horodateur grenoble Lorsqu'on se promène de temps à autre au centre-ville de Grenoble , il n'est pas rare de tomber nez à nez sur de nombreux parcmètres ou horodateurs qui font l'objet de dégradations récurrentes ou servent de support pour afficher certaines intentions.

En l'espace de deux mois, lors de mes promenades en famille ou déplacements professionnels en ville, je suis arrivé à prendre à la volée et spontanément plus d'une dizaine de clichés d'horodateurs tagués, redécorés, malmenés, détériorés ou partiellement empêchés de fonctionner correctement.

Ma photo en montre seulement deux.


De nombreux horodateurs pris pour cible


A Grenoble, certains lieux sont régulièrement prisés pour manifester un désir d'expression, une pulsion artistique ou étaler ses convictions sur ce type de mobilier urbain.

Boulevard Gambetta, quelques horodateurs régulièrement marqués sous les arbres au feutre noir. Rue de la République, un horodateur littéralement pris à partie et relooké en rouge, à quelques mètres de l'Office du Tourisme de la ville. Rue Dolomieu, une boîte de carton en provenance du mini marché rue Hébert, directement placée sur le panneau solaire photovoltaïque situé au dessus d'un horodateur. Rue Lesdiguières, un "message artistique" sur format papier collé sur la fente à pièces d'une machine, pas loin de l'Ecole Supérieure d'Art de Grenoble. Rue Thiers, un stick placardé sur un horodateur avec ce message "La Tag rafle les sans papiers"...

Je m'arrête là.


L'horodateur, mobilier urbain "communicant"


Cette "vague d'expression" n'est pas nouvelle, bien au contraire.

Il apparaît clairement que l'horodateur devient un mobilier privilégié pour "faire passer des messages" sous des formes d'expressions diverses et variées, allant de la dégradation de l'appareil ou son empêchement de fonctionner... en passant par l'expression libre ou la manifestation d'un mécontentement lié à la réglementation en vigueur en matière de stationnement.

De nos jours, la majorité des mobiliers urbains sont pris pour cible : à se demander s'il existe assez d'espace ou de lieux d'expression libre sur la voie publique pour tout ceux qui désirent s'exprimer ainsi. Des graffitis sans âme, le plus souvent artistiquement limités, qui s'apparentent plus à des messages ou codes géolocalisés.

- je suis passé par là, voici ma signature... je viens de le faire... c'est excitant... je me sens libre... donc, j'existe auprès du public... qui me regarde à travers ce que je viens de faire -.

Drôle de support "communicant" pour favoriser ou lancer une expression.


De l'usage des horodateurs...


En France , braver l'interdit est un sport national. De nos jours, chacun a besoin de reconnaissance et d'exprimer librement ses idées... tout de même, jusqu'à un certain point.

Comme à l'accoutumée, il est probable qu'une infime minorité d'individus jettent leur dévolu sur ces horodateurs. Les autres n'ont pourtant rien demandé en échange, sauf le fait de pouvoir régler librement leur stationnement s'ils ont choisi de circuler et venir garer leur véhicule en ville.

En fin de compte, tout est fait pour limiter progressivement la circulation des automobilistes en ville. Les places de parking sont de plus en plus rare, prisées : face à notre mentalité en matière de circulation urbaine, le stationnement payant n'est apparemment pas prêt de disparaître. Viendra bien un jour où l'accès même en centre-ville deviendra payant ou fortement réglementé. En la matière, la ville de Londres a pris ces dispositions.

Comme de nombreux Grenoblois, plus les années passent et plus j'utilise mon véhicule exclusivement pour me rendre à l'extérieur de Grenoble . Entre ceux qui prennent leur voiture pour aller chercher du pain ou leurs enfants à 400 mètres de leur domicile et ceux qui la prenne pour des déplacements lointains non desservis aisément par d'autres moyens de transport, il y a tout de même... une sacrée marge !

En dehors de sa principale prérogative, si l'horodateur est psychologiquement un moyen complémentaire permettant de faire évoluer les esprits en matière de déplacements et de stationnements urbains afin qu'il y ait moins de véhicules en circulation en ville, ce mobilier urbain me paraît pour le moment, utile et nécessaire.

Paradoxalement, la plupart de ceux qui dégradent ce mobilier ou laissent des "messages" sur des horodateurs sont souvent les premiers à revendiquer et exercer une pression pour qu'il y ait moins de circulation de véhicules en ville.