02
09
2008
Grenoble, vue par des touristes, des provinciaux, des européens... en vacances
- Définition :
- conges
- consommation
- consultation
- rencontres
Les vacances d'été 2008 s'achèvent presque pour tout le monde ou du moins, pour ceux qui ont eu l'opportunité la chance de partir cette année à la découverte d'autres horizons.
Ne nous cachons pas derrière les mots mais analysons plutôt l'effet les faits.
Cette année, les Français sont effectivement moins partis en vacances. Cette sensation fait place à une situation palpée sur le terrain. Une constatation d'autant plus évidente qu'elle témoigne des difficultés à aborder la rentrée scolaire pour de nombreuses personnes.
Plus de temps passé dans les magasins à éplucher les étiquettes. Vérification des prix à la pompe, restrictions des animations estivales. Le calcul l'emporte : c'est le porte-monnaie qui fut le fidèle compagnon de voyage du vacancier.
Le porte-monnaie, fidèle compagnon du vacancier
Les Français qui ont eu la chance décidé de partir cette année ont principalement privilégié l'hexagone. Par nécessité, des séjours plutôt courts, décalés ou écourtés dans le temps. Si possible, près de ses proches, dans sa famille, à seulement quelques centaines de kilomètres de chez soi ou dans sa région.
Un constat établi sur le terrain après avoir discuté avec de nombreux vacanciers ou professionnels du tourisme durant le rush estival.
Sur le terrain, l'hôtellerie et la restauration ont été partiellement boudées au profit des campings (bungalows toile, tentes, plutôt que mobile home...) et de la restauration rapide (sandwicheries rapides sur autoroute et aux abords des plages plutôt que carte de restaurants...).
Jamais, en cette période dite de "haute-saison", je n'ai vu autant d'emplacements vides et de locations vacantes dans les campings dans le Sud de la France (région Centre, Aquitaine...). Même constat dans les terres, à seulement une vingtaine de kilomètres des plages.
Dès la fin du printemps 2008, face à un climat social particulièrement tendu lié à la notion de "pouvoir d'achat" [1] au sein des ménages, j'appréhendais globalement la baisse de fréquentation touristique qui se profilait cette été.
Des vacances sans reservation
Cette année, nous avons opté pour une plus grande amplitude et liberté dans nos mouvements et déplacements [2].
Plus d'aléas, d'"itinérance" au jour le jour [3], de lieux à visiter, selon notre humeur et nos envies. Moins de contraintes sur le terrain . Aucune série de réservation systématique liée à l'hébergement ou à l'animation. Les enfants étant plus grands (4 et 6 ans), nous avons choisi avec ma femme le camping sous tente avec tout l'équipement sympa : réchaud, glacière électrique, smartphones [4], mini lecteur DVD, matelas, cerfs-volants, chaussures de randos, polaires...
Chose surprenante : alors qu'il est indispensable de réserver à l'avance une maison, un chalet, un mobile home ou tout autre location similaire en versant habituellement un acompte ou des arrhes, il a fallu parfois parlementer par téléphone avec des propriétaires de camping pour obtenir une place la veille de nos déplacements pour une ou plusieurs nuits sous tente. Alors même que tous les campings "visités" étaient loin d'être complets, force est de constater que l'objectif est de sous-tirer au maximum des frais de dossier annexes ou de réservation supposée auprès de la clientèle potentielle pour combler le manque à gagner au niveau du chiffre d'affaires de la saison. Une mesure commerciale pour ma part, difficile à admettre.
En famille, nous avons choisi de nous rendre dans le sud de la France.
La campagne (Saint Nectaire, les volcans du centre, l'Auvergne...). La mer (Hossegor, Saint-Jean-de-Luz, le pays Basque et l'Espagne...). La montagne (randos, Villard de Lans...).
Durant nos courts séjours, comme beaucoup, j'ai eu l'opportunité de discuter durant nos séjours avec quelques touristes, provinciaux et européens. Dès que l'occasion se présentait, je leur demandais comment voyaient-ils Grenoble, sous quel angle, et quelles représentations ou images gardaient-ils de notre ville, de notre région.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Grenoble est vue sous des angles assez surprenants. De quoi réfléchir, de quoi s'inquiéter parfois face aux diverses réactions recueillies sur le terrain.
