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2008

Un car scolaire peut en cacher un autre

bus grenoble Il n'est pas rare que notre quotidien nous réserve une surprise. Celle-ci est plutôt amusante et peut en surprendre plus d'un. A commencer par une directrice d'école, des enseignants et des parents d'élèves.

Lundi 16 juin 2008. Après un week-end chargé et une bonne nuit de sommeil bien méritée , mon fils se lève tranquillement vers 7h, déjeune en famille, se lave et s'habille dans sa chambre.

C'est un grand jour pour lui et tous ses petits camarades de classe. Ils ont la chance et l'opportunité de partir en "classe verte" pendant une semaine à Pont-Saint-Esprit (Gard ), au cœur d'un grand domaine, une bastide provençale aménagée pour accueillir des enfants dans des chambres de 2 ou 3 lits, équipées chacune de salle d'eau et sanitaires individuels. Un confort qui en ferait rêver plus d'un.


Préparer une "classe verte" : le parcours du combattant


Ce voyage de fin d'année est organisé par les enseignants de deux classes de grande section (GS) de maternelle à l'Ecole Bizanet (non loin du Musée de Grenoble).

A les écouter, organiser une "classe verte" est un véritable parcours du combattant. Il faut s'y prendre très très tôt (dès le mois d'octobre ou novembre... pour un séjour en juin).

En plus de s'occuper toute la journée de nos enfants en classe et de la logistique d'organisation du séjour semaine après semaine, le corps enseignant est quasi dans l'obligation de se transformer en gestionnaire avisé, adossé à un profil commercial, pour espérer pouvoir partir un jour ou l'autre avec les enfants. Un voyage qui n'aurait pu se faire et se concrétiser sans la ténacité, la volonté et l'audace des jeunes maîtresses, l'énergie de certains parents d'élèves et le formidable soutien tonique de la directrice de l'Ecole maternelle et primaire.

La tâche est compliquée. Sans eux, rien ne peut se faire.

Partir en "classe verte" en 2008 est plutôt inespéré et ce, pour différentes raisons : demander l'autorisation des parents d'élèves, respecter les normes de sécurité en vigueur en milieu scolaire, gérer l'angoisse naturelle de nombreux parents d'élèves (entre ceux qui n'ont jamais eu l'opportunité d'emmener leur enfant en vacances, ceux qui les surprotègent ou ceux qui évoquent la présence éventuelle d'un maniac sexuel sur place en s'appuyant sur l'information des journaux télévisés...), gérer les tracasseries administratives, courir derrière les subventions et obtenir le financement nécessaire...


Payer des impôts, s'entraider pour pouvoir partir


Ce genre d'opportunité de séjour d'une semaine en "pension complète" pour nos enfants permet de rappeler à tous à quoi peuvent également servir nos contributions et impôts locaux.

Pour deux classes de maternelle (environ 53 enfants), le prix total du séjour avoisine... les 11 000 euros : une somme non négligeable. Une moyenne de 205 euros par enfant (certains parents ont deux enfants dans les classes).

Notons que la Mairie de Grenoble prend tout de même à sa charge près de 34% du montant du séjour. Le Conseil général de l'Isère, 12%. L'Ecole, 2%. Les 52% restant sont entièrement à la charge des parents qui doivent se débrouiller pour régler le solde en fonction du quotient familiale de chacun (entre 55 et 160 euros pour un enfant après subventions).

Certains parents d'élèves ont soulevé des difficultés financières. Pour le corps enseignant, tous les enfants doivent partir, sans condition. Des ventes de gâteaux et de plats préparés à la sortie de l'école ont permis ces dernières semaines de répartir et d'abaisser au final les sommes dues et demandées aux parents d'élèves : des idées, de la volonté et une solidarité active, partagée, indispensable, ont permis à tous les enfants de partir ensemble en séjour.


Embarquement... à destination ?


Le grand moment du départ en "classe verte" arrive. Il est 8h45. Le personnel enseignant invite tous les parents d'élèves, enfants et leurs bagages à se rendre devant l'entrée de l'école pour attendre l'arrivée du car scolaire.

Vers 9h10, un car de couleur vert arrive sur les lieux et se gare. Le chauffeur descend, ouvre les soutes à bagages. Une à une, les enseignantes de chaque classe invite respectivement les parents d'élèves à déposer les bagages dans les soutes et à faire monter les enfants dans le car après une premier pointage. La directrice de l'Ecole est là, s'active avec ferveur et charge à elle seule la moitié des sacs et valises des enfants.

Sur le quai d'embarquement, la joie et l'angoisse se lient sur les visages des parents. A travers les vitres, les enfants s'excitent à l'idée de partir, font gentiment les pitres tandis que d'autres appréhendent la séparation et pleurent dans le car.

Pour clôturer la scène, je profite de l'occasion pour plaisanter avec quelques parents légèrement inquiets de voir partir leurs enfants une semaine durant laquelle toute communication directe est volontairement interdite. Je lance quelques boutades "Eh mais, vous avez vu, les pneus du car à l'avant sont lisses [1] (...) La, c'est bon, regardez, ce car est homologué, on leur met la ceinture à l'intérieur (...) Vous savez que le chauffeur s'est arrêté à l'Ile Verte pour boire un petit blanc avant de venir ?". Rien de tel pour décoincer quelques connaissances.

