, la transmission des savoirs, la politique tarifaire, le développement de la pratique, l’échange interculturel ne sont pas de vains mots, ils se réalise ici même en acte, et depuis longtemps. Aux collectivités maintenant de le reconnaître et de profiter de cet exemple pour réinventer les nouvelles missions et les nouveaux modes de gestion des lieux culturels ou socioculturels. Des projets de ce type, par leur organisation même et leur ouverture, ne peuvent que se développer, sauf à vouloir restreindre et limiter le développement culturel et socioculturel d'une ville.
Nous estimions essentiel d’apporter ce complément d’information pour expliciter plus en détail l’histoire et la position de l’ADAEP dans ce dossier. Nous ne manquerons pas de vous tenir informé de l’avancée du dossier sur GreBlog MonGrenoble.
Merci de vos contributions à tou(te)s.