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Mot clé :: [ centre ville ] - Tag associé à 16 billet(s)

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02

05

2008

A Grenoble, les "dégonfleurs anonymes" tentent de rééduquer les possesseurs de véhicule "indécent et énergivore"

grenoble voiture Il y a quelques jours, je rencontrais dans la rue un ami médecin habitant au centre-ville de Grenoble. Ce jeune praticien m'a fait part d'une mésaventure personnelle survenue il y a environ un mois.

Un samedi matin, ce jeune praticien, qui ne dispose pas de garage pour ranger sa voiture, part travailler tôt pour se rendre à son cabinet médical. Il prend son véhicule personnel stationné la veille durant la nuit dans une rue du centre-ville proche de son domicile et prend la route.

Au bout de 300 mètres, le médecin est manifestement obligé de s’arrêter : il sort de l'habitacle et découvre que les deux pneus de son véhicule, situés côté passager, sont dégonflés. Sur le moment, il pense alors à une blague de potaches d'étudiants carabins. Surpris et étonné, il décide d'inspecter minutieusement sa voiture et découvre quelques instants plus tard un tract positionné sous l’essuie-glace avant de son véhicule.


Un tract surprenant apposé sur le véhicule du médecin


Le message qu'il lit sous ses yeux est surprenant, se veut direct et dissuasif. En voici un extrait [1]:

"En ville, les bagnoles (...) Partout, les bagnoles (...) Pour vous déplacer, vous avez choisi un modèle particulièrement indécent et énergivore de véhicule (...) N'avez-vous vraiment pas d'autres moyen de transport ? (...) Nous espérons que ce modeste acte de dégonflage vous laissera le temps de réfléchir aux conséquences de votre choix, sur la vie quotidienne et future de toutes et tous"

Depuis la lecture du message anonyme rédigé en bonne et due forme selon lui par des "adultes bien pensants", le praticien avoue que son étonnement n'est toujours pas retombé.

Ironie de la situation, le médecin venait tout juste la veille d'acheter une Peugeot 407 Break sur laquelle le tract était positionné. Un nouvel achat de véhicule destiné à remplacer sa vieille Renault R21 essence âgée de 17 ans qui consommait et polluait bien plus que le diesel avec pot catalytique de sa nouvelle acquisition automobile. Une R21 qui juste là, n'avait jamais subi de dégonflage intempestif par qui que ce soit depuis ses 13 dernières années de domiciliation en centre-ville.


D'autres véhicules "cossus" également pris pour cible


Ce jour-là, le médecin avoue n'avoir pas constaté de dégonflage sur d'autres vieilles voitures polluantes de la rue. Par ailleurs, il remarque que ces derniers mois, dans les rue du centre-ville de Grenoble, d'autres véhicules ont été la cible de dégonflage : des voitures récentes qui avaient en commun leur aspect "cossu" et plutôt de marque allemande (4x4 ou break). Selon lui, le tort de sa nouvelle 407 Break était sans doute de sortir du garage la veille et donc de briller un peu trop…la nuit.

Etant attendu au cabinet médical et devant l’impossibilité matérielle de changer deux roues dégonflées, le praticien décide de laisser son véhicule au bord du trottoir, non sans avoir mis un peu d’argent pour la collectivité dans l'horodateur. Prévenue de l'incident, son épouse ira jusqu'à renouveler plusieurs fois dans la même journée la durée de stationnement limitée dans la zone à 2 heures.


Un geste "pseudo-rééducateur" qui aurait pu avoir d'autres conséquences


Le médecin sait déjà qu'il est en retard à son cabinet où l'attendent plus d'une dizaine de personnes venues le consulter ce samedi matin. A mains nues, il doit seul transporter un ordinateur portable, un cartable de visite et une mallette imposante contenant des produits médicaux d'urgence. Il décide de prendre le tram : à sa descente, muni de son matériel, il doit encore marcher près d'un kilomètre à pied pour arriver enfin à son cabinet médical... avec plus de 45 mn de retard et 3 patients qui l'attendaient devant la porte de son lieu de travail.

Fort heureusement, le jeune praticien précise que ce jour là, il n'a pas eu à faire de visites à domicile et surtout aucune urgence médicale prioritaire. Il ajoute qu'il aurait pu être de garde la nuit précédente, être dans l'obligation de se déplacer et être dans l’impossibilité de se rendre chez des patients nécessitants une aide en urgence...


Le médecin exprime sa colère et son désarroi


Après avoir exposé les faits et les conditions de sa mésaventure, le médecin me fait part de son opinion par écrit :

"Concernant la pollution en ville, mes enfants respirent l’air du centre-ville, et en supposant que j’aime mes enfants (on pourrait en douter car je roule en voiture "indécente"), je suis bien placé pour être concerné par les problèmes de pollution (...) Ces dégonflages arbitraires ne sont pas dignes de personnes se voulant des citoyens responsables (...) Etre citoyen, c’est aussi respecter ses concitoyens (...) Les solutions collectives se trouvent dans la discussion et non dans des agressions individuelles arbitraires à visée pseudo rééducative, sauf à rester bloqué sur des régimes politiques amateurs de camps de rééducation (...) Malheureusement pour les "rééducateurs dégonfleurs", le choix des véhicules ciblés montre plus la haine du nanti que l’amour de l’air pur (...) Ces actes discréditent les valeurs écologiques qu’elles veulent porter (...) C’est bien dommage car nous avons tous besoin d’air pur".

Il souhaite également s'adresser personnellement aux "rééducateurs dégonfleurs" en leur signalant "Demain, j’irais dégonfler vos pneus pour vous faire réfléchir au tort que vous faites aux valeurs de l’écologie (...) La prochaine fois, pourriez-vous au moins utiliser du papier recyclable pour vos tracts (...) Pourriez-vous aussi me rendre les 2 bouchons des valves des pneus que vous avez conservés ? (...) Je n’ose penser que des "adultes pseudo rééducateurs amis autoproclamés de l’air pur" puissent jeter ce type d’objets sur la voie publique ou alors peut être dans une poubelle "Je trie" !


Agir et revendiquer, plutôt que de communiquer ouvertement


Muni de son matériel professionnel, un médecin est obligé de prendre un véhicule pour se rendre rapidement au chevet d'un patient, pour effectuer des domiciles et répondre aux urgences sur le terrain.

