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06

04

2010

Vidéo surveillance, vidéo protection : de nouveaux joujoux pour les grands en plein Grenoble

camera grenoble Il est beau. Il est fort. Il est gris. Il est robuste et il a fière allure.

Il est disons, assez discret, bien implanté et pas si facile que ça à détecter.

Il est censé pour voir, surveiller votre comportement de prêt, vous observer de loin. On lui a taillé une belle posture, du "sur mesure". Après tout, pourquoi pas. Ce "joujou" pour les grands le mérite bien puisqu'il il fait ce qu'on lui demande.

Il obéit, voilà tout...

C'est le printemps. Après l'éclosion récente de nouvelles caméras vidéos en ville, voici l'arrivée d'un nouveau radar.

C'est sur, là où il est actuellement implanté, il va vite percuter et faire du bon boulot. Il risque même de faire exploser le compteur.


Un nouveau dispositif radar sur Grenoble


Il...

c'est le nouveau dispositif de radar "maousse-costaud" qui vient tout juste d'être mis en place il y a peu sur la plus longue avenue rectiligne urbaine d'Europe. A ce jour, des barrières de travaux publics l'entourent encore sur le trottoir et attestent de sa toute récente installation.

"Ah ben vouiii (...) J'ai l'habitude moi de promener mon chien tous les jours ici vous savez (...) Je peux vous dire qu'ils l'ont mis il y a 3 semaines à coup sûr (...) Ça m'étonnerait pas qu'ils en mettent d'autres parce qu'ici dans le coin, la circulation ça y va vous voyez" m'expliquait un charmant passant quelque peu agacé par l'envergure de ce nouveau joujou dans le périmètre.

Ce tout nouveau "compagnon de route" des conducteurs de véhicules est situé au carrefour de la rue des Alliés, du boulevard de la Libération et de la rue Salengro, à 10m de l'arrêt de bus de la ligne 1 "Anatole France Alliée" en direction de Pont de Claix. Juste en face de "Tunel Lavage".


Puissance et camouflage


Comme on peut le voir sur ma première photo, le radar fixe est situé à plus de trois mètres sur sol.

Il repose sur un tube épais en acier dont le diamètre est à quelques centimètres près le même que celui des pylônes d'éclairage public implantés le long du cours. Notons que la couleur du tube, le gris-marron foncé, est exactement la même que celle des pylônes. Un camouflage "relatif" qui devrait visiblement empêcher la plupart des automobilistes de le détecter en tout cas.... de loin.

camera grenoble D'autant plus qu'avec l'arrivée du printemps puis de l'été, le feuillage des nombreux arbres situés le long de l'avenue va petit à petit cacher davantage le dispositif.

Comme chacun le sait, au printemps, les bourgeons éclosent. Dans un registre similaire, il en va de même pour une douzaine de nouvelles caméras de vidéo surveillance et/ou de vidéo protection (chacun appréciera la subtilité) qui viennent d'être récemment installées et déployées au coeur de la ville de Grenoble (voir ma seconde photo) [1].

Mais revenons à notre fameux radar.

En frontal, son mécanisme n'est pas visible. Au dos, une grille apparente le camoufle dans un sens. Il n'opère que dans une seule direction : Grenoble - Le Pont de Claix.

Celui-ci est doté d'un double système efficace. Au sommet, un premier compartiment enferme un puissant "flash" derrière une vitre [2]. Juste en dessous, un autre emplacement intègre une caméra équipée d'un puissant objectif orienté pile-poil en direction du carrefour. A cette hauteur, l'angle de vue parait optimal.

A priori, le radar flashe l'arrière de votre véhicule, contrôle votre vitesse au volant et devrait naturellement être en mesure de vérifier si vous passez à l'orange ou au rouge. Il se pourrait qu'il soit synchronisé avec l'alternance des feux [3].


Celui-ci, il va faire un carton...


Si ce radar fixe est placé juste en amont du carrefour, ce n'est pas pour rien.

En restant quelques minutes devant l'intersection, il semblerait qu'une poignée d'automobilistes "jouent avec le feu". Visiblement, certains ne respectent pas la vitesse autorisée [4] sur la portion. D'autres, ont du mal à ralentir au passage d'un feu tricolore... à l'orange.

Pour le moment, aucune mention particulière annonce en amont l'existence de ce nouveau radar aux conducteurs.

Seule une pancarte métallique étonnamment disposée à plus de 2 mètres du sol sur le tube rappelle le contenu de l'article 322-2 du Code Pénal stipulant que "toute dégradation ou détérioration de cet équipement constitue une infraction punie d'une peine d'emprisonnement de 3 ans et d'une amende de 45000€" et que "le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins sur cet équipement est puni d'une amende de 7500€ et d'une peine de travail d'intérêt général".

Il se murmure qu'un autre de ces puissants joujoux devrait prendre du service vers le rond point "Allibert" - Pierre et Marie Curie.

A mon avis, ce radar fixe va faire un carton.


Quand on sait déjà que Grenoble est l'une des villes qui verbalise le plus dans l'hexagone...

Notes

[1] intersection - Musée de Grenoble

[2] voir la première photo

[3] un élément que je dois vérifier

[4] 50 km/h


03

01

2010

Grenoble, Jour de l'An 2010 : les Grenoblois savent-ils faire la fête en centre-ville?

Grenoble Noel jour de l'an Il y plusieurs manières de faire la fête ou d'envisager de la faire entre des individus. Soit elle est provoquée, encouragée, plébiscitée, déclenchée naturellement dans un contexte favorable qui permet de l'envisager. Soit elle est à l'avance préméditée, attendue, préparée de longue date dans un cadre confiné, précis, délimité.

Sur ce dernier point, il arrive parfois que certaines personnes soient les premières victimes de cette préparation.