Juste au moment où le chauffeur ferme les soutes et s'apprête à monter dans le car pour partir à destination, il reçoit un appel sur son mobile.

Visiblement, il y a un problème. Le conducteur s'est trompé d'école.


Un car peut en cacher un autre...


La directrice de l'Ecole, les accompagnateurs et les enseignants n'en reviennent pas. Le chauffeur était prêt à emmener les enfants... je ne sais où. Lui même n'a pas eu le moindre doute au moment d'embarquer des centaines de kilos de bagages dans ses soutes. Sans ce coup de fil, les enfants et leur maîtresse seraient partis... peut être dans le nord...

Pire : les gens se sont rendus compte que le "bon car" n'était finalement toujours pas arrivé sur place. A peine 2 minutes plus tard, le car jaune "TransIsère" du Conseil Général de l'Isère arrivait enfin devant l'Ecole.

Conscient du retard pris sur l'horaire, pour dissimuler au mieux à la fois l'état d'angoisse immédiate des parents et l'incompréhension des enfants qui se voyaient obligé de redescendre du premier car, les parents d'élèves ont formé instinctivement sur le parvis une file indienne entre les deux cars. Chacun faisant rapidement passer la totalité des bagages d'une soute à une autre [2].

En moins de 3 minutes, corps enseignant, bagages et enfants étaient prêt à partir... pour la bonne destination... dans le "bon car".

Sur le moment, hors de toute plaisanterie cette fois, je fais remarquer aux parents que le car jaune "TransIsère" à l'air plus récent que le précédent car vert. Ses pneus sont neufs et crantés.

Aux dernières nouvelles, tout le monde est arrivé à bon port. Il paraît que le domaine est magnifique. Dans le sud, il fait beau : les enfants sont déjà partis se promener dans la campagne.

Volontairement éloignés de leurs parents pendant une semaine, sans contact ni communication directe, ces enfants âgés de 5 et 6 ans vont apprendre à vivre ensemble une expérience unique à la campagne. Vu le prix du séjour, jamais ils n'auraient pu partir sans l'aide de l'Ecole, de son personnel motivé... et le soutien des collectivités.

Notes

[1] effectivement...

[2] en photo, la file indienne des parents... dissimulant leur inquiétude dans l'action


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12

2007

Bonjour, un menu GIANT XL pour Grenoble, l'Isère et le Conseil Général de l'Isère s'il vous plaît !

giant grenoble Le 19 octobre 2007 dernier, le Conseil général de L'Isère (CG38) dévoilait un nouveau projet d'envergure national et international pour la ville de Grenoble , l'Isère et la région Rhône Alpes. Une perspective également présentée le 19 novembre 2007 devant le Conseil Municipal de Grenoble.

Le projet "GIANT", Grenoble Isère Alpes Nano Technologies (nom de code peu apprécié de certains élus, notamment par Geneviève Fioraso [1]) est un projet très ambitieux portant essentiellement sur la requalification du Polygone scientifique, le développement technologique et économique de l'Isère et sur une volonté d'agrandir, d'émanciper le centre ville de Grenoble.


GIANT, un projet d'envergure internationale, un MIT à la française


Un projet d'urbanisme gigantesque sur lequel le CG38 travaille "en secret" [2] depuis janvier 2007, étayé par un rapport de Marcel Morabito mettant l'accent sur le principe de la compétitivité internationale, le maillage territorial ou la gouvernance universitaire. S'appuyant sur l'opportunité et le professionnalisme du transfert technologique, le rapporteur souligne la nécessité d'amener une vision à long terme du dynamisme économique et préconise l'ouverture des Universités sur la société. L'ancien recteur de l'Académie de Grenoble signale lors de sa présentation [3] "Partout, on finance de plus en plus massivement sur projet et non pas sur structure (...) Partout, on observe des liens étroits entre recherche, enseignement supérieur et industrie (...) des concentrations massives de compétences et de moyens (...) d'où l'émergence d'un modèle unique (...) la nécessité d'attirer les élites" en prenant modèle sur le MIT à Cambridge.

Le "projet GIANT, vers un MIT à la française" prévoit de requalifier et de réaménager près de 250 hectares entre le Drac et L'Isère et un rhabillage du Polygone scientifique en "presqu'île de l'avenir" d'ici... 2020... 2025 !

Jean Therme, initiateur du projet MINATEC, déploie avec un élan et un enthousiasme déterminé la portée du projet par la nécessité de mailler, de concentrer des pôles de compétitivité tels que le CEA, le CNRS, l'EMBL, l'ESRF , Grenoble Management, l'ILL, l'INPG, l'Université Joseph Fourier.

S'appuyant sur une présentation vidéo alléchante, le directeur du CEA Grenoble explique "Tout le monde nous envie finalement ce territoire Grenoble Isère (...) Nous sommes dans un écosystème d'innovation à croissance endogène [4] (...) Nous visons à terme une intégration totale (...) des deux poumons qui doivent vivrent en synergie, le Polygone scientifique et le campus universitaire (...), l'ensemble, qui nous emmène vers une grande Université de Grenoble, qui transcende toutes les difficultés géographiques locales, les limitations des institutions (...) GIANT met l'innovation technologique au coeur des grands enjeux sociétaux de demain, l'énergie, la santé, l'information (...) Aujourd'hui, nous sommes considérés comme le territoire innovant de référence sur le plan national".


