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06

2009

Fête de la Musique 2009 à Grenoble : faites de la musique ou fête du bruit : vidéo

fete musique grenoble Chaque année depuis maintenant 28 ans le 21 juin, [1], tous les styles musicaux sont à l’honneur et s’expriment dans le cadre de la Fête de la Musique organisée dans toute la France et dans plus de 110 pays à travers le monde.

La fête de la Musique créée à l’initiative du Ministère de la Culture est devenue un évènement populaire incontournable et continue de gagner en popularité et exemplarité au fil des ans.

Il offre l’occasion aux musiciens amateurs de se produire assez facilement bénévolement et d’apporter ainsi leur contribution aux festivités. Sans oublier l’apport des professionnels venus "rééquilibrer" l’ensemble des prestations musicales de qualité proposées dans la rue ou au sein de certains établissements.


Déclaration, candidature… et liberté d’expression


Depuis quelques années, la Municipalité de Grenoble a mis en place un système permettant d’optimiser l’organisation de la programmation de groupes amateurs et semi-professionnels en partenariat étroit avec diverses associations locales.

En principe, pour pouvoir jouer, chaque formation musicale se produisant bénévolement est tenue de se déclarer dès fin mars début avril auprès de l’institution et/ou de candidater afin de pouvoir bénéficier d’un emplacement, d’un podium équipé de matériel son et lumière.

Il y a donc une forme de sélection. Mais la Municipalité ne contrôle pas tout.

Certains groupent s’installent là où le vent les mène, refusant de s’identifier au nom du principe de la liberté de mouvement et de l’expression libre sur l’espace public.

Même constatation au niveau des "marchands ambulants" et vendeurs de boissons, de sandwichs et merguez à la sauvette. Des emplacements autorisés, ciblés, leur permettent de vendre leurs produits à consommer sur place, parfois volontairement placés loin des scènes musicales habitulelles [2].

Près des podiums, à l’inverse, des vendeurs anonymes prennent position et ont compris qu’ils devaient se rapprocher des spectateurs pour leur proposer quelques choses à vendre. Placés discrètement sous un arbre, derrière un angle de rue ou près d’un passage escarpés, ces derniers mettent en place leur dispositif.

Et ca marche.

Sacs de "discounter" remplis de boissons en tous genres achetées la veille, ils sont là, prêts à vous proposer une canette tiède fraîche pour seulement... 2€. Il est coutume d’engranger quelques bénéfices le temps d’une soirée…

D’autres au contraire, le plus souvent des professionnels de la boisson, n’ont aucun scrupule à vous proposer un verre en plastique de 25cl de bière à la pression pour… 2.5 ou 3€.

Sur un plan légal, on se demande qui arnaque le plus l’autre... ou les autres dans l’histoire…


Étalement des prestations sur trois jours


A Grenoble, la fête de la Musique a été programmée sur trois jours.

En étalant la programmation intégrant plusieurs temps forts, les lieux de prestations, les emplacements et scènes musicales par thématique, la Ville de Grenoble en partenariat avec les associations locales a choisi à la fois d’étendre, d’ouvrir son territoire musicalet de le concentrer.

Vous êtes fan de musique Electro, de Rap ou de BreakBeat ? Il fallait vous rendre le samedi 20 juin à partir de 19h gratuitement au sommet de la Bastille. Avec vos enfants, vous souhaitiez vous initier à la pratique d’un instrument de musique ? Il fallait se déplacer le même jour l’après-midi dans l’une des deux bibliothèques référencées. Vous aimez le Hard Rock, le Glam, Heavy ou le BlackMetal [3] ? Il fallait se placer dimanche 21 juin de 18h30 à 20h30 devant le podium dédié pour ce genre musical situé place Docteur Martin.

Cette répartition des thématiques musicales par secteur obligent les Grenoblois à sélectionner un parcours et des lieux de prestations par catégorie répartis sur plusieurs demi-journées selon leurs affinités musicales.

Un bon moyen de faciliter l’organisation de la logistique et de la programmation, mais également... de contenir les foules et les accès.

Cette démarche programmée ne favorise pas la mixité des lieux, des thématiques et cultures musicales et les ambiances hétéroclites. Au lieu de favoriser le rassemblement panaché de personnes, elle les disperse, les obligeant instinctivement à choisir en amont entre telle ou telle musique en fonction des centres d'intérêts musicaux de chacun.

Il est loin le temps où chacun parcourait la ville en déambulant tranquillement, d'une rue à l'autre, quartier par quartier en toute décontraction, à la recherche de l’essentiel, de l'inconnue musicale, d’une formation étonnante ou surprenante par son jeu de scène inattendu.

Désormais, mise à part quelques exceptions au coin d’une ruelle ou d'une avenue, on choisit principalement son style, son type de groupe, son lieu après avoir eu connaissance de la programmation des festivités à partir d’un dépliant... très détaillé.

Rien de bien réjouissant... à part le fait de se réjouir d’avoir eu l'opportunité de sélectionner en amont un ensemble musical en fonction de ses gouts musicaux.

Au bout du compte, en volume, on découvre beaucoup moins d’artistes sur le bitume.


Faites de la musique ou fête du bruit


Après avoir parcouru une bonne partie de la ville de Grenoble ce dimanche 21 juin 2009, voici un petit aperçu de l'ambiance dans les rues du centre-ville.

Ma vidéo : ambiance générale dans les rues du centre-ville de Grenoble, séquences, mix+medley d'une quinzaine de groupes ou formations musicales :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



Fête de la Musique,
faites de la musique
fête du bruit..?

A vous de juger.

Notes

[1] premier jour de l'été

[2] ex : rue Montorge

[3] musique apparemment très appréciée par Philippe de Longevialle, Adjoint à l’Urbanisme, rencontré sur place…


11

11

2008

Quand le wifi sert à fidéliser la clientèle d'un hypermarché Grenoblois

wifi grenoble Comme bon nombre d'entre vous, il m'arrive de faire de temps à autre quelques courses sur l'une des zones commerciales les plus étendues de la région : celle située sur l'avenue Gabriel Péri à Saint-Martin-d'Hères.