Cette histoire récemment vécue par un ami révèle l'irrésistible besoin de culpabiliser des gens qui ne correspondraient pas au profil d'autres personnes se déclarant plus respectueuses de l'environnement que d'autres.

Une fois encore, une personne est jugée artificiellement pour l'effet qu'elle produit, pour son style et son degré d'apparence au sein de l'espace public. Une fois encore, les plaignants ne cherchent pas à communiquer directement avec elle, préférant s'en prendre au matériel afin de marquer les esprits, préférant user d'une sémantique hasardeuse parfaitement calibrée sur papier pour revendiquer et justifier leur geste. Une fois encore, cette tentative avortée de changement d'un comportement supposé infantilise la personne et ne peut qu'accentuer la recherche de la différence et des antagonismes latents entre les individus.

Notes

[1] tract complet téléchargeable ci-dessous en annexe


29

04

2008

Encore un valideur en panne sur le réseau TAG du SMTC

tag semitag Vendredi 18 avril 2008, 13h.

Je sors d'un rendez-vous professionnel près du Square des Fusillés à Grenoble et m'apprêtes à prendre la direction du centre de Grenoble pour aller déjeuner en ville. Afin de m'y rendre rapidement, je décide naturellement de prendre la ligne du tram A.

A pied, je rejoins l'arrêt le plus proche, Berriat-Le magasin, situé à la fin du Cours Berriat.

Arrivé sur le quai de l'arrêt, je sors de mon portefeuille un ticket à oblitérer contenant 10 voyages [1] me permettant de circuler sur le réseau TAG du SMTC.


Mieux vaut prendre ses précautions avant de voyager sur le réseau TAG


Par précaution, avant d'introduire un ticket à valider pour voyager, je vérifie systématiquement si le "valideur" est en état de fonctionnement. S'il est opérationnel, ce dernier affiche un témoin lumineux de couleur verte. Le cas échéant, le témoin est rouge et signale une panne éventuelle de la machine.

Par expérience, beaucoup ne fonctionnent pas de manière régulière et optimale sur le réseau TAG.

Sur certains arrêts, toutes lignes confondues, il n'est pas rare de constater un dysfonctionnement identique et généralisé sur l'ensemble des valideurs positionnés sur un même quai : témoin lumineux rouge, clignotant, écran de contrôle indiquant des tentatives de "reboot" du système qui les gère... je vous laisse imaginer la situation au moment de monter dans le tram et le discours à tenir face aux contrôleurs.

En tant qu'usager ou "client" du réseau, je ne devrais pas me soucier en permanence d'un éventuel dysfonctionnement d'appareil. Par ailleurs, je me sens systématiquement obligé d'oblitérer un ticket au moment seulement où le tramway arrive : je ne compte plus le nombre de fois où j'ai offert mon voyage à la TAG en raison d'un blocage ou d'un retard du tramway annoncé par haut parleur ou signalé aléatoirement sur les panneaux d'affichage de l'arrêt.


Une nouvelle fois, un valideur "avale" mes tickets de transport TAG


Le tram A arrive. Je choisi de trouver un valideur en état de marche.

J'introduis ma carte contenant 10 voyages. Celle-ci ne ressort pas de la machine. Le valideur TAG émet un bruit inhabituel de dysfonctionnement. Le témoin passe au rouge..., puis au vert... revient sur le rouge... et continu d'alterner sans cesse et en boucle le jeu de lumière. Le valideur cherche à "rebooter" et à se reconnecter en permanence au système principal... sans succès. H.S.

Je viens une nouvelle fois de me faire "avaler" ma carte sur le quai. Quand à la rame du tram, elle part sans moi en direction du centre-ville.

Enervé, je décide d'attendre le prochain tram [2] et de valider après hésitation une seconde fois un titre de transport à partir d'une nouvelle carte de 10 voyages en ma possession. Je me rend immédiatement à l'Office du Tourisme pour déposer une réclamation à l'agence de la TAG.


Une connaissance récurrente et avouée du problème


Arrivé sur place, je commence à exposer oralement la mésaventure. L'hôtesse d'accueil du service coupe mon élan, s'empresse de me tendre un fascicule format papier glacé à remplir et me demande de me mettre de côté pour laisser d'autres usagers venir à leur tour devant le guichet. Etonné par la procédure, j'obtempère et indique clairement par écrit le motif de ma demande de remboursement d'une carte de 10 voyages. Sans oublier d'apporter la preuve du dysfonctionnement précis du valideur par un enregistrement vidéo effectué avec mon Médiaphone.

Repositionné devant le guichet, l'hôtesse prend cette fois-ci le temps de lire ma réclamation et m'indique "Merci Monsieur, normalement c'est bon, nous allons donner suite à votre demande sous 15 jours (...) Vous déclarez avoir filmé l'incident et vous savez, il y en a qui font comme vous depuis un petit moment déjà (...) mais vous savez, je comprends la réaction des gens, nous savons que des valideurs tombent en panne de façon fréquente (...) En tout cas, merci pour le signalement de la panne, je vais alerter le service concerné".

Sur le coup, cette petite "discussion" m'a paru assez hallucinante et décalée : une forme d'autosuffisance maîtrisée dans la gestion de la réclamation, une sensation de connaissance récurrente et avouée du problème... sans la moindre inquiétude.


Une succession de dysfonctionnement, un service clientèle à la hauteur


A peine 7 jours après le dépôt de ma déclaration, je recevais à mon domicile un courrier personnalisé SEMITAG de la Responsable Relations Clientèle de la TAG m'indiquant "Je suis désolée de ce dysfonctionnement, aussi, ai-je le plaisir de vous adresser ci-joint, 6 cartes de 1 voyage correspondant au solde de votre carte".

Par une réponse très rapide, le service administratif de la TAG a pleinement donné satisfaction à l'usager.

Malheureusement, il n'en est pas de même concernant la mise à disposition du matériel pour les usagers du réseau TAG le long des voies du tramway à Grenoble. Le nombre de valideurs en panne est conséquent, trop important. La qualité, la maintenance de ces appareils ou du système qui les gère est à revoir... sous peine d'agacer continuellement d'autres usagers au quotidien.

Notes

[1] par lot de 3, le voyage est à moins de 1 euro

[2] 7 mn d'attente tout de même, un vendredi à 13h22... pas normal !


