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2010
Grenoble, Jour de l'An 2010 : les Grenoblois savent-ils faire la fête en centre-ville?
- Définition :
- centre ville
- comportement
- echange
- fete
Il y plusieurs manières de faire la fête ou d'envisager de la faire entre des individus. Soit elle est provoquée, encouragée, plébiscitée, déclenchée naturellement dans un contexte favorable qui permet de l'envisager. Soit elle est à l'avance préméditée, attendue, préparée de longue date dans un cadre confiné, précis, délimité.
Sur ce dernier point, il arrive parfois que certaines personnes soient les premières victimes de cette préparation.
Est-il encore possible de faire la fête en centre-ville lorsque celle-ci est à l'avance prévue, planifiée, attendue parfois de façon artificielle? Les meilleurs fêtes, celles qui amènent le plus de joie et de gaieté entre les personnes ne sont-elles pas au contraire celles portées par des évènements imprévisibles, inattendus, spontanés ?
Vu l'ambiance dans les rues de Grenoble la nuit du nouvel An, tout porte à croire que les Grenoblois ne savent plus ou ne prennent plus le temps d'exprimer leur joie lors du passage de la nouvelle année en plein coeur du centre-ville.
Se préparer soi-disant... pour faire la fête
31 décembre, fin d'après-midi, début de soirée dans les rues de Grenoble.
Le centre-ville de Grenoble paraît aussi animé qu'un samedi en plein milieu de l'après-midi. Bon nombre de commerces sont encore ouverts. Les achats des derniers retardataires qui se ruent dans les enseignes alimentaires et magasins de victuailles vont bon train. La lumière des boutiques artisanales attirent le chaland.
Le Monoprix de l'hypercentre est littéralement pris d'assaut par les consommateurs. Des personnes âgées, seules, habituées des lieux, viennent chercher un dernier ingrédient pour agrémenter leur repas du réveillon de la Saint-Sylvestre. En toute décontraction, des individus s'empressent de choisir des bouteilles d'alcool, de Coca-Cola au fond du magasin. Un petit groupe de "djeun's" tente de s'aventurer dans les allées étroites et parviennent à trouver leur bonheur : des mini-doses concentrées de "Red Bull Energy Shot" sollicitées par les filles, placées dans le caddie par les garçons. Plus d'une trentaine de ces capsules seront déposés en caisse par ces fétards, ignorant leur prix. Plus loin, une autre bande s'empresse de dénicher du Champagne. Miracle, il en reste en rayon et là aussi, le prix des bouteilles paraît ignoré. Impossible de slalomer aisément entre les rayons. Les queues s'allongent devant les tapis roulants. Les hôtesses de caisse sont visiblement plus que débordées.
Visiblement, il faut pouvoir tenir la soirée. Plus que jamais, l'alcool paraît toujours être le pilier indispensable pour faire la fête... ...pas forcément pour la réussir.
Passé minuit, dans les rues du centre-ville de Grenoble
A Grenoble, passé le cap des premières minutes de la nouvelle année 2010 dans les principales rues du centre-ville, on pourrait s'attendre à observer quelques éruptions de joie, quelques débordements ici et là ou constater une volonté partagée d'aller à la rencontre de l'autre en ce jour de fête.
Il n'en est rien !
En déambulant de long en large en triangle dans l'hypercentre de 23h45 à 00h55, principalement entre la gare, le cours Bérriat et le Musée de Grenoble, on s'aperçoit que le coeur à la fête en extérieur n'y est pas.
Distance et confinement
Bon nombre de convives restent attablés dans les principaux restaurants de l'hypercentre. Ils ne cherchent pas à sortir de leur confinement pour prendre l'air un instant et saluer d'éventuels passants pour la nouvelle année.
Place Saint-André, les consommateurs restent sagement assis à la terrasse des cafés comme ils le font le soir, un jour de semaine ordinaire, sans aucune envie d'occuper l'espace qui les entourent pour témoigner un quelconque intérêt pour le Nouvel An.
Un peu plus loin, un verre de Champagne à la main, quelques clients de bars sortent péniblement dehors par petits groupes pour prendre l'air. Certains osent tout de même se déplacer quelques mètres pour souhaiter une bonne années à d'autres personnes immobiles sur les pavés, sans conviction apparente... de loin, à distance.
