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05

2009

Grenoble, itinéraire cyclable, voie verte et entretien des berges du Drac et de l'Isère : mieux vaut circuler sans regarder les alentours

grenoble drac Avec les beaux jours du printemps et le retour quasi permanent de la chaleur, du soleil, il est agréable de ressortir les vélos d'été pour se promener, se détendre et circuler en famille les jours de congés sur les nombreux itinéraires et aménagements cyclables de l'agglomération Grenobloise.

Il est coutume de dire que Grenoble est la grande ville la plus plate de France.

Les occasions de se déplacer en vélo ne manquent pas.

Reconnaissons-le. Le vélo est un mode de déplacement agréable, pratique, économique [1], non polluant, silencieux, plutôt rapide en ville... même si nous ne sommes toujours pas prêts à le prendre lorsqu'il s'agit de le combiner sans réfléchir avec d'autres transports en commun [2].


Un réseau cyclable à la fois dense, ouvert et étendu


Le réseau cyclable de l'agglomération Grenobloise est à la fois dense, ouvert et étendu. En mode "cycle", le "quadrillage" de pistes cyclables de la Ville de Grenoble est impressionnant [3].

Il atteint près de 300 km de voiries aménagées pour les cyclistes, parfois même autorisé pour la pratique du roller ou de la course à pied. Plus de 1500 panneaux de balisage et de signalisation [4] leur permettent de s'orienter en bordure des 450 intersections de voies.

La communauté d'agglomération (Grenoble Alpes Métropole - la Métro), le Conseil général de l'Isère (CG38) et les mairies s'occupent des aménagements.

Globalement, la Métro assure la promotion de l'intermodalité et des modes de transports alternatifs. Elle veille à la sécurité des cyclistes, soutient les communes dans le cadre d'aménagements dédiés tout en assurant la continuité des itinéraires.

Les communes prennent principalement en charge l'aménagement et l'entretien de la voirie et des aménagements cyclables sur leurs secteurs.

Quant au Conseil général de l'Isère, il s'occupe généralement de l'entretien et des aménagements des "voies vertes" des berges de l'Isère, du Drac, et des voies départementales.


Est et Ouest


Promenez-vous en vélo sur les pistes et voies vertes au Nord-est de Grenoble, du côté de Meylan, Domène, Murianette... en direction de Chambery (52km !).

Vous découvrirez un espace d'itinéraires bien aménagés, agréables à emprunter, souvent en forets. Le genre d'endroit qui vous donne l'occasion de sentir quelques odeurs parfumées, de relever la tête du guidon et d'observer de près comme de loin la nature... en toute tranquillité.

Maintenant, promenez-vous en vélo sur la voie verte qui longe le Drac et rejoint l'Isère en direction de Noyarey puis Veurey-Voroize .

Vous découvrirez un spectacle différent, loin de l'image et du portrait idyllique précédent.

Bienvenue dans la jungle industrielle représentative de nos excès, dans un show-room de matières "durables" encastrées, laissées sur place, à l'abandon.


Un formidable spectacle naturel gratuit pour tous


Embarquez pour une aventure "extraordinaire" le long du Drac et de l'Isère.

En premier lieu, découvrez sur votre droite en contrebas de la piste cyclable, une très belle Peugeot 205 blanche défoncée, sans vie, sans vitre, calcinée de l'intérieur, en train de prendre son bain printanier. A l'avant, son toit ouvrant et son tableau de bord brulé vous donne envie de la repêcher. A l'arrière, ses phares cassés et sa bouteille de Cola vous enivrent d'une sensation jusque là débordante et insoupçonnée...

En amont, à quelques mètres du véhicule, observez le cercle de cendres et appréciez la délicatesse avec laquelle des individus ont mis le feu au véhicule avant de le glisser dans la rivière puisqu'il faut bien l'éteindre avec de l'eau pour prolonger le plaisir...

grenoble decharge Plus loin, visitez une décharge improvisée à 90 cm du courant de la rivière. Sa belle robe noire couleur de braises entourée de bidons en plastique partiellement carbonisés, ses sacs poubelles éventrés et ses bouts de ferrailles vous donne envie de vous arrêter pour pique-niquer. La vue est superbe. Vous êtes naturellement saisis par le charme des lieux...

Après une petite collation, vous reprenez votre cycle et trouvez plus au Nord près du pont une magnifique télévision désossée posée par terre qui attend de pouvoir à son tour prendre son bain mensuel. Pour cela, elle attend que la hauteur d'eau de l'Isère s'élève pour la recouvrir entièrement. Patience... avec la fin de la fonte des neiges, elle va pouvoir de nouveau faire trempette et libérer un peu de sa substance...

Sur votre chemin, vous trouverez une belle petite affiche placardée sur quelques troncs d'arbre le long de votre parcours "industriel" initiatique. Un propriétaire recherche sa chienne à Sassenage depuis le 21/02/2009. Il est vrai que la photo couleur de l'animal vous invite à la retrouver. Un mignon petit foulard autour du cou de l'animal, le regard si juvénile et apeuré. Veuillez donc contactez le 06.76.xx.xx ou le 06.31.xx.xx si vous la voyez naturellement... sur votre route.

Avant de rebrousser chemin, rendez-vous au niveau des câbles permettant la circulation aérienne des petites bennes remplies de matériaux [5] qui traversent l'Isère. Vous aurez l'occasion de vous éblouir devant des panneaux illisibles entièrement recouverts de magnifiques signatures graphiques et autres graffitis en tous genres. Bien évidemment, c'est de l'art urbain, du "Street art" pour les cyclistes amoureux de la nature authentique, vous comprenez...

Je préfère m'arrêter là.


La métro, le CG38, les communes avoisinantes ?


Il a été maintes fois démontré que lorsqu'un individu commence à déposer des ordures, des matériaux ou du matériel dans des lieux non prévus à cet effet, d'autres ont parfois tendance à multiplier le geste sur place ou dans les environs. C'est la politique du mouton... et nous en sommes.

