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2010

Budget 2010, impôts locaux, conso, densification, logement, effectifs de la ville... vus par le groupe PS-PRG-MRG et société civile de la Ville de Grenoble

ps grenoble Vendredi 29 janvier 2010, les élus du groupe PS-PRG-MRC et société civile de la Ville de Grenoble conviaient la presse [1] à la Mairie pour faire un point sur les dossiers en cours et l'actualité municipale.

Un "exercice de style" que le Président du groupe Abderrahmane Djellal souhaite reconduire plusieurs fois dans l'année pour communiquer sur les choix politiques, rebondir sur les dossiers en cours, souligner les divergences de vue avec l'opposition municipale tout en s'appuyant sur le fond sur l'actualité locale et nationale. Sur la forme, l'objectif est d'associer différentes personnalités élues lors de chaque rencontre avec les médias.

Au menu de cette réunion de rentrée 2010 du groupe PS et associés [2] : un point sur la construction du budget 2010 de la Ville de Grenoble, une vision sur le rôle de l'Etat, un regard porté vers l'opposition municipale, l'emploi public, les effectifs de la ville, la Police municipale, le logement, les transports, le développement durable et... les impôts locaux.


L'Etat, au coeur de la construction du budget 2010 ?


"On a construit un budget 2010 qui nous permet de continuer à mener les politiques que nous menons en matière de logement, de développement durable, autour du dynamisme et de la cohésion sociale (...) pour être un amortisseur de crise (...) Ce budget 2010, tel qu'on l'évalue au quotidien, prouve que nous avons eu raison de le bâtir de cette manière" souligne Abderrahmane Djellal, avec une certaine fierté.

En arrière plan du dispositif, l'Adjoint à l'Insertion et la Formation Professionnelle revient de façon récurrente sur le désengagement direct et indirect du gouvernement et le déficit de la fonction régalienne de l'Etat pour expliquer en partie les difficultés "qui retombent sur les épaules du Maire et des collectivités locales" notamment en matière de santé, d'éducation, de prévention et de sécurité.

"On peut comprendre qu'on réforme (...) Nous aussi, on veut moderniser le service public (...) On réaffirme nos politiques de solidarité, pas d'assistanat (...) L'idée, c'est d'apporter de la respiration aux gens, c'est d'essayer de les rendre autonomes" souligne l'Adjoint, visiblement très critique à l'égard du gouvernement.


La majorité municipale, une équipe "plurielle"


Au niveau local, le groupe réaffirme ce qui fait sa force et sa richesse au niveau politique.

"Avec nos amis de GO Citoyenneté, du Parti Communiste, du MoDem et de la société civile, on est une équipe plurielle en ordre de marche (...) On ne veut surtout pas uniformiser notre schéma de penser" rappelle Abderrahmane Djellal, soucieux de faire passer le message à la presse sur le fond et la forme, dans un contexte électoral où les divergences des écuries politiques et de personnes s'affirment de part et d'autre(s) sur la place publique.


L'opposition municipale et la bétonisation de la ville


Pour souligner le travail accompli et appuyer les priorités de sa majorité, le groupe PS revient sur l'un des thèmes de prédilection de la droite locale : la densification de la Ville de Grenoble.

"On a une droite locale, aujourd'hui, son discours est de deux niveaux (...) Ils prennent prétexte de la bétonisation de notre ville pour masquer leur rejet du logement social (...) Les mêmes qui nous expliquent qu'on betonerait la ville, ce sont les premiers défenseurs de la Tour Perret en nous disant que c'est la priorité des priorités" explique le Président du groupe.

En parallèle, une réflexion sur la hauteur des bâtiments est actuellement menée, associant élus et architectes concernés. De son côté, Jérôme Safar, 1er Adjoint aux Finances, au contrôle de gestion externe, à la Prévention et Sécurité explique qu'il est parfois nécessaire de bâtir des immeubles un peu plus hauts en ville afin de pouvoir alléger l'impression de densité et dégager de l'espace au sol. Le projet de presqu'île scientifique est l'occasion d'amener cette réflexion sur le terrain, de développer l'opportunité de maintenir les innovations sociales, urbaines, économiques et environnementales de la ville.

"C'est un moyen de garder l'avance (...) Ceux qui luttent contre ça... seulement pour lutter contre ça prennent un risque énorme" ajoute le 1er Adjoint.

Au delà des perspectives, l'un des enjeux politiques majeurs au niveau local porte sur la nature de l'investissement, plus que sur leur montant.


L'emploi public municipal... et les effectifs de la municipalité


Le parti pris du Maire concernant l'emploi et les services publics va à contre courant de ce qui est proposé au niveau de l'Etat. Le gouvernement actuel considère que l'emploi public pèse trop sur le budget de l'Etat, jugeant parfois nécessaire de supprimer des postes par différents moyens.

De son côté, la municipalité considère que les services publics et l'emploi public sont des leviers qui oeuvrent à la cohésion sociale, à la solidarité et au développement économique... en situation de crise.

"Nous maintenons l'emploi public et le service public municipal (...) Non seulement nous le maintenons mais nous souhaitons le développer pour porter les politiques et les priorités que nous avons défini (...) Le service public municipal doit être efficace et de proximité, au service des citoyens (...) Nous avons plus de 200 métiers à la Ville de Grenoble, des métiers qui ne touchent parfois qu'un ou deux salariés (...) On a par exemple au Muséum un taxidermiste, c'est important" explique avec fierté et précision Marie-Josée Salat, Adjointe chargée du Personnel, d'un ton déterminé.

Fin 2009, les effectifs de la Ville de Grenoble comptaient 3050 agents, titulaires, équivalent temps plein !

La ville imprime 4000 fiches de paie (intermittents, vacataires, contractuels, intérimaires, étudiants, accompagnateurs... en complément) !

En 1995, il y a eu un réajustement important des effectifs de la ville dès le premier mandat de Michel Destot. A l'époque, la municipalité avait estimé qu'il manquait près de 500 emplois dans les services publics municipaux. Depuis cette date, il y a eu globalement un maintien de ces effectifs (à quelques dizaines près) selon la 2ème Adjointe. Par ailleurs, sentant le sujet sensible, elle tient à ajuster ses propos en précisant qu'il n'y a pas eu "d'explosion" en terme d'emplois publics.

"L'opposition nous reproche de dépenser beaucoup trop en matière de personnel et d'avoir trop de Catégorie A (...) Il est vrai qu'on est à 17% (...) Mais à la Ville de Grenoble, on est dans des logiques de conception, d'expériences particulières avec un taux d'encadrement qu'on souhaite le plus efficace possible" explique sans détour Marie-Josée Salat.

Il y a actuellement 84 policiers municipaux à la Ville de Grenoble. "En fonction des réformes à venir, on envisagerait éventuellement de passer aux alentours de 90 (...) La Police municipale a une Police dédiée sur Villeneuve et sur le Village Olympique que nous conserverons (...) A effectif réel, c'est l'une des polices municipales les plus importantes de France rapportée au nombre de policiers et d'habitants" explique Jérôme Safar, qui tient tout particulièrement à rappeler les missions de prévention, de tranquillité et de sécurisation des bâtiments de la Police municipale.

Pour Stéphane Siebert, Adjoint au Développement durable, l'efficacité de la Police municipale dépend de l'effectif. Pour Marie-Josée Salat, qualité et effectif dans les services municipaux sont étroitement liés.


Vers une nouvelle augmentation des impôts à Grenoble ?


"Le Maire a été clair (...) Sauf changement majeur... et de périmètre et désengagement violent de la part de l'Etat, on a pris un engagement (...) Ceci dit, je vous renvois aux années précédentes, on n'a pas augmenté les impôts pendant 10 ans dans cette ville (...) On a un travail d'explication à faire (...) Sur les 10 dernières années, on a été l'une des grandes villes qui a le moins augmenté les impôts en France (...) C'est vrai qu'on les a augmenté et que ce n'était pas prévu et on s'en serait passé" explique avec pragmatisme l'Adjoint aux Finance, un brin agacé de devoir réexpliquer le positionnement de la Mairie sur le sujet.