Place Notre-Dame, une ambulance stationne temporairement le long de la ligne du tramway. Des jeunes paisiblement installés sur les rebords de la fontaine portent exclusivement leur attention sur leur mobile pour envoyer ou relever des SMS.
En ville, la grande majorité des gens évitent le contact, ne se parle pas, ne s'embrassent pas. Certains donnent l'impression de subir une situation qui ne les emballent pas.
Regroupement de rigueur
Dans les rues de Grenoble, les promeneurs restent groupés dans un soucis de sécurité. Dans ce contexte, mieux vaut faire mine d'ignorer les autres.
Vers 00h30, un habitant promène paisiblement son chien rue Saint-Jacques. Nous nous croisons et je lui souhaite une bonne année. Ce dernier s'efforce de se retourner par politesse et me répond "Ah oui... bonne année", à voix basse, sur le bout des lèvres, comme si je ne devais pas croiser son chemin. Drôle de bonhomme.
Au niveau du parc du Jardin de Ville, des individus et leurs chiens squattent le tourniquet dans l'aire de jeux des enfants. Près des bancs, un groupe essaye tant bien que mal d'allumer des petits fumigènes directement sur le sol synthétique. Drôle de façon de s'amuser.
En étage dans les ruelles, seuls quelques fêtards ouvrent la fenêtre de leur appartement pour exprimer un instant leur joie en direction du bas juste avant de la refermer. Certains ne se privent pas pour crier, insulter de loin des groupes de passants en contrebas. Place Grenette, un couple s'insurge contre l'éclatement d'une canette de bière lancée d'un balcon à quelque mètres seulement de leurs pas. Même geste démesuré du côté du marché des Halles ou on s'amuse à faire de même. Drôle de manière de s'exprimer.
Place Felix Poulat, des pétards sont allumés pour tenter de faire un peu de bruit dans les alentours. L'odeur d'autres pétards roulés à la main se fait sentir près des marches de la Fnac. Drôle de façon de se faire plaisir.
A la recherche d'une ambiance qui ne vient pas
Quelques groupes de personnes tentent de converger vers la place Grenette pour y trouver une ambiance particulière de fête, sans grand succès. En déambulant dans les rues de Grenoble, je retrouve en d'autres lieux les mêmes individus, déçus par l'ambiance monotone des rues, à la recherche d'un contact festif.
La première véritable manifestation de joie, de gaieté et de "fête" rencontrée en hypercentre aura lieu vers 00h25.
Place Grenette, un groupe de garçons légèrement éméchés s'amuse gentiment à mettre de l'ambiance en tenant un sapin de Noël à la main en guise de trophée. En coeur, il se déplace en chantant "Guillaume il est pédé... Guillaume il est pédé (...) Il est vraiment, il est vraiment... il est vraiment phénoménal (...) Tra-la-la... la-la...". Quant aux filles exaltées qui les accompagnent, elles ont toutes une bouteille ou une canette à la main. L'une d'entres elles interpelle l'un de ses amis. "Jean-Paul.. allez, à poil (...) et dis-donc, t'as pas l'impression qu'on est les seuls à faire la fête ici".
La description de l'ambiance est pour le moins explicite, formulée sans ambiguïté.
Amertume et déception
Il est 00h50.
L'un des derniers tramways de la ligne B circule paisiblement tout en affichant une lumière rouge signalant qu'il rentre au dépôt.
Du côté des quais et sur les hauteurs de la ville, aucun feu, aucun projecteur apparent n'est venu illuminer les contreforts de la Bastille durant la soirée du réveillon de la Saint-Sylvestre.
Triste ambiance de Nouvel An dans les rues de Grenoble.
GreBlog MonGrenoble vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2010. Que celle-ci soit riche en perspective, en création, en relations et partages, en épanouissement personnel et professionnel...
Billet rédigé par [ Chrys ]
dimanche 3 janvier 2010 à 00:00
dans la catégorie > [ Environnement ]
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Vos Commentaires
(16)
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Même billet ou presque que l'année dernière ( http://www.greblog.net/grenoble/pos... ). Et donc même commentaire de ma part. Mais à force, je vais finir par demander à Chrys quelle serait la bonne manière de fêter le jour de l'an pour nous autres Grenoblois, puisque cela fait deux ans que notre manière lui déplaît au point d'en faire désormais le sujet d'environ un billet sur 50. ;-)
Que 2010 vous soit néanmoins une belle et douce année, lecteurs et auteur de Greblog.net !
