06
03
2008
Grenoble Municipales 2008 : dernières impressions de campagne avant le premier tour
- Définition :
- echange
- election
- medias
- municipales 2008
Il reste quatre jours avant que les Grenoblois se mettent en quête de retrouver leur carte d'électeur pour exprimer leurs intentions, opinions et choix politiques dans le cadre des élections municipales et cantonales.
Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, les premières entrevues de courtoisie et de circonstance faisant suite au décryptage des résultats des précédentes élections législatives entre des responsables politiques locaux ont débuté dès la fin du mois d'août 2007.
Retour sur les premières phases de campagne
Les premières "esquisses" de campagne ont vu le jour dès le début du mois d'octobre 2007 pour se prolonger en novembre et se concrétiser officieusement en décembre par l'adoption des stratégies de campagne et la rédaction de feuilles de route à tenir. La période du mois de janvier et février est celle des organisations en interne et du casse-tête politique lié aux opportunités de regroupement des forces politiques, à la difficulté de présenter un programme et de valider les noms des colistiers sur les différentes listes.
En marge de l'ensemble des préparatifs, les Grenoblois s'intéressent finalement peu aux rouages de la campagne.
Comme à l'accoutumée, les citoyens attendent sagement le relais des médias qui continuent, dans la plus grande tradition, à déployer l'ensemble des dispositifs et les principaux enjeux de ces élections. En parallèle, ils doivent désormais compter sur une production d'information en provenance des blogs ou sites tenus par de nombreuses personnalités politiques, par les fédérations ou permanents qui trouvent au passage le moyen et l'opportunité de maîtriser le message délivré.
Les Grenoblois aiment la politique
Une fois la campagne activée et lancée, l'engouement des Grenoblois pour la politique est surprenant.
Je ne compte plus le nombre de fois où, dans les méandres d'une conversation soutenue, des voisins, parents d'élèves, étudiants ou personnes âgées ont ouvertement exprimé leurs idées, dressé globalement un bilan, porté un regard sur un projet local tout en prenant soin de maquiller partiellement ou grossièrement leur appartenance ou leurs sympathies politiques.
La manière de s'exprimer a changé : le Grenoblois aime tendre une perche à son interlocuteur pour l'inviter à deviner et découvrir ses intentions en la matière.
Pour autant, cette façon d'exprimer ouvertement ses idées cache une difficulté à s'engager au niveau local sur le terrain politique.
Alors qu'ils sont les champions de l'engagement dans les milieux associatifs, force est de constater que les Français sont souvent réticents à le faire au sein des structures politiques souvent considérées comme la vitrine décalée du pouvoir, des petits arrangements ou simple "panier de crabes".
Par expérience et par tradition dans la vallée, le Grenoblois tient à sa liberté d'expression politique, se méfie des rouages partisans et par dessus tout n'aime pas qu'un "non Grenoblois" juge sa ville en lui rappelant le marquage indélébile des "années Carignon".
La responsabilité des médias
Le déploiement des cantonales n'intéresse guère les grands médias nationaux.
Les médias locaux traditionnels portent la responsabilité de couvrir et faire découvrir les coulisses de campagne des municipales aux électeurs dans la mesure où ils doivent tenir compte de leurs intérêts. Si le grand public n'est pas intéressé par ces échéances, la couverture médiatique locale sera moindre ou allégée. Du coup, les grands médias nationaux n'ont aucun intérêt à relayer une élection municipale sans véritable enjeux majeurs.
Et pourtant, de l'avis de nombreuses rédactions nationales, plus portées à rédiger des dossiers représentatifs sur la tenue de l'élection Grenobloise, la campagne des municipales sur Grenoble n'a pas décollé.
D'un autre coté, peu de blogs personnels ont cherché à porter leur attention sur les rouages des municipales sur le terrain alors qu'ils avaient amplement réussi à donner de la voix et à construire sur la toile la campagne des dernières élections présidentielles de 2007. Il est en effet plus aisé de publier une opinion construite à partir d'une information largement médiatisée sur le plan national que de chercher à relayer ou produire une information locale. Certains experts bien connus de la blogosphère s'inquiètent par ailleurs de ce manque d'expression personnelle dans une dimension hyperlocale. Et ils ont raison de le souligner.
Points de convergence dans les programmes
Après une lecture alléchante des programmes présentés aux Grenoblois dans le cadre de ces municipales, je me suis amusé à trouver des propositions communes sur lesquelles les principales listes seraient susceptibles de s'accorder. A ma connaissance, il en existe deux.
