vincent peillon grenoble Lundi 30 avril 2009, Vincent Peillon est venu en Isère présenter le programme du Parti Socialiste (PS) dans le cadre du lancement officiel de la campagne socialiste des européennes de 2009 (groupe PSE - PES - Parti socialiste européen [1]).

Le porte-parole de Ségolène Royal en 2007 et tête de liste pour la région Sud-est a choisi Grenoble et sa région pour annoncer sa stratégie pour les élections européennes du 7 juin 2009.

De nombreux élus PS étaient présents lors du point presse [2] au côté de Vincent Peillon : Michel Destot deputé-maire de Grenoble, Elianne Giraud Conseillère déléguée à l'Agriculture, François Brottes et Geneviève Fioraso députés de l'Isère, Bernard Soulage, Vice-président de la Région Rhône-Alpes, Erwann Binet Premier secrétaire fédéral de la fédération de l’Isère et André Vallini, Président du CG38.

La région Sud-est (Rhône-Alpes - Provence Alpes Côte d'Azur - Corse) comprend 16 départements. 13 eurodéputés sont amenés à être élus par un peu plus de 7 millions d'électeurs pour la représenter (72 eurodeputés pour la France sur 732).


Programme ficelé et... chargé


Lors du point presse, l'attachée de presse du candidat socialiste aux européennes remettait à certains journalistes un dossier de presse plus que complet : liste des candidats socialistes, introduction au "manifesto" du PSE, photo de Martine Aubry pour les européennes, carte postale UE, logo et cube à découper "Citoyens d'abord - Un nouveau sens pour l'Europe", clé USB aux couleurs du PS et autres goodies...

La totale. Un début de campagne de communication bien rodée.

Au pas de course [3] et dans la même journée, Vincent Peillon devait enchaîner un point presse [4], un buffet-déjeuner avec les militants socialistes, une rencontre avec l'intersyndicale de l'entreprise Caterpillar, une présentation du projet Europan (Isle d'Abeau), une visite du Médipôle (Bourgoin-Jailleu), une discussion sur site avec les salariés de Lafarge-Monier (Seyssuel) et un apéritif avec les militants et élus (Viennes).

Lors de la conférence de presse de lundi, Erwann Binet soulignait en introduction le rythme volontairement soutenu de la campagne du PS. "C'est une campagne que nous voulons mener tambour battant (...) C'est un grand rendez-vous électoral au niveau européen et aussi au niveau national (...) Nous voulons apporter un message clair à la politique du gouvernement et la politique de Sarkozy".

En milieu de semaine, un militant PS me confiait qu'il avait moyennement apprécié la rencontre avec le député européen au moment du buffet-déjeuner. "A vrai dire, c'était pas terrible, il n'est pas resté très longtemps (...) On n'a pas trop eu le temps de le voir ni de parler (...) Il avait l'air assez pressé vu son programme de journée".


L'Europe, pour venir en aide à Caterpillar


A sa manière, Vincent Peillon rappelle son attachement à l'Europe. "Il y des gens qui voudraient nous faire croire qu'on pourrait se porter mieux sans l'Europe, c'est une erreur fondamentale (...) Si on prend Caterpillar, 80 à 90% de l'activité de cette entreprise est liée à l'exportation (...) Si on imagine une seconde qu'en fermant nos frontières, nos problèmes de délocalisation seraient supprimés, on ne voit pas pourquoi".

Selon le député européen, la plupart des dossiers tels que celui de la crise relève d'une "conception ultra-libérale qui a conduit à être incapable de faire une harmonisation fiscale et sociale en Europe".

Face à la situation de l'entreprise Caterpillar, Vincent Peillon appelle les pouvoirs publics à saisir le "Fond Européen d'ajustement à la mondialisation" qui a été crée il y a deux ans pour répondre à une situation de crise. Un fond actuellement doté de 500M€ qui permettrait à l'Europe d'intervenir lorsqu'il y a des plans de licenciement massifs tels que celui prévu par l'entreprise Caterpillar. A ce jour et sur ce montant, "18 M€ ont été seulement utilisés en Europe et zéro euro en France" souligne la tête de liste aux européennes. Selon lui, la commission européenne et la droite européenne mettent un certain nombre de critères qui rendent l'application et la mise en œuvre de ce fond impossible [5].

Vincent Peillon en appelle au gouvernement pour demander la saisie de ce fond "anti crise" et permettre ainsi de "répondre aux demandes des syndicats en ce qui concerne la formation, le chômage partiel, les procédures de reclassement on ait les moyens suffisants pour agir" explique l'agrégé de philosophie.


Deux candidats... pour une tête de liste aux européennes


Après la démission de Michel Rocard de son mandat de député et son retrait de la politique annoncé en janvier 2009, Bernard Soulage accédait à la fonction de député européen.

Le successeur de l'ancien Premier Ministre s'est "naturellement" proposé comme tête de liste dans la région Sud-est début février 2009. Mais fin février, Vincent Peillon fut désigné tête de liste socialiste pour les élections européennes du 7 juin 2009. De quoi alimenter toutes les spéculations sur les choix de positionnement et de personne au sein du PS concernant ce "parachutage" politique dans la région.

Bernard Soulage serait en 9ème position sur la liste présentée. Lundi, l'ex-candidat "naturel" et Vice-président de la Région Rhône-Alpes a accepté d'être le Porte-parole et le Conseiller de l'équipe. "On a un débat, il est compliqué, il se termine comme ça (...) Ce qui compte, c'est la participation à la campagne" ajoute Bernard Soulage, sourire légèrement crispé.

Ma vidéo : extraits de la conférence de presse, dossier Caterpillar, désignation de Vincent Peillon, réaction d'André Vallini et Bernard Soulage, vote contre Jean-Marie Le Pen...


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Elections européennes... ou élections nationales ?


"J'en appelle à une forte mobilisation progressiste par la voie des urnes des citoyens, des démocrates et républicains pour bouter Mr Le Pen hors du Parlement européen" déclare Vincent Peillon en fin de séance.

Concernant la crise, il estime que l'Europe n'a pas protégé et agit comme elle aurait dû, estimant qu'il faut réorienter sa construction. "Je rappelle que c'est une élection à un tour (...) Si on fait le cadeau d'une dispersion des voix de gauche à Mr Sarkozy, vous verrez qu'il en fera le bilan immédiatement le soir du 7 juin" déclare la tête de liste PS.

Nombreux sont les électeurs qui se sentent éloignés de l'Europe.

Il est fort à parier que ces élections dont le taux de participation n'a cessé de baisser ces dernières années, seront comme d'habitude... l'expression d'un encouragement ou d'une sanction de la politique du gouvernement sur le plan national.

Notes

[1] le PSE rassemble les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes de l'Union européenne (UE)

[2] restaurant Le 5, Musée de Grenoble

[3] programme trop chargé... pour tout le monde : élus, journalistes et autres

[4] qui a commencé bien en retard...

[5] un des critères d'application : + de 1000 salariés licenciés