01

04

2008

Une brigade de choc pour ramasser les déchets

voirie grenoble Il y a quelques temps, je me promenais tranquillement en ville pour aller retirer de l'argent à un distributeur bancaire situé près de la Maison du Tourisme.

Face au distributeur, au moment de finaliser mon retrait, j'observe trois agents des services municipaux de la ville de Grenoble qui passent à faible allure juste derrière mon dos.

Chacun conduit devant lui une poubelle mobile sur roues associée à un équipement dédié pour le ramassage des déchets légers sur la voie publique : papier jeté par terre, bout de carton, canette, morceaux de carton et autres détritus trouvés aux abords des trottoirs, des bacs ou jonchant le sol.


Une brigade "de choc" sur le bitume


Le principe est simple, utile et pratique.

Un agent circule le long des rues avec sa poubelle ambulante et se sert d'une longue pince qu'il articule pour ramasser les objets qu'il trouve le long de son parcours et qu'il récupère dans un sachet poubelle estampillé "Ville de Grenoble".

Intrigué par le comportement des agents, je décide de suivre cette "brigade ambulante" sur quelques centaines de mètres en direction de la Place Victor Hugo.

Ce qui m'a frappé, c'est de constater que cette "brigade de choc" est composée de trois techniciens groupés ensemble pour effectuer une même tache...dans une même direction... sur une même superficie et ce, tout au long du parcours observé.


Une "apparente" inefficacité


On ne peut qu'être étonné de constater l'apparente inefficacité du dispositif observé sur plusieurs longueurs de rue.

Un seul agent effectue réellement le travail de ramassage des déchets sur la voie publique puisque de toute évidence, le premier observateur placé en avant de la brigade à l'opportunité de ramasser les détritus : les deux autres techniciens placés trop proche de lui, n'ont plus grand chose à ramasser et se contentent finalement de jouer les figurants.

Le déploiement séparé des agents, éloignés les uns des autres, de part et d'autre d'une rue, d'un coin de quartier à un autre, permettraient d'optimiser la tache et de récupérer beaucoup plus efficacement un plus grand nombre de déchets sur la voie publique.

J'ose espérer qu'il y a une logique particulière dans ce dispositif rapproché. A ce rythme, nul doute que le sac poubelle des "brigades du bitume" mettra du temps à se remplir.

maj le 02/04/08 : ce billet est un "Poisson d'Avril" : bravo à ceux qui ont découvert la farce. Explication dans un commentaire :-)


21

03

2008

Bienvenue chez les Ch'tis : 4 mn 50 s pour remplir la salle 1 du Pathé Chavant

bienvenue_chtis Il y a quelques jours, sur les conseils avisés d'un voisin, poussé par le fantastique bouche à oreille entretenu, je décide d'aller voir le film "Bienvenue chez les Ch'tis" en milieu de deuxième semaine de sortie nationale au cinéma Pathé Grenoble Chavant.

Persuadé qu'il y aurait plus de monde en première partie de soirée à la séance de 20h, je m'organise pour m'y rendre un demi-heure avant le début de celle de la fin de l'après-midi.

Arrivé au multiplexe Chavant sur les coups de 17h20, je reste bouche bée en voyant une foule compacte faisant la queue entre l'extérieur et les caisses du cinéma afin d'obtenir une place. Fort du succès inattendu de ce film qui, a lui seul, occupe près de 64% du marché des entrées en cette fin de période hivernale, le multiplexe avait choisi de programmer "Bienvenue chez les Ch'tis" à une heure d'intervalle dans ses deux plus grandes salles.


Moins de cinq minutes pour remplir la grande salle du cinéma


Jamais je n'ai vu autant de monde se regrouper durant près de 40mn dans le couloir d'un cinéma, en train d'attendre patiemment l'ouverture des portes de la salle 1.

Jamais je n'ai vu une séance se remplir aussi vite. Jamais je n'ai vu autant de personnes discuter entre elles à voix haute et sans retenue dès l'entrée dans la salle.

Les gens venaient en groupe, accompagnés d'ami(e)s, de leurs enfants. La joie et la détente se lisaient sur les visages avant même le début de la projection. Dès leur entrée, avec entrain, les personnes descendaient et remontaient les rangées et allées dans le but de trouver rapidement un siège.

Comme la vidéo le montre, il a fallu à peine 4mn 50s pour remplir la grande salle du cinéma :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



Comment expliquer un tel engouement pour ce film


"Bienvenue chez les Ch'tis" est un film à part, qui repose sur un mécanisme de scénario et de comédie déjà vu dans le passé mais qui à mon sens, est relativement unique dans les anales du cinéma Français.

En comparaison, des films comme "La grande vadrouille" réussissent toujours à nous faire rire en insistant sur une opposition systématique entre des personnages radicalement différents qui ont chacun la particularité d'être soit méchant, avare, agressif, moqueur d'un côté... et généreux, naïf, stupide, doux ou sensible de l'autre.

"Bienvenue chez les Ch'tis" à la particularité et l'originalité de reposer sur un scénario qui déroge au principe de cette opposition contrastée des personnages. Dans ce film, le scénario est marqué par la grande tendresse, la générosité, l'hospitalité avérée et l'affection des personnages. Chacun est différent, chacun est à sa place, chacun est au même niveau, ce qui confère au film une parfaite régularité dans la progression du scénario ou le jeu des acteurs.

Avec brio, ce film réussi là où d'autres ont échoué. Loin du formatage habituel des gestuels destinées à nous faire rire, on perçoit aisément la double implication et sincérité des acteurs et celle de leur personnage. Le coeur du scénario repose sur une utilisation intelligente de la langue et des traditions, loin de l'exploitation pompeuse des clichés traditionnels marquant chacune des régions Françaises. La particularité de l'accent régional du nord de la France devient l'égale de celui du sud.


Une image contrastée de la France et des Français


"Bienvenue chez les Ch'tis" renvoie une image contrastée de la France.

Derrière le phénoménal succès de ce film à petit budget qui totalise actuellement près de 13 millions d'entrées en trois semaines sur les 18 millions attendues se cache une réflexion qui nous amène à observer la France d'un autre œil.

Une France qui finalement, correspond aux attentes des Français, à la recherche de l'honnêteté, du respect, du partage, de l'amitié et des valeurs perdues au moment où l'on nous annonce dans les sondages que leur moral n'a jamais été aussi bas depuis des décennies...