Dans son élan de justification, Jérôme Safar estime que nous vivons dans un pays où la fiscalité fonctionne "à l'envers". D'une part, la suppression de la TP (taxe professionnelle) donnera plus de fiscalité pour les ménages. D'autre part, d'ici peu, toutes les politiques publiques seront suspendues à la loi portant sur la réforme des collectivités territoriales.

Pour le groupe PS de la Ville de Grenoble, l'engagement de ne pas augmenter les impôts locaux dans les prochaines années n'est pas scellé dans le marbre. Il dépendrait donc principalement, de facteurs inhérents à l'environnement fiscal et politique.


Le logement, les économies d'énergie et la biodiversité


Le groupe PS, par l'intermédiaire de Stéphane Siebert, rappelle qu'il est impossible de s'opposer aux prix du marché en matière de logement.

Pour tenter de contenir les prix, de rééquilibrer l'offre et la demande sur le marché de l'immobilier Grenoblois, la ville souhaite porter ses efforts sur les économies d'énergie pour les ménages "moyens" dans les logements neufs (aide fiscale, opération d'investissement supplémentaire récupéré par les ménages au bout de 2 ans...).

Concernant le logement dans l'ancien, une campagne d'isolation auprès des co-propriétés a été lancée auprès des "classes moyennes" (notamment sur les Grands Boulevards) dans le cadre du plan Climat. Objectifs recherchés : 30 à 50% d'économie d'énergie sur la facture de ces ménages !

Autre projection à court et moyen terme : en partenariat avec GEG, la Ville de Grenoble souhaite s'attaquer à l'éclairage public. Elle annonce vouloir faire entre 30 et 50% d'économie sur l'éclairage public tout en tenant compte de la pollution lumineuse actuellement produite par les matériels actuels.

Un objectif pour le moins... très ambitieux qui naturellement, engendrera de nouvelles dépenses et de nouveaux investissements pour la Ville de Grenoble.

Autres intentions à venir dans le cadre de la biodiversité en milieu urbain : les projets de création de toitures végétalisées, de jardins surélevés et l'implantation de ruches pour lutter contre les moustiques... sur le toit de la Mairie de Grenoble !

La Ville de Grenoble va-t-elle imprimer une nouvelle fiche de paie pour un "apiculteur urbain" ? :-)

Notes

[1] Le DL + GreBlog présents...

[2] voir ma photo


03

01

2010

Grenoble, Jour de l'An 2010 : les Grenoblois savent-ils faire la fête en centre-ville?

Grenoble Noel jour de l'an Il y plusieurs manières de faire la fête ou d'envisager de la faire entre des individus. Soit elle est provoquée, encouragée, plébiscitée, déclenchée naturellement dans un contexte favorable qui permet de l'envisager. Soit elle est à l'avance préméditée, attendue, préparée de longue date dans un cadre confiné, précis, délimité.

Sur ce dernier point, il arrive parfois que certaines personnes soient les premières victimes de cette préparation.

Est-il encore possible de faire la fête en centre-ville lorsque celle-ci est à l'avance prévue, planifiée, attendue parfois de façon artificielle? Les meilleurs fêtes, celles qui amènent le plus de joie et de gaieté entre les personnes ne sont-elles pas au contraire celles portées par des évènements imprévisibles, inattendus, spontanés ?

Vu l'ambiance dans les rues de Grenoble la nuit du nouvel An, tout porte à croire que les Grenoblois ne savent plus ou ne prennent plus le temps d'exprimer leur joie lors du passage de la nouvelle année en plein coeur du centre-ville.


Se préparer soi-disant... pour faire la fête


31 décembre, fin d'après-midi, début de soirée dans les rues de Grenoble.

Le centre-ville de Grenoble paraît aussi animé qu'un samedi en plein milieu de l'après-midi. Bon nombre de commerces sont encore ouverts. Les achats des derniers retardataires qui se ruent dans les enseignes alimentaires et magasins de victuailles vont bon train. La lumière des boutiques artisanales attirent le chaland.

Le Monoprix de l'hypercentre est littéralement pris d'assaut par les consommateurs. Des personnes âgées, seules, habituées des lieux, viennent chercher un dernier ingrédient pour agrémenter leur repas du réveillon de la Saint-Sylvestre. En toute décontraction, des individus s'empressent de choisir des bouteilles d'alcool, de Coca-Cola au fond du magasin. Un petit groupe de "djeun's" tente de s'aventurer dans les allées étroites et parviennent à trouver leur bonheur : des mini-doses concentrées de "Red Bull Energy Shot" sollicitées par les filles, placées dans le caddie par les garçons. Plus d'une trentaine de ces capsules seront déposés en caisse par ces fétards, ignorant leur prix. Plus loin, une autre bande s'empresse de dénicher du Champagne. Miracle, il en reste en rayon et là aussi, le prix des bouteilles paraît ignoré. Impossible de slalomer aisément entre les rayons. Les queues s'allongent devant les tapis roulants. Les hôtesses de caisse sont visiblement plus que débordées.

Visiblement, il faut pouvoir tenir la soirée. Plus que jamais, l'alcool paraît toujours être le pilier indispensable pour faire la fête... ...pas forcément pour la réussir.


Passé minuit, dans les rues du centre-ville de Grenoble


A Grenoble, passé le cap des premières minutes de la nouvelle année 2010 dans les principales rues du centre-ville, on pourrait s'attendre à observer quelques éruptions de joie, quelques débordements ici et là ou constater une volonté partagée d'aller à la rencontre de l'autre en ce jour de fête.

Il n'en est rien !

En déambulant de long en large en triangle dans l'hypercentre de 23h45 à 00h55, principalement entre la gare, le cours Bérriat et le Musée de Grenoble, on s'aperçoit que le coeur à la fête en extérieur n'y est pas.


Distance et confinement


Bon nombre de convives restent attablés dans les principaux restaurants de l'hypercentre. Ils ne cherchent pas à sortir de leur confinement pour prendre l'air un instant et saluer d'éventuels passants pour la nouvelle année.

Place Saint-André, les consommateurs restent sagement assis à la terrasse des cafés comme ils le font le soir, un jour de semaine ordinaire, sans aucune envie d'occuper l'espace qui les entourent pour témoigner un quelconque intérêt pour le Nouvel An.

Un peu plus loin, un verre de Champagne à la main, quelques clients de bars sortent péniblement dehors par petits groupes pour prendre l'air. Certains osent tout de même se déplacer quelques mètres pour souhaiter une bonne années à d'autres personnes immobiles sur les pavés, sans conviction apparente... de loin, à distance.

Place Notre-Dame, une ambulance stationne temporairement le long de la ligne du tramway. Des jeunes paisiblement installés sur les rebords de la fontaine portent exclusivement leur attention sur leur mobile pour envoyer ou relever des SMS.

En ville, la grande majorité des gens évitent le contact, ne se parle pas, ne s'embrassent pas. Certains donnent l'impression de subir une situation qui ne les emballent pas.


Regroupement de rigueur


Dans les rues de Grenoble, les promeneurs restent groupés dans un soucis de sécurité. Dans ce contexte, mieux vaut faire mine d'ignorer les autres.

Vers 00h30, un habitant promène paisiblement son chien rue Saint-Jacques. Nous nous croisons et je lui souhaite une bonne année. Ce dernier s'efforce de se retourner par politesse et me répond "Ah oui... bonne année", à voix basse, sur le bout des lèvres, comme si je ne devais pas croiser son chemin. Drôle de bonhomme.

