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03
2008
Interview de GreBlog pour Rue89 dans le cadre de la Netcampagne en France
- Définition :
- blogs
- internet
- interview
- medias
- netcampagne
Il y a deux semaines, j'étais interviewé par un correspondant de presse du site web d'actualité Rue89, un journal en ligne en pleine expansion créé par d'anciens journalistes de Libération, dont la spécialité est la publication d'informations traitées à la fois par des journalistes, experts et internautes.
Mathieu Sentis, correspondant de presse pour Rue89 effectuait une enquête au sujet du désintéressement potentiel des électeurs vis à vis des sites des candidats sur la toile dans le cadre de la Netcampagne des municipales 2008 en France.
Partant d'un simple constat personnel, après avoir fait un tour général de la blogosphère durant la campagne, il relève le manque de participation, de débat sur Internet et la censure de nombreuses contributions d'internautes.
Les sites ou blogs de candidats analysés
Sous le titre évocateur "La Netcampagne officielle boudée par les internautes", l'auteur tend à démontrer qu'un grand nombre de blogs ou sites tenus par des personnalités politiques ou candidats en lice ne jouent pas le jeu de la transparence des échanges et de la participation.
"Le débat ne prend pas" explique le correspondant à propos du site bertranddelanoe.net : le nombre de contributions y est très faible. Le dépôt d'un commentaire encourageant est publié sur le blog de Christian Estrosi : une autre contribution déposée, plus critique, ne le sera jamais. Même expérience réalisée sur le site de Martine Aubry qui ne publiera pas un commentaire défavorable mais qui fournira tout de même une explication pour le moins hasardeuse.
A contrario, l'auteur souligne une vague d'expression participative qui jaillit sur de nombreux sites appartenant à de petits candidats qui disposent, en marge de l'intéressement des grands médias traditionnels, d'un canal idéal de discussion avec la population. "La participation mesurée des internautes sur des sites d’envergure est d’autant plus étrange que certains blogs de petites communes présentent le phénomène inverse" ajoute Rue89.
De la modération virtuelle à l'esprit participatif
"J'ai cherché à vous contacter parce que chez vous sur GreBlog, je suis étonné de voir que la discussion est très animée, que ce soit dans le cadre de la campagne ou non, surtout s'agissant d'une grande ville" m'avoue le correspondant en introduction de notre longue conversation par téléphone.
En début de mois dans un billet , je signalais également le peu d'intérêts des internautes pour la campagne des municipales sur le plan local et national.
Auprès de GreBlog, le correspondant de presse cherche à en savoir davantage :
"D'après-vous, comment se fait-il qu'un candidat choisisse de lancer son propre blog pour communiquer avec son électorat et paradoxalement, décide de censurer la plupart du temps les commentaires ? (...) Comment peut-on deviner s'il y a contrôle ou manipulation ? (...) Pourquoi la plupart, après avoir cherché à déposer un message chez les candidats viennent-ils chez vous après coup pour s'exprimer ? (...) Vous arrive t-il souvent d'en parler avec les candidats que vous rencontrez ? (...)".
Certaines réponses ont été publiées [1] dans l'enquête Rue89 (lire ici)
De l'esprit participatif à la modération virtuelle
Cet article, mettant en avant le blog local de Grenoble et les sites de personnalités politiques de premier plan, corrobore mes constatations.
Le positionnement d'un site ou blog d'un candidat reste délicat. Seules les options choisies par sa Netéquipe permettent à son électorat de trouver un intéressement particulier. Sans oublier la manière dont le site a été construit sur la toile et qui bien souvent, écarte l'internaute d'un quelconque intérêt à trouver matière.
Trop souvent, le candidat cherche à véhiculer une image de lui-même ou de son équipe qui correspond à celle déjà connue de ses fidèles, de ses sympathisants et parfois même, du grand public. Très peu de candidats optent pour une stratégie politique de communication en direction des indécis ou des opposants : nul doute que le débat pourrait avoir lieu et davantage s'enrichir en ces circonstances...
Notes
[1] TéléGrenoble a récemment choisi sur son antenne de relayer l'article Rue89 et l'interview GreBlog.
Billet rédigé par [ Chrys ]
mercredi 19 mars 2008 à 01:01
dans la catégorie > [ Réflexion ]
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Vos Commentaires
(10)
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On peut aussi se poser une autre question: est-il normal que dans la rue, quand on voit un candidat et qu'il nous voit, il vient vous voir pour vous serrer la main et vous distribuer son tract sur un marché ? On arrive à discuter avec lui tandis que sur son site, c'est verrouillé alors qu'on peut normalement lui laisser un mot ?
Il y en a un qui jour le jeu, c'est De Longevialle du MoDem, il a un forum et un chat sans trop de langue de bois. Et sur le blog du Maire, y a presque pas de commentaire. Et chez les autres, vous devriez comme moi essayer de laisser un mot.
Sarko vient d'annoncer la créa d'un poste à "l'économie numérique" hier aux infos. On a quoi se poser des questions.
Ne pas oublier de faire le lien avec la forte abstention qu'on a pu voir avant et pendant les 2 tours. On sait bien que les Français se servent d'une élection pour sanctionner comme une girouette la politique nationale alors que ces élections étaient locales.
C'est simple, quand les électeurs font attention à se concentrer sur l'enjeu de l'élection, il y a débat (merci greblog). Quand ils prennent une élection pour un punching-ball électoral (j'aimerai pas vivre à Neully), les résultats sont jamais bien bons et la politique sent le souffre.
