27
04
2010
Des élus de la majorité municipale de Grenoble reconnaissent ouvertement leurs erreurs et leur faiblesse
- Définition :
- abde djellal
- mairie de grenoble
- michel destot
- ps
Il y a quelques jours, les élus du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la majorité municipale de Grenoble organisaient un petit déjeuner presse pour faire un nouveau point sur les dossiers de l'actualité municipale.
Rappelons que l'objectif de ces échanges est de présenter le travail des élus du groupe [1], de communiquer sur leurs intentions politiques, de présenter les projets réalisés, en cours ou à venir pour la Ville de Grenoble.
Autres points abordés : relever et souligner les points de convergences ou de divergences politiques entre les autres groupes de la majorité et/ou de l'opposition municipale.
Au sein de la municipalité de Grenoble, certains groupes jouent le jeu. D'autres non, ou jamais. Il serait de bon ton qu'ils puissent également convoquer la presse à échéance régulière sur ce modèle pour témoigner de leur actualité, de leur "vitalité"... ou de leur existence politique !
"On a vraiment besoin d'expliquer ce que nous faisons"
En introduction, avant même d'aborder différents sujets concernant la Ville de Grenoble autour du thème de "La ville pour tous", la discussion s'est tournée vers la capacité de la majorité municipale à communiquer sur ses projets.
Le moins qu'on puisse dire c'est que le Président du groupe PS Abderrahmane Djellal, Adjoint à l'Insertion et la Formation Professionnelle s'efforce de mesurer ses propos lorsque un sujet devient sensible ou qu'il y a matière à présenter ou rassembler les troupes.
L'adjoint déclare qu'une poignée d'élus de la majorité municipale (sans les nommer) sont parfois en décalage avec la réalité de la vie quotidienne dans le cadre de leurs attributions. Certains ne cherchent pas à être en phase avec les habitants et ne font tout simplement pas assez de terrain.
"Je les bouscule parfois à faire presque du porte à porte pour aller expliquer ce que nous faisons (...) Rien ne vaut le terrain, le dialogue direct (...) Le collectif est important (...) L'individualisme, tout ceux qui jouent à ça reprennent ça en boomerang rapidement et ça vaut pour tout le monde" explique avec discernement le Président du groupe en direction de sa majorité.
Pour Hélène Vincent, Adjointe à la Jeunesse, le plus difficile est de valoriser le quotidien au bout de deux ans de mandat. Celle-ci reconnaît l'importance primordiale et la nécessité de s'attacher aux "petits détails", aux petits projets soulevés par les habitants, les acteurs et professionnels pour envisager la consolidation pérenne de partenariats sur le terrain.
"Je fais pas du terrain pour faire du terrain (...) C'est pas uniquement pour faire passer quelque chose, c'est aussi pour nous, pour en retirer quelque chose, pour sentir la problématique des gens" explique de son côté Sylvie Druhon, Adjointe aux Sports au moment où je mentionnais avec insistance le fait que les habitants savent parfaitement faire la différence entre un élu qui vient sur commande et un élu qui vient spontanément les rencontrer sur place.
"On n'est pas hors-sol, on vie aussi dans les quartiers (...) Les gens sont étonnés quand on prend les transports en commun ou qu'on va chercher notre pain (...) C'est vrai qu'on a tendance à vivre dans notre quotidien et nos projets (...) Je suis surpris souvent de voir que les habitants ne retiennent un peu que les grands projets (...) Les plus petits sont les moins reconnus et cela reste un problème" ajoute Pascal Garcia, Conseiller à la Gestion urbaine de proximité.
Une communication, des échanges plus difficiles avec la Ville de Grenoble ?
Le groupe de la majorité municipale considère que les solidarités de territoire étaient bien plus fortes auparavant et que l'individualisme gagne progressivement du terrain dans les cercles collectifs. Il y a quelques années, l'engagement associatif, militant était davantage orienté vers les gens pour tenter de répondre au mieux à leurs problématiques quotidiennes. D'une certaine façon, les habitants avaient moins recours à la collectivité pour les résoudre.
Aujourd'hui, selon le groupe PS, c'est un peu l'inverse qui se produit. Bon nombre d'associations se créent pour lutter contre un objectif fixé par une entité, pour défendre à tout prix une cause particulière ou s'élever directement contre une collectivité.
