01
06
2010
Le quotidien 20 Minutes débarque en grande pompe sur Grenoble : explications
- Définition :
- 20 minutes
- centre ville
- diffusion
- journaliste
- medias
Depuis quelques mois, dans la sphère médiatique locale, un bruit n'en finissait plus de courir concernant l'arrivée possible, certaine ou imminente sur Grenoble du numéro 1 de la presse quotidienne nationale.
Rumeurs confirmées de mon côté depuis quelques semaines déjà par un intermédiaire bien placé.
Le quotidien 20 Minutes (papier + web) a commencé à être distribué gratuitement ce lundi 31 mai à Grenoble.
Invité au lancement du journal ce même jour, j'ai pu échanger avec des responsables du quotidien, appréhender leur stratégie et mieux déceler une partie de leurs ambitions sur Grenoble.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que 20 Minutes n'arrive pas les mains vides. Le quotidien a visiblement pris l'habitude de se déployer... avec une certaine agilité sur le terrain.
L'armada 20 Minutes, en chiffres
Déploiement : 105 journalistes travaillent pour le titre. Le 29 mars dernier, 20 Minutes ouvrait sa 9ème édition locale à Nice. Aujourd'hui, la 10ème édition se déploie sur Grenoble. Deux nouvelles éditions devraient être propulsées ultérieurement. Selon mes sources, la 11ème pourrait arriver sur Montpellier à partir de 2011.
Positionnement : 20 Minutes, c'est le n°1 de la presse quotidienne nationale sur les 25-49 ans (50% du lectorat), les femmes (48% de lectrices) et les actifs (69% du lectorat). C'est également le 4ème site web d'information en France (hors agrégateurs) avec 4,38 Millions de visiteurs uniques en avril 2010.
Répartition : Selon les chiffres communiqués par le journal, 2,7 millions de lecteurs lisent chaque jour le quotidien en France (dont 1,34 millions de 25-49 ans). En répartition, 69% d'actifs, 20% d'étudiants et 11% d'inactifs/retraités. Le gratuit 20 Minutes attire 27% des 15-24 ans (contre 15% au total dans la Presse Quotidienne Régionale), 23% des 25-34 ans (15% PQN), 27% des 35-49 ans (25% PQN), 23% des + de 50 ans (45% PQN).
Rapporté à la PQN, 20 Minutes réussit à attirer chaque tranche d'âge de manière équilibrée.
Ligne éditoriale : la nécessité et le plaisir
Yvon Mézou, Directeur de la rédaction (ex-Secrétaire général de la rédaction du Progrès de Lyon, ex-Rédacteur en chef du Parisien - Aujourd'hui en France) et Pierre-Jean Bozo, Président et Directeur de la publication de 20 Minutes ont exposé leur démarche d'introduction du journal gratuit sur Grenoble.
"Compte tenu de la population grenobloise, il était logique que nous venions à Grenoble (...) Nous sommes dans une logique d'apport d'une autre information (...) 20 Minutes n'est pas un quotidien d'opinion, nous sommes un quotidien d'information, notre ligne est non partisane (...) Nous avons une ligne éditoriale pour le print, une pour le web (...) Nous répondons à un double appel (...) L'appel de la nécessité, ce que doit savoir le lecteur en début de journée pour intégrer une vie sociale, tisser du lien social et la réponse du plaisir pour relever les choses" explique avec soin Pierre-Jean Bozo.
"On veut être plus un journal local qu'un journal national qui arrive (...) Et je sais ce qui se passe ici à Grenoble" ajoute Yvon Mézou, originaire de Chambéry.
Sur le papier, la ligne éditoriale de 20 Minutes est tournée vers l'information essentielle (ce que doit savoir le lecteur chaque matin avec un zeste d'information "people") et l'information servicielle (fournir le plus d'information pratique et le plus de services possibles). Au niveau local, le journal souhaite développer du contenu de proximité, économique, culturel et sportif. Une double accessibilité à l'information à la fois géographique et intellectuelle.
Sur le web, la philosophie du quotidien est de retransmettre en continu une information certifiée le plus rapidement possible. "Nous ne sommes pas un site de presse sur Internet, nous sommes un site de radio (...) Nous avons des dispositifs techniques qui nous permettent d'incruster en temps réel du contenu média sur le web" tient à préciser le Président de 20 Minutes.