Morceaux choisis :
Grenoble, vue par les vacanciers ou habitants de tous horizons
Commençons par la destination la plus proche :
Villard-de-Lans, Isère, Alpes
En terrasse de café, sur la place de l'Ours du village, quelques réactions en provenance d'une discussion anodine.
Un Tourangeau (Tours) : "Ici, c'est beau, on respire bien mais il me semble que chez vous en bas à Grenoble, vous avez toujours beaucoup de pollution non..? (...) Vous avez une équipe pas mal en foot cette année je crois et un nouveau stade (...) Il n'y avait pas eu une histoire de fou avec des gars qui dormaient dans les arbres à la place de votre stade ? (...) Alors, il y a toujours des règlements de compte de truands à Grenoble ? Ca donne pas envie de venir sauf sur vos montagnes"
Un couple d'Anglais en location chalet : "Chez nous, en Angleterre , on a aucun sommet supérieur à 1000m (...) quand on est sur le balcon ici, on est déjà plus haut, c'est fantastique (...) Avant d'arriver, on croyais qu'on faisait du ski à Grenoble, mais en fait, il faut monter dans les montagnes, ce n'est donc pas une station de ski en bas comme on nous avait dit mais une grande ville de passage, il me semble".
Saint-Nectaire, Puy-de-Dôme, Auvergne
La boulangère en bas de l'Eglise : "Ah ben oui, chez vous, y a le ski, il fait froid tout le temps, y a pas beaucoup de soleil dans votre patelin (...) j'irai pas vivre chez vous moi, je suis bien ici (...) Nous, on a des volcans, des châteaux du Moyen-Age pas loin, un casino pour jouer et du bon fromage (...) Chez vous, y a de la noix hein c'est bien ça... mais vous en faites quoi, c'est quoi ce que vous mangez ?".
Un Montpelliérain (Montpellier) m'accompagnant dans la queue pour une animation au parc Vulcania : "C'est marrant parce que Grenoble pour moi, c'est pas une ville dite de culture, c'est une ville de labos, de chercheurs... vous devez pas trop faire la fête, je me trompe ? (...) C'est plutôt Montpellier la ville de culture en France, on a le soleil et la mer, on est des fêtards (...) Pour moi Grenoble, on y va pour le ski (...) Et vous, dites-moi ce qu'ils font les Grenoblois ? Ça bouge ou pas chez vous ?".
Marmande, Lot-et-Garonne, Aquitaine
Le propriétaire d'un camping : "Fait pas souvent beau chez vous à Grenoble (...) Paraît que y a plus de neige en station pour faire du ski avec le réchauffement climatique (...) Vous savez, mon truc c'est le vélo et je dis je dis chapeau à la Longo, c'est complètement fou ce qu'elle fait (...) Ma fille a passé 6 mois en stage là-bas à la fin de ses études, elle s'y plaisait bien mais y avait pas de boulot pour elle à Grenoble à la sortie d'après ce qu'elle m'a dit, elle cherchait un poste dans le social et le culturel, elle m'a dit que c'était verrouillé. Là, elle a trouvé un bon job à Toulouse ".
Hossegor, Landes, Aquitaine, Côte d'Argent
Un pizzaiolo dans son camion pizza ayant travaillé 5 ans comme pâtissier à Saint-Ismier : "Ah bonjour Grenoble, alors... c'est bon, il est enfin fini le nouveau tram des boulevards ? C'était la chianli tous ces travaux, fallait voir (...) C'est qui maintenant le Maire, c'est Carignon ou Destot ? Non je déconne (...) Celui là alors, c'est un requin moi je vous le dis, il a fait ce qui a voulu et vous vous rappelez l'histoire du nuage de Tchernobyl ? Bah, c'est du passé maintenant (...) Ça chauffe toujours ou pas à Teisseire ? C'est pas là qu'il y a eu des meutres y a pas longtemps ? (...) Par contre, le foot, là... ca y va, hein... le stade tout neuf et la montée de Grenoble en Ligue 1... doit y avoir des petites enveloppes qui circulent (...) Sur le coup, j'ai jamais compris pourquoi ils ont choisi de faire ce foutu stade en pleine ville ?".
Si on s'amuse à faire un petit bilan non exhaustif...
