Pour promouvoir le projet de candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques d’hiver de 2018, la ville, le département de l’Isère et de nombreux acteurs de la montagne ont choisi d’organiser les 4, 5 et 6 décembre 2008 des "Jeux de neige" au cœur de Grenoble.
Côté programme : des compétitions et démonstrations sportives de haut niveau (sprint, show, freestyle, snowboard), de l’initiation pour le public et les scolaires, des animations de rue pour tous (compagnies, parades, boissons offertes...), des concerts d’artistes de la scène locale, nationale et internationale (DJ, éléctro, pop-rock)...
Côté logistique : un spectaculaire terrain de neige "artificielle" amenée par camions depuis la station de l’Alpe d’Huez, la construction d'imposantes infrastructures pour les démonstrations sportives au parc Paul Mistral et place de Verdun, l’installation d’un village en bois pour accueillir le public, les sponsors et un dispositif pour accéder aux concerts prévus à la Bastille…
Le tout pour une enveloppe initiale prévisionnelle annoncée de 1,8 M€ qui devrait être moins importante que prévu dont 0,4 M€ "minimum" pour la ville de Grenoble.
"Jeux de neige" côté public, en journée
Il est vrai que l'installation du dispositif est impressionnante.
Au parc Paul Mistral, la pluie et la gadoue n'ont pas empêché les écoliers de profiter des nombreux ateliers (voir ma vidéo). Initiation gratuite au ski de fond sur piste pour les plus grands, au ski pour débutants encadrés par des moniteurs ESF, à la simulation de recherche d'objets ensevelis sous une montagne de neige. Courses d’échauffement autour du parc, descentes de luge avec protection, poussées de bobsleigh sur rails ou patinage pour tous…
On devine la joie des enfants qui se lit sur leur visage.
Au village, le public peut également s'initier, découvrir la sculpture sur bois et sur glace, déambuler entre les arbres lumineux et les chalets pour trouver de l'information sur le projet des JO 2018 [1], les stations de ski, les clubs et sports de glisse.
Sur place, je rencontre des personnalités dont Michel Destot, venu découvrir l'ambiance au village. Nous discutons ensemble un instant et le député-maire de Grenoble, le sourire aux lèvres, me confie "Alors, qu'en pensez-vous, c’est bien vous ne trouvez pas ? (...) Vous avez vu, on est passé sur EuroSport" [2]
En vidéo : ambiance populaire, démonstrations, jeux de neige et... manifestation "anti JO 2018" puis, arrivée des forces de l'ordre.
Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus
"Jeux de neige" côté public, le soir
Tous les jours, des animations et spectacles au fil des rues sont proposés au public en attendant les concerts de soirée.
Le vendredi 5 décembre après l’école, les enfants sont invités avec leurs parents à déambuler dans les rues du centre-ville, à suivre la parade et la retraite aux flambeaux. Le rendez-vous est pris au Jardin de Ville vers 18h. Sur place, la Ville de Grenoble offre des goûters, boissons et chocolat chaud aux Grenoblois [3] venus nombreux. Les organisateurs du Téléthon 2008 se joignent à la parade qui prend tranquillement la direction de la place de Gordes et de la Grande Rue.
Mais au bout de cinq minutes de marche animée et festive, un groupe de manifestant "anti-JO-2018" s'étant donné rendez-vous place Felix Poulat réussit à bloquer la progression de la parade et à la faire remonter jusqu'au kiosque du Jardin de Ville [4].
Ils sont plus d'une centaine à brandir des pancartes ou des banderoles "Gardez vos Jeux, on s'amuse tout seul - Non aux JO 2018 ni ici, ni ailleurs" et à scander des slogans tels que "Moins vite, moins fort, moins haut - Destot, on n'en veux pas de tes JO".
Globalement, l'accueil des manifestants est très mitigé : certains parents discutent avec les opposants mais ne comprennent pas qu'ils puissent ainsi gâcher une fête pour leurs enfants. Les miens demandent à rentrer à la maison. Une jeune maman tente de s'intercaler et un policier municipal est malmené. Le "garde-champêtre des Jeux de Neige", fil conducteur de la parade intervient vigoureusement et revendique la liberté de s'exprimer, de se produire et de s'amuser.
Leur premier objectif est atteint. La parade se désagrège et une grande majorité du public, déconcerté, quitte les lieux.
Rassuré par le succès de son "opération" au Jardin de Ville, le groupe de manifestants prend la direction de la place de Verdun où les "riders" de la glisse font leur show sur le tremplin enneigé. De jeunes skieurs et surfers quittent le stade de neige, épaulés sur place par d'autres passionnés de la glisse. Ensemble, ils font barrage aux manifestants bien décidés à poursuivre leurs actions.
Leur second objectif ne sera pas atteint : en s'en prenant aux jeunes sportifs, les opposants au JO de 2018 se sont trompés de cible.
Quelques instants plus tard, une dizaine de fourgons policier prennent place le long de la place de Verdun (voir ma vidéo). Les premières forces de l'ordre prennent position. Surpris par l'ampleur du dispositif, le groupe de manifestants quitte les lieux en silence... sur la "pointe des pieds", en reprenant la direction du centre-ville.
"Jeux de neige" côté public, la nuit
Le vendredi 5 décembre, de 22h à 6h du matin, le festival Electro bat son plein au sommet de la Bastille. Le samedi 6 décembre, des groupes rock issus de la scène régionale, nationale et internationale clôturent les "Jeux de neige" à Grenoble.
Le son du festival est imposant et les décibels s'étendent sur la ville une bonne partie de la nuit.
Dimanche 7 décembre, en faisant quelques courses du côté de la place aux Herbes à Grenoble, je rencontre un voisin qui me raconte sa nuit : "Vous savez avec ma femme, on a pas pu dormir (...) Au départ, on savait pas ce que c'était tout ce bruit alors à 3h du matin, j'appelle l'Hôtel de Police (...) On tombe sur un brave gars qui nous dit qu'il a déjà reçu plus d'une centaine d'appels téléphoniques comme le nôtre à propos de ce boucan d'enfer (...) Il nous dit qu'il faut plutôt s'adresser au maire si on veut faire une réclamation ou en savoir plus sur cette histoire".
Au final, les "Jeux de neige" de Grenoble ont su attirer les médias, les sponsors et les principaux acteurs concernés. Sans oublier la présence du public qui, malgré les mauvaises conditions météo sur la période, s'est déplacé volontiers et en masse jusqu'à la clôture pour écouter les artistes se produire sur l'anneau de vitesse de Grenoble.
Grenoble veut renouer avec la ferveur des Jeux Olympiques. Malgré l'absence d'expérience récente en matière d'organisation d'évènements sportifs d'envergure, Grenoble a voulu prouver sur une courte période qu'elle était capable d'organiser et de proposer un panel d'activités sportives sur le plan international.
En attendant mars 2009 (annonce de la ville française ou non retenue par le CNOSF) puis juillet 2011 (date de la désignation par le CIO de la ville qui accueillera les JO de 2018)... ...la route est longue.



Jeudi 24 juillet 2008, la 18ème étape du
Mercredi 6 février 2008 avait lieu la cérémonie du 40ème anniversaire des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble.