Une France qui souhaite préserver ses marques, qui se complait dans ses coutumes, qui s'attache à ses habitudes au quotidien tout en entretenant ses particularités...

Une France d'en bas détachée de celle d'en haut et des sphères de sa capitale...

Une France partiellement repliée sur elle-même, qui se réfugie dans ses traditions, qui se plaît à travailler sur le modèle de ses clichés habituels dans le domaine des services publics...

En parallèle, on peut tout de même s'interroger sur la capacité des Français à s'inscrire dans l'engrenage des réformes voulues et engagées par les gouvernements successifs quelque soit leur couleur politique et leur capacité à accepter les changements dont le pays a besoin pour tenter de maintenir son équilibre et préserver son dynamisme.


21

02

2008

A Grenoble, il y a de la place pour tout le monde

grenoble detente Quand on se promène à Grenoble, il ne suffit pas de faire le tour de la ville pour tomber sur quelques habitués bien connus des habitants qui se baladent le plus souvent toute la journée en centre-ville.

Il y a quelques années, nous avions l'habitude de rencontrer sur les pavés Grenoblois le fameux "Charlot", un saltimbanque costumé comme le comédien, qui jouait de la musique avec son instrument et qui prenait l'habitude d'interpeller discrètement les passants pour les amuser. De nos jours, nous avons de passage dans nos ruelles "Kamel", un homme qui se promène régulièrement la journée en ville avec sa petite radio scotchée contre l'oreille et qui passe son temps à discuter avec tous les commerçants qu'il rencontre sur son passage.

Parfois, il suffit de simplement faire un tour dans son quartier pour relever d'autres intentions ou situations cocasses, comme j'aime le faire de temps en temps sur ce blog.


On prend son temps quelque soit le regard des autres


Il y a quelques jours, je me promenais tranquillement en ville lorsque je fus attiré par le regard d'autres passants en direction de la place Notre-Dame.

Intrigué, je décide de me retourner. Et là, je vois un jeune homme d'environ 25 ans, à l'allure d'un étudiant, en train de lire quelque chose de certainement très intéressant, tranquillement et confortablement assis dans un canapé deux places au style "Ikea" au milieu de la place Notre-Dame, juste devant la ligne du tram B [1].

A priori, on ne peut pas dire que le jeune homme profitait d'un long moment de détente en plein soleil : vu l'heure, celui-ci n'était plus au rendez-vous. Je vous laisse également apprécier la température à ce moment de la journée.

Bien entendu et comme à l'accoutumée, aucun passant n'a osé déranger notre jeune homme en pleine concentration... intellectuelle.

A Grenoble, bien que le prix de l'immobilier soit exorbitant, il y a dehors... ...de la place pour tout le monde :-)

Notes

[1] voir ma photo


18

02

2008

La ville de Grenoble chouchoute les seniors et les retraités

seniors grenoble Il y a quelques temps, j'ai reçu un communiqué de presse [1] annonçant la parution d'une enquête révélant la position des politiques municipales des grandes villes à destination des seniors et des retraités.

Dans son numéro de février 2008, le mensuel "Notre temps" a choisi d'effectuer un classement des principales communes de plus de 130 000 habitants "chouchoutant" nos aînés. Le magazine souhaite mesurer l'attention portée au bien-être des retraités par les municipalités en France. Aujourd'hui, un Français sur cinq a plus de 60 ans.

Afin d'en savoir un peu plus sur la manière de conduire cette enquête exclusive autorisée à être relayée dès le 17/02 à 18h, j'ai pris contact avec la rédactrice en chef de ce magazine lu par près de 4 millions de lecteurs.

"Nous avons envoyé un questionnaire très détaillé aux mairies et à leur service de communication (...) On voulait vraiment juger des actions de ces municipalités avec une grande précision sans tenir compte de leur étiquette politique et voir celles qui ont compris les enjeux avec les seniors (...) Mais Je me souviens avoir été étonné du résultat final en voyant Grenoble largement en tête côté transport" souligne Sylvie O'Dy par téléphone.

Ce classement est le résultat d'une enquête menée durant 4 mois auprès de 26 municipalités. Près de 150 questions ont été portées à la connaissance des communes afin qu'elles puissent répondre aux exigences de l'enquête. Au final, sur l'ensemble des villes sollicitées, seules les villes de Marseille et Aix-en-Provence ont refusé de participer à cette confrontation portant sur 70 indicateurs clés répartis en 6 critères.


Au classement général, Grenoble est en troisième position


Première constatation, Grenoble est la plus petite des communes citées dans cette enquête. La ville se place toujours parmi les dix meilleures communes de France sondées et ce, quel que soit le critère fixé.

Au classement général, Grenoble est en troisième position sur le plan national avec un score général de 15/20, juste derrière Strasbourg (15,8) et Dijon (15,5).

Des villes comme Paris en 6ème position,, Montpellier en 9ème place, ou Brest , Le Havre , Nice , Tours et Nîmes sont en dernières places du podium. Dans notre région, Lyon n'est qu'en 11ème position.


Le classement de Grenoble selon les critères retenus


Parmi les 24 communes sondées, Grenoble est sur la première marche du podium concernant les "Déplacements urbains".

Notre Temps souligne que la commune dispose d'une vingtaine de lignes de bus dont quatre de tramway sur une surface d'environ 18 km2. Le mensuel relève notamment les critères de gratuité dans les transports en commun pour les plus de 65 ans selon certaines périodes de la journée et de la semaine, l'adaptation de plus de 60% du réseau aux personnes à mobilité réduite, l'efficacité des transports individuels en direction des retraités, le prix du billet, les 220 km de pistes cyclables de l'agglomération dont 5 km d'aménagements cyclables par km2 concernant la ville de Grenoble...

En matière de "Loisirs et de Culture", Grenoble est classée 4ème, derrière Dijon, Strasbourg et Bordeaux.

En matière de "Santé et Prévention", Grenoble est également en 4ème position, derrière Clermont, Bordeaux et Dijon.

En matière "Action Sociale", Grenoble est en 5ème place derrière Dijon, Strasbourg, Clermont et Paris.

En matière de "Logement", Grenoble n'est que 9ème du classement.

Enfin, concernant le dernier critère de "Volonté municipale", la capitale des Alpes est classée 4ème, derrière Strasbourg, Bordeaux et Paris. Un critère caractéristique du mensuel qui cherche à définir une politique "cohérente (...) et avoir la volonté de l'appliquer". Ce dernier prend note du budget consacré aux seniors, de l'originalité des manifestations proposées et relève les moyens mis à leur disposition pour s'informer ou se renseigner.


