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2009
Dee Dee Bridgewater à Grenoble pour la cérémonie des voeux de la ville : compte rendu
- Définition :
- comportement
- concert
- michel destot
- voeux
Tous les ans, dans le cadre de la cérémonie des voeux, la Ville de Grenoble invite les Grenoblois a fêter la nouvelle année en leur proposant traditionnellement un concert gratuit.
Le 8 janvier 2009 à 20h, ils avaient rendez-vous comme il se doit au Palais des Sports de Grenoble. En 2009, la Ville de Grenoble a décidé d'inviter la chanteuse Dee Dee Bridgewater [1] à se produire sur scène.
La carrière de cette chanteuse américaine résolument francophile est jalonnée de succès.
Depuis près de quarante ans, Dee Dee Bridgewater excelle dans différents répertoires musicaux et oscille entre le Rock, le Rythm and Blues, la Soul, le Funk et bien entendu, le Jazz.
Retirer un billet gratuit pour le concert... n'est pas sans difficulté
Pour assister au concert gratuit de Dee Dee Bridgewater, il fallait se lever tôt... très tôt le samedi 20 décembre 2008. Les billets étaient à retirer dès 9h à l'Office du tourisme de Grenoble (2 entrées délivrées par personne, au maximum).
Le froid glacial n'a pas empêché les premiers Grenoblois de se déplacer pour venir chercher le fameux sésame. Le long du trottoir, des barrières avaient été soigneusement déployées pour accueillir la foule. Dans le calme, sans heurt ni bousculade, ils étaient plus de 300 [2] à attendre patiemment leur tour. A l'entrée de l'Office du tourisme, un agent de sécurité se charge de de faire entrer pas à pas les habitants par petits groupes.
Devant le sas d'entrée, une personne à mobilité réduite plutôt éreintée demande à l'agent de l'aider à grimper les marches de l'escalier. "Dites donc, ça fait 1/2h que j'attends comme tout le monde dans la queue pour avoir ma place (...) Alors pourriez-vous m'aider s'il vous plaît" demande la personne. L'agent rétorque à la brave dame "Madame, pourquoi avez-vous fait la queue comme tout le monde ? (...) Montez par l'autre côté il y a une rampe d'accès directe pour vous".
Lorsque la personne arrive devant les hôtesses d'accueil pour obtenir une place, l'une d'elles, très étonnée par sa présence, explique "Mais Madame, que faites-vous là ? (...) Si vous voulez une place, vous devez vous rendre au protocole à la mairie".
Je vous laisse tout simplement... imaginer la scène qui suit.
L'avant concert
8 janvier 2009. Le jour du concert est arrivé.
Devant les grilles du Palais de Sports de Grenoble, le Comité Anti Olympique (CAO), l'ADES et les Verts distribuent courtoisement des tracts "Non aux Jeux Olympiques, ni ici ni ailleurs", "JO + Rocade + Giant = plus d'impôts" aux spectateurs entrants.
Aucune fouille des habitants devant les grilles [3]. La simple possession d'un billet permet d'entrer. Dans le hall principal du Palais des Sports, de nombreuses personnalités politiques discutent ensemble dans un coin tandis que les spectateurs déambulent dans les couloirs pour trouver leur place. Dans la grande salle, certains élus prennent le temps d'accueillir les Grenoblois. D'autres préfèrent trouver l'emplacement privilégié qui leur a été attribué au premier niveau.
Le concert est prévu à 20h. A 20h32, le public commence à s'impatienter, à se faire entendre. Derrière les rideaux rouges, côté scène, le staff s'agite en coulisse. 20h38, les spectateurs trépinent d'impatience : cela fait bientôt 3/4h qu'ils sont assis. 20h39, les quatre musiciens de la diva du jazz prennent place.
Les voeux de Michel Destot et Dee Dee Bridgewater aux Grenoblois
Il est 20h40, Dee Dee Bridgewater fait son apparition et monte sur la scène au côté de Michel Destot, député-maire de Grenoble. L'artiste est immédiatement acclamée par le public.
Michel Destot prend la parole.
"Je voulais vous dire combien je souhaite chaleureuse, en dépit d'un contexte difficile, de crise internationale avec le conflit du Proche-orient qui nous préoccupe profondément et qui me conduit au nom de toute la communauté Grenobloise à faire un appel à la paix, à la concorde et à la fraternité (...) Crise économique et sociale (...) et vous le savez, notre équipe municipale a décidé de s'engager fermement pour renforcer son action sociale (...) pour renforcer le Service Public pour tous et pour soutenir l'emploi, l'investissement et le développement économique pour notre région Grenobloise (...) Dans cette ville de Grenoble, ville multiculturelle, ville métissée, ville cosmopolite, nous somme très heureux aujourd'hui de recevoir Dee Dee Bridgewater qui est un symbole de l'espoir à l'image de Barack Obama".
Dee Dee Bridgewater s'exprime à son tour, dans un très bon français.