Est-il encore possible de faire la fête en centre-ville lorsque celle-ci est à l'avance prévue, planifiée, attendue parfois de façon artificielle? Les meilleurs fêtes, celles qui amènent le plus de joie et de gaieté entre les personnes ne sont-elles pas au contraire celles portées par des évènements imprévisibles, inattendus, spontanés ?

Vu l'ambiance dans les rues de Grenoble la nuit du nouvel An, tout porte à croire que les Grenoblois ne savent plus ou ne prennent plus le temps d'exprimer leur joie lors du passage de la nouvelle année en plein coeur du centre-ville.


Se préparer soi-disant... pour faire la fête


31 décembre, fin d'après-midi, début de soirée dans les rues de Grenoble.

Le centre-ville de Grenoble paraît aussi animé qu'un samedi en plein milieu de l'après-midi. Bon nombre de commerces sont encore ouverts. Les achats des derniers retardataires qui se ruent dans les enseignes alimentaires et magasins de victuailles vont bon train. La lumière des boutiques artisanales attirent le chaland.

Le Monoprix de l'hypercentre est littéralement pris d'assaut par les consommateurs. Des personnes âgées, seules, habituées des lieux, viennent chercher un dernier ingrédient pour agrémenter leur repas du réveillon de la Saint-Sylvestre. En toute décontraction, des individus s'empressent de choisir des bouteilles d'alcool, de Coca-Cola au fond du magasin. Un petit groupe de "djeun's" tente de s'aventurer dans les allées étroites et parviennent à trouver leur bonheur : des mini-doses concentrées de "Red Bull Energy Shot" sollicitées par les filles, placées dans le caddie par les garçons. Plus d'une trentaine de ces capsules seront déposés en caisse par ces fétards, ignorant leur prix. Plus loin, une autre bande s'empresse de dénicher du Champagne. Miracle, il en reste en rayon et là aussi, le prix des bouteilles paraît ignoré. Impossible de slalomer aisément entre les rayons. Les queues s'allongent devant les tapis roulants. Les hôtesses de caisse sont visiblement plus que débordées.

Visiblement, il faut pouvoir tenir la soirée. Plus que jamais, l'alcool paraît toujours être le pilier indispensable pour faire la fête... ...pas forcément pour la réussir.


Passé minuit, dans les rues du centre-ville de Grenoble


A Grenoble, passé le cap des premières minutes de la nouvelle année 2010 dans les principales rues du centre-ville, on pourrait s'attendre à observer quelques éruptions de joie, quelques débordements ici et là ou constater une volonté partagée d'aller à la rencontre de l'autre en ce jour de fête.

Il n'en est rien !

En déambulant de long en large en triangle dans l'hypercentre de 23h45 à 00h55, principalement entre la gare, le cours Bérriat et le Musée de Grenoble, on s'aperçoit que le coeur à la fête en extérieur n'y est pas.


Distance et confinement


Bon nombre de convives restent attablés dans les principaux restaurants de l'hypercentre. Ils ne cherchent pas à sortir de leur confinement pour prendre l'air un instant et saluer d'éventuels passants pour la nouvelle année.

Place Saint-André, les consommateurs restent sagement assis à la terrasse des cafés comme ils le font le soir, un jour de semaine ordinaire, sans aucune envie d'occuper l'espace qui les entourent pour témoigner un quelconque intérêt pour le Nouvel An.

Un peu plus loin, un verre de Champagne à la main, quelques clients de bars sortent péniblement dehors par petits groupes pour prendre l'air. Certains osent tout de même se déplacer quelques mètres pour souhaiter une bonne années à d'autres personnes immobiles sur les pavés, sans conviction apparente... de loin, à distance.

Place Notre-Dame, une ambulance stationne temporairement le long de la ligne du tramway. Des jeunes paisiblement installés sur les rebords de la fontaine portent exclusivement leur attention sur leur mobile pour envoyer ou relever des SMS.

En ville, la grande majorité des gens évitent le contact, ne se parle pas, ne s'embrassent pas. Certains donnent l'impression de subir une situation qui ne les emballent pas.


Regroupement de rigueur


Dans les rues de Grenoble, les promeneurs restent groupés dans un soucis de sécurité. Dans ce contexte, mieux vaut faire mine d'ignorer les autres.

Vers 00h30, un habitant promène paisiblement son chien rue Saint-Jacques. Nous nous croisons et je lui souhaite une bonne année. Ce dernier s'efforce de se retourner par politesse et me répond "Ah oui... bonne année", à voix basse, sur le bout des lèvres, comme si je ne devais pas croiser son chemin. Drôle de bonhomme.

Au niveau du parc du Jardin de Ville, des individus et leurs chiens squattent le tourniquet dans l'aire de jeux des enfants. Près des bancs, un groupe essaye tant bien que mal d'allumer des petits fumigènes directement sur le sol synthétique. Drôle de façon de s'amuser.

En étage dans les ruelles, seuls quelques fêtards ouvrent la fenêtre de leur appartement pour exprimer un instant leur joie en direction du bas juste avant de la refermer. Certains ne se privent pas pour crier, insulter de loin des groupes de passants en contrebas. Place Grenette, un couple s'insurge contre l'éclatement d'une canette de bière lancée d'un balcon à quelque mètres seulement de leurs pas. Même geste démesuré du côté du marché des Halles ou on s'amuse à faire de même. Drôle de manière de s'exprimer.

Place Felix Poulat, des pétards sont allumés pour tenter de faire un peu de bruit dans les alentours. L'odeur d'autres pétards roulés à la main se fait sentir près des marches de la Fnac. Drôle de façon de se faire plaisir.


A la recherche d'une ambiance qui ne vient pas


Quelques groupes de personnes tentent de converger vers la place Grenette pour y trouver une ambiance particulière de fête, sans grand succès. En déambulant dans les rues de Grenoble, je retrouve en d'autres lieux les mêmes individus, déçus par l'ambiance monotone des rues, à la recherche d'un contact festif.

