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2009
La Ville de Grenoble expérimente un dispositif nocturne pour prévenir la tranquilité des habitants du centre-ville. En attendant la vidéo surveillance...
- Définition :
- association
- centre ville
- circulation
- nuisance
- rencontres
Il y a quelques jours, la Ville de Grenoble relançait son opération d'été "La Belle Estivale 2009" pour toutes celles et ceux qui souhaitent profiter de la saison et vivre des instants de détente en famille ou entre ami(e)s (lire mon précédent article).
En parallèle, pour prévenir la tranquillité des habitants du centre-ville de Grenoble et les conduites à risque des jeunes, la municipalité a décidé d'expérimenter un nouveau dispositif nocturne en partenariat avec la Mutuelle des Etudiants, coordonné avec Police national, la Police municipale, les services municipaux et les associations de terrain travaillant dans les domaines de la délinquance, de la prévention et de l'urgence sociale.
Ce dispositif se nomme "Tranquil' Eté".
"Pour nous, l'été n'est pas simplement une affaire d'encadrement, d'organisation ou de multiplication des animations (...) Nous sommes tous préoccupés par les problèmes de nuisances nocturnes (...) La Ville à elle seule ne peut suffire à régler tous les problèmes notamment qui relèvent de l'ordre public (...) Notre volonté est d'aller vers les jeunes" souligne Michel Destot, Député-Maire de Grenoble lors de la conférence de presse de présentation du dispositif au 12ème étage de la Mairie de Grenoble [1].
Un pari sur l'intelligence collective et l'individu
La Ville de Grenoble souhaite "traiter" en priorité la question des nuisances dans l'hypercentre de Grenoble. Sans attendre, à travers ce nouveau dispositif, elle envisage d'améliorer la coordination et la présence des différents acteurs "humains" susceptibles de sensibiliser les plus jeunes sur le terrain. Notamment ceux qui se réunissent en fin de journée ou durant la nuit, pour "faire la fête".
"Aujourd'hui, des jeunes posent de multiples soucis de santé publique au sens large (...) Les conduites addictives liées à l'alcool, parfois aux produits stupéfiants, les nuisances sonores, qu'il s'agisse de percussions, de musiques amplifiées, les agressions plus ou moins graves dont souvent les premières victimes sont les jeunes filles et les personnes les plus faibles (...) SDF qui nous font remonter des agressions (...) Sans vouloir le fermer ni le bunkeriser à partir d'une certaine heure de la nuit, le centre-ville aspire à un minimum de tranquillité pour les riverains qui ouvrent plus facilement le soir les fenêtres en été" explique Jérôme Safar, 1er Adjoint chargé des Finances, délégué à la Prévention et à la Santé.
Présence, prévention, faciliter le "vivre ensemble", réfléchir aux conditions d'une fête réussie... devient le mot d'ordre de la Municipalité durant la période estivale. Elle confie à La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) le soin de former des équipes mobiles et de sensibiliser les jeunes sur les risques et dommages collatéraux liés aux conduites à risque en centre-ville, d'un point de vue individuel et collectif.
Tranquil' Eté : une approche expérimentale par ses pairs
Pour Jérôme Safar, "il est toujours plus facile pour un jeune de s'exprimer lorsqu'il est en face d'un autre jeune qui serait repéré comme étant quelqu'un qui a une conduite à risque" pour discuter, échanger... et recueillir auprès de ce dernier des informations.
Le nouveau dispositif est opérationnel durant le mois de juillet 2009. Il devrait reprendre et se prolonger du 1er septembre au 31 octobre. Il s'appuie sur une expérimentation actuellement en cours depuis le mois de mars dans la Ville de Rennes.
Une quinzaine de soirées ont été "ciblées" durant lesquelles une dizaine de jeunes dotés d'une expérience en prévention (en équipe, 2 à 4 binômes composés d'une fille, d'un garçon avec 1 responsable d'équipe sur le terrain) identifiés par un tee-shirt bleu [2] "Grenoble - Tranquil'Eté" sont habilités à déambuler dans un périmètre délimité de 18h30 à 23h entre le secteur Notre-Dame et le Jardin de Ville.
Moyenne d'âge des étudiants formées et salariés pour cette mission : entre 22 et 25 ans.
"La solution d'approche, d'accompagnement et de sensibilisation par des jeunes qui vont s'adresser à leur semblable nous semble une bonne idée pour essayer de qualifier un peu les choses auprès d'eux et aborder les questions de prise de risque individuel et collectif (...) Les binômes font passer des messages et récoltent des données (...) Il n'ont pas pour mission d'intervenir directement mais sont habilités si nécessaire à communiquer aux autorités d'éventuels débuts de débordement" explique Laurent Berthet, Directeur délégué de la Mutuelle des Etudiants.
