election affiche Il y a quelques années, il n'était pas rare de voir de nombreux colleurs d'affiches issus de mouvances politiques différentes se disputer les meilleurs places pour placarder le "sacro-saint" portrait de leur candidat désigné au cours d'une campagne électorale.

Pour de nombreux sympathisants et militants, le geste reste un symbole emblématique, une tradition. Une bonne campagne doit forcement se terminer par une traditionnelle "virée" de nuit destinée à coller le portrait de son poulain sur celui de son adversaire en dehors des supports autorisés et ce, juste avant la date de clôture officielle. Le rituel se pérennise au sein des bureaux, permanences et fédérations politiques mais les stratégies de communication politiques divergent en fonction de la cible, de l'électorat.


Les supports et méthodes de communication évoluent inégalement selon les partis


A Grenoble, nombreux sont les candidats aux législatives qui m'ont fait part de leurs difficultés et de la rudesse de leur campagne. Depuis peu, les NTIC ont fait leur entrée au sein des permanences politiques. Traditionnellement, chaque candidat à la candidature, chaque postulant désigné se doit de "passer" régulièrement dans le Dauphiné Libéré pour dévoiler ses intentions au grand public. Désormais, en aparté, chaque candidat se doit également d'avoir un site web ou son blog pour communiquer.

Par manque de moyens et souvent pour des questions idéologiques, les militants des petites formations politiques continuent régulièrement de coller des affiches, distribuent des milliers de tracts dans la rue. A l'opposé, les grandes formations se déploient sur le net et utilisent de nombreux artifices et stratagèmes pour sensibiliser le public à leurs idées, leurs actions ou prérogatives à venir. La bataille est inégale. Elle s'opère à présent sur le Net.


Des colleurs d'affiches au cybermilitantisme local et politique


Les NTIC bousculent fondamentalement les rapports qu'entretiennent les politiques avec les militants, les sympathisants et les électeurs potentiels. De nos jours, le carnet d'adresses d'un club politique est stocké en base de données. Chaque fédération envoie régulièrement sa liste de diffusion ou "mailing list" à ses adhérents. Les journalistes sont invités par courriel à rencontrer le politique prenant ainsi la main sur l'approche de l'orientation du contenu à publier. Le candidat gère lui-même son blog ou en délègue l'administration à un militant. Les tracts insidieux ou calomnieux entre candidats ne suffisent plus à toucher le plus grand nombre : en quelques secondes, des centaines de courriels peuvent cibler avec précision de nombreux destinataires. Les candidats ou militants s'échangent des amabilités, gardent trace de leurs débats animés sur le web, postent des contributions sur la toile, opèrent une traçabilité des échanges ou déposent un nom de domaine comme on officialise le dépôt d'une candidature à la Préfecture...

Lors des prochaines municipales à Grenoble, les candidats "tête de liste" n'auront pas les mêmes cartes à jouer durant leur campagne par rapport à celles qui sont distribuées lors d'une élection sur le plan régionale ou nationale. Les moyens techniques et financiers mis à leur disposition pour gérer leur campagne sont souvent plus limités et les opportunités de s'exprimer doivent prendre en compte les inconvénients et les règles du local.

A Grenoble, ville Internet "4 arobases", ville dynamique par excellence dans de nombreux domaines, un candidat à la candidature ou un postulant désigné qui n'a pris place sur la toile est un candidat qui ne peut prétendre gagner une élection.

Désormais, l'Internet ne "fait" pas encore l'élection mais "fait" la campagne.