La première véritable manifestation de joie, de gaieté et de "fête" rencontrée en hypercentre aura lieu vers 00h25.

Place Grenette, un groupe de garçons légèrement éméchés s'amuse gentiment à mettre de l'ambiance en tenant un sapin de Noël à la main en guise de trophée. En coeur, il se déplace en chantant "Guillaume il est pédé... Guillaume il est pédé (...) Il est vraiment, il est vraiment... il est vraiment phénoménal (...) Tra-la-la... la-la...". Quant aux filles exaltées qui les accompagnent, elles ont toutes une bouteille ou une canette à la main. L'une d'entres elles interpelle l'un de ses amis. "Jean-Paul.. allez, à poil (...) et dis-donc, t'as pas l'impression qu'on est les seuls à faire la fête ici".

La description de l'ambiance est pour le moins explicite, formulée sans ambiguïté.


Amertume et déception


Il est 00h50.

L'un des derniers tramways de la ligne B circule paisiblement tout en affichant une lumière rouge signalant qu'il rentre au dépôt.

Du côté des quais et sur les hauteurs de la ville, aucun feu, aucun projecteur apparent n'est venu illuminer les contreforts de la Bastille durant la soirée du réveillon de la Saint-Sylvestre.

Triste ambiance de Nouvel An dans les rues de Grenoble.

GreBlog MonGrenoble vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2010. Que celle-ci soit riche en perspective, en création, en relations et partages, en épanouissement personnel et professionnel...


20

07

2009

Une Ferrari F360 Spider V8 F1 stationnée place Grenette à Grenoble. L'été, on se lâche... what else ?

ferrari grenoble Quand par contrainte ou nécessité, venant de loin, je suis obligé de prendre mon véhicule pour me rendre au centre-ville de Grenoble, j'ai l'habitude de croire qu'il me sera impossible de trouver provisoirement une place de stationnement... gratuite.

La réduction progressive et volontaire des espaces de stationnement réservés aux véhicules à moteur à Grenoble incitent de nombreuses personnes à privilégier davantage l'utilisation des modes "doux". En parallèle, de nombreux sondages d'opinion récents révèlent que la possession d'un gros véhicule (4x4, SUV, Crossover...) pour se déplacer "intramuros" en agglomération est totalement "ringard" par les temps qui courent.

D'autres au contraire, n'ont que faire des sondages, des habitudes de déplacements populaires, des remarques fonctionnelles d'autrui.

Ils ont simplement besoin d'être vu... observé, éventuellement reconnu ou "adoubé" en quelque sorte par le reste de la population.


Le ridicule ne tue... toujours pas


En pleine période de crise économique et financière, ce jeu est d'autant plus excitant pour l'heureux locataire propriétaire d'un véhicule de luxe de prestige qu'il témoigne d'une volonté d'asseoir son "vouloir-d'achat" avec une certaine arrogance primitive au cœur d'une population qui le plus souvent n'est pas celle qu'il côtoie habituellement.

Et pourtant, il a bien besoin d'elle...

Il y a quelques jours, en fin d'après-midi, sous un beau soleil de plomb, les nombreux Grenoblois assis sur les chaises des cafés de la place Grenette et surtout... les quelques touristes de passage à proximité ont pu ensemble assister à une séance photo de premier choix sur les pavés du centre-ville de Grenoble.

L'objet qui attire leur attention et la convoitise, tel un aimant chargé positivement "d'électrons libres" est une Ferrari F360 Spider V8 F1, commercialisée entre 1999 et 2005, dont le prix d'achat avoisine les 225 000$ et dont la côte oscille actuellement aux alentours de 85 450€. Louer, ne serait-ce qu'une journée un tel "objet de désir" ne vous coûterait que 1000$... ou 5500$ la semaine.

Excusez du peu... What else ?


Extase, opportunité et jubilation


Quelle joie pour son heureux propriétaire locataire que de pouvoir l'exposer s'exposer devant autant d'individus communs aux pupilles dilatées en plein extase happés par la curiosité, intrigués par l'identité du possesseur. Ceux là même qui n'auront certainement jamais l'opportunité de l'acquérir, ni de "faire un tour" ne serait-ce qu'une poignée de secondes dans le corps de la bête...

Quelle jubilation pour son heureux détenteur que d'estimer pouvoir stationner finalement en plein milieu de nul part en centre ville là où personne ou presque ne prend l'habitude de stationner son véhicule à tout hasard, sur une zone piétonne, [1] sur des pavés. Après tout, pourquoi garer un tel bolide sur une zone de stationnement commune à d'autres véhicules, cela n'aurait pas de sens...

Quelle fantastique opportunité pour son heureux conducteur que de se déplacer où bon lui semble, quand il le désire, sans toutefois réellement se soucier d'une éventuelle contravention sur la voie publique. Le cas échéant, en cas de verbalisation, l'opportunité de se lever de son fauteuil, de discuter avec un agent assermenté et d'exposer son style, sa personnalité devant le plus grand nombre est trop belle...

Le petit jeu en vaut la chandelle... parce qu'il le vaut bien !


S'exposer... un peu, mais pas trop


En fin d'après-midi, pour éviter qu'un trop grand nombre de personnes (notamment des jeunes... un peu trop d'jeuns pour le propriétaire de la Ferrari) gravitent autour de son bolide, le conducteur a tout de même souhaité déplacer son "cheval de fer rouge" stationné jusque là entre les rails du tram et les premières chaises de bars de la place Grenette.

Tenter de s'approcher un peu trop près de l'objet pour être pris en photo, s'aventurer à vouloir toucher le volant en passant son bras à la vertical de la "cabine de pilotage", risquer de se coller ne serait-ce qu'un instant à la peinture rouge du bolide ou positionner ses mains sur l'arrière du véhicule, cela ne se fait point vous comprenez..?

Je vous le donne en mille : le conducteur est sorti de son anonymat virtuel et a tout bonnement choisi de déplacer son Spider Ferrari et de le stationner son Spider à seulement quelques mètres de là, juste devant la récente boutique Orange... toujours située Place Grenette !