A Grenoble, il fait souvent froid, il y a bientôt plus de neige, on manque de spécialité gastronomique, on s'entretue de temps en temps, il doit toujours y avoir Alain Carignon, il n'y a que des chercheurs, pas beaucoup de culture... au final, on ne doit pas beaucoup s'éclater dans notre contrée. Un seul trait, un seul angle de vue revient sans cesse : le ski.
Quelles belles images, n'est-ce pas ?
Billet rédigé par [ Chrys ]
mardi 2 septembre 2008 à 15:08
dans la catégorie > [ Réflexion ]
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Vos Commentaires
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Et oui, il ne faut pas oublier qu'on est relativement une "petite" ville ou pas beaucoup de gens sont déja passés. Du coup, le stéréotype du ski a encore de beaux jours devant lui.
L'actualité, par définition, retient l'évenementiel : pour completer le ski on a donc comme autre stéréotype une ville proche de l'italie et donc contaminée par la violence mafieuse !
Maintenant on aura aussi le foot mais ça changera rien à l'image de notre ville, ça aura plutôt pour conséquence de la banaliser...
y en a pas un qui t'a parlé greblog ??? ;)
ah les paysans...
Qui doit faire un effort pour changer notre image ? je vous le demande haut et fort EN MILLE :
nous autres, les habitants ? ou alors le maire en place et son pouvoir de faire changer cette fallacieuse image ? les médias qui je suppose, entretiennent bien ce qu'on doit bien penser à tord et à travers sur Grenoble.
Alors avant de penser à faire les JO 2018, faudrait penser à changer dèjà la belle image de la ville que voilà.
Pas étonné par ton rendu.
Bon petit article sympa en tout cas.
- Gustave - Hoche
Ca ne m'étonne pas vraiment...
Y a un petit moment, j'avais fais des photos de Grenoble que j'avais publiée sur un forum. La majorité ont répondu "ha ben je voyais pas Grenoble du tout comme ça !", tous agréablement surpris ! Certains disaient qu'ils voyaient Grenoble comme une ville sombre et industrielle, plutôt vieillotte. En fait ils passaient une fois par an sur la rocade pour aller au ski et se faisaient une opinion comme ça. C'est vrais que les abords de la rocade et de l'A480 sont littéralement pourris (quoique pas pire que beaucoup d'autres villes) et qu'il y a encore de gros efforts à faire. Mais c'est clair que Grenoble souffre encore d'une mauvaise image.
La boulangère a pas du souvent voyager dans sa vie. Impressionnant comme elle parait... arriéré :-?
Mais témoignages sympa et instructifs sur l'image de Grenoble hors de Rhône-Alpes... ça me donne des idées pour mes prochaines "sorties".
@fil: on peut pas dire que quelqu'un est arriéré parqu'il parle comme les gens de son territoire. je pense que chacun parle en fonction de là où il est né et ou il habite et rien d'autre. C'est juste qu'il parle différent.
se moquer c'est pas bien.
marre du ski!! marre des ingénieurs! marre des JO! cette ville dort des qu'on touche 22h à part le jeudi. C'est mort la nuit! ca vaut pas rennes par ex.
HB, si t'en a marre, reste pas ici, ca vaut mieux pour toi...
@ VanB : Heureusement que j'ai précisé "elle parait"... parce que sinon, j'ose même pas imaginé le procès que j'aurai subi... et je ne dis pas ça sur la forme de son propos mais sur le fond + la forme.
@ HB : T'es de Grenoble toi ? T'attends quoi pour partir ? :) T'as oublié "marre des montagnes" et "marre des étudiants". Et moi je rajouterai "marre des insatisfaits" ^^
@ GUS : Et les JO tu ne crois pas que ça participe grandement à changer l'image d'une ville ? L'image extérieure que donne une ville est principalement engendrée par les médias. Quoi de plus fort médiatiquement que l'organisation des JO ? Regarde juste comment les Français en général ont appris où était Grenoble juste par le fait qu'ils ont été 1ers de L1 pendant une semaine ! ^^
Juste pour conclure, il me semble quand même que Grenoble est pas mal placée du tout selon l'enquête des "villes les plus agréables de France". Sans faire injure à ces villes, j'suis tellement mieux à Grenoble qu'à Quimper, Maubeuge ou Epinal... Faut un peu arrêter de cracher dans la soupe à un moment donné.
super ta photo
ca donne pas envie de se baigner
même pas 3m de libre
c'est quoi? des tantes sur la plages?