"Je voudrais vous souhaiter moi-aussi une très bonne année 2009 (...) C'est une année où il va falloir beaucoup de courage, de force pour surmonter les problèmes face à nous, les problèmes qui n'ont pas été crées par nous... mais par les gens haut placés". Applaudissement du public.
"Comme l'a dit Barack Obama, lever les manches des chemises pour travailler, pour regagner ceux qui nous appartient (...) C'est difficile pour nous tous et j'espère que la musique va vous soulager (...) Je suis Française au coeur même si je suis née aux Etats-Unis (...) Moi j'ai beaucoup d'espérance dans notre président futur, Barack Obama".
Dee Dee Bridgewater fait vibrer les Grenoblois...
Durant 102 minutes, la diva membre du Haut Conseil de la Francophonie, officier des arts et des lettres et chevalier de l'Ordre national du Mérite a choisi de reprendre avec ses musiciens des grands classiques de la chanson française. Un répertoire éclectique tiré de l'un de ses récents albums "J'ai deux amours" paru en 2005.
Sur scène, Dee Dee Bridgewater interprête des chansons de Brel, Ferré, Trenet, Piaf et d'autres contemporains du siècle dernier. Elle chante "Avec le temps" de Léo Ferré dans une version Afro-Jazz. "Vous savez, Léo Ferré était un homme visionnaire" explique-t-elle. Elle reprend "Ne me quitte pas" de Jacques Brel dans un mélange de Jazz et de Bossa Nova. Elle danse sur scène sur un rythme Jazz-Funk et se prête au Rap le temps d'une improvisation...
Au bout d'une heure sur scène, la diva devient très sensuelle, émet quelques petits cris, quelques gémissements qui amusent la salle. Elle se met à se déhancher et à produire des gestes ma foi... très langoureux. "Excusez-moi, mais j'en ai besoin... on se sent mieux après n'est-ce-pas ?" souligne la diva américaine au crâne rasé.
La seconde partie du concert est meilleure que la première. Le jeu de scène de Dee Dee Bridgewater détone. Tout simplement superbe !
...et se fait siffler par le public
"Normalement, je devrais m'arrêter là Monsieur le Maire, mais je vais continuer" explique Dee Dee Bridgewater à la fin de sa prestation. Elle termine son concert avec une chanson afro-américaine dédiée à Barack Obama. Puis une reprise de "La vie en rose" version cubaine.
Il est 22h18. Le public applaudit la diva et ses musiciens. Des spectateurs se lèvent pour ovationner une dernière fois la chanteuse.
Quelques instants avant de quitter la scène, Dee Dee Bridgewater choisit de s'exprimer à propos de la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018. La chanteuse n'a pas le temps de terminer ses propos et déjà, une bonne partie du public se met à la siffler ouvertement.
Drôle de "cassure". Drôle de fin.
Ambiance "people"
A la fin du concert, un vin chaud attend les Grenoblois dans le hall du Palais des Sports. Les discussions s'enchaînent. Chacun profite de l'occasion pour observer le regroupement des différentes personnalités civiles, militaires et politiques.
Gratin Grenoblois et ambiance "People".
Les petites phrases vont bon train dans le hall.
Pêle-mêle, "Chéri, tu as vu, c'est lui l'ancien député, il a pas changé tu ne trouves pas ? (...) Mais non je te dis, c'est plus lui l'Adjoint aux Sports, c'est une autre (...) Tiens, regarde là bas, c'est lui le nouveau à GEG... ah mais, il est bien jeune (...) Dis, tu le vois le maire, moi je ne le vois pas...".
Disons-le clairement : les Grenoblois sont aussi venus pour cela. Il est toujours rassurant de voir des nos personnalités... même de loin.
Billet rédigé par [ Chrys ]
lundi 12 janvier 2009 à 00:01
dans la catégorie > [ Culture ]
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Vos Commentaires
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Ce qu'il (me ?) manque à mon humble dans ce billet :
1/ plus de détails sur la file d'attente le 20/12. Par ex: combien de temps d'attente ? Toutes les personnes qui ont attendu ont-elles obtenu un billet ? (vous indiquez "non sans difficulté" et 300 personnes qui attendent. Le Palais des Sports accueillent sûrement bien davantage que 300 spectateurs...)
2/ une explication du protocole : je n'ai pas compris la phrase "Si vous voulez une place, vous devez vous rendre au protocole à la mairie".
3/ une confirmation que DDB s'est fait siffler quand elle s'est exprimée *en faveur* de Grenoble 2018. Car bon, pour se faire siffler par "une bonne partie du public" alors qu'on nous répète par ailleurs un message du genre tout Grenoble à part une poignée d'huluberlus ardemment les JO, va savoir, elle s'y est peut-être opposée (ce qui reviendrait toutefois à cracher un peu dans la soupe !)
