13
06
2008
Geneviève Fioraso, députée de la première circonscription de l'Isère, fait le point sur sa première année de mandat à l'Assemblée nationale : interview
- Définition :
- circonscription
- genevieve fioraso
- interview
- legislatives 2007
Jeudi 12 juin 2008, je suis allé à la rencontre de Geneviève Fioraso, députée de la première circonscription de l'Isère.
Autour d'un petit déjeuner, l'ancienne assistante parlementaire d'Hubert Dubedout recevait quelques journalistes dans les locaux de sa permanence parlementaire, rue Voltaire à Grenoble.
Visiblement fatiguée et marquée par plusieurs sessions de travail parlementaires qui ont durée jusqu'à 2 heures du matin la veille et ces derniers jours, après avoir sauté dans un avion et pris un véhicule, la députée rejoint sa permanence locale pour dresser un bilan personnel sur sa première année de mandat à l'Assemblée nationale.
Accroître la visibilité du travail parlementaire au niveau local
En introduction, Geneviève Fioraso évoque les difficultés qu'elle rencontre pour améliorer la lisibilité du travail parlementaire au niveau local et souligne l'omniprésence médiatique de certains députés. "A l'Assemblée, les journalistes ont leurs interlocuteurs préférés, ils se parlent entre eux et se démarquent les uns des autres par des petites phrases pour la presse nationale (...) Du coup, on est jamais sur le fond des dossiers et au final, personne ne sait vraiment ce qu'on fait (...) Quand on est de plus dans l'opposition, on a encore moins de visibilité" explique la 7ème Adjointe de la ville de Grenoble.
Sur la forme, le bilan de cette première année à Paris reste contrasté. "Sur un an, on a passé beaucoup de projets de loi, les 3/4 en urgence alors que l'urgence ne se justifiait pas la plupart du temps (...) En menant des débats précipités, on les amène à les traiter de façon binaire (...) Sur l'exemple des OGM , du coup, on est contraint de traiter la question de façon passionnelle, entre les pour et les contre" souligne la députée de l'Isère.
Au sein des membres de la majorité parlementaire, beaucoup se plaignent de la méthode et du rôle dévolu au Parlement au moment où les conditions de travail au palais Bourbon ne sont pas toujours réunies.
Partant de ce postulat, Geneviève Fioraso souhaite faire connaître ses intentions et communiquer sur sa vie parlementaire au niveau local. Elle lance un nouveau blog sur lequel elle souhaite relayer ses interventions, travaux, projets et débats à l'Assemblée nationale. Ces jours-ci, elle publie notamment une lettre intitulée "Réal-iser" distribuée aux habitants de la première circonscription de l'Isère.
"Réal-iser" est également le nom d'une nouvelle association ayant pour but d'informer ses membres sur les réunions, actions locales et activités de la députée de l'Isère.
LME et réalités économiques sur le terrain
Sur le fond, Geneviève Fioraso revient sur le débat de la Loi de Modernisation de l'Economie (LME) actuellement en discussion à l'Assemblée et dans laquelle elle prend part.
"Dans le domaine qui me concerne, l'économie, je suis frappée par le manque d'ambition" ajoute la députée qui signalait déjà il y a quelques mois sur GreBlog "A droite comme à gauche, beaucoup d'élus à l'Assemblée ont une méconnaissance de l'économie, beaucoup sont assez loin de la réalité".
Geneviève Fioraso revient sur ce qui pénalise aujourd'hui l'économie française et ce qui pénalise d'obtention d'un point de croissance supplémentaire. "En France le problème, c'est qu'on a des PME - PMI trop petites qu'on arrive pas à faire grossir au delà de cinquante".
Selon elle, la loi LME ne prend pas la mesure des freins à la croissance de ces entreprises génératrices d'emplois. Des leviers existent, tels que les aides à l'innovation technologique, organisationnelle ou commerciale, le renforcement ou l'apport nécessaire en capital et des mesures visant à soutenir l'exportation.