En effet, en toute impunité, mieux vaut rapprocher son Spider de sa table à consommer au cas où le beau bijou rouge s'envolerait, histoire de pouvoir également contrôler tout agissement inopportun sur ce type de véhicule, quitte à laisser moins de places pour la circulation soutenue des piétons.

Le ridicule ne tue... toujours pas.

Altruisme, quand tu nous tiens...

Rappelons-nous également de cette Lamborghini jaune caca d'oie exactement stationnée au même endroit il y a environ 18 mois sur GreBlog MonGrenoble.

Désormais, en matière d'exposition en centre-ville, vous avez tout compris. A Grenoble, la Place Grenette est désormais un lieu incontournable pour jouir de ses plaisirs matériels et afficher sa ringardise.


Apprivoisez temporairement une parcelle du territoire


Je suis toujours fasciné par cette détermination qui consiste à exposer une voiture de luxe de prestige dans une zone publique non prévue à cet effet volontairement devant de nombreux passants qui ne pourront certainement jamais se payer ce genre de véhicule très haut de gamme.

J'adore cette exubérance, ce décalage et cette volonté d'apprivoiser temporairement une parcelle du territoire.

J'adore ce côté "Has Been". J'adore cette projection naïve de soi et cette manière de s'exhiber, de paraître, de s'afficher devant le plus grand nombre.

J'ai toujours apprécié une part infime d'égocentrisme quand il sert à construire quelque chose. Là, je ne vois pas grand chose à bâtir ou à concevoir.

Je reste fasciné par le ridicule. Pourtant, le ridicule ne tue toujours pas.

L'excès... oui, parfois.

Notes

[1] voir ma photo


17

04

2009

Il commence par un H, ne remplit plus sa fonction et mouline dans le vent

grenoble Petit article informel et anodin après quelques jours de repos.

Quand on traverse Grenoble pour se rendre d'un point à un autre de la ville, que l'on soit à pied, en vélo, que l'on emprunte les transports en commun ou que l'on prenne son véhicule personnel pour se déplacer, il n'est pas rare de rencontrer quelques difficultés... toujours au moment où on ne s'y attend pas.

Quoi de plus énervant lorsque nous devons impérativement être à l'heure et nous rendre à un rendez-vous important ou privilégié.

Quoi de plus agaçant lorsque nous devons faire face à un choix imprévu et que le doute s'installe un court instant au plus mauvais moment, lorsque nous sommes pressés... justement par le temps.


Le temps, c'est de l'argent


Un peu de rhétorique.

Comme chacun le sait, le temps, c'est de l'argent... [1] notamment pour certaines collectivités.

Face à cette hypothétique forme de péréquation, je vous propose d'écouter et de visionner cette courte vidéo [2] qui vous fera comprendre pourquoi nous devons parfois faire des choix, remettre en cause sur l'instant notre bonne éducation volonté citoyenne et s'affranchir de certaines règles de bonne conduite en collectivité sur le bitume.


Qui est H ?


Machine à coudre ou métier à tisser automatisé ? Roulement à billes défectueux ou anneaux de balançoire rouillés ? Unité de compostage à la Poste ou rotative d'un grand quotidien régional ? Vieille poussette déglinguée ou vieux pressoir pour fruits et légumes ? Endosquelette en métal ou Terminator à la dérive ?

Non.

Mr H n'assure plus sa fonction régalienne quotidienne. Par contre, il bronze tranquillement et recharge ses batteries sous un beau soleil en milieu de matinée.

Le 10/03/09 à 10h06, au coin de la rue Barral à Grenoble :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Exceptionnellement, celui-ci n'a pas été nourri par les petites galettes rondes de mon porte-monnaie. Ni ses petits camarades en faction de couleur gris se tenant droit, le torse bombé... gentiment positionnés dans les alentours.

Par moment... nous avons tous l'heure, mais nous n'avons pas le temps.

"Qui a le temps et attend le temps perds son temps" [3]

Notes

[1] Benjamin Franklin

[2] tournée après la sortie de mon rendez-vous

[3] William Camden


12

01

2009

Dee Dee Bridgewater à Grenoble pour la cérémonie des voeux de la ville : compte rendu

dee dee bridgewater grenoble Tous les ans, dans le cadre de la cérémonie des voeux, la Ville de Grenoble invite les Grenoblois a fêter la nouvelle année en leur proposant traditionnellement un concert gratuit.

Le 8 janvier 2009 à 20h, ils avaient rendez-vous comme il se doit au Palais des Sports de Grenoble. En 2009, la Ville de Grenoble a décidé d'inviter la chanteuse Dee Dee Bridgewater [1] à se produire sur scène.

La carrière de cette chanteuse américaine résolument francophile est jalonnée de succès.

Depuis près de quarante ans, Dee Dee Bridgewater excelle dans différents répertoires musicaux et oscille entre le Rock, le Rythm and Blues, la Soul, le Funk et bien entendu, le Jazz.


Retirer un billet gratuit pour le concert... n'est pas sans difficulté


Pour assister au concert gratuit de Dee Dee Bridgewater, il fallait se lever tôt... très tôt le samedi 20 décembre 2008. Les billets étaient à retirer dès 9h à l'Office du tourisme de Grenoble (2 entrées délivrées par personne, au maximum).

Le froid glacial n'a pas empêché les premiers Grenoblois de se déplacer pour venir chercher le fameux sésame. Le long du trottoir, des barrières avaient été soigneusement déployées pour accueillir la foule. Dans le calme, sans heurt ni bousculade, ils étaient plus de 300 [2] à attendre patiemment leur tour. A l'entrée de l'Office du tourisme, un agent de sécurité se charge de de faire entrer pas à pas les habitants par petits groupes.

