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2008

Réunion de concertation du Conseil Général de l'Isère à Grenoble sur le projet de Rocade Nord : principaux arguments

rocade nord grenoble Article maj le 16/12/08 [1].

Jeudi 11 décembre 2008, le Conseil Général de l’Isère (CG38) organisait à Grenoble une réunion publique dans le cadre de la concertation préalable engagée depuis de 15 novembre. Une étape transitoire du projet non définitif au cours de laquelle habitants et porteurs du dossier concernés peuvent s'exprimer et ce, jusqu'au 15 janvier 2009 [2].

Face au public, quatre principaux orateurs venus porter le projet de Rocade Nord : Marc Baïetto, Vice-président chargé de l'aménagement et de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements. Alain Mistral, Vice-président chargé de l'administration générale et des finances. Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au département et Pascal Raoult, Ingénieur.

Dans la salle, de nombreuses associations particulièrement opposées au projet font entendre leur voix au cours du débat. D'autres personnalités sont là. Notons la présence des Conseillers généraux Jacques Chiron, Christine Crifo, Olivier Bertrand et Roger Pellat-Finet ainsi que Jean Cognet, porteur du tracé "Cognet" (voir l'interview).


Le public n'est pas au rendez-vous


Contrairement à l'an passé, le public ne s'est pas déplacé en masse au CRDP. A peine une centaine de personnes dans la salle et de nombreux sièges vides. Un nombre sensiblement identique à celui constaté lors de la réunion du collectif CAIRN [3] à Grenoble il y a quelques jours (lire mon article).

Le dossier reste sensible. Le cadre est fixé en introduction. "Ce projet suscite beaucoup d'intérêts et de points de vue passionnés (...) Je vous demande de respecter la parole d’autrui et de respecter les règles [4] (...) J'espère que vous donnerez une certaine dignité à ce débat" souligne le modérateur de la soirée. Ce dernier fait également part de son étonnement en constatant le peu de personnes présentes.

Durant une trentaine de minutes, les principaux porteurs du projet exposent au public les différentes étapes du projet et leur positionnement en s'appuyant à la fois sur des études et des constatations. Juste avant de débattre, les habitants sont invités à suivre la projection du film [5] (visible ici) commandité par le CG38 présentant une modélisation (images de synthèse) du projet de Rocade Nord.


Les arguments des porteurs du projet de Rocade Nord


"On n'est pas au ordre de la Chambre de commerce (...) Ce projet va libérer du foncier (...) Cette rocade s’inscrit bien dans un cadre, celui du développement des transports publics financés à 80% par l’activité économique de la région" explique dans un premier temps Marc Baïetto.

Max Lambert est chargé de présenter rapidement les différentes familles de tracés "éloignés" (ex : le tracé Cognet) et "rapprochés" (ex : le projet initial de la DDE et... celui du CG38). Son exposé s'appuie notamment sur les conditions techniques de réalisation, la requalification des secteurs urbains, la qualité de l’air. Bien entendu, l'objectif est de focaliser l'attention du public sur le tracé "rapproché" proposé par le CG38 [6], maître d’œuvre du projet de Rocade Nord.

Pour les porteurs du projet, il s’agit je cite... de "mieux desservir l’Agglomération Grenobloise, d’apporter une réponse adaptée aux besoins des Isérois, de réduire le trafic sur les grandes voies urbaines, de limiter l’impact en surface des ouvrages" avec une volonté "d'interdire la circulation des poids lourds".

Pour le Chef de projet Rocade Nord, "Rien n'est arrêté pour le moment (...) Nous réfléchissons à la requalification des échangeurs et diffuseurs (...) La rocade doit contribuer au développement durable du territoire (...) Il sera possible de faire du paysager, du mode doux, de reconquérir des espaces naturelles, de réduire la pollution en diminuant les déplacements dans l’Agglomération (...) Une route intelligente sur laquelle des informations pertinentes de circulation seront proposées aux automobilistes".


Les arguments des collectifs et associations


Le public est invité à débattre. La règle conduit les associations à s'exprimer durant 15 mn.

"Le Conseil Général vient de vous présenter un très joli film de science-fiction (...) Nous aurions bien aimé vous présenter un dossier alternatif mais hélas, il en a décidé autrement" souligne Philippe Zannola de l'ADTC. Applaudissement dans la salle.

L'ADES pose une question : "Dans le dossier de concertation, il manque pas mal de données économiques et financières (...) On voudrait avoir une confirmation sur les chiffres du coût d'exploitation annuelle de 4M€ et du coût des recettes de péage de 15 M€" [7].

Le collectif RESPIRON s'interroge : "Je ne vois pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes des bouchons endémiques sur Crolles et Voreppe (...) Je me demande aussi qui, en 2014, va bien pouvoir prendre cette rocade nord ?". Son représentant évoque une phrase qu'aurait mentionnée André Vallini dans un journal. "Le 11 janvier 2008 dans Les Affiches de Grenoble, le Président Vallini m'a donné une réponse, je cite le Président Vallini... nous faisons la Rocade Nord pour les VRP, les commerçants et les artisans, pas pour les salariés qui peuvent prendre le bus" [8].

Marc Baïetto choisi de ne pas rentrer dans le "jeu" des petites phrases et préfère effectuer une mise au point.

"Je n’ai jamais dit que directement la rocade réduirait les bouchons, par contre nous ne les réduirons pas si nous ne faisons pas la rocade (...) Aujourd’hui, on a à traiter une ville qui ne peut fonctionner qu'en s’appuyant sur des moyens de mobilité individuel, qu’on a laisser se vautrer dans l'espace qui est autour de la ville-centre (...) La première chose que nous avons à faire, c'est de densifier la ville, construire des logements (...) Et je le redis, le SMTC, le Département, la Métro peuvent financer de l’investissement mais le problème majeur que nous avons, c'est du fonctionnement (...) Quand vous prenez les transports en commun, nous finançons 17% du coût, ça veut dire qu'il faut trouver 83% ailleurs (...) Le principal usage premier attendu de la Rocade, c'est l'usage économique".


Les arguments du public


Une habitante estime que la voiture doit faire partie du passé. "J’ai 4 enfants, j’ai réussi à abandonner la voiture, nous nous déplaçons en vélo, en bus et je pense que nous avons encore des progrès à faire dans ce sens, inventons un monde nouveau".