"Aujourd'hui, le moindre soucis qu'on a dans n'importe quel quartier de la ville, automatiquement, la réponse doit venir de la ville (...) A l'époque, on s'investissait par adhésion pour son quartier (...) Il y avait une vraie entraide avec les associations (...) Aujourd'hui, on le fait pour être contre quelque chose, pour s'opposer au stade, à Minatec, au machin..." rétorque avec une certaine lassitude et inquiétude Abde Djellal.
Élu depuis le 1er mandat de Michel Destot en 1995, celui-ci ne semble évidemment guère disposer à remettre en question la politique générale de sa majorité pour expliquer en partie ces changements d'attitude et cette récente évolution. Il regrette par ailleurs l'attention que peuvent porter les médias sur des sujets qui les intéressent.
"On doit changer notre façon de communiquer"
Au nom du groupe PS, Abde Djellal reconnaît un déficit en matière de communication sur des objectifs politiques fixés et des priorités à tenir.
Il admet un manque de pédagogie de la Ville de Grenoble en direction de ses habitants notamment lorsqu'il s'agit pour elle d'expliquer les tenants et aboutissants d'un projet.
"On doit changer notre façon de communiquer (...) La manière qu'on a de communiquer les uns les autres, là il y a vraiment des changements à faire (...) Il y a des mots que nous on peut comprendre et saisir (...) Pour moi, quand on fait de la politique, rien ne doit être technique" souligne le Président du groupe PS et associés.
Il est vrai que lorsque des projets se nomment "Facteur 4", "dispositif Mur/Mur", "PEG", que l'on découvre des "FISAC", "ZPPAUP" dans la communication municipale ou que l'on tombe sur des publications et des contenus du type "Reproduction du protocole d’évaluation expérimenté", "Dépasser la dichotomie domicile-établissement d’hébergement" dans le Plan d'action 2009-2014 du CCAS... on est en droit de supposer que cette technicité verbale creuse naturellement un écart, un fossé entre élus et habitants en matière de communication.
Michel Destot, en ligne de mire
Hélène Vincent estime que la majorité municipale est positionnée dans un rôle de composition lorsqu'elle tente de réunir autour d'elle (parfois avec difficulté) les acteurs concernés par un sujet pour faire valoir un projet, faire passer des idées. "On a besoin d'avoir une vision, un horizon à 10 ans pour se positionner (...) On prend parfois plus de coups que de remerciements mais bon, c'est comme ça" explique Abde Djellal.
En parallèle, l'adjoint déclare également suivre avec une certaine attention ce que dit ou déclare l'opposition municipale. Notamment en direction du groupe des Verts, de l'ADES et des Alternatifs.
Toutefois, il semble préoccupé par l'évolution des attaques politiques portées à sa majorité.
Selon lui, une partie de l'opposition chercherait de plus en plus à atteindre directement et personnellement Michel Destot pour lui faire endosser toute la responsabilité politique du groupe. Un changement de tactique politique qu'il a vu notamment grandir depuis la fin du dernier mandat du Député-Maire de Grenoble.
Il semblerait que les relations "de travail" se soient apaisées entre le groupe des Verts de l'opposition et la majorité municipale socialiste depuis la fin des élections régionales. Il est amusant de souligner qu'Abde Djellal prend un soin particulier à qualifier à plusieurs reprises une partie de l'ancienne majorité passée dans l'opposition "nos amis les Verts" dans son discours.
Le groupe PS-PRG-MRC et société civile de la majorité municipale de Grenoble reconnaît ouvertement ses faiblesses et des lacunes en matière de communication.
Le moyen pour lui d'essayer de rassembler davantage ses troupes en dissociant ceux qui jouent le jeu collectif et ceux qui auraient tendance à privilégier leur intérêts personnels en politique.
Une manière de décloisonner la fonction politique de ses rouages traditionnels. Une manière habile de signaler également à la presse qu'il maîtrise la situation.
La tendance n'est-elle pas à l'ouverture ?
A vous de juger...
Notes
[1] alternance de personnalités politiques
Billet rédigé par [ Chrys ]
mardi 27 avril 2010 à 00:00
dans la catégorie > [ Politique ]
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C'EST TOUT POUR MOI!!!!
politikard = tête de 1er de la classe