Arrêtons-nous un instant sur l'un des principaux centres commerciaux de l'agglomération Grenobloise.

Depuis quelques mois, l'hypermarché Géant Casino Saint-Martin-d'Hères propose à sa clientèle de faire ses courses... en surfant sur le web.

Le marketing commercial a encore de beaux jours devant lui. Quand il s'agit d'attirer et de fidéliser une "nouvelle" clientèle, tous les moyens sont bons.


Faites vos courses... en surfant sur le web


Au premier abord, l'idée paraît quelque peu séduisante.

Géant Casino vous propose tout simplement de vous connecter gratuitement et en accès libre à l'Internet par le wifi dans son espace commercial. Pour peu qu'on soit attaché au quotidien à la toile ou qu'on ne dispose pas d'accès chez soi, on peut être tenté par l'utilisation du service. Après tout, la nouveauté qui attire l'attention, est susceptible de séduire.

Chacun sait que la gratuité amène le business.

Il suffit d'entrer dans la galerie commerciale Géant Casino pour s'en apercevoir. De grands panneaux fixes placés à la fois à l'entrée et au milieu des allées du centre commercial vous informe :

"Surfez au gré de vos envies, en consultant vos emails, en naviguant sur vos sites web favoris, en jouant avec vos amis (...) Connectez-vous à votre centre commercial et découvrez son actualité, sa newsletter, ses animations, ses services, ses liens locaux utiles".

Comme on l'aura compris, ce message publicitaire s'adresse en priorité aux jeunes (à vrai dire, je ne crois pas que mes deux grands-mères sachent ce qu'est une newsletter, jouer sur le Net ou prendre le temps de consulter l'actu web du magasin).

Essayons d'utiliser ce service gratuit sur place.


Jouons le jeu


A part pousser un caddie, amener des sacs pour transporter et ranger ses courses, cela ne me viendrait pas à l'idée de prendre une machine pour me connecter en wifi à l'Internet pendant que je fais mes courses. Le temps que nous consacrons pour faire nos emplettes est parfois difficile à trouver entre le travail, la famille et le reste de nos activités. Comment peut-on encore trouver le moyen de consommer tout en consommant de l'information sur le web ?

Il m'a fallu plus de deux minutes pour lancer une connexion active en wifi sur mon mobile (activation wifi, acceptation des conditions générales d'accès au service, passage obligé sur le web du magasin pour enfin arriver à surfer sur un site de mon choix). Le seul moment idéal choisi pour me connecter : dans la file d'attente, devant les caisses.

Il semblerait que la répartition des points d'accès wifi soit volontairement inégale dans la zone commerciale Géant Casino. Le signal de réception wifi est plutôt faible dans les allées de l'hypermarché. Il est beaucoup plus fort aux abords des caisses et dans les couloirs du centre commercial.

Les plus exposés en permanence aux signaux wifi ne sont donc pas les clients du magasin, mais les commerçants de la galerie marchande... et les hôtesses de caisse.

En définitive, la dérivation de l'usage mène indirectement à l'achat et à la consommation dans un même espace regroupant une nouvelle communauté de services.


Attirer et fidéliser... une nouvelle clientèle


Premier objectif : attirer le consommateur afin qu'il reste le plus longtemps possible dans le centre commercial. Second objectif : le fidéliser sur place.

Plus un consommateur reste longtemps dans une enseigne commerciale, plus sa propension à acheter et consommer est forte. Plus un espace commercial offre diverses prestations et services, plus le consommateur le considère comme un lieu de vie, de rencontre et d'échange.

Pour certains, il s'agit d'occuper son temps. Pour d'autres, de le gagner et de l'organiser.

Ainsi, l'idée de proposer une connexion gratuite à l'Internet dans ce genre d'établissement ne peut que renforcer les perspectives d'ouverture des magasins le dimanche... pour les distributeurs.

Et d'après ma photo, tout porte à croire que l'opération marketing de l'hypermarché Géant Casino produit ses effets.


Venir se connecter au centre commercial


Après avoir terminé mes courses, je suis allé à la rencontre de ces "clients-consommateurs de flux" pour leur demander pourquoi ils étaient là, recroquevillés pour la plupart sur leur Mac ou Pc Portable dans le couloir d'un centre commercial, en train de surfer sur le web.

En toute simplicité, un étudiant apparemment très détendu m'explique : "Ben là tu vois, je sors de cours (...) ma copine se tape les courses pour le studio pour finir la semaine et là, je termine un truc pour demain à la fac".

Une jeune asiatique, très concentrée sur sa machine, répond : "Vous savez, j'aime venir ici parce que je retrouve ici mes copines le soir quand nous sortons de cours (...) On a nos habitudes et on s'attend souvent avant de rentrer ensemble en bus (...) Et quand il fait froid ici en attendant, on est bien vous savez".

Les réponses de certains sont étonnantes mais pas surprenantes.

Certains espaces libre service d'accès à la toile sont parfois inaccessibles sur le domaine universitaire. D'années en années, l'accès à l'Internet se démocratise, la mobilité s'accroît, devient une norme tandis que le coup du matériel diminue.

Les distributeurs ont trouvé un nouveau filon : séduire une jeune clientèle qui n'a souvent pas beaucoup de moyen mais qui plus tard, reviendra consommer plus largement sur place.


02

09

2008

Grenoble, vue par des touristes, des provinciaux, des européens... en vacances

grenoble en france Les vacances d'été 2008 s'achèvent presque pour tout le monde ou du moins, pour ceux qui ont eu l'opportunité la chance de partir cette année à la découverte d'autres horizons.

Ne nous cachons pas derrière les mots mais analysons plutôt l'effet les faits.

