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2009

Grenoble, projet Rocade Nord : le coût total aurait été sous-estimé de près de 250 millions d'euros

rocade nord grenoble En novembre 2007, le Conseil général de l'Isère (CG38) annoncait avoir pris la maîtrise d'ouvrage de la réalisation du contournement de la Rocade Nord.

A cette époque, l'enveloppe communiquée aux différents acteurs du projet, aux élus et au grand public se montait à 580M€ HT (valeur, avril 2006).

Une somme qui, pour certains, est de fait largement sous-estimée, notamment pour les personnes opposées depuis longtemps à la réalisation de l'infrastructure et qui tentent d'analyser et de "décortiquer" l'ensemble des données chiffrées associées au projet de la Rocade Nord de l'agglomération Grenobloise.


580 M€, un "prix d'appel" politique


"On nous a annoncé 580M€ HT pour la Rocade, c'est environ 200M€ de moins que le projet initial de la DDE qui, rapporté en valeur 2006 sur l'indice TP-01 se montait à 763M€" explique Vincent Comparat, Directeur de l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques (OFiPoPu) lors de son point presse du 5 novembre 2009.

"C'est un prix politique (...) anormalement bas, pour ne pas faire peur aux élus" ajoute ce dernier, persuadé qu'une grande part d'ombre subsiste au coeur du projet et que les élus et référents associés au projet sont loin de connaître l'ensemble des éléments chiffrés du dossier.

Initialement, l'enveloppe prévisionnelle de 580M€ HT prévoyait 410M€ pour les travaux d'ouvrage fonctionnel, 100M€ d'aménagements urbains, 35M€ pour la maîtrise d'ouvrage dont 10M€ pour l'assistance, 5M€ de foncier, 20M€ d'études préalables et 10M€ de maîtrise d'oeuvre sur l'avant-projet.

Convaincu que le CG38 n'avait fait aucune étude "sérieuse" au préalable pour déterminer le montant de cette enveloppe, l'OFiPoPu avait choisi en octobre 2008 de réexaminer ces chiffres et d'apporter lui-même une nouvelle estimation "raisonnable" à partir des indices travaux BTP (TP-01) et des données de l'avant projet de la DDE de 2006.

Ainsi, rapporté aux dates de valeurs et donc à l'évolution des "prix du marché", l'estimation du CG38 d'avril 2006 de 580M€ HT valait 662M€ HT en juin 2008.

Du côté de l'observatoire, en prenant en compte leurs indices et critères (DDE, TP...), leurs estimations s'élèvaient à 733M€ HT (valeur 2006) et 836M€ HT (valeur 2008).

Soit tout de même une différence notable qui avoisinait les... 170M€.


Obtention des documents justifiant l'évaluation de 580M€


Après avoir effectué sa propre estimation en 2008, le Directeur de l'observatoire "a demandé au Président du Conseil général de l'Isère de lui communiquer une copie des documents, lettres et études, provenant des bureaux d'études qui ont confirmé l'évaluation à hauteur de 580M€ (valeur avril 2006) du coût de la Rocade Nord de Grenoble" [1] en novembre de la même année.

Ayant refusé de les communiquer au demandeur, ce dernier a effectué un recours auprès du Tribunal Administratif de Grenoble et "la Commission d'accès aux documents administratifs a émis un un avis favorable à la communication de ces documents" [2].

Récemment, le CG38 [3] fut contraint de donner au demandeur les estimations chiffrées des bureaux d'études.


Estimations financières et synthèses des coûts des travaux


En avril 2008, le Centre d'Etudes Techniques de Lyon (CETE) a évalué le montant des travaux à 525M€ HT. Un coût qui ne prend pas en compte diverses contraintes de réseaux, de maintien de la circulation, de remodelage des berges, de réaménagement de surface, diffuseurs et raccordements aux portions d'autoroutes.

Rapporté en valeur à juillet 2009, l'estimation pourrait donc attendre "au minimum" 600M€ HT selon l'Observatoire.

De son côté, en novembre 2008, le groupe EGIS (filiale de la CDC), spécialisé dans l'ingenièrie et le conseil dans la construction d'infrastructure et systèmes pour les transports remettait une étude détaillée au Conseil général de l'Isère. Le coût était estimé à 550M€ HT (620 en valeur 2009).

Ces estimations de coût ne concernerait que les travaux... de l'ouvrage seul.

Ainsi, sur les 580M€ HT initialement annoncé par le CG38, 410M€ représenterait le coût de l'ouvrage fonctionnel (valeur 2006).

Soit en valeur juillet 2009 selon l'Observatoire, un estimation de 462M€ HT pour le CG38, 600M€ HT pour le CETE, 620M€ HT pour EGIS et 623M€ HT pour l'OFiPoPu.