Une autre personne souligne l'énorme travail réalisé par les acteurs du projet mais pense que ce dernier arrive un peu trop tard. "Pour moi ce qui ne va pas, c'est qu'on mette des voitures dans cette rocade (...) Il faudrait que ce projet soit recyclable pour y mettre plus tard des trains (...) Faites les tailles des tunnels pour qu'ils soient utilisables plus tard, voyez plus loin que le bout de votre pare-choc".

Autre intervention d'un participant "Ce projet est mal ficelé (...) Un tunnel, c’est fait pour absorber tous les trafics (...) Grenoble a fait tomber son autopont, on va pas refaire un méga viaduc à La Casamaure".

Une habitante s'appuie sur le Grenelle de l'environnement pour justifier ses propos: "Avec le Grenelle, on nous rabâche qu'il faut réduire la voiture et la pollution et là, on développe plus de route (...) En terme de message et de sensibilisation de la population, c'est un petit peu compliqué à comprendre".

Bruno Ferrand, membre du CCS3 [9] de Grenoble, exprime son opposition à l'élargissement et au passage deux fois trois voies de l'A480 et à tout aménagement qui conduirait à une augmentation de la circulation, de la pollution et du bruit. Il évoque le concept "d'autoroute apaisée" à expérimenter : limitation de vitesse à 70km/h de jours comme de nuit.

A l'opposé, une participante estime que la Rocade Nord aurait du voir le jour depuis longtemps et que cette infrastructure est un bon projet pour l'avenir.


L'argumentation des porteurs du projet de Rocade Nord a peu évolué. L'orientation est la même. L'objectif est d'agir. Les réponses sont toutes prêtes. Le ton reste déterminé.

Par ailleurs, les remarques des habitants évoluent également. Au delà des interprétations et justifications de chacun, on a le sentiment que beaucoup ont compris que ce projet de Rocade Nord poursuit sa route et devrait aller à son terme.

Désormais, beaucoup s'interrogent sur la qualification et l'usage du futur contournement routier. Et parmi les principales préoccupations soulevées... la durée de vie de la Rocade Nord.

Notes

[1] ajout d'une remarque sur l'A480

[2] à propos de la consultation

[3] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[4] cadrées, plutôt strictes et formelles...

[5] deux habitants baillent au moment où on rallume la salle après projection

[6] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[7] mentionnés dans le rapport d'expertise Hersant, lire ici

[8] propos à confirmer

[9] CCS gelés, en hibernation pour le moment...


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12

2008

Certains élus commencent à soulever des inquiétudes sur le projet de Rocade Nord

rocade nord grenobleLe projet de Rocade Nord n'en fini pas de faire parler de lui.

Depuis la consultation publique organisée mi-2007 par le Conseil Général de l'Isère (CG38), maître d'ouvrage du projet d'infrastructure routière, de nouvelles données, études et analyses sont venues "étoffer" le dossier sensible de la Rocade Nord.

Depuis une année, de nouvelles informations complémentaires viennent préciser officiellement et officieusement le cadre et les perspectives du projet : nouvelles expertises à l'appui, nouvelles prospectives et estimations financières.

Sur ce dernier point, il semblerait que certains élus commencent à retourner leur veste.


La Rocade Nord, depuis un an


A commencer en octobre 2007 par la publication et la diffusion du vrai rapport de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) quelques semaines seulement après la consultation publique. Le document initial contenait des informations sensibles sur la modélisation du trafic. En l'occurrence, des données sur les conséquences d'une prépondérance et d'une attractivité de la voiture dans les déplacements aux dépens des transports collectifs.

En février 2008, pour le compte de la Société Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) en charge de la définition du PDU 2007-2012 (dont la délibération a été annulée le mois dernier), l'AURG a réalisé une étude prospective permettant d'évaluer l'impact du projet de Rocade Nord d'ici 2025. Un rapport très intéressant modélisant différents scénarios sur le trafic, la population et l'usage des transports... avec et sans Rocade Nord.

En juin 2008, suite à un appel d'offre, le CG38 demande à un bureau d'étude indépendant (SECAD, Amiens) d'apprécier les impacts d'un scénario alternatif de déplacements dans la région Grenobloise... en tenant compte de l'existence de la Rocade. Dans sa conclusion, le rapport souligne que "le projet global de déplacement fondé sur la réalisation de la Rocade Nord" (...) nous apparaît favorable au développement d'une mobilité durable dans ses 3 facettes - économique, sociale et environnementale - de l'agglomération Grenobloise".

En octobre 2008, estimant que le chiffrage du coût actuel annoncé n'a pas été pleinement étudié, l'Observatoire des Finances et Politiques Publiques (OFIPOPU) décide d'analyser les coûts successifs estimés pour la réalisation du projet de Rocade Nord. Le PDU 2000-2010 annonçait un premier coût de 300 M€. En 2004, le devis de la DDE sur le projet PDU portait le coût à 763M€ (valeur 2006). En 2006, le CG38 diffusait le chiffre de 580 M€. Fin 2008, l'Observatoire estime que le projet de Rocade Nord couterait au minimum... 733 M€ (valeur 2006) et 836 M€ (valeur juin 2008).


La Rocade Nord, et maintenant


Le CG38 a lancé le 15 novembre 2008 une concertation préalable obligatoire avant projet auprès du public. Jusqu'au 15 janvier 2009, un dossier de présentation et un registre destiné aux observations sont mis à la disposition des habitants à l'Hôtel du département et dans les communes concernées de Fontaine, Grenoble, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et Sassenage.

Début 2009, le CG38 devrait se prononcer sur le coût réel de la Rocade Nord et ses différentes modalités de financement. Au second semestre de la même année, une Enquête d'Utilité Publique (EUP) devrait suivre en attendant le lancement des études de l'avant projet.


Des "propositions alternatives innovantes" à la Rocade Nord


De nombreuses personnes hostiles au projet se mobilisent pour proposer "des alternatives innovantes" à la Rocade Nord.

