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12
2007
Manifestation des étudiants et lycéens contre l'Etat, les institutions et la Loi Pécresse LRU à Grenoble
- Définition :
- ecole
- iep
- manifestation
- universite
- étudiant
Mardi 4 décembre 2007 au matin, j'avais un rendez-vous à Europole. Vers 10h30, je décide de rentrer à pieds, direction le centre ville de Grenoble.
Avenue Alsace-Lorraine , je tombe sur une manifestation rassemblant une majorité de lycéens et lycéennes et une proportion moindre d'étudiants.
A vue d'oeil, ils sont près de 500 jeunes à défiler en provenance du campus universitaire et de lycées de l'agglomération.
Une manifestation affichant des slogans incisifs et particuliers
Une manifestation plutôt calme, encadrée par la Police et peu silencieuse. En début de cortège, je découvre avec étonnement les deux principaux slogans suivants [1] : "Tous unis contre l'Etat et ses flics" puis "Votre démocratie est une imposture". En milieu de rassemblement, on peut également lire sur une banderole "Lycée Bergès en lutte".
Parmi les chants de revendication des manifestants, on peut entendre "Aux ar-mes, nous sommes les lycéens, aux ar-mes, en guerre contre Pécresse".
Intrigué par les motifs de revendication, je m'approche d'une manifestante distribuant des tracts.
Le premier est intitulé "Pour l'intensification et la convergence des luttes !" dont voici un extrait "L'Etat est la cible, toujours. Les syndicats et organisations de gauche sont à la ramasse et ne cherche qu'à calmer le jeu (...) les rapports sociaux capitalistes font que la plupart des individus dans ce monde ont une vie de merde (...) Preuve permanente que l'Etat nous met un max de pression mais on lâchera pas l'affaire (...) Et qu'on ne vienne pas nous parler d'aller voter ! (...)".
Le second est un guide "Conseils juridiques et pratiques - dans des contextes de manifestation ou de confrontation avec les forces de l'ordre" recommandant quelques précautions à prendre notamment en cas d'interpellations ou de suivi au commissariat.
Un étudiant déterminé, aux multiples revendications
Je décide d'en savoir plus et m'oriente vers un manifestant pour l'interviewer. Je tombe sur un étudiant en Master 2 "Recherche Math Appliqué", Master 1 "Informatique".
En toute simplicité et avec détermination, ce dernier m'explique qu'il s'agit d'une manifestation contre les violences policières dont sont victimes les étudiants grévistes à la fac de Grenoble et du débrayage de lycéens contre la Loi Pécresse LRU, Loi sur l'autonomie des universités.
En vidéo, la manifestation et l'interview :
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
Les revendications de l'étudiant sont nombreuses. Dans l'ordre, abrogation et retrait de la loi Pécresse LRU (le texte), atteinte au Service Public de l'enseignement supérieur, au droit du travail, à la santé pour tous, lutte pour une cohésion collective, atteinte à l'éducation, à l'énergie, au pouvoir d'achat...
Quelques propos tenus "Actuellement, les priorités du gouvernement ne sont pas pour l'éducation (...) Le problème est qu'il faut attendre les décrets d'applications, une fois signés et mis en place, nous n'aurons plus aucun contrôle sur ce qui se passe à l'Université (...) Ce qui me fait le plus peur, c'est une entrée de financements privés avec un droit de contrôle et de regard sur les enseignements et la recherche (...) fondamentale".
L'étudiant explique qu'il est "dans un branche, surtout sur Grenoble, au débouché professionnel large" et pense aux autres étudiants notamment en Sciences Humaines "qui eux, n'auront pas cette chance" puisque selon lui, les entreprises privées viendront financer en premier "les sciences" (prenant exemple sur les nanotechnologies).
Une situation confuse de part et d'autre
Entre les AG étudiantes et lycéennes, les manifestations répétées déclarées ou non à la Préfecture de l'Isère, les multiples interventions des forces de l'ordre, les revendications parfois disparates des syndicats, les communiqués de l'intersyndicale des Universités de Grenoble, la démission de Bruno Julliard, le point de vue divergeant des enseignants et maîtres de conférence, les nombreuses interpellations, le comportement des étudiants bloqueurs, anti-bloqueurs et non grévistes, les occupations de lieux sur le campus ou le geste d'Olivier Ihl, directeur de l' IEP Grenoble...
... quelques soient les engagements, notre bord dans ce conflit et nos affinités politiques, la situation actuelle est assez alarmante et il est difficile d'y voir clair.