Au delà de cette règle humaine absurde, on est en droit de se demander qui s'occupe réellement de l'entretien de ces "voies vertes" le long du Drac et de l'Isère. Chaque collectivité concernée est censée assurer un "type d'entretien spécifique" sur ce territoire aménagé.

Au moment où la Fédération Française des Usagers de la Bicyclette (FUBICY) attribue le "Guidon d'or 2009" à la Ville de Grenoble notamment pour la généralisation des double-sens cyclables, on est en droit de s'intérroger sur l'entretien de certaines "voies vertes".

Pour l'heure, ça fait des mois... des années que les cyclistes, rollers et coureurs assistent à ce magnifique spectacle désopilant sur les berges.

C'est tout simplement... lamentable !

Notes

[1] sauf le prix d'un vélo : toujours aussi cher à l'achat...

[2] déplacements, transports, stationnements sous conditions...

[3] se procurer le plan jaune-vert auprès de la Métro

[4] panneaux verts

[5] gravat, ciment..?


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04

2009

Il commence par un H, ne remplit plus sa fonction et mouline dans le vent

grenoble Petit article informel et anodin après quelques jours de repos.

Quand on traverse Grenoble pour se rendre d'un point à un autre de la ville, que l'on soit à pied, en vélo, que l'on emprunte les transports en commun ou que l'on prenne son véhicule personnel pour se déplacer, il n'est pas rare de rencontrer quelques difficultés... toujours au moment où on ne s'y attend pas.

Quoi de plus énervant lorsque nous devons impérativement être à l'heure et nous rendre à un rendez-vous important ou privilégié.

Quoi de plus agaçant lorsque nous devons faire face à un choix imprévu et que le doute s'installe un court instant au plus mauvais moment, lorsque nous sommes pressés... justement par le temps.


Le temps, c'est de l'argent


Un peu de rhétorique.

Comme chacun le sait, le temps, c'est de l'argent... [1] notamment pour certaines collectivités.

Face à cette hypothétique forme de péréquation, je vous propose d'écouter et de visionner cette courte vidéo [2] qui vous fera comprendre pourquoi nous devons parfois faire des choix, remettre en cause sur l'instant notre bonne éducation volonté citoyenne et s'affranchir de certaines règles de bonne conduite en collectivité sur le bitume.


Qui est H ?


Machine à coudre ou métier à tisser automatisé ? Roulement à billes défectueux ou anneaux de balançoire rouillés ? Unité de compostage à la Poste ou rotative d'un grand quotidien régional ? Vieille poussette déglinguée ou vieux pressoir pour fruits et légumes ? Endosquelette en métal ou Terminator à la dérive ?

Non.

Mr H n'assure plus sa fonction régalienne quotidienne. Par contre, il bronze tranquillement et recharge ses batteries sous un beau soleil en milieu de matinée.

Le 10/03/09 à 10h06, au coin de la rue Barral à Grenoble :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Exceptionnellement, celui-ci n'a pas été nourri par les petites galettes rondes de mon porte-monnaie. Ni ses petits camarades en faction de couleur gris se tenant droit, le torse bombé... gentiment positionnés dans les alentours.

Par moment... nous avons tous l'heure, mais nous n'avons pas le temps.

"Qui a le temps et attend le temps perds son temps" [3]

Notes

[1] Benjamin Franklin

[2] tournée après la sortie de mon rendez-vous

[3] William Camden


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12

2008

Réunion de concertation du Conseil Général de l'Isère à Grenoble sur le projet de Rocade Nord : principaux arguments

rocade nord grenoble Article maj le 16/12/08 [1].

Jeudi 11 décembre 2008, le Conseil Général de l’Isère (CG38) organisait à Grenoble une réunion publique dans le cadre de la concertation préalable engagée depuis de 15 novembre. Une étape transitoire du projet non définitif au cours de laquelle habitants et porteurs du dossier concernés peuvent s'exprimer et ce, jusqu'au 15 janvier 2009 [2].

Face au public, quatre principaux orateurs venus porter le projet de Rocade Nord : Marc Baïetto, Vice-président chargé de l'aménagement et de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements. Alain Mistral, Vice-président chargé de l'administration générale et des finances. Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au département et Pascal Raoult, Ingénieur.

Dans la salle, de nombreuses associations particulièrement opposées au projet font entendre leur voix au cours du débat. D'autres personnalités sont là. Notons la présence des Conseillers généraux Jacques Chiron, Christine Crifo, Olivier Bertrand et Roger Pellat-Finet ainsi que Jean Cognet, porteur du tracé "Cognet" (voir l'interview).


Le public n'est pas au rendez-vous


Contrairement à l'an passé, le public ne s'est pas déplacé en masse au CRDP. A peine une centaine de personnes dans la salle et de nombreux sièges vides. Un nombre sensiblement identique à celui constaté lors de la réunion du collectif CAIRN [3] à Grenoble il y a quelques jours (lire mon article).

Le dossier reste sensible. Le cadre est fixé en introduction. "Ce projet suscite beaucoup d'intérêts et de points de vue passionnés (...) Je vous demande de respecter la parole d’autrui et de respecter les règles [4] (...) J'espère que vous donnerez une certaine dignité à ce débat" souligne le modérateur de la soirée. Ce dernier fait également part de son étonnement en constatant le peu de personnes présentes.

Durant une trentaine de minutes, les principaux porteurs du projet exposent au public les différentes étapes du projet et leur positionnement en s'appuyant à la fois sur des études et des constatations. Juste avant de débattre, les habitants sont invités à suivre la projection du film [5] (visible ici) commandité par le CG38 présentant une modélisation (images de synthèse) du projet de Rocade Nord.


Les arguments des porteurs du projet de Rocade Nord


"On n'est pas au ordre de la Chambre de commerce (...) Ce projet va libérer du foncier (...) Cette rocade s’inscrit bien dans un cadre, celui du développement des transports publics financés à 80% par l’activité économique de la région" explique dans un premier temps Marc Baïetto.

