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10
2008
Un Grenoblois à Paris, heureux de revenir à Grenoble
- Définition :
- paris
- reflexion
- rencontres
- voyage
Le week-end dernier, je suis monté à Paris avec mon fils aîné.
Sur proposition, ce grand gaillard [1] avait le choix de recevoir en cadeau pour son sixième anniversaire un jouet, des vêtements ou d'opter pour un petit voyage express à Paris avec son papa.
Sans aucune hésitation, il évacue jeux pour la Wii, Kaplas, Lego, pack de petites voitures et autres... et choisi la dernière option.
Mon fils aime l'histoire, imaginer l'avenir, ce qui lui permet de comprendre le fonctionnement du quotidien. Paris représente pour lui la maison des rois, le château du chef de la France. Une ville où l'on voit les choses "en grand", un endroit où les gens font beaucoup de choses, où tout s'explique dans les musées...
A son âge, difficile d'être plus explicite lorsqu'il me fait part de son enthousiasme :
"Papa, c'est trop top, j'ai trop envie d'aller à Paris et de prendre le TGV qui va très vite et qui fonce (...) Tu sais, j'ai envie de monter tout en haut de la Tour Eiffel et de prendre le tram sous la terre de Paris (...) J'ai envie d'aller voir aussi le Musée des dinosaures et après, tu pourras me montrer le château du Président de la France qu'on a vu à la télé (...) Et puis tu m'a dis aussi qu'il y avait un endroit où on peut voir toutes les voitures de la planète Terre et moi j'ai envie de voir la Ferrari de Massa et des gros 4x4 super Turbo en vrai comme mes HotWheels [2] (...) C'est trop méga, alors s'il te plaît, on peut y aller à Paris..?".
La joie d'un enfant est souvent liée à sa clairvoyance.
Vendredi 10 octobre 2008
Nous montons dans un TGV direct pour Paris. A bord, les premiers passagers prennent possession des compartiments. Quelques minutes après le départ, premiers échanges vigoureux entre trois passagers. L'un d'entre eux sent la cigarette à plein nez et ses vêtements sont fortement imbibés par la cigarette. En un rien de temps, l'odeur nauséabonde se répand dans la voiture TGV. Et ce qui devait arriver arriva.
L'un des passagers assis en face du "fumeur" décide discrètement de s'asseoir ailleurs, provocant la colère d'un autre passager soucieux de vérifier l'attribution des numéros de place de chacun dans son sillage, tel un contrôleur. Très vite, la politesse entre adultes s'efface au profit des insinuations les plus alambiquées, révélant les capacités de chacun à juger autrui en fonction de son apparence.
Sur le vif, difficile d'expliquer avec tact la séquence à mon fils, tellement la situation relevait de l'absurde et du mépris.
Dès notre arrivée à Paris, nous rejoignons à Neuilly
l'un des blogueurs français les plus influents populaires dans le domaine des technologies mobiles. Tous ensemble, nous décidons de prendre quelques sandwiches (6€ l'un, au Pont de Neuilly contre 2,90€ en moyenne à Grenoble) et de nous poser dans un square.
Le soleil est au rendez-vous. La chaleur est forte. Au cours de nos conversations orientées sur les dernières technologies et la blogosphère, le blogueur me signale à maintes reprises "Tu sais Chrys, ça fait bien longtemps que Paris n'avait pas eu un temps aussi chaud, radieux et agréable pour la saison (...) Franchement, faut vraiment en profiter aujourd'hui, ça fait bien longtemps qu'on a pas eu un temps aussi bon". A méditer...
Ce que j'aime quand on arrive à Paris, c'est le changement de style et de comportement. Très vite, on n'oublie pas la facilité avec laquelle on a l'opportunité de se déplacer à Grenoble.
A Paris, à tous les instants, il faut rester éveillé et vigilant.
Veiller plus qu'ailleurs à ses bagages, à tenir en permanence la main de son fils dans les déplacements. Savoir décrypter la nomenclature des transports inter modaux, se déplacer sans se tromper de ligne et de zones tarifaires, se mettre en priorité à droite sur les escalators pour éviter de se faire bousculer, jongler avec les offres de réductions de la RATP pour un court séjour, éviter les heures de pointe dans la capitale ou tout simplement... rester très patient dans les files d'attente...