Une fédération, des unions de quartier, des groupes et de nombreuses associations se réunissent sous l'égide du Collectif pour des Alternatives Innovantes à la Rocade Nord de Grenoble (CAIRN) "convaincu que le projet de Rocade Nord de Grenoble aurait un impact négatif pour notre agglomération, et qui milite pour un Plan de Déplacements Urbains (PDU) alternatif".

Mardi 2 décembre 2008, le CG38 organisait l'une de ses réunions de concertation à Saint-Martin-le-Vinoux[1], . Au même moment, le CAIRN organisait une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble.

Une petite centaine de Grenoblois est venue écouter les arguments du CAIRN. Globalement, le discours est rapide, construit, bien huilé, parfois décousu. Il se veut déclaratif, percutant et particulièrement offensif. Le collectif passe en revue ses "10 idées fausses sur la Rocade Nord" en se basant sur des comparaisons et de nombreux chiffres [2].

La moindre observation émise par les acteurs du projet devient le support d'une contre-proposition "crédible" pour les opposants. Toutes les alternatives sont passées en revue : réseau TER structurant, lignes tram-train, tram urbain, prolongation de lignes actuelles, retour du trolleybus, priorité aux feux, double-sens cyclables et déplacements à vélo, stationnement, intermodalité, paysage immobilier, tarifications à venir, ... jusqu'à l'opportunité de trouver de nouveaux modes de financement.


Inquiétudes de certains élus sur le projet de Rocade Nord


"On sait que deux communes ne veulent pas de la Rocade, La Tronche et Saint-Martin-le-Vinoux (...) Depuis peu, on sait que Saint-Egrève se positionne et que d'autres communes qui au départ avaient accepté la Rocade Nord pour le principe commencent à s'interroger sérieusement depuis un an, voir à reculer en arrière (...) La plupart ne veulent pas le dire tout haut" explique Antoine Jammes, Vice-Président de l'ADTC.

Selon Olivier Bertrand, Conseiller général du canton 1de Grenoble, la vision de la Rocade Nord est bouleversée : "Depuis la consultation de 2007, le projet a complètement changé dans sa manière d'être porté médiatiquement (...) Si vous remarquez bien, il y a une évolution vers le manque d'intérêt du projet (...) La situation financière du Conseil Général est plutôt bonne mais avec la crise, même s'il prend un prêt de 400 M€ pour faire la Rocade, il ne pourra certainement plus financer ailleurs d'autres structure".

Pour le Conseiller général, le financement du projet est la clé : "Attaquer la Rocade Nord sur le fond, je me demande si ça sert à quelque chose (...) Il va bien falloir que le Conseil général s'exprime sur le chiffrage exact et quand on l'aura, on va vite s'apercevoir qu'il ne pourra peut être pas suivre son projet vu le contexte économique (...) En réalité, la question financière est au coeur de la problématique, c'est la seule qui à mon sens peut faire plier le projet".


Réactions du public sur le projet de Rocade Nord


Pêle-mêle, quelques réactions du public lors de cette réunion.

"Il serait temps de repenser la notion du travail en France et d'en parler car on s'attache à se déplacer alors qu'on pourrait faire du télétravail et mieux s'organiser" - "La Rocade Nord si elle se fait, c'est qu'il y a des gens qui ont de l'argent à gagner dans l'histoire" - "De toute façon, on sait bien qu'elle va se faire et qu'elle est déjà décidée en haut lieu et nous on compte pour rien" - "La Métro et la Ville de Grenoble sont de plus en plus endettées, ca va peser sur nos impôts" - "On nous dit que pour réaliser ou financer la future ligne E du tram à Grenoble, les quais ou l'Espanade, la Rocade Nord doit se faire et que tout est lié en attendant les JO de 2018" - "Plus on fait des infrastructures, plus le trafic automobile augmente et pas l'inverse" - "On sait pertinemment que ça coutera plus cher à la fin et ça coutera un milliard d'euros à la collectivité".


L'annulation de la délibération du PDU 2007-2012 inscrivant le principe de Rocade Nord relance une partie du débat sur sa réalisation.

Face à la crise économique et financière, le CG38 maintient son cap et ses ambitions sans toujours dévoiler avec précision le détail de ses intentions. Au regard des situations, des élus s'interrogent sur l'opportunité de réaliser un projet structurant devenu un "pretexte" pour en réaliser d'autres au sein de l'agglomération Grenobloise.

En parallèle, le CAIRN admet qu'il n'a pas toujours les moyens de ses ambitions lorsqu'il s'agit d'expliquer son positionnement et ses prérogatives auprès de l'ensemble de la population concernant le projet de Rocade Nord.

Notes

[1] Le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[2] Le CAIRN et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/


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06

2008

Un car scolaire peut en cacher un autre

bus grenoble Il n'est pas rare que notre quotidien nous réserve une surprise. Celle-ci est plutôt amusante et peut en surprendre plus d'un. A commencer par une directrice d'école, des enseignants et des parents d'élèves.

Lundi 16 juin 2008. Après un week-end chargé et une bonne nuit de sommeil bien méritée , mon fils se lève tranquillement vers 7h, déjeune en famille, se lave et s'habille dans sa chambre.

C'est un grand jour pour lui et tous ses petits camarades de classe. Ils ont la chance et l'opportunité de partir en "classe verte" pendant une semaine à Pont-Saint-Esprit (Gard ), au cœur d'un grand domaine, une bastide provençale aménagée pour accueillir des enfants dans des chambres de 2 ou 3 lits, équipées chacune de salle d'eau et sanitaires individuels. Un confort qui en ferait rêver plus d'un.


Préparer une "classe verte" : le parcours du combattant


Ce voyage de fin d'année est organisé par les enseignants de deux classes de grande section (GS) de maternelle à l'Ecole Bizanet (non loin du Musée de Grenoble).

A les écouter, organiser une "classe verte" est un véritable parcours du combattant. Il faut s'y prendre très très tôt (dès le mois d'octobre ou novembre... pour un séjour en juin).

En plus de s'occuper toute la journée de nos enfants en classe et de la logistique d'organisation du séjour semaine après semaine, le corps enseignant est quasi dans l'obligation de se transformer en gestionnaire avisé, adossé à un profil commercial, pour espérer pouvoir partir un jour ou l'autre avec les enfants. Un voyage qui n'aurait pu se faire et se concrétiser sans la ténacité, la volonté et l'audace des jeunes maîtresses, l'énergie de certains parents d'élèves et le formidable soutien tonique de la directrice de l'Ecole maternelle et primaire.