Cette année, les Français sont effectivement moins partis en vacances. Cette sensation fait place à une situation palpée sur le terrain. Une constatation d'autant plus évidente qu'elle témoigne des difficultés à aborder la rentrée scolaire pour de nombreuses personnes.

Plus de temps passé dans les magasins à éplucher les étiquettes. Vérification des prix à la pompe, restrictions des animations estivales. Le calcul l'emporte : c'est le porte-monnaie qui fut le fidèle compagnon de voyage du vacancier.


Le porte-monnaie, fidèle compagnon du vacancier


Les Français qui ont eu la chance décidé de partir cette année ont principalement privilégié l'hexagone. Par nécessité, des séjours plutôt courts, décalés ou écourtés dans le temps. Si possible, près de ses proches, dans sa famille, à seulement quelques centaines de kilomètres de chez soi ou dans sa région.

Un constat établi sur le terrain après avoir discuté avec de nombreux vacanciers ou professionnels du tourisme durant le rush estival.

Sur le terrain, l'hôtellerie et la restauration ont été partiellement boudées au profit des campings (bungalows toile, tentes, plutôt que mobile home...) et de la restauration rapide (sandwicheries rapides sur autoroute et aux abords des plages plutôt que carte de restaurants...).

Jamais, en cette période dite de "haute-saison", je n'ai vu autant d'emplacements vides et de locations vacantes dans les campings dans le Sud de la France (région Centre, Aquitaine...). Même constat dans les terres, à seulement une vingtaine de kilomètres des plages.

Dès la fin du printemps 2008, face à un climat social particulièrement tendu lié à la notion de "pouvoir d'achat" [1] au sein des ménages, j'appréhendais globalement la baisse de fréquentation touristique qui se profilait cette été.


Des vacances sans reservation


Cette année, nous avons opté pour une plus grande amplitude et liberté dans nos mouvements et déplacements [2].

Plus d'aléas, d'"itinérance" au jour le jour [3], de lieux à visiter, selon notre humeur et nos envies. Moins de contraintes sur le terrain . Aucune série de réservation systématique liée à l'hébergement ou à l'animation. Les enfants étant plus grands (4 et 6 ans), nous avons choisi avec ma femme le camping sous tente avec tout l'équipement sympa : réchaud, glacière électrique, smartphones [4], mini lecteur DVD, matelas, cerfs-volants, chaussures de randos, polaires...

Chose surprenante : alors qu'il est indispensable de réserver à l'avance une maison, un chalet, un mobile home ou tout autre location similaire en versant habituellement un acompte ou des arrhes, il a fallu parfois parlementer par téléphone avec des propriétaires de camping pour obtenir une place la veille de nos déplacements pour une ou plusieurs nuits sous tente. Alors même que tous les campings "visités" étaient loin d'être complets, force est de constater que l'objectif est de sous-tirer au maximum des frais de dossier annexes ou de réservation supposée auprès de la clientèle potentielle pour combler le manque à gagner au niveau du chiffre d'affaires de la saison. Une mesure commerciale pour ma part, difficile à admettre.

En famille, nous avons choisi de nous rendre dans le sud de la France.

La campagne (Saint Nectaire, les volcans du centre, l'Auvergne...). La mer (Hossegor, Saint-Jean-de-Luz, le pays Basque et l'Espagne...). La montagne (randos, Villard de Lans...).

Durant nos courts séjours, comme beaucoup, j'ai eu l'opportunité de discuter durant nos séjours avec quelques touristes, provinciaux et européens. Dès que l'occasion se présentait, je leur demandais comment voyaient-ils Grenoble, sous quel angle, et quelles représentations ou images gardaient-ils de notre ville, de notre région.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Grenoble est vue sous des angles assez surprenants. De quoi réfléchir, de quoi s'inquiéter parfois face aux diverses réactions recueillies sur le terrain.

Morceaux choisis :


Grenoble, vue par les vacanciers ou habitants de tous horizons


Commençons par la destination la plus proche :

Villard-de-Lans, Isère, Alpes

En terrasse de café, sur la place de l'Ours du village, quelques réactions en provenance d'une discussion anodine.

Un Tourangeau (Tours) : "Ici, c'est beau, on respire bien mais il me semble que chez vous en bas à Grenoble, vous avez toujours beaucoup de pollution non..? (...) Vous avez une équipe pas mal en foot cette année je crois et un nouveau stade (...) Il n'y avait pas eu une histoire de fou avec des gars qui dormaient dans les arbres à la place de votre stade ? (...) Alors, il y a toujours des règlements de compte de truands à Grenoble ? Ca donne pas envie de venir sauf sur vos montagnes"

Un couple d'Anglais en location chalet : "Chez nous, en Angleterre , on a aucun sommet supérieur à 1000m (...) quand on est sur le balcon ici, on est déjà plus haut, c'est fantastique (...) Avant d'arriver, on croyais qu'on faisait du ski à Grenoble, mais en fait, il faut monter dans les montagnes, ce n'est donc pas une station de ski en bas comme on nous avait dit mais une grande ville de passage, il me semble".

Saint-Nectaire, Puy-de-Dôme, Auvergne

La boulangère en bas de l'Eglise : "Ah ben oui, chez vous, y a le ski, il fait froid tout le temps, y a pas beaucoup de soleil dans votre patelin (...) j'irai pas vivre chez vous moi, je suis bien ici (...) Nous, on a des volcans, des châteaux du Moyen-Age pas loin, un casino pour jouer et du bon fromage (...) Chez vous, y a de la noix hein c'est bien ça... mais vous en faites quoi, c'est quoi ce que vous mangez ?".

Un Montpelliérain (Montpellier) m'accompagnant dans la queue pour une animation au parc Vulcania : "C'est marrant parce que Grenoble pour moi, c'est pas une ville dite de culture, c'est une ville de labos, de chercheurs... vous devez pas trop faire la fête, je me trompe ? (...) C'est plutôt Montpellier la ville de culture en France, on a le soleil et la mer, on est des fêtards (...) Pour moi Grenoble, on y va pour le ski (...) Et vous, dites-moi ce qu'ils font les Grenoblois ? Ça bouge ou pas chez vous ?".