Et là, qu'est-ce qu'on nous dit depuis dimanche, on nous parle des duels au PS, du président qui rendre dans le rang et qui fait aussi semblant d'avoir rien entendu sur les municipales !!! Rien n'est local, tout est national en réalité. Faut que les médias arrêtent de nous prendre la tête et pour des gogos.
Qui a déjà entendu les grandes chaînes parlaient des municipales à Grenoble ? Moi pas. A croire q'ici, ca n'interesse personne de savoir ce qui se passe.
@ Xav: toutes les campagnes sont formatées, normal qu'il y ait un cadenas qui verrouille le tout. Le pire, c'est de voir que les candidats eux même ne savent même pas ce qui se passe réelement sur leur blogue. C'est pour faire bien. Rien de nouveau, que du classique, vaut mieux débattre ailleurs
Philippe de Longevialle est à féliciter sur ce point, c'est clair et net.
Geneviève Fioraso a, sur son blog, des commentaires qui ne passent pas, aux sens propre et figuré.
Michel Destot, n'en parlons pas, quoique tout à coup de nombreux commentaires sont apparus... Suite à la rédaction de ce billet par Chrys?
Je ne suis pas sûr que les espaces des candidats aient volonté à être des espaces de débats, sauf à les réduire trop souvent pros et antis (quand ces derniers ne sont pas censurés). Deux clans qui quoiqu'il en soit n'ont rien à se dire, car ni l'un ni l'autre ne changera d'avis. L'invective qu'on y trouve fait surtout fuir tout autre commentateur.
Néanmoins, certains utilisent très bien l'espace de parole qui est le leur, en répondant publiquement à des interpellations qu'ils ont rencontré. C'est le cas par exemple sur l'excellent blog de Voynet à Montreuil et notamment ses questions/réponses. Là aussi peu de commentaire, mais un discours très clair, très précis et qui répond aux attaques avec une grande clarté.
Les blogs des hommes politiques sont aux blogs « grand public », comme Greblog, ce que sont les sites « vitrines » aux sites « marchands » : les premiers sont faits pour être seulement visités, et seuls les seconds donnent lieu à des échanges.
Rares sont les hommes politiques qui acceptent « d’ouvrir la boîte à claques » avec un blog ouvert à tout vent (à toute critique). L’enquête excellente de rue89.com cite l’exemple rare d’un candidat d’une commune de 18 000 habitants qui a reçu 600 commentaires (avec des compliments mais aussi pas mal d’insultes) alors que les candidats des grandes villes en recueillent même pas quelques dizaines.
Les hommes politiques qui acceptent tous les commentaires même, et surtout, les plus acerbes, sont-ils courageux ou au contraire inconscients ? Une réponse se trouve dans le credo du site netpolitique.net : http://www.netpolitique.net/php/lan...
« 7. Internet promeut un système d'information ouvert qui permet à tout un chacun de croiser l'information avec d'autres sources.
8. Le média permet de parler à tous en s'adressant à chacun.
9. Règle de base de la communication politique : garder le contrôle du message.
10. Dommage, il n'est plus possible de contrôler le message.
11. Les techniques classiques de la communication politique : management de l'information, communication télévisuelle, relations-presse et relations-publiques subissent d'ores et déjà la pression des nouveaux médias.
12. En utilisant le Net on ne contourne pas les médias, on les multiplie. Chaque internaute est un relais d'opinion potentiel.
13. " Plus que l'individu, ce sont les communautés qu'Internet structure "(B.Emsellem), c'est ce qui fait à la fois la force et la complexité du médium.
14. Les politiques ont des raisons d'avoir peur d'Internet si ils n'intègrent pas l'interactivité et les règles du média.
15. Le réseau permet d'engager le type de dialogue auquel la démocratie représentative aspirait mais ne pouvait créer. »
Personne n’aime voir son image être dégradée en place publique. Ce faisant, en voulant bloquer les commentaires qui leur paraissent désobligeants, les blogs politiques obtiennent le résultat inverse : ces commentaires circulent sur d’autres blogs et rebondissent même de blog en blog.
C’est un signe de démocratie puisque dans les dictatures les blogs sont carrément interdits (Ce n’est pas demain que les Tibétains pourront « blogger » librement entre eux, même pas les Chinois d’ailleurs.)
Marc PEREZ
perez.marc-antoine@wanadoo.fr
Revenons dans notre belle région.
Entre le site Grenoble2008 (liste Destot) et le site ESA (liste Boileau) y a pas photo. Le premier est une coquille bien vide, le second est rempli d'infos, de dossier, de contenu qui interesse. On voit bien ou on met de l'argent dans le web, l'un dans la devanture (la forme), l'autre dans le contenu (le fond), 2 conceptions des choses en marketing politik
"Le positionnement d'un site ou blog d'un candidat reste délicat" oui à condition de faire quelque chose de bien.
Les blogs politiques sont fait pour rappeler la tête du candidat, par pour entamer des débats, ce serait bien trop risqué... vous imaginez... ce n'est pas la préoccupation première du politique, c'est le pouvoir sur eux.
En Chine, c'est l'inverse, on dialogue sur les blogs pour exister..
- En Chine, c'est l'inverse, on dialogue sur les blogs pour exister.-
Oui, c'est vite dit, quand il ont aussi un accès bridé à internet, ça en dit long...
les blogs sont vérouillés en Chine, mon meilleur ami y habite depuis 4 ans