Devant le sas d'entrée, une personne à mobilité réduite plutôt éreintée demande à l'agent de l'aider à grimper les marches de l'escalier. "Dites donc, ça fait 1/2h que j'attends comme tout le monde dans la queue pour avoir ma place (...) Alors pourriez-vous m'aider s'il vous plaît" demande la personne. L'agent rétorque à la brave dame "Madame, pourquoi avez-vous fait la queue comme tout le monde ? (...) Montez par l'autre côté il y a une rampe d'accès directe pour vous".

Lorsque la personne arrive devant les hôtesses d'accueil pour obtenir une place, l'une d'elles, très étonnée par sa présence, explique "Mais Madame, que faites-vous là ? (...) Si vous voulez une place, vous devez vous rendre au protocole à la mairie".

Je vous laisse tout simplement... imaginer la scène qui suit.


L'avant concert


8 janvier 2009. Le jour du concert est arrivé.

Devant les grilles du Palais de Sports de Grenoble, le Comité Anti Olympique (CAO), l'ADES et les Verts distribuent courtoisement des tracts "Non aux Jeux Olympiques, ni ici ni ailleurs", "JO + Rocade + Giant = plus d'impôts" aux spectateurs entrants.

Aucune fouille des habitants devant les grilles [3]. La simple possession d'un billet permet d'entrer. Dans le hall principal du Palais des Sports, de nombreuses personnalités politiques discutent ensemble dans un coin tandis que les spectateurs déambulent dans les couloirs pour trouver leur place. Dans la grande salle, certains élus prennent le temps d'accueillir les Grenoblois. D'autres préfèrent trouver l'emplacement privilégié qui leur a été attribué au premier niveau.

Le concert est prévu à 20h. A 20h32, le public commence à s'impatienter, à se faire entendre. Derrière les rideaux rouges, côté scène, le staff s'agite en coulisse. 20h38, les spectateurs trépinent d'impatience : cela fait bientôt 3/4h qu'ils sont assis. 20h39, les quatre musiciens de la diva du jazz prennent place.


Les voeux de Michel Destot et Dee Dee Bridgewater aux Grenoblois


Il est 20h40, Dee Dee Bridgewater fait son apparition et monte sur la scène au côté de Michel Destot, député-maire de Grenoble. L'artiste est immédiatement acclamée par le public.

Michel Destot prend la parole.

"Je voulais vous dire combien je souhaite chaleureuse, en dépit d'un contexte difficile, de crise internationale avec le conflit du Proche-orient qui nous préoccupe profondément et qui me conduit au nom de toute la communauté Grenobloise à faire un appel à la paix, à la concorde et à la fraternité (...) Crise économique et sociale (...) et vous le savez, notre équipe municipale a décidé de s'engager fermement pour renforcer son action sociale (...) pour renforcer le Service Public pour tous et pour soutenir l'emploi, l'investissement et le développement économique pour notre région Grenobloise (...) Dans cette ville de Grenoble, ville multiculturelle, ville métissée, ville cosmopolite, nous somme très heureux aujourd'hui de recevoir Dee Dee Bridgewater qui est un symbole de l'espoir à l'image de Barack Obama".

Dee Dee Bridgewater s'exprime à son tour, dans un très bon français.

"Je voudrais vous souhaiter moi-aussi une très bonne année 2009 (...) C'est une année où il va falloir beaucoup de courage, de force pour surmonter les problèmes face à nous, les problèmes qui n'ont pas été crées par nous... mais par les gens haut placés". Applaudissement du public.

"Comme l'a dit Barack Obama, lever les manches des chemises pour travailler, pour regagner ceux qui nous appartient (...) C'est difficile pour nous tous et j'espère que la musique va vous soulager (...) Je suis Française au coeur même si je suis née aux Etats-Unis (...) Moi j'ai beaucoup d'espérance dans notre président futur, Barack Obama".


Dee Dee Bridgewater fait vibrer les Grenoblois...


Durant 102 minutes, la diva membre du Haut Conseil de la Francophonie, officier des arts et des lettres et chevalier de l'Ordre national du Mérite a choisi de reprendre avec ses musiciens des grands classiques de la chanson française. Un répertoire éclectique tiré de l'un de ses récents albums "J'ai deux amours" paru en 2005.

Sur scène, Dee Dee Bridgewater interprête des chansons de Brel, Ferré, Trenet, Piaf et d'autres contemporains du siècle dernier. Elle chante "Avec le temps" de Léo Ferré dans une version Afro-Jazz. "Vous savez, Léo Ferré était un homme visionnaire" explique-t-elle. Elle reprend "Ne me quitte pas" de Jacques Brel dans un mélange de Jazz et de Bossa Nova. Elle danse sur scène sur un rythme Jazz-Funk et se prête au Rap le temps d'une improvisation...

Au bout d'une heure sur scène, la diva devient très sensuelle, émet quelques petits cris, quelques gémissements qui amusent la salle. Elle se met à se déhancher et à produire des gestes ma foi... très langoureux. "Excusez-moi, mais j'en ai besoin... on se sent mieux après n'est-ce-pas ?" souligne la diva américaine au crâne rasé.

La seconde partie du concert est meilleure que la première. Le jeu de scène de Dee Dee Bridgewater détone. Tout simplement superbe !


...et se fait siffler par le public


"Normalement, je devrais m'arrêter là Monsieur le Maire, mais je vais continuer" explique Dee Dee Bridgewater à la fin de sa prestation. Elle termine son concert avec une chanson afro-américaine dédiée à Barack Obama. Puis une reprise de "La vie en rose" version cubaine.

Il est 22h18. Le public applaudit la diva et ses musiciens. Des spectateurs se lèvent pour ovationner une dernière fois la chanteuse.

Quelques instants avant de quitter la scène, Dee Dee Bridgewater choisit de s'exprimer à propos de la candidature de Grenoble aux Jeux Olympiques de 2018. La chanteuse n'a pas le temps de terminer ses propos et déjà, une bonne partie du public se met à la siffler ouvertement.

