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03
2009
Grenoble JO 2018 : retour sur le dossier Grenoblois et nouveau Comité de pilotage des acteurs de la candidature
Article maj le 03/04/09.
Mercredi 18 mars 2009, après un vote de ses membres, le Conseil d'administration du Comité National Olympique et sportif Français (CNOSF) a désigné la ville pour la candidature française à l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2018.
Les 43 membres du Conseil d'administration (CA) présents ont pris part au vote pour élire la ville française candidate. La majorité absolue retenue était de 22 voix. La ville d'Annecy a été plébiscitée par le Comité pour présenter la candidature française à l'organisation des JO 2018.
Dès le premier tour de scrutin à bulletin secret [1], Annecy a obtenu 23 voix. 10 pour Nice, seulement 9 pour Grenoble et 0 pour Pelvoux.
Nous sommes nombreux à nous interroger sur la "3ème place" : celle de la candidature Grenobloise.
Le "montage" du dossier Grenoblois
Pour porter leur candidature, les villes requérantes ont chacune adopté une stratégie particulière. Inutile de rappeler que la "concurrence" fut rude entre les dossiers avant l'échéance du mercredi.
En coulisse, la divulgation et la publication du rapport [2] publiquement non attendu de la Commission d'évaluation (CE) composée d'experts moins d'une semaine avant le vote du CNOSF a suscité de nombreuses réactions de part et d'autre. Après une lecture du rapport (relire mon article sur le sujet) classant Grenoble en tête sur le papier pour son aptitude "technique" à organiser les JO de 2018, les porteurs du dossier Grenoblois ont choisi de s'exprimer avec modération...et parcimonie.
Eric Merlen, Conseiller presse de Michel Destot, rencontré lors d'une conférence de rédaction [3] estime que les candidatures les plus sérieuses étaient celles de Grenoble et d'Annecy.
Le Conseiller presse du député-maire de Grenoble évoque le dossier économique des Jeux Olympiques. "Au départ sur le dossier des JO, l'équipe de Michel Destot était composée de quatre personnes (...) Ils ont décidé de fédérer des tas de projets pour Grenoble (...) L'objectif est de rendre utile des infrastructures et des projets pour tout le territoire et de monter un dossier cohérent, JO ou pas JO (...) Les Jeux, ça veut dire aussi pouvoir faire en moins de 10 ans ce qu'on ferait en 20 ou 30 ans".
Sur le plan de la communication, le journaliste revient sur la stratégie Grenobloise. "Destot, comme tous les partenaires, ont refusé de communiquer sur le fond avant le jour de la candidature officielle (...) La communication a été extrêmement soft et légère (...) Suite à la défaite de Paris, il ne fallait pas répéter les même erreurs (...) La stratégie de Grenoble était extrêmement simple, les critères du CNOSF étaient clairs, nous les avons tout simplement respectés".
Les Jeux Olympiques coûtent très chers. En dehors des droits de télévision, ce sont des investissements "rentables au départ qui coûtent de l'argent mais qui en font gagner beaucoup par la suite" souligne le Conseiller presse.
Une victoire "volée" ?
Sur le papier, au regard des données chiffrées dans le rapport publié par le CE, la candidature de Grenoble était la mieux notée des quatre villes requérantes.
"Ce n'est pas nous qui avons déclaré que Grenoble était favorite, mais un Comité d'Evaluation (...) Jamais le CNOSF n'avait donné auparavant publiquement ces sources d'information et d'évaluation (...) On ne sait pas pourquoi ils l'ont fait, quelque part, ça a tué le débat des votes (...) On nous place comme favoris et on arrive dernier, je suis désolé mais à un moment, on comprend qu'il s'est passé une grosse couille, je ne sais pas laquelle mais on le saura (...) c'est pour ça que j'estime que c'est une victoire volée" explique avec vigueur et détermination Eric Merlen, collaborateur au Canard Enchainé.
Sans sourciller, même en dehors du contexte du rapport, celui-ci reconnait que la ville de Haute-Savoie avait un bon dossier. Toutefois, il reste persuadé que Grenoble et Annecy devaient logiquement arriver en tête pour la désignation d'une ville française candidate.