"L'autre problème aujourd'hui dans notre pays, on a d'un côté les grands groupes, de l'autre, les PME - PMI (...) En Allemagne, ça fait des années que çà marche ensemble, entre les instituts et le monde de l'entreprise (...) En France, on ne sait pas irriguer les petites entreprises avec l'innovation alors qu'on sait que c'est çà qui fait de la plus-value" explique l'élue tout en révélant que la loi LME n'en prend pas le chemin.
"Small is beautiful"
"Small is beautiful (...) Entreprise, vous êtes petite, restez petite, on vous protège, vous et votre patrimoine". C'est en ces termes que la députée de l'Isère explique à demi-mot les objectifs visés par la loi LME.
Outre le fait que les mesures concernant la transmission d'entreprises ou la simplification administrative restent cohérentes, elle ajoute qu'on cherche toujours à valoriser ou protéger le patrimoine par rapport à l'esprit d'entreprise. Il est difficile pour une entreprise de grossir puisque le message à faire passer aux chefs d'entreprise porte essentiellement sur son patrimoine.
"On est dans un truc assez poujadiste, c'est démodé (...) La modernité, c'est allier la croissance, les liens entre les entreprises, le dialogue social et le développement durable (...) J'ai l'impression qu'on a pas tellement confiance ni dans les entrepreneurs, ni dans notre faculté à retrouver de la croissance, c'est valable pour la droite et la gauche" argumente Geneviève Fioraso.
Le cumul et la difficulté d'exercer son mandat
Geneviève Fioraso explique qu'il est précieux de disposer à la fois d'une expérience nationale et locale de terrain. "Sinon, on est déconnecté, on fait des projets de loi conceptuels, simplistes ou idéologiques (...) Pour avoir un non cumul, il faudrait à ce moment là, changer le statut de l'élu (...) On se rend compte qu'à l'Assemblée, il y a peu de diversité sociologique et de gens qui travaillent en entreprise à la base (...) Les députés pourraient facilement choisir de rester à Paris au lieu d'aller sur le terrain, on leur donne tout ce qu'il faut pour rester sur place" souligne t-elle.
Membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, la députée socialiste de l'opposition évoque la difficulté de faire passer des amendements tout en admettant qu'il est plus qu'indispensable de maintenir ses engagements. "Au niveau local, j'ai l'habitude qu'on avance tout de suite sur les dossiers (...) A Paris, c'est plus lent, donc pour moi, c'est frustrant, mais on arrive quand même à mettre des points" ajoute t-elle.
L'école, l'orientation et l'Université
Geneviève Fioraso estime qu'il est important de mettre l'accent sur l'éducation tout en misant sur une "orientation intelligente" des élèves. Approfondir l'apprentissage des langues à l'école ou dans la vie active est une nécessite. "En France, on a un système trop rigide (...) Au Parti Socialiste, je trouve qu'on est pas suffisamment courageux et on ne porte pas assez les questions d'éducation" avoue la députée.
Sans détour, elle rejoint les propos du Président de la République concernant les problèmes d'orientation des étudiants dans les Universités.
"On a fait croire qu'avec le vieillissement de la population, on aurait besoin de beaucoup de Psy dans le domaine de la gérontologie (...) Qu'on empêche pas les gens de faire Psycho mais est-ce que c'est normal d'accueillir 1000 étudiants en Psycho quand on sait qu'il n'y aura pas de place ou de poste pour eux (...) Sarkozy ou nous, je pense qu'on peut faire les mêmes constats comme sur les PME -PMI qui ne sont pas assez grosses, après il faut se donner les moyens (...) Ca peut être de la sélection par voie d'orientation" explique t-elle.
Les dossiers en cours sur la 1ère circonscription de l'Isère
Au niveau local, la députée continue de s'investir sur les dossiers qu'elle connaît bien dans ses domaines de prédilections.