Marmande, Lot-et-Garonne, Aquitaine

Le propriétaire d'un camping : "Fait pas souvent beau chez vous à Grenoble (...) Paraît que y a plus de neige en station pour faire du ski avec le réchauffement climatique (...) Vous savez, mon truc c'est le vélo et je dis je dis chapeau à la Longo, c'est complètement fou ce qu'elle fait (...) Ma fille a passé 6 mois en stage là-bas à la fin de ses études, elle s'y plaisait bien mais y avait pas de boulot pour elle à Grenoble à la sortie d'après ce qu'elle m'a dit, elle cherchait un poste dans le social et le culturel, elle m'a dit que c'était verrouillé. Là, elle a trouvé un bon job à Toulouse ".

Hossegor, Landes, Aquitaine, Côte d'Argent

Un pizzaiolo dans son camion pizza ayant travaillé 5 ans comme pâtissier à Saint-Ismier : "Ah bonjour Grenoble, alors... c'est bon, il est enfin fini le nouveau tram des boulevards ? C'était la chianli tous ces travaux, fallait voir (...) C'est qui maintenant le Maire, c'est Carignon ou Destot ? Non je déconne (...) Celui là alors, c'est un requin moi je vous le dis, il a fait ce qui a voulu et vous vous rappelez l'histoire du nuage de Tchernobyl ? Bah, c'est du passé maintenant (...) Ça chauffe toujours ou pas à Teisseire ? C'est pas là qu'il y a eu des meutres y a pas longtemps ? (...) Par contre, le foot, là... ca y va, hein... le stade tout neuf et la montée de Grenoble en Ligue 1... doit y avoir des petites enveloppes qui circulent (...) Sur le coup, j'ai jamais compris pourquoi ils ont choisi de faire ce foutu stade en pleine ville ?".


Si on s'amuse à faire un petit bilan non exhaustif...

A Grenoble, il fait souvent froid, il y a bientôt plus de neige, on manque de spécialité gastronomique, on s'entretue de temps en temps, il doit toujours y avoir Alain Carignon, il n'y a que des chercheurs, pas beaucoup de culture... au final, on ne doit pas beaucoup s'éclater dans notre contrée. Un seul trait, un seul angle de vue revient sans cesse : le ski.

Quelles belles images, n'est-ce pas ?

Notes

[1] pour ma part, une notion tout à fait relative

[2] voir la carte, en photo

[3] merci au GPS sur mobile

[4] web, actu, micro-blogging...


25

07

2008

Passage du Tour de France 2008 à Grenoble

tour de france grenoble Jeudi 24 juillet 2008, la 18ème étape du Tour de France 2008 entre Bourg-d'Oisans et Saint-Etienne passait "furtivement" par Grenoble.

L'occasion pour moi d'amener mes enfants voir les coureurs de la grande boucle à l'heure du déjeuner et de rencontrer sur place, un autre blogueur connu de la région.

Bien que le Tour de France soit entaché depuis des années par les problèmes insurmontables de dopage des coureurs, la plus grande course cycliste de la planète continue d'accueillir sur sa route de très nombreux supporters.

Voir ma vidéo ci-dessous.

Arrivé sur les lieux de passage du Tour, les commentaires de la population liés aux histoires de dopages s'estompent et l'engouement des spectateurs pour la grande boucle reste parfaitement intact. En dehors des enjeux financiers et des péripéties administratifs, le Tour de France peut s'estimer heureux de recevoir en 2008 une telle ovation pérenne sur le terrain.


Une course très rapide, l'impression de n'avoir rien vu


Si je me souviens bien, la dernière fois qu'un maillot jaune est passé par Grenoble, c'était le 12 juillet 2005 pour un départ d'étape jusqu'à Courchevel.

Cette année, la 18ème étape entre Bourg-d'Oisans et Saint-Etienne prévoyait notamment un passage par le Pont-de-Claix, Echirolles, Grenoble, Seyssinet-Pariset, Fontaine, Sassenage... le tout en moins de 16 mn ! Le peloton devait passer à Grenoble à 13h28 (horaire prévue sur letour.fr) : il est passé à toute allure au croisement des grands boulevards... à 13h14 !

Au niveau de l'intersection entre le cours de la Libération et du boulevard Foch, en direction du pont de Catane, l'allure des coureurs est impressionnante.

Trois premiers concurrents se présentent en tête, suivi du peloton. Globalement, la vitesse des cyclistes est tellement élevée en ce début d'étape que des spectateurs autour de moi ont mentionné qu'ils craignaient d'assister à une chute au moment de tourner à 45° en direction de Seyssinet.

Trois minutes plus tard, un dernier co-équipier, entouré des derniers véhicules de la course, passe seul devant les Grenoblois après seulement une heure de course. Ce dernier est d'autant plus acclamé par la foule qu'il ne risque pas de gagner l'étape du jour.


Peu de monde : la caravane prime sur les coureurs


J'étais surpris de voir aussi peu de monde, aussi peu de Grenoblois le long des grands boulevards, attendant patiemment le passage des coureurs. Je m'attendais à rencontrer une foule compacte et dense le long du parcours. Aux abords, j'ai surtout entendu des automobilistes qui raillaient et exprimaient leurs mécontentements devant des agents en raison des restrictions de circulation temporairement imposées.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la population locale est substantiellement plus intéressée par le passage en amont de la "caravane du Tour". Celle-ci, toujours disposée à achalander le consommateur potentiel en lui distribuant de nombreux gadgets publicitaires : casquettes en toile "Cochonou", parapluies jaune ou rouge, porte-monnaie "F.O", promotions "La vache qui rit" ou bons d'accueil "Etaphotel" ou du "Faillitaire", les pin's, lutins et écureuil de la "Caisse d'Epargne, les sachets "Ricoré"... et j'en passe.