L'édition 20 Minutes sur Grenoble
Le quotidien compte rapidement tirer 20000 à 25000 exemplaires sur Grenoble avant de monter progressivement en charge (35000 selon InterMédia).
Pour des questions budgétaires et de positionnement, 20 Minutes s'appuie sur l'agence de presse lyonnaise Pleins Titres en matière éditoriale. Comme sur Lyon, la régie est assurée par Cojecom.
L'équipe locale est composée de 4 journalistes permanents sur Grenoble "pilotés" de Lyon (chacun étant spécialisé dans un domaine rédactionnel) sous la responsabilité d'un Rédacteur en chef en charge des régions - et de quelques pigistes (2 pour commencer).
Côté exploitation, 20 Minutes s'appuie sur près de 50 points de distribution sur Grenoble (points de colportage, lignes de bus et de tramway, sites universitaires et d'entreprises...).
La grille du premier numéro de 20 Minutes sur Grenoble est la même que celle des autres éditions locales. Elle est composée de 24 pages dont une vingtaine réservée aux contenus : 3 ou 4 pages Grand Grenoble et Grenoble Sport, 4 pages France, 2 pages Monde, 1 page Economie, 1 page Pause (jeux, horoscope...), 1 page High-Tech, 1 page Culture, 2 pages TV-Médias, programme TV de la soirée et 2 pages Sport.
En fonction de l'actualité grenobloise, Pierre-Jean Bozo confirme la possibilité d'étendre le contenu local dans l'édition papier. Sans compter la publication hebdomadaire de suppléments ou dossiers nationaux (prévue dès cet automne sur Grenoble).
Une arrivée attendue pour certains, redoutée pour d'autres
Dans une salle comble du très chic restaurant gastronomique Fantin Latour [1] à Grenoble, de nombreux institutionnels, communicants et journalistes invités pour l'occasion avaient fait le déplacement. Tantôt pour "faire bonne figure" ou pour répondre à leurs préoccupations liées à l'arrivée du quotidien. Tantôt pour accueillir sans modestie à bras ouverts le lancement du quotidien et échanger de nombreux contacts professionnels.
L'arrivée plus ou moins inattendue de Michel Destot et de Michel Issindou, respectivement Député-Maire de Grenoble et de Gières lors de ce petit-déjeuner fut particulièrement remarquée par la direction du journal.
"Je reste assez perplexe sur l'arrivée à Grenoble mais bon, on attend de voir" me disait récemment un Maître de conférences spécialisé dans le domaine des médias. "Pour nous, c'est une bonne chose l'arrivée de 20 Minutes (...) On va pouvoir communiquer davantage sur Grenoble sur nos sujets et en même temps faire remonter notre info locale par leur canal national" m'expliquait l'une des responsables Presse d'une grande école. "Ça va enfin faire bouger le microcosme médiatique Grenoblois qui se regarde le nombril et changer la donne, je l'espère" me confiait également sur place une amie journaliste.
Comme je le disais en introduction, le quotidien gratuit 20 Minutes n'arrive pas les mains vides.
D'une part, l'agence Cojecom qui travaille avec le quotidien connait bien le marché de la presse grenobloise puisque c'est elle qui s'est occupée jusqu'en décembre 2009 de l'édition papier du titre Grenoble&Moi (actuellement recentré sur le web). D'autre part, l'arrivée "anticipée" du quotidien sur Grenoble coïncide avec une volonté de prendre ses marques durant la période estivale durant laquelle de nombreux médias locaux sont en "stand by".
Une nouvelle rivalité s'annonce entre les médias locaux.
Elle ne fait que commencer. Elle a déjà commencé...
Notes
[1] pas assez de chaises pour tout le monde
Billet rédigé par [ Chrys ]
mardi 1 juin 2010 à 00:01
dans la catégorie > [ Médias ]
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Vos Commentaires
(15)
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j'ai lu, c'est pas terrible. Pas assez de pages sur la culture.
Ju.
Je signale ici qu'il ne faut pas jeter les journaux gratuits par terre. Faites l'effort de les mettre dans une poubelle ou vous pouvez les ramener chez vous.
Evitez tous de polluer nos belles rues de Grenoble.