La tâche est compliquée. Sans eux, rien ne peut se faire.

Partir en "classe verte" en 2008 est plutôt inespéré et ce, pour différentes raisons : demander l'autorisation des parents d'élèves, respecter les normes de sécurité en vigueur en milieu scolaire, gérer l'angoisse naturelle de nombreux parents d'élèves (entre ceux qui n'ont jamais eu l'opportunité d'emmener leur enfant en vacances, ceux qui les surprotègent ou ceux qui évoquent la présence éventuelle d'un maniac sexuel sur place en s'appuyant sur l'information des journaux télévisés...), gérer les tracasseries administratives, courir derrière les subventions et obtenir le financement nécessaire...


Payer des impôts, s'entraider pour pouvoir partir


Ce genre d'opportunité de séjour d'une semaine en "pension complète" pour nos enfants permet de rappeler à tous à quoi peuvent également servir nos contributions et impôts locaux.

Pour deux classes de maternelle (environ 53 enfants), le prix total du séjour avoisine... les 11 000 euros : une somme non négligeable. Une moyenne de 205 euros par enfant (certains parents ont deux enfants dans les classes).

Notons que la Mairie de Grenoble prend tout de même à sa charge près de 34% du montant du séjour. Le Conseil général de l'Isère, 12%. L'Ecole, 2%. Les 52% restant sont entièrement à la charge des parents qui doivent se débrouiller pour régler le solde en fonction du quotient familiale de chacun (entre 55 et 160 euros pour un enfant après subventions).

Certains parents d'élèves ont soulevé des difficultés financières. Pour le corps enseignant, tous les enfants doivent partir, sans condition. Des ventes de gâteaux et de plats préparés à la sortie de l'école ont permis ces dernières semaines de répartir et d'abaisser au final les sommes dues et demandées aux parents d'élèves : des idées, de la volonté et une solidarité active, partagée, indispensable, ont permis à tous les enfants de partir ensemble en séjour.


Embarquement... à destination ?


Le grand moment du départ en "classe verte" arrive. Il est 8h45. Le personnel enseignant invite tous les parents d'élèves, enfants et leurs bagages à se rendre devant l'entrée de l'école pour attendre l'arrivée du car scolaire.

Vers 9h10, un car de couleur vert arrive sur les lieux et se gare. Le chauffeur descend, ouvre les soutes à bagages. Une à une, les enseignantes de chaque classe invite respectivement les parents d'élèves à déposer les bagages dans les soutes et à faire monter les enfants dans le car après une premier pointage. La directrice de l'Ecole est là, s'active avec ferveur et charge à elle seule la moitié des sacs et valises des enfants.

Sur le quai d'embarquement, la joie et l'angoisse se lient sur les visages des parents. A travers les vitres, les enfants s'excitent à l'idée de partir, font gentiment les pitres tandis que d'autres appréhendent la séparation et pleurent dans le car.

Pour clôturer la scène, je profite de l'occasion pour plaisanter avec quelques parents légèrement inquiets de voir partir leurs enfants une semaine durant laquelle toute communication directe est volontairement interdite. Je lance quelques boutades "Eh mais, vous avez vu, les pneus du car à l'avant sont lisses [1] (...) La, c'est bon, regardez, ce car est homologué, on leur met la ceinture à l'intérieur (...) Vous savez que le chauffeur s'est arrêté à l'Ile Verte pour boire un petit blanc avant de venir ?". Rien de tel pour décoincer quelques connaissances.

Juste au moment où le chauffeur ferme les soutes et s'apprête à monter dans le car pour partir à destination, il reçoit un appel sur son mobile.

Visiblement, il y a un problème. Le conducteur s'est trompé d'école.


Un car peut en cacher un autre...


La directrice de l'Ecole, les accompagnateurs et les enseignants n'en reviennent pas. Le chauffeur était prêt à emmener les enfants... je ne sais où. Lui même n'a pas eu le moindre doute au moment d'embarquer des centaines de kilos de bagages dans ses soutes. Sans ce coup de fil, les enfants et leur maîtresse seraient partis... peut être dans le nord...

Pire : les gens se sont rendus compte que le "bon car" n'était finalement toujours pas arrivé sur place. A peine 2 minutes plus tard, le car jaune "TransIsère" du Conseil Général de l'Isère arrivait enfin devant l'Ecole.

Conscient du retard pris sur l'horaire, pour dissimuler au mieux à la fois l'état d'angoisse immédiate des parents et l'incompréhension des enfants qui se voyaient obligé de redescendre du premier car, les parents d'élèves ont formé instinctivement sur le parvis une file indienne entre les deux cars. Chacun faisant rapidement passer la totalité des bagages d'une soute à une autre [2].

En moins de 3 minutes, corps enseignant, bagages et enfants étaient prêt à partir... pour la bonne destination... dans le "bon car".

Sur le moment, hors de toute plaisanterie cette fois, je fais remarquer aux parents que le car jaune "TransIsère" à l'air plus récent que le précédent car vert. Ses pneus sont neufs et crantés.

Aux dernières nouvelles, tout le monde est arrivé à bon port. Il paraît que le domaine est magnifique. Dans le sud, il fait beau : les enfants sont déjà partis se promener dans la campagne.

Volontairement éloignés de leurs parents pendant une semaine, sans contact ni communication directe, ces enfants âgés de 5 et 6 ans vont apprendre à vivre ensemble une expérience unique à la campagne. Vu le prix du séjour, jamais ils n'auraient pu partir sans l'aide de l'Ecole, de son personnel motivé... et le soutien des collectivités.

Notes

[1] effectivement...

[2] en photo, la file indienne des parents... dissimulant leur inquiétude dans l'action


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12

2007

Bonjour, un menu GIANT XL pour Grenoble, l'Isère et le Conseil Général de l'Isère s'il vous plaît !

giant grenoble Le 19 octobre 2007 dernier, le Conseil général de L'Isère (CG38) dévoilait un nouveau projet d'envergure national et international pour la ville de Grenoble , l'Isère et la région Rhône Alpes. Une perspective également présentée le 19 novembre 2007 devant le Conseil Municipal de Grenoble.

