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2008

Quand le wifi sert à fidéliser la clientèle d'un hypermarché Grenoblois

wifi grenoble Comme bon nombre d'entre vous, il m'arrive de faire de temps à autre quelques courses sur l'une des zones commerciales les plus étendues de la région : celle située sur l'avenue Gabriel Péri à Saint-Martin-d'Hères.

Arrêtons-nous un instant sur l'un des principaux centres commerciaux de l'agglomération Grenobloise.

Depuis quelques mois, l'hypermarché Géant Casino Saint-Martin-d'Hères propose à sa clientèle de faire ses courses... en surfant sur le web.

Le marketing commercial a encore de beaux jours devant lui. Quand il s'agit d'attirer et de fidéliser une "nouvelle" clientèle, tous les moyens sont bons.


Faites vos courses... en surfant sur le web


Au premier abord, l'idée paraît quelque peu séduisante.

Géant Casino vous propose tout simplement de vous connecter gratuitement et en accès libre à l'Internet par le wifi dans son espace commercial. Pour peu qu'on soit attaché au quotidien à la toile ou qu'on ne dispose pas d'accès chez soi, on peut être tenté par l'utilisation du service. Après tout, la nouveauté qui attire l'attention, est susceptible de séduire.

Chacun sait que la gratuité amène le business.

Il suffit d'entrer dans la galerie commerciale Géant Casino pour s'en apercevoir. De grands panneaux fixes placés à la fois à l'entrée et au milieu des allées du centre commercial vous informe :

"Surfez au gré de vos envies, en consultant vos emails, en naviguant sur vos sites web favoris, en jouant avec vos amis (...) Connectez-vous à votre centre commercial et découvrez son actualité, sa newsletter, ses animations, ses services, ses liens locaux utiles".

Comme on l'aura compris, ce message publicitaire s'adresse en priorité aux jeunes (à vrai dire, je ne crois pas que mes deux grands-mères sachent ce qu'est une newsletter, jouer sur le Net ou prendre le temps de consulter l'actu web du magasin).

Essayons d'utiliser ce service gratuit sur place.


Jouons le jeu


A part pousser un caddie, amener des sacs pour transporter et ranger ses courses, cela ne me viendrait pas à l'idée de prendre une machine pour me connecter en wifi à l'Internet pendant que je fais mes courses. Le temps que nous consacrons pour faire nos emplettes est parfois difficile à trouver entre le travail, la famille et le reste de nos activités. Comment peut-on encore trouver le moyen de consommer tout en consommant de l'information sur le web ?

Il m'a fallu plus de deux minutes pour lancer une connexion active en wifi sur mon mobile (activation wifi, acceptation des conditions générales d'accès au service, passage obligé sur le web du magasin pour enfin arriver à surfer sur un site de mon choix). Le seul moment idéal choisi pour me connecter : dans la file d'attente, devant les caisses.

Il semblerait que la répartition des points d'accès wifi soit volontairement inégale dans la zone commerciale Géant Casino. Le signal de réception wifi est plutôt faible dans les allées de l'hypermarché. Il est beaucoup plus fort aux abords des caisses et dans les couloirs du centre commercial.

Les plus exposés en permanence aux signaux wifi ne sont donc pas les clients du magasin, mais les commerçants de la galerie marchande... et les hôtesses de caisse.

En définitive, la dérivation de l'usage mène indirectement à l'achat et à la consommation dans un même espace regroupant une nouvelle communauté de services.


Attirer et fidéliser... une nouvelle clientèle


Premier objectif : attirer le consommateur afin qu'il reste le plus longtemps possible dans le centre commercial. Second objectif : le fidéliser sur place.

Plus un consommateur reste longtemps dans une enseigne commerciale, plus sa propension à acheter et consommer est forte. Plus un espace commercial offre diverses prestations et services, plus le consommateur le considère comme un lieu de vie, de rencontre et d'échange.

Pour certains, il s'agit d'occuper son temps. Pour d'autres, de le gagner et de l'organiser.

Ainsi, l'idée de proposer une connexion gratuite à l'Internet dans ce genre d'établissement ne peut que renforcer les perspectives d'ouverture des magasins le dimanche... pour les distributeurs.

Et d'après ma photo, tout porte à croire que l'opération marketing de l'hypermarché Géant Casino produit ses effets.


Venir se connecter au centre commercial


Après avoir terminé mes courses, je suis allé à la rencontre de ces "clients-consommateurs de flux" pour leur demander pourquoi ils étaient là, recroquevillés pour la plupart sur leur Mac ou Pc Portable dans le couloir d'un centre commercial, en train de surfer sur le web.

En toute simplicité, un étudiant apparemment très détendu m'explique : "Ben là tu vois, je sors de cours (...) ma copine se tape les courses pour le studio pour finir la semaine et là, je termine un truc pour demain à la fac".

Une jeune asiatique, très concentrée sur sa machine, répond : "Vous savez, j'aime venir ici parce que je retrouve ici mes copines le soir quand nous sortons de cours (...) On a nos habitudes et on s'attend souvent avant de rentrer ensemble en bus (...) Et quand il fait froid ici en attendant, on est bien vous savez".