Au niveau du parc du Jardin de Ville, des individus et leurs chiens squattent le tourniquet dans l'aire de jeux des enfants. Près des bancs, un groupe essaye tant bien que mal d'allumer des petits fumigènes directement sur le sol synthétique. Drôle de façon de s'amuser.

En étage dans les ruelles, seuls quelques fêtards ouvrent la fenêtre de leur appartement pour exprimer un instant leur joie en direction du bas juste avant de la refermer. Certains ne se privent pas pour crier, insulter de loin des groupes de passants en contrebas. Place Grenette, un couple s'insurge contre l'éclatement d'une canette de bière lancée d'un balcon à quelque mètres seulement de leurs pas. Même geste démesuré du côté du marché des Halles ou on s'amuse à faire de même. Drôle de manière de s'exprimer.

Place Felix Poulat, des pétards sont allumés pour tenter de faire un peu de bruit dans les alentours. L'odeur d'autres pétards roulés à la main se fait sentir près des marches de la Fnac. Drôle de façon de se faire plaisir.


A la recherche d'une ambiance qui ne vient pas


Quelques groupes de personnes tentent de converger vers la place Grenette pour y trouver une ambiance particulière de fête, sans grand succès. En déambulant dans les rues de Grenoble, je retrouve en d'autres lieux les mêmes individus, déçus par l'ambiance monotone des rues, à la recherche d'un contact festif.

La première véritable manifestation de joie, de gaieté et de "fête" rencontrée en hypercentre aura lieu vers 00h25.

Place Grenette, un groupe de garçons légèrement éméchés s'amuse gentiment à mettre de l'ambiance en tenant un sapin de Noël à la main en guise de trophée. En coeur, il se déplace en chantant "Guillaume il est pédé... Guillaume il est pédé (...) Il est vraiment, il est vraiment... il est vraiment phénoménal (...) Tra-la-la... la-la...". Quant aux filles exaltées qui les accompagnent, elles ont toutes une bouteille ou une canette à la main. L'une d'entres elles interpelle l'un de ses amis. "Jean-Paul.. allez, à poil (...) et dis-donc, t'as pas l'impression qu'on est les seuls à faire la fête ici".

La description de l'ambiance est pour le moins explicite, formulée sans ambiguïté.


Amertume et déception


Il est 00h50.

L'un des derniers tramways de la ligne B circule paisiblement tout en affichant une lumière rouge signalant qu'il rentre au dépôt.

Du côté des quais et sur les hauteurs de la ville, aucun feu, aucun projecteur apparent n'est venu illuminer les contreforts de la Bastille durant la soirée du réveillon de la Saint-Sylvestre.

Triste ambiance de Nouvel An dans les rues de Grenoble.

GreBlog MonGrenoble vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2010. Que celle-ci soit riche en perspective, en création, en relations et partages, en épanouissement personnel et professionnel...


02

12

2009

Grenoble, illuminations de Noël 2009 : un budget de 230 000 euros

grenoble illumination de noel Chaque année, à l'approche de Noël, le centre-ville de Grenoble vit au rythme du marché de Noël et des illuminations de fêtes de fin d'année.

Un moment privilégié pour les Grenoblois, les commerçants et pour la mairie, Grenoble Tourisme et Congrès, GEG et ses partenaires, soucieux de mettre en valeur le cœur de ville en tenant compte des normes et moyens techniques, de la consommation d'énergie... et des investissements.

Chaque soir, à partir du 2 décembre 2009, une dizaine de sites "privilégiés" en centre-ville bénéficieront de dispositifs de jeux de lumière et d'illuminations de Noël dès la tombée de la nuit et ce, jusqu'à environ 0h30 en début de semaine - et 2h00 du matin en fin de semaine. Ils seront activés toute la nuit les 24, 25, 31 et 1er janvier 2010.

Chaque année, le déploiement technique du dispositif s'effectue progressivement sur le terrain durant deux mois.


Un investissement… pour le moral des troupes


"Bien. Je sais ce que vous allez me poser la question alors je vous réponds tout de suite (...) Oui, en période de crise, on continue d'investir habituellement pour les fêtes de Noël, pour le moral et pour donner du plaisir à tous les Grenoblois" déclare Michel Destot, Député-Maire de Grenoble lors du point presse qui s'est tenu ce vendredi 27 novembre à 20h au Palais de la Bière [1].

Derrière cette volonté morale et "politique" se cache toute une logistique humaine et technique assez complexe dans les choix et la mise en service des illuminations. La ville portent régulièrement ses efforts sur une baisse conséquente de la consommation d'énergie et sur la recherche d’économie de moyens dans le déploiement de nouvelles installations lumineuses.

Sans oublier la volonté de présenter annuellement au public un certain équilibre "artistique" dans le choix des supports, des couleurs et des symboliques en matière d’illuminations... par secteurs urbains.


Un budget "raisonnable" ?


En 2009, le budget de fonctionnement comprenant une partie de la consommation, la mise aux normes, la pose, les déposes, l'entretien et la rénovation du matériel d'illumination existant avoisine les 130 000 euros. La part d'investissement qui repose essentiellement sur l'achat de matériels neufs et nouveaux motifs est de 100 000 euros.

Soit un budget total d'environ 230 000 euros pour 2009.

"La dessus, on est très raisonnable (...) Il y a beaucoup de ville qui font le choix de dépenser beaucoup plus d'argent" souligne Xavier d'Enquin, Chef de service au département Communication de la Ville de Grenoble.

Au même titre que les particuliers, en remplaçant progressivement les anciennes installations dotées d’ampoules classiques à filament par d’autres ampoules « basse consommation » ou de type LED d'ici 2012, la Ville de Grenoble entend respecter les nouvelles normes et le rythme de changement du matériel qu’elle s’est progressivement fixée depuis 2003.


Diminuer la consommation d’énergie


Les ampoules incandescentes "classiques" ont une durée de vie moyenne de 2000 heures (utilisées environ 500 h/an au moment des fêtes sur 4 ans) alors que les ampoules à LED de très faible consommation peuvent théoriquement éclairer pendant 50 000 heures.

"On est quand même arrivé à baisser la consommation d’énergie de 93% sur Alsace-Lorraine (…) En plus, quand on a du LED, ca nous permet de varier les motifs (…) En remplaçant les vieilles ampoules, on est gagnant sur les installations (…) Si on prend en compte les conditions de vie du matériel, on pense que les LED tiendront facilement une dizaine d’années en ville" explique Jean Gauthier, responsables technique chargé des illuminations sur le terrain pour la Ville de Grenoble.

En 2005, 78000 ampoules à filament étaient employées dans le cadre des illuminations. En 2009, elles ne sont plus que 49500, soit une réduction de 37% de ces ampoules ancienne génération à forte consommation.

De plus en plus d’équipements lumineux sont alimentés directement par le réseau d’éclairage public. En tant que prestataire de service, GEG effectue environ 1500 heures d’intervention. 60% de son temps de travail concerne la pause des équipements sur le terrain.


Moins de pollution visuelle, plus d’effets lumineux


"La grande bascule pour nous, ça a été sur les grands boulevards avec le tram et des nouvelles couleurs à l’époque, le bleu et le blanc (…) Maintenant, on introduit de l’ambre, du rouge et du vert (…) Même si c’est plus délicat à mettre en œuvre, nous ce que l’on recherche, c’est l’effet lumineux, du discret, du scintillant" souligne Alain Pilaud, Adjoint délégué à l’Animation.

Cette année, une dizaine de sites bénéficient de nouveaux motifs. Et c'est le secteur de l’avenue Alsace-lorraine qui est privilégié par la ville. L’an prochain, ce sera vraisemblablement le cours Berriat qui bénéficiera de nouvelles installations.

Entre la gare de Grenoble et la place Victor Hugo, près de 27000 euros ont été investis dans l’achat de 110 nouveaux motifs de décoration lumineux (composition florale de faisceaux de LED) pour embellir la section.