Le projet "GIANT", Grenoble Isère Alpes Nano Technologies (nom de code peu apprécié de certains élus, notamment par Geneviève Fioraso [1]) est un projet très ambitieux portant essentiellement sur la requalification du Polygone scientifique, le développement technologique et économique de l'Isère et sur une volonté d'agrandir, d'émanciper le centre ville de Grenoble.


GIANT, un projet d'envergure internationale, un MIT à la française


Un projet d'urbanisme gigantesque sur lequel le CG38 travaille "en secret" [2] depuis janvier 2007, étayé par un rapport de Marcel Morabito mettant l'accent sur le principe de la compétitivité internationale, le maillage territorial ou la gouvernance universitaire. S'appuyant sur l'opportunité et le professionnalisme du transfert technologique, le rapporteur souligne la nécessité d'amener une vision à long terme du dynamisme économique et préconise l'ouverture des Universités sur la société. L'ancien recteur de l'Académie de Grenoble signale lors de sa présentation [3] "Partout, on finance de plus en plus massivement sur projet et non pas sur structure (...) Partout, on observe des liens étroits entre recherche, enseignement supérieur et industrie (...) des concentrations massives de compétences et de moyens (...) d'où l'émergence d'un modèle unique (...) la nécessité d'attirer les élites" en prenant modèle sur le MIT à Cambridge.

Le "projet GIANT, vers un MIT à la française" prévoit de requalifier et de réaménager près de 250 hectares entre le Drac et L'Isère et un rhabillage du Polygone scientifique en "presqu'île de l'avenir" d'ici... 2020... 2025 !

Jean Therme, initiateur du projet MINATEC, déploie avec un élan et un enthousiasme déterminé la portée du projet par la nécessité de mailler, de concentrer des pôles de compétitivité tels que le CEA, le CNRS, l'EMBL, l'ESRF , Grenoble Management, l'ILL, l'INPG, l'Université Joseph Fourier.

S'appuyant sur une présentation vidéo alléchante, le directeur du CEA Grenoble explique "Tout le monde nous envie finalement ce territoire Grenoble Isère (...) Nous sommes dans un écosystème d'innovation à croissance endogène [4] (...) Nous visons à terme une intégration totale (...) des deux poumons qui doivent vivrent en synergie, le Polygone scientifique et le campus universitaire (...), l'ensemble, qui nous emmène vers une grande Université de Grenoble, qui transcende toutes les difficultés géographiques locales, les limitations des institutions (...) GIANT met l'innovation technologique au coeur des grands enjeux sociétaux de demain, l'énergie, la santé, l'information (...) Aujourd'hui, nous sommes considérés comme le territoire innovant de référence sur le plan national".


Un budget annuel d'environ 700M€


Au total, le projet "GIANT Grenoble" englobe six composantes et des budgets conséquents : les micro nanotechnologies (320M€), la biologie et biotechnologies (60M€), les grands instruments (155M€), la recherche fondamentale (35M€), les nouvelles technologies pour l'Energie (90M€) et le management de la technologie (40M€).

Au total, un système concentré, intégré, un budget annuel qui pèse environ 700M€, englobant 5900 personnes, près de 5000 étudiants, 5000 publications et un dépôt de 255 brevets (500 à terme dans le cadre de GIANT, devenant numéro 1 français devant Renault , PSA , L'oréal ). A titre comparatif : MIT (1660 M€), CALTECH (2000 M€), KIT (557M€), Cambridge (1050M€), RIKEN (512M€), NANYANG (334M€)...


Un nouveau centre ville pour Grenoble


Claude Vasconi, architecte urbaniste sélectionné pour travailler sur GIANT présente un schéma directeur général ambitieux du projet et souligne "On ne part pas de rien, ce futur pôle du Polygone va faire partie, fait partie intégrante de la ville, ça va devenir presque l'épicentre de tout ce nouveau quartier (...) Il doit sortir de son isolement, prolonger la gare, drainer un tapis urbain (...) l'idée de prolongement de la cité accompagnée d'immenses espaces végétaux (...) Un quartier ouvert à l'habitat, aux commerces, aux transports et à la densification (...) c'est la ville qui se prolonge par l'avenue des Martyrs...".

Michel Destot, député-maire de Grenoble déclare à propos de GIANT lors d'un débat participatif de campagne "Le centre ville de Grenoble, ce n'est pas le centre ville de la ville mais celui de toute l'agglomération (...) Il permettra de diluer ses contraintes actuels (...) C'est pour cela qu'il faut étendre notre centre ville dans les années à venir".


La technologie modélise la ville de Grenoble


Le projet GIANT est le nouveau projet "coeur de ville, coeur d'agglo" de l'Isère. Un projet portant Grenoble et son agglomération au plus haut plan au coeur de la concurrence internationale dans le domaine des hautes technologies. Dans sa logique d'évolution et de requalification, GIANT permet astucieusement de relever l'utilité et l'intérêt de la construction de la Rocade Nord, d'étendre un centre ville actuellement réduit à sa peau de chagrin, faisant du quartier de la gare un nouvel "epicentre ville" et de la rue des Martyrs... un "backbone" technologique.

Pour certains, GIANT est synonyme de croissance fonctionnelle. Pour d'autres, de décroissance récurrente.

Pour le moment, les contours ont été cadrés et prédéfinis sur le papier. Toujours est-il que le coût du projet reste encore à définir avec précision. Comme à l'accoutumé et à titre d'exemple, on peut s'attendre à une montée habituelle des prix de l'immobilier ou une faible participation de l'Etat sur le projet en matière d'investissement. Bien entendu, je vous laisse en déduire les conséquences à la fois positives et négatives pour la vallée et compléter le raisonnement...

Grands projets de Rocade Nord, Giant, Jeux Olympiques de 2018... finalement, tout est lié : une ville sans projet, c'est une ville sans débat, sans force de proposition ou d'opposition, c'est une ville sans avenir...