Drôle de "cassure". Drôle de fin.


Ambiance "people"


A la fin du concert, un vin chaud attend les Grenoblois dans le hall du Palais des Sports. Les discussions s'enchaînent. Chacun profite de l'occasion pour observer le regroupement des différentes personnalités civiles, militaires et politiques.

Gratin Grenoblois et ambiance "People".

Les petites phrases vont bon train dans le hall.

Pêle-mêle, "Chéri, tu as vu, c'est lui l'ancien député, il a pas changé tu ne trouves pas ? (...) Mais non je te dis, c'est plus lui l'Adjoint aux Sports, c'est une autre (...) Tiens, regarde là bas, c'est lui le nouveau à GEG... ah mais, il est bien jeune (...) Dis, tu le vois le maire, moi je ne le vois pas...".

Disons-le clairement : les Grenoblois sont aussi venus pour cela. Il est toujours rassurant de voir des nos personnalités... même de loin.

Notes

[1] photo de scène : GreBlog

[2] voir la photo de l'ambiance

[3] on aurait pu s'attendre à l'inverse


24

11

2008

Des Jeux Olympiques de 2018 à Grenoble sur le modèle des JO de 1968 ?

tremplin sanit nizier Dimanche 23 novembre 2008, je suis parti me promener sur les hauteurs du Vercors, plus précisément à Saint-Nizier du Moucherotte pour goûter aux premières couches d'or blanc en famille.

Malgré une température de -4° à 1100m d'altitude, de nombreux Grenoblois décidaient de braver le froid et de sortir leur combinaison de ski pour faire de la luge d'hiver et se promener sur un plateau enneigé partiellement glacé.

Cette présence sur ce "stade de neige provisoire" est l'occasion d'expliquer à mes fils une partie de l'histoire des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble. Ainsi, nous décidons de prendre à pied la direction du tremplin de saut à skis de Saint-Nizier du Moucherotte [1].


Le tremplin des JO de 1968 a t-il un propriétaire ?


Arrivé sur les lieux, nous découvrons une vieille pancarte accrochée au portail métallique permettant l'accès au tremplin. "Tremplin de saut olympique - L'accès du tremplin n'est pas autorisé et présente certains dangers - Le propriétaire décline toute responsabilité". Une autre, plus récente indique "Accès strictement interdit - La direction décline toute responsabilité en cas d'accident".

Il y a t-il une direction ? Le tremplin a t-il (encore) un propriétaire ?

Malgré l'interdiction, conscient du danger éventuel, je décide de m'aventurer sur un large chemin accessible sans encombre. Sur le sol, la neige fraiche tombée la veille révèle de très nombreux pas de promeneurs en direction du tremplin olympique. Force est de constater que ce portail d'un autre âge ne sert qu'à supporter... les pancartes. Après une minute de marche, nous découvrons le tremplin... et naturellement d'autres promeneurs. La famille reste à l'écart du site.


Un tremplin olympique dans un état pitoyable


Je découvre avec stupéfaction l'état de délabrement avancé de la superstructure en béton... complètement abandonnée.

Un pylône en bois volontairement déplacé permettant de monter sur une partie non accessible du tremplin. De nombreux tags et graffitis en tous genres et de toutes tailles placardés sur les parois du tremplin, à tous les étages. Des portes imposantes rouillées depuis des années. Du béton fendu, éclaté, souillé par la rouille des nombreuses tiges d'acier dégoulinant le long de certaines façades. Des escaliers complètement lissés par le passage du temps et des saisons, sans aucune prise sur les marches. Des lattes de bois éclatés sur des dizaines de mètres et des trous béants sur une piste d'envol complètement défoncé et inutilisable. Des barrières en bois noircies. Des hublots déformés, sans visage. Des passerelles d'envol complètement usées par le temps...

De haut, l'image d'un énorme blockhaus en ruine de la seconde guerre mondiale qui pointe son dévolu sur Grenoble.

Un spectacle de béton insensé, pitoyable et déplorable... qui nous plonge dans une incompréhension et un désarroi total.


Petit rappel historique, chiffres et tentatives


Les dernières compétitions sportives ayant bénéficié du tremplin des JO de 1968 datent... de la fin des années 80. Le 9 octobre 1988, Alain Prieur [2]avait réussi à effectuer un record de saut à moto de 84,3m dans le vide à partir du tremplin. En 2001 et 2002, le tremplin devait être progressivement réhabilité par le syndicat intercommunal (Grenoble - St-Nizier) et l'association du Palais des Sports de Grenoble pour devenir un centre de pratique de VTT et d'événementiels associés. Sans lendemain...

Déjà à l'époque, après les JO de 1968 de Grenoble, l'Etat avait signalé son refus d'engager le soutien du fonctionnement du tremplin. En 1992, quelques jours avant le début des JO d'Alberville, le tremplin était "mis en vente" pour... 1 franc symbolique.

Tout récemment, un groupe de personnes a signalé son intention de... rénover le tremplin des JO de 1968.

Comment peux-on accepter de conserver en montagne une telle superstructure de 90 mètres au pied des Trois Pucelles dans un état de vétusté avancée qui a coûté près d'un million d'euros il y a 40 ans lors de sa réalisation et qui a englouti un peu moins de 300 000 m3 [3] de béton ?

Depuis deux générations, tous les arguments s'empilent et se chevauchent, sauf un sur lequel tout le monde s'accorde en se frottant les mains : le temps qui passe finira bien par jeter son dévolu sur une collectivité ou un groupe d'individus qui porteront les responsabilités communes du passé. "Temps" qu'à faire...


Une candidature des JO de 2018 pour Grenoble, sur quel modèle ?


Le tremplin des JO de 1968 est visible à l'oeil nu de Grenoble.