Elle évoque l'urgence de la requalification d'Innovallée Meylan. "Plus de 3000 emplois perdus lors du dernier mandat, ils sont allés par exemple à Montbonnot (...) 17 classes fermées à Meylan (...) Sur Innovallée, il faut faire exactement comme ce qu'on a fait sur Bouchayer-Viallet, un état des lieux, de la mixité logements et activités sinon on arrivera pas à financer (...) On peut en faire une zone d'activité intercommunale" explique la députée.
Le second dossier est l'établissement de passerelles entre les différentes communautés existantes dans le domaine du logement et des transports.
Le troisième dossier est celui de la ligne du tram E. Les études sont lancées. La ligne doit passer par le cours Jean Jaurès. Sur Meylan, le choix n'est pas encore fait mais Geneviève Fioraso ajoute "Pour que la ligne marche, on a intérêt à passer là où il y aura des logements collectifs, de l'activité, de la densité (...) C'est quand même le principe du développement durable, on dessert pas les pavillons, on dessert plutôt là ou on mutualise".
Après l'avoir rencontré peu après sa victoire aux dernières élections législatives, Geneviève Fioraso confirme de nouveau son attachement au Palais Bourbon et son engagement au niveau du local. Femme de terrain, elle arbore avec enthousiasme sa volonté de faire remonter des expériences Grenobloises et des initiatives locales auprès des différents Ministres qu'elle rencontre même si elle avoue qu'il n'est pas facile de se battre pour proposer ou faire passer des amendements.
En audio, interview de Geneviève Fioraso (conjointement, France Bleue Isère, Radio Nostalgie, GreBlog MonGrenoble)
Billet rédigé par [ Chrys ]
vendredi 13 juin 2008 à 12:00
dans la catégorie > [ Politique ]
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Vos Commentaires
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Le tram E, le stade, la rocade, et vas y que je te requalifie la zone ceci, la zone cela, les zones "sociales" à la mode de chez nous. Oh la la qu'est ce qu'on dirait si une zone n'avait pas son lot de "social"!!!
Ou on le trouve ou tout cet l'argent? L'Etat donne plus rien, alors on devine là où on va puiser.
Madame Fioraso, c'est bien gentil de vous occuper des lois et des commissions ou de voir les ministres quand on sait que c'est la galère d'appliquer les lois en france. D'ailleurs, mieux vaut commencer par appliquer les lois qui existent déjà vous ne trouvez pas ? En france, on est champion du monde pour ca.
Madame Fioraso, que comptez vous faire pour le prix de l'essence pour les habitants de grenoble? Ce que vous faites à la capitale, c'est bien mais un député ne doit-il pas aussi savoir répondre à des questions simples qui touchent tout le monde et par que les chefs d'entreprises par exemple?
Et oui il est bien là le problème.
Tout le monde au Bac et ses 82% de réussite, tout le monde à la Fac pour glander les 2 premières années (espace détente comme on dit, on loupe, pas grave, on recommence ailleurs.............)
Va bien falloir mettre en place de la selection tôt ou tard qu'on le veuille ou non. Ca va s'imposer.
BRAVO !
BRAVO !
Quand on sait que Bouchayer Viallet, c'est l'espace des bobo-economik, j'imagine qu'à Meylan, ca passera sans difficulté votre concept de "requalification". Vu qu'à Meylan, la caisse est vide, vous pourrez faire ce que vous voulez.
Je kiffe le mot "requalification" dans la bouche des socialistes. Pas un projet sans qu'on parle de "requalification" à Grenoble. Ca doit être à la mode chez vous.
Pour reprendre vos propos, aujourd'hui, ce qui pénalise l'économie francaise, c'est de toute évidence la mentalité des français et leur refus d'accepter notre système de fonctionnement capitaliste.
Beaucoup de réalisme politique. Une vista du développement locale économiquement réaliste et durable .
Effectivement certains députés stars sont toujours interviewés(Mr Goasguen , Mr LELOUCHE et à gauche Mr AYRAULT et MR VALLINI, MR VALLS ) à la sortie des sessions du palais Bourbon .