Une fois n'est pas coutume, quelque chose me dit que les habitants n'auront pas leurs mots à dire le moment venu, ni la possibilité de se prononcer "concrètement et réellement" sur cet ambitieux projet d'avenir qui transformera à coup sur, la ville de Grenoble. En la matière, je ne souhaite qu'une chose, c'est me tromper.

Notes

[1] rencontrée à l'inauguration de sa permanence parlementaire

[2] plus maintenant

[3] en vidéo sur le site du CG38

[4] tout le monde a bien compris j'espère :-)


28

11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


05

11

2007

Rocade Nord : rencontre avec Jean Cognet, militant contre le tracé proposé par le Conseil Général de l'Isère et initiateur de la variante "Cognet"

cognet rocade nord Après une consultation controversée dont les résultats ont largement plébiscité la construction de la Rocade Nord "pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain", le Conseil Général de l'Isère avance à grands pas dans la concrétisation de son projet.

Un projet "Rocade Nord" mené dans un contexte de polémique sur la synthèse de l'étude de modélisation du trafic [1] et qui s'appuie sur un tracé loin de faire l’unanimité.

Jean Cognet, architecte à l’initiative d’une étude alternative aussi appelée "Variante Cognet" a accepté de me recevoir afin d’exposer ses positions.


La défense du patrimoine


En guise d’introduction, il me rappelle l’histoire de Grenoble, ville frontière entre la France et le Duché de Savoie, fortifiée par vagues successives dont il reste aujourd’hui peu de vestiges : la poudrière Vauban , la Bastille et une partie des fortifications de 1884 situées à Saint Martin le Vinoux . Ce sont ces dernières, de même que la Casamaures, la Porte de France ou la Porte Saint Laurent, que mettrait en péril la future Rocade Nord.

Et c’est avant tout sur la défense du patrimoine que se positionne Jean Cognet, soutenu par plusieurs associations locales et nationales.

Sans rentrer dans la polémique "pour ou contre la Rocade Nord", Jean Cognet constate que le projet actuel, calqué sur une étude datant de 1964 alors que la ville était principalement étendue vers le Sud, n’est plus adapté du fait de son développement sur les deux autres branches de l’Y Grenoblois. Situé trop près du centre ville, le tracé actuel du CG38 passe dans des secteurs sensibles (hôpital de la Tronche d’un côté, Centre d'Etude Nucléaire et Minatec de l’autre) et menace les patrimoines bâtis, environnementaux et humains.


Interview de Jean Cognet, initiateur de la "variante Cognet"

Voir l'interview vidéo de Jean Cognet, vice-président de l’association Patrimoine et Développement, accordée à GreBlog :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Ecouter ou télécharger l'interview en podcast audio.


Les inconvénients du projet Rocade Nord proposé par le CG38


Jean Cognet pousuit en énumérant d’autres inconvénients de la solution retenue par le Conseil Général de l'Isère :

Inaccessibilité de la Rocade Nord aux véhicules de plus de 2 mètres, ce qui pose notamment la question de l’accès des véhicules de secours en cas d’accident.

Un tracé courant le long de l’Isère au niveau de la Tronche, passant à 3 mètres en dessous du sol alors que le niveau de l’eau se situe à 1 mètre, avec risque d’inondation du tunnel et des travaux difficiles et couteux.

Des expropriations rendues nécessaires par ce tracé très urbain, dont le coût n’a semble-t-il [2] pas été pris en compte par le CG38 dans les 580 millions d’euros annoncés pour le projet.

A ce tracé, l'équipe de Jean Cognet opposent un projet plus excentré [3], composé de trois tunnels sous la Chartreuse . Ce tracé partirait de l’A48 au niveau de Saint Egrève pour arriver au niveau du raccordement entre la Rocade Sud et l’A41 .


Présentation générale de la "variante Cognet"

Insérer photo de la carte Un projet présenté à tord par le Conseil Général de l'Isère comme "deux fois plus long et deux fois plus cher" dans le document d’accompagnement de la consultation sur la Rocade Nord .

Car si la "variante Cognet" [4] est en effet beaucoup plus longue, son coût de mise en œuvre devrait en revanche avoisiner les 700 millions d’euros, grace à une réduction des travaux routiers et à la réutilisation des matériaux extraits du tunnel pour la fabrication de ciment. La solution proposée aurait en outre l’avantage de créer un véritable périphérique qui éviterait les zones sensibles et serait accessible aux poids lourds.

Autant d’arguments en faveur d’une étude plus détaillée de cette variante pour en affiner les paramètres et proposer un véritable choix. Ce que se refuse à faire le CG38 depuis 2004. Et lorsque je l’interroge pour connaître les raisons de ce choix du CG38, Jean Cognet, se refusant à rentrer dans des considérations politiques, me laisse tenter seule, de répondre à cette question.

Un début d’explication se trouve peut-être dans la présentation ce vendredi 19 octobre au Conseil Général du plan métropolitain de déplacement intégrant le réaménagement complet de la presqu’île Grenobloise [5]. Un projet tenu secret jusque là mais qui justifierait bien l’intérêt de faire partir la Rocade au niveau du polygone scientifique : un passage obligé pour les automobilistes et une formidable vitrine pour Grenoble ! Le texte doit être présenté le 9 novembre 2007 au vote des conseillers généraux.

Faut-il en déduire que les jeux sont faits ?

Pas sûr, car dans le même temps, André Vallini , Président du Conseil Général de l'Isère annonce le lancement d’une concertation de 6 mois sur le sujet de la Rocade Nord. De leur côté, les opposants au projet actuel ne sont pas inactifs. Le maire de Saint Martin le Vinoux, Yannick Ollivier, sollicite l’aide des politiques tels que Jean-Louis Borloo , ou Corinne Lepage . Au moment de nous quitter, Jean Cognet m’assure que des actions seront menées à tous niveaux par les associations de défense du patrimoine.

Les Grenoblois n'ont pas fini d'entendre parler de la Rocade Nord !