Un budget annuel d'environ 700M€


Au total, le projet "GIANT Grenoble" englobe six composantes et des budgets conséquents : les micro nanotechnologies (320M€), la biologie et biotechnologies (60M€), les grands instruments (155M€), la recherche fondamentale (35M€), les nouvelles technologies pour l'Energie (90M€) et le management de la technologie (40M€).

Au total, un système concentré, intégré, un budget annuel qui pèse environ 700M€, englobant 5900 personnes, près de 5000 étudiants, 5000 publications et un dépôt de 255 brevets (500 à terme dans le cadre de GIANT, devenant numéro 1 français devant Renault , PSA , L'oréal ). A titre comparatif : MIT (1660 M€), CALTECH (2000 M€), KIT (557M€), Cambridge (1050M€), RIKEN (512M€), NANYANG (334M€)...


Un nouveau centre ville pour Grenoble


Claude Vasconi, architecte urbaniste sélectionné pour travailler sur GIANT présente un schéma directeur général ambitieux du projet et souligne "On ne part pas de rien, ce futur pôle du Polygone va faire partie, fait partie intégrante de la ville, ça va devenir presque l'épicentre de tout ce nouveau quartier (...) Il doit sortir de son isolement, prolonger la gare, drainer un tapis urbain (...) l'idée de prolongement de la cité accompagnée d'immenses espaces végétaux (...) Un quartier ouvert à l'habitat, aux commerces, aux transports et à la densification (...) c'est la ville qui se prolonge par l'avenue des Martyrs...".

Michel Destot, député-maire de Grenoble déclare à propos de GIANT lors d'un débat participatif de campagne "Le centre ville de Grenoble, ce n'est pas le centre ville de la ville mais celui de toute l'agglomération (...) Il permettra de diluer ses contraintes actuels (...) C'est pour cela qu'il faut étendre notre centre ville dans les années à venir".


La technologie modélise la ville de Grenoble


Le projet GIANT est le nouveau projet "coeur de ville, coeur d'agglo" de l'Isère. Un projet portant Grenoble et son agglomération au plus haut plan au coeur de la concurrence internationale dans le domaine des hautes technologies. Dans sa logique d'évolution et de requalification, GIANT permet astucieusement de relever l'utilité et l'intérêt de la construction de la Rocade Nord, d'étendre un centre ville actuellement réduit à sa peau de chagrin, faisant du quartier de la gare un nouvel "epicentre ville" et de la rue des Martyrs... un "backbone" technologique.

Pour certains, GIANT est synonyme de croissance fonctionnelle. Pour d'autres, de décroissance récurrente.

Pour le moment, les contours ont été cadrés et prédéfinis sur le papier. Toujours est-il que le coût du projet reste encore à définir avec précision. Comme à l'accoutumé et à titre d'exemple, on peut s'attendre à une montée habituelle des prix de l'immobilier ou une faible participation de l'Etat sur le projet en matière d'investissement. Bien entendu, je vous laisse en déduire les conséquences à la fois positives et négatives pour la vallée et compléter le raisonnement...

Grands projets de Rocade Nord, Giant, Jeux Olympiques de 2018... finalement, tout est lié : une ville sans projet, c'est une ville sans débat, sans force de proposition ou d'opposition, c'est une ville sans avenir...

Une fois n'est pas coutume, quelque chose me dit que les habitants n'auront pas leurs mots à dire le moment venu, ni la possibilité de se prononcer "concrètement et réellement" sur cet ambitieux projet d'avenir qui transformera à coup sur, la ville de Grenoble. En la matière, je ne souhaite qu'une chose, c'est me tromper.

Notes

[1] rencontrée à l'inauguration de sa permanence parlementaire

[2] plus maintenant

[3] en vidéo sur le site du CG38

[4] tout le monde a bien compris j'espère :-)


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11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


05

11

2007

Rocade Nord : rencontre avec Jean Cognet, militant contre le tracé proposé par le Conseil Général de l'Isère et initiateur de la variante "Cognet"

cognet rocade nord Après une consultation controversée dont les résultats ont largement plébiscité la construction de la Rocade Nord "pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain", le Conseil Général de l'Isère avance à grands pas dans la concrétisation de son projet.

Un projet "Rocade Nord" mené dans un contexte de polémique sur la synthèse de l'étude de modélisation du trafic [1] et qui s'appuie sur un tracé loin de faire l’unanimité.

Jean Cognet, architecte à l’initiative d’une étude alternative aussi appelée "Variante Cognet" a accepté de me recevoir afin d’exposer ses positions.


La défense du patrimoine


En guise d’introduction, il me rappelle l’histoire de Grenoble, ville frontière entre la France et le Duché de Savoie, fortifiée par vagues successives dont il reste aujourd’hui peu de vestiges : la poudrière Vauban , la Bastille et une partie des fortifications de 1884 situées à Saint Martin le Vinoux . Ce sont ces dernières, de même que la Casamaures, la Porte de France ou la Porte Saint Laurent, que mettrait en péril la future Rocade Nord.