L'envie de récupérer un gadget lancé par les publicitaires est tel que certains spectateurs près de moi se sont littéralement arrachés l'objet des mains par terre, en poussant d'autres spectateurs. En filmant la course, une main en l'air a failli dégommer le trépied de mon Médiaphone.

Bienvenue à la foire...

Au passage du véhicule "publicitaire" de la Gendarmerie nationale, quelques huées et sifflements se sont fait entendre de part et d'autres de la foule. Il faut dire que le haut-parleur du véhicule scandait mot pour mot en direction du public "Avec l'arrivée du Tour de France, on fait du bruit avec la musique offerte par la Gendarmerie (...) parce qu'aujourd'hui, y a pas de PV, y a pas de ballon, y a juste de la musique et des bracelets" [1].

Drôle de discours, drôle de manière pour redorer l'image de la Gendarmerie auprès de ses concitoyens, concentré dans un flot publicitaire.

Le Tour de France, c'est avant-tout du merchandising auprès des spectateurs sur le terrain et des téléspectateurs. Si on relève les enjeux financiers et les retombées économiques, le sport et les performances sont relayés en troisième position.

Comme sur un marché en centre-ville, la population est venue chercher ce qu'elle attend : de l'ambiance sonore, des beaux produits sur les étalages (ici, des véhicules de marque, des produits publicitaires...). Pour attirer l'attention et capter l'auditoire, il faut des acteurs "en selle".

En définitive, je me demande si la fête du sport est toujours au rendez-vous.


Ci-dessous en vidéo, le passage de la caravane publicitaire et du Tour de France à Grenoble :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Notes

[1] dans quel sens faut-il prendre le mot :-)


23

06

2008

Fête de la musique 2008 à Grenoble : les bonnes et mauvaises notes

fete musique grenoble Le 21 juin, la Fête de la musique bat son plein dans les rues de Grenoble et ses alentours. Groupes, chanteurs et musiciens accompagnent en musique le jour le plus long de l'année.

Comme d'habitude, j'ai décidé de m'y rendre. Cette fois-ci, entre 17h30 et 00h30. J'ai choisi d'élargir le périmètre de mes déplacements en me rendant sur plusieurs scènes où se produisaient différents "artistes" répartis au parc Paul Mistral, à la Bastille, dans les différentes artères du centre-ville etc.

Ci-dessous, 15 minutes de vidéo.

Plus d'une vingtaine de scènes et d'ambiances musicales filmées, allant de groupes marginaux au son inaudible, en passant par une Chorale, une très jeune guitariste Rock, du Gospel, du Rap, de la Techno, de la Pop française, de la musique des îles, du Reggae, un groupe fan de Jésus Christ, une formation très kitch, de la mousse ou des baignades citadines dans les bassins, un Grenoblois bourré,... et le meilleur pour la fin : une bonne reprise de "Antisocial" par un groupe de Heavy Métal sur un podium (côté décibel, mon Nokia N95 8Go a pris un coup...)


Les bonnes notes de l'édition 2008 de la Fête de la musique


Selon mes humbles observations, la Fête de la musique fut essentiellement marquée cette année par l'absence de vendeurs de frites, saucisses, kebab et autres "commerçants" déambulant en tous genres sur la voie publique. L'année 2008 ne sera pas marquée par les odeurs nauséabondes et pernicieuses des années précédentes. Une très bonne chose.

Les différents trams (notamment sur les lignes A et B) ont pu librement circuler à leur guise puisque certaines scènes ont été écartées des principales voies d'accès. Cette année, moins de scènes, plus de scènes réparties à Grenoble et ses alentours

A première vue, moins de dégradations "gratuites" ont été relevées en centre-ville. Moins de personnes fortement imbibées ou alcoolisées. Plus de forces de l'ordre visiblement groupées, circulant à pied sur quelques points sensibles (les parcs, les ruelles menant à d'autres places...) et en vélo..

Un petit fascicule noir distribué par la Ville de Grenoble, très bien fait, permettait de repérer avec clarté les différentes scènes musicales à Grenoble.


Les mauvaises notes de l'édition 2008 de la Fête de la musique


Selon mes humbles observations, l'édition 2008 de la Fête de la musique à Grenoble n'a pas rassemblé autant de monde que les années précédentes.

En cause, le beau temps ayant permis à certains de quitter la ville durant le week-end, le suivi des matchs de foot de l'Euro à domicile ou chez des amis, le ras le bol récurrent de nombreux Grenoblois qui considèrent cette fête comme un tas de bruit et le moment propice pour se lâcher en pleine rue. Bien entendu, je ne compte plus le nombre de fois où j'ai pu entendre autour de moi "Non, ce soir, j'y vais pas (...) De toute façon, la Fête de la musique, c'est devenu vraiment n'importe quoi (...) Chacun doit jouer à sa place et tout le monde joue mal (...) C'est nul, ça rime plus à rien (...) Dans les années 80, c'était tellement mieux...". Et j'en passe.

Plus les années passent et plus l'encadrement des artistes habilités à se produire est strict et draconien. Certains regrettent cet état de fait et soulignent par ailleurs le manque d'occasions pour se produire librement dans un lieu de son choix. Sans compter les patrons de bar qui profitent souvent de l'occasion pour ne pas s'obliger à rémunérer des groupes pour attirer la clientèle. Un simple prise de courant fournie faisant l'affaire...

Chose étonnante, cette gestion des espaces d'expression n'empêche pas la surexposition et la juxtaposition des sons ou styles musicaux. Pour preuve, face au Musée de Grenoble : une scène Rap avec une forte amplification et à quelques mètres de là, une chorale de Gospel accollée à un mur juste en face. Difficile d'apprécier une quarantaine de chanteurs à voix face à quatre rappeurs amplifiés de l'autre côté de la rue.

Pour finir, il semblait flotter une forme de résignation dans les rues de Grenoble  : mines joyeuses mais sans plus d'extase sur les visages, de nombreuses personnes assises en terrasse de bar "subissant" la musique.

