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2009
Alain Carignon cherche à se repositionner sur le plan local et national
- Définition :
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- election
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- michel destot
Mardi 1er décembre 2009, dans un salon de l'hôtel Europole à Grenoble, Alain Carignon convoquait les médias pour un point presse.
Un brin de fatigue lisible sur son visage, les traits légèrement tirés, l'ancien Président de l'UMP 38 semblait attendre de pied ferme les journalistes pour retrouver avec eux son fil conducteur et une forme de dialogue à bâtons rompus. Ouvertement, il avoue se méfier d'eux depuis qu'il a quitté son dernier mandat à la Mairie de Grenoble et il n'hésite pas à s'emporter sur des sujets sensibles.
Durant plus d'une heure, Alain Carignon s'est exprimé sur différents sujets liés à l'actualité locale et aux "grosses difficultés de la Ville de Grenoble". Puis, il a donné quelques détails complémentaires [1] sur sa "mission" politique au niveau national.
Visiblement, au rythme des échanges avec ses interlocuteurs, l'ancien Ministre de la Communication parait n'avoir pas perdu sa verve politique.
Réactiver l'esprit de Grenoble
"J'estime qu'il est temps de vous dire maintenant le fond des choses (...) Il y a une sorte de grand mensonge que je voudrais évoquer et qu'il est plus que jamais nécessaire de réactiver l'esprit de Grenoble et d'entamer un vrai débat de fond qui concerne le quotidien des Grenoblois (...) Je voudrais participer à réanimer cet esprit de Grenoble" explique Alain Carignon en introduction.
Ce dernier n'apprécie guère le manque de vision d'avenir de la gouvernance municipale. Selon lui, cette réactivation doit être animée par une nouvelle alternance qui ne doit pas être à priori celle des étiquettes politiques mais celle de la volonté populaire.
Après son échec aux dernières législatives, il explique qu’il n’a pu présenter sa candidature aux dernières municipales de 2008 en raison des oppositions émises à l'époque dans son propre camp.
A la question relative à son positionnement sur les Régionales de 2010, Alain Carignon entend défendre les idées de l’UMP, participer aux débats et focaliser son attention sur la "folie fiscale des régions" et les "empilements, superstructures et administrations des socialistes".
A la question relative à son propre avenir électoral en politique, Alain Carignon le souligne clairement : il souhaite préparer l’alternance des projets et des idées… pour 2014 !
Les "grands mensonges" et manquement de la municipalité
Alain Carignon évoque pêle-mêle différents thèmes locaux et commence par évoquer l'évolution des finances de la Ville de Grenoble.
"Entre 95 et aujourd'hui, je suis quand même stupéfait qu'on ne dénonce pas le grand mensonge qui a consisté à dire que la ville était trop endettée, avait des frais de fonctionnement considérables" souligne ce dernier. Faisant référence à un palmarès du journal Le Point posé sur sa table [2], il signale aujourd'hui que la dette par habitant a augmenté de 1000€ (elle atteindrait 1775€/hab en 2009 - près de 2500€ en tenant compte de la dette de la Communauté d'agglomération Grenoble-Alpes Métropole - contre 1500€/hab en 1994). Et la Ville de Grenoble serait en tête des villes les plus dépensières de France concernant ses frais de fonctionnements. "Ce bilan financier est catastrophique et il nous promet un avenir extrêmement sombre" ajoute t-il.
Pour comparer à priori et à posteriori l'état des financements sur une longue période, l’ancien candidat aux dernières législatives prône la méthode des deux bilans et souhaite introduire la notion de retour sur impôt sur des investissements publics majeurs (méthode BBZ - budget base zéro - (re)mettre le budget d'une ville à zéro une année N - système comparatif de simulation des dépenses permettant ou non de les justifier). Avant tout augmentation d'impôt, il propose qu'un audit de la ville et des collectivités soit réalisé sous le contrôle d'une commission présidée par un élu de l'opposition pour chaque entité. "Les socialistes devraient suivre l'exemple de Nicolas Sarkozy (...) et donner la présidence de la commission de finance et de contrôle à l'opposition" rappelle l'ex-Ministre de la Communication qui reconnaît par ailleurs qu'il n’avait pas eu l'idée de le faire lorsqu'il était Maire de Grenoble.
Abderrahmane Djellal, Président du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la Ville de Grenoble s’est empressé de répondre aux propos d’Alain Carignon dans un communiqué de presse. "Monsieur Carignon fait mine de donner des leçons de gestion (…) Des leçons absolument inacceptable venant de celui qui avait laissé la Ville exsangue avec une épargne nette négative de 100 millions de francs (15M€). Et puisque Monsieur Carignon nous conseille de comparer l'endettement par habitant, la vérité est la suivante : une augmentation de 6% de l'endettement par habitant depuis 1995 contre une augmentation de 174 % lors des mandats de Monsieur Carignon".