Max Lambert est chargé de présenter rapidement les différentes familles de tracés "éloignés" (ex : le tracé Cognet) et "rapprochés" (ex : le projet initial de la DDE et... celui du CG38). Son exposé s'appuie notamment sur les conditions techniques de réalisation, la requalification des secteurs urbains, la qualité de l’air. Bien entendu, l'objectif est de focaliser l'attention du public sur le tracé "rapproché" proposé par le CG38 [6], maître d’œuvre du projet de Rocade Nord.

Pour les porteurs du projet, il s’agit je cite... de "mieux desservir l’Agglomération Grenobloise, d’apporter une réponse adaptée aux besoins des Isérois, de réduire le trafic sur les grandes voies urbaines, de limiter l’impact en surface des ouvrages" avec une volonté "d'interdire la circulation des poids lourds".

Pour le Chef de projet Rocade Nord, "Rien n'est arrêté pour le moment (...) Nous réfléchissons à la requalification des échangeurs et diffuseurs (...) La rocade doit contribuer au développement durable du territoire (...) Il sera possible de faire du paysager, du mode doux, de reconquérir des espaces naturelles, de réduire la pollution en diminuant les déplacements dans l’Agglomération (...) Une route intelligente sur laquelle des informations pertinentes de circulation seront proposées aux automobilistes".


Les arguments des collectifs et associations


Le public est invité à débattre. La règle conduit les associations à s'exprimer durant 15 mn.

"Le Conseil Général vient de vous présenter un très joli film de science-fiction (...) Nous aurions bien aimé vous présenter un dossier alternatif mais hélas, il en a décidé autrement" souligne Philippe Zannola de l'ADTC. Applaudissement dans la salle.

L'ADES pose une question : "Dans le dossier de concertation, il manque pas mal de données économiques et financières (...) On voudrait avoir une confirmation sur les chiffres du coût d'exploitation annuelle de 4M€ et du coût des recettes de péage de 15 M€" [7].

Le collectif RESPIRON s'interroge : "Je ne vois pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes des bouchons endémiques sur Crolles et Voreppe (...) Je me demande aussi qui, en 2014, va bien pouvoir prendre cette rocade nord ?". Son représentant évoque une phrase qu'aurait mentionnée André Vallini dans un journal. "Le 11 janvier 2008 dans Les Affiches de Grenoble, le Président Vallini m'a donné une réponse, je cite le Président Vallini... nous faisons la Rocade Nord pour les VRP, les commerçants et les artisans, pas pour les salariés qui peuvent prendre le bus" [8].

Marc Baïetto choisi de ne pas rentrer dans le "jeu" des petites phrases et préfère effectuer une mise au point.

"Je n’ai jamais dit que directement la rocade réduirait les bouchons, par contre nous ne les réduirons pas si nous ne faisons pas la rocade (...) Aujourd’hui, on a à traiter une ville qui ne peut fonctionner qu'en s’appuyant sur des moyens de mobilité individuel, qu’on a laisser se vautrer dans l'espace qui est autour de la ville-centre (...) La première chose que nous avons à faire, c'est de densifier la ville, construire des logements (...) Et je le redis, le SMTC, le Département, la Métro peuvent financer de l’investissement mais le problème majeur que nous avons, c'est du fonctionnement (...) Quand vous prenez les transports en commun, nous finançons 17% du coût, ça veut dire qu'il faut trouver 83% ailleurs (...) Le principal usage premier attendu de la Rocade, c'est l'usage économique".


Les arguments du public


Une habitante estime que la voiture doit faire partie du passé. "J’ai 4 enfants, j’ai réussi à abandonner la voiture, nous nous déplaçons en vélo, en bus et je pense que nous avons encore des progrès à faire dans ce sens, inventons un monde nouveau".

Une autre personne souligne l'énorme travail réalisé par les acteurs du projet mais pense que ce dernier arrive un peu trop tard. "Pour moi ce qui ne va pas, c'est qu'on mette des voitures dans cette rocade (...) Il faudrait que ce projet soit recyclable pour y mettre plus tard des trains (...) Faites les tailles des tunnels pour qu'ils soient utilisables plus tard, voyez plus loin que le bout de votre pare-choc".

Autre intervention d'un participant "Ce projet est mal ficelé (...) Un tunnel, c’est fait pour absorber tous les trafics (...) Grenoble a fait tomber son autopont, on va pas refaire un méga viaduc à La Casamaure".

Une habitante s'appuie sur le Grenelle de l'environnement pour justifier ses propos: "Avec le Grenelle, on nous rabâche qu'il faut réduire la voiture et la pollution et là, on développe plus de route (...) En terme de message et de sensibilisation de la population, c'est un petit peu compliqué à comprendre".

Bruno Ferrand, membre du CCS3 [9] de Grenoble, exprime son opposition à l'élargissement et au passage deux fois trois voies de l'A480 et à tout aménagement qui conduirait à une augmentation de la circulation, de la pollution et du bruit. Il évoque le concept "d'autoroute apaisée" à expérimenter : limitation de vitesse à 70km/h de jours comme de nuit.

A l'opposé, une participante estime que la Rocade Nord aurait du voir le jour depuis longtemps et que cette infrastructure est un bon projet pour l'avenir.


L'argumentation des porteurs du projet de Rocade Nord a peu évolué. L'orientation est la même. L'objectif est d'agir. Les réponses sont toutes prêtes. Le ton reste déterminé.

Par ailleurs, les remarques des habitants évoluent également. Au delà des interprétations et justifications de chacun, on a le sentiment que beaucoup ont compris que ce projet de Rocade Nord poursuit sa route et devrait aller à son terme.

Désormais, beaucoup s'interrogent sur la qualification et l'usage du futur contournement routier. Et parmi les principales préoccupations soulevées... la durée de vie de la Rocade Nord.

Notes

[1] ajout d'une remarque sur l'A480

[2] à propos de la consultation

[3] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[4] cadrées, plutôt strictes et formelles...

