lamborghini grenoble Grenoble n'est pas Paris. Grenoble n'est pas Cannes, Monaco ou Monté-Carlo.

Pourtant, il faut bien l'admettre, Grenoble n'est pas une ville où l'on écoute régulièrement le ronronnement de belles voitures de marque, aux formes allongées, épurées... mais plutôt une commune où l'on croise allégrement de charmants 4x4 descendant des premières hauteurs de l'agglomération.

Mercredi 12 décembre 2007, je sors de la Fnac avec mes enfants et m'apprête à longer la voie du tram en direction de la Maison du tourisme. Mon fils aîné me fait remarquer, dans le verbe "Dis papa, regarde là bas, on dirait une Lamborghini comme celle que tu m'as offert(e) dans ma chambre à mon anniversaire (...) t'as vu papa, c'est la même (...) allez papa, viens, on va la voir là bas... allez, s'il te plaît..!".


Apprivoiser temporairement une parcelle du territoire


En dehors de la perspicacité juvénile et visuelle de mon fils [1], la première chose qui m'a attirée n'est pas le stationnement de cette Lamborghini au profil distingué [2] mais l'attroupement humain suscité par la belle.

Force est de constater que ce genre de modèle attire toujours l'attention des passants, d'autant plus facilement lorsque son heureux propriétaire décide de la stationner au beau milieu d'un passage piétions, sur une place piétonne, à l'entrée du marché de Noël, à deux pas des commerçants, juste devant de gros containers à poubelle.

Quand on sait que la plupart du temps, son heureux conducteur n'a que faire des éventuelles contraventions.

Je suis fasciné [3] par cette détermination qui consiste à exposer une voiture de luxe dans une zone non prévue à cet effet devant des passants qui ne pourront certainement jamais se payer ce genre de véhicule haut de gamme.

J'adore cette exubérance, ce décalage et cette volonté d'apprivoiser temporairement une parcelle du territoire public. J'adore ce côté "has been". J'adore cette projection naïve et cette manière de paraître, de s'afficher devant le plus grand nombre. J'ai toujours apprécié une part infime d'égocentrisme quand il mène à construire quelque chose. Là, je ne vois pas grand chose qui aille dans ce sens.

Je suis fasciné par le ridicule. Pourtant, le ridicule ne tue pas. L'excès... oui, parfois.

Notes

[1] ses récentes lunettes fonCtionnent à merveille à ce que je vois :-)

[2] ma photo

[3] avec ironie :-)