La Tour Eiffel est à notre portée.
Après avoir été fouillé deux fois à l'entrée comme si on passait le portique de détection avant d'embarquer dans un aéroport, nous avons du patienter 1h25 pour prendre les billets nous permettant d'accéder dans un premier temps au second étage de la Tour Eiffel. Ajoutons 55mn d'attente pour prendre le second ascenseur nous amenant au troisième étage de l'édifice.
Ce vendredi n'était pas un jour de pointe.
Par ailleurs, notons le dynamisme des "dames pipi" des toilettes situées à 300m de hauteur, qui vous suivent à la trace et passent manuellement un petit coup de "pchit-pchit" dès que vous ouvrez la porte après avoir "fait vos besoins". Un peu gênant tout de même...
En fin d'après-midi sur les Champs-Elysées , juste en sortant du Show-Room Peugeot près du Lido, nous avons assisté en direct à un accrochage sous le tunnel passant sous la Place Charles De Gaulle - Etoile. Une fourgonnette transportant de longues échelles de chantier a percuté le haut du tunnel à vive allure, entraînant l'arrachage de la grille du véhicule, du matériel... et d'innombrables freinages de voitures.
Nous venions d'éviter de justesse un carambolage monstre en plein Paris.
Samedi 11 octobre 2008.
Avant de rentrer en fin de journée sur Grenoble en TGV, nous avions prévu de nous rendre au Mondial de l'Automobile 2008 à Paris, Porte de Versailles.
Afin de faciliter notre déplacement, nous envisagions de rejoindre l'ouest de Paris par la ligne A du RER, direction Etoile, puis de prendre la ligne 6 (Etoile - Nation) du métro pour rejoindre la correspondance avec la ligne 12 (station Pasteur), direction Porte de Versailles. A peine descendus du métro de la ligne 6 (Pasteur), nous nous retrouvons nez à nez devant une foule compacte et dense, figée dans le premier couloir de correspondance menant au quai suivant. Sur le moment, nous observions des touristes et des parisiens très énervés, dégoulinant de sueur, tentant de "sortir de cette jungle urbaine", bousculant au passage les autres usagers.
L'un deux, très excité et éprouvé, se mit à gueuler "C'est pas la peine d'avancer plus loin (...) le 12 passe toutes les 3 minutes, ils sont tous plein à craquer dedans (...) Sur le quai, c'est impossible, personne n'arrive à monter, c'est de la folie pure (...) Si vous voulez forcez pour le Mondial, je vous conseille de prendre le 12 dans l'autre sens et de monter dedans plus haut pour essayer de redescendre en direction du salon si on peut l'atteindre, sinon, je vois pas comment on peut faire, c'est le délire ici...".
Jamais je n'ai assisté à une telle situation, plus critique qu'un jour de grève à la RATP (synonyme d'absence de circulation régulière des métros, bus ou RER... ce qui n'était pas le cas ce samedi : la RATP avait prévu de faire circuler de nombreuses rames sur la 12). En comparaison, même une simple bousculade dans un concert rock n'est rien par rapport à ce que j'ai pu vivre et observer (voir la photo).
Une situation plus que dangereuse : des usagers positionnés en permanence à quelques centimètres de la bordure du quai, des rames arrivant à vive allure, des appels contradictoires des agents de la RATP invitant tout le monde à reculer ou à occuper l'espace. Il aurait suffit qu'un déséquilibré pousse une partie de la foule pour que...
Prenant son mal en patience, un provincial jovial a eu la bonne idée de détendre l'atmosphère parisienne sur le quai en ironisant ouvertement à tue-tête sur les Parisiens :
"Alors moi je vous explique... je viens de la campagne, je suis un peu benêt par rapport à vous les parigots qui êtes la crème entière de la nation (...) Vous savez, j'aime bien me coucher avec mes bœufs (...) Attention... voilà votre métro qui arrive, allez... on se bouge bande de fainéants (...) je vais vous montrer comment je rentre mes vaches et je les bourre au fond de l'étable (...) Y a pas un brin de verdure par ici, vous voyez ce que c'est de l'herbe verte au moins, parce qu'ici chez vous, je vois que du beau gris et des zombies cravatés en noir dans vos bureaux...".
Cette légère brise d'humour fait à peine sourire le public de marbre, en apparence habitué à subir ce genre de situation.
