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20

07

2009

Une Ferrari F360 Spider V8 F1 stationnée place Grenette à Grenoble. L'été, on se lâche... what else ?

ferrari grenoble Quand par contrainte ou nécessité, venant de loin, je suis obligé de prendre mon véhicule pour me rendre au centre-ville de Grenoble, j'ai l'habitude de croire qu'il me sera impossible de trouver provisoirement une place de stationnement... gratuite.

La réduction progressive et volontaire des espaces de stationnement réservés aux véhicules à moteur à Grenoble incitent de nombreuses personnes à privilégier davantage l'utilisation des modes "doux". En parallèle, de nombreux sondages d'opinion récents révèlent que la possession d'un gros véhicule (4x4, SUV, Crossover...) pour se déplacer "intramuros" en agglomération est totalement "ringard" par les temps qui courent.

D'autres au contraire, n'ont que faire des sondages, des habitudes de déplacements populaires, des remarques fonctionnelles d'autrui.

Ils ont simplement besoin d'être vu... observé, éventuellement reconnu ou "adoubé" en quelque sorte par le reste de la population.


Le ridicule ne tue... toujours pas


En pleine période de crise économique et financière, ce jeu est d'autant plus excitant pour l'heureux locataire propriétaire d'un véhicule de luxe de prestige qu'il témoigne d'une volonté d'asseoir son "vouloir-d'achat" avec une certaine arrogance primitive au cœur d'une population qui le plus souvent n'est pas celle qu'il côtoie habituellement.

Et pourtant, il a bien besoin d'elle...

Il y a quelques jours, en fin d'après-midi, sous un beau soleil de plomb, les nombreux Grenoblois assis sur les chaises des cafés de la place Grenette et surtout... les quelques touristes de passage à proximité ont pu ensemble assister à une séance photo de premier choix sur les pavés du centre-ville de Grenoble.

L'objet qui attire leur attention et la convoitise, tel un aimant chargé positivement "d'électrons libres" est une Ferrari F360 Spider V8 F1, commercialisée entre 1999 et 2005, dont le prix d'achat avoisine les 225 000$ et dont la côte oscille actuellement aux alentours de 85 450€. Louer, ne serait-ce qu'une journée un tel "objet de désir" ne vous coûterait que 1000$... ou 5500$ la semaine.

Excusez du peu... What else ?


Extase, opportunité et jubilation


Quelle joie pour son heureux propriétaire locataire que de pouvoir l'exposer s'exposer devant autant d'individus communs aux pupilles dilatées en plein extase happés par la curiosité, intrigués par l'identité du possesseur. Ceux là même qui n'auront certainement jamais l'opportunité de l'acquérir, ni de "faire un tour" ne serait-ce qu'une poignée de secondes dans le corps de la bête...

Quelle jubilation pour son heureux détenteur que d'estimer pouvoir stationner finalement en plein milieu de nul part en centre ville là où personne ou presque ne prend l'habitude de stationner son véhicule à tout hasard, sur une zone piétonne, [1] sur des pavés. Après tout, pourquoi garer un tel bolide sur une zone de stationnement commune à d'autres véhicules, cela n'aurait pas de sens...

Quelle fantastique opportunité pour son heureux conducteur que de se déplacer où bon lui semble, quand il le désire, sans toutefois réellement se soucier d'une éventuelle contravention sur la voie publique. Le cas échéant, en cas de verbalisation, l'opportunité de se lever de son fauteuil, de discuter avec un agent assermenté et d'exposer son style, sa personnalité devant le plus grand nombre est trop belle...

Le petit jeu en vaut la chandelle... parce qu'il le vaut bien !


S'exposer... un peu, mais pas trop


En fin d'après-midi, pour éviter qu'un trop grand nombre de personnes (notamment des jeunes... un peu trop d'jeuns pour le propriétaire de la Ferrari) gravitent autour de son bolide, le conducteur a tout de même souhaité déplacer son "cheval de fer rouge" stationné jusque là entre les rails du tram et les premières chaises de bars de la place Grenette.

Tenter de s'approcher un peu trop près de l'objet pour être pris en photo, s'aventurer à vouloir toucher le volant en passant son bras à la vertical de la "cabine de pilotage", risquer de se coller ne serait-ce qu'un instant à la peinture rouge du bolide ou positionner ses mains sur l'arrière du véhicule, cela ne se fait point vous comprenez..?

Je vous le donne en mille : le conducteur est sorti de son anonymat virtuel et a tout bonnement choisi de déplacer son Spider Ferrari et de le stationner son Spider à seulement quelques mètres de là, juste devant la récente boutique Orange... toujours située Place Grenette !

En effet, en toute impunité, mieux vaut rapprocher son Spider de sa table à consommer au cas où le beau bijou rouge s'envolerait, histoire de pouvoir également contrôler tout agissement inopportun sur ce type de véhicule, quitte à laisser moins de places pour la circulation soutenue des piétons.