Apparemment, tout le monde s'accorde sur la nécessite d'une part, de requalification les berges de l'Isère et d'autre part, sur le déploiement d'un système de transport en mode doux de type VELIB ou VELOV à Grenoble.
Même si les moyens de mise en œuvre peuvent diverger sur un plan purement politique, on peut donc s'attendre à ce que la prochaine équipe municipale concrétise la mise en place de ces deux projets lors de son prochain mandat... sans trop de difficultés.
Une campagne des municipales belle et bien animée
Pour finir, la campagne des municipales 2008 à Grenoble, c'est également... pêle-mêle :
le vandalisme d'une permanence de campagne d'un candidat aux municipales, la destruction partielle du local professionnel d'un candidat sur les cantonales, le refus de colistiers de serrer la main à d'autres sur une même liste et à maintes reprises, un tract diffamatoire acerbe distribué dans les quartiers sud à l'encontre d'une personnalité de premier plan ces derniers jours, un adjoint qui ne parle pratiquement plus à son maire depuis des mois, un ancien ministre venu soutenir un candidat et qui arrive en mini cooper hyper branchée avant de faire son entrée dans un bar du centre-ville, une engueulade et des mots peu recommandables échangés en pleine rue entre un colistier et un chef de file, deux colistiers sur une même liste municipale qui s'affrontent localement aux cantonales, les propos acerbes d'une personnalité à l'encontre d'une liste publiés dans un article et qui décide de la rejoindre quelques jours après en tant que colistier, la diffusion d'un tract d'un colistier à l'encontre d'une liste adverse qui, exclu de son parti durant la campagne continue de mentionner les références de sa formation et son appartenance à son ancien parti...
Je préfère m'arrêter là : la liste est encore longue...
... et il est vrai qu'on ne s'ennuie pas lorsqu'on tente de couvrir à sa manière une campagne très intéressante sur tous points de vue !
J'ai retrouvé dans mes papiers ma carte d'électeur. Je compte bien naturellement m'en servir et encourage tout le monde à faire de même dimanche prochain.
Comme à l'accoutumée, à la veille du scrutin, les enquêtes d'opinion et dépôts de contributions seront temporairement suspendus sur GreBlog MonGrenoble.
Dimanche soir, équipé d'un médiaphone et d'un portable, j'aurai certainement l'opportunité de faire des allers-retours entre la Mairie et la Préfecture pour publier en live les premières estimations des résultats sur ce blog.
Billet rédigé par [ Chrys ]
jeudi 6 mars 2008 à 01:01
dans la catégorie > [ Municipales 2008 ]
-
Lien permanent - 2367 lecture(s)
Facebooker |
Ce billet est sous licence Creative Commons
Ce billet vous a plus ?
Abonnez-vous gratuitement au flux RSS du blog
Promouvoir ou bookmarker ce billet sur un digg-like






Vos Commentaires
(12)
Fil des commentaires de ce billet| Revenir au billet
Le niveau des contributeurs les plus actifs est indiqué entre parenthèses (Niv.1-9)
"panier de crabes" ? en effet, c'est bien ça et c'est pourquoi les gros candidats ont bien compris qu'il fallait se débarrasser des sigles mais très honnêtement, c'est nul, ca sert à rien de s'en priver. Les électeurs ne sont pas des bourriques.
Décidément, tu n'aimes pas trop les voitures...!
Pourrait-on avoir plus de précisions sur les évènements "rapportés" à la fin du billet? Une "critique" contre la difficulté de couvrir un évènement au niveau local et à la fin...
lol! je sais plus ou j'ai mis ma carte pour aller voter. Tu fais bien de m'y faire penser du coup !
Oui à velib! le problème, c'est toujours le même à savoir comment on peut prendre un vélo et s'amuser à circuler en ville de nos jours car c'est presque impossible en ville de circuler sans qu'on se fasse prendre en sandwich par deux bagnolles ou qu'on soit obligé de monter sur le trottoir pour circuler (et je parle même pas des stationnements illicites et dangereux pour tous)
Ce qu'il faut, c'est des vélos qui circulent sans problème. Alors avant de prendre velib, faut d'abord faire la place aux vélos à Grenoble, donc, remettre des parkings pour les voitures en centre ville.
les bagnolles et les vélos peuvent cohabiter, faut juste faire le bon tri
Les médias font leur boulot et tout ce qui les intéresse, c'est les rentrées publicitaires et rien d'autre. Le modèle économique est dépassé. Je préfère regarder autour de moi et faire mon propre petit jugement sur la ville sans que personne décide à ma place, encore moins la presse de groupe et la télé. Y en a marre des médias qui racontent TOUS la même chose, on nous manipule tous depuis longtemps déjà !!!!!!