Notes
[1] voir ma photo
Billet rédigé par [ Chrys ]
mercredi 5 décembre 2007 à 01:03
dans la catégorie > [ Education ]
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Vos Commentaires
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1ere constat: 95% des étudiants n'ont même pas pris la peine de lire le txt de la Ministre Pecresse
2eme constat: ca critique, ca défile mais ca ne propose rien de concret en échange, en retour.
3eme constat: en France, on gueule pour être contre, pas pour proposer autre chose
4eme constat: cet étudiant à l'air lui de s'être intéressé au txt.
5eme constat et c'est le dernièr: autour de nous, les autres pays ont pour bcp déja adopté ce genre de mesure pour les fac ou fait le même chose où vont y passer et ce ne sont pas eux qui vont regarder la France pour légiférer. Ici, ils savent comment on prend les choses comme je l'ai expliqué.
Lisez Courrier International, c'est flagrant.
Un mouvement ultra politisé.
Besancenot doit bien se marrer!
En tant quétudiant, ça me dégoute de voir cette minorité d'anti-démocrates faire sa loi et tenter de bloquer toute une fac.
Le directeur de l'IEP n'a jamais touché qui que ce soit...on le voit brandir une poubelle qu'il agite devant les dizaines de putschistes armé de barres de fer...
Bravo pour l'objectivité des journalistes de France 3 (une des institutions les plus radicalement syndicalisée, ce dit en passant)!!!
@Bertrand : "Le directeur de l'IEP n'a jamais touché qui que ce soit..." => qu'en sais-tu ? tu y étais ?
@Bibou : Curieux que Chrys soit tombé par hasard sur un des 5% d'étudiants ayant lu le texte...
Tout d'abord, merci Chrys d'aborder enfin ce sujet.
Mais tu as oublié la principale revendication: démission immédiate de Nicolas Sarkozy élu on ne sait trop comment et son remplacement immédiat (tout est dans l'instantanéité) par Besancenot, Bové, Buffet... selon affinités.
@bertrand :
"Le directeur de l'IEP n'a jamais touché qui que ce soit...on le voit brandir une poubelle qu'il agite devant les dizaines de putschistes armé de barres de fer..."
...qu'il agite ?
!!!!
On le voit clairement agiter cette barre de fer en pleine gueule de l'étudiant à deux reprise. Cet homme ne devrait déja plus exercer sa fonction. Quelle honte...
J'ai un autre constat sinon : Les facs ont beau être bloquées, la bibliothèque universitaire n'est pas plus utilisée que d'habitude.. Je suis désolé mais les étudiants s'insurgeant contre les blocages de la fac ont tout le loisir d'étudier à la bu comme tout un chacun (et moi par exemple), mais ne le font pas.... humhum je rigole doucement les mecs.
Il y a des coups de pied au cul qui se perdent ! Comme d'habitude, en France, une minorité emmerde la très grosse majorité. Très fort pour déconstruire. Un peu moins pour construire et voir un peu plus loin que le bout de sa lorgnette !
Ce qui me rassure, c'est qu'avec de tels pécores, mes enfants auront toutes leurs chances sur le marché de l'emploi !
Les jeunes sont incontrôlables, ils se sont dispersés juste en fin de parcours et je vous dis pas le rythme d'intervention des policiers! Grave de chez grave, même les jeunes !!!A croire que chacun campe sur ses positions. Ca bouge pas mais ils y a eu de l'ambiance dans le mauvais sens du terme, vous voyez ce que je veux dire hein ?
Sur la vidéo: faut pas confondre LRU et pouvoir d'achat. Pfff
Combien, parmi ces zouaves, sont réellement étudiants ?
Ils sont tristes à mourir avec leur kéfié autour du cou (l’I-Pod dernier cri caché derrière) et leurs chiens pouilleux.
Laissons-les à leurs chimères et proposons-leur un aller simple pour la Corée du Nord !
continues de voter ump/fn , de traiter les jeunes de banlieux de voyoux , ouais , continuez bien comme ça.
et vous les socialistes, continuer d'être de plus en plus de droite
vous allez tous vous prendre une belle révolution dans la g... dans pas très longtemps
La liberté d'expression existe.
C'est bien connu, chacun a le droit de manifester dans le respect de la Loi. La Loi Pecresse est faite pour dynamiser les universités, pas pour "écraser" les étudiants.