Estimations des autres coûts associés


En plus des coûts des travaux sur lesquels les différents cabinets d'études se sont prononcés, il faut ajouter les coûts des déviations de réseau, maintien de circulations et divers (40M€), les études (71M€ - soit 11,5% du coût des travaux basé sur les taux de la DDE), les amenagements urbains (113M€) et les acquisitions foncières (46,7M€ - enquête publique - et non 5M€ comme annoncé en 2006 [4]).


Estimations du coût total... de la Rocade Nord


En avril 2006, le CG38 annoncait publiquement une estimation de coût de 580M€ HT (soit 653M€ en valeur 2009).

L'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques estime de son côté, en novembre 2009, que le coût total serait au minimun... de 890M€ HT (valeur juillet 2009).

Soit un différenciel de... 237M€ !


Concernant le péage et le financement de la concession


L'appel à concession a débuté cet été.

La date de dépôt des dossiers de candidatures auprès du CG38 était fixée au 25 septembre 2009.

Une commission est chargée d'évaluer au préalable les candidatures "recevables" qui seront transmises à l'exécutif du CG38. Celui-ci donnera un avis. Une fois la proposition entérinée par le Conseil général, elle devrait se transformer en "contrat de délégation de service public" (DSP). La procédure est en cours et pour le moment, il est difficile de connaître le nombre et le nom des candidats éligibles pour la concession.

La concession ne porte pas sur les aménagements urbains (113€, valeur 2009). Selon l'observatoire, le concessionnaire prendrait à sa charge près de 260M€ HT (1/3 privé) soit 311M€ TTC et le CG38, 520M€ HT (2/3 public) soit 622M€ TTC de subvention d'investissement (valeur 2009).

Par ailleurs, si le fonctionnement et l'exploitation ne sont pas équilibrés pour financer les 311M€ TTC (hypothèse de tarif de péage urbain susceptible de dépasser les 2€ pour un seul passage véhicule - amortissement probable sur 40 ans - 56000 véhicules payants par jour etc...), il se pourrait que le CG38 soit prêt à donner en plus... une subvention de fonctionnement au concessionnaire.

Si le Président du CG38 obtient la déclaration d'utilité publique (DUP) courant 2010, il se pourrait qu'il soit contraint de lancer un appel au financement public supplémentaire auprès d'autres collectivités pour couvrir la subvention.

Reste à savoir si celles-ci (La Metro, Ville de Grenoble etc...) accepterons de choisir cette option, vu la situation financière actuelle de chacune.

Si l'on prend en compte les sempiternels dépassements de coûts inhérents à la réalisation d'une telle infrastructure et les éléments communiqués par l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques, il est fort à parier que le prix de la Rocade Nord pourrait atteindre le milliard d'euros.


Pour aller plus loin, quelques sites pro et anti Rocade Nord :

Pro Rocade Nord : http://www.isere.fr/424-rocade-nord.htm - http://www.rocade-nord.fr/ - http://www.rocadenord-leplus.com/ ...

Anti Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/ - http://vivreenvillegrenoble.free.fr/spip/ ...

Notes

[1] extrait 1 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[2] extrait 2 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[3] pas réussi à joindre récemment Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au Département par téléphone

[4] voir plus haut


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2008

Petite promenade au nouveau parc de Ouagadougou à Grenoble : réactions

parc ouagadougou grenoble Samedi 25 octobre 2008, je suis allé me promener avec mes enfants et un voisin du côté des quartiers Teisseire et Abbaye-Jouhaux pour découvrir le nouveau parc de Ouagadougou situé avenue des Jeux Olympiques à Grenoble.

Un nouvel espace de vie, de rencontre et de verdure dédié à la promenade et aux jeux, récemment inauguré au début du mois d'octobre.

Le jour de son inauguration, je n'ai pas pu me rendre sur place mais un proche m'a signalé qu'il n'y avait pas grand monde autour des élus ce jour là [1]. En dehors du contexte familial, c'est l'une des raisons qui m'a incité à découvrir ce nouveau parc de Ouagadougou à Grenoble.


Le parc de Ouagadougou, écologie et développement durable


Le parc porte le nom de la capitale du Burkina-Faso, ville avec laquelle Grenoble a signé une convention de jumelage en 1999, un accord de coopération basé sur une relation d'amitié, portant également sur les questions d'environnement entre les deux villes.

Le parc de Ouagadougou fait 9000 m2. Il s'inspire largement du continent Africain : lisières, eaux, bambous, passerelles, couleur de pierres rouges, bois brûlés...

Il est séparé par une allée d'eau : d'un côté un terrain vert, de l'autre des îlots ou squares-jardins et un esplanade de pins.

La moitié de sa surface est un espace de verdure sur une pente douce, ouvert sur la ville, bordé de roues d'infiltration et de fossés chargés de capter les eaux de pluie. En permanence, elles sont récupérées, filtrées par les plantes et les bambous. Elles permettent principalement d'irriguer l'autre portion du jardin en cas de forte pluie.