[5] deux habitants baillent au moment où on rallume la salle après projection

[6] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[7] mentionnés dans le rapport d'expertise Hersant, lire ici

[8] propos à confirmer

[9] CCS gelés, en hibernation pour le moment...


04

12

2008

Certains élus commencent à soulever des inquiétudes sur le projet de Rocade Nord

rocade nord grenobleLe projet de Rocade Nord n'en fini pas de faire parler de lui.

Depuis la consultation publique organisée mi-2007 par le Conseil Général de l'Isère (CG38), maître d'ouvrage du projet d'infrastructure routière, de nouvelles données, études et analyses sont venues "étoffer" le dossier sensible de la Rocade Nord.

Depuis une année, de nouvelles informations complémentaires viennent préciser officiellement et officieusement le cadre et les perspectives du projet : nouvelles expertises à l'appui, nouvelles prospectives et estimations financières.

Sur ce dernier point, il semblerait que certains élus commencent à retourner leur veste.


La Rocade Nord, depuis un an


A commencer en octobre 2007 par la publication et la diffusion du vrai rapport de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) quelques semaines seulement après la consultation publique. Le document initial contenait des informations sensibles sur la modélisation du trafic. En l'occurrence, des données sur les conséquences d'une prépondérance et d'une attractivité de la voiture dans les déplacements aux dépens des transports collectifs.

En février 2008, pour le compte de la Société Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) en charge de la définition du PDU 2007-2012 (dont la délibération a été annulée le mois dernier), l'AURG a réalisé une étude prospective permettant d'évaluer l'impact du projet de Rocade Nord d'ici 2025. Un rapport très intéressant modélisant différents scénarios sur le trafic, la population et l'usage des transports... avec et sans Rocade Nord.

En juin 2008, suite à un appel d'offre, le CG38 demande à un bureau d'étude indépendant (SECAD, Amiens) d'apprécier les impacts d'un scénario alternatif de déplacements dans la région Grenobloise... en tenant compte de l'existence de la Rocade. Dans sa conclusion, le rapport souligne que "le projet global de déplacement fondé sur la réalisation de la Rocade Nord" (...) nous apparaît favorable au développement d'une mobilité durable dans ses 3 facettes - économique, sociale et environnementale - de l'agglomération Grenobloise".

En octobre 2008, estimant que le chiffrage du coût actuel annoncé n'a pas été pleinement étudié, l'Observatoire des Finances et Politiques Publiques (OFIPOPU) décide d'analyser les coûts successifs estimés pour la réalisation du projet de Rocade Nord. Le PDU 2000-2010 annonçait un premier coût de 300 M€. En 2004, le devis de la DDE sur le projet PDU portait le coût à 763M€ (valeur 2006). En 2006, le CG38 diffusait le chiffre de 580 M€. Fin 2008, l'Observatoire estime que le projet de Rocade Nord couterait au minimum... 733 M€ (valeur 2006) et 836 M€ (valeur juin 2008).


La Rocade Nord, et maintenant


Le CG38 a lancé le 15 novembre 2008 une concertation préalable obligatoire avant projet auprès du public. Jusqu'au 15 janvier 2009, un dossier de présentation et un registre destiné aux observations sont mis à la disposition des habitants à l'Hôtel du département et dans les communes concernées de Fontaine, Grenoble, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et Sassenage.

Début 2009, le CG38 devrait se prononcer sur le coût réel de la Rocade Nord et ses différentes modalités de financement. Au second semestre de la même année, une Enquête d'Utilité Publique (EUP) devrait suivre en attendant le lancement des études de l'avant projet.


Des "propositions alternatives innovantes" à la Rocade Nord


De nombreuses personnes hostiles au projet se mobilisent pour proposer "des alternatives innovantes" à la Rocade Nord.

Une fédération, des unions de quartier, des groupes et de nombreuses associations se réunissent sous l'égide du Collectif pour des Alternatives Innovantes à la Rocade Nord de Grenoble (CAIRN) "convaincu que le projet de Rocade Nord de Grenoble aurait un impact négatif pour notre agglomération, et qui milite pour un Plan de Déplacements Urbains (PDU) alternatif".

Mardi 2 décembre 2008, le CG38 organisait l'une de ses réunions de concertation à Saint-Martin-le-Vinoux[1], . Au même moment, le CAIRN organisait une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble.

Une petite centaine de Grenoblois est venue écouter les arguments du CAIRN. Globalement, le discours est rapide, construit, bien huilé, parfois décousu. Il se veut déclaratif, percutant et particulièrement offensif. Le collectif passe en revue ses "10 idées fausses sur la Rocade Nord" en se basant sur des comparaisons et de nombreux chiffres [2].

La moindre observation émise par les acteurs du projet devient le support d'une contre-proposition "crédible" pour les opposants. Toutes les alternatives sont passées en revue : réseau TER structurant, lignes tram-train, tram urbain, prolongation de lignes actuelles, retour du trolleybus, priorité aux feux, double-sens cyclables et déplacements à vélo, stationnement, intermodalité, paysage immobilier, tarifications à venir, ... jusqu'à l'opportunité de trouver de nouveaux modes de financement.


Inquiétudes de certains élus sur le projet de Rocade Nord


"On sait que deux communes ne veulent pas de la Rocade, La Tronche et Saint-Martin-le-Vinoux (...) Depuis peu, on sait que Saint-Egrève se positionne et que d'autres communes qui au départ avaient accepté la Rocade Nord pour le principe commencent à s'interroger sérieusement depuis un an, voir à reculer en arrière (...) La plupart ne veulent pas le dire tout haut" explique Antoine Jammes, Vice-Président de l'ADTC.

Selon Olivier Bertrand, Conseiller général du canton 1de Grenoble, la vision de la Rocade Nord est bouleversée : "Depuis la consultation de 2007, le projet a complètement changé dans sa manière d'être porté médiatiquement (...) Si vous remarquez bien, il y a une évolution vers le manque d'intérêt du projet (...) La situation financière du Conseil Général est plutôt bonne mais avec la crise, même s'il prend un prêt de 400 M€ pour faire la Rocade, il ne pourra certainement plus financer ailleurs d'autres structure".