Les scènes musicales les plus animées furent celles ayant produit le plus de "rythme" soutenu ou d'émotion artistique : scène Electro-Techno au parc Paul Mistral (nombreux jeunes et quadras en transe devant les amplis), scène Heavy Métal square Docteur Martin (excitation face au podium des tremplins de l'Isère), scène Gospel (ensemble vocal près du Musée de Grenoble) ou scène déambulante d'instrument et tambours (similaire à la compagnie bien connue du département La Batook).

Le reste...


En vidéo, un "medley" regroupant plus d'une vingtaine de groupes et scènes musicales, tous styles confondus et pour tous les goûts :


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


02

05

2008

A Grenoble, les "dégonfleurs anonymes" tentent de rééduquer les possesseurs de véhicule "indécent et énergivore"

grenoble voiture Il y a quelques jours, je rencontrais dans la rue un ami médecin habitant au centre-ville de Grenoble. Ce jeune praticien m'a fait part d'une mésaventure personnelle survenue il y a environ un mois.

Un samedi matin, ce jeune praticien, qui ne dispose pas de garage pour ranger sa voiture, part travailler tôt pour se rendre à son cabinet médical. Il prend son véhicule personnel stationné la veille durant la nuit dans une rue du centre-ville proche de son domicile et prend la route.

Au bout de 300 mètres, le médecin est manifestement obligé de s’arrêter : il sort de l'habitacle et découvre que les deux pneus de son véhicule, situés côté passager, sont dégonflés. Sur le moment, il pense alors à une blague de potaches d'étudiants carabins. Surpris et étonné, il décide d'inspecter minutieusement sa voiture et découvre quelques instants plus tard un tract positionné sous l’essuie-glace avant de son véhicule.


Un tract surprenant apposé sur le véhicule du médecin


Le message qu'il lit sous ses yeux est surprenant, se veut direct et dissuasif. En voici un extrait [1]:

"En ville, les bagnoles (...) Partout, les bagnoles (...) Pour vous déplacer, vous avez choisi un modèle particulièrement indécent et énergivore de véhicule (...) N'avez-vous vraiment pas d'autres moyen de transport ? (...) Nous espérons que ce modeste acte de dégonflage vous laissera le temps de réfléchir aux conséquences de votre choix, sur la vie quotidienne et future de toutes et tous"

Depuis la lecture du message anonyme rédigé en bonne et due forme selon lui par des "adultes bien pensants", le praticien avoue que son étonnement n'est toujours pas retombé.

Ironie de la situation, le médecin venait tout juste la veille d'acheter une Peugeot 407 Break sur laquelle le tract était positionné. Un nouvel achat de véhicule destiné à remplacer sa vieille Renault R21 essence âgée de 17 ans qui consommait et polluait bien plus que le diesel avec pot catalytique de sa nouvelle acquisition automobile. Une R21 qui juste là, n'avait jamais subi de dégonflage intempestif par qui que ce soit depuis ses 13 dernières années de domiciliation en centre-ville.


D'autres véhicules "cossus" également pris pour cible


Ce jour-là, le médecin avoue n'avoir pas constaté de dégonflage sur d'autres vieilles voitures polluantes de la rue. Par ailleurs, il remarque que ces derniers mois, dans les rue du centre-ville de Grenoble, d'autres véhicules ont été la cible de dégonflage : des voitures récentes qui avaient en commun leur aspect "cossu" et plutôt de marque allemande (4x4 ou break). Selon lui, le tort de sa nouvelle 407 Break était sans doute de sortir du garage la veille et donc de briller un peu trop…la nuit.

Etant attendu au cabinet médical et devant l’impossibilité matérielle de changer deux roues dégonflées, le praticien décide de laisser son véhicule au bord du trottoir, non sans avoir mis un peu d’argent pour la collectivité dans l'horodateur. Prévenue de l'incident, son épouse ira jusqu'à renouveler plusieurs fois dans la même journée la durée de stationnement limitée dans la zone à 2 heures.


Un geste "pseudo-rééducateur" qui aurait pu avoir d'autres conséquences


Le médecin sait déjà qu'il est en retard à son cabinet où l'attendent plus d'une dizaine de personnes venues le consulter ce samedi matin. A mains nues, il doit seul transporter un ordinateur portable, un cartable de visite et une mallette imposante contenant des produits médicaux d'urgence. Il décide de prendre le tram : à sa descente, muni de son matériel, il doit encore marcher près d'un kilomètre à pied pour arriver enfin à son cabinet médical... avec plus de 45 mn de retard et 3 patients qui l'attendaient devant la porte de son lieu de travail.

Fort heureusement, le jeune praticien précise que ce jour là, il n'a pas eu à faire de visites à domicile et surtout aucune urgence médicale prioritaire. Il ajoute qu'il aurait pu être de garde la nuit précédente, être dans l'obligation de se déplacer et être dans l’impossibilité de se rendre chez des patients nécessitants une aide en urgence...


Le médecin exprime sa colère et son désarroi


Après avoir exposé les faits et les conditions de sa mésaventure, le médecin me fait part de son opinion par écrit :

"Concernant la pollution en ville, mes enfants respirent l’air du centre-ville, et en supposant que j’aime mes enfants (on pourrait en douter car je roule en voiture "indécente"), je suis bien placé pour être concerné par les problèmes de pollution (...) Ces dégonflages arbitraires ne sont pas dignes de personnes se voulant des citoyens responsables (...) Etre citoyen, c’est aussi respecter ses concitoyens (...) Les solutions collectives se trouvent dans la discussion et non dans des agressions individuelles arbitraires à visée pseudo rééducative, sauf à rester bloqué sur des régimes politiques amateurs de camps de rééducation (...) Malheureusement pour les "rééducateurs dégonfleurs", le choix des véhicules ciblés montre plus la haine du nanti que l’amour de l’air pur (...) Ces actes discréditent les valeurs écologiques qu’elles veulent porter (...) C’est bien dommage car nous avons tous besoin d’air pur".