Bataille de chiffres en perspective…
Dans le domaine sportif, il souhaite que les maires des communes puissent davantage s'impliquer pour aider le club du GF38 si des problèmes financiers surgissent. Il regrette que la Ville de Grenoble ne se soit pas portée candidate pour l'Euro 2016. "On n'a pas fait le stade qu'il fallait (...) Et après l'échec des JO et notre incapacité locale à gagner, on devrait avoir un bilan total de ce qu'à couté la candidature de Grenoble".
Alain Carignon critique l'ouverture politique réalisée par la majorité municipale principalement sur des problèmes de rassemblement autour des projets. "On a eu Destot avec les écolos, on a maintenant Destot avec le Modem (...) C'est pas une ouverture, c'est une addition d'intérêts sans projet commun contrairement à ce qui se fait au niveau national (...) Cette alliance [3] avec le Modem va aussi aboutir à une forme d'immobilisme dans Grenoble et son agglomération" explique l'ancien Ministre délégué à l'Environnement.
En comparaison avec d'autres grandes agglomérations, il regrette que Grenoble n'arrive pas à rattraper son retard en matière d'accessibilité notamment dans le domaine des infrastructures de transport. "Il faut aller chercher des moyens ailleurs, des apports extérieurs (...) Il faudrait qu'on mette en place une sorte de multinationale des idées pour tirer et amener les grands équipements et les grandes solutions" ajoute t-il.
En matière d'urbanisme, Alain Carignon souligne que Grenoble figure au deuxième rang des villes dont la densité de la population est la plus forte en France. Il fustige le bétonnage systématique qui selon lui, "consiste à chasser les espaces verts et à densifier la ville à fond". Il estime que la densification et l'insécurité sont étroitement liées et que le Maire de Grenoble n'assume pas ses responsabilités sur ce dernier point.
Communiquer et combler un vide politique
L'ancien Maire de Grenoble a du mal à comprendre les dissensions au sein de l'opposition municipale à droite. Il estime que la situation n'est pas durable dans le cadre de la préparation de l'alternance des idées, des projets et des bilans. "Vraiment ça m'attriste (...) On a l'impression que l'opposition municipale s'oppose à elle-même plutôt qu'à Destot (...) Il y tellement de sujets [4] sur lesquels les conseillers municipaux pourraient travailler".
En matière de communication, il estime qu’aujourd’hui il n'y a plus la volonté à Grenoble de débattre sur des sujets importants, de proposer de grands débats publics au Grenoblois, de grands "face à face" entre leaders politiques. "Je me rappelle qu'on passait deux ou trois heures avec Dubedout à débattre devant vous (...) Maintenant, tout ça, c'est mort" rappelle avec véhémence l'ancien Président du Conseil général de l'Isère. Il reste persuadé que Michel Destot la récuse.
Pour Alain Carignon, ce manque d’enthousiasme pour le "face à face" politique s’explique en partie par la volonté de couper court au débat en passant par le déploiement de nombreux journaux publics distribués et payés par les contribuables émanant de chaque organisme, agence ou collectivité publique.
Sa "mission" sur le plan national
Depuis le mois d’août 2009, Alain Carignon travaille en collaboration avec Brice Hortefeux, Ministre de l’Intérieur, en tant que Conseiller sur des sujets de terrain tels que la prévention, la politique de proximité dans les quartiers. Il participe à une réflexion sur l’actualité politique, à la coordination des "rencontres de Beauvau" et à la mise en place de liens et de débats avec des ministres et parlementaires de l’UMP.
Dès le mois de janvier 2010, avec d’autres personnalités, il ouvrira de nouveaux débats idéologiques avec des intellectuels "de la droite" dans le cadre du second volet de sa mission.
"Je suis une boîte à idées (…) J’ajoute de la coordination dans les rouages" ajoute l’ancien Député de l’Isère.
"En réalité, Nicolas Sarkozy a toujours pris de l’avance depuis 2002 (…) C’est lui qui mène le ton et les débats sur la table (…) Pour moi, la vraie honte du PS, c’est l'absence de débats d’idées depuis une dizaine d’années (…) Son absence de propositions face à la crise depuis deux ans (…) Les français vont lui faire payer très très cher son manque d’alternative" explique l’ancien Maire de Grenoble.
A sa façon, Alain Carignon tente de réactiver l’esprit d’une époque en s’appuyant sur les débats et les projets qu’il a mené lorsqu’il était Maire de Grenoble pour justifier la pérennité de son combat politique et de ses idées. Les divisions internes au sein du groupe de l’opposition municipale et de l’UMP 38 lui permettent d’occuper une partie du terrain politique et de "combler un vide".