Comme vous l'aurez compris, nous n'avons pas pu nous rendre au Mondial de l'Automobile 2008. Sniff...
Pour beaucoup, la vie parisienne peut être trépidante, follement intéressante, intercalée entre le conservatisme, l'exubérance et son rythme effréné journalier. Tant que le budget alloué reste confortable...
On peut aussi monter à Paris avant tout pour le plaisir, partager de bons moments, retenir et découvrir de belles choses ou chercher à s'émanciper. Ainsi, de retour sur Grenoble, mon fils m'a dit "Papa, ben en fait... Grenoble c'est trop nul et tu sais, Paris, c'est trop top".
Sincèrement, je pense qu'il faut aimer vivre à Paris. Accepter la vigilance, le bruit, le temps passé dans les transports et autres contraintes majeurs au quotidien.
Dans le TGV, sur le chemin du retour, dès que j'ai pu observer de loin les premières lueurs de nos montagnes, je n'ai pu m'empêcher d'éprouver un sentiment de lenteur, de plénitude, de proximité, de sécurité, de sérénité, de bien-être.
J'ai besoin d'elles...
Billet rédigé par [ Chrys ]
mardi 14 octobre 2008 à 00:01
dans la catégorie > [ Urbanisme ]
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Vos Commentaires
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Normal que ton fils aime Paris. Tu l'as emmené dans des coins à touristes et pas dans des lieux minables qui craignent à mort. Paris, c'est pour les parigaux. Sinon, le mien il a 9 ans, il préfère de loin les MAJORETTES :))
Je pense quand même que les parisiens évitent de monter sur la Tour Eiffel, et savent éviter le secteur de la Porte de Versailles un jour de mondial de l'auto ou de salon de l'agriculture. Et du coup, ils aiment un peu plus vivre à Paris que dans l'expérience que tu nous décrit
Comme nous, on évite les oeufs en plein été ou la FNAC le 24 décembre :)
BRAVO ! Ton fils gardera un meilleur souvenir de son voyage que de ses jouets.
ENFIN un papa qui a compris qu'un voyage culturel, c'est mieux que des jouets qui vont se casser un jour ou l'autre ou très souvent rester dans un placard.
T'es marié Mr le bloggeur?
Chrys, tu as fait le pari avec ton ami blogueur d'employer le plus de clichés dans ton prochain billet ou bien ? ;-)
Sinon ce n'est pas parce que tu étais loin de tes alpages qu'il fallait se comporter en mouton ; pour info à Paris y'a aussi des tramways qui ne vont pas sous la terre et lorsque l'on n'est pas prévoyant, la marche à pieds ça ne fait de mal à personne... :-)
Allez, un petite chanson de circonstance... :-)))
La montagne est tellement jolie
Quand on grandit auprès d'elle
Chrys en a fait son amie
Mais loin d'elle, il s'ennuie
La montagne est tellement jolie
Chrys a peur de la ville
Il y vivra des jours difficiles
Car rien pour lui n'est plus beau
Que la forêt et les troupeaux
...
Désolé mais cela me démangeais trop...
Beau tableau !
Je crois en fait qu'il n'y a que les parisiens qui font face à leur difficultés. Le touriste est toujours prêt à raller. J'ai un cousin qui supporte pas Grenoble. Le pauvre, il dit qu'il respire pas quand il voit les montagnes autour de lui, comme asphyxié. Comme quoi, il y a à boire et à manger. Je suis comme toi, je vais à Paris pour une raison bien précise: de là à rester sur place, NON MERCI !
@ Sylvain : pour avoir vécu la situation sur place, la grande majorité des personnes dans le couloir du métro et sur le quai étaient des usagers (parisiens) qui souhaitaient profiter du samedi (jour de congés) pour se rendre au Mondial de l'Automobile. S'il s'agissait essentiellement de touristes (facilement repérables), je n'aurai probablement pas relevé la situation dans ce post.
@ m@rco : nous nous sommes beaucoup promenés - à pieds - dans d'autres lieux que je n'ai pas mentionné : descente des Champs-Elysées A/R, magasin Surcouf Daumesnil, Trocadero, Musée de l'Homme, Galeries de Paléontologie et d'Anatomie au Jardin des Plantes, de Neuilly à la Grande Arche de la Défense...