Pour la première fois, dans le cadre de l’introduction d’un concept innovant, la place de l’Etoile accueillera des ballons gonflables réalisés par la société AIRSTAR et alimentés par une micro-pompe. Des ballons lumineux d'1m60 de diamètre qui seront également positionnés sur l'Esplanade Le Ray vers le boulevard Gambetta.

"On est les seuls à avoir du AIRSTAR cette année (…) Rue Thiers, on a aussi changé les lumières parce qu’elles n’étaient pas assez scintillantes (…) Place de Verdun et Saint-André, on met rien (...) Ça fait un peu ringard de mettre de la déco dans des lieux aussi patrimoniaux, on préfère travailler avec des plasticiens pour ça" explique sans détour Alain Pilaud.

Du côté des quais de l’Isère et de la Bastille, un travail est en cours pour diminuer le "plein feu de lumière" trop gourmand en consommation d’énergie sur les contreforts. Lord du point presse, le Maire de Grenoble fait remarquer au principal intéressé qu’il aimerait bien que le "dossier" aille... un peu plus vite.

En centre-ville, la place Grenette accueillent de nouvelles rangées de sphères de couleur blanche et rouge [2]. Dans les rues adjacentes, entre la place Vaucanson et Félix Poulat, de nouveaux motifs à LED prennent la forme de longues toiles ou rideaux couvrant le ciel le long des allées piétonnes. De nouvelles guirlandes de lumières tamisées font leur apparition sur des arbres.

A l'intersection du cours Jean Jaurès et de l'avenue Alsace-Lorraine, les quatre grands piliers blancs surplombant la voie du tram sont dotés de projecteurs chromo-variable qui habilleront la structure d’une nouvelle variation de couleurs… toute l’année.


Verdict


Vendredi 27 novembre 2009, les illuminations ont été spécialement activées quelques heures dans les rue du centre-ville à l'occasion de la visite des installations. En déambulant ce soir là sur le terrain en présence du maire, des élus, responsables et techniciens, les Grenoblois s'attardaient un instant, observaient les alentours et n'étaient pas insensibles aux illuminations.

Habituellement critique à l'égard des dispositifs lumineux mis en oeuvre par la Ville de Grenoble, il semblerait que la municipalité profite des nouveaux matériels et dispositifs techniques actuellement disponibles sur le marché pour opérer une "reconversion" intéressante et un repositionnement de ses choix en matière d'illumination.

Le résultat est plutôt encourageant : recherche d'ambiances tamisées et de variations lumineuses, baisse de la "pollution visuelle" à l'égard des habitants dans l'hyper-centre, apport de nouveaux concepts dans l'éclairage, meilleure répartition des pôles d'illumination. Le tout, associé à une volonté intrinsèque de baisser la consommation d'énergie... bien que l'achat des nouveaux motifs soient onéreux.

Seul bémol de taille : la Ville de Grenoble a volontairement choisi de remettre et réinstaller d'anciennes ampoules incandescentes produisant une forte lumière jaune et pâle associées aux nouveaux dispositifs d'illumination dans certaines rues du centre-ville. Cette "mixité" des lumières dénature et fausse complètement l'ambiance recherchée.

Dommage.

Notes

[1] bonne bière, très peu de journalistes présents...

[2] mes enfants adorent…


02

11

2009

Enfin une nouvelle aire de jeux au Jardin de ville de Grenoble

jardin de ville grenoble Depuis la deuxième quinzaine du mois d'octobre, les plus petits et les plus jeunes ont enfin pu reprendre pleinement possession de leur espace de jeux situé au parc du Jardin de ville de Grenoble.

Il était temps !

Car depuis des mois et des mois, nos chers bambins n'avaient plus véritablement l'occasion de profiter du lieu pour se divertir, se dégourdir les jambes et grimper sur les ateliers qui leur étaient habituellement réservés.

Au passage, rappelons que l'aire de jeux du Jardin de ville est un lieu de rendez-vous et de communication privilégié pour les grands-parents, parents et leurs enfants. Tôt, le samedi matin, il n'est pas rare de voir bon nombre de jeune papas s'occuper de leurs enfants au parc pendant que les mamans font quelques emplettes en ville.

Un moment, un lieu quelque peu privilégié pour des mamans seules, séparées ou divorcées à la recherche... de compagnie masculine.

Et inversement.


Un démantèlement de l'aire de jeux sans suite ?


En 2008, principalement pour des questions de mise aux normes et de sécurité, la Ville de Grenoble avait pris la décision de démanteler une partie de l'aire de jeux pour la réaménager afin qu'elle soit conforme aux nouveaux règlements et dispositions en la matière.

En amont de l'opération de "réhabilitation" des lieux, il n'y avait pas eu de véritable communication de la part de la municipalité envers les habitués du parc. Après coup, le service Espaces Verts de la Mairie avait tout de même jugé utile d'implanter un panneau stipulant "Structure jeu démontée par mesure de sécurité - Rénovée été 2009".

C'était en 2008. Nous sommes... fin 2009.

Durant plus d'une année, les enfants n'ont pas eu la possibilité de bénéficier d'ateliers de jeux sur place. Mis à part un petit atelier-toboggan et deux mini-balancoires pour les tout-petits. Seul le revêtement anti-chute au sol jusque là conforme était resté en l'état.


Un réaménagement bien trop tardif


Durant cette longue période d'attente, nombreux sont les parents qui se sont interrogés sur le retour pourtant annoncé des ateliers de jeux mi-2009.

Pêle-mêle, voici quelques petites remarques glanées au fil des discussions depuis cet été. Par exemple, du côté du parc du Jardin des Plantes en face de la Mairie de Grenoble .

"Ben nous vous voyez, on vient là parce qu'il n'y a plus rien en centre-ville, ils ont presque tous enlevé (...) Remettre des jeux au Jardin de Ville, ça doit pas être une priorité pour la Mairie, par contre pour les JO ou le stade, là, il y a de l'oseille (...) J'ai vu là bas en ville qu'ils ont pas touché au bac à sable alors peut être qu'ils vont remplacer le sable dégueulasse par des petits morceaux de bois comme ils ont mis ici ?".

En juin 2009, la rénovation n'avait toujours pas débuté. Eté 2009 comme annoncé... non plus.

Ce n'est que mi-septembre que Pascal Garcia, Conseiller municipal délégué à la Gestion urbaine de proximité a bien voulu me renseigner sur la date du début des travaux d'aménagement qui ont finalement été fixée... il y a peu.

Durant la phase des travaux, l'accès à la zone de jeux fut naturellement fermée au public.

Le service Espaces Verts avait pris soin d'accrocher une belle pancarte verte présentant en deux temps [1] un cliché de la zone démunie d'ateliers (au lieu de montrer l'espace de jeux "avec" ses anciens ateliers) et une vue stylisée du nouvel aménagement [2].

Une vision plutôt excessive et exagérée en terme de communication. Surtout lorsqu'il s'agit de "faire oublier" quelque peu une aussi longue attente en matière de réaménagement.


Enfin... une nouvelle aire de jeux réaménagée au Jardin de ville


Concrètement, les travaux de réaménagement tant attendus ont duré quelques semaines. Les enfants ont pu enfin reprendre possession des lieux... à la mi-octobre.

L'ancien revêtement anti-chute qui avait tendance à accrocher les chaussures des enfants et à les faire tomber en pleine course sur le terrain a disparu. Il est désormais remplacé par un gazon synthétique plus approprié, visiblement plus difficile à entretenir pour les agents d'entretien.

Sept nouveaux ateliers sont venus remplacer les deux anciens ateliers-toboggans-passerelles de 2008.

Une nouvelle balançoire à trois places, articulée sur ressorts : un peu trop sensible dès le moindre mouvement d'un enfant agité. Risque de perte d'équilibre. - Pertinence : 7/10 -.