Il souhaite également s'adresser personnellement aux "rééducateurs dégonfleurs" en leur signalant "Demain, j’irais dégonfler vos pneus pour vous faire réfléchir au tort que vous faites aux valeurs de l’écologie (...) La prochaine fois, pourriez-vous au moins utiliser du papier recyclable pour vos tracts (...) Pourriez-vous aussi me rendre les 2 bouchons des valves des pneus que vous avez conservés ? (...) Je n’ose penser que des "adultes pseudo rééducateurs amis autoproclamés de l’air pur" puissent jeter ce type d’objets sur la voie publique ou alors peut être dans une poubelle "Je trie" !


Agir et revendiquer, plutôt que de communiquer ouvertement


Muni de son matériel professionnel, un médecin est obligé de prendre un véhicule pour se rendre rapidement au chevet d'un patient, pour effectuer des domiciles et répondre aux urgences sur le terrain.

Cette histoire récemment vécue par un ami révèle l'irrésistible besoin de culpabiliser des gens qui ne correspondraient pas au profil d'autres personnes se déclarant plus respectueuses de l'environnement que d'autres.

Une fois encore, une personne est jugée artificiellement pour l'effet qu'elle produit, pour son style et son degré d'apparence au sein de l'espace public. Une fois encore, les plaignants ne cherchent pas à communiquer directement avec elle, préférant s'en prendre au matériel afin de marquer les esprits, préférant user d'une sémantique hasardeuse parfaitement calibrée sur papier pour revendiquer et justifier leur geste. Une fois encore, cette tentative avortée de changement d'un comportement supposé infantilise la personne et ne peut qu'accentuer la recherche de la différence et des antagonismes latents entre les individus.

Notes

[1] tract complet téléchargeable ci-dessous en annexe


04

01

2008

Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige

luxe grenoble Entre Noël et le jour de l'An, je me suis fais accoster en ville, juste en sortant de la Fnac, par un couple d'allemand d'une soixantaine d'années très certainement en vacances d'hiver dans notre région, tout a fait charmant, à l'allure svelte et bronzée.

Habillée d'un beau manteau de fourrure pour Madame, d'une belle parka de marque pour Monsieur, nous entamons une petite discussion en Anglais. Avec le sourire d'une première rencontre, ce dernier me demande "...Ja ... please, where can i find ... a ... Gucci store... you know ?... here... Grenoble". N'ayant pas immédiatement saisi la prononciation de la marque de luxe sur le moment, je lui signale qu'à ma connaissance, il n'en existe pas dans les alentours et lui propose alors de se rendre aux Galeries Lafayette un peu plus loin. L'homme me répond "Nein (...) no... not good !" en grimaçant. Légèrement embarrassé, le couple me remercie avec le sourire, et passe son chemin.

Au fond, cet épisode est assez intéressant et instructif en la matière. En cette période de fin d'année, cette recherche d'une boutique de luxe ne m'a pas étonné.


Marque de luxe, marque de prestige


A mon sens, une marque de luxe se définie comme la marque d'une création dont la genèse fait référence à l'art ou l'artisanat, au sur-mesure. Souvent difficile d'accès, réservée à une clientèle bien déterminée, une marque de luxe tend vers la notion d'unicité. Loin des grandes multinationales et d'une production destinée au grand public, il semble que la marque de luxe soit destinée à être distribuée en petite quantité pour en augmenter la rareté. En d'autre terme, un produit de marque de luxe peut apparaître inutile, confidentiel ou très personnel.

Contrairement au luxe, la marque de prestige est destinée au plus grand nombre. Son territoire de conception et de production compte beaucoup pour celui qui la revendique. La marque de prestige est plus importante que le produit en lui-même. Celui qui la porte ou l'obtient s'identifie à elle, tout en cherchant à véhiculer un code social permettant d'affirmer vis à vis d'autrui son appartenance à un groupe ou à une entité. Au final, du fait qu'il soit souvent produit en grande quantité, un objet de marque de prestige nous apparaît très utile, peu confidentiel et peu personnel.


Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige


Nous savons que différents styles d'enseignes et de magasins se côtoient à Grenoble, notamment en centre-ville. Mais quand on observe à la loupe l'éventail des choix de produits en vente proposés par les commerçants, on s'aperçoit très vite que Grenoble, à l'instar d'autres grandes villes de province, dispose de très peu d'enseignes de marques de luxe... ou de prestige.

Pourtant, la Capitale des Alpes, 12ème agglomération de France et son aire urbain de 553 000 habitants, au carrefour de l'Italie , de la Suisse , 2ème agglomération en Rhône-Alpes est censée être bien placée et positionnée pour répondre... aux besoins de ce genre de clientèle. Sans compter l'attirance de Grenoble pour ses nombreux pôles d'innovations et technologiques, son bien-être et son style de vie qui permettent d'attirer chaque année de hauts cadres ou d'ingénieurs, révélant parfois une clientèle huppée qui cherche à parâitre et à se distinguer du grand public...

Force est de constater que les commerçants installés à Grenoblois proposent des produits de marques de luxe ou de prestige dans de nombreux points de vente mais que le nombre d'enseignes ou de boutiques estampillées d'une seule marque est ridicule, voire... rédhibitoire.

Boutique "Hugo Boss" (prestige - 5 place Victor Hugo), "Chevignon" (prestige - 1, rue de Bonne), "Lacoste" [1] (luxe - 2 place Léon Martin)... Quick Silver (prestige - 2 rue millet), Cinna, Roche-Bobois, Aigle... ...mais encore ?

ll suffit de demander aux Grenoblois s'ils arrivent facilement à identifier sur le vif d'autres enseignes à part entière sur Grenoble (des "stores", et non des points de vente ou distributeurs) dont la marque est mondialement connue... A l'évidence, l'identification n'est pas si aisée en ville.