Et c’est avant tout sur la défense du patrimoine que se positionne Jean Cognet, soutenu par plusieurs associations locales et nationales.

Sans rentrer dans la polémique "pour ou contre la Rocade Nord", Jean Cognet constate que le projet actuel, calqué sur une étude datant de 1964 alors que la ville était principalement étendue vers le Sud, n’est plus adapté du fait de son développement sur les deux autres branches de l’Y Grenoblois. Situé trop près du centre ville, le tracé actuel du CG38 passe dans des secteurs sensibles (hôpital de la Tronche d’un côté, Centre d'Etude Nucléaire et Minatec de l’autre) et menace les patrimoines bâtis, environnementaux et humains.


Interview de Jean Cognet, initiateur de la "variante Cognet"

Voir l'interview vidéo de Jean Cognet, vice-président de l’association Patrimoine et Développement, accordée à GreBlog :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus

Ecouter ou télécharger l'interview en podcast audio.


Les inconvénients du projet Rocade Nord proposé par le CG38


Jean Cognet pousuit en énumérant d’autres inconvénients de la solution retenue par le Conseil Général de l'Isère :

Inaccessibilité de la Rocade Nord aux véhicules de plus de 2 mètres, ce qui pose notamment la question de l’accès des véhicules de secours en cas d’accident.

Un tracé courant le long de l’Isère au niveau de la Tronche, passant à 3 mètres en dessous du sol alors que le niveau de l’eau se situe à 1 mètre, avec risque d’inondation du tunnel et des travaux difficiles et couteux.

Des expropriations rendues nécessaires par ce tracé très urbain, dont le coût n’a semble-t-il [2] pas été pris en compte par le CG38 dans les 580 millions d’euros annoncés pour le projet.

A ce tracé, l'équipe de Jean Cognet opposent un projet plus excentré [3], composé de trois tunnels sous la Chartreuse . Ce tracé partirait de l’A48 au niveau de Saint Egrève pour arriver au niveau du raccordement entre la Rocade Sud et l’A41 .


Présentation générale de la "variante Cognet"

Insérer photo de la carte Un projet présenté à tord par le Conseil Général de l'Isère comme "deux fois plus long et deux fois plus cher" dans le document d’accompagnement de la consultation sur la Rocade Nord .

Car si la "variante Cognet" [4] est en effet beaucoup plus longue, son coût de mise en œuvre devrait en revanche avoisiner les 700 millions d’euros, grace à une réduction des travaux routiers et à la réutilisation des matériaux extraits du tunnel pour la fabrication de ciment. La solution proposée aurait en outre l’avantage de créer un véritable périphérique qui éviterait les zones sensibles et serait accessible aux poids lourds.

Autant d’arguments en faveur d’une étude plus détaillée de cette variante pour en affiner les paramètres et proposer un véritable choix. Ce que se refuse à faire le CG38 depuis 2004. Et lorsque je l’interroge pour connaître les raisons de ce choix du CG38, Jean Cognet, se refusant à rentrer dans des considérations politiques, me laisse tenter seule, de répondre à cette question.

Un début d’explication se trouve peut-être dans la présentation ce vendredi 19 octobre au Conseil Général du plan métropolitain de déplacement intégrant le réaménagement complet de la presqu’île Grenobloise [5]. Un projet tenu secret jusque là mais qui justifierait bien l’intérêt de faire partir la Rocade au niveau du polygone scientifique : un passage obligé pour les automobilistes et une formidable vitrine pour Grenoble ! Le texte doit être présenté le 9 novembre 2007 au vote des conseillers généraux.

Faut-il en déduire que les jeux sont faits ?

Pas sûr, car dans le même temps, André Vallini , Président du Conseil Général de l'Isère annonce le lancement d’une concertation de 6 mois sur le sujet de la Rocade Nord. De leur côté, les opposants au projet actuel ne sont pas inactifs. Le maire de Saint Martin le Vinoux, Yannick Ollivier, sollicite l’aide des politiques tels que Jean-Louis Borloo , ou Corinne Lepage . Au moment de nous quitter, Jean Cognet m’assure que des actions seront menées à tous niveaux par les associations de défense du patrimoine.

Les Grenoblois n'ont pas fini d'entendre parler de la Rocade Nord !

Notes

[1] voir articles du DL des 18 et 20 octobre 2007

[2] le détail de la composition des 580 millions d’euros n’a pas été communiqué par le CG38, malgré les demandes de M. Cognet et son équipe

[3] La brochure de l’association Patrimoine et Développement sur le projet de Rocade Nord est consultatble en ligne (à la fin du bulletin de mars 2006)

[4] télécharger ou lire la carte du projet Cognet ici

[5] voir article des affiches Grenobloises du 26 octobre


01

11

2007

Le point sur la qualité de l'air à Grenoble (1/2)

air grenoble ascoparg Lundi 22 octobre 2007, je me suis rendu à la Maison des Association à Grenoble. Le CLUQ (Comité de Liaison des Unions de Quartier de Grenoble) invitait les grenoblois à débattre sur la qualité de l’air à Grenoble. Avec clarté et objectivité, Nicolas Vigier, responsable Communication pour l'ASCOPARG (Association pour la Contrôle et la Prévention de l'Air dans la Région Grenobloise) dressait un bilan exhaustif des polluants et de la qualité de l'air sur Grenoble.

