Les élections législatives 2007 en Isère ont été marquées par de nombreux soubresauts qui ont focalisé l'attention de blogs et nombreux médias sur le plan local et national. A sa manière, GreBlog MonGrenoble a tenté de suivre cette campagne qui n'a pas été de tout repos, à la fois pour les postulants à la députation et les électeurs.

Sans exception, tous les principaux candidats que j'ai eu l'opportunité de rencontrer ou d'interviewer ces dernières semaines m'ont fait part de la rudesse de cette campagne, de leurs difficultés à déployer leurs idées et mener à bien leur combat politique dans le respect des lois et de la démocratie. Hors micro et vidéo, la majorité d'entre eux n'hésitaient pas à déclarer "Si vous saviez (...) vivement... que la campagne se termine..!".

Jamais je n'ai ressenti un climat politique aussi impitoyable, froid, tendu et délétère, notamment sur la 1ère et 2ème circonscription de l'Isère.

Jamais les candidats n'ont autant eu d'aussi grandes difficultés à analyser le comportement des électeurs. A la fois influencés, indécis, soucieux, dépassés par les évènement et fortement intéressés par les soubresauts politiques au quotidien, ces derniers on eu peu de répit pour s'exprimer.

Jamais les candidats n'ont autant douté sur leur capacité à communiquer sur le plan des idées, à mettre en oeuvre une stratégie de campagne claire et limpide en direction de leurs concitoyens. En complément des médias traditionnels, l'émergence de nouveaux supports d'information a facilité la campagne de communication de nombreux candidats. Hélas, tous ne jouent pas le jeu et n'ont pas encore saisi cette formidable opportunité qui parfois, leur permet de s'affranchir des médias traditionnels... en certaines circonstances !

Néanmoins, le doute politique est en droit se s'installer chez l'électeur, fatigué par d'une longue campagne présidentielle, puis comprimé par celle des législatives.

Baromètre, sondage, intention et déclaration de vote, tracts, affiches électorales, plaquettes politiques quotidiennes en boite aux lettres, attaques de toutes parts, victimisation, suivi d'appels au vote et de reports de voix, saisine de conseil d'investiture, lettres et communiqués officiels en tout genre...

L'électeur non investi dans cette campagne est potentiellement susceptible de rejeter cette communication politique unidirectionnelle qui fond sur lui, bien loin d'en maîtriser les rouages. On lui demande indirectement de la subir et directement de la consommer, puis simplement de se prononcer par le vote. Point !

Parfois résigné, loin de se sentir "acteur", le citoyen ne peut qu'observer une campagne qui le couvre d'une chape de communication. Il ne respire plus la politique. Il l'a subit. Celle-ci le dépasse. Il n'arrive plus à trouver sa place et tente toutefois de trouver d'autres moyens d'expression récents mis à sa disposition (ex : les blogs) sur lesquelles il imprime sa marque, dégage une présence, exprime son opinion, ses idées par la participation et le dialogue... ...pour être lu, vu, entendu et écouter !

La communication politique doit progressivement changer de sens. A l'avenir, au niveau local, le candidat aura de plus en plus de mal à trouver une part de légitimité en allant à la rencontre de ses électeurs potentiels. C'est aux citoyens d'aller le rencontrer.