Et bien oui, désolé de t'apprendre que tu habite Grenoble !! Ce n'est pas Lyon Paris ... Et les grenoblois ont toujours été enfermés chez eux , et très étroits d'esprit à cause des montagnes qui entourent la vlle !!! Pour ma part, je suis Toulousain et je peux vous assurer qu'à Toulouse on sait s'amuser et faire la fète entre Amis, voisins .....
@ yepok : pour rédiger ce nouvel article, je n'ai pas ouvert celui de l'an dernier à la même époque. Il est intéressant de suivre un même thème de temps en temps. Comme vous venez de le faire, le lecteur peut ainsi constater ou non des différences de circonstances, de points de vue, d'appréciation d'une année sur l'autre. C'est le but.
Bonne année et à bientôt sur GreBlog ;-)
Et l'année dernière ? Et y'a 5 ans ? Et y'a 20 ans ? C'était pas un peu pareil ?
Grenoble est une ville étudiante - qui ne sont pas là pendant les vacances -, sans vouloir cracher sur ma ville, ça fait 3 ans que je ne fais pas le réveillon à Grenoble pour justement "voir autre chose". Un bled paumé en Ardèche pour 2008 et 2009 et Tignes cette fois pour 2010. Le 31 est l'occasion de faire quelque chose d'inhabituel, donc il est normal que les gens quittent la ville pour rejoindre les stations, les chalets, les cadres dépaysants ou la famille dans les villages d'origine. Le seul but est juste de quitter la ville qui est le cadre de vie quotidien pendant toute l'année.
Tant mieux pour Toulouse qui semble être effectivement une bien belle ville mais elle n'a ni la même taille, ni la vocation étudiante, ni le climat rigoureux de la Capitale des Alpes.
J'ai oublié le principal : Bonne année et bonne santé Chrys ! :)
ah... je vois qu'on touche ici à un point sensible, la fête à Grenoble et oui je pense qu'à Grenoble c'est mou, c'est à peine si on a envie de s'amuser gentiment dans un coin, c'est pas la première fois en tout cas que la ville est triste à mourir.
Juste un truc à dire.
C'est la crise alors peut être aussi que les gens n'ont pas le moral et ca peut se comprendre après s'être gavé à mort d'huitre, de kados, de repas avec leur famille.
Donc bien vu.
Sarah.
En dépit de ses couleurs contrastées, ce blog révèle une amertume (le mot est dans ce billet) qui tend à une profonde tristesse. Son auteur, au demeurant sympathique et généreux, nous fait part de toutes les désillusions que lui inspire ce monde : pas assez de fête, trop de saletés, manque de chaleur humaine, pas assez de respect. On en vient à se demander pourquoi il n'était pas à la fête avec ses amis, ce qu'il a fait pour mettre de l'ambiance, à quoi il s'attendait.
L'auteur de ce blog ne voit-il pas le monde au travers de son propre fatalisme ? Ceux qui achètent des bouteilles sans regarder le prix le connaissent peut-être déjà. Celui qui promène son chien savoure peut-être l'instant après avoir passé un bon temps avec ses proches.
Enfin, l'usage un peu trop systématique d'adverbes nuit à la force du propos. Le tramway peut-il circuler autrement que paisiblement ? Pourquoi préciser que les jeunes sont légèrement émêchés ? Pourquoi s'amusent-ils gentiment ? Pourquoi les consommateurs sortent-ils du bar péniblement ? On a l'impression que l'auteur veut corriger ses mots aussitôt dits. Dans des billets précédents, il y avait les agaçantes ratures qui produisaient le même effet.
Je sais que si tout ça ne me plait pas, il me suffit de ne pas le lire. Mais je sais aussi que le jeu consiste à échanger, de manière respectueuse. C'est ce que je me suis efforcé de faire.