Notes

[1] voir articles du DL des 18 et 20 octobre 2007

[2] le détail de la composition des 580 millions d’euros n’a pas été communiqué par le CG38, malgré les demandes de M. Cognet et son équipe

[3] La brochure de l’association Patrimoine et Développement sur le projet de Rocade Nord est consultatble en ligne (à la fin du bulletin de mars 2006)

[4] télécharger ou lire la carte du projet Cognet ici

[5] voir article des affiches Grenobloises du 26 octobre


01

11

2007

Le point sur la qualité de l'air à Grenoble (1/2)

air grenoble ascoparg Lundi 22 octobre 2007, je me suis rendu à la Maison des Association à Grenoble. Le CLUQ (Comité de Liaison des Unions de Quartier de Grenoble) invitait les grenoblois à débattre sur la qualité de l’air à Grenoble. Avec clarté et objectivité, Nicolas Vigier, responsable Communication pour l'ASCOPARG (Association pour la Contrôle et la Prévention de l'Air dans la Région Grenobloise) dressait un bilan exhaustif des polluants et de la qualité de l'air sur Grenoble.

A première vue, le sujet fâche. Pour beaucoup, moins on en parle et mieux on se porte. Très peu de personnes ou de personnalités politiques [1] étaient présentes dans la salle pour débattre d’un sujet qui nous préoccupe tous.

Quel air respirons-nous [2] ?


Un point sur les principales sources de pollutions à Grenoble


Sans trop rentrer dans les détails, il existe trois principales sources de pollution à Grenoble.

Le trafic automobile (57% des émissions d’Oxydes d’azote NOx en Rhône-Alpes), l'industrie (66% des émission de Dioxyde de soufre SO2 en Rhône-Alpes) et le résidentiel - tertiaire (42% des émissions de particules solides en suspension PM10 en Rhône-Alpes ). Il faut bien évidemment ajouter ou inclure l'Ozone (COV) et... les petits nouveaux, trop peu mentionnés ou détectés… les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP ) que nous aborderons dans un prochain billet.


Qualité de l'air du grand Grenoble sur le plan national


Nicolas Vigier souligne "Globalement, la situation grenobloise n’est pas si mauvaise que ça (...) Il y a un gradient est-ouest qui montre une séparation des indices (...) On constate que la façade ouest est généralement moins touchée par les polluants classiques que la façade est, mais cela cache des disparités (...) La région Rhône-Alpes est très touchée par la pollution urbaine (...) Il vaut mieux par exemple, habiter en Bretagne, mais il faut signaler que dans cette région, peu de laboratoires ont travaillé sur les pesticides et les premiers travaux étendus sur les polluants de cette catégorie montrent qu’à l’ouest, les résultats ne sont pas du tout satisfaisants (...) Nous ne sommes pas au bout de nos surprises".

La région Rhône-Alpes est particulièrement touchée par l’Ozone entre avril et octobre. A Grenoble , il y a du vent. Mais nos vents ne sont pas des vents "généraux". Ces derniers pénètrent rarement dans l’agglomération grenobloise pour disperser les polluants. L’air polluée circule généralement simplement d’une vallée à l’autre par des vents "thermiques" dont la vitesse de progression est inférieure à 2m/s.

L'un des intervenants ajoute "En matière de substitution énergétique, notre région n'est pas prête d'accueillir une armée d'éoliennes (...) Finalement, on se demande si le nucléaire n'est pas de toute évidence la solution pérenne". D'un regard amusé, Nicolas Vigier répond avec le sourire "Et bien, si vous le permettez, je préfère de pas me prononcer sur ce point".


Pics de pollution


Contrairement à ce que l'on peut imaginer, les pics élevés de pollution sont rares à Grenoble et les polluants se trouvant à l'extérieur ne sont pas les plus dangereux pour notre santé.

En 2006, sur Grenoble, la qualité de l’air fut très mauvaise durant 2 jours (1% du temps - indice 8), moyenne ou médiocre durant 106 jours (29% - indice 5 à 7) et bonne durant 257 jours (70% - indice 2 à 4). Aucun jour où la qualité de l'air fut excellente (indice 1). Voir le schéma ci-dessus.

Contrairement à 2003, 2006 fut "une année assez préservée en terme de qualité de l’air mais les indices ne prennent en compte que les sites de fond et ne prennent pas en compte les conditions les plus défavorables, notamment lorsqu’on est près des principaux axes routiers ou sites industriels (...) Il y a de grosses disparités (...) Ca fait des années que l’on milite auprès du Ministère de l’écologie pour faire évoluer ces indices et pour prendre en compte tous les points noirs d’exposition" souligne Nicolas Vigier.

Prenant exemple sur deux stations de surveillance (boulevard Foch et Rondeau), ce dernier signale "On dépasse déjà les valeurs limites qui sont préconisées (...) Dès qu’on s’éloigne de quelques dizaines de mètres des bordures immédiates des voies de circulation, les valeurs retombent nettement et le danger est moindre".

Sur les boulevards, il y a eu une amélioration. Bien qu’il y ai eu un rétrécissement des voies depuis quelques années et une diminution relative de la circulation, les mesures restent au dessus des valeurs limites préconisées par la réglementation en vigueur dans certains secteurs de la ville.


Concernant la Rocade Sud et la Rocade Nord


L’ASCORPAG travaille en étroite collaboration avec la METRO et le SMTC dans le cadre du PDU .

Alors que de nombreuses études sur la faisabilité du projet de Rocade Nord ont été réalisées avant la fameuse consultation publique controversée de l'été 2007, l'Association signale qu'elle vient juste seulement d'être sollicitée par le Conseil Général de l'Isère.

"Jusqu'à maintenant, on ne nous avait jamais demandé d’étudier au préalable l’impact réel des polluants dans le cadre du projet Rocade Nord (…) L’enjeux déterminant, c'est de nous fournir des données trafics qui soient fiables, réalistes et qui tiennent la route sur un ouvrage qui n’existe pas (…) Si elles sont discutables, nos résultats le seront aussi" assure Nicolas Vigier.

Aucune sollicitation concernant les autres projets proposés pour la Rocade Nord. Concernant le contournement routier actuel, ce dernier ajoute avec ironie "Partant du principe qu'il y a moins de circulation en ville, sur la Rocade Sud autour de Grenoble, le trafic arrive même encore à augmenter un petit peu".

En définitive, tout est fait pour qu'on circule de moins en moins en ville intra-muros... et de plus en plus sur les grands axes extra-urbains.

En définitive, lutter contre la pollution, c'est tenter de la déplacer.