De loin, le conserver dans cet état de fait confère à la ville une image symbolique de sa réussite depuis les années 50-60 : celle de la grande époque, de ses premiers grands investissements qui ont fait le développement économique de Grenoble jusqu'à nos jours.

De près, le conserver dans cet état de délabrement sans qu'il y ai eu véritablement de solutions concrètes de remplacement, de réhabilitation, de restructuration ou de destruction me semble peu compatible avec l'opportunité de voir revenir un jour les Jeux Olympiques à Grenoble.

En cas de victoire de candidature de la ville de Grenoble pour les Jeux Olympiques de 2018, il apparaît évident que la pérennité et la reconversion des prochaines infrastructures devront être une priorité absolue sur l'ensemble du dispositif.

Sous peine de revivre les mêmes problèmes que nous traînons malheureusement comme un boulet... depuis 40 ans.

Notes

[1] voir une vidéo de l'INA

[2] exploits

[3] donnée à confirmer


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08

2008

Un été "populaire" au Parc Paul Mistral

ete grenoble Pour la seconde année, la Ville de Grenoble organise durant la saison estivale, du 4 juillet au 1er septembre 2008, un "Eté au Parc Paul Mistral".

Une invitation à la détente, au divertissement, à la danse, à la pratique de nombreuses activités offertes aux habitants de Grenoble et ses environs.

Fort de son premier succès en 2007, la Ville de Grenoble reconduit l'initiative et choisit d'agrandir le périmètre "estival". De nombreuses associations et clubs sont invités à faire découvrir de nombreuses activités pour la plupart, réservées aux enfants : parcours acrobatique, bassin de jeux d'eau, murs d'escalade, ateliers de construction, tours de poneys, tir à l'arc, Touch'Rugby...

En parallèle, les adultes ont également l'opportunité de se reposer sur des chaises longues, dans des hamacs au "Solarium", de jouer au Beach-Volley, d'entretenir leur corps par le Fitness, d'effectuer du Jogging, de jouer également aux Echecs ou d'être massés par des professionnels en fin de semaine...


Le "Paris-plage" Grenoblois : mixité sociale relative


La municipalité s'est donnée les moyens d'accueillir petits et grands : ce "Paris-plage" Grenoblois est une très bonne initiative.

Et à première vue, on se demande pourquoi la municipalité de Grenoble n'y avait pas pensé les années précédentes. Pour la saison d'été 2008, les nombreux ateliers occupent une grande partie de l'espace du Parc Paul Mistral, de l'angle avenue Jean Perrot et du boulevard Jean Pain jusqu'aux nouvelles extensions du parc près de l'Isère.

Sur place, l'engouement des habitants participant à l'opération est visible. En majorité, il s'agit de parents et enfants issus de milieux populaires et/ou qui n'ont pas toujours l'opportunité de partir en vacances. D'autres enfants inscrits en centre de loisirs viennent en groupe également goûter aux ateliers.

En d'autres termes, la mixité sociale est au rendez-vous : mais elle reste relative.

L'une des principales attraction journalière réservée aux enfants est "l'Espace Fraîcheur" au pied de la Tour Perret. Un vaste plan d'eau sur deux bassins les accueillent. Par deux fois, je me suis rendu sur place avec mes enfants en juillet).


Encadrement, délégation et responsabilité


Alors qu'il est indiqué que les enfants doivent naturellement rester en permanence sous la responsabilité et sous l'oeil vigilant de leur parents ou accompagnateurs, force est de constater que ces derniers ont fâcheusement tendance à négliger l'attention qu'ils doivent porter sur eux.

A mon grand étonnement, une fois dans l'eau, très peu de parents surveillent leurs progénitures.

Lors de mon premier passage au parc, près de 65 gamins s'éclataient dans l'eau, encadrés seulement par 3 jeunes animatrices complètement débordées par l'ambiance et la situation. L'une d'elle discutait avec une toute petite fille, heureuse de la revoir depuis la veille. Une autre, était occupée à signaler à un parent qu'il ne devait pas marcher habillé sur le sol des plans d'eau (le parent, pieds nus, étonné, souhaitait simplement aller à la rencontre de son fils pour lui indiquer qu'il devait sortir du bassin). La dernière, faisant des allers-retours entre la cabane du matériel aquatique et l'un des bassins.

Difficile d'y voir clair. Difficile d'observer un encadrement responsable. Pourtant, il est stipulé dans la brochure officielle "Animations ouvertes tous les jours au public de 12h à 20h, encadrées et sécurisées par une équipe d'animateurs". Les parents n'ont pas compris le message.


Entre aménagement, irritation et propreté


Mon fils aîné s'est baigné un instant dans les jeux d'eau... sous ma surveillance. Vu la foule et le manque de place dans les bassins, il avait du mal à prendre ses repères et à jouer dans l'eau.

Après être sorti de la piscine, au moment de l'essuyer avec une serviette de bain, j'ai constaté sur la peau de mon fils de nombreux poils de différentes tailles et couleurs sur son corps. Étonné sur le moment, j'ai cru un instant qu'ils provenaient de ma serviette : négatif. Il s'agit de poils des enfants en provenance du bassin. Ma réaction fut de me demander si l'eau des piscines était convenablement traitée.

Par ailleurs, une amie rencontrée près de l'anneau de vitesse me signalait qu'un des bassins (celui de droite) avait été vidé la veille en pleine journée d'activités en raison du vomissement d'un enfant dans l'eau. L'opération a duré à peine 5 mn : il fallait rapidement effectuer un nouveau remplissage pour continuer d'accueillir et de répartir les nombreux enfants dans les bassins.

Au moment de quitter les lieux, j'observe une maman en train d'aider sa fille à "faire ses besoins" sous des arbres du parc situés à seulement quelques mètres des hamacs et des aires de jeux pour enfants (Ouistiti). De quoi en décontenancer plus d'un à la vue de ce comportement.