En fait je crois que mon message sous-jacent était plutôt quelque chose comme « D'accord pour que vous causiez plusieurs fois de l'incapacité grenobloise à faire la fête, mais ce n'est pas ce que j'attends d'un blog local tel que Greblog. Du moins pas à la fréquence d'un billet sur ~50. »
Ceci dit, c'est chez vous et vous y causez de ce que vous voulez/pouvez, je ne vais pas vous agiter l'index sous le nez mode « Attention mon petit gars je vais finir par ne plus te lire et là je vais te dire que tu vas pleurer ta race ». ;-)
Bref.
Ton article est triste. Mais si sa montre réellement ce que font les gens en ville, c'est encore plus triste pour eux. Bonne année à tout ceux qui lisent mon com.
Improviser ses propres teufs, y a pas mieux, c'est sur !
Bonne année Mr Chrys !
Bonjour.
Perso, j'ai refusé une soirée avec des potes pour aller avec d'autres de mes potes dans un resto. J'aurai mieux fait d'aller faire la bringue dans un appart car le resto, c'etait mortel, la bouffe moyenne et rien pas d'ambiance et de bisous à la cloche de minuit. Les autres tables du resto s'emmerdaient grave, les gens sont comme des cons à table tout le monde restait assis comme des nazes sur sa chaise. C'etait mortel entre les grenoblois on pourrait dire que c'était aussi con que de rester chez soi pour regarder toutes les grosses conneries que la télé nous balance pour le 31. Je regrette de pas etre aller chez mes potes pour me marrer un peu et gueuler un bon coup car c'est permis le 31.
T'as eu l'air de te faire chier au jour de l'an !?
T'étais tout seul pour déambuler à cette heure ci de la nuit, pour observer les gens et faire autant de constats négatifs ?!
T'aurais mieux fait de faire ça avec des amis ! Je pense que tu aurais trouvé que le nouvel an a un intérêt : au moins tu te serais amusé et tu aurais démarré l'année sur une note plus positive !
Bon année à toi quand même et à tous les lecteurs
C'est simple, à Grenoble on ne sait pas ce que ca veut dire de s'amuser surtout depuis que la police arrive pour contrôler la fête du beaujolais nouveau, c'est du n'importe quoi et ca deplace les fêtard comme vous dite ailleurs sur Mistral par exemple.
@l'impromtu, @business woman :
Après avoir passé quelques jours de vacances en montagne, de très bonnes fêtes de Noël dans mon entourage, j'ai choisi cette année de passer le réveillon du jour de l'An en famille avec mes enfants.
Au programme : en début de soirée, petit repas "maison" (pour s'amuser, nous avons décidé de concocter le repas que les enfants souhaitaient pour ce réveillon : ils ont choisi du coca, ketchup, fromages, pains pour réaliser leurs hamburgers, etc...). En milieu de soirée, ouverture des vannes musicales avec comme dispositif, deux écrans sur lesquels nous enchaînions des clips vidéos "Youtube" à tour de bras pour que les enfants puissent danser avec leur petit cousin sur leur musique rock et techno préférée dans le salon, dans une ambiance "délire" et de fou rire général... jusqu'à qu'ils tombent naturellement de sommeil.
Loin d'une certaine amertume ou d'une quelconque oisiveté, ce petit programme nous a tous réjoui, emballé et permis de faire une petite fête réussie en toute simplicité.
Ensuite, j'ai décidé de sortir en ville pour palper l'ambiance et la décrire, tout simplement.
bah, tu ne nous apprends rien de spécial, à part que tu as zoné pour la deuxième année consécutive dans les rues du centre de la cuvette; qu'en a-t'il été à Villeneuve, la Capuche, Mistral, Ile-Verte?... tate de nouveaux terrain, l'ami! enfourche ta bonne vieille bicyclette et ride dans l'agglo, ça a du bien rigoler! Eheheh pour ma part ça a été un bon vieux plan potes-bouteille, façon "les Vieux de la Vieille"! bonnannée!
J'avoue que de mon côté, j'apprécie le côté un peu mélancolique de cet article... L'ambiance est peut-être plus lié au jour de l'an qu'à la ville de Grenoble... Tant de personnes se préparent longtemps à l'avance pour ces festivités que le résultat est toujours un peu inférieur aux attentes. Gageons que la fête sera au rendez-vous les 364 jours suivants !