delanoe grenoble Lundi 3 novembre 2008, dans le cadre du prochain congrès du PS qui se tiendra du 14 au 16 novembre prochain à Reims, Bertrand Delanoë était de passage à Grenoble.

Face à la presse puis devant les militants et sympathisants locaux du PS, l'actuel maire de Paris est venu présenter et défendre sa motion A "Clarté, Courage, Créativité, pour un grand congrès du Parti Socialiste" pour le congrès, en présence notamment de Michel Destot, Bernard Soulage et André Vallini... en attendant le vote des militants sur les motions ce jeudi 6.

Dès son arrivé devant la Maison des Associations de Grenoble, Bertrand Delanoë a l'air un peu perdu, comme s'il ne s'attendait pas à venir sur le lieu. A l'extérieur, ses premiers mots soulignent cette première impression. "Bon... ça va bien… Qu'est ce qu'on fait ?". Puis, d'un air amusé, il regarde l'heure à sa montre et s'adresse directement à Michel Destot "Ah Michel... c'est pas des heures ça pour inviter les militants à 4h de l'après-midi (...) Allez, on y va".

Dès son entrée dans le bâtiment, le maire de Paris est ovationné par les militants venus nombreux, en masse. La grande salle est pleine à craquer, pas une chaise de libre, la chaleur est pesante. Beaucoup sont obligés de rester debout dans le couloir et l'entrée.


Le positionnement d’un leader


En commençant par rappeler son attachement à ceux qui ont précédemment contribuer à bâtir le PS, Bertrand Delanoë s'adresse directement aux Grenoblois et se positionne en leader de courant. "Quand je vous vois, je comprends mieux pourquoi je suis venu (...) Je vois devant moi le Parti Socialiste (...) C'est ce Parti Socialiste là que je veux servir et je voudrais lui apporter un mouvement qui le remette à sa place" explique t'il.

Selon lui, le congrès de Reims est l’occasion de porter une alternative à la droite et d’énoncer de nouvelles perspectives à gauche à travers la motion A.

Sur l’image actuelle du PS, le maire de Paris avoue "C’est vrai que parfois on nous a dit… oui, vous n’êtes pas assez sexy (…) il faut faire un peu plus de bruit et séduire un peu plus" tout en rassurant le public sur le sérieux de ces analyses.

Sur ses convictions, Bertrand Delanoë souhaite fermement associer les militants à la modernisation du PS en associant leur réflexion et leur créativité au mouvement, considérant qu'il est temps de retrouver un peu de franchise au sein du PS. "Oui, il faut changer, on ne mérite pas d’assurer le présent et l’avenir si on n’est pas respectueux du passé" argumente ce dernier.

Critique à l’égard des dirigeants du PS, il revient sur leur comportement en manifestant une certaine autorité en la matière "On ne peut pas critiquer en permanence la direction du parti et ne pas aller aux réunions de travail (…) C’est inadmissible que des dirigeants du parti ne fassent rien entre deux congrès (…) Ils doivent rendre des comptes (…) S’ils font pas le boulot, on les remplace".


A propos de la crise financière sur le plan national


Partant de la crise financière actuelle, tout en rappelant la nécessiter de la réguler, Bertrand Delanoë explique qu’il est prêt à baisser les impôts sur les bénéfices réinvestis au service de l’emploi et à les augmenter sur les bénéfices redistribués aux actionnaires. "La crise doit nous conforter dans la volonté d’être dans le socialisme réformiste (...) dans une économie de marché qui est la seule à créer des richesses (...)" souligne l’initiateur de la motion, tout en soulignant au passage que l’Euro a protégé l’Europe dans cette histoire.

En matière fiscale, Bertrand Delanoë est pour une imposition progressive. "Si vous dites que les caisses sont vides et que personne n’a aucun effort à faire, nous sommes des démagogues (...) Il faut donc demander des efforts à ceux qui ont été très gâtés depuis 6 ans et demi".


Le congrès et la présidentielle de 2012


Pour le maire de Paris, se préoccuper des prochaines échéances présidentielles de 2012 en 2008 n’a aucun sens au moment où se profile le congrès du PS. "En revanche, si nous ratons le congrès, nous perdons trois ans (…) Si nous perdons trois ans, nous perdrons 2012 (…) Le ou la candidate ne pourra pas gagner si le PS n’a pas été bon pendant trois ans et si les Français ne s’en sont pas aperçus" affirme avec ferveur l’animateur de la motion.

Face aux militants, Bertrand Delanoë conclu son discours en soulignant les avantages et intérêts de sa contribution en souhaitant que les autres motions en lice n’obtiennent pas un score homogène, sous peine d’imbroglio politique majeur au sein du PS. "Le congrès de Reims, c’est pas un congrès pour le nombril des socialistes".

En vidéo, quelques extraits choisis de Bertrand Delanoë devant les militants et sympathisants PS :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



En l’espace d’une demi-heure, face aux Grenoblois, le candidat au poste de Secrétaire général du Parti Socialiste s’est finalement exprimé de manière assez décousue, rebondissant sur plusieurs sujets consécutifs, passant facilement d’une idée à une autre. Toutefois, sa force réside dans sa capacité à argumenter sur ses choix, prérogatives et priorités, avec force et conviction.

Côté logistique, vu le nombre de militants et sympathisants présents, on peut toutefois regretter le choix de cette salle pour accueillir cette personnalité de premier plan. Même s'ils avaient été partiellement prévenus à l'avance, on peut regretter le fait que le public présent n'ai pas eu l'occasion de débattre quelques instants en direct avec Bertrand Delanoë.

Drôle de fonctionnement tout de même... à quelques heures du vote des militants socialistes.