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06
2007
Regard d'un électeur sur les législatives 2007 en Isère
- Définition :
- analyse
- election
- legislatives 2007
- reflexion
- sondage
Les élections législatives 2007 en Isère ont été marquées par de nombreux soubresauts qui ont focalisé l'attention de blogs et nombreux médias sur le plan local et national. A sa manière, GreBlog MonGrenoble a tenté de suivre cette campagne qui n'a pas été de tout repos, à la fois pour les postulants à la députation et les électeurs.
Sans exception, tous les principaux candidats que j'ai eu l'opportunité de rencontrer ou d'interviewer ces dernières semaines m'ont fait part de la rudesse de cette campagne, de leurs difficultés à déployer leurs idées et mener à bien leur combat politique dans le respect des lois et de la démocratie. Hors micro et vidéo, la majorité d'entre eux n'hésitaient pas à déclarer "Si vous saviez (...) vivement... que la campagne se termine..!".
Jamais je n'ai ressenti un climat politique aussi impitoyable, froid, tendu et délétère, notamment sur la 1ère et 2ème circonscription de l'Isère.
Jamais les candidats n'ont autant eu d'aussi grandes difficultés à analyser le comportement des électeurs. A la fois influencés, indécis, soucieux, dépassés par les évènement et fortement intéressés par les soubresauts politiques au quotidien, ces derniers on eu peu de répit pour s'exprimer.
Jamais les candidats n'ont autant douté sur leur capacité à communiquer sur le plan des idées, à mettre en oeuvre une stratégie de campagne claire et limpide en direction de leurs concitoyens. En complément des médias traditionnels, l'émergence de nouveaux supports d'information a facilité la campagne de communication de nombreux candidats. Hélas, tous ne jouent pas le jeu et n'ont pas encore saisi cette formidable opportunité qui parfois, leur permet de s'affranchir des médias traditionnels... en certaines circonstances !
Néanmoins, le doute politique est en droit se s'installer chez l'électeur, fatigué par d'une longue campagne présidentielle, puis comprimé par celle des législatives.
Baromètre, sondage, intention et déclaration de vote, tracts, affiches électorales, plaquettes politiques quotidiennes en boite aux lettres, attaques de toutes parts, victimisation, suivi d'appels au vote et de reports de voix, saisine de conseil d'investiture, lettres et communiqués officiels en tout genre...
L'électeur non investi dans cette campagne est potentiellement susceptible de rejeter cette communication politique unidirectionnelle qui fond sur lui, bien loin d'en maîtriser les rouages. On lui demande indirectement de la subir et directement de la consommer, puis simplement de se prononcer par le vote. Point !
Parfois résigné, loin de se sentir "acteur", le citoyen ne peut qu'observer une campagne qui le couvre d'une chape de communication. Il ne respire plus la politique. Il l'a subit. Celle-ci le dépasse. Il n'arrive plus à trouver sa place et tente toutefois de trouver d'autres moyens d'expression récents mis à sa disposition (ex : les blogs) sur lesquelles il imprime sa marque, dégage une présence, exprime son opinion, ses idées par la participation et le dialogue... ...pour être lu, vu, entendu et écouter !
La communication politique doit progressivement changer de sens. A l'avenir, au niveau local, le candidat aura de plus en plus de mal à trouver une part de légitimité en allant à la rencontre de ses électeurs potentiels. C'est aux citoyens d'aller le rencontrer.
Billet rédigé par [ chrys ]
mardi 19 juin 2007 à 08:53
dans la catégorie > [ Legislatives 2007 ]
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Vos Commentaires
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Dis donc Chrys, tu vas te mettre à plaindre les candidats quand même!!
Je ne suis pas du tout d'accord avec toi sur ton analyse de la campagne du point de vue des candidats.
Par contre, je suis d'accord quand tu parles des citoyens, des électeurs qui subissent de plein fouet l'agressivité des politiques entre eux. Mais en tant que citoyen, je préfère attendre que les candidats viennent à moi. En tant que blogueur-citoyen, je me dois d'aller au devant d'eux.
Je pense que tu mélanges un peu tout.
Moi j'ai surtout l'impression qu'ils s'amusent comme des vieux amis afin d'avoir le poste avant l'autre, on dirait un jeu où les braves citoyens sont bien loin de tout comprendre.
Un monde à part qui me donne la nausée.
Je n'ai rien à redire. Je pense pareil.
En fait, comme tu le dis, si l'habitant ne fait pas l'effort de s'interesser aux hommes et femmes en politique, c'est la classe politique qui nous tombe dessus comme elle le veut, avec ses coups bas, ses méthodes et j'en passe et des meilleurs.
Par exemple, le "renouveau" du PS, si ca doit se faire avec les meêmes éléphants et les mêmes qui ont fait perdre Ségolène Royal, ben ils sont pas prêt de le redresser le parti socialiste. C'est au PS d'accueillir des jeunes, des vieux, de nouvelles têtes si on veut que ca change. Donc, quand tu dis que le citoyen doit aller voir les politiques pour faire une nouvelle politique et pas l'inverse, c'est pour moi faisable et ca devrai se passer comme celà.
Flo.
