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2008
Conseil municipal extraordinaire pour la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018 : ambiance et petites phrases
- Définition :
- candidature
- conseil municipal
- jeux
- jo 2018
Lundi 6 octobre 2008, la Ville de Grenoble tenait un Conseil municipal extraordinaire à la Halle Clémenceau afin de délibérer et d'entériner la candidature de Grenoble à l'organisation des XXIIIe Jeux Olympiques et paralympiques d'Hiver de 2018 (lire mon précédent billet sur le sujet).
Cette séance exceptionnelle s'est déroulée en présence notamment d'invités de marque, tels que David Smétanine
, médaillé olympique, Jacques Guillot, Président de l'Association des stations de l'Isère, Gilles Dumolard, Président de la CCI de Grenoble, Géo Perli, Président du COLJOG, Guy Margotton, Président du CDOS, Didier Rambaud, Vice-Président du CG38, Didier Migaud, Président de la Métro.
Objectifs affichés : sensibiliser le public, les médias et le comité Olympique
L'objectif principal de cette séance "délocalisée" était d'attirer l'attention des médias et des instances du CNOSF sur la capacité des collectivités à s'engager dans le processus de candidature aux JO et de révéler la réelle motivation cohésion des acteurs sur le dossier.
L'objectif secondaire était de sensibiliser le public Grenoblois sur la teneur du dispositif de candidature, de lui permettre d'assister en direct à la délibération [1] et d'écouter les discours des différentes orateurs et chefs de file des formations et groupes politiques locaux.
Habituellement à la mairie, le Conseil municipal de Grenoble n'attire pas le public. A peine plus d'une vingtaine ou une trentaine de curieux : souvent, toujours les mêmes, en grande majorité des seniors. Cette séance exceptionnelle a attiré plus de 600 personnes à la Halle Clémenceau. Une variable significative, quand on sait que la Mairie a cherché à communiquer sur l'événement que très récemment.
Ambiance à la Halle Clémenceau
A 19h25, à pied et à vive allure, le maire de Grenoble traverse seul le parc Paul Mistral et rejoint ses collèges de groupe. A l'entrée de la Halle, le service d'ordre laisse entrer le public sous un oeil vigilant. A l'extérieur, les opposants au principe de la candidature sont nombreux et organisés pour distribuer des tracts au public.
A l'intérieur de l'ancienne patinoire de Grenoble , la salle du Conseil se présente en "triangle". Un écran géant projette les images du Conseil. Au sommet et au centre, le maire et ses proches collaborateurs. De chaque côté, les membres du Conseil sont répartis par groupe. En face et en frontal, une grande table réservée aux médias. Je rejoins le pôle presse.
A 19h42, un opposant réussi à se faufiler avec entrain sur la scène, interpelle de vive voix les premiers élus qu'il rencontre et commence à leur distribuer des tracts tout azimut. Le service d'ordre intervient en douceur. Sur le coup, l'individu se met à jeter en l'air sa collection de tracts. Sitôt, il est maîtrisé par les agents qui l'évacue immédiatement du plateau central. Le public siffle... ou applaudit.
La séance débute. Il est environ 19h50.
Le principe de la candidature
En 2007, les villes d'Annecy, Gap et Grenoble se réunissait au sein de l'association "La montagne pour 2018" présidée par Pierre Mazeaud pour tenter de propulser une candidature française unique aux JO de 2018 et de "calmer le jeu" entre les villes concurrentes (voir quelques villes candidates).
Le 24 septembre 2008, le CNOSF a officiellement acté le principe d'un appel pour une candidature française aux Jeux Olympiques d'Hiver de 2018. Le 29, le projet de délibération en séance était soumis à la Conférence des Présidents.
Le temps est précieux. La dynamique est portée par le temps. Le temps, c'est de l'argent...
Pour Michel Destot, député maire de Grenoble, "La candidature est issue de trois constats (...) celui de l'attachement des Grenoblois à l'histoire olympique de notre ville (...) celui de l'adéquation entre les valeurs de l'olympisme et l'identité même de Grenoble (...) celui de l'exceptionnelle opportunité pour faciliter le développement de notre région et répondre plus rapidement aux grands défis que sont la crise du logement et le désenclavement de Grenoble et de son agglomération (...) Les soutiens de Département de l'Isère et de Grenoble Alpes Métropole sont acquis (...) des stations de montage, des maires, des sportifs, des entreprises avec la création de l'association Pro JO Grenoble 2018 [2] à l'initiative de la CCI de Grenoble".
Le slogan : "Grenoble 2018, l'Isère Olympique".
Discours des intervenants en séance...
Tour à tour, les différents élus, porteurs et opposants issus des différents groupes politiques s'expriment avant de passer au vote final. Durant les exposés, une partie du public s'agite, n'hésitant pas à couper la parole des orateurs à maintes reprises.
Michel Destot intervient : "Qu'on soit pour ou contre, je vous demande de respecter les orateurs". La majorité du public applaudi.