Une petite maisonnette avec espace abrité : le choix de son emplacement est judicieux. Eloigné du vieux bac à sable [3], il contraint les enfants à ne pas transporter trop de sable pour y jouer. Du coup, cet atelier est peu prisé par ces derniers. Notons qu'il est redondant avec l'atelier pont-passerelle-toboggan qui dispose de la même infrastructure de jeu à partir du sol. - Pertinence : 5/10 -.

Un atelier-pont-passerelle-toboggan : il remplace l'ancien atelier de 2008 placé au même endroit. Petits et grands l'adorent et se bousculent pour y monter. - Pertinence : 9/10 -.

Un véhicule automobile équipé pour l'aventure : un atelier très prisé par les enfants en période de forte affluence. A tel point que chacun doit attendre plus ou moins patiemment son tour pour grimper sur le véhicule ou le conduire. Lors d'une sortie en famille, un jeune enfant en pleurs a tout de même réussi à se faire mal en se coinçant le poignet dans l'orifice d'un des volants. Son papa a mis un bon moment pour retirer de force sa petite main. - Pertinence : 8/10 -.

Un tourniquet avec trois sièges surélevés : un atelier littéralement pris d'assaut par les grands qui prennent un malin plaisir à faire tourner systématiquement les plus petits à grande vitesse. De quoi stresser bon nombre de parents régulièrement placés aux abords pour contrôler la vitesse de rotation de l'engin. Etant assis en hauteur, les enfants sont régulièrement éjectés du support et se vautrent par terre les uns sur les autres. Certains se font mal. - Pertinence : 3/10 -.

Une barre avec promontoire dans le vieux bac à sable : un étrange atelier permettant à la fois aux enfants de grimper en hauteur, de se tenir à une barre et de sauter dans le sable. Idéal pour empêcher d'autres enfants de faire des pâtés ou jouer dans le bac. - Pertinence : 5/10 -.

Une barre isolé avec promontoire : un simple atelier sans grand intérêt permettant aux enfants de grimper et de se tenir en hauteur au dessus du sol. - Pertinence : 4/10 -.


Une forte concentration d'ateliers


Au final, le résultat est plutôt de bonne facture, conforme aux attentes et aux caractéristiques mentionnées sur la fameuse "plaquette" alléchante.

En cherchant à répartir de nombreuses infrastructures de jeux et à doubler la présence d'ateliers sur la zone, le service Espaces Verts a densifié l'aire de jeux.

Les enfants ont moins la possibilité de gesticuler ou de courir d'un point à un autre. Des bancs sur lesquels les parents sont assis sont si rapprochés de certains ateliers qu'il leur est désormais plus difficile de surveiller leur enfants ou de se reposer à distance sur le périmètre.

Avec le changement de revêtement et un tel rétrécissement de l'espace, il serait fortement souhaitable d'interdire l'accès et la circulation des cycles pour enfants sur la zone. Sous peine d'accrochages... et petits bobos.

Quant au bac, il serait temps de renouveler plus souvent le sable qu'il contient, de mieux l'entretenir ou de le remplacer par des petits "morceaux de bois" [4] pour une meilleure hygiène et propreté.

Notes

[1] système classique : Avant... Après

[2] voir ma photo

[3] le sable est toujours aussi... peu agréable

[4] comme au parc du Jardin des plantes


08

07

2009

La Ville de Grenoble expérimente un dispositif nocturne pour prévenir la tranquilité des habitants du centre-ville. En attendant la vidéo surveillance...

grenoble pilaud Il y a quelques jours, la Ville de Grenoble relançait son opération d'été "La Belle Estivale 2009" pour toutes celles et ceux qui souhaitent profiter de la saison et vivre des instants de détente en famille ou entre ami(e)s (lire mon précédent article).

En parallèle, pour prévenir la tranquillité des habitants du centre-ville de Grenoble et les conduites à risque des jeunes, la municipalité a décidé d'expérimenter un nouveau dispositif nocturne en partenariat avec la Mutuelle des Etudiants, coordonné avec Police national, la Police municipale, les services municipaux et les associations de terrain travaillant dans les domaines de la délinquance, de la prévention et de l'urgence sociale.

Ce dispositif se nomme "Tranquil' Eté".

"Pour nous, l'été n'est pas simplement une affaire d'encadrement, d'organisation ou de multiplication des animations (...) Nous sommes tous préoccupés par les problèmes de nuisances nocturnes (...) La Ville à elle seule ne peut suffire à régler tous les problèmes notamment qui relèvent de l'ordre public (...) Notre volonté est d'aller vers les jeunes" souligne Michel Destot, Député-Maire de Grenoble lors de la conférence de presse de présentation du dispositif au 12ème étage de la Mairie de Grenoble [1].


Un pari sur l'intelligence collective et l'individu


La Ville de Grenoble souhaite "traiter" en priorité la question des nuisances dans l'hypercentre de Grenoble. Sans attendre, à travers ce nouveau dispositif, elle envisage d'améliorer la coordination et la présence des différents acteurs "humains" susceptibles de sensibiliser les plus jeunes sur le terrain. Notamment ceux qui se réunissent en fin de journée ou durant la nuit, pour "faire la fête".

"Aujourd'hui, des jeunes posent de multiples soucis de santé publique au sens large (...) Les conduites addictives liées à l'alcool, parfois aux produits stupéfiants, les nuisances sonores, qu'il s'agisse de percussions, de musiques amplifiées, les agressions plus ou moins graves dont souvent les premières victimes sont les jeunes filles et les personnes les plus faibles (...) SDF qui nous font remonter des agressions (...) Sans vouloir le fermer ni le bunkeriser à partir d'une certaine heure de la nuit, le centre-ville aspire à un minimum de tranquillité pour les riverains qui ouvrent plus facilement le soir les fenêtres en été" explique Jérôme Safar, 1er Adjoint chargé des Finances, délégué à la Prévention et à la Santé.

Présence, prévention, faciliter le "vivre ensemble", réfléchir aux conditions d'une fête réussie... devient le mot d'ordre de la Municipalité durant la période estivale. Elle confie à La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) le soin de former des équipes mobiles et de sensibiliser les jeunes sur les risques et dommages collatéraux liés aux conduites à risque en centre-ville, d'un point de vue individuel et collectif.


Tranquil' Eté : une approche expérimentale par ses pairs


Pour Jérôme Safar, "il est toujours plus facile pour un jeune de s'exprimer lorsqu'il est en face d'un autre jeune qui serait repéré comme étant quelqu'un qui a une conduite à risque" pour discuter, échanger... et recueillir auprès de ce dernier des informations.

Le nouveau dispositif est opérationnel durant le mois de juillet 2009. Il devrait reprendre et se prolonger du 1er septembre au 31 octobre. Il s'appuie sur une expérimentation actuellement en cours depuis le mois de mars dans la Ville de Rennes.

Une quinzaine de soirées ont été "ciblées" durant lesquelles une dizaine de jeunes dotés d'une expérience en prévention (en équipe, 2 à 4 binômes composés d'une fille, d'un garçon avec 1 responsable d'équipe sur le terrain) identifiés par un tee-shirt bleu [2] "Grenoble - Tranquil'Eté" sont habilités à déambuler dans un périmètre délimité de 18h30 à 23h entre le secteur Notre-Dame et le Jardin de Ville.

Moyenne d'âge des étudiants formées et salariés pour cette mission : entre 22 et 25 ans.

grenoble safar "La solution d'approche, d'accompagnement et de sensibilisation par des jeunes qui vont s'adresser à leur semblable nous semble une bonne idée pour essayer de qualifier un peu les choses auprès d'eux et aborder les questions de prise de risque individuel et collectif (...) Les binômes font passer des messages et récoltent des données (...) Il n'ont pas pour mission d'intervenir directement mais sont habilités si nécessaire à communiquer aux autorités d'éventuels débuts de débordement" explique Laurent Berthet, Directeur délégué de la Mutuelle des Etudiants.