A première vue, le sujet fâche. Pour beaucoup, moins on en parle et mieux on se porte. Très peu de personnes ou de personnalités politiques [1] étaient présentes dans la salle pour débattre d’un sujet qui nous préoccupe tous.

Quel air respirons-nous [2] ?


Un point sur les principales sources de pollutions à Grenoble


Sans trop rentrer dans les détails, il existe trois principales sources de pollution à Grenoble.

Le trafic automobile (57% des émissions d’Oxydes d’azote NOx en Rhône-Alpes), l'industrie (66% des émission de Dioxyde de soufre SO2 en Rhône-Alpes) et le résidentiel - tertiaire (42% des émissions de particules solides en suspension PM10 en Rhône-Alpes ). Il faut bien évidemment ajouter ou inclure l'Ozone (COV) et... les petits nouveaux, trop peu mentionnés ou détectés… les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP ) que nous aborderons dans un prochain billet.


Qualité de l'air du grand Grenoble sur le plan national


Nicolas Vigier souligne "Globalement, la situation grenobloise n’est pas si mauvaise que ça (...) Il y a un gradient est-ouest qui montre une séparation des indices (...) On constate que la façade ouest est généralement moins touchée par les polluants classiques que la façade est, mais cela cache des disparités (...) La région Rhône-Alpes est très touchée par la pollution urbaine (...) Il vaut mieux par exemple, habiter en Bretagne, mais il faut signaler que dans cette région, peu de laboratoires ont travaillé sur les pesticides et les premiers travaux étendus sur les polluants de cette catégorie montrent qu’à l’ouest, les résultats ne sont pas du tout satisfaisants (...) Nous ne sommes pas au bout de nos surprises".

La région Rhône-Alpes est particulièrement touchée par l’Ozone entre avril et octobre. A Grenoble , il y a du vent. Mais nos vents ne sont pas des vents "généraux". Ces derniers pénètrent rarement dans l’agglomération grenobloise pour disperser les polluants. L’air polluée circule généralement simplement d’une vallée à l’autre par des vents "thermiques" dont la vitesse de progression est inférieure à 2m/s.

L'un des intervenants ajoute "En matière de substitution énergétique, notre région n'est pas prête d'accueillir une armée d'éoliennes (...) Finalement, on se demande si le nucléaire n'est pas de toute évidence la solution pérenne". D'un regard amusé, Nicolas Vigier répond avec le sourire "Et bien, si vous le permettez, je préfère de pas me prononcer sur ce point".


Pics de pollution


Contrairement à ce que l'on peut imaginer, les pics élevés de pollution sont rares à Grenoble et les polluants se trouvant à l'extérieur ne sont pas les plus dangereux pour notre santé.

En 2006, sur Grenoble, la qualité de l’air fut très mauvaise durant 2 jours (1% du temps - indice 8), moyenne ou médiocre durant 106 jours (29% - indice 5 à 7) et bonne durant 257 jours (70% - indice 2 à 4). Aucun jour où la qualité de l'air fut excellente (indice 1). Voir le schéma ci-dessus.

Contrairement à 2003, 2006 fut "une année assez préservée en terme de qualité de l’air mais les indices ne prennent en compte que les sites de fond et ne prennent pas en compte les conditions les plus défavorables, notamment lorsqu’on est près des principaux axes routiers ou sites industriels (...) Il y a de grosses disparités (...) Ca fait des années que l’on milite auprès du Ministère de l’écologie pour faire évoluer ces indices et pour prendre en compte tous les points noirs d’exposition" souligne Nicolas Vigier.

Prenant exemple sur deux stations de surveillance (boulevard Foch et Rondeau), ce dernier signale "On dépasse déjà les valeurs limites qui sont préconisées (...) Dès qu’on s’éloigne de quelques dizaines de mètres des bordures immédiates des voies de circulation, les valeurs retombent nettement et le danger est moindre".

Sur les boulevards, il y a eu une amélioration. Bien qu’il y ai eu un rétrécissement des voies depuis quelques années et une diminution relative de la circulation, les mesures restent au dessus des valeurs limites préconisées par la réglementation en vigueur dans certains secteurs de la ville.


Concernant la Rocade Sud et la Rocade Nord


L’ASCORPAG travaille en étroite collaboration avec la METRO et le SMTC dans le cadre du PDU .

Alors que de nombreuses études sur la faisabilité du projet de Rocade Nord ont été réalisées avant la fameuse consultation publique controversée de l'été 2007, l'Association signale qu'elle vient juste seulement d'être sollicitée par le Conseil Général de l'Isère.

"Jusqu'à maintenant, on ne nous avait jamais demandé d’étudier au préalable l’impact réel des polluants dans le cadre du projet Rocade Nord (…) L’enjeux déterminant, c'est de nous fournir des données trafics qui soient fiables, réalistes et qui tiennent la route sur un ouvrage qui n’existe pas (…) Si elles sont discutables, nos résultats le seront aussi" assure Nicolas Vigier.