Diverses observations


Le premier élément de taille qui ressort de cette enquête est le positionnement des villes de l'est de la France dans le haut du classement, dont Grenoble.

Il est peut être temps de considérer que les villes du Sud et du littoral attirant bon nombre de seniors et retraités notamment en raison d'un climat propice et de l'ensoleillement n'offrent pas plus les mêmes services si souvent habituellement relayés dans nos conversations courantes.

Force est de constater que les villes les plus denses (Grenoble, Paris,..) figurent en bonne place. La concentration des espaces et la proximité des services rapprochent le senior retraité du centre-ville pour des questions de commodités journalières. A Grenoble, le pouvoir d'achat des retraités est plutôt élevé par rapports à d'autres communes de même importances. En aparté, mes grands mère de 82 et 83 ans aiment me rappeler avec bonheur qu'elles se servent régulièrement de leur carte Emeraude pour se déplacer dans l'agglomération de Grenoble.

A en croire le classement des villes "chouchoutant" leurs seniors et retraités, en marge du vieillissement de la population et à la veille des élections municipales de 2008, certaines municipalités n'ont pas encore perçu l'intérêt de "bichonner" une classe d'âge qui représente désormais à elle seule... plus d'1/4 de l'électorat (28%) !

Notes

[1] Depuis fin 2007, GreBlog est désormais listé comme "média" par certains organes professionnels de presse en Rhône Alpes


24

01

2008

La place Sainte-Claire se transforme le dimanche en zone de stationnement

halles grenoble circulation Il y a environ 15 jours, je décide d'aller me promener au centre-ville de Grenoble, du côté de la place Sainte-Claire et de son marché des Halles pour y acheter un demi poulet, quelques fruits et légumes, juste avant de monter en station pour faire du ski en famille.

Arrivé sur place et à pied sur les coups de 9h45 ce dimanche matin, j'entame mes petites emplettes dans l'enceinte du marché des Halles pour nous ravitailler de produits frais. Dehors, la population Grenobloise se réveille à son rythme et arrive petit à petit sur ce lieu convivial [1] pour prendre un café au soleil sur la place, proposer quelques tracts de campagne municipale aux passants ou faire son marché.

Il est environ 10h30 au moment où je termine mes achats. Je sors des Halles Sainte-Claire par la porte principale, face à la ligne du tram B et là, je m'arrête sur l'une des marches du petit escalier.

Immédiatement, je suis stupéfait par ce que je constate sur les lieux : en l'espace de 3/4 d'heure, la douceur de la place Sainte-Claire avait complètement disparu.


Le souk de la place Sainte-Claire


Des véhicules garés de partout et n'importe comment, collés les uns aux autres, stationnant sur les pavés.

Une file entière de voitures formée tout le long de la voie du tram B, empêchant partiellement ce dernier de passer à son allure habituelle et l'obligeant à fortement ralentir. Des 4x4 citadins [2] garés sur les trottoirs devant le bureau de tabac, l'entrée de l'Office du Tourisme ou placés le long de la rue derrière la Poste.

Sur la place et ses proches alentours, la situation décrite n'émpêche pas d'autres véhicules d'arriver le long de la voie du tram A et B derrière l'Office du Tourisme de Grenoble . Une queue formée par le flot de véhicules depuis l'entrée du parking souterrain.

Un vrai bordel.


Analyse de la situation


Si on tente d'analyser la situation, on se rend compte très vite que les habitants viennent en grande majorité stationner temporairement sur la place pour effectuer leurs achats ou se donner tout simplement rendez-vous avec des amis sur la place... au soleil.

Le dimanche matin, la place Sainte-Claire devient une étape, un lieu de passage de convenance qui doit les mener ailleurs ultérieurement. Ce qui permet de penser qu'en ce jour de repos hebdomadaire, le tramway n'est pas le moyen de transport le plus adéquate pour les Grenoblois qui souhaitent rapidement y faire une halte, puis quitter la ville.

Vu le nombre important de véhicules garés, tout porte à croire que ce stationnement sauvage est "quasi toléré" et qu'il n'entraîne aucune gêne particulière pour les conducteurs. Je n'ai pas relevé de contraventions déposées sur les pares-brise des véhicules, ni de contrôle en particulier.

En ville, dans les mentalités urbaines, la voiture reste toujours le moyen de transport privilégié pour aller vite, se rendre rapidement d'un point à un autre et se diriger vers d'autres destinations, notamment lorsqu'il s'agit de quitter sa commune.

Force est de constater qu'il reste encore beaucoup de chose à faire et à proposer aux habitants en matière de transport pour déroger à la situation. Pour le moment, je ne vois pas comment la place peut retrouver sa douceur et son équilibre.

Notes

[1] pour combien de temps ?

[2] voir ma photo


11

01

2008

Les Grenoblois aiment la politique

municipales 2008 grenoble En ce début d'année, le maire de Grenoble et le Conseil municipal présentent leurs meilleurs voeux pour l'année 2008 aux habitants en choisissant de communiquer cette année sur le 40ème anniversaire des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble.

Un choix opportun et un thème de communication qui viennent à point nommé avec les prochaines festivités liées à l'inauguration du Stade des Alpes, juste avant... les municipales 2008. A Grenoble, notamment en centre-ville, les habitants ont eu l'occasion de découvrir cette campagne de communication [1] sur quelques panneaux publicitaires.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que certains habitants en profitent pour s'exprimer sur le sujet et donner leur point de vue en fonction de l'humeur du moment.


Un petit tag au marqueur noir...


Samedi 5 janvier 2007, je décide d'emmener mes enfants au MacDo [2] près de la Fnac. Sur notre parcours, à l'angle de la place Grenette, près des cabines téléphoniques, je découvre un petit message tagué au marqueur noir [3] sur l'un de ces panneaux.

  • "13 ans ça suffit dehors !"

Avec le sourire et un air amusé, je décide de m'approcher du panneau publicitaire.

La réaction des passants est surprenante.

Le simple fait que je reste positionné quelques dizaines de secondes devant le panneau pour prendre une photo a incité des inconnus à m'aborder et à m'indiquer sans gêne leur point de vue sur le message du tag [4].