Pour Hélène Vincent, Adjointe à la Jeunesse, ce dispositif s'intègre parfaitement dans la démarche du projet "Jeunesse" de la Ville de Grenoble. "Nous sommes bien dans le cadre de la responsabilisation des jeunes (...) Face au conflit intergénérationnel, la question est de savoir qui est le mieux à même de leur parler dans le cadre d'une animation d'hyper-proximité tout en restant dans une démarche globale".
Pour Eléonore Perrier, Conseillère municipale déléguée à la Sécurité civile et la Lutte contre les nuisances, "On ne va pas s'intéresser à ceux qui boivent plus que d'autres ni aux causes (...) L'intérêt, c'est le vivre ensemble tout en faisant prendre conscience que certains espaces publics ne sont pas réservés à ceux qui font la fête (...) Avec ce dispositif de dialogue, on est dans l'humain, pas dans le matériel".
Selon Jérôme Safar, le "coût net" du dispositif pour la Ville de Grenoble, sans compter les aides publics éventuelles à venir est de 30 000 euros.
Charte de qualité de la vie nocturne et... vidéo surveillance
Près d'un an après son annonce, la "Charte de qualité de la vie nocturne" élaborée en partenariat avec les Unions de quartier, commerçants et autres partenaires associés n'est toujours pas définitivement finalisée, ni adoptée [3].
Face à ce retard, la Ville de Grenoble souhaite "traiter" en priorité la question des nuisances au Jardin de Ville et dans ses environs avant la signature de cette fameuse Charte (un jour, peut-être...) auprès de la Préfecture de l'Isère.
A l'automne, le dispositif "Tranquil' Eté" sera évalué par le cabinet ELC2 pour observer la démarche et dresser avec les habitants un bilan précis de cette expérimentation. "Ça nous permettra aussi de décider définitivement si oui ou non on ferme le Jardin de Ville" - la nuit - explique Michel Destot.
Lors du dernier Conseil municipal, la question de la vidéo-surveillance à une nouvelle fois été évoquée... pour être étudiée.
Trois secteurs de la ville sont préalablement ciblés dans le cadre d'une vidéo-surveillance éventuelle : la Capuche (problématique de sécurité), le Village Olympique (protection des bâtiments et parking) et le Jardin de Ville (offre alternative de surveillance).
Chose étonnante, notons au passage que la Ville de Grenoble ne prévoit pas de reconduire ce dispositif expérimental... durant le mois d'août.
Billet rédigé par [ Chrys ]
mercredi 8 juillet 2009 à 09:00
dans la catégorie > [ Citoyenneté ]
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Vos Commentaires
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pour "prévenir" la tranquilité des habitants? autrement dit pour l'empêcher?
Mouais mais ça résoudra pas le bordel fait par certains restaurants en toute impunité et pour lesquels la police ne se déplace jamais quand on les appelle pour nuisance nocture :(
En centre ville hein!! pas à la Villeneuve!!! je serais curieux de connaitre les statistiques des incivilités et des agressions suivant les quartiers de Grenoble...
"Notre volonté est d'aller vers les jeunes". Tout est dit !
Jadis (il y a moins d'une génération, autant dire un siècle), il s'agissait surtout de vérifier que les jeunes "allaient" vers le respect des règles pour se conformer à la vie en société. Tout est à ce point dissolu qu'il faut maintenant des médiateurs, des grands frères, etc. pour apprendre aux fameux jeunes - le substantif dit d'ailleurs beaucoup - ce qu'est le respect des autres.
"Le jeune."
On dirait la droite qui parle.
Je trouve le discours assez stigmatisant.
Mais qui autorise tous ces bars à ouvrir si tard dans le centre ville depuis 20 ans ?
Mr Safar n'aime pas les tam-tam ?? mais Mr Safar et Mr Destot aiment augmenter les impôts de 9% ; normal, ça fait pas de bruit.
avec la ligne E du tram, il y aurait moins de problèmes...
MDR ! le Ps fait quoi? Il font tourner des d'jeuns dans le quartier pour soit-disant calmer les excités ! MDR ! Ca sent même pas l'idée originale, facile d'appuyer sur copier-coller et piquer une idée d'une autre ville en plus, bravo la reflexion sur le local.
Le Ps et l'insécurité, c'est geniaaaaaaaaaaaaal.
Dites moi un peu, ca fait combien de temps que DESTOT nous parle de videosurveillance à reculons, ou à petites doses politiques?
Il ose pas se lancer, ca fait "droite".
Pfff