Aucune sollicitation concernant les autres projets proposés pour la Rocade Nord. Concernant le contournement routier actuel, ce dernier ajoute avec ironie "Partant du principe qu'il y a moins de circulation en ville, sur la Rocade Sud autour de Grenoble, le trafic arrive même encore à augmenter un petit peu".

En définitive, tout est fait pour qu'on circule de moins en moins en ville intra-muros... et de plus en plus sur les grands axes extra-urbains.

En définitive, lutter contre la pollution, c'est tenter de la déplacer.

Notes

[1] Philippe de Longevialle, Stéphane Gemmani...

[2] >>> 1er document : télécharger et lire le document complet de Nicolas Vigier


28

08

2007

Rocade Nord : résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements

Rocade Nord Le résultat de la consultation publique du Conseil Général de l'Isère sur les déplacements dans le cadre du PDU (2007 - 2012) est désormais connu.

Plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) étaient invités cet été à répondre au fameux questionnaire "Rocade Nord", accompagné d'une brochure explicative du CG38 intitulée "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", d'une enveloppe T et d'une notice explicative.

André Vallini, Président du Conseil Général de l'Isère, communique les résultats suivants : sur les 492 000 habitants concernés, 169 000 ont répondu soit un taux de réponse de 34,35%.

Concernant les chiffres de la consultation "Rocade Nord" :

  • Pensez vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit :

- indispensable : 82,1 %
- utile : 16,4 %
- inutile : 1,5 %

  • Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacement passe :

- par des aménagements routiers : 14,8 %
- par le développement des transports collectifs : 16,1 %
- par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs : 69,1 %

  • Pensez-vous que la réalisation de la rocade-Nord de Grenoble, pour réduire les "bouchons" et diminuer le trafic urbain, soit :

- indispensable : 58,7 %
- utile : 24,7 %
- inutile : 16,6 %

  • Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit :

- indispensable : 62,7 %
- utile : 34,2 %
- inutile : 3,1 %


Le document du CG38 en ligne mentionne (en rouge) un groupement des résultats obtenus en mettant en évidence la connivence des réponses possibles proposées dont je faisais précédemment écho dans ce billet.

Par ailleurs, le taux de réponse est conséquent. Il démontre l'intérêt et la primauté du sujet pour l'ensemble des habitants concernés. Au regard des résultats obtenus, l'ensemble des procédures juridiques, études de faisabilité et autres réalisations connexes dans le cadre du PDU devraient suivre son cours (écouter ou voir la vidéo de présentation).

De toute évidence, le CG38 marque quatre points.

Le premier, sur un plan exécutif, lui permet de conforter sa charge de maître d'ouvrage. Le second, sur un plan opérationnel, démontre que le projet peut devenir réalité, après des décennies de transitudes et de tergiversations. Le troisième, sur un plan politique, permet d'éviter une éventuelle opulence du débat au sujet de la "Rocade Nord" lors des prochaines élections municipales puisque qu'une partie des isérois concernés vient de s'exprimer. Le quatrième, sur un plan de communication, lui permet d'éviter de donner les résultats détaillés obtenus par ville ou par secteur, puisque celui-ci n'avait pas prévu initialement de les communiquer.

Sur ce dernier point, il est dommageable que le CG38 ne communique pas les chiffres détaillés définitifs obtenus par ville alors même que le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit. Pour le moment, la globalité du résultat et les pourcentages annoncés sont nettement moins intéressants que l'éventuelle pertinence de disparité des réponses obtenus... secteurs par secteurs !

En parallèle, GreBlog MonGrenoble mettait en ligne début juillet 2007 un sondage sans prétention avec une question simple. A ce jour, 346 personnes ont participé et répondu sur ce blog (une réponse possible par IP).

  • Etes-vous pour ou contre la réalisation du projet de Rocade Nord ?

- Je suis Pour : 43.9%
- Je suis Contre : 56.1%

Il est vrai que la manière de poser une ou plusieurs questions dans le cadre d'une consultation populaire sur papier ou sur la toile prend... toute son importance... au regard des résultats obtenus !


16

07

2007

ADTC : l'Association pour le Développement des Transports en Commun dit "non" à la Rocade Nord

L'ADTC, association militant depuis 1974 pour le développement des transports en commun, des voies cyclables et piétonnes dans la région Grenobloise, a lancé une campagne active contre le projet de la Rocade Nord et la "pseudo consultation" (en ces termes, sur l'un des nombreux tracts ADTC) du Conseil Général de l'Isère sur le sujet.



Peut-être avez-vous vu afficher au détour d'une rue ou sur un abribus une des affiches illustrées avec humour par Cléd'12 ? Elles sont en téléchargement sur le site de l'ADTC ainsi qu'un dossier spécial sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU), exposant les positions de l'association et ses propositions alternatives. Car si l'ADTC dit "non" à la Rocade Nord, c'est qu'elle craint un retour à une logique du "tout voiture" qui ne résoudrait en rien les problèmes de circulation actuels et engendrerait au contraire une augmentation du trafic général. Elle s'appuie notamment sur l'analyse du CERTU (Organisme d'études du Ministère français de l'Urbanisme) qui écrit : "il est maintenant établi que la réalisation d'infrastructures nouvelles génère systématiquement des besoins supplémentaires de déplacements et ne permet pas de résoudre la congestion".