Un chipotage : je ne suis pas sûr qu'un minutage aussi précis (102' de concert, montée sur scène à 20h40, fin du concert à 22h48) soit nécessaire.
Merci néanmoins pour ce compte-rendu !
J'ai réussi à avoir une place par une amie alors j'y suis allé et je dois dire que je m'attendais qu'elle chante en anglais, ca aurait été mieux pour le feeling. Sinon, le son est toujours aussi nul au palais des sports.
Sam.
Super concert! Par contre, ils ont mis le paquet sur les filles à l'entrée; le recrutement doit se faire au physique à mon avis. On peut avoir leur phone? lol!
Quand on vous offre une place et que vous vous retrouvez au niveau 3 sous les poutrelles et que vous voyez rien parce que devant vous, vous voyez des cables en vue plongeante sur la scène et lorsque que vous demandez à changer de place pour aller au niveau 2 et qu'on vous dit "non monsieur, vous restez au 3".. vous restez un petit moment et vous vous barrez vite fait. C'est ce que j'ai fais. Quelle salle de m....
Euh, j'étais là du début à la fin. Je trouve étonnant de votre part d'avoir "oublié" que Michel DESTOT c'est fait copieusement sifflé lorsqu'il a à peine prononcer "les jeux olympiques" au début de son discours Un oubli.... qui peut en dire long sur votre "indépendance" vis à vis du pouvoir local. Si vous avez un parti pris il vaut mieux le dire à vos lecteurs.
Les stars et la politique, c'est jamais bon et ca ne fait jamais l'unanimité à part Coluche et ses restos du coeur. Les JO et Obama mais qu'est ce que ca vient faire dans un truc culturel?? Quand on invite une star, on l'invite pour ce qu'elle sait faire pas pour faire la politique du maire d'une ville.
C'est n'importe quoi.
Ou alors, on nous prend pour des bouffons.
@ Yepok :
1) le temps d'attente oscillait entre 30 et 45 mn : tout dépend de l'heure de votre arrivée pour obtenir vos places. Entre 8h45 et 9h45 (plus précisément vers 9h35), il y avait près de 300 personnes faisant la queue entre l'entrée de l'Office du tourisme et le Crédit Agricole (avec débordement sur trottoir) : ce chiffre ne correspond donc pas au nombre de places du Palais des Sports (des lots sont attribués et réservés à l'avance, d'autres délivrés aux Grenoblois). Voir la photo (note de bas de page).
2) usage en matière de relations officielles, modalités publiques pour la prise en charge d'une personne...
3) confirmé : lire la fin de l'article.
@ fredo :
La réaction du public fut nettement plus vive envers l'artiste qu'envers le maire de Grenoble. Il semblerait qu'une partie du public ait du mal à concevoir qu'une artiste de renommée internationale puisse intervenir sur ce genre de dossier local et sensible (JO 2018)... sur scène. Le fait que le maire d'une ville se fasse siffler par une fraction du public sur un dossier local est monnaie courante.
Il ne s'agit donc pas d'un oubli à proprement parler mais d'une sélection. Il me semblait plus pertinent de mettre l'accent sur l'inhabituel.
Votre contribution apporte naturellement un complément à l'article :-)
Quelles drôles de mentalité quand même : ce sont toujours les mêmes qui profitent des concerts gratuits, à savoir ceux qui ont une demi-journée à perdre pour aller faire la queue... alors pourquoi ne pas mettre en place un système de rotation pour tous les grenoblois ? Cela permettrait à chacun d'avoir droit à la fête de temps en temps.
Quant à la prise de position d'une artiste internationale sur notre politique locale, je trouve cela affligeant. En même temps, n'oublions pas qui l'a payé pour venir, ça vaut bien un coup de pub pour les JO non ?
Vous mentionnez le retard pour le début du spectacle. Près de 45 minutes, ce n'est pas rien. Et pourtant : pas un mot d'excuse de la part de notre Maire. Si l'exactitude est la politesse des rois, je vous laisse estimer celle de nos édiles...
Ce spectacle n'est pas reservé qu'aux grenoblois.
Il n'est pas demandé de justificatif de lieu d'habitation, j'ai beaucoup de collegues n'habitant pas grenoble qui sont allés au spectacle.
question : les spectateurs viennent ils pour l'artiste ou le maire ?
on va dire que la loi des 80/20 fonctionne bien
80 pour l'artiste
20 pour le maire
@ l'auteur du compte-rendu de la soirée :
Il y avait bien des contrôles des sacs aux deux entrées est et ouest. Mon épouse et moi avons été "invités" à ouvrir largement nos sacs.
Ces contrôles étaient systématiques.
@ fredo :
Il est vrai que Michel Destot s'est fait copieusement huer. Un petit mot sympa pour justifier le retard aurait sans doute atténué le volume des sifflets. On ne récolte que ce qu'on sème...
Sinon, le concert était excellent. Un bel hommage à la chanson française. Merci Dee Dee.