"C'est évident qu'il y a eu un vote reconfiguré par certains, il y a eu probablement une décision politique, un lobby qui s'est réveillé au dernier moment et qui a été très malin (...) Le vrai danger pour Annecy et Grenoble, c'était Nice" explique le journaliste.
Dans cette "affaire", rappelons que les experts du fameux rapport de la CE n'ont pas voté. Les membres du CA ont voté à bulletin secret. Ces derniers n'ont pas à motiver individuellement et publiquement leur choix.
Sotchi JO 2014... est en Europe
Deux jours avant le vote, le CIO via le CNOSF rappelait dans un communiqué (via l'AFP) que la Vlle de Sotchi organisatrice des JO d'hiver en 2014 était en Russie et donc... belle et bien en Europe.
De quoi (ré)alimenter toutes les discussions autour du choix de la ville hôte candidate qui sera choisie en juillet 2011 par les membres du CIO pour 2018.
Rappelons qu'à ce jour, Annecy (France) est dans la course. Sans oublier les villes de Munich (Allemagne) avec un budget conséquent. Et surtout PyeongChang (Corée du Sud) qui tente pour la 3ème fois consécutive de se présenter en 2018.
Curieuse manière d'afficher une prétention au moment où le choix d'Annecy a été validé.
Si on part du principe de l'alternance automatique des régions ou des continents (Turin 2006 - Vancouver 2010 - Sotchi 2014), nombreux sont les journalistes et experts qui estiment qu'Annecy et Munich n'ont aucune chance face à PyeongChang... curieusement favorite et mis en avant depuis la désignation de la ville française.
Les chances d'Annecy sont compliquées.
Le CIO affectionne le "turnover"... et la géopolitique.
Défaire et laisser la place... à un perdant potentiel
En coulisse, les discussions liées à la "défaite" de la Ville de Grenoble vont bon train.
Pour certains, cette 3ème place obtenue par Grenoble n'est pas une surprise.
Elle s'explique sur un registre purement politique. "Ils ne fallait pas donner les JO 2018 à une ville socialiste et faire un cadeau à Michel Destot" peut-on entendre ici et là. Sans oublier ceux qui évoquent une intervention au plus haut sommet de l'Etat dans la décision finale.
Pour d'autres, cette explication ne tient pas la route puisque nous connaissons les liens qu'entretient le Président de la République avec le Maire de Nice. Bien qu'elle soit arrivée juste devant Grenoble, cette ville aurait pu du davantage être mis en avant le jour du vote.
Une autre explication plausible vient pourtant entacher les précédentes.
Lors des scrutins précédents, nombreux sont les membres du CA qui n'ont pas suivi "à la lettre" les recommandations émises par le CE le jour du vote. Et pourtant, dans son rapport publié le vendredi 13 mars, le dossier Grenoblois était "techniquement" le meilleur (meilleure note générale... une majorité de critères bien notés...).
Après avoir eu connaissance de cet exposé, les porteurs du dossier Grenoblois ont choisi de "calmer le jeu" en adoptant la tactique de la modération en matière de communication avant le vote du mercredi 18 mars. Se sentant partiellement distancées dans la dernière ligne droite, les autres candidatures ont naturellement chercher à peser dans la balance auprès des instances du CNOSF. Après tout dans ce registre, qui avait le plus à perdre ?
Dans les heures qui ont suivi le vote, on pouvait entendre en centre-ville quelques remarques intéressantes.
"De toute façon, tout ça c'est politique", "Grenoble partait trop gagnante, ils n'y sont pas allés assez à fond, trop sur de son coup", "Je pense que c'est à Grenoble qu'il y avait beaucoup d'opposants par rapport aux autres villes, ça a du agacer peut-être...", "Jannie Longo, mais qu'est-ce-qu'elle faisait là, j'ai pas trop compris, y a pas de vélo l'hiver"... ou bien tout simplement "On sentait bien qu'Annecy avait tous ces sportifs à fond derrière sa candidature, plus qu'à Grenoble en tout cas".