Là dessus l'ouverture est à souhaiter pour les journalistes, qui comme tout le monde, cherchent aussi la facilité , l'accessibilité et le petit mot qui pourra être repris en rédaction. Etre journaliste politique n'est pas facile cependant .
Votre analyse des PME est tout à fait pertinente. Un vrai volontarisme politique serait de réorienter les abattements FILLON et les aides d'Etat ou des collectivités vers les PME.
Il faudrait créer un guichet unique PME/PMI de l'optimisation fiscale et sociale comme en disposent les grandes entreprises. L'Etat et les collectivités locales s'y retrouveraient grace à la taxe pro et à la TVA.
Bravo pour votre travail MME FIORASO .
@ GG : ben justement, la dame n'a pas parlé de la Rocade... Peut-être a-t-elle été frappé par quelques éclairs de lucidité dans la Capitale... A moins qu'elle n'ait rencontré des élus de Strasbourg ou de Bordeaux qui viennent d'annoncer l'abandon de leur propre rocade...
@ A. Denis: pour le prix de l'essence, faut en mettre toujours le même prix. Et aussi à penser à moins utiliser sa voiture. Et peut-être tenter de changer ses habitudes de déplacement... (si si, on y arrive, il y en a plein qui le font... même à Grenoble...)
Sinon, pourquoi un chef d'entreprise souhaite conserver un nombre limité de salariés (par exemple 49) et ne pas embaucher au-delà ? Une petite réflexion sur ce chiffre de 49 et les conséquences d'avoir 50 employés et plus serait intéressante....
@ A denis: vous croyez qu'une députée peut changer les choses devant l'augmentation du pris du pétrole. Vous sortez d'où vous?
Dès fois je me demande ce qu'elle fout au PS. Avec des idées comme ça, c'est pas au PS qu'il faut siéger, c'est soit au CENTRE, soit au PRG.
Vu l'état de délabrement au PS en plus.
Mais bon en politique, on a des copains alors on reste avec les copains (Destot, SDK, Hollande, ...); même si on est comme vous Mme Fioraso, à droite de la gauche comme Mr le Maire
MDR.
"Au Parti Socialiste, je trouve qu'on est pas suffisamment courageux et on ne porte pas assez les questions d'éducation". Il serait temps de se réveiller. Au ps, la logique politique c'est plus on donne des moyens à l'éducation nationale, plus le MAMMOUTH ira bien. FAUX, hélas. Ca fait 30 ans qu'on injecte et regardez le résultat!!! on est classé comme des mules en europe.
A propos de la pertinence d'un tracé de tram, pourquoi la ligne C passe par le Bd J Pain au lieu du Bd Clémenceau?
surement pour des raisons sociales et de développement durable...
On a droit à une bonne grosse critique bien juste du gouvernement SARKO de la part de Fioraso mais chose hallucinante, elle nous fait un petit cours sur les nanoparticules, les OGM et les nanotechnologies en nous expliquant dans l'interview qu'elle comprend pas qu'on soit contre les nanos et qu'on puisse fumer en même temps.
Heu... faut pas tout confondre à mon avis: un peu trop facile pour justifier les nanos en comparaison avec les fumeurs. Il y en a qui arrive pas à décrocher du tabac, ça fait un peu les fumeurs dans un coin, les nanos dans l'autre. La copie est à revoir.
Y'en a franchement marre de ces commentaires démago des mecs de l'ADES ! Fioraso est une députée active à l'Assemblée. Il faut vraiment être d'une mauvaise fois sans borne pour reprocher à un député de l'opposition de ne rien faire pour enrayer la chute du pouvoir d'achat, voire encore plus gros : le prix du pétrole !!! Vous vous discréditez vous-même, alors continuez à spammer tout ce qui bouge...
Et puisque vous vous permettez de distribuer des diplômes de bonne gauche, permettez moi d'ajouter qu'être de gauche, c'est être du côté du progrès social, pas de la réaction...