Une petite discussion à bâton rompu...


En premier lieu, un couple d'une cinquantaine d'années arrive derrière moi, me surprend et me lance sans gêne cette affirmation "Ah ben celui-là... ça fait un moment qu'il est là, hein (...) tous les mêmes de toute façon (...) Nous vous savez, on en a un autre à Eybens qui veut pas laisser sa place à d'autres (...) Baïetto, alors lui par contre vous savez, il s'accroche bien à sa chaise (...) tenez, ma femme peut vous en parler, elle travaille à la mairie...".

Amusé par le discours, je profite de l'occasion pour jouer le jeu et leur poser la question suivante "Alors donc, vous pensez voter pour qui ?" et la réponse ne tarde pas à venir. "Pas pour lui en tout cas, ni pour le jeune gars là, je sais plus comment il s'appelle (...) Chérie, comment il s'appelle déjà celui-là (...) il a un nom à coucher dehors !".

A cet instant et intérieurement, j'étais plié de rire. Au bout du compte, je n'ai pas pu obtenir ma réponse : le couple continuait à dialoguer en se laissant porter par ses affirmations.

Quelques minutes plus tard, toujours en compagnie du couple Grenoblois, un jeune homme élégant et bien habillé passe devant nous, nous entend dialoguer et s'invite carrément dans la discussion, face au tag. "Je vous entend parler (...) Vous verrez, il va repasser sans problème (...) En face, il y a qui ?"

Et c'était reparti...

Chose surprenante, le jeune homme et le couple sont restés sur le trottoir à discuter un bon moment au moment où il me fallait quitter la place car mes enfants s'impatientaient.

J'ai adoré cette situation cocasse.

Quel engouement des Grenoblois pour la politique..!

J'adore !

Notes

[1] M majuscule à maire, à municipal... étonnant

[2] ils me réclamaient un "happy meal"

[3] un de plus...

[4] je suis repassé devant cette semaine, l'affiche a disparu, le tag est toujours présent


07

01

2008

Grenoble Municipales 2008 : Fabien de Sans Nicolas s'adresse aux commerçants Grenoblois

fabien de sans nicolas grenoble Vendredi 4 janvier 2007, je suis allé à la rencontre de Fabien de Sans Nicolas, président du mouvement des jeunes de l'UMP au niveau national, proche et protégé de Nicolas Sarkozy, candidat UMP aux municipales de 2008 à Grenoble.

Le chef de file de la liste "Grenoble, c'est vous !" organisait une réunion publique à l'école Wesford avec les commerçants Grenoblois afin d'échanger et évoquer la situation du commerce à Grenoble.

Sans lecture de note et en toute décontraction, le jeune candidat UMP, entouré notamment de Matthieu Chamussy, Pascale Modelski, Bernard Betto, Hervé Storny et d'autres personnalités, s'est présenté devant une soixantaine de personnes en se prêtant au jeu des questions - réponses ouvertes avec la profession.


Le cercle vertueux transport, tourisme, patrimoine, culture, propreté


En début de séance, FDSN annonce la couleur aux commerçants Grenoblois en matière de transport. "La municipalité actuelle a une approche assez idéologique (...) il fallait opposer les voitures aux transports en commun (...) aujourd'hui, il faut continuer de développer les transports en commun et il faut également augmenter la capacité de stationnement des véhicules en ville (...) Dans certaines parties du centre-ville, c'est 25 à 40% de perte de CA pour certains commerçants (...) Pour la rue de Strasbourg, tous les commerçants me l'ont confirmé, le fait d'avoir déplacé un arrêt de tram a réduit le CA de la rue (...) Il faut une véritable concertation à priori avec les commerçants".

Sur sa lancée, le candidat UMP évoque le tourisme et le manque de lumière. "Le tourisme se porte mal à Grenoble , il n'y a pas que la montagne (...) Le tourisme, c'est aussi la valorisation de notre patrimoine (...) La politique de lumière n'est pas acceptable pour une ville comme la nôtre (...) Les Grenoblois ne prennent plus plaisir".

Un membre de son équipe de campagne glisse une anecdote. "Le 30 décembre, j'étais dans ma voiture et j'écoutais la radio qui annonçait l'arrivée de milliers de vacanciers à Grenoble (...) je suis allé à la gare, il était 18h (...) pas une illumination, pas un arbre de Noël, pas un mot pour accueillir les vacanciers, pas un panneau pour annoncer par exemple l'expo du Musée (...) rien ne les incitent à visiter Grenoble (...) en revanche, il y a une grande banderole à la gare de Grenoble... c'est celle d'IKEA (...) Comment voulez-vous que les touristes aient envie de revenir à Grenoble, je vous le demande".

Certains commerçants interpellent Fabien de Sans Nicolas au sujet de la propreté dans les rues du centre et de certains quartiers. Le candidat déclare "La propreté n'est pas à la hauteur de ce que l'on peut attendre (...) Grenoble est une ville sale, tout le monde le dit (...) Il faudra que cette ville soit exemplaire sur la question de la propreté (...) Il faudra revoir le passage des services". Prenant exemple sur les quais, FDSN ajoute "Le quartier Saint-Laurent est gris (...) il va falloir trouver une vraie cohérence entre les sorties, la voie sur berge, les piétons, les terrasses sur l'extérieur pour faire revenir les gens (...) c'est un quartier historique, il faut le revitaliser car il a complètement été laissé à l'abandon".


L'insécurité à Grenoble


Fabien de Sans Nicolas évoque la difficulté de la municipalité à parler de l'insécurité. "Je pense sincèrement qu'on a une municipalité qui refuse de parler du sujet considérant que ça n'est pas toujours de sa compétence, à tord ou à raison, que c'est de la responsabilité du gouvernement ou des uns des autres (...) Nous proposerons la mise en place de la vidéo protection, sur étude, comme le font beaucoup de maires différents (...) C'est une mesure importante (...) On peut en parler de manière équilibrée".


Dégradation et environnement à Grenoble


Au moment où un certain nombre de commerçants se plaignent des nombreux tags sur leur devanture et en centre-ville, le candidat UMP déclare vouloir créer des "brigades de l'environnement" composées d'une partie de la Police Municipale pour effectuer des vérifications (notamment pollution sonore), et d'une partie du personnel communal affrétée au nettoyage. Il souhaite que des conventions avec les co-propriétés puissent être signées afin que la mairie puisse intervenir directement dans certains lieux privés.


