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2008
Exposition et réunion publique mouvementée sur le projet de la Presqu'île scientifique (GIANT)
- Définition :
- giant
- mairie de grenoble
- manifestation
- presquile scientifique
Jeudi 16 octobre 2008, la ville de Grenoble inaugurait à l'Hôtel de Ville une exposition retraçant l'histoire des aménagements des différents pôles universitaires et scientifiques au cœur de l'agglomération Grenobloise, principalement de 1956 à nos jours.
Tour à tour, les principaux élus et porteurs des futurs aménagements de la Presqu'ile scientifique (GIANT) se sont exprimés pour afficher leur unité et soutenir un projet d'envergure internationale qui vraisemblablement, verra le jour d'ici 2020.
En parallèle, dans le cadre de la concertation réglementaire, une réunion publique s'est tenue dans la grande salle de la Mairie de Grenoble afin de "tenter de poursuivre les débats" autour des orientations d'aménagements.
Une exposition consacrée à la Presqu'ile scientifique
Soulignant principalement les évènements ayant marqué les dernières décennies, cette exposition propose de nous faire découvrir les enjeux techniques et technologiques à venir au sein de l'agglomération ainsi que les interactions entre écoles, universités et pôles de compétitivité.
Une exposition ludique, agréable à parcourir.
Seul bémol : l'éclairage des panneaux n'est pas à la hauteur de la présentation et est à revoir.
Après l'inauguration, les Grenoblois étaient invités à se rassembler et se rafraîchir autour d'un buffet juste avant de débattre dans la grande salle.
Principaux objectifs, budgets et aménagements
Premier objectif : requalifier la plateforme scientifique existante, créer des passerelles, ouvrir le quartier à la ville notamment par un prolongement du centre-ville de Grenoble dans le cadre de "Coeur de Ville, Coeur d'agglo", de la création d'une Zone d'Aménagement Concertée (ZAC) et de la modification du Plan Local d'Urbanisme (PLU).
Second objectif : structurer davantage la recherche et l'innovation entre les pôles et les secteurs d'activités, en y associant de nouveaux logements, des commerces et de nombreux services pour améliorer les capacités d'échanges et de vie.
Troisième objectif : créer l'un des plus performants et des plus vastes pôles de recherche au monde à Grenoble . Développer de nouvelles applications dans le domaine médical, sportif, environnemental, de l'énergie ou de la communication. Déployer les pôles de compétitivité actuels et leur ouvrir de nouvelles opportunités.
Pour rappel, les budgets alloués aux principaux domaine de recherche et de développement restent conséquents :
Micro et nanotechnologies : 350M€. Biologie et biotechnologies : 60M€. Grands instruments : 155M€. Recherche fondamentale : 65M€. Nouvelles technologies pour l'énergie : 150M€. Management de la technologie : 45M€.
Différents projets structurants et associés : Nanoscience à l'Institut Néel [1], écoles de l'énergie (INP, UJF), PHELMA et des biotechnologies, Nanobio et centre de recherche biomédical, Clinatec, Industries Intégratives, extension de l'ERSF, démonstrateur transports innovants et autres équipements d'accueil fonctionnels sur le site...
Un débat houleux entre porteurs du projet...
A l'aide d'un vidéoprojecteur, élus et porteurs du projet d'aménagement de la Presqu'ile scientifique (GIANT) ont exposé aux Grenoblois les détails des prochaines infrastructures avant de laisser la parole au public.
Lors de l'exposition et au nom de la Métro, Michel Issindou, député de l'Isère souligne "L'excellence de Grenoble n'est pas forcement reconnue chez nous mais est largement reconnue bien en dehors de l'agglomération (...) Il y a tout de même une quinzaine de communes de la communauté qui sont concernées par le projet".
Claude Vasconi, architecte du projet, explique : "C'est un très grand projet (...) Il faut recentrer les énergies en coeur de ville, c'est ça l'avenir (...) Nous avons une chance inouïe de disposer au cœur de la cité à Grenoble d'un territoire de 300 hectares que beaucoup de villes nous envient (...) Il offre un avenir à 15000 chercheurs qui ne demandent qu'à se déployer et l'opportunité de travailler sur la mixité et d'améliorer l'accessibilité des pôles (...) Ce projet sera doté de 4000 logements, plus 4000 logements étudiants à terme."