Et si Grenoble avait tout simplement été écartée de la course, afin de favoriser ultérieurement une autre candidature ?
Cette probable candidature , c'est celle de Paris
. En échouant lors de la candidature des Jeux Olympiques d'été de 2012 face à Londres, la Ville de Paris n'a jamais caché son intention de se représenter... un peu plus tard.
Choisir Annecy , c'est peut-être tenter de faire échouer prématurément la candidature française de 2018 au profit de PyeongChang... afin d'accroitre ultérieurement la capacité et les chances de la capitale française de se représenter à l'avenir... pour gagner. PyeongChang pourrait avoir moins de chances de l'emporter en juillet 2011 face à Grenoble. La capitale des Alpes a prouvé qu'elle "tenait la route" avec un bon dossier.
Rappelons également qu'Annecy (JO 2018 ?) n'est qu'à 43 km d'Alberville (JO 1992). Après tout, avec tous les intérêts en jeu, mieux vaut tout de même entériner une candidature française...
Toutes les spéculations sur la victoire ou la défaite annoncée d'Annecy sont ouvertes...
Bon courage pour Annecy.
Continuer à faire vivre l'élan sur Grenoble
En attendant, une réunion d'un Comité de Pilotage partenarial "projet de territoire" se tiendra le 3 avril 2009 à l'Hôtel de Ville de Grenoble sous l'impulsion de Michel Destot, député-maire de Grenoble, Jacques Guillot, Président de l'association des maires des stations de l'Isère, Didier Migaud, Président de Grenoble Alpes Métropole et André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère.
Objectif : continuer à faire vivre l'élan crée autour du projet Grenoble-Isère 2018 [4] inscrit dans le projet de développement du territoire et rebondir sur l'échec de cette candidature aux Jeux Olympiques d'hiver de 2018.
maj du 03/04/09 :
Le comité de Pilotage a réuni les partenaires de la candidature : Ville de Grenoble, Metro, Conseil Général de l’Isère, Association des Maires des Stations de l’Isère, CDOSI, ProGrenoble 2018, mouvement sportif en présence du Préfet de l'Isère et des représentants du Conseil régional.
Ensemble, ils ont défini des "stratégies pour l'avenir" : promotion, attractivité du territoire...
Trois groupes de travail remettront leurs conclusions avant l'été 2009, "afin de passer à la phase de mise en oeuvre" [5].
- dynamique montagne, sport et tourisme,
- dynamique économique et promotion de l'image de Grenoble,
- aménagement intercommunal.
fin maj du 03/04/09.
Au passage, rappelons que le maire de Grenoble n'a jamais caché son intention éventuelle de porter ultérieurement une nouvelle candidature pour la ville au Jeux Olympiques de 20XX...
Notes
[1] photo : extrait de la vidéo du CNOSF
[2] remis en janvier aux membres du CA
[3] organisée par le Master de Journalisme de l'IEP Grenoble
[4] site web indisponible
[5] via le communiqué de presse du 03/04/09
Billet rédigé par [ Chrys ]
lundi 30 mars 2009 à 00:01
dans la catégorie > [ Sports ]
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"Choisir Annecy , c'est peut-être tenter de faire échouer prématurément la candidature française de 2018 au profit de PyeongChang... afin d'accroitre ultérieurement la capacité et les chances de la capitale française de se représenter à l'avenir... pour gagner. PyeongChang pourrait avoir moins de chances de l'emporter en juillet 2011 face à Grenoble. La capitale des Alpes a prouvé qu'elle "tenait la route" avec un bon dossier."
Donc, Annecy c'est la loose et Grenoble la kill candidature? LOL! Y a du snow au pays de chi-corée?
Sotchi est en retard pour faire sortir de terre ses infrastructures et Londres galère pour tout finir avec la crise. C'est Paris la-malheureuse la bien-heureuse qui y gagne et qui doit bien se marrer.