La liberté de la presse, mon c..
A Lyon, Toulouse, Paris, Marseille (voir le débat excellent sur ITV entre Gaudin et Guerini, à se tordre de rire à la marseillaise), ca bouge coté élection municipale.
Ex: à Lyon, on avait une même personne sur la liste FN et MODEM. Mort de rire, vraiment!
Ici, chez vous à Grenoble, non seulement y a presque pas de neige pour aller faire du ski chez vous (ne le prenez pas mal :-) mais en plus, il n'y a pas d'enjeux politique, on sait qui va passer chez vous. No suspens.
Vraiment bon votre blog.
Sur les blogs personnels qui parlent peu des municipales...
Cette élection municipale à Grenoble est ennuyeuse.
Aux législatives, il y avait Carignon, donc un sacré enjeu (va-t-il revenir ou non), des méthodes à dénoncer, etc.
Là, il n'y a pas d'enjeu, Destot fait à peine campagne, FDSN est vraiment fade, Carignon sans doute à Marrakech, le Modem est rallié...
Moi cela ne me motive pas à en parler...
Tex,
Je suis absolument d'accord avec vous. Et viens de lire tous les tracts: le choix semble évident.
Sinon, à propos de Velib'/Vélov', petite différence entre Destot/Sans Nicolas notamment et les Verts: ces derniers veulent ce même système sans publicité. En revanche, ils n'expliquent pas l'alternative dans leur tract...
@ vinz
Non mais je rêve...
Donc si je vous comprends bien, quand il y a Carignon, il y a de l'enjeu, la campagne d'une élection est, si je puis dire "intéressante" pour vous ?
Decidemment, l'ombre de l'ancien maire n'est pas prête de s'envoler à Grenoble alors ? Je crois rêver.
picolo, faut aller vivre sur une autre planète mais là j'ai peur que ça ne soit pas bien possible...
chrys, "le Grenoblois tient à sa liberté d'expression politique" : oui ! dommage que Hubert Dubedout (un vrai PS) ne soit plus parmi nous. S'il voyait ce que son poulain (un semblant d'UMPS à en croire sa liste) a fait de sa ville au sujet de la grande démocratie participative d'antant...
Une campagne molle et ennuyeuse, avec un candidat qui se demande s'il va être réélu dès le 1er tour ou seulement au 2nd, un challenger dont le programme est un mélange entre le programme du sortant et la politique actuelle de la mairie et une pléthore de listes toutes plus à gauche les unes que les autres.
On nous sort toujours les mêmes recettes interventionnistes. Pour l'exemple du velib à grenoble, n'est il pas absurde de vouloir reproduire ce système onéreux alors qu'en Belgique et aux Pays-Bas il y a des vélos partout sans qu'on ait besoin d'une intervention publique?
Ce que je demande à un maire, c'est de bien gérer l'argent du contribuable et d'assurer la prospérité de sa ville, ce n'est pas de s'occuper de ma mycose au pied. Pour cela, il faudrait peut-être sortir des promesses démagogiques dont on nous arrose depuis si longtemps.
http://alternative-liberale-grenobl...
Le jeu est de mettre des noms sur les événements décrits dans cette chronique:
- le vandalisme d'une permanence de campagne d'un candidat aux municipales : la permanence de FDSN.
- le refus de colistiers de serrer la main à d'autres sur une même liste et à maintes reprises: M. BETTO et une candidate PC (tous les 2 sur la liste DESTOT)
- deux colistiers sur une même liste municipale qui s'affrontent localement aux cantonales: Mathieu MAUVAIS (MODEM) et M. PILAUD sur le canton grenoble 4 (tous les 2 sur la liste DESTOT)
pour les autres: je sèche...
Aidez moi...
Belle leçon de démocratie !
J'en ai ras le bol qu'on parle encore de Carignon.
On s'en tape de savoir où il est, ce qu'il fait, il fait sa vie, il a pris sa volée sur les législatives. Quelqu'un l'a vu durant la campagne avant dimanche? Moi pas. Laissons-le dormir, pas la peine de le réveiller pour en faire une sorte de spectre qui plane sur la cité et sur nos têtes.