Pour Hélène Vincent, Adjointe à la Jeunesse, ce dispositif s'intègre parfaitement dans la démarche du projet "Jeunesse" de la Ville de Grenoble. "Nous sommes bien dans le cadre de la responsabilisation des jeunes (...) Face au conflit intergénérationnel, la question est de savoir qui est le mieux à même de leur parler dans le cadre d'une animation d'hyper-proximité tout en restant dans une démarche globale".

Pour Eléonore Perrier, Conseillère municipale déléguée à la Sécurité civile et la Lutte contre les nuisances, "On ne va pas s'intéresser à ceux qui boivent plus que d'autres ni aux causes (...) L'intérêt, c'est le vivre ensemble tout en faisant prendre conscience que certains espaces publics ne sont pas réservés à ceux qui font la fête (...) Avec ce dispositif de dialogue, on est dans l'humain, pas dans le matériel".

Selon Jérôme Safar, le "coût net" du dispositif pour la Ville de Grenoble, sans compter les aides publics éventuelles à venir est de 30 000 euros.


Charte de qualité de la vie nocturne et... vidéo surveillance


Près d'un an après son annonce, la "Charte de qualité de la vie nocturne" élaborée en partenariat avec les Unions de quartier, commerçants et autres partenaires associés n'est toujours pas définitivement finalisée, ni adoptée [3].

Face à ce retard, la Ville de Grenoble souhaite "traiter" en priorité la question des nuisances au Jardin de Ville et dans ses environs avant la signature de cette fameuse Charte (un jour, peut-être...) auprès de la Préfecture de l'Isère.

A l'automne, le dispositif "Tranquil' Eté" sera évalué par le cabinet ELC2 pour observer la démarche et dresser avec les habitants un bilan précis de cette expérimentation. "Ça nous permettra aussi de décider définitivement si oui ou non on ferme le Jardin de Ville" - la nuit - explique Michel Destot.

Lors du dernier Conseil municipal, la question de la vidéo-surveillance à une nouvelle fois été évoquée... pour être étudiée.

Trois secteurs de la ville sont préalablement ciblés dans le cadre d'une vidéo-surveillance éventuelle : la Capuche (problématique de sécurité), le Village Olympique (protection des bâtiments et parking) et le Jardin de Ville (offre alternative de surveillance).

Chose étonnante, notons au passage que la Ville de Grenoble ne prévoit pas de reconduire ce dispositif expérimental... durant le mois d'août.

Notes

[1] vue, panorama splendide sur Grenoble

[2] Alain Pilaud, Adjoint à l'Animation, présente vaillamment le tee-shirt porté par les jeunes sélectionnés dans le cadre du dispositif

[3] déjà évoquée en mars-avril dernier


23

06

2009

Fête de la Musique 2009 à Grenoble : faites de la musique ou fête du bruit : vidéo

fete musique grenoble Chaque année depuis maintenant 28 ans le 21 juin, [1], tous les styles musicaux sont à l’honneur et s’expriment dans le cadre de la Fête de la Musique organisée dans toute la France et dans plus de 110 pays à travers le monde.

La fête de la Musique créée à l’initiative du Ministère de la Culture est devenue un évènement populaire incontournable et continue de gagner en popularité et exemplarité au fil des ans.

Il offre l’occasion aux musiciens amateurs de se produire assez facilement bénévolement et d’apporter ainsi leur contribution aux festivités. Sans oublier l’apport des professionnels venus "rééquilibrer" l’ensemble des prestations musicales de qualité proposées dans la rue ou au sein de certains établissements.


Déclaration, candidature… et liberté d’expression


Depuis quelques années, la Municipalité de Grenoble a mis en place un système permettant d’optimiser l’organisation de la programmation de groupes amateurs et semi-professionnels en partenariat étroit avec diverses associations locales.

En principe, pour pouvoir jouer, chaque formation musicale se produisant bénévolement est tenue de se déclarer dès fin mars début avril auprès de l’institution et/ou de candidater afin de pouvoir bénéficier d’un emplacement, d’un podium équipé de matériel son et lumière.

Il y a donc une forme de sélection. Mais la Municipalité ne contrôle pas tout.

Certains groupent s’installent là où le vent les mène, refusant de s’identifier au nom du principe de la liberté de mouvement et de l’expression libre sur l’espace public.

Même constatation au niveau des "marchands ambulants" et vendeurs de boissons, de sandwichs et merguez à la sauvette. Des emplacements autorisés, ciblés, leur permettent de vendre leurs produits à consommer sur place, parfois volontairement placés loin des scènes musicales habitulelles [2].

Près des podiums, à l’inverse, des vendeurs anonymes prennent position et ont compris qu’ils devaient se rapprocher des spectateurs pour leur proposer quelques choses à vendre. Placés discrètement sous un arbre, derrière un angle de rue ou près d’un passage escarpés, ces derniers mettent en place leur dispositif.

Et ca marche.

Sacs de "discounter" remplis de boissons en tous genres achetées la veille, ils sont là, prêts à vous proposer une canette tiède fraîche pour seulement... 2€. Il est coutume d’engranger quelques bénéfices le temps d’une soirée…

D’autres au contraire, le plus souvent des professionnels de la boisson, n’ont aucun scrupule à vous proposer un verre en plastique de 25cl de bière à la pression pour… 2.5 ou 3€.

Sur un plan légal, on se demande qui arnaque le plus l’autre... ou les autres dans l’histoire…


Étalement des prestations sur trois jours


A Grenoble, la fête de la Musique a été programmée sur trois jours.

En étalant la programmation intégrant plusieurs temps forts, les lieux de prestations, les emplacements et scènes musicales par thématique, la Ville de Grenoble en partenariat avec les associations locales a choisi à la fois d’étendre, d’ouvrir son territoire musicalet de le concentrer.

Vous êtes fan de musique Electro, de Rap ou de BreakBeat ? Il fallait vous rendre le samedi 20 juin à partir de 19h gratuitement au sommet de la Bastille. Avec vos enfants, vous souhaitiez vous initier à la pratique d’un instrument de musique ? Il fallait se déplacer le même jour l’après-midi dans l’une des deux bibliothèques référencées. Vous aimez le Hard Rock, le Glam, Heavy ou le BlackMetal [3] ? Il fallait se placer dimanche 21 juin de 18h30 à 20h30 devant le podium dédié pour ce genre musical situé place Docteur Martin.

Cette répartition des thématiques musicales par secteur obligent les Grenoblois à sélectionner un parcours et des lieux de prestations par catégorie répartis sur plusieurs demi-journées selon leurs affinités musicales.

Un bon moyen de faciliter l’organisation de la logistique et de la programmation, mais également... de contenir les foules et les accès.

Cette démarche programmée ne favorise pas la mixité des lieux, des thématiques et cultures musicales et les ambiances hétéroclites. Au lieu de favoriser le rassemblement panaché de personnes, elle les disperse, les obligeant instinctivement à choisir en amont entre telle ou telle musique en fonction des centres d'intérêts musicaux de chacun.

Il est loin le temps où chacun parcourait la ville en déambulant tranquillement, d'une rue à l'autre, quartier par quartier en toute décontraction, à la recherche de l’essentiel, de l'inconnue musicale, d’une formation étonnante ou surprenante par son jeu de scène inattendu.

Désormais, mise à part quelques exceptions au coin d’une ruelle ou d'une avenue, on choisit principalement son style, son type de groupe, son lieu après avoir eu connaissance de la programmation des festivités à partir d’un dépliant... très détaillé.

Rien de bien réjouissant... à part le fait de se réjouir d’avoir eu l'opportunité de sélectionner en amont un ensemble musical en fonction de ses gouts musicaux.

Au bout du compte, en volume, on découvre beaucoup moins d’artistes sur le bitume.


Faites de la musique ou fête du bruit


Après avoir parcouru une bonne partie de la ville de Grenoble ce dimanche 21 juin 2009, voici un petit aperçu de l'ambiance dans les rues du centre-ville.