L'autre moitié est une superficie aménagée de quatre îlots-jardins ou squares-jardins inspirés des contes et légendes du Dauphiné dans la ligne des dragons, des loups-garous et des fées (quatre thèmes : le jardin des fées, la source de la fée, la grotte des fées et l'empreinte du dragon). Chaque jardin est un espace ludique, à découvrir. Certains permettent aux enfants de déambuler et de jouer sur des ateliers d'aires de jeux.

Entre les deux, trois passerelles en bois permettent de passer d'une rive à l'autre.


La sensation d'un jardin sorti de nul part


Dés mon arrivée sur place, ma première impression fut une impression de parc inachevée, en cours de finition.

De loin, la sensation étrange d'un jardin à la fois moderne et isolé, sorti de nul part, coincé à l'est entre le chantier d'immeubles de trois, cinq ou même huit étages [2] en cours de construction (ex : Résidence Le Jardin de Séléné) et à l'ouest les vieilles "barres" d'immeubles du quartier Teisseire des années...

Sur le moment, juste une vision d'un espace surprenant, d'un "délire d'architectes" complètement décalé par rapport aux paysages des alentours.

Mais à l'approche et une fois sur place, on devine et découvre l'ensemble avec plaisir. On cherche à occuper l'espace, à l'appréhender de milles façons et à rentrer à l'intérieur des quatre jardins à thème.


Quelques critiques, remarques et impressions


En soi, la conception du parc est très intéressante. De part sa structuration et son agencement, il s'inscrit parfaitement dans un cadre écologique et de développement durable.

En terme d'engagement et d'innovation, les architectes se sont vraiment fait plaisir. L'imagination et l'artistique sont au rendez-vous. Pourtant, en y regardant de plus près, quelques critiques et remarques peuvent être soulevées.

Les système de collecte des eaux pluviales, de filtrages de récupération d'impureté et d'irrigation de la végétation font que le parc de Ouagadougou est de toutes parts, extrêmement humide : herbe, végétation, sol, terreau. Un climat idéal sur zone l'été... pas du tout adéquate en automne ni en hiver.

Chaque square-jardin manque réellement d'espace pour déambuler ou se promener entre les allées. De plus, des clôtures en bois ont été temporairement plantées pour protéger la végétation les îlots, ce qui accentue la sensation d'étouffement et de cloisonnement des lieux.

Chaque square-jardin est isolé des autres, soit par des barrières métalliques, soit séparé par une petite allée : ce qui confine passants et promeneurs. Dommage.

Au niveau de l'aire de jeux pour enfants, une plaque de bois a été posée pour surélever le toboggan (problème de pose, de niveau incorrect ?). Une barre en bois de sécurité oblige les enfants à se baisser pour descendre du toboggan. Du coup, si un enfant butte contre la plaque, il risque de se cogner la tête contre la barre. Plutôt dangereux.

L'orientation des bancs est surprenante. Une dizaine sont placés le long d'une des allées principales. Problème : quand on s'assoie, le promeneur fait face aux immeubles (en construction), aux bacs en béton de récupération d'eau... et non aux îlots-jardins (comment prendre plaisir à contempler le jardin ou surveiller ses enfants dans ces conditions ?).

Au nord, les enfants ont la possibilité de déambuler sur un dragon rouge qui serpente dans l'un des squares-jardins. Confectionné à partir de pneus de voiture usagés et de montures plastiques parfaitement lisses, nos enfants n'ont pas manqué de se casser la figure à maintes reprises sur le dos du dragon à cause de l'humidité ambiante. Manque total de revêtements antidérapants...

Au sud, au niveau de l'esplanade des pins la vue sur le parc est agréable. Un jeu d'équilibre (pyracorde) permet aux enfants de se hisser en hauteur (même jeu que celui situé au jardin des Dauphins, Porte de France). Le poteau central sur lequel repose le cordage vacille à partir du moment où plusieurs enfants montent simultanément sur cette "araignée", ce qui peut déstabiliser la prise de cordes.

Déjà, des graffitis ou rayures ont été apposées sur le mobilier urbain (injures, à l'entrée du dragon), sans compter quelques déchets (papiers, bouteilles) jetés dans la "rizière". Par ailleurs, Il ne me semble pas avoir vu de poubelles dans le parc.


Au delà de ces quelques remarques pertinentes, je vous invite naturellement à découvrir le parc de Ouagadougou pour son concept de parcours découverte, son originalité et son charme, sa multitude de composantes et de facettes avec vos amis et ou vos enfants.

Vos remarques sont les bienvenues.

Notes

[1] ceci reste à confirmer

[2] je pensais qu'on arrêtait de construire aussi haut