Messieurs les décideurs, merci d'avoir epargner notre belle ville de Grenoble d'un désastre en béton et en câble sur nos belles montagnes des Alpes.
Messieurs les financiers, merci d'avoir éviter qu'on paye ces JO jusqu'en 2040.
Arrêtons avec la théorie du complot: Grenoble a perdu car Grenoble ne fait pas rêver. La ville n'est pas moche de partout, mais elle n'est pas très belle non plus. Et Grenoble a déjà eu les Jeux. Enfin il n'y avait pas le même soutien populaire qu'à Annecy...
Faire vivre l'élan? MDR! Tant qu'il y aura des hommes et tant qu'il y a du pognon à se faire..
Ben voyons. On prend les mêmes et on recommence..
Voici mon point de vue; je suis content que Annecy ait gagné la première manche, ce qui permet à Grenoble de garder son argent pour autre chose car je ne suis pas convaincu par les projets qui sont présentés par l'équipe de Grenoble et je pense que tout le monde n'en profitera pas à terme.
Merci pour votre tribune.
Grenoble était la meilleure des candidatures et de loin. Je ne comprends pas la décision d'accorder les J.O. à une ville qui est moins connue que Grenoble sur la scène internationale. Si pression il y a eu, c'est politique voilà tout.
Grenoble = haute technologie + montagne
Annecy = bling-bling + soleil + lac
Elle est là la différence.
Je soutiendrai Annecy parce que j'aime mon pays et ma région.
NON... ils vont quand même pas refaire une candidature!!!!
A quand un vrai référendum pour savoir si OUI ou NON les grenoblois veulent les jo?
Chrys, tu n'as pas l'air d'y croire pour Annecy, je me trompe ?
@ valou : très moyennement :-)
Annecy c'est pas Grenoble, il y a plus de soleil et c'est plus beau. Mais meêm si il n'y a pas le soleil d'Annecy, je crois que Grenoble doit se représenter tout de même. La région en a besoin.
A prendre avec des pincettes mais intéressant:
http://www.nicematin.com/ra/cotedaz...
http://www.google.com/hostednews/af...
Sur la dépêche AFP, j'aime beaucoup: "Dans les coulisses du CNOSF, certains jugeaient que les électeurs n'avaient eu d'autre choix que d'éliminer Grenoble dont le statut de favori avait fini par mettre en cause leur impartialité. Les sportifs partisans, la plupart en pleurs, évoquaient eux le "lobbying maladroit" du maire Michel Destot, tandis qu'un élu olympique local attribuait la gifle à la faible part prise par le mouvement sportif dans la candidature."
Naturellement, je ne franchirai pas le pas d'associer la mise en cause de l'impartialité avec l'article de Nice-Matin... Chacun jugera.
Quant au lobbying maladroit de M. Destot, ce n'est pas moi qui le dit, ce sont les sportifs grenoblois associés au dossier, relayés par l'AFP.
Dommage pour Grenoble.
Peut-on avoir ensuite un résumé de la réunion des élus sur la poursuite des jeux olympiques ou non ?
Pour des raisons bassement et surtout bêtement politiciennes Annecy la bourgeoise, l'a emportée face à Grenoble la travailleuse. Ce droit à la loose internationale (voir le dossier Annecy ( le post-it posé sur le bureau du CIO), est signée Michel Barnier (ministre de Sarkozy et Duc de Savoie), Bernard Accoyer (Président UMP de l'assemblée nationale, mari de MAM ministre UMP de l'intérieur, et surtout Député Maire UMP d'Annecy le vieux) on peut ajouter aussi Guy Drut (sauvé des griffes de la justice par ...Sarkozy!) ne pas oublier aussi le porte sac de Bernadette Chirac, David Douillet bombardé dernièrement membre du conseil politique de l'UMP, rajoutons Edgar Gropiron en rupture actuelle de contrat publicitaire etc.
Quand un Président de la République se joue à massacrer l'espoir d'une région toute entière, pour des raisons de copinage et de minables calculs politiciens, ce Président est aussi incompétent et ridicule qu'un roquet avec des talonnettes.