Une analyse que ne partage pas le Conseil Général de l'Isère, qui dans le numéro d'été d'Isère Magazine, répond au travers de sa Foire aux Questions aux oppositions de l'ADTC : Non la Rocade Nord n'engendrera pas de trafic supplémentaire, "c'est la croissance de la démographie et des emplois qui engendre des besoins en déplacement supplémentaires".

Et lorsque l'ADTC alerte sur une probable "remise en cause de projets de transports en commun" pour cause de manque de financement, le CG38 semble lui répondre en assurant que le projet sera financé "pour au moins un tiers par des partenaires privés et à hauteur de 200 millions par le Conseil Général de l'Isère - qui a la capacité financière de poursuivre en parallèle ses efforts pour développer les transports en commun".



Pour l'ADTC enfin, la Rocade Nord est surtout une réponse inadaptée aux besoins en matière de circulation automobile dont une partie très importante concerne les déplacements pendulaires (domicile / travail ou études) internes à la région urbaine grenobloise. Une augmentation de l'offre de transports en commun et la facilitation des transports intermodaux (vélo + train, voiture + tram, etc.) permettrait de réduire le trafic automobile. A contrario, le Conseil Général voit dans la Rocade Nord un tremplin pour les transports en commun par le dégagement des voiries existantes pour faire de la place à de nouvelles voies réservées aux bus ou aux tramways.

Face à ces deux analyses, comment le citoyen peut se forger sa propre opinion ?

En vidéo, des éléments de réflexion au travers de l'interview d'Antoine Jammes, président de l'ADTC :


05

07

2007

Rocade Nord : consultation du Conseil général de l'Isère sur les déplacements, le questionnaire à remplir

Au moment où les élus du SMTC valident et entérinent le Plan de Déplacements Urbains (PDU) 2007 - 2012, un peu plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) sont invités cet été, et jusqu'au 11 août 2007, à donner leur opinion sur le projet de "Rocade Nord" soutenu par le Conseil général de l'Isère.

Le 28 juin dernier, en aparté de la réunion de présentation du projet (lire le billet), je rencontrais Max Lambert, chargé de mission et chef de projet "Rocade Nord" pour en savoir plus sur les rouages de cette consultation.

Au cours de notre discussion, ce dernier m'informe du coût et des modalités de l'opération. "Oui, je confirme (...) la consultation coûte un peu plus de 600 000 euros, majorée d'une dizaine de milliers d'euros supplémentaires en fonction du traitement et du nombre de réponses retournées (...) Le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit (...) Nous avons intégré un code composé de lettres sur chaque enveloppe pré-affranchie permettant à l'huissier de valider chacune des réponses retournées afin d'éviter la fraude" me confiait Max Lambert.

En début de semaine, j'ai reçu le fameux questionnaire "Rocade Nord". Une brochure explicative du CG38 "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", une enveloppe T, le questionnaire et une notice explicative.

Une réponse possible pour chaque question. Analysons-les en surface :

Question 2 : "Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacements passe : par des aménagements routiers, par le développement des transports collectifs, par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs ?

La dernière réponse reprend les deux premières en parlant d'amélioration et non plus de développement ! On sait qu'une majorité de transports collectifs circulent sur les aménagements routiers. Une partie de l'un ne va pas sans l'autre. Que doit-on comprendre exactement ? Bien vu la question !

Autres questions  :

Un choix de réponses identiques pour les questions 1,3, et 4. Trois adjectifs au choix, dont deux qui s'opposent littéralement par définition (utile, inutile), deux ayant une définition relativement homogène, proche et similaire (indispensable, utile).

Indispensable : dont on ne peut se passer (synonyme : essentiel, inévitable, obligatoire, primordial, vital)

Utile : qui rend un service (synonyme : bon, avantageux, efficace, opportun, pratique, salutaire)

Inutile : Qui n'est pas utile, qui ne sert à rien (synonyme : futile, accessoire, superflu, superfétatoire)

Question 1 : Pensez-vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", c'est qu'il ne connaît absolument pas Grenoble, sa région, ses difficultés intrinsèques et inhérentes de déplacements urbains depuis des décennies. La réponse "inutile" est inutile.

Question 4 : "Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", soit il refuse la communauté des transports publics, soit il récuse les services publics, soit il n'aime pas de se déplacer en présence d'autrui, soit il ne jure que par son véhicule personnel pour ses déplacements. Les habitués des modes doux au quotidien ne peuvent répondre "inutile" puisque la communauté de transports publics les aide à se déplacer.

Question 3 : "Pensez-vous que la réalisation de la Rocade Nord de Grenoble, pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain, soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Il s'agit de la question la plus orientée. Certainement celle qui intéresse le plus le CG38 et qui, par son affirmation, laisse les trois autres questions en arrière plan. Jeudi 28 juin 2007, Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements a retenu toute l'attention du public lors de sa présentation du projet "Rocade Nord" en soulignant quasi-furtivement "Si nous avions voulu résoudre les bouchons, c'est d'autres solutions (que la rocade nord) que nous aurions choisies". Je vous laisse méditer sur ces propos. La réduction des bouchons n'est donc pas une certitude, ni une fin en soi. Il a va de même pour la diminution du trafic urbain. En fin de compte, tout ceci n'est que probabilité.