Notes

[1] Philippe de Longevialle, Stéphane Gemmani...

[2] >>> 1er document : télécharger et lire le document complet de Nicolas Vigier


28

08

2007

Rocade Nord : résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements

Rocade Nord Le résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements dans le cadre du PDU (2007 - 2012) est désormais connu.

Plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) étaient invités cet été à répondre au fameux questionnaire "Rocade Nord", accompagné d'une brochure explicative du CG38 intitulée "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", d'une enveloppe T et d'une notice explicative.

André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère, communique les résultats suivants : sur les 492 000 habitants concernés, 169 000 ont répondu soit un taux de réponse de 34,35%.

Concernant les chiffres de la consultation "Rocade Nord" :

  • Pensez vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit :

- indispensable : 82,1 %
- utile : 16,4 %
- inutile : 1,5 %

  • Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacement passe :

- par des aménagements routiers : 14,8 %
- par le développement des transports collectifs : 16,1 %
- par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs : 69,1 %

  • Pensez-vous que la réalisation de la rocade-Nord de Grenoble, pour réduire les "bouchons" et diminuer le trafic urbain, soit :

- indispensable : 58,7 %
- utile : 24,7 %
- inutile : 16,6 %

  • Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit :

- indispensable : 62,7 %
- utile : 34,2 %
- inutile : 3,1 %


Le document du CG38 en ligne mentionne (en rouge) un groupement des résultats obtenus en mettant en évidence la connivence des réponses possibles proposées dont je faisais précédemment écho dans ce billet.

Par ailleurs, le taux de réponse est conséquent. Il démontre l'intérêt et la primauté du sujet pour l'ensemble des habitants concernés. Au regard des résultats obtenus, l'ensemble des procédures juridiques, études de faisabilité et autres réalisations connexes dans le cadre du PDU devraient suivre son cours (écouter ou voir la vidéo de présentation).

De toute évidence, le CG38 marque quatre points.

Le premier, sur un plan exécutif, lui permet de conforter sa charge de maître d'ouvrage. Le second, sur un plan opérationnel, démontre que le projet peut devenir réalité, après des décennies de transitudes et de tergiversations. Le troisième, sur un plan politique, permet d'éviter une éventuelle opulence du débat au sujet de la "Rocade Nord" lors des prochaines élections municipales puisque qu'une partie des isérois concernés vient de s'exprimer. Le quatrième, sur un plan de communication, lui permet d'éviter de donner les résultats détaillés obtenus par ville ou par secteur, puisque celui-ci n'avait pas prévu initialement de les communiquer.

Sur ce dernier point, il est dommageable que le CG38 ne communique pas les chiffres détaillés définitifs obtenus par ville alors même que le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit. Pour le moment, la globalité du résultat et les pourcentages annoncés sont nettement moins intéressants que l'éventuelle pertinence de disparité des réponses obtenus... secteurs par secteurs !

En parallèle, GreBlog MonGrenoble mettait en ligne début juillet 2007 un sondage sans prétention avec une question simple. A ce jour, 346 personnes ont participé et répondu sur ce blog (une réponse possible par IP).

  • Etes-vous pour ou contre la réalisation du projet de Rocade Nord ?

- Je suis Pour : 43.9%
- Je suis Contre : 56.1%

Il est vrai que la manière de poser une ou plusieurs questions dans le cadre d'une consultation populaire sur papier ou sur la toile prend... toute son importance... au regard des résultats obtenus !


16

07

2007

ADTC : l'Association pour le Développement des Transports en Commun dit "non" à la Rocade Nord

L'ADTC, association militant depuis 1974 pour le développement des transports en commun, des voies cyclables et piétonnes dans la région Grenobloise, a lancé une campagne active contre le projet de la Rocade Nord et la "pseudo consultation" (en ces termes, sur l'un des nombreux tracts ADTC) du Conseil Général de l'Isère sur le sujet.



Peut-être avez-vous vu afficher au détour d'une rue ou sur un abribus une des affiches illustrées avec humour par Cléd'12 ? Elles sont en téléchargement sur le site de l'ADTC ainsi qu'un dossier spécial sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU), exposant les positions de l'association et ses propositions alternatives. Car si l'ADTC dit "non" à la Rocade Nord, c'est qu'elle craint un retour à une logique du "tout voiture" qui ne résoudrait en rien les problèmes de circulation actuels et engendrerait au contraire une augmentation du trafic général. Elle s'appuie notamment sur l'analyse du CERTU (Organisme d'études du Ministère français de l'Urbanisme) qui écrit : "il est maintenant établi que la réalisation d'infrastructures nouvelles génère systématiquement des besoins supplémentaires de déplacements et ne permet pas de résoudre la congestion".

Une analyse que ne partage pas le Conseil Général de l'Isère, qui dans le numéro d'été d'Isère Magazine, répond au travers de sa Foire aux Questions aux oppositions de l'ADTC : Non la Rocade Nord n'engendrera pas de trafic supplémentaire, "c'est la croissance de la démographie et des emplois qui engendre des besoins en déplacement supplémentaires".

Et lorsque l'ADTC alerte sur une probable "remise en cause de projets de transports en commun" pour cause de manque de financement, le CG38 semble lui répondre en assurant que le projet sera financé "pour au moins un tiers par des partenaires privés et à hauteur de 200 millions par le Conseil Général de l'Isère - qui a la capacité financière de poursuivre en parallèle ses efforts pour développer les transports en commun".



Pour l'ADTC enfin, la Rocade Nord est surtout une réponse inadaptée aux besoins en matière de circulation automobile dont une partie très importante concerne les déplacements pendulaires (domicile / travail ou études) internes à la région urbaine grenobloise. Une augmentation de l'offre de transports en commun et la facilitation des transports intermodaux (vélo + train, voiture + tram, etc.) permettrait de réduire le trafic automobile. A contrario, le Conseil Général voit dans la Rocade Nord un tremplin pour les transports en commun par le dégagement des voiries existantes pour faire de la place à de nouvelles voies réservées aux bus ou aux tramways.

Face à ces deux analyses, comment le citoyen peut se forger sa propre opinion ?

En vidéo, des éléments de réflexion au travers de l'interview d'Antoine Jammes, président de l'ADTC :


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