L'administration et le "temps réel" des Grenoblois


Fabien de Sans Nicolas est favorable à l'ouverture des services de la mairie à des heures convenables "Les services doivent être ouverts à ceux qui commencent tôt ou qui travaillent tard et qui ont besoin de s'y rendre (...) le temps réel des Grenoblois n'est pas celui de l'administration (...) Il faut trouver des moyens de convenance et être en capacité de leur répondre, au moins une fois par semaine si nécessaire".

En fin de séance, d'autres personnalités témoignent et apportent leurs contributions au débat. Un premier intervenant déclare "A Grenoble, quand on parle Culture, on parle MC2 et on oublie le reste (...) mais comment faire venir et revenir les gens ?" Un autre signale que la capacité hôtelière à Grenoble est insuffisante, que le Palais des Congrès est obsolète et que la ville ne répond plus au tourisme d'affaires [1].


Hors réunion, Fabien de Sans Nicolas m'informe que son équipe a pris soin de préparer sa campagne durant les dernières semaines de 2007 afin de se lancer activement dans la bataille : nouvelle permanence, nouveaux noms de domaines et site web, tracts, cartons, flyers, lettres aux grenoblois... Pas moins de deux ou trois réunions par semaine avec les habitants sont planifiées dans l'agenda du candidat jusqu'à l'échéance.

Le candidat UMP pour les municipales 2008 à Grenoble me signale également qu'il présentera le 14 janvier 2007 sa liste de campagne "Grenoble c'est vous !".

Notes

[1] 100 000 congressistes par an à Grenoble, 1.1 million à Lille


04

01

2008

Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige

luxe grenoble Entre Noël et le jour de l'An, je me suis fais accoster en ville, juste en sortant de la Fnac, par un couple d'allemand d'une soixantaine d'années très certainement en vacances d'hiver dans notre région, tout a fait charmant, à l'allure svelte et bronzée.

Habillée d'un beau manteau de fourrure pour Madame, d'une belle parka de marque pour Monsieur, nous entamons une petite discussion en Anglais. Avec le sourire d'une première rencontre, ce dernier me demande "...Ja ... please, where can i find ... a ... Gucci store... you know ?... here... Grenoble". N'ayant pas immédiatement saisi la prononciation de la marque de luxe sur le moment, je lui signale qu'à ma connaissance, il n'en existe pas dans les alentours et lui propose alors de se rendre aux Galeries Lafayette un peu plus loin. L'homme me répond "Nein (...) no... not good !" en grimaçant. Légèrement embarrassé, le couple me remercie avec le sourire, et passe son chemin.

Au fond, cet épisode est assez intéressant et instructif en la matière. En cette période de fin d'année, cette recherche d'une boutique de luxe ne m'a pas étonné.


Marque de luxe, marque de prestige


A mon sens, une marque de luxe se définie comme la marque d'une création dont la genèse fait référence à l'art ou l'artisanat, au sur-mesure. Souvent difficile d'accès, réservée à une clientèle bien déterminée, une marque de luxe tend vers la notion d'unicité. Loin des grandes multinationales et d'une production destinée au grand public, il semble que la marque de luxe soit destinée à être distribuée en petite quantité pour en augmenter la rareté. En d'autre terme, un produit de marque de luxe peut apparaître inutile, confidentiel ou très personnel.

Contrairement au luxe, la marque de prestige est destinée au plus grand nombre. Son territoire de conception et de production compte beaucoup pour celui qui la revendique. La marque de prestige est plus importante que le produit en lui-même. Celui qui la porte ou l'obtient s'identifie à elle, tout en cherchant à véhiculer un code social permettant d'affirmer vis à vis d'autrui son appartenance à un groupe ou à une entité. Au final, du fait qu'il soit souvent produit en grande quantité, un objet de marque de prestige nous apparaît très utile, peu confidentiel et peu personnel.


Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige


Nous savons que différents styles d'enseignes et de magasins se côtoient à Grenoble, notamment en centre-ville. Mais quand on observe à la loupe l'éventail des choix de produits en vente proposés par les commerçants, on s'aperçoit très vite que Grenoble, à l'instar d'autres grandes villes de province, dispose de très peu d'enseignes de marques de luxe... ou de prestige.

Pourtant, la Capitale des Alpes, 12ème agglomération de France et son aire urbain de 553 000 habitants, au carrefour de l'Italie , de la Suisse , 2ème agglomération en Rhône-Alpes est censée être bien placée et positionnée pour répondre... aux besoins de ce genre de clientèle. Sans compter l'attirance de Grenoble pour ses nombreux pôles d'innovations et technologiques, son bien-être et son style de vie qui permettent d'attirer chaque année de hauts cadres ou d'ingénieurs, révélant parfois une clientèle huppée qui cherche à parâitre et à se distinguer du grand public...

Force est de constater que les commerçants installés à Grenoblois proposent des produits de marques de luxe ou de prestige dans de nombreux points de vente mais que le nombre d'enseignes ou de boutiques estampillées d'une seule marque est ridicule, voire... rédhibitoire.

Boutique "Hugo Boss" (prestige - 5 place Victor Hugo), "Chevignon" (prestige - 1, rue de Bonne), "Lacoste" [1] (luxe - 2 place Léon Martin)... Quick Silver (prestige - 2 rue millet), Cinna, Roche-Bobois, Aigle... ...mais encore ?

ll suffit de demander aux Grenoblois s'ils arrivent facilement à identifier sur le vif d'autres enseignes à part entière sur Grenoble (des "stores", et non des points de vente ou distributeurs) dont la marque est mondialement connue... A l'évidence, l'identification n'est pas si aisée en ville.

Boutiques "Store"... Nike, Addidas, Nokia Care, Dior, Kenzo, Louis Vuitton, Tag Heuer, Mugler, Sisley, Rabanne, Mont Blanc, Tissot, Audemars, YSL, Mazet, Bretz, Bose, Dupond, Chanel, Gaultier, Valentino, Killy, ...

...absentes, pour la plupart, de Grenoble.


Chercher des réponses


Alors pourquoi Grenoble, - ou la ville de Grenoble - n'attire pas ces "stores" ?

