Chaque année, la fête de la musique bat son plein dans les villes et villages de France.

Le temps des premières fêtes dans les années 80 est révolu. A l'époque, je me souviens de l'engouement des habitants pour cet évènement initié par Jack Lang et qui depuis, a fait le tour du monde. Il était de bon ton de se produire pratiquement n'importe où : sur des scènes improvisées, dans les rues, les jardins, dans des appartements...

Il y a une vingtaine d'années, les habitants descendaient dans les rues de Grenoble pour découvrir à leur rythme chaque lieu d'expression musicale ou artistique. A chaque coin de rue, la surprise de rencontrer l'inattendu, l'artiste, le groupe, la compagnie étaient au rendez-vous. Les musiciens en herbe ou professionnels n'hésitaient pas à demander à un commerçant un bout de cordon branché sur une prise électrique une demi-heure avant de se produire là où bon leur semblaient. Il n'était pas rare de voir une harpiste s'installer à l'improviste sur les marches d'une église, un groupe de "Heavy Metal" professionnel grenoblois jouer dans le "quartier arabe". Les habitants n'hésitaient pas à faire pas à pas le tour de la ville pour découvrir chaque intimité musicale, apprécier chaque instant d'improvisation et moments d'expression insolites...

De nos jours, l'esprit de la fête de la musique a perdu de son charme et sa vocation première. Certes, l'expression artistique est toujours présente. Mais les regards portés, les possibilités et la capacité d'expressions ont bien changé.

La grande majorité des programmes musicaux sont déterminés à l'avance. Une fiche de candidature ou déclaration d'enregistrement était à retourner avant le 14 avril 2007 auprès des services de la Ville de Grenoble pour escompter se produire sur un podium ou dans un espace public. "Tous les groupes constitués résidants en Isère peuvent donc déposer leur candidature pour participer à cet évènement, hormis les groupes ayant participé à l'une des deux dernières éditions de la fête de la musique" indiquait la mairie de Grenoble. Les habitants font désormais le choix de consulter un programme sur-mesure connu à l'avance et se dirige vers un lieu correspondant à leurs attentes. La surprise est relative. L'ambiance est parfois dénaturée par la ferveure commerciale : fumée, odeur de merguez, frites, bruit de générateurs électriques, signalétique de sponsors prenant place de manière démesurée sur scène...

Comme chaque année, des débordements surviennent : ce jeudi 21 juin 2007 vers 23h30 , un groupe individu a agressé au couteau et blessé quatre cinq personnes place Victor Hugo, avant de prendre la fuite.

Oui, je reste nostalgique de la période des débuts. Une forme de communautarisme musical s'est installée. La majorité des habitants ne déambulent plus, ils sélectionnent un lieu de prédilection.