Pour le Conseiller général, le financement du projet est la clé : "Attaquer la Rocade Nord sur le fond, je me demande si ça sert à quelque chose (...) Il va bien falloir que le Conseil général s'exprime sur le chiffrage exact et quand on l'aura, on va vite s'apercevoir qu'il ne pourra peut être pas suivre son projet vu le contexte économique (...) En réalité, la question financière est au coeur de la problématique, c'est la seule qui à mon sens peut faire plier le projet".


Réactions du public sur le projet de Rocade Nord


Pêle-mêle, quelques réactions du public lors de cette réunion.

"Il serait temps de repenser la notion du travail en France et d'en parler car on s'attache à se déplacer alors qu'on pourrait faire du télétravail et mieux s'organiser" - "La Rocade Nord si elle se fait, c'est qu'il y a des gens qui ont de l'argent à gagner dans l'histoire" - "De toute façon, on sait bien qu'elle va se faire et qu'elle est déjà décidée en haut lieu et nous on compte pour rien" - "La Métro et la Ville de Grenoble sont de plus en plus endettées, ca va peser sur nos impôts" - "On nous dit que pour réaliser ou financer la future ligne E du tram à Grenoble, les quais ou l'Espanade, la Rocade Nord doit se faire et que tout est lié en attendant les JO de 2018" - "Plus on fait des infrastructures, plus le trafic automobile augmente et pas l'inverse" - "On sait pertinemment que ça coutera plus cher à la fin et ça coutera un milliard d'euros à la collectivité".


L'annulation de la délibération du PDU 2007-2012 inscrivant le principe de Rocade Nord relance une partie du débat sur sa réalisation.

Face à la crise économique et financière, le CG38 maintient son cap et ses ambitions sans toujours dévoiler avec précision le détail de ses intentions. Au regard des situations, des élus s'interrogent sur l'opportunité de réaliser un projet structurant devenu un "pretexte" pour en réaliser d'autres au sein de l'agglomération Grenobloise.

En parallèle, le CAIRN admet qu'il n'a pas toujours les moyens de ses ambitions lorsqu'il s'agit d'expliquer son positionnement et ses prérogatives auprès de l'ensemble de la population concernant le projet de Rocade Nord.

Notes

[1] Le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[2] Le CAIRN et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/


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2008

La délibération du SMTC portant sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU 2007-2012) de l'Agglomération grenobloise... annulée

pdu grenoble Le 2 juillet 2007, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) adoptait le Plan de Déplacements Urbains (PDU 2007-2012).

Le PDU est un plan d'action qui fixe les grandes orientations pour les projets à réaliser en matière de déplacements dans l'Agglomération. A l'origine, il s'agit d'un document qui définit les principes de l'organisation des transports de personnes et de marchandises, de la circulation et du stationnement dans le périmètre des transports urbains.

En 2001, la loi sur l'Air puis par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) sont venues renforcer la cohérence de cet outil de pilotage qui s'impose à toute agglomération de plus de 100 000 habitants.


Rappel des objectifs du Plan de Déplacements Urbains (PDU)


Les principaux objectifs du PDU 2007-2012 sont cohérents. Il s'agit principalement d'améliorer l'accessibilité aux fonctions urbaines pour tous par une offre de transports alternatifs, d'inscrire une politique concertée d'aménagement du territoire, de favoriser la vitalité économique, commerciale et universitaire de la région grenobloise, d'améliorer la qualité de vie urbaine, de protéger l'environnement quotidien, la santé des habitants et d'instaurer un nouvel équilibre modal pour diminuer le trafic automobile.

En d'autres termes, le PDU [1] cherche à développer l'intermodalité, l'offre et les modes de transports en commun, la maîtrise de la circulation et du stationnement automobile. Il met en cohérence les politiques d'urbanisme et de transport des collectivités territoriales.


Le Tribunal Administratif de Grenoble annule la délibération du PDU


Mais voilà...

En lecture du 20 novembre 2008, dans son article 1er, le Tribunal Administratif de Grenoble décide que "La délibération en date du 2 juillet 2007 par laquelle le SMTC a adopté le PDU pour la période 2007-2012 (...) est annulée".

Mais que s'est-il passé ?


Historique des faits


En septembre 2007, la FRAPNA, l'ADTC, Christine Garnier, Vincent Fristot, Raymond Avriller, Marie-Jeanne Grange et Vincent Comparat déposent un ensemble de requêtes et demandent au Tribunal Administratif de Grenoble (TA) d'annuler la délibération du SMTC pour l'adoption du PDU 2007-2012.

Par habitude dans ce genre d'affaire, le TA regarde en priorité "l'intérêt à agir" des requérants et en premier lieu les requêtes portant sur la forme. Après examen des 27 requêtes déposées par les plaignants, 26 ne sont pas retenues (moyen interne - attaque sur le fond du dossier) et une est retenue (moyen externe - attaque sur la forme du dossier).

Pour le TA, cette seule requête suffit... à annuler la délibération du PDU.


Procédure


Afin de pouvoir se prononcer avant de délibérer, un document de "note de synthèse" devait être jointe au dossier du PDU afin que les membres du Conseil syndical puissent se prononcer en connaissance de cause.

Selon le TA, la note de synthèse du SMTC stipulait la mention "Après avis favorable de la commission de développement et prospective, il sera proposé au comité syndical d'adopter le PDU de l'agglomération grenobloise pour la période 2007-2012 dont la délibération et le document du PDU sont annexés à la présente note de synthèse".

Dans sa décision, le TA mentionne "Si le SMTC soutient que le projet de délibération valait note de synthèse (...) il ressort (...) que ce projet n'a pas été remis au membres du comité syndical - avant - la séance du 2 juillet 2007".