La Loi Devaquet aurait du passer il y a 20 ans. Mais bcp sont trop jeunes pour s'en souvenir. Voilà où on en est et de toute manière, on sera bien obligé de faire passer un jour le principe de la sélection (peut etre pas en entrée mais plus tard en cours de parcours), c'est sur.
La France est championne du report des idées. Elle en a. Pendant qu'on dort, d'autres pays ne s'enfonce pas.
Le Bac, on le file à tout le monde avec des records de diplômés chaque année (ca fait bien mais le diplôme perd de son titre). Et cet engorgement dans les fac, et ses filiales sans débouchés ! J'ai honte pour tout cet argent gaspillé. Après, on fait quoi, on recommence d'autres études ?
Ils sont souvent bien au chaud les étudiants, chez papa maman. Mais je reconnais que la situation financière les invite à rester. Dans le passé, j'ai vu un étudiant faire 4 ans de maitrîse en 8 ans ! SI ca c'est pas du gros n'importe quoi, je me demande ce que c'est ! C'était en 1997 pourtant.
Alors oui pour manifester mais oui pour le faire en connaissance de cause, pas en étant invité par les copains à le faire pour faire bien. Non à la politique des moutons, oui à la réalité des faits : l'université doit évoluer sous peine de comparaison systématique avec les prépas ou grandes écoles ! !!!
@ frimousse: la "politique des moutons" n'est pas exclusive, ell existe dans tous les courants de la société.
Non à la sélection qui mettra forcément des futurs-étudiants de coté.
L'égalité des chances,oui, pour tous.
@zamulel : oui, j'y étais
Il a juste agité une poubelle, sans le toucher.
Bien sûr cela a été repris par qqes étudiants qui en ont profité pour passer pour des victimes.
Je peux te dire que France3 raconte des cracks!!!
Après on parle de la presse tenue par sarko... parlons plutôt de celle tenue par les syndicats...
Si l'étudiant avait été touché, crois moi qu'ils seraient allés le voir à l'hosto et ça aurait fait grand bruit!!!
Myriam,
Pensez-vous que les étudiants qui seraient "mis de côté" ne le sont pas actuellement, durant leur parcours universitaire, par leur domaine d'étude ou encore à leur arrivée sur le marché du travail, s'ils y arrivent avec le diplôme souhaité à l'entrée?
C'est toujours plus facile de ne rien changer et de fermer les yeux sur la situation actuelle.
L'égalité n'existera pas tant que les universités seront mises de coté au profil des grandes écoles, qui, elles, sont compétitives et en phase avec la réalité !
raphds,
Tout à fait.
Beaucoup critiquent souvent l'égalité à deux vitesses et là on entend jamais personne sur le sujet.
Et ils viennent de revoter le blocage. Le pluriel indique qu'ils étaient au moins deux.
J'ai parlé un peu plus haut des grandes écoles. Mon cas est particulier : j'ai fait la fac jusqu'en maitrise, puis école. Et bien, dans les deux cas, l'enseignement (scientifique dans mon cas) était de qualité. Mais à la fac, on ne voit jamais (très rarement) le lien avec le monde du travail. A l'école, c'est plein de conf faites par des entrepreneurs, c'est plein de stages obligatoires, c'est des tp et td sous forme de projets et réunions de travail comme si on était sur le terrain. Et bien, ça, ça change tout, et c'est vraiment ce qui manque à la fac. Tout le monde dans une école apprend à construire des évenements, des spectacles, des projets, etc. en trouvant les sponsors et companies. La fac a vraiment vraiment besoin d'être plus mélangée au monde du travail, sinon elle a vraiment moins de valeur. Moi aussi j'ai été à l'occasion très heureux de suivre des modules pour le plaisir d'apprendre, mais ce qui compte c'est ce qu'on va pouvoir appliquer plus tard, et d'apprendre à travailler dès la formation. Il faut arrêter de voir ça comme le mal, alors que c'est vraiment ce qui peut sauver les facs. Sinon, les grandes écoles ont encore de beaux jours devant elles...
Concernant la sélection, de toutes façons, elle est présente actuellement dans les facs, et de manière bien pire que si c'était au début, à l'entrée : on bosse pendant 3/4 ans en étant ric-rac à la moyenne à chaque fois, puis ensuite il faut s'inscrire à un bon master, et là il y a sélection. Et c'est trop tard pour s'activer !!
Et puis tous ces cours manqués pendant les bloquages, c'est ça de moins à mettre sur un CV et à pouvoir mettre en application sur le terrain dans le futur job !
raphds,
Tout à fait d'accord. En plus vous ne parlez que des scientifiques parce que pour les autres...