reveillon grenoble 2009 Pour beaucoup, le réveillon du nouvel An est un moment festif qui se prépare à l'avance. Le temps d'une fin de journée, d'une soirée, d'une nuit, les uns sortent plus tôt du travail, se préparent pour faire la fête, oublient leurs soucis du quotidien, décident de rejoindre des ami(e)s pour partager ce bon moment ensemble.

En ce début d'année, l'occasion est belle pour renoncer à des excès personnels. L'instant est propice pour prendre soi-disant de bonnes résolutions décisions vis à vis d'autrui ou pour soi-même...

...souvent en vain.

D'habitude de mon côté, nous rejoignons des ami(e)s dans une villa ou un appartement en ville. Sinon nous privilégions la montagne et le plaisir de partager cet intervalle festif tant attendu au grand air, dans un chalet.

Exceptionnellement cette année, nous avons décidé de rester en famille à Grenoble pour fêter le réveillon du Jour de l'An 2009. Après la ruée dans les magasins et la volonté de trouver des présents à offrir au meilleur prix sur le Net, après plusieurs repas copieux bien arrosés étalés tout au long de la semaine de Noël dans différentes branches familiales... un peu de repos, de calme et de sérénité ne fait pas de mal.


Ceux qui peuvent "faire la fête" sont nombreux à ne pas la faire


En cette fin de journée du 31 décembre 2008, l'envie d'aller tranquillement au cinéma en début de soirée me gagne. En plus d'aller voir un film, je me fais à l'idée qu'il ne devrait pas y avoir beaucoup de monde en salle. Erreur.

Arrivé au Pathé Chavant à la séance de 20h30, je découvre l'une des grandes salles du complexe entièrement remplie de spectateurs du second au dernier rang.

Nous savons que beaucoup de personnes regardent les programmes de télévision le soir du réveillon. Nous sommes également nombreux à faire la fête... ailleurs. De là imaginer un instant faire la queue au cinéma et se retrouver un instant à chercher en vain une place libre dans la salle pour voir une longue fresque historique australienne [1]jusqu'à 23h30, il y a de quoi être surpris.

En réalité, ceux qui peuvent "faire la fête" sont nombreux à ne pas la faire.


Petit tour dans les rues du centre-ville de Grenoble


Après une séance au cinéma, je décide de rester un petit moment au centre-ville de Grenoble . Dehors, le froid est relatif, la température est raisonnable. Quelques légères gouttes de pluie font leur apparition.

A 23h50, la Place Notre-Dame est pratiquement déserte. Le silence est de rigueur. A minuit pile, les cloches de l'Eglise se mettent à sonner. Par petits groupes isolés, quelques fêtards sortent des bars, s'embrassent en criant "bonne année" à de rares passants avant de se réfugier de nouveau dans les établissements.

Pas de quoi s'exclamer.

Entre cette place et la place Victor Hugo, la plupart des restaurants sont quasiment vides. Les rares clients restent sagement assis à leur table et finissent leur repas dans une indifférence relative.

Pas de quoi relever l'ambiance.

Au Jardin de Ville, quelques petits pétards se font entendre. Place Grenette, une musicienne ouvre la fenêtre d'un appartement et se met à jouer de l'accordéon au premier étage. Une demi-douzaine de personnes se met à danser le temps de traverser la rue piétonne.

Pas de quoi s'enthousiasmer davantage.

A l'opposé de l'immeuble, un balcon s'ouvre et une dizaine de jeunes désirent souhaiter dans la joie une bonne année aux passants. Quelques secondes plus tard, attiré par le bruit, un groupe d'ados plutôt éméchés prend le chemin de la place Grenette et commence par insulter les jeunes du balcon. L'un des membres du groupe se met à lancer violemment une cannette de Coca à quelques centimètres des fenêtres du balcon. Les rares personnes présentent sur la place décident instinctivement de s'écarter et de s'éloigner des ados.

Pas de quoi s'exciter.

Entre la Maison du Tourisme et la place Grenette, deux véhicules de Police circulant à vive allure déboulent subitement devant la fontaine. Une vingtaine d'individus cagoulés, considérés comme suspects par les occupants des véhicules se mettent à courir dans le sens inverse pour leur échapper. A l'extérieur d'une voiture, un agent des forces de l'ordre prend position et tentent de quadriller la zone avec ses collègues.

De quoi s'interroger.

Grande rue, une trentaine de jeune attendent sagement dans le froid et tentent de rentrer au compte-gouttes dans un établissement privé ou une discothèque branchée. A plusieurs reprises durant ma petite promenade, je croise des personnes déjà vues qui s'obstinent à faire le tour des principales artères du centre-ville pour espérer vivre et partager un début de soirée festive. En vain.

De quoi sourire.


Chercher à "vivre quelque chose" sur les pavés, sur le bitume Grenoblois


Passé le cap de minuit, sur les coups de 00h45 ce 1er janvier 2009, le centre-ville de Grenoble paraît inerte, morose, terne et tristounet.

Très peu de personnes dans les rues pour passer la charnière du temps en faisant la fête. Peu de lumières éclairées sur les façades, fenêtres et balcons. Peu de musique ambiante. Peu de voix émergentes à l'horizon. Des restaurants dans lesquels les convives se regardent les uns en face des autres et des passants à l'affût du moindre démarrage festif sur le bitume ou sur les pavés.

L'an prochain, il va de soi que je ne retournerai pas en ville.

Déçu, vraiment déçu par ce que j'ai vu et entendu. A comparer avec d'autres cœurs de ville, je m'attendais à vibrer, à "vivre quelque chose" en plein centre de Grenoble.


Je vous souhaite à toutes et à tous... une belle année 2009 [2] [3].


Notes

[1] Australia, à voir

[2] dans toutes les langues

[3] - Au premier de l'An, fais deux crêpes pour avoir de l'argent - (dicton français)