Les réponses de certains sont étonnantes mais pas surprenantes.

Certains espaces libre service d'accès à la toile sont parfois inaccessibles sur le domaine universitaire. D'années en années, l'accès à l'Internet se démocratise, la mobilité s'accroît, devient une norme tandis que le coup du matériel diminue.

Les distributeurs ont trouvé un nouveau filon : séduire une jeune clientèle qui n'a souvent pas beaucoup de moyen mais qui plus tard, reviendra consommer plus largement sur place.


05

12

2007

Manifestation des étudiants et lycéens contre l'Etat, les institutions et la Loi Pécresse LRU à Grenoble

pecresse grenoble Mardi 4 décembre 2007 au matin, j'avais un rendez-vous à Europole. Vers 10h30, je décide de rentrer à pieds, direction le centre ville de Grenoble.

Avenue Alsace-Lorraine , je tombe sur une manifestation rassemblant une majorité de lycéens et lycéennes et une proportion moindre d'étudiants.

A vue d'oeil, ils sont près de 500 jeunes à défiler en provenance du campus universitaire et de lycées de l'agglomération.


Une manifestation affichant des slogans incisifs et particuliers


Une manifestation plutôt calme, encadrée par la Police et peu silencieuse. En début de cortège, je découvre avec étonnement les deux principaux slogans suivants [1] : "Tous unis contre l'Etat et ses flics" puis "Votre démocratie est une imposture". En milieu de rassemblement, on peut également lire sur une banderole "Lycée Bergès en lutte".

Parmi les chants de revendication des manifestants, on peut entendre "Aux ar-mes, nous sommes les lycéens, aux ar-mes, en guerre contre Pécresse".

Intrigué par les motifs de revendication, je m'approche d'une manifestante distribuant des tracts.

Le premier est intitulé "Pour l'intensification et la convergence des luttes !" dont voici un extrait "L'Etat est la cible, toujours. Les syndicats et organisations de gauche sont à la ramasse et ne cherche qu'à calmer le jeu (...) les rapports sociaux capitalistes font que la plupart des individus dans ce monde ont une vie de merde (...) Preuve permanente que l'Etat nous met un max de pression mais on lâchera pas l'affaire (...) Et qu'on ne vienne pas nous parler d'aller voter ! (...)".

Le second est un guide "Conseils juridiques et pratiques - dans des contextes de manifestation ou de confrontation avec les forces de l'ordre" recommandant quelques précautions à prendre notamment en cas d'interpellations ou de suivi au commissariat.


Un étudiant déterminé, aux multiples revendications


Je décide d'en savoir plus et m'oriente vers un manifestant pour l'interviewer. Je tombe sur un étudiant en Master 2 "Recherche Math Appliqué", Master 1 "Informatique".

En toute simplicité et avec détermination, ce dernier m'explique qu'il s'agit d'une manifestation contre les violences policières dont sont victimes les étudiants grévistes à la fac de Grenoble et du débrayage de lycéens contre la Loi Pécresse LRU, Loi sur l'autonomie des universités.

En vidéo, la manifestation et l'interview :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Les revendications de l'étudiant sont nombreuses. Dans l'ordre, abrogation et retrait de la loi Pécresse LRU (le texte), atteinte au Service Public de l'enseignement supérieur, au droit du travail, à la santé pour tous, lutte pour une cohésion collective, atteinte à l'éducation, à l'énergie, au pouvoir d'achat...

Quelques propos tenus "Actuellement, les priorités du gouvernement ne sont pas pour l'éducation (...) Le problème est qu'il faut attendre les décrets d'applications, une fois signés et mis en place, nous n'aurons plus aucun contrôle sur ce qui se passe à l'Université (...) Ce qui me fait le plus peur, c'est une entrée de financements privés avec un droit de contrôle et de regard sur les enseignements et la recherche (...) fondamentale".

L'étudiant explique qu'il est "dans un branche, surtout sur Grenoble, au débouché professionnel large" et pense aux autres étudiants notamment en Sciences Humaines "qui eux, n'auront pas cette chance" puisque selon lui, les entreprises privées viendront financer en premier "les sciences" (prenant exemple sur les nanotechnologies).


Une situation confuse de part et d'autre


Entre les AG étudiantes et lycéennes, les manifestations répétées déclarées ou non à la Préfecture de l'Isère, les multiples interventions des forces de l'ordre, les revendications parfois disparates des syndicats, les communiqués de l'intersyndicale des Universités de Grenoble, la démission de Bruno Julliard, le point de vue divergeant des enseignants et maîtres de conférence, les nombreuses interpellations, le comportement des étudiants bloqueurs, anti-bloqueurs et non grévistes, les occupations de lieux sur le campus ou le geste d'Olivier Ihl, directeur de l' IEP Grenoble...

... quelques soient les engagements, notre bord dans ce conflit et nos affinités politiques, la situation actuelle est assez alarmante et il est difficile d'y voir clair.

Notes

[1] voir ma photo