L'avis d'un des requérants, Vincent Comparat


Pour GreBlog, Vincent Comparat, Directeur de publication du journal de l'ADES (des élus écologistes, les Verts, alternatifs...) explique :

"Sur ce genre de dossier, c'est toujours des problèmes de forme (...) En question déjà à l'époque du PDU 2000-2010, la consultation du Comité des usagers du SMTC dans son règlement intérieur (...) Le Tribunal Administratif rappelle que le PDU n'est pas un acte préparatoire mais un acte réglementaire (...) Le règlement ne vaut que pour l'avenir".

Vincent Comparat va plus loin : pour lui, le PDU n'existe plus.

"Pour résumer, le PDU n'existe plus puisque la décision d'adoption du PDU a été annulée (...) donc, le PDU n'a jamais été adopté et quelque part, on retombe dans l'ancien PDU qui lui aussi n'existe plus (...) C'est un peu pour ça que le SMTC va rapidement chercher à recoller les morceaux (...) Une délibération vaut pour l'avenir, on ne peut pas faire une délibération qui rattrape le passé et on peut également se demander maintenant si un PDU de 2007 peut être voté... en 2009".

Le plaignant estime que trop souvent les décisions sont déjà prises en amont par les porteurs du projet et qu'il est parfois "bon de faire vivre la démocratie sur la place publique" selon ses termes.


L'avis du Président du SMTC, Marc Baïetto


De son côté, Marc Baïetto, Vice-Président chargé des transports, des déplacements et de l’aménagement du territoire au Conseil Général de l'Isère (CG38), Président du Syndicat Mixte du Schéma Directeur (SCOT), Vice-Président de la communauté d’agglomération de Grenoble (METRO), Président du Centre de Gestion de la fonction publique territoriale de l’Isère (CNFPT), membre du CA des VFD et de la SEMITAG, Vice-président du forum mobilité d'Eurocités pour 2009, Président de Transcité, maire de la commune d'Eybens depuis 1983 et enfin... ...Président du Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'agglomération Grenobloise (SMTC) explique lors de la dernière réunion publique du 24 novembre "Coeur de Ville, Coeur d'Agglo" à la mairie de Grenoble :

"Le PDU a été attaqué par 27 moyens, 26 portant sur le fond, le 27ème portant sur la forme (...) Sur le PDU lui même, au coeur, le Tribunal Administratif a débouté les plaignants (...) Par contre il a considéré que la note de synthèse que nous devons envoyer à l'ensemble des élus avant le vote ne correspondait pas à leurs attentes (...) On est là sur du formalisme (...) Laissez à penser que les 16 membres du Comité syndical du SMTC n'étaient pas informés de la nature des travaux que nous conduisions et n'avaient pas pris conscience de la totalité des enjeux, il y a là quelque chose pour le moins de surprenant".

Pour l'heure, Marc Baïetto souligne qu'il souhaite le plus rapidement possible soumettre une nouvelle délibération "en respectant le formalisme de la note de synthèse".

En s'en prenant à la partie adverse, le Président du SMTC ajoute "le PDU doit continuer à exister, c'est ma responsabilité (...) Je laisserai à ceux qui préfèrent mener des combats d'arrière garde les mener, pour ma part, développer les transports publics sur l'Agglomération".


La délibération annulée vaut-elle l'annulation du PDU 2007-2012 ? Pour le demandeur, c'est oui. Pour le défenseur, c'est non.

Est-il nécessaire de faire appel de la décision ? Faut-il conserver le PDU en l'état, le réviser ?

Quoi qu'il en soit, les enjeux sont importants et les options... peu nombreuses. Le porteur du plan devra rapidement prendre une nouvelle décision.

Notes

[1] télécharger le PDU 2007-2012 ici


01

08

2008

Google Street View et Google Car dans les rues de Grenoble

google car street view grenoble Depuis le printemps 2008, des véhicules particuliers arborant les logos "Google" et "Google Maps" sur leurs portières sillonnent discrètement les routes des grandes villes aux Etats-Unis et des capitales européennes.

Aperçues au Royaume-Uni, au Canada, aux Etats-Unis, en Australie... mais également en France à Paris et dans certaines villes du pays, les "Google Cars" sont des voitures spécialement équipées pour capturer des images de rues.

Google entend ainsi compléter son système de vues panoramiques "Google Street View" adossé aux services Google Maps et Google Earth.


"Google Street View" : les Google Cars sillonnent la France


Grâce à Google Street View (ou Google StreetView) , les internautes ont pu pas à pas suivre le parcours du Tour de France 2008 et ainsi découvrir sur la toile les photos des rues empruntées par les coureurs (immersion panoramique 360°). Ce qui explique l'engouement et l'intéressement de nombreux internautes focalisés sur le passage à priori inattendu des Google Cars dans certaines petites villes en France depuis le début du mois de mai 2008.

On repère aisément une Google Car : elle dispose d'un "périscope" épais noir, attaché verticalement sur son toit et d'une batterie de caméras photos capable de prendre à tout moment des clichés balayés sur 180°-360°.

En France, après Paris, Grenoble est l'une des toutes premières villes choisies par Google pour enrichir ses solutions de cartographie en ligne. Des Google Cars auraient été aperçues à Saint-Martin d'Hères début juin, à Montbonnot-Saint-Martin, à Corenc...


Une "Google Car" à Grenoble


Après une recherche rapide sur la toile, nombreux sont ceux qui n'ont pas eu l'opportunité de prendre un cliché du véhicule en activité dans les rues de la capitale des Alpes ou dans la région.

Jeudi 31 juillet 2008 à 12h47, j'ai eu la chance de prendre en photo une "Google Car" à Grenoble, (Ile Verte), à quelques mètres de l'une des 3 tours de Grenoble. J'ai eu 6 secondes pour activer mon N95.

Le cliché est pris de loin : conformément à ce que l'on peut constater habituellement dans d'autres villes européennes, il s'agit vraisemblablement d'une Opel Astra noire (et non grise) entièrement équipée (une vingtaine de véhicules de ce type sont en stationnement dans un parking près de Rungis, Val-de-Marne).