Grenoble ne serait-elle pas tout simplement mal desservie en la matière, coincée entre Lyon, Montpellier, Nice, Cannes ou Annecy ? Serait-elle victime de sa proximité avec ces communes ? Et pourtant, toutes ces villes on une ou plusieurs rues accueillant principalement des boutiques de luxe et de prestige et il suffit parfois qu'une ou deux s'installent pour que d'autres s'y collent après quelques années.

Loin de penser à l'étroitesse du centre-ville, Grenoble ne dispose d'aucun "quartier chic commerçant" regroupant des boutiques de luxe et/ou de prestige. Sur une autre grille de lecture, des villes comme Romans (38) ont su donner un crédit supplémentaire ou complémentaire à leur territoire en choisissant d'accueillir il y a quelques années le concept "Marques Avenue". On peut aller jusqu'à se demander si Grenoble "dispose" des bonnes CSP [2] prêtes à dépenser leur argent dans ces boutiques.

Dans un autre registre, plus aucun Grenoblois ne monte à Lyon pour acheter ses meubles chez Ikea et la présence manifeste et accrue de boutiques de luxe et de prestige à Grenoble confèrerait à la ville une image supplémentaire qui irait de paire avec son dynamisme économique, au moment ou celle-ci est soucieuse de jouer depuis des années et avec justesse, la carte de la mixité sociale, du commerce, des activités et de l'habitat.

Il faut un peu de tout, pour faire un monde...

Notes

[1] photo : lacoste.com

[2] catégories sociaux professionnelles


27

12

2007

Mieux vaut écouter de la musique avec son baladeur numérique dans le tram

tram grenoble Pour de nombreuses personnes, le passage régulier du tramway produit de nombreuses nuisances récurrentes à Grenoble , au quotidien.

En centre-ville, de nombreux habitants font régulièrement part de leur mécontentement et se regroupent en collectif.

Il y a un an, je relevais dans un billet quelques plaintes et désagréments pour pollution sonore au coeur de la ville et le jeu de Ping Pong qui s'opérait entre les collectivités concernées.


Nuisances sonores en extérieur


Certains trams A et B arrivent à produire une nuisance sonore proche de 75 décibels lorsque certaines rames de première génération circulent sur des portions de voies courbées. Fort grincement aigu des roues au contact de la voie, augmentation régulière des "gongs" destinés à avertir les piétons peu attentifs aux passages du tram...

Certains bâtiments ont le plancher et les murs qui vibrent en moyenne toutes les 6 minutes. La vibration est d'autant plus forte lorsque deux tramways se croisent. On peut aisément s'en rendre compte lorsqu'on se rend au marché des Halles, dans le hall de la Maison du Tourisme ou que l'on assiste à une réunion dans son auditorium.


Nuisances sonores en intérieur


Mais depuis quelques mois, je constate régulièrement une augmentation du niveau sonore à l'intérieur des rames.

A commencer par le volume trop élevé du "gong" et de la voix féminine annonçant en moyenne toutes les 30 secondes le nom du prochain arrêt et la liste des numéros de lignes connexes. Ajoutons également le fameux grincement récurrent des roues au contact de la voie qui s'entend bien évidemment à l'intérieur des compartiments.

Sans oublier de mentionner l'extraordinaire cacophonie ambiante [1] produite par le "pliage des accordéons" reliant deux rames et dont le volume sonore est tellement élevé et stressant qu'on a qu'une envie,... c'est de descendre du tram.

La semaine dernière, je n'ai pas pu m'empêcher d'enregistrer ce "Concerto strident en Si aigu pour deux rames" (monter le son).

C'est carrément... insupportable :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Désormais, quit à m'isoler, [2] je prends le tram en écoutant de la musique avec mon IPOD ou mon N95. A Paris, la régularité du niveau sonore produit par le Métro ou le RER permet de lire un livre ou un journal.

A Grenoble, dans le tram, je n'y arrive pas.

Notes

[1] certainement

[2] on ne peut pas dire que la discussion soit de rigueur dans le tram


13

12

2007

Une Lamborghini devant le marché de Noël à Grenoble : le ridicule ne tue pas

lamborghini grenoble Grenoble n'est pas Paris. Grenoble n'est pas Cannes, Monaco ou Monté-Carlo.

Pourtant, il faut bien l'admettre, Grenoble n'est pas une ville où l'on écoute régulièrement le ronronnement de belles voitures de marque, aux formes allongées, épurées... mais plutôt une commune où l'on croise allégrement de charmants 4x4 descendant des premières hauteurs de l'agglomération.

Mercredi 12 décembre 2007, je sors de la Fnac avec mes enfants et m'apprête à longer la voie du tram en direction de la Maison du tourisme. Mon fils aîné me fait remarquer, dans le verbe "Dis papa, regarde là bas, on dirait une Lamborghini comme celle que tu m'as offert(e) dans ma chambre à mon anniversaire (...) t'as vu papa, c'est la même (...) allez papa, viens, on va la voir là bas... allez, s'il te plaît..!".


Apprivoiser temporairement une parcelle du territoire


En dehors de la perspicacité juvénile et visuelle de mon fils [1], la première chose qui m'a attirée n'est pas le stationnement de cette Lamborghini au profil distingué [2] mais l'attroupement humain suscité par la belle.

Force est de constater que ce genre de modèle attire toujours l'attention des passants, d'autant plus facilement lorsque son heureux propriétaire décide de la stationner au beau milieu d'un passage piétions, sur une place piétonne, à l'entrée du marché de Noël, à deux pas des commerçants, juste devant de gros containers à poubelle.

Quand on sait que la plupart du temps, son heureux conducteur n'a que faire des éventuelles contraventions.

Je suis fasciné [3] par cette détermination qui consiste à exposer une voiture de luxe dans une zone non prévue à cet effet devant des passants qui ne pourront certainement jamais se payer ce genre de véhicule haut de gamme.

J'adore cette exubérance, ce décalage et cette volonté d'apprivoiser temporairement une parcelle du territoire public. J'adore ce côté "has been". J'adore cette projection naïve et cette manière de paraître, de s'afficher devant le plus grand nombre. J'ai toujours apprécié une part infime d'égocentrisme quand il mène à construire quelque chose. Là, je ne vois pas grand chose qui aille dans ce sens.

Je suis fasciné par le ridicule. Pourtant, le ridicule ne tue pas. L'excès... oui, parfois.

Notes

[1] ses récentes lunettes fonCtionnent à merveille à ce que je vois :-)

[2] ma photo

[3] avec ironie :-)


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