Le ridicule ne tue... toujours pas.

Altruisme, quand tu nous tiens...

Rappelons-nous également de cette Lamborghini jaune caca d'oie exactement stationnée au même endroit il y a environ 18 mois sur GreBlog MonGrenoble.

Désormais, en matière d'exposition en centre-ville, vous avez tout compris. A Grenoble, la Place Grenette est désormais un lieu incontournable pour jouir de ses plaisirs matériels et afficher sa ringardise.


Apprivoisez temporairement une parcelle du territoire


Je suis toujours fasciné par cette détermination qui consiste à exposer une voiture de luxe de prestige dans une zone publique non prévue à cet effet volontairement devant de nombreux passants qui ne pourront certainement jamais se payer ce genre de véhicule très haut de gamme.

J'adore cette exubérance, ce décalage et cette volonté d'apprivoiser temporairement une parcelle du territoire.

J'adore ce côté "Has Been". J'adore cette projection naïve de soi et cette manière de s'exhiber, de paraître, de s'afficher devant le plus grand nombre.

J'ai toujours apprécié une part infime d'égocentrisme quand il sert à construire quelque chose. Là, je ne vois pas grand chose à bâtir ou à concevoir.

Je reste fasciné par le ridicule. Pourtant, le ridicule ne tue toujours pas.

L'excès... oui, parfois.

Notes

[1] voir ma photo


19

06

2007

Regard d'un électeur sur les législatives 2007 en Isère

Les élections législatives 2007 en Isère ont été marquées par de nombreux soubresauts qui ont focalisé l'attention de blogs et nombreux médias sur le plan local et national. A sa manière, GreBlog MonGrenoble a tenté de suivre cette campagne qui n'a pas été de tout repos, à la fois pour les postulants à la députation et les électeurs.

Sans exception, tous les principaux candidats que j'ai eu l'opportunité de rencontrer ou d'interviewer ces dernières semaines m'ont fait part de la rudesse de cette campagne, de leurs difficultés à déployer leurs idées et mener à bien leur combat politique dans le respect des lois et de la démocratie. Hors micro et vidéo, la majorité d'entre eux n'hésitaient pas à déclarer "Si vous saviez (...) vivement... que la campagne se termine..!".

Jamais je n'ai ressenti un climat politique aussi impitoyable, froid, tendu et délétère, notamment sur la 1ère et 2ème circonscription de l'Isère.

Jamais les candidats n'ont autant eu d'aussi grandes difficultés à analyser le comportement des électeurs. A la fois influencés, indécis, soucieux, dépassés par les évènement et fortement intéressés par les soubresauts politiques au quotidien, ces derniers on eu peu de répit pour s'exprimer.

Jamais les candidats n'ont autant douté sur leur capacité à communiquer sur le plan des idées, à mettre en oeuvre une stratégie de campagne claire et limpide en direction de leurs concitoyens. En complément des médias traditionnels, l'émergence de nouveaux supports d'information a facilité la campagne de communication de nombreux candidats. Hélas, tous ne jouent pas le jeu et n'ont pas encore saisi cette formidable opportunité qui parfois, leur permet de s'affranchir des médias traditionnels... en certaines circonstances !

Néanmoins, le doute politique est en droit se s'installer chez l'électeur, fatigué par d'une longue campagne présidentielle, puis comprimé par celle des législatives.

Baromètre, sondage, intention et déclaration de vote, tracts, affiches électorales, plaquettes politiques quotidiennes en boite aux lettres, attaques de toutes parts, victimisation, suivi d'appels au vote et de reports de voix, saisine de conseil d'investiture, lettres et communiqués officiels en tout genre...

L'électeur non investi dans cette campagne est potentiellement susceptible de rejeter cette communication politique unidirectionnelle qui fond sur lui, bien loin d'en maîtriser les rouages. On lui demande indirectement de la subir et directement de la consommer, puis simplement de se prononcer par le vote. Point !

Parfois résigné, loin de se sentir "acteur", le citoyen ne peut qu'observer une campagne qui le couvre d'une chape de communication. Il ne respire plus la politique. Il l'a subit. Celle-ci le dépasse. Il n'arrive plus à trouver sa place et tente toutefois de trouver d'autres moyens d'expression récents mis à sa disposition (ex : les blogs) sur lesquelles il imprime sa marque, dégage une présence, exprime son opinion, ses idées par la participation et le dialogue... ...pour être lu, vu, entendu et écouter !

La communication politique doit progressivement changer de sens. A l'avenir, au niveau local, le candidat aura de plus en plus de mal à trouver une part de légitimité en allant à la rencontre de ses électeurs potentiels. C'est aux citoyens d'aller le rencontrer.