Après avoir lancé les vues panoramiques en France à l'occasion du Tour de France, Google Street View continue sa tournée à Grenoble.

Une "Google Car" en plein été dans les rues de Grenoble, circulant très très lentement sur le boulevard Maréchal Leclerc, au moment où de nombreuses personnes sont en vacances ou finissent tranquillement leur déjeuner le midi : pour le géant américain, il s'agit d'un moment idéal pour prendre tranquillement des clichés de nos rues peu encombrées avec... une certaine discrétion !


01

07

2008

A son tour, la ville de Grenoble montre l'exemple

grenoble_stationnement Je reconnais bien volontiers que le soleil tant attendu depuis le début du mois de juin est pleinement de retour ces jours derniers. De plus, la chaleur envahissante ne favorise pas toujours la concentration en journée sur nos lieux de travail respectifs. Il est parfois sympathique de s'affranchir temporairement de certaines règles ennuyeuses...

Il est vrai qu'à l'approche des vacances d'été, le rythme de travail de chacun a parfois psychologiquement tendance à diminuer : par envie et/ou nécessité, urgence et contrainte, certains ont également besoin de lâcher du lest sur le terrain, de ne pas s'enquiquiner, ni s'ennuyer pour autant.


Evidemment, personne n'est parfait...


C'est probablement le cas du conducteur de ce véhicule de la Mairie estampillé du logo "Ville de Grenoble" sur les portières et d'un "numéro vert" sur le capot qui n'a rien trouvé de mieux que de se garer sur un espace de stationnement non autorisé en centre-ville.

Il est vrai qu'un samedi en fin d'après-midi (le 28/06, vers 19h30), il n'y a pas trop de circulation (sic !).

Entre les Grenoblois qui viennent de toucher leur paie en fin de mois, sortant des magasins en tenant des sacs de produits "soldés"... les gens assis dehors, remplissant les terrasses et prenant un verre... les parents et enfants à pied, en poussette et fatigués, revenant des parcs des alentours... les véhicules roulant les uns derrière les autres en file indienne place Notre-Dame, à quelques mètres de la rue Taulier en direction du Musée de Grenoble, de l'Ile Verte ou des Quais de l'Isère... les automobilistes "frimeurs" qui considèrent que le quartier et les pavés sont un lieu de prédilection pour afficher et affirmer un style à vive allure... sans oublier le ralentissement potentiel du passage du tram sur la ligne B...

Dans ces circonstances, vu l'activité du quartier, pourquoi ne pas se gêner ?


...ni le conducteur de véhicule de la municipalité


Il y a quelques mois, je signalais déjà dans ces colonnes la dangerosité de ce stationnement sauvage situé juste devant des barrières à quelques centimètres d'un point d'attache de cycles, entre d'un côté le passage de la ligne du tram B, de l'autre, une intersection de deux voies de circulation.

Un lieu de passage fréquent de véhicules et de piétons, une circulation souvent peu fluide et dense en fin de journée.

Bien entendu, si ce véhicule de la municipalité n'a pas souhaité se garer ailleurs dans les alentours et n'a rien trouvé de mieux pour stationner... c'est que son conducteur a certainement une bonne raison à nous fournir.

In Fine, il est probable que ce véhicule ait voulu montrer l'exemple : "officieusement", il doit donc bien s'agir d'une vraie place de stationnement pour véhicule motorisé !

Personnellement, vu les circonstances et les conditions de circulation décrites plus haut, j'en doute fort.


10

06

2008

A Grenoble, le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère...

stationnement voiture grenoble Largement intronisé dans la campagne des municipales comme l'un des sujets politiques majeurs de l'agglomération, la circulation et le stationnement de véhicules à Grenoble restent au quotidien l'une des principales priorités pour les Grenoblois.

A leur manière, les politiques tentent d'analyser la situation, soumettent des projets plus ou moins pertinents sur le terrain, proposent des initiatives, lancent des alternatives avec le soutien d'experts, de professionnels et cherchent à résoudre les problèmes récurrents de circulation.

En parallèle, le comportement de certains conducteurs de véhicule en ville est loin de faire l'unanimité.


Les politiques tentent de résoudre les problèmes de circulation...


Comme j'aime parfois le rappeler, tout est fait à Grenoble pour limiter globalement la circulation des véhicules à moteur en ville.

Suppression de places de parking, rétrécissement de voies obligeant fortement les conducteurs à ralentir (causant parfois de nombreux "bris" involontaires de rétroviseurs extérieurs), franchissement de passages surélevés, réaménagement de carrefours, ajout de feux tricolores, de rond-points sur de longues distances etc.

Désormais, aucun projet n'échappe aux priorités d'accès en matière de transport en commun et de nombreuses grandes villes françaises ou européennes prennent modèle sur les réalisations menées par la ville de Grenoble ou la Communauté d'agglomération Grenobloise.


...tandis que le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère


En parallèle, les comportements de nombreux citoyens ne changent guère. Pire, ils s'accentuent ou se pérennisent.

Il faut dire que certains automobilistes ne manquent pas d'air et ne pensent qu'à entretenir ou préserver leur "pré carré" lorsqu'il s'agit de garer un véhicule sans toutefois se soucier de leurs concitoyens.

Prenons un exemple, au niveau du quartier Mutualité à Grenoble. Prenons le cas des rues Joseph Fourrier et des Dauphins.

Bien que la rue des Dauphins autorise le stationnement bilatéral, des conducteurs peu scrupuleux n'hésitent pas à stationner leur véhicule à l'angle des deux rues, directement sur le passage piéton, empêchant du même coup toute visibilité accrue ou possibilité pour le piéton de circuler en toute sérénité et en toute sécurité.

Un vrai danger pour les familles qui très souvent, prennent l'habitude de passer à cet endroit pour se rendre directement au Jardin des Plantes situé en face de la Mairie de Grenoble. Nombreux sont celles et ceux qui sont accompagnés de jeunes enfants ou d'une poussette et qui remontent la rue pour rentrer chez eux en passant par le centre-ville de Grenoble.

