parc ouagadougou grenoble Samedi 25 octobre 2008, je suis allé me promener avec mes enfants et un voisin du côté des quartiers Teisseire et Abbaye-Jouhaux pour découvrir le nouveau parc de Ouagadougou situé avenue des Jeux Olympiques à Grenoble.

Un nouvel espace de vie, de rencontre et de verdure dédié à la promenade et aux jeux, récemment inauguré au début du mois d'octobre.

Le jour de son inauguration, je n'ai pas pu me rendre sur place mais un proche m'a signalé qu'il n'y avait pas grand monde autour des élus ce jour là [1]. En dehors du contexte familial, c'est l'une des raisons qui m'a incité à découvrir ce nouveau parc de Ouagadougou à Grenoble.


Le parc de Ouagadougou, écologie et développement durable


Le parc porte le nom de la capitale du Burkina-Faso, ville avec laquelle Grenoble a signé une convention de jumelage en 1999, un accord de coopération basé sur une relation d'amitié, portant également sur les questions d'environnement entre les deux villes.

Le parc de Ouagadougou fait 9000 m2. Il s'inspire largement du continent Africain : lisières, eaux, bambous, passerelles, couleur de pierres rouges, bois brûlés...

Il est séparé par une allée d'eau : d'un côté un terrain vert, de l'autre des îlots ou squares-jardins et un esplanade de pins.

La moitié de sa surface est un espace de verdure sur une pente douce, ouvert sur la ville, bordé de roues d'infiltration et de fossés chargés de capter les eaux de pluie. En permanence, elles sont récupérées, filtrées par les plantes et les bambous. Elles permettent principalement d'irriguer l'autre portion du jardin en cas de forte pluie.

L'autre moitié est une superficie aménagée de quatre îlots-jardins ou squares-jardins inspirés des contes et légendes du Dauphiné dans la ligne des dragons, des loups-garous et des fées (quatre thèmes : le jardin des fées, la source de la fée, la grotte des fées et l'empreinte du dragon). Chaque jardin est un espace ludique, à découvrir. Certains permettent aux enfants de déambuler et de jouer sur des ateliers d'aires de jeux.

Entre les deux, trois passerelles en bois permettent de passer d'une rive à l'autre.


La sensation d'un jardin sorti de nul part


Dés mon arrivée sur place, ma première impression fut une impression de parc inachevée, en cours de finition.

De loin, la sensation étrange d'un jardin à la fois moderne et isolé, sorti de nul part, coincé à l'est entre le chantier d'immeubles de trois, cinq ou même huit étages [2] en cours de construction (ex : Résidence Le Jardin de Séléné) et à l'ouest les vieilles "barres" d'immeubles du quartier Teisseire des années...

Sur le moment, juste une vision d'un espace surprenant, d'un "délire d'architectes" complètement décalé par rapport aux paysages des alentours.

Mais à l'approche et une fois sur place, on devine et découvre l'ensemble avec plaisir. On cherche à occuper l'espace, à l'appréhender de milles façons et à rentrer à l'intérieur des quatre jardins à thème.


Quelques critiques, remarques et impressions


En soi, la conception du parc est très intéressante. De part sa structuration et son agencement, il s'inscrit parfaitement dans un cadre écologique et de développement durable.

En terme d'engagement et d'innovation, les architectes se sont vraiment fait plaisir. L'imagination et l'artistique sont au rendez-vous. Pourtant, en y regardant de plus près, quelques critiques et remarques peuvent être soulevées.

Les système de collecte des eaux pluviales, de filtrages de récupération d'impureté et d'irrigation de la végétation font que le parc de Ouagadougou est de toutes parts, extrêmement humide : herbe, végétation, sol, terreau. Un climat idéal sur zone l'été... pas du tout adéquate en automne ni en hiver.

Chaque square-jardin manque réellement d'espace pour déambuler ou se promener entre les allées. De plus, des clôtures en bois ont été temporairement plantées pour protéger la végétation les îlots, ce qui accentue la sensation d'étouffement et de cloisonnement des lieux.

Chaque square-jardin est isolé des autres, soit par des barrières métalliques, soit séparé par une petite allée : ce qui confine passants et promeneurs. Dommage.

Au niveau de l'aire de jeux pour enfants, une plaque de bois a été posée pour surélever le toboggan (problème de pose, de niveau incorrect ?). Une barre en bois de sécurité oblige les enfants à se baisser pour descendre du toboggan. Du coup, si un enfant butte contre la plaque, il risque de se cogner la tête contre la barre. Plutôt dangereux.

L'orientation des bancs est surprenante. Une dizaine sont placés le long d'une des allées principales. Problème : quand on s'assoie, le promeneur fait face aux immeubles (en construction), aux bacs en béton de récupération d'eau... et non aux îlots-jardins (comment prendre plaisir à contempler le jardin ou surveiller ses enfants dans ces conditions ?).

Au nord, les enfants ont la possibilité de déambuler sur un dragon rouge qui serpente dans l'un des squares-jardins. Confectionné à partir de pneus de voiture usagés et de montures plastiques parfaitement lisses, nos enfants n'ont pas manqué de se casser la figure à maintes reprises sur le dos du dragon à cause de l'humidité ambiante. Manque total de revêtements antidérapants...

Au sud, au niveau de l'esplanade des pins la vue sur le parc est agréable. Un jeu d'équilibre (pyracorde) permet aux enfants de se hisser en hauteur (même jeu que celui situé au jardin des Dauphins, Porte de France). Le poteau central sur lequel repose le cordage vacille à partir du moment où plusieurs enfants montent simultanément sur cette "araignée", ce qui peut déstabiliser la prise de cordes.

Déjà, des graffitis ou rayures ont été apposées sur le mobilier urbain (injures, à l'entrée du dragon), sans compter quelques déchets (papiers, bouteilles) jetés dans la "rizière". Par ailleurs, Il ne me semble pas avoir vu de poubelles dans le parc.


Au delà de ces quelques remarques pertinentes, je vous invite naturellement à découvrir le parc de Ouagadougou pour son concept de parcours découverte, son originalité et son charme, sa multitude de composantes et de facettes avec vos amis et ou vos enfants.

Vos remarques sont les bienvenues.

Notes

[1] ceci reste à confirmer

[2] je pensais qu'on arrêtait de construire aussi haut