jo grenoble 2018 Le 12 mars 2009, le rapport de la Commission d’Evaluation du CNOSF pour la procédure de sélection nationale d’une ville requérante aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018 a été communiqué aux membres du Conseil d’Administration, aux quatres villes en compétition et au public.

Un rapport qui fait suite aux auditions et aux projets de candidature présentés par les villes pré-requérantes ( Grenoble 2018, Annecy 2018, Nice 2018 et Pelvoux-Ecrin 2018) le 21 janvier 2009 [1] devant le Conseil d'Administration (CA) du CNOSF.

Mercredi 18 mars 2009, les 45 membres du CA du CNOSF voterons pour désigner la ville française candidate à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d'hiver 2018. Résultat du vote attendu à partir de 11h45.

En attendant, intéressons-nous au rapport remis par la Commission d'évaluation (CE).


Une évaluation technique des dossiers


Le rapport de la CE est avant tout un rapport technique rédigé par 14 membres [2] du CNOSF.

Il analyse l'ensemble des données techniques fournies par les villes candidates et évalue leur aptitude à organiser les JO en 2018. Il a pour objet d'aider le CA du CNOSF dans sa décision. Un document sur lequel les membres peuvent s'appuyer pour rendre un verdict final.

Cette "annexe" au dossier des JO 2018 révèle néanmoins de nombreux éléments "concrets" permettant d'éclaircir ou de repositionner l'engagement "verbal" de certains prétendants à la candidature.

Par ailleurs, une enquête commanditée par le CNOSF auprès de l'Institut TNS-SOFRES en février 2009 montre que la population française adhère globalement à l'idée d'une candidature (soutien populaire : 69% - opposition : 7%) [3].


Des critères et une notation particulière


Différents éléments retenus dans le cadre de l'évaluation.

Une liste de "critères" détermine le potentiel d'une ville à accueillir les JO 2018. Un coefficient de pondération (CP de 1 à 5) attaché aux critères leur accorde une valeur et un degré d'importance.

Une valeur de référence (sur une échelle de 1 à 10, fixée à 6 - référent CIO) permet de donner une note minimale indiquant la capacité d'une ville à organiser les JO.

Un "indice de faisabilité" est attaché à certains critères. Il exprime la probabilité qu'un projet soit réalité (de 0.1 - infaisable à 1 - faisable).

En fonction de ces éléments, une notation est donnée pour chaque ville, pour chaque critère.


Calculs et notes moyennes obtenues


Après avoir effectué quelques calculs en tenant compte des notes minimales et maximales accordées par le CNOSF aux pré-requérants, voici le classement général et les résultats obtenus en fonction des critères retenus dans le rapport de la Commission d'Evaluation :


Soutien politique, place proposée au mouvement sportif dans un Comité de Candiature et opinion publique (CP : 2)

Grenoble : 7.04 | Annecy : 8.52 | Nice : 7.16 | Pelvoux : 7.92


Infrastructure générale (CP : 5)

Grenoble : 7.71 | Annecy : 7.08 | Nice : 5.65 | Pelvoux : 3.03


Sites sportifs et expérience (CP : 4)

Grenoble : 7.72 | Annecy : 7.32 | Nice : 5.50 | Pelvoux : 5.12


Village(s) olympiques(s) (CP : 3)

Grenoble : 7.27 | Annecy : 6.57 | Nice : 5.25 | Pelvoux : 5.14


Environnement : conditions et impact (CP : 3)

Grenoble : 6.67 | Annecy : 7.30 | Nice : 5.59 | Pelvoux : 5.52


Hébergement (CP : 5)

Grenoble : 6.07 | Annecy : 6.30 | Nice : 6.22 | Pelvoux : 2.88


Gestion du système de transport (CP : 3)

Grenoble : 7.56 | Annecy : 6.38 | Nice : 4.68 | Pelvoux : 3.63


Finances (CP : 2)

Grenoble : 7.50 | Annecy : 6.50 | Nice : 6.50 | Pelvoux : 4.50


Jeux Paralympiques (CP : 2)

Grenoble : 8.50 | Annecy : 8.50 | Nice : 7.00 | Pelvoux : 6.50


Développement du Sport et Héritage sportif (CP : 5)

Grenoble : 8.50 | Annecy : 8.25 | Nice : 8.20 | Pelvoux : 5.65


Concept général (CP : 5)

Grenoble : 8.40 | Annecy : 8.10 | Nice : 5.60 | Pelvoux : 3.80


Note moyenne générale pour chaque ville hors pondération :

Grenoble : 7.54
Annecy : 7.34
- - - - - - - - - - -
Nice : 6.12
Pelvoux : 4.88


Interprétations de la Commission d'Evaluation


Le rapport souligne mot pour mot les conclusions suivantes :

"La Commission d'Evaluation estime que les villes de ''Grenoble et Annecy ont le potentiel nécessaire pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018'', et peuvent donc représenter des candidatures de qualité aux côtés du CNOSF et espérer passer la première étape de présélection du CIO".

"Les atouts de la candidature de Nice sont tout à fait indéniables notamment dans son Pôle « Glace ». Pour autant, la Commission d’Evaluation estime que le dossier comporte des risques. En effet, la distance entre le Village Olympique unique et le Pôle Neige, la faiblesse des infrastructures de transport vers et au sein du Pôle Neige, et la faible capacité d’hébergement sur les sites de montagne, amènent à s’interroger sur la faisabilité même du projet et sa capacité à passer l’étape de présélection du CIO".

"La Commission d’Evaluation conclut que le territoire de ''Pelvoux Ecrins n’a pas à l’heure actuelle la capacité requise pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018'', et pour passer l’étape de présélection du CIO."


Duel au sommet


Quelques heures avant le vote décisif du CNOSF, les allégations et suspicions vont bon train. Notamment du côté des villes candidates... placées sur la tangente ou légèrement en deçà des "critères de recommandation" telles que Nice et Pelvoux qui accusent le coup et ont du mal à "digérer" l'affaire le rapport anticipé.

Techniquement, le dossier Grenoblois paraît bien engagé. Il arrive en tête des critères de la Commission d'Evaluation. Une bonne aubaine pour Grenoble dans la course à la candidature française pour l'organisation des JO 2018.

Il y a encore quelques semaines, la candidature de Grenoble paraissait "repliée" derrière celle de Nice et d'Annecy. Aujourd'hui, Grenoble refait surface... avec un peu plus de raison d'y croire.

La prudence est de mise. Dans le passé, les conclusions énoncées dans ce type de rapport n'ont jamais prétendu engager ou mettre en avant une candidature au moment du vote et de la prise de décision finale.

Verdict attendu avec impatience mercredi 18 mars.

Notes

[1] source photo : franceolympique.com

[2] dont 4 experts (source : AFP)

[3] selon le rapport de la CE du CNOSF