Geneviève Fioraso, député de l'Isère revient globalement sur le financement : "C'est un financement public par le biais du contrat de projet Etat-Région dans lequel les collectivités sont engagées de 2007 à 2013 et le biais du Plan Campus [2] (...) Il y a aussi des projets de transports financés par le SMTC, du logements social, étudiant".
...et opposants venus principalement perturber la réunion
Une quinzaine d'opposants, habilement dispersés par groupe dans la salle de réunion étaient venus manifester avec vigueur leur opposition aux projet de Presqu'île scientifique.
Objectifs clairement affichés : perturber la bonne marche de la réunion publique, troubler le dialogue entre la salle et les intervenants. Le jeu consiste à faire preuve d'ironie sur les sujets évoqués dès que l'occasion se présentait, à couper si possible l'expression des porteurs du projet, à parler le plus fort possible, à tenter de prendre le micro à n'importe quel moment du "débat"...
A plusieurs reprises, Geneviève Fioraso tendait le micro aux opposants pour qu'ils puissent venir s'exprimer : ces derniers ne se bousculent pas immédiatement pour le prendre, préférant scander de leur place les mots "pléthorique", "décroissance", "moins vite ou moins fort, moins haut".
Parmi eux, une opposante prenait sereinement le micro et déclarait notamment :
"La réunion de ce soir est exemplaire (...) Ce projet présenté par le technogratin, appelons-le comme ça, est un projet de fuite en avant technologique (...) Il n'y en a que pour les hautes technologies et pas pour les humains (...) Nous devons poser des questions, ce n'est pas toujours nous qui vous écoutons mais de temps en temps, vous pourriez nous écouter mais je ne me fais pas d'illusion (...) Je propose qu'on réfléchisse à ces mêmes politiques qui durent depuis 50 ans, qu'on arrête de ne pas réfléchir, qu'on arrête la croissance infini qui n'est pas tenable (...) Quand on aura fait GIANT et qu'on sera à la première place de la compétition internationale qui ne s'arrête jamais, et bien il faudra faire super GIANT".
De part et d'autre de la salle, on s'agite.
Une minorité du public applaudissait. Une bonne moitié restait figée. L'autre moitié était littéralement outrée, excédée par un tel comportement et de tels agissements en public. Les élus restaient stoïques, supportant avec cran l'adversité, réagissant avec sang froid tout en réussissant à garder le cap sans se décourager.
Les opposants ont obtenu ce qu'ils souhaitaient : se faire entendre, faire en sorte que l'on parle d'eux.
Il n'y a donc pas eu de "débat" à proprement parlé.
Pour autant, le public ne les a pas plébiscité. Non pas pour leur opinion, synthèses et appréciations (nous sommes en démocratie, chacun à le droit de s'exprimer) mais principalement pour leur attitude (non respect de la parole donnée à autrui), leur méthode (la provocation, l'insinuation) et leur comportement en public (indiscipline, intimidation par le déplacement, gestuelles inconsidérées).
- "Quand on change de vêtement, on change de comportement" -
Frederic Monneyron, universitaire et écrivain français - Extrait du journal Libération.
A méditer.
Billet rédigé par [ Chrys ]
lundi 20 octobre 2008 à 00:00
dans la catégorie > [ Technologie ]
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Vos Commentaires
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On voit bien de quel coté vous penchez. Pour moi c'est clair, comme vous le dites, on peut dire ce qu'on pense mais si on ne suit pas les règles du dialogue dans une réunion publique surtout à la mairie, c'est pas bon du tout et pour tout le monde.