Merci.
grenews va pas trop aimer ça. Déjà que grenobleemoi a disparu. Il reste le daubé pour les vioks qui continue d epayer pour les jeux et la meteo plus la page des morts MDR PT
Pour ceux qui ne connaissent pas 20Minutes, inutile de dire que c'est un vrai bon journal gratos en ville qu'on peut lire tous les matins dans le tram ou le bus par exemple. C'est le même schéma qu'à Paris ou Lyon et partout en fait. Il y a 2 ans, j'étais sur Lyon et on leur avait demandé d'être en partenariat avec notre fac sur un évènement de volley et ils ont accepté sans qu'on leur verse de l'argent sans rien nous demander en retour. On a eu un article complet gratos avec des flyers, badges d'entrée qu'ils fournissaient à partir de ce qu'on leur avait dit. Du vrai bon journal.
Si on peut virer le DL, tant mieux. Il y en a qui arrive à faire un journal sans qu'on paye donc gratuit alors pourquoi payer??
@Vox
On paye un journal parce qu'il faut payer des journalistes qui font un boulot de journaliste.
On peut aussi avoir un gratuit d'info qui emploie des stagiaires et des tâcherons qui recopient et mettent en forme les dépêches d'agence.
Faut savoir ce que l'on veut
@Traxx
C'est sûr que vu ta maitrise de la langue française, le Daubé est peut-être un peu trop difficile à lire...
@traxx: grenobleetmoi existe tjs sur le net ...
et son responsable est une des clés de voute de 20min grenoble, d'après quelques infos
Lorsqu'une amie journaliste vous dit "Ça va enfin faire bouger le microcosme médiatique Grenoblois qui se regarde le nombril et changer la donne, je l'espère" ,
je trouve cela un peu humiliant pour les médias dits "alternatifs" tel que votre sympathique blog ou encore Indymedia.
Je crois que c'est plutôt cette journaliste, avec une vision étriquée des médias, qui se regarde le nombril.
@guillaume : à vrai dire, je ne pense pas que GreBlog soit un média "alternatif". En dehors du support, quand on m'interroge, j'ai pour habitude de souligner que GreBlog est un média "complémentaire" ;-)
@weetabix : je confirme.
Ah bon, il y a des tacherons et des stagiaires dans la presse?? Il y en a qui découvrent le monde, c'est bien. Ça vous dit de découvrir qui décide dans un journal? Soyons sérieux, rendons à César ce qui appartient à César. La presse se meurt à petit feu mais ohhhhh miracle, mais c'est l'IPAD qui va révolutionner la presse payante. On croit rêver. Oui, je sais, ca fait du bien.
Bonjour greblog.
Je peux vous dire que je suis un peu déçu par 20minutes parce que je m'attendais à lire plus de pages sur la région de Grenoble et ce n'est pas le cas. Maintenant, je trouve le format super car on peut l'emporter dans son sac quand on n'a pas fini de le lire pour aller au travail tandis que celui du grenews est trop grand et difficile à ranger ou à manipuler pour le lire par la suite.
Merci pour votre information.
Elodie.
j'avais pris le numéro du mercredi parce que c'etait distribué devant les caisses à carrefour meylan et j'etais moi aussi décu par le contenu. Mais en fait, j'en ai pris d'autres à lire sur d'autres journée et maintenant, j'aime bien mieux. Je suis d'accord avec toi Elodie quand tu dis qu'on peut le prendre après pour lire la suite si on n'a pas fini de lire le journal 20 minutes. C'est comme tout, lire c'est toujours mieux que de ne rien lire dans la vie.
De la daube 20minutes, comme le daubé ou grenews. Lisez Le Monde ou Courrier International pour vous cultiver; de vrais journalistes; de vraies rédac.
http://www.lemonde.fr/
http://www.courrierinternational.co...
@ Jean-Pascal : je pense que chaque support est susceptible de convenir à toute personne, selon ses affinités, ses désirs de lecture, ses capacités et ses intérêts. Chaque support, chaque média a ses qualités et ses défauts.
La comparaison est parfois fortuite. Au final, c'est au lecteur de décider...
20minutes est un journal gratuit non indépendant. 20minutes est sponsorisé par des grands groupes. Sur le net, les avis des lecteurs sont censurés de manière intempestive : les modérateurs acceptent les opinions agressives, mais effacent celles qui pourraient amener un vrai débat. Somme toute, c'est logique, 20minutes s'adresse à un lectorat très grand public qui ne souhaite pas trop réfléchir. Quant aux journalistes, ils feraient bien de vérifier la fiabilité de leurs informations avant d'écrire, car les infos données ne sont pas toujours exactes.
En résumé lire 20 minutes ou voici c'est pareil.