A quelques mètres de là en retrait, se trouve le bureau d'informations des activités du parc. Je m'y rends immédiatement. J'attends mon tour devant quelques personnes venues gratuitement réclamer avec insistance une casquette ou un chapeau estampillé "Ville de Grenoble" pour se protéger du soleil. (Cela m'a bien amusé : l'hôtesse d'accueil n'en avait plus en stock et les gens repartaient bredouille en soupirant).

Mon tour venu, je demande où se situent les toilettes. J'obtiens la réponse suivante : "Ah...et bien... normalement, on doit en mettre et on attend depuis quinze jours la société qui doit les installer sur les jeux (...) mais ils doivent arriver normalement (...) Sinon, vous pouvez aller là bas beaucoup plus loin aux toilettes payants..." me signale l'hôtesse. Nous étions fin juillet.

Lorsqu'une famille reste tout une après-midi près des ateliers, j'ose espérer que des toilettes mobiles et gratuites apparemment tant attendues ont pu être installées depuis... sic !


Des ateliers et activités victimes de leur succès


Un vendredi, lors de mon second passage au parc, j'ai emmené mon fils s'initier à la fabrication de cerfs-volants.

Durant deux heures, une association (Imagin'air) proposait gratuitement aux enfants d'apprendre à construire, à décorer et à piloter des cerfs-volants. Un succès total, un succès énorme à tel point que la municipalité de Grenoble a sous-estimé le nombre (40) de cerfs-volants à commander chaque semaine auprès de l'animatrice de l'atelier de création (voir ma photo). En discutant avec elle, celle-ci m'indiqua qu'elle avait été verbalement vilipendée par des parents énervés de n'avoir pas pu obtenir de place pour leurs enfants sur l'atelier.

Ce jour là, Michel Destot, député-maire de Grenoble en tenue décontractée, faisait tranquillement le tour des ateliers à la rencontre des Grenoblois sur le Parc Paul Mistral en compagnie des responsables de la manifestation estivale.


En vidéo, l'ambiance journalière d'un "Eté au Par Paul Mistral" :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



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06

2008

A Grenoble, le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère...

stationnement voiture grenoble Largement intronisé dans la campagne des municipales comme l'un des sujets politiques majeurs de l'agglomération, la circulation et le stationnement de véhicules à Grenoble restent au quotidien l'une des principales priorités pour les Grenoblois.

A leur manière, les politiques tentent d'analyser la situation, soumettent des projets plus ou moins pertinents sur le terrain, proposent des initiatives, lancent des alternatives avec le soutien d'experts, de professionnels et cherchent à résoudre les problèmes récurrents de circulation.

En parallèle, le comportement de certains conducteurs de véhicule en ville est loin de faire l'unanimité.


Les politiques tentent de résoudre les problèmes de circulation...


Comme j'aime parfois le rappeler, tout est fait à Grenoble pour limiter globalement la circulation des véhicules à moteur en ville.

Suppression de places de parking, rétrécissement de voies obligeant fortement les conducteurs à ralentir (causant parfois de nombreux "bris" involontaires de rétroviseurs extérieurs), franchissement de passages surélevés, réaménagement de carrefours, ajout de feux tricolores, de rond-points sur de longues distances etc.

Désormais, aucun projet n'échappe aux priorités d'accès en matière de transport en commun et de nombreuses grandes villes françaises ou européennes prennent modèle sur les réalisations menées par la ville de Grenoble ou la Communauté d'agglomération Grenobloise.


...tandis que le comportement de l'automobiliste lambda ne change guère


En parallèle, les comportements de nombreux citoyens ne changent guère. Pire, ils s'accentuent ou se pérennisent.

Il faut dire que certains automobilistes ne manquent pas d'air et ne pensent qu'à entretenir ou préserver leur "pré carré" lorsqu'il s'agit de garer un véhicule sans toutefois se soucier de leurs concitoyens.

Prenons un exemple, au niveau du quartier Mutualité à Grenoble. Prenons le cas des rues Joseph Fourrier et des Dauphins.

Bien que la rue des Dauphins autorise le stationnement bilatéral, des conducteurs peu scrupuleux n'hésitent pas à stationner leur véhicule à l'angle des deux rues, directement sur le passage piéton, empêchant du même coup toute visibilité accrue ou possibilité pour le piéton de circuler en toute sérénité et en toute sécurité.

Un vrai danger pour les familles qui très souvent, prennent l'habitude de passer à cet endroit pour se rendre directement au Jardin des Plantes situé en face de la Mairie de Grenoble. Nombreux sont celles et ceux qui sont accompagnés de jeunes enfants ou d'une poussette et qui remontent la rue pour rentrer chez eux en passant par le centre-ville de Grenoble.

Juste à l'angle, devant ce lieu de stationnement non autorisé, un "crayon jaune" indique la sortie d'une école. On imagine aisément les difficultés engendrées par les parents d'élèves lorsqu'il s'agit naturellement de traverser la rue. Mauvaise visibilité des piétons les obligeant à contourner le véhicule mal garé et à circuler sur la chaussée en dehors du passage piétons. Perte de repère visuel pour tout conducteur d'un véhicule en circulation désirant changer de rue au niveau de l'intersection


Je m'installe, donc j'existe


Je reste persuadé que l'automobiliste agit volontairement en connaissance de cause lorsqu'il décide de se garer de cette manière sur la chaussée. En stationnant ainsi, il connaît naturellement les risques d'insécurité qu'il risque d'engendrer. Son comportement est volontaire, sans équivoque.

Le contraire serait... étonnant.

Pour beaucoup, le véhicule est le prolongement de soi : une forme de projection de sa présence dans un territoire, dans un milieu qui n'est pas forcément le sien et dans lequel on cherche à s'installer quelques instants pour attirer l'attention.

Il semblerait que la prévention n'ait aucun effet dissuasif face à un tel comportement égoïste et méprisant. Ce comportement doit faire l'objet d'une sanction méritée qui dans ce cas, paraît plus que nécessaire.