Faut que tu continues à mon avis, après les élections, à rencontrer tout ceux que t'a vu avec le son et la vidéo parce que si on doit s'attendre à la neutralité des articles (je pense au DL) et les reportages des grands médias, c'est mal barré.
Moi aussi je doute :)
@ Dominique : "En tant que blogueur-citoyen, je me dois d'aller au devant d'eux.".
Pour ma part, rencontrer un politique n'est pas un devoir mais un plaisir. Si tu t'en fait un devoir ("je me dois"), ca risque d'être difficile de leur passer devant ("aller au devant d'eux").
:-)
Votre analyse est pertinente. On ne naît pas citoyen, on le devient. Pour le devenir, non pas en théorie mais en pratique, une personne doit relever de l'autorité et de la protection d'un État et par suite jouir de droits civiques et conserver des devoirs envers l'Etat. Beaucoup de personnalités politiques se donnent des droits. A l'inverse, beaucoup de citoyens oublient qu'ils ont des devoirs.
Bien résumé sur l'ambiance à Grenoble. Ca se tire aussi dessus, même à gauche en mairie mais chut, on doit pas en parler dans les couloirs.
Les politiques et les citoyens vont-ils vraiment avoir un moment de répit après ces législatives ?
Car déjà se profile la bataille des municipales...
@nath: et donc de belles joutes verbales sur Greblog !
Dimanche soir , les résultats sont tombés. La vague bleue annoncée s'est un peu émoussée sur les rochers roses. Ce qui est considéré comme une victoire par la droite ( victoire effective mathématiquement) cache tout de méme un recul. Le nombre de députés de droite a diminué tandis que la gauche gagne des sieges. Le bull-dozer Sarkozy commence déja, à peine un mois aprés son election, à avoir quelques ratées. Nicolas Sarkozy va au fil des mois rencontrer quelques problémes d' identité, depuis quelques semaines il est Président de la République mais néanmoins se comporte toujours en candidat en promettant toujours plus.
Depuis toujours sa raison de vivre a été de battre son adversaire par tous les moyens, j'ai l'impression qu'il ne se rend pas compte qu'il est maintenant au sommet de l'état et n'a plus de rival direct. Comment va t'il pouvoir concretement gerer la France en diminuant les impots pour les classes les plus aisées, en instaurant une tva à 24.6% tout en affirmant relancer la consommation et en promettant d'augmenter le pouvoir d'achat des classes les plus défavorisées tout en limitant le smic.
Il est aisé en campagne électorale de serrer la main de Bush et dans la méme semaine se revendiquer de Jaurés, mais arrivé à la plus haute marche de l'état comment mettre en oeuvre ces contradictions.
Nicolas sarkozy ne pourra forcement pas tenir ses promesses, alors tout à son habitude il nous trouvera un bouc émissaire qui sera sans doute "l'Europe' dans un premier temps, le terrorisme international dans un second temps, les syndicats dans un troisième etc...
La France pense avoir élu un président, elle a élu un talentueux camelot.
Alain Carignon ou la rage de mentir en utilisant la méthode Coué.
Entre autre, il reproche à certains élus de vivre de leurs indemnités tandis que lui honnête homme travaille et paye ses impots; en clair l'argent public est trop sacré pour le recevoir en échange de son travail.............
à découvrir sur son site du 20/06/2007
www.alaincarignon.blogs.com
Je pense que Chrys a raison car par exemple l'immense 4 eme circonscription où il y a eu un débat contradictoire et pas ou peu de réponse directe sur les blogs des candidats manque de réactivité et de dialogue. Répondre 4 jours après par une lettre postale d'un commentaire electronique manque de réactivité.
La plupart des politique se gargarisent de leur blog mais tres peu s'y connecte et réponde dans les 24 heures: cela manque aussi de spontaneité et proximité.
Je me suis reconnu lorsque tu parles de citoyen qui ne s'y retrouve pas apres toutes ces élections et débats.
Ce constat est surement le socle qui va permettre au processus d'évolution naturelle de la démocratie réelle de reprendre sa marche, au-delà du simple fait que l'on peut considérer que l'idéal républicain de former les citoyen-ne-s dans leurs droits et devoirs afin de la faire vivre a été plus qu'atteint...
Dans la mesure où les partis politiques continuent de se "désidéologiser" de manière plus ou moins assumée et/ou subie, les organisations politiques vont devoir redéfinir quel lien et quelle vision de la vie sociale les relie au corps politique et aux citoyen-ne-s...
Le défi que nous avons devant nous si nous souhaitons "que tout change pour que rien ne change" consiste à achever de désinstitutionnaliser notre vieux système républicain si nous voulons qu'il reste le liant social qui traverse les communautés affinitaires et les générations. La présence sur internet des institutions de l'Etat et des collectivités n'est qu'un timide premier pas dans cette direction qu'avaient pu initier Mitterrand et Lang avec notre fameuse fête de la musique et sa potentialité d'appropriation par les citoyen-ne-s musicien-ne-s ell-eux-mêmes...
Pour autant, il nous faudra faire preuve d'imagination pour créer les ressorts et les mécanismes qui nous permettront d'étendre cette démarche à l'ensemble des "rites" de notre système républicain.
N'est-ce pas un défi intéressant ?