Y a juste un truc qui me choque tu vois ; on voit bien que la différence est là. En fait, t'as sur un plan les médias et les journaux qui font leur enquête sur les villes et se genent pas pour les classer (on sait jamais si c'est fiable) et sur un plan différent, t'as les gens qu'on interroge comme chrys l'a fait (donc pas par téléphone tu vois de Paris) et le résultat est que les jugements sont souvent tres opposés ; alors faut-il preferer lire les journaux ou écouter les touristes qui sont des personnes comme vous et moi si on leur demande ce qu'il pensent de Gre???Y a pas photo pour moi, interroger les gens de vive voix, c'est plus réaliste à mon avis et c'est moins tordu à faire sur les critères.
Flo, je remet dans le contexte ton dilemme :
D'un côté y'a sondage informelle au gré des rencontres auprès de... 6 personnes.
De l'autre côté, y'a sondage auprès d'un échantillon représentatif de la population de plus de 1000 personnes + études sur le climat, la mortalité, le niveau d'études, le taux de chômage et probablement une grosse quinzaine d'autres indicateurs.
Après si tu préfères rester avec tes 6 nouveaux amis...
Les chiens aboient et la caravane passe...
Heureusement que tu n'as pas dit que tu venais de St Etienne ; avec les villes du Nord ça ne marche plus le côté misérabiliste puisque depuis un certain film elles sont devenues "tendance": dans ce monde versatile, l'opinion de tous fait souvent l'opinion de chacun...
Grenoble est une ville si laide qu'il faut pas s'étonner de cette image.
Le centre ville est sale, tagué à tout va, la gare, l'office de tourisme et le tram sont ringards. Sans parler des grands boulevards.
La ville évolue pas depuis un moment à part pour les chercheurs et Minatec, bref on se contente et on se réjouit d'une big zone indust : le polygone !
De toutes les grandes villes, je pense que c'est vraiment la ville la plus moche.
Mais vivante, c'est toujours ça.
Les montagnes ne font pas tout, loin de là.
@ Maxime : Encore une preuve qu'une image reste longtemps, même dans la tête des grenoblois ! Tu es allé te ballader sur les quais et dans le vieux centre, la nuit ces derniers mois ? Ils ont quand même refait TOUTES les façades du vieux centre-ville, et des quais, et ils ont revu tout l'éclairage. Faut pas deconner, ils ont fait des efforts monstres depuis ces dernières années. En particulier 2007.
Les grands boulevards c'est pareil, va donc voir, ils ont refait toutes les façades.
Maintenant il est clair que pour le reste de la France, c'est mitigé :
* Une partie de gens plutôt "cultivés" connaissent un peu Grenoble (dans le sens qu'il la connaissent autant que ce que nous on sait des autres grandes villes). * Une autre partie (visiblement majoritaire), comme les 6 compères de l'article, n'y connaît absolument rien et dort sur l'image que la ville avait il y a 60 ans... C'est pas simple tout ça.Même si y'a tous ces gens qui ne connaissent rien à notre belle cité, je pense que le développement économique que la ville est en train de se faire, la réputation de très bonne ville étudiante qu'elle a déjà, ses efforts d'innovation en urbanisme (habitats durables) et bien evidemment (qu'on le veuille ou non) le FOOT... je pense qu'avec tout ça d'ici une décénie ou deux, l'image changera encore et encore, en bien théoriquement.
Oui oui, ils ont repeint quelques façades, rénové deux trois placettes, refait des trottoirs tout neuf sur les Grands Boulevards, mais ça s'arrête là.
Ca enlève pas que les constructions sont immondes (surtout sur les boulevards), qu'il n'y a aucune harmonie entre les différents quartiers de la ville, que l'ambiance est terne, grise, que les rues du centre type De Bonne, de la Poste et consoeurs sont défoncées; qu'aucun pavé n'est de la même couleur, ne parlons pas des voies du tram défonsées, de la place Vaucanson saccagée...
La ville est laide, elle n'est pas au niveau des autres.
Va à Strasbourg, à Lille, Rennes, Nancy ou Montpellier, tu te rendras compte de la qualité des aménagements urbains, du soin apporté aux matériaux utilisés pour les rénovations des rues et des places; etc.
Je persiste et je signe : Grenoble est une ville décousue, sale, triste et laide.
En plus des touristes, on est une bonne part d'autochtones à partager cet avis, c'est dire...