Stéphane Sieberg, Adjoint au Developpement durable et aux Jeux Olympiques expose les atouts de la candidature de Grenoble. "Notre candidature est la meilleure (...) Nous bénéficions de la ferveur olympique de 1968 (...) d'un site extraordinaire (...) d'une densité exceptionnelle de notre tissu économique".
David Smétanine , médaillé paralympique de Pékin 2008, très ému par la solennité du dispositif, ajoute "Le message est simple, on a perdu la candidature des JO de 2012, on doit présenter celle de 2018 (...) Vous n'imaginez pas à quel point le pari en vaut la peine".
Gilles Dumollard, Président de la CCI clarifie la situation "C'est un bon en avant de 20 ans (...) Ne croyez pas ce qu'on peut entendre (...) Je ne m'associe pas à Michel Destot pour avoir un accord sur la Rocade Nord (...) La candidature aux JO dépasse tous les clivages politiques".
Fabien de Sans Nicolas, nouveau Secrétaire national de l'UMP chargé de l'Animation explique sa position. "Notre devoir d'élu est d'assurer en permanence une vigilance citoyenne et démocratique (...) Ces jeux sont justement un moyen pour nous de faire aboutir nos idées qui sont parfois,disons-le, caricaturées ou dévoyées par ceux là même qui se les réapproprie au gré des opportunités politiques (...) Je souhaite qu'il soit ceux de la maîtrise des coûts sans augmentation de la fiscalité locale (...) Il n'est pas question d'assommer encore plus les Grenoblois (...) Peut-être pourrions-nous demander aux Grenoblois de se prononcer par un référendum local".
Matthieu Chamussy, Président du groupe Majorité Présidentielle au Conseil municipal ajoute "Le CNOSF veut un dossier de candidature qui s'inscrive dans une démarche de développement durable et d'aménagement du territoire (...) Nous voulons faire de cette obligation une ambition (...) Nous n'accepterons pas - d'impôts JO -".
Gwendoline Delbos-Corfield, membre du groupe Ecologie et Solidarité argumente "L'envie de créer un événement fédérateur et durable est très séduisant (...) Il n'y a pas besoin de payer pour sa candidature, ni d'attendre le résultat d'un concours de lobbying (...) Nous n'avons pas d'informations pour délibérer, ni de budget, ne de dossiers sur les équipements et sites olympiques (...) Munich annonce qu'ils ont un budget de 35 M€ pour cette candidature (...) On trouve le chiffre de 24M€ à se répartir entre les 4 collectivités locales (...) On parle aussi de 20M€ avec la moitié venant du privé. C'est inquiétant ce flou sur l'argent, à l'heure d'une crise financière grave (...) Sur les 30 villes mondiales qui seront sélectionnées, quelles sont sérieusement les chances de Grenoble ?"
A son tour, Philippe de Longevialle, Président du MODEM en Isère expose son point de vue et répond "On peut être contre les JO mais Je trouve que 20 M€ pour un évènement aussi exceptionnel, ce n'est pas grand chose (...) On peut parler de la fonte des glaces dans les Alpes, je ne vois pas en quoi les JO y participe (...) Grenoble est l'olympisme (...) La ferveur populaire fera la différence, ce sont des Jeux qui nous transcence, qui nous ressemble, qui nous rassemble (...) Plus vite, plus haut, plus fort (...) des Jeux plus près, tout prêt, ici à Grenoble, tous ensemble".
D'autres orateurs sont venus exprimer leur inquiétude, compléter ou soutenir l'idée de candidature. Pêle-mêle, Pascale Modelski (UMP SC), Hakim Sabri (ADES), Stéphane Gemmani (MODEM), Patrice Voir (PC), Abderrahmane Djellal (PS), Georges Lachcar (RDG), Hakima Necib (GO)...
... et quelques petites phrases du public
Durant les exposés des personnalités, certaines personnes du public n'ont pas hésité à couper la parole aux orateurs dans le but de contrecarrer certaines propositions ou revendiquer leur totale désapprobation au sujet de la candidature de Grenoble pour les JO de 2018.
Extraits, tout azimut :
"Et qui c'est qui va payer ? Toujours les mêmes comme d'habitude Monsieur Destot (...) Grenoble, c'est pas la Silicon Valley, votre truc, c'est un scandale et c'est dans vos rêves (...) Et les impôts et les taxes alors, vous allez voir, ça va quadrupler comme en 68 (...) Vaut mieux que les Grenoblois ouvrent bien grand leurs oreilles parce que ça va leur retomber dessus tout bas (...) Allez... arrêtez vos discours, vous êtes tous des guignols vous tous assis"
22h03 : vote d'un amendement sur la notion de "projet fédérateur" lié au soutien des collectivités : adopté.
22h04 : vote du Conseil sur le dépôt de la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques et Paralympiques d'Hiver de 2018 auprès du Conseil national olympique et sportif français. Autorisation du Maire de Grenoble à engager toute démarche relative à ce dépôt de candidature...
... 53 voix pour, 6 contre : adopté.
Fin de séance.