Bonjour,
j'étais à la réunion. J'aurais du faire gaffe où je m'asseyais car j'en ai pris plein la courge à force de gueuler et j'en avais un justedevant moi (on peut pas tjs tout prévoir non plus). Votre article montre bien comment la réunion s'est passée mais je comprends pas pourquoi vous parlez de ces gens qui viennent uniquement pour foutre le bouzin. Mais qu'est ce qu'ils ont a proposer d'autre ces gens à part gueuler et monopoliser la salle? On attend toujours. Foutre le bouzin c'est bien gentil, ca fait rire 5mn ca va bien un moment et après?? C'est quoi leur solution? C'est quoi leur avenir? Revenir en arrière en 19xx..? Enfin, je n'aime pas cette violence par les mots, c'est une honte. La prochaine fois, faudrait penser à annuler ce type de réunion quand ca se produit.
Grenoblois, dormez bien, les élus s'occupent de vous (ROCADE NORD - GIANT - J.O. DE 2018 - CROLLES ....). Non, non, pourquoi stopper tout ceci et qui a dit qu'il y avait une crise financière ?
Je cite la phrase : "Pour autant, le public ne les a pas plébiscité. Non pas pour leur opinion, synthèses et appréciations (nous sommes en démocratie, chacun à le droit de s'exprimer)"
Il y a des limites à tout! A quoi sert un débat ou une réunion en publique dans ces conditions. A rien.
Ce qui risque d'arriver, c'est de ne plus avoir de réunion du tout (ce sont les élus qui organisent, donc ils font ce qu'ils veulent). Et plus personne ne pourra venir parler. Donc, les opposants n'auront rien gagné car il ne pourront plus s'exprimer devant tout le monde.
C'est le serpent qui se mort la queue.
Florent D.
> virgule flottante :
ca n'a rien à voir. Faut arrêter le délire de culpabiliser la population. Faut réfléchir un peu mieux que ce que vous dites. Si les élus stoppent tout à cause de la crise, ils perdent leur crédibilité et leur légitimité et plus rien ne se fait autour. Donc, ce que vous dites n'a aucun sens. La politique, c'est prioritaire sur l'argent.
J'étais à cette réunion effectivement mouvementée et, bien que je déteste les socialos et que je pense que les agités n'ont pas tout à fait tord sur certains points, j'avais presque pitié de Fioraso tellement ils étaient déchainés et peu civilisés.
On peut en effet reprocher à la mairie de monter un projet qui réponde à ses lubies mais pas aux désirs des citoyens. Mais ceux qui ont mis la merde sont de la même espèce : c'est une minorité bruyante qui veut imposer ses choix aux autres.
Une remarque : on les a beaucoup entendu parler de décroissance, mais la décroissance, c'est une idéologie de nantis.
@ la fille du vent: c'est l'argent qui fait la politique, pas l'inverse.
Moi ce qui me fait bien marrer dans l'histoire, c'est que ces gars là, ce sont les premiers à revendiquer qu'ils sont contre les technologies de l'avenir, les nanos, minatec et toute la suite qui va bien et c'est les premiers à être à fond sur internet pour se structurer et agir et balancer leur critique.
J'espère qu'ils tournent bien sous Linux et pas Windaube (sinon ça fait tache au grand K de bill)
Merci pour l'info
OK pour l'Etat mais comment ca se finance le tout au niveau local ? Hausse des impôts, taxe cachée des communes ?
@Florent D. : ne sous estimez pas ces "opposants" ; et si la fin de tout débat "traditionnel" n'était pas le but recherché ? S'ils y parviennent il sera plus facile pour eux d'une part de faire passer leur information au travers de média dits "libres et indépendants" et qu'ils maitrisent puis de jouer le rôle de victime de la censure: leur but n'est pas d'avoir une analyse et une réflexion constructive des choses mais bien d'occuper le terrain, de faire diversion, d’imposer un sujet pour mieux en écarter d’autres...
Donc tant qu'il y aura ces débats (même s'ils sont parfois démagogiques de la part de la majorité municipale) ils laisseront ces opposants minoritaires à la place qui est la leur: celle d'acteurs parmi d'autres de la société et non pas celle d'imposteurs. S'ils veulent que leur cause acquière une plus grande dimension, charge à eux de convaincre la majorité par leurs idées et non leurs gesticulations...