Ma vidéo : ambiance générale dans les rues du centre-ville de Grenoble, séquences, mix+medley d'une quinzaine de groupes ou formations musicales :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



Fête de la Musique,
faites de la musique
fête du bruit..?

A vous de juger.

Notes

[1] premier jour de l'été

[2] ex : rue Montorge

[3] musique apparemment très appréciée par Philippe de Longevialle, Adjoint à l’Urbanisme, rencontré sur place…


17

04

2009

Il commence par un H, ne remplit plus sa fonction et mouline dans le vent

grenoble Petit article informel et anodin après quelques jours de repos.

Quand on traverse Grenoble pour se rendre d'un point à un autre de la ville, que l'on soit à pied, en vélo, que l'on emprunte les transports en commun ou que l'on prenne son véhicule personnel pour se déplacer, il n'est pas rare de rencontrer quelques difficultés... toujours au moment où on ne s'y attend pas.

Quoi de plus énervant lorsque nous devons impérativement être à l'heure et nous rendre à un rendez-vous important ou privilégié.

Quoi de plus agaçant lorsque nous devons faire face à un choix imprévu et que le doute s'installe un court instant au plus mauvais moment, lorsque nous sommes pressés... justement par le temps.


Le temps, c'est de l'argent


Un peu de rhétorique.

Comme chacun le sait, le temps, c'est de l'argent... [1] notamment pour certaines collectivités.

Face à cette hypothétique forme de péréquation, je vous propose d'écouter et de visionner cette courte vidéo [2] qui vous fera comprendre pourquoi nous devons parfois faire des choix, remettre en cause sur l'instant notre bonne éducation volonté citoyenne et s'affranchir de certaines règles de bonne conduite en collectivité sur le bitume.


Qui est H ?


Machine à coudre ou métier à tisser automatisé ? Roulement à billes défectueux ou anneaux de balançoire rouillés ? Unité de compostage à la Poste ou rotative d'un grand quotidien régional ? Vieille poussette déglinguée ou vieux pressoir pour fruits et légumes ? Endosquelette en métal ou Terminator à la dérive ?

Non.

Mr H n'assure plus sa fonction régalienne quotidienne. Par contre, il bronze tranquillement et recharge ses batteries sous un beau soleil en milieu de matinée.

Le 10/03/09 à 10h06, au coin de la rue Barral à Grenoble :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Exceptionnellement, celui-ci n'a pas été nourri par les petites galettes rondes de mon porte-monnaie. Ni ses petits camarades en faction de couleur gris se tenant droit, le torse bombé... gentiment positionnés dans les alentours.

Par moment... nous avons tous l'heure, mais nous n'avons pas le temps.

"Qui a le temps et attend le temps perds son temps" [3]

Notes

[1] Benjamin Franklin

[2] tournée après la sortie de mon rendez-vous

[3] William Camden


23

03

2009

Nuisances et insécurité : Faut-il fermer le parc du Jardin de Ville de Grenoble... la nuit ?

jardin de ville grenoble Le "vivre ensemble" est-il devenu l'un des thèmes de prédilection et l'une des préoccupations majeures des Grenoblois ?

A en croire les nombreuses interventions et inquiétudes régulièrement soulevées de manière chronique par les habitants lors de réunions publiques, de concertation ou de quartier, on est en mesure de le penser.

Régulièrement, les habitants évoquent une dégradation des conditions de vie dans le centre ville de Grenoble. Nuisances sonores, graffitis, boîtes aux lettres malmenées, urines, incivilités gratuites envers les personnes. Nombreux sont les habitants qui s'interrogent sur les mesures prises ou à prendre par les acteurs publics concernés pour palier aux divers problèmes qu'ils rencontrent au quotidien.

Entre les actes isolés et autres constatations croissantes mentionnées par les habitants, le thème de l'insécurité rejaillit de manière récurrente.

En parallèle, certains se demandent d'ailleurs si le centre ville de Grenoble est un lieu de vie... ou de loisirs.


Evocation de moyens pour lutter contre l'insécurité


Récemment, lors d'une réunion de présentation générale des orientations du budget 2009 déclinée sur le secteur 2 [1], Jérôme Safar, Adjoint aux Finances, chargé des questions portant sur les nuisances et l'insécurité en ville répondait ouvertement aux préoccupations des habitants.

En matière de sécurité le soir, la réponse de la ville est compliquée puisque qu'elle n'intervient généralement pas au delà de 22h... 22h30.

"La réponse de la Ville ne suffira pas (...) Aujourd'hui, vous avez autant de policiers nationaux qu'en 1997 sur la circonscription de Police de Grenoble, Gières, Saint-Martin le Vinoux, Saint-Martin d'Hères, Echirolles (...) Je sais que quand vous appelez le 17 le soir, soit vous n'avez pas de réponse, soit les équipages de Police national ne viennent pas ou viennent trop tard (...) Aujourd'hui, en moyenne, il y a deux équipages qui tournent chaque soir sur tout ce territoire" explique Jérôme Safar.

L'Adjoint aux Finances va plus loin. Il évoque une incivilité croissante envers les employés municipaux chargés de "remettre en ordre" la ville au petit matin. Celui-ci s'interroge sur l'éventualité de disposer d'une "Police permanente" en ville.

"Il y a quelques mois, l'éventualité d'avoir une Police présente tout le temps n'était pas pour la Ville de Grenoble quelque chose que je favorisais et j'en suis aujourd'hui à me poser la question si nous n'aurons pas à palier à terme à un désengagement" souligne l'élu.

L'idée de renforcer les patrouilles en faisant appel à des entreprises privées de sécurité n'est pas à l'ordre du jour. "Sincèrement, je ne pense pas connaître un seul élu au Conseil municipal qui accepterait de s'engager sur cette voie là, toutes tendances confondues" signale le 1er Adjoint.


Quelques constatations de la Ville de Grenoble


La plupart des habitants du centre-ville de Grenoble se plaignent des nuisances sonores qui surviennent principalement au moment de la sortie des établissements de nuit (bar, restaurant, discothèque...) vers 1h du matin. Pour tenter de diluer le flot des nuisances, certains évoquent la nécessité de réguler fluidifier les sorties au delà de cet horaire (avant 3h du matin).

Selon Jérôme Safar, la Ville de Grenoble a récemment constaté une baisse des agressions graves. Par ailleurs, elle témoigne d'une augmentation des incivilités et petites agressions courantes sur les personnes.

Quand aux agressions qui surviennent dans le tramway, elles auraient fortement diminué ces derniers temps. "On a mis des caméras dans les bus et les trams (...) Je suis affirmatif, on a pu retrouver systématiquement 99% des agresseurs, souvent les mêmes d'ailleurs, grâce à nos dispositifs" explique Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la ville.


La question de la fermeture du Jardin de Ville


Au niveau du secteur 2, l'un des sujets qui préoccupent riverains et habitants porte sur la fermeture prochaine et programmée éventuelle du Jardin de Ville... la nuit.

En mai 2009, le dossier sera ouvert et mis sur la table.

Pour tenter de faire face aux nuisances qui surviennent principalement la nuit dans le parc du Jardin de Ville, la ville de Grenoble évoquent quatre "scénarios" possibles.

Une fermeture totale du Jardin de Ville la nuit. Problème : cet espace est un lieu de passage régulier et de transit pour de nombreux Grenoblois. Une fermeture complète déporterait le problème des dégradations nuisances sonores rencontrées sur cette partie du secteur... ailleurs.

Une fermeture partielle des accès au niveau de la roseraie (jardin fleuri). Elle ne doit pas empêcher le passage des personnes d'une rue commerçante à une autre, notamment entre la place de Gordes et la rue Montorge.

Une fermeture plus importante "autour" de la roseraie (limitation d'accès) pourrait toutefois être envisagée.