La question 3 aurait du être posée vraisemblablement de la manière suivante, avec plus de simplicité, de clarté, moins d'affirmations et de suggestions.

Finalement, on peut s'interroger sur l'utilité de cette consultation en tentant d'analyser la chose autrement.

Si on tient compte des facteurs du projets et des modalités de la consultation : une consultation en été au moment ou les gens partent en vacances, une consultation qui n'inclue pas le choix d'autres projets de contournement routier de l'agglomération grenobloise, des questions-réponses un tant soi peu ambigües ou décentrées vis à vis du projet de "Rocade Nord", la déclaration d'André Vallini, président du Conseil général de l'Isère "Si la majorité des gens trouve cette réalisation inutile, nous ne la ferons pas", le coût élevé d'une consultation aux yeux de certaines personnes...

... on peut tout de même s'attendre a un résultat négatif. En exprimant une éventuelle opposition au projet dans le cadre de la consultation, en ne recevant pas un nombre de réponses escomptés en amont, les instances concernées et collectivités pourraient légitimer une hibernation du projet "Rocade Nord", le mettre en suspens durant une longue période, l'écarter des enjeux des prochaines échéances électorales et en profiter pour indiquer "les électeurs ont choisi... le projet n'est plus d'actualité" !...

Attendons avec intérêt le résultat de cette consultation !


02

07

2007

Rocade Nord : reunion publique à Grenoble avant consultation : surprenante assurance du Conseil général de l'Isère

Jeudi 28 juin, je me suis rendu au CRDP à la 8ème réunion publique organisée par le Conseil général de l'Isère. Une réunion d'information-débat destinée à présenter le "projet Rocade Nord" retenu par le CG38 dans le cadre du vaste plan de déplacements urbains (PDU), avant la consultation publique qui aura lieu cet été, du 25 juin au 10 août.

De nombreuses personnalités étaient présentes : Michel Destot, Geneviève Fioraso, Stéphane Gemmani, Christine Garnier, Hervé Gerbi, Gilles Kuntz, Jérôme Safar, Vincent Fristot, Gisèle Pérez, Marina Girod de l'Ain... également des représentants de tous bords, associations, unions de quartier, collectifs d'opposition au projet, alternatifs, GO Citoyenneté, ADTC, ADES, PS, PC, MODEM, UMP. Le sujet interpelle toutes les sensibilités...

Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements, Max Lambert, chargé de mission, chef de projet "Rocade Nord" et Jacques Chiron, adjoint à la mairie de Grenoble chargé des déplacements, président de la Semitag, présentent tour à tour dan un premier temps les détails du projet de contournement.

Puis, durant près de 2 heures, le public pose diverses questions aux principaux intervenants. En majorité, elles portent essentiellement sur une opposition au contournement urbain et la manière dont le Conseil général de l'Isère présente le projet de Rocade Nord. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le Marc Baietto et Max Lambert maîtrisent parfaitement leurs discours et le sujet principal. Habitués à répondre aux nombreux contradicteurs présents dans la salle, les orateurs démontrent à chaque instant une assurance déconcertante : études mesurées et qualitatives, projections de chiffres à l'appui, simulations de bureaux d'études, expertises et contre-expertises, exemples de situations vécues dans d'autres villes de part le monde, réponses franches et courtes adressées aux différents interlocuteurs démontrant une parfaite maîtrise des rouages du projet de Rocade Nord par les instances du Conseil général de l'Isère...

La contradiction est à peine relevée par les acteurs du projet. Le public tente d'apporter d'autres chiffres, de s'appuyer sur d'autres études, d'amener de nouvelles suggestions liées à des facteurs environnementaux, écologiques, économiques et sociaux... mais en vain. Les avis contraires soulevés sont pris en compte et sont brillamment contrecarrés par une démonstration aiguisée, une réponse à tout. Au cours de la soirée, je discute avec différentes personnalités n'ayant pas les mêmes affinités politiques. Le constat est le même : la plupart sont étonnées par l'attitude et l'assurance des orateurs. Certaines déclarent "De toute façon, c'est plié (...) La consultation qui va suivre cet été est légale, mais finalement, à quoi peut-elle bien servir (...) Les oppositions se sont affirmées ce soir, mais en face, ils sont forts... ils sont blindés".

En vidéo, la présentation du projet Rocade Nord :

En audio, l'ensemble du débat, toutes les questions du public et réponses des orateurs :

Fichier audio seul : Cliquez ici

. Auteur, Chrys, 81mn 44s.

Le sujet de la Rocade Nord fait débat depuis plus de 30 ans. De nombreux projets ou variantes ont vu le jour. Des associations émergent et revendiquent leur opposition au tracé, au principe de contournement. Des collectifs s'engagent pour sa faisabilité et sa réalisation. Depuis le désengagement de l'Etat, le Conseil général entend assurer la maîtrise de l'ouvrage, associé aux collectivités et si besoin au secteur privé. La notion de péage est envisagée. Le projet du CG38 est initialement estimé à 580 millions d'euros. En attendant, plus de 492 000 électeurs commencent à recevoir dans le cadre de la consultation sur le contournement autoroutier de Grenoble un questionnaire... durant l'été. Coût de l'opération : plus de 600 000 euros.