Juste à l'angle, devant ce lieu de stationnement non autorisé, un "crayon jaune" indique la sortie d'une école. On imagine aisément les difficultés engendrées par les parents d'élèves lorsqu'il s'agit naturellement de traverser la rue. Mauvaise visibilité des piétons les obligeant à contourner le véhicule mal garé et à circuler sur la chaussée en dehors du passage piétons. Perte de repère visuel pour tout conducteur d'un véhicule en circulation désirant changer de rue au niveau de l'intersection


Je m'installe, donc j'existe


Je reste persuadé que l'automobiliste agit volontairement en connaissance de cause lorsqu'il décide de se garer de cette manière sur la chaussée. En stationnant ainsi, il connaît naturellement les risques d'insécurité qu'il risque d'engendrer. Son comportement est volontaire, sans équivoque.

Le contraire serait... étonnant.

Pour beaucoup, le véhicule est le prolongement de soi : une forme de projection de sa présence dans un territoire, dans un milieu qui n'est pas forcément le sien et dans lequel on cherche à s'installer quelques instants pour attirer l'attention.

Il semblerait que la prévention n'ait aucun effet dissuasif face à un tel comportement égoïste et méprisant. Ce comportement doit faire l'objet d'une sanction méritée qui dans ce cas, paraît plus que nécessaire.


30

05

2008

Une nouvelle vague d'horodateurs "communicants" à Grenoble

horodateur grenoble Lorsqu'on se promène de temps à autre au centre-ville de Grenoble , il n'est pas rare de tomber nez à nez sur de nombreux parcmètres ou horodateurs qui font l'objet de dégradations récurrentes ou servent de support pour afficher certaines intentions.

En l'espace de deux mois, lors de mes promenades en famille ou déplacements professionnels en ville, je suis arrivé à prendre à la volée et spontanément plus d'une dizaine de clichés d'horodateurs tagués, redécorés, malmenés, détériorés ou partiellement empêchés de fonctionner correctement.

Ma photo en montre seulement deux.


De nombreux horodateurs pris pour cible


A Grenoble, certains lieux sont régulièrement prisés pour manifester un désir d'expression, une pulsion artistique ou étaler ses convictions sur ce type de mobilier urbain.

Boulevard Gambetta, quelques horodateurs régulièrement marqués sous les arbres au feutre noir. Rue de la République, un horodateur littéralement pris à partie et relooké en rouge, à quelques mètres de l'Office du Tourisme de la ville. Rue Dolomieu, une boîte de carton en provenance du mini marché rue Hébert, directement placée sur le panneau solaire photovoltaïque situé au dessus d'un horodateur. Rue Lesdiguières, un "message artistique" sur format papier collé sur la fente à pièces d'une machine, pas loin de l'Ecole Supérieure d'Art de Grenoble. Rue Thiers, un stick placardé sur un horodateur avec ce message "La Tag rafle les sans papiers"...

Je m'arrête là.


L'horodateur, mobilier urbain "communicant"


Cette "vague d'expression" n'est pas nouvelle, bien au contraire.

Il apparaît clairement que l'horodateur devient un mobilier privilégié pour "faire passer des messages" sous des formes d'expressions diverses et variées, allant de la dégradation de l'appareil ou son empêchement de fonctionner... en passant par l'expression libre ou la manifestation d'un mécontentement lié à la réglementation en vigueur en matière de stationnement.

De nos jours, la majorité des mobiliers urbains sont pris pour cible : à se demander s'il existe assez d'espace ou de lieux d'expression libre sur la voie publique pour tout ceux qui désirent s'exprimer ainsi. Des graffitis sans âme, le plus souvent artistiquement limités, qui s'apparentent plus à des messages ou codes géolocalisés.

- je suis passé par là, voici ma signature... je viens de le faire... c'est excitant... je me sens libre... donc, j'existe auprès du public... qui me regarde à travers ce que je viens de faire -.

Drôle de support "communicant" pour favoriser ou lancer une expression.


De l'usage des horodateurs...


En France , braver l'interdit est un sport national. De nos jours, chacun a besoin de reconnaissance et d'exprimer librement ses idées... tout de même, jusqu'à un certain point.

Comme à l'accoutumée, il est probable qu'une infime minorité d'individus jettent leur dévolu sur ces horodateurs. Les autres n'ont pourtant rien demandé en échange, sauf le fait de pouvoir régler librement leur stationnement s'ils ont choisi de circuler et venir garer leur véhicule en ville.

En fin de compte, tout est fait pour limiter progressivement la circulation des automobilistes en ville. Les places de parking sont de plus en plus rare, prisées : face à notre mentalité en matière de circulation urbaine, le stationnement payant n'est apparemment pas prêt de disparaître. Viendra bien un jour où l'accès même en centre-ville deviendra payant ou fortement réglementé. En la matière, la ville de Londres a pris ces dispositions.

Comme de nombreux Grenoblois, plus les années passent et plus j'utilise mon véhicule exclusivement pour me rendre à l'extérieur de Grenoble . Entre ceux qui prennent leur voiture pour aller chercher du pain ou leurs enfants à 400 mètres de leur domicile et ceux qui la prenne pour des déplacements lointains non desservis aisément par d'autres moyens de transport, il y a tout de même... une sacrée marge !

En dehors de sa principale prérogative, si l'horodateur est psychologiquement un moyen complémentaire permettant de faire évoluer les esprits en matière de déplacements et de stationnements urbains afin qu'il y ait moins de véhicules en circulation en ville, ce mobilier urbain me paraît pour le moment, utile et nécessaire.

Paradoxalement, la plupart de ceux qui dégradent ce mobilier ou laissent des "messages" sur des horodateurs sont souvent les premiers à revendiquer et exercer une pression pour qu'il y ait moins de circulation de véhicules en ville.


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