Une partie des membres de la majorité municipale de Grenoble estime que l’ancien Maire de Grenoble est "hors circuit" depuis qu’il a perdu les dernières élections législatives et la présidence de l’Union pour un Mouvement Populaire en Isère.
En retrouvant une légitimité politique en tant que Conseiller au niveau de l’Etat et en gravitant autour de Nicolas Sarkozy, il se pourrait bien qu’Alain Carignon ai trouvé une nouvelle opportunité lui permettant de revenir plus facilement sur le terrain politique Grenoblois… le moment venu.
Notes
[1] ma question
[2] voir ma photo
[3] il fait allusion à la démission récente de Stéphane Gemmani du CCAS de Grenoble, sans le nommer
[4] parmi ceux évoqués
Billet rédigé par [ Chrys ]
lundi 7 décembre 2009 à 00:00
dans la catégorie > [ Politique ]
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Vos Commentaires
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"Il reste persuadé que Michel Destot la récuse." (§ communication): récuse quoi au juste ? La communication ?
AC comme simple militant UMP 38 , brasseur d'idées : O.K...mais candidat à une
fonction élective: c'est NON ,NON et NON !
Il n'a encore rien compris un Grenoblois trompé ...et volé a plus de mémoire que
quiconque dans le Monde.
Bonjour à votre Chef Brice ( qu'il ne maltraite pas trop ses compatriotes Auvergnats :ils font aussi partie de l'Identité Nationale ! ).
Pierre
Perso,
je dis que malgré tout Destot se débrouille plutot pas mal. Que ce soit sur la solidarité, sur le soutien aux entreprises et surtout concernant le développement durable, il positionne bien Grenoble et on entend plus parler d'une ville verte que d'une ville polluée. D'ailleurs, mardi 8 décembre Destot est invité sur france 2 dans l'émission de Marie Drucker. Moi je regarderai car depuis 1995 et bien je n'ai plus honte quand le Maire de Grenoble passe à la TV.
Comme personne ne réclame son retour aux affaires, Il tente de se rappeler aux bons souvenirs des Grenoblois.
A coup sur une bonne nouvelle pour le PS local et une mauvaise pour l'UMP (qui devrait pouvoir améliorer son record de 22%)
O.K ,mais publiez déjà celui que j'ai posé il y a quelques jours.
Cordialement
Pierre
Mr Carignon ne se prive pas pour donner des leçons aux autres mais quand on voit ce qu'il a fait avant, c'est dire le niveau de référence.
Il y a 2 solutions: soit il laisse la place aux autres de son camp ou soit il continue de gérer son camp et je crois en définitive qu'il tiend + à gérer son camp qu'à partir.
Je n'ai pas connu le moment où il était le maire de grenoble mais d'après les gens autour de moi, il parait que c'était mortel l'ambiance à son époque.
On peut aussi se demander qui sera en face de Mr Destot pour les prochaines élections dans son camp.
Annabelle.
@yepok : la volonté... :-)
@pierre : je publie les commentaires lorsque le temps me le permet :-)
Tout comme il y a les anti-sarko, il y a les anti-Carignon... Je ne suis pas forcément pour son retour aux affaires, ça c'est à l'UMP de se dépêtrer de leurs querelles idiotes à l'image de celles qui agitent le PS au niveau national (il y en a pas un pour rattraper l'autre !)
Vu qu'il n'y a que des commentaires négatifs et il fallait s'y attendre, je vais essayer tout de même de relever que l'aura, l'esprit de Grenoble dans les années AC étaient supérieurs à aujourd'hui. Dire que Destot aide les entreprises... si c'est pour faire un passage médiatique pour une entreprise en difficulté, on peut lui faire confiance... mais le dynamisme de la ville a perdu de sa vigueur et on parle plus de Grenoble pour ses trafics, affaires criminelles, bandes, soirée beaujolais arrosée qu'autre chose ! et quand on parle d'une initiative positive "écoquartier" on ne s'intéresse pas trop aux gens qui ont acheté chez Nexity !
Bref, Destot / Carignon... et la relève est timide voire innexistante !
Le retour de AC sur la scène politique grenobloise serait une catastrophe pour l'UMP38... M Savin devrait faire bouger ce parti (on dirait que comme les marmottes il dort pour l'hiver ) .
En tout cas si AC revient je ne vote pas pour l'UMP ( je ne serai pas la seule à agir ainsi), mais c'est quand même dure a avaler de devoir voter à gauche quand on est de droite à cause d'un individu.
Mais après tout il y a aussi des gens bien à gauche, des élus qui sont là aux réunions, qui ont des dialogues constructifs avec tout le monde droite ou gauche et contrairement a l'avis de stéf38 la relève existe, Jérôme Safar pour ne citer que lui ferait un très bon Maire