Merci pour cette amusante chanson :-)
Chrys, tu dis que tu arrives à faire la différence entre "parisiens" et "touristes" certes mais ce que je devine sur ta photo ce sont surtout des hommes qui semble t'il vont au salon de l'auto ; de là à dire qu'ils sont parisiens, franciliens ou provinciaux je ne m'avencerai pas... ;-)
En tout cas je rejoins ce que dit Sylvain: les parisiens savent très bien qu'il ne faut pas prendre la ligne 12 après "Montparnasse-Bienvenüe" lorsqu'il y a: le salon de l'auto, le salon de l'agriculture, la foire de Paris... et qu'il y a d'autres solution plus astucieuses que celle-ci.
Pour la chanson rendons à Heidi ce qui appartient à Heidi... et à son grand père. :-)
Sylvain, quand tu racontes "ils aiment un peu plus vivre à Paris que dans l'expérience que tu nous décrit", c'est une blague ???
Combien de parisiens sont à Paris parce qu'ils ont pas le choix surtout au niveau du boulot et il y en a qui supporte pas cette ville et qui sont contraint d'y rester ou alors dans la banlieue tout simplement. Et puis si c'est pas dans le rer, c'est bien partout ou il y a des mégas bouchons ou la queue à fond. Paris, ca restera toujours Paris avec ses problèmes. Comme ici à Gre, sauf que l'échelle, c'est pas la même.
GG > oui, Paris, c'est Paris. Mais là, j'avais l'impression que c'était plutôt "Il y a du monde à la Tour Eiffel et dans le métro à la Porte de Versailles... => Ils sont fous ces parisiens !".
A la limite, on peut conclure qu'ils sont fadas en allant à la Défense, dans le tunnel Châtelet-Gare du Nord (RER B et D) à l'heure de pointe du matin, ou sur le périph'.
C'est un peu comme si un parisien montait à l'Alpe d'Huez un samedi de vacances scolaires et concluait "ils sont fous ces grenoblois" ;)
coucou chris ancienne grenobloise et maman a bizanet la difference entre paris et grenoble et qu ici les gens sont tres stresser speed ils pensent beaucoup au boulot argent dodo ils ne prennent pas le temps de vivre et pas beaucoup de dialogue moi je resident ici a evry depuis un an banlieu de paris et mes montagnes aussi me manques ainsi que les rapports humain dont le matin nous prenions le temps de discuter et boire un cafe tres beau cadeau pour ton fils c est vrai qu il y a beaucoup de chose a voir mais y habiter et galere
Plus cliché comme billet, tu meurs !
C'est ridicule.
Et le salon de l'auto, bof (beauf ?), y'a mieux comme sortie culturelle...
6 euros pour un sandwich à Neuilly, poahhhhh
pour ce prix là, mon gosse mange 2x à la cantine de son école. Si à Neuilly, y en a qui sont pret à payer ce prix, pourquoi pas.
La parisienne exilée à Grenoble que je suis a beaucoup aimé ton texte !
@ Citaro : Pour la sortie culturelle, je pense que c'est son fils qui voulait voir le mondial de l'auto. Il a le droit non ?
Sinon Chrys ce que tu racontes là (toutefois très interressant et étonnant), c'est la même chose que les (vrais) campagnards qui viennent étudier ou bosser à Grenoble :)
C'est à 2 échelles différentes mais en gros c'est pareil.
Sauf que nous on est bientôt 600.000, et eux atteignent 11.000.000 de personnes ;-)
Comme je vous comprend! Il m'arrive de "monter" à Paris pour 3 jours, pour des expositions ou pour aller au théâtre. Trois jours, c'est le maximum que je peux supporter...fatiguée d'arpenter les couloirs du métro, d'attendre dans les files et surtout, surtout de l ' hyperactivité de cette fourmilière humaine...Je retourne alors dans ma province pour sentir le rythme du monde, à travers mon olivier!
Comme je vous comprend! Il m'arrive de "monter" à Paris pour 3 jours, pour des expositions ou pour aller au théâtre. Trois jours, c'est le maximum que je peux supporter...fatiguée d'arpenter les couloirs du métro, d'attendre dans les files et surtout, surtout de l ' hyperactivité de cette fourmilière humaine...Je retourne alors dans ma province pour sentir le rythme du monde, à travers mon olivier!