Billet rédigé par [ Chrys ]
mardi 7 octobre 2008 à 14:52
dans la catégorie > [ A la Mairie ]
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Vos Commentaires
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Belle ambiance bien pompeuse n'est-ce-pas? Combien ca coute d'aller à Clémenceau? On peut savoir le chiffre? Déjà que la ville arrive pas à suivre le budget + 20 m ailleurs...
Destot y croit, c'est l'essentiel.
La crise financière va avoir ses répercutions tôt ou tard et on annonce des grand JO en 2018 sur le modèle de 1968. Brave gens, votre oreiller sera votre seul réconfort. Dormez dormez dormez mes chers voisins de palier, la note arrivera bien un jour. C'est comme la grande dame Sségolène qui fait son show au zenith avec des staaaaars (dans le verbe, s'il vous plaît) pendant que madame s'amuse, le monde tremble dans la finance.
VIVA LA VIDA.
J'ai adoré la première page du Dauphiné Libéré de mardi qui stigmatisait les verts et leurs 6 votes contre. "Si ca marche pas, ca sera de votre faute!" :D
Nous portons les couleurs de GAP.
Rendez-vous le 22/10/08 à 16h00 à l'Assemblée nationale en présence de tous les élus concernés et de tous les acteurs sportifs et économiques du dossier.
2018, Alpes du Sud, la candidature nature!
Si Grenoble a les JO en 2018, on va faire la fête. Trop génial.
Sinon, quelqu'un peut il me dire quand on aura la ville qui sera choisie?
Moi je trouve cela très bien.
Je sais cher Chrys que ce sujet sera bientôt submergé de commentaires anti JO provenant d'écolos qui vivent encore à l'âge de pierre. Des gens qui vont nous expliquer que les JO sont responsables de la fonte des glaciers.... A tous ces écolos de salons, je me permets de leur dire qu'ils vivent aujourd'hui grâce aux JO de 1968, car, même s'ils s'en défendent, la grande majorité d'entre eux travaillent dans la recherche ou la fonction publique et si ces deux domaines sont tant développés dans notre ville c'est aussi et surtout grâce à l'essor qu'à pris notre ville en 1968.
Alors je dis sans encombre à ces verts qui dépriment ici : quitter cette ville et allez vivre (sans les deniers publics) là où vous estimez que vos principes (que même vous ne respectez pas) vous mettrons face à vos réalités !
J'étais là quand le gars a foncé sur les élus. Je dois dire que ca m'a pas plus surpris que ca de le voir entrer quand on voit la troupe de manifestant qu'il y avait dehors avant de rentrer. Ca fait un peu desordre avec en plus la dame qui parlait sant arret quand un gars faisait son discours.
Comme quoi, les habitants sont pas tous pour ces JO.
Si ces JO ne plmoba pas la ville, alors je dis oui aux JO. Sinon, ya plus qu'a attendre 40 ans pour finir de payer mon appartement (c'est mon banquier qui va aimer, pas moi).
Merci à greblog pour les infos.
Qui n'essaye rien n'a rien. J'approuve ce que fais Monsieur Destot et toute son équipe. J'ai 61 ans et j'ai connu les Jeux de 68 que je n'oublierai jamais. Si notre belle ville de Grenoble a une chance, alors bonne chance pour la candidature.
Un référendum?? pourquoi faire Mr de Sans Nicolas de l'UMP? Plus de 60% des habitants sont déjà pour les JO.
20 millions comme dépôt pour le dossier, BELLE SELECTION PAR L'ARGENT ! si on ajoute en plus les jeux de neige en décembre. L'addition s'il vous plaît!
53 oui et 6 non. MDR! on frole les 90%. Ca me rappelle les scores des pays du pacte de Varsovie. Je me la coupe si 90% des habitants à Grenoble sont POUR les JO en 2018. A mon avis, il le sont mais vers 70 guere plus. Ca fait minimum 20% d'écart.. On représente les intérêts economiques ou les intérets de la population?
@virgule flottante: qui a dit qu'un conseil municipal d'une ville était le miroir parfait de la population qu'il représente ? Si c'était le cas cela se saurait... Ce qui importe c'est qu'une majorité se dégage afin de prendre une décision sinon on n'avance pas ! Pour information les élections municipales dans les communes de plus de 3500 habitants (c'est donc le cas à Grenoble) est un scrutin proportionnel de liste avec prime majoritaire Etonnant pour quelqu'un qui se prénome "virgule flottante" ne sache pas comment son gérés les arrondis... ;-)
j'ai travaillé plusieurs années à la Ville de Grenoble, de 2001 à 2005. Je ne me définis pas seulement comme personnel administratif mais aussi comme administrée. Quand on évoquait les JO à la mairie, on parlait du remboursement des dettes contractées pour les JO de 1968.. qu'on payait encore en 2004... Alors soit, ça permet d'btenir des énormes subventions d'Etat, ça transforme le territoire, ça crée des rocades et des emplois.. (cela dit il faut voir lesquels !). Mais qui paie l'aménagement du foncier ? Vouzémoi.