La dernière option évoquée consiste à ne pas fermer l'accès au jardin de Ville et de conserver les accès en l'état. Un scénario toutefois peu envisagé à terme par la Ville. Il induirait necessairement un déploiement et un renforcement "de moyens humains et une réaction de la Police nationale que nous ne sommes pas en mesure, nous, Ville de Grenoble, de vous promettre" souligne Jérôme Safar.


Engager une réflexion commune


Depuis deux ans, une réflexion s'est engagée avec les professionnels de la nuit, les Conseils consultatifs de secteur et les associations de riverains pour la rédaction d'une "Charte de la tranquillité publique". A court terme, la ville souhaite que la Préfecture de Police soit signataire de ce document.

La question de l'organisation de l'espace publique est au cœur des préoccupations des habitants du centre-ville.

D'un côté, il faut trouver des parades pour tenter de gêner le moins possible les riverains des alentours. De l'autre, il est nécessaire d'assurer une circulation optimale des habitants pour qu'ils puissent venir consommer, se divertir... et y vivre.

Au delà de cette charte, au delà de la "réactivation en douceur" des Conseils consultatifs de secteur, souhaitons que la Ville de Grenoble puisse prochainement répondre de manière constructive aux préoccupations des habitants et riverains concernés par ces nuisances chroniques en centre-ville.

Quasiment à chaque réunion publique, un habitant signale un sentiment croissant d'insécurité et interpelle les responsables publiques. Parmi les évocations, celles des moyens sur le terrain et la coordination des dispositifs de la Police Nationale et le la Police Municipale.

L'incivilité, l'insécurité ou les nuisances dans leur ensemble, pourraient bien être au cœur des préoccupations des Grenoblois lors des prochaines échéances électorales... au niveau local.

Notes

[1] centre-ville de Grenoble, Notre-Dame, Championnet, Foch, Aigle, Libération, Mutualité, Préfecture, Saint-Laurent, Ile Verte


01

01

2009

Un réveillon du Jour de l'An 2009 plutôt terne et peu animé dans les rues du centre ville de Grenoble.

reveillon grenoble 2009 Pour beaucoup, le réveillon du nouvel An est un moment festif qui se prépare à l'avance. Le temps d'une fin de journée, d'une soirée, d'une nuit, les uns sortent plus tôt du travail, se préparent pour faire la fête, oublient leurs soucis du quotidien, décident de rejoindre des ami(e)s pour partager ce bon moment ensemble.

En ce début d'année, l'occasion est belle pour renoncer à des excès personnels. L'instant est propice pour prendre soi-disant de bonnes résolutions décisions vis à vis d'autrui ou pour soi-même...

...souvent en vain.

D'habitude de mon côté, nous rejoignons des ami(e)s dans une villa ou un appartement en ville. Sinon nous privilégions la montagne et le plaisir de partager cet intervalle festif tant attendu au grand air, dans un chalet.

Exceptionnellement cette année, nous avons décidé de rester en famille à Grenoble pour fêter le réveillon du Jour de l'An 2009. Après la ruée dans les magasins et la volonté de trouver des présents à offrir au meilleur prix sur le Net, après plusieurs repas copieux bien arrosés étalés tout au long de la semaine de Noël dans différentes branches familiales... un peu de repos, de calme et de sérénité ne fait pas de mal.


Ceux qui peuvent "faire la fête" sont nombreux à ne pas la faire


En cette fin de journée du 31 décembre 2008, l'envie d'aller tranquillement au cinéma en début de soirée me gagne. En plus d'aller voir un film, je me fais à l'idée qu'il ne devrait pas y avoir beaucoup de monde en salle. Erreur.

Arrivé au Pathé Chavant à la séance de 20h30, je découvre l'une des grandes salles du complexe entièrement remplie de spectateurs du second au dernier rang.

Nous savons que beaucoup de personnes regardent les programmes de télévision le soir du réveillon. Nous sommes également nombreux à faire la fête... ailleurs. De là imaginer un instant faire la queue au cinéma et se retrouver un instant à chercher en vain une place libre dans la salle pour voir une longue fresque historique australienne [1]jusqu'à 23h30, il y a de quoi être surpris.

En réalité, ceux qui peuvent "faire la fête" sont nombreux à ne pas la faire.


Petit tour dans les rues du centre-ville de Grenoble


Après une séance au cinéma, je décide de rester un petit moment au centre-ville de Grenoble . Dehors, le froid est relatif, la température est raisonnable. Quelques légères gouttes de pluie font leur apparition.

A 23h50, la Place Notre-Dame est pratiquement déserte. Le silence est de rigueur. A minuit pile, les cloches de l'Eglise se mettent à sonner. Par petits groupes isolés, quelques fêtards sortent des bars, s'embrassent en criant "bonne année" à de rares passants avant de se réfugier de nouveau dans les établissements.

Pas de quoi s'exclamer.

Entre cette place et la place Victor Hugo, la plupart des restaurants sont quasiment vides. Les rares clients restent sagement assis à leur table et finissent leur repas dans une indifférence relative.

Pas de quoi relever l'ambiance.

Au Jardin de Ville, quelques petits pétards se font entendre. Place Grenette, une musicienne ouvre la fenêtre d'un appartement et se met à jouer de l'accordéon au premier étage. Une demi-douzaine de personnes se met à danser le temps de traverser la rue piétonne.

Pas de quoi s'enthousiasmer davantage.

A l'opposé de l'immeuble, un balcon s'ouvre et une dizaine de jeunes désirent souhaiter dans la joie une bonne année aux passants. Quelques secondes plus tard, attiré par le bruit, un groupe d'ados plutôt éméchés prend le chemin de la place Grenette et commence par insulter les jeunes du balcon. L'un des membres du groupe se met à lancer violemment une cannette de Coca à quelques centimètres des fenêtres du balcon. Les rares personnes présentent sur la place décident instinctivement de s'écarter et de s'éloigner des ados.

Pas de quoi s'exciter.

Entre la Maison du Tourisme et la place Grenette, deux véhicules de Police circulant à vive allure déboulent subitement devant la fontaine. Une vingtaine d'individus cagoulés, considérés comme suspects par les occupants des véhicules se mettent à courir dans le sens inverse pour leur échapper. A l'extérieur d'une voiture, un agent des forces de l'ordre prend position et tentent de quadriller la zone avec ses collègues.

De quoi s'interroger.

Grande rue, une trentaine de jeune attendent sagement dans le froid et tentent de rentrer au compte-gouttes dans un établissement privé ou une discothèque branchée. A plusieurs reprises durant ma petite promenade, je croise des personnes déjà vues qui s'obstinent à faire le tour des principales artères du centre-ville pour espérer vivre et partager un début de soirée festive. En vain.

De quoi sourire.


Chercher à "vivre quelque chose" sur les pavés, sur le bitume Grenoblois


Passé le cap de minuit, sur les coups de 00h45 ce 1er janvier 2009, le centre-ville de Grenoble paraît inerte, morose, terne et tristounet.

Très peu de personnes dans les rues pour passer la charnière du temps en faisant la fête. Peu de lumières éclairées sur les façades, fenêtres et balcons. Peu de musique ambiante. Peu de voix émergentes à l'horizon. Des restaurants dans lesquels les convives se regardent les uns en face des autres et des passants à l'affût du moindre démarrage festif sur le bitume ou sur les pavés.

L'an prochain, il va de soi que je ne retournerai pas en ville.

Déçu, vraiment déçu par ce que j'ai vu et entendu. A comparer avec d'autres cœurs de ville, je m'attendais à vibrer, à "vivre quelque chose" en plein centre de Grenoble.


Je vous souhaite à toutes et à tous... une belle année 2009 [2] [3].


Notes

[1] Australia, à voir

[2] dans toutes les langues

[3] - Au premier de l'An, fais deux crêpes pour avoir de l'argent - (dicton français)


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