Boutiques "Store"... Nike, Addidas, Nokia Care, Dior, Kenzo, Louis Vuitton, Tag Heuer, Mugler, Sisley, Rabanne, Mont Blanc, Tissot, Audemars, YSL, Mazet, Bretz, Bose, Dupond, Chanel, Gaultier, Valentino, Killy, ...

...absentes, pour la plupart, de Grenoble.


Chercher des réponses


Alors pourquoi Grenoble, - ou la ville de Grenoble - n'attire pas ces "stores" ?

Grenoble ne serait-elle pas tout simplement mal desservie en la matière, coincée entre Lyon, Montpellier, Nice, Cannes ou Annecy ? Serait-elle victime de sa proximité avec ces communes ? Et pourtant, toutes ces villes on une ou plusieurs rues accueillant principalement des boutiques de luxe et de prestige et il suffit parfois qu'une ou deux s'installent pour que d'autres s'y collent après quelques années.

Loin de penser à l'étroitesse du centre-ville, Grenoble ne dispose d'aucun "quartier chic commerçant" regroupant des boutiques de luxe et/ou de prestige. Sur une autre grille de lecture, des villes comme Romans (38) ont su donner un crédit supplémentaire ou complémentaire à leur territoire en choisissant d'accueillir il y a quelques années le concept "Marques Avenue". On peut aller jusqu'à se demander si Grenoble "dispose" des bonnes CSP [2] prêtes à dépenser leur argent dans ces boutiques.

Dans un autre registre, plus aucun Grenoblois ne monte à Lyon pour acheter ses meubles chez Ikea et la présence manifeste et accrue de boutiques de luxe et de prestige à Grenoble confèrerait à la ville une image supplémentaire qui irait de paire avec son dynamisme économique, au moment ou celle-ci est soucieuse de jouer depuis des années et avec justesse, la carte de la mixité sociale, du commerce, des activités et de l'habitat.

Il faut un peu de tout, pour faire un monde...

Notes

[1] photo : lacoste.com

[2] catégories sociaux professionnelles


19

11

2007

Jardin de Ville de Grenoble : éclairage public à revoir

jardin de ville Dimanche dernier, je suis parti en fin d'après-midi me balader en ville avec mes enfants au parc du Jardin de Ville à Grenoble.

Arrivé sur les lieux à 17h10, je constate avec enthousiasme un nombre élevé d'enfants jouant dans l'air de jeux du parc du Jardin de Ville en compagnie de leurs parents. Parkas, bonnets, moufles, vêtements chauds pour tout le monde. En cette période de l'année, la baisse progressive et régulière des températures du soir et le récent changement d'heure il y a quelques semaines n'incitent pas pour autant les enfants et leurs parents à rester chez eux.

Bien au contraire...


La nuit tombe vite sous les arbres


Vers 17h20, la nuit commence nettement à tomber. En quelques minutes, les feuillages des grands arbres du parc cachent la lumière du jour et la visibilité extérieure s'estompe rapidement sur l'aire de jeux du centre-ville.

Vers 17h25, les lampadaires commencent petit à petit à s'éclairer. Au bout de quelques minutes, il est aisé de constater qu'ils n'éclairent qu'eux-mêmes... et l'allée principale traversant le parc du Jardin de Ville.

L'éclairage de l'aire de jeux est aussi discret et minimaliste que celui d'une exposition en vitrine d'une galerie d'art la nuit tombante.


Parents et enfants jouent dans une obscurité relative


Au moment de partir, vers 18h40, nombreux sont les parents et enfants présents qui restent jouer sur les balançoires, montent sur les toboggans et pont suspendu dans une obscurité relative.

Pour le confort de tous, pour des questions évidentes de sécurité, il serait pourtant judicieux d'ajouter en ces lieux un projecteur de lumière supplémentaire ou apparenté afin d'améliorer sensiblement le confort de jeux et la visibilité des lieux sous la surveillance des parents jusqu'à une certaine heure résonnable.

Pour y remédier, il serait opportun que les services de la ville puissent faire le nécessaire en dégageant par exemple, une toute petite dépense supplémentaire planifiée dans son budget alloué chaque année pour éclairer le centre-ville de Grenoble en ce début de période de fêtes de fin d'année !


08

11

2007

Le point sur les polluants à Grenoble (2/2)

ascoparg polluant Je fais suite au billet rédigé précédemment sur la qualité de l'air que nous respirons à Grenoble.

Celle que nous respirons n'est pas la meilleure de l'hexagone, loin de là.

La plupart du temps, lorsqu'on évoque la pollution de l'air qui nous entoure, nous avons la mauvaise habitude de fustiger principalement les rejets de particules liés aux déplacements des véhicules au sein de l'agglomération grenobloise.

Pourtant, à l'écoute de Nicolas Vigier, Responsable Communication de l'ASCOPARG, nous sous-estimons l'impact d'autres polluants plus difficiles à détecter, parfois bien plus dangereux et plus nocifs que les particules rejetés par nos véhicules, notamment en milieu urbain.

Quels polluants respirons-nous [1] ?


Particules nocives et toxiques en intérieur


Le "résidentiel tertiaire" (42% des émissions de PM10, particules solides) est l'une des principales sources de pollutions en milieu urbain. Cette source à la particularité de produire et de rejeter de nombreuses particules en suspension.

Contrairement aux idées reçues en matière de polluants, Nicolas Vigier signale que le chauffage au fuel et au bois génèrent beaucoup de poussières de particules et selon lui, "cela pose problème". Sur le plan technique, leurs surveillances est assez récente et inquiètent de nombreux scientifiques. Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont des composés complexes qui proviennent essentiellement... de combustions incomplètes (bois, charbon…).

"Plus de 80% des émissions de ces polluants sont liés au secteur résidentiel tertiaire (...) le bois est une énergie dont on vante les vertu depuis des années en tant qu'énergie renouvelable (...) elle n’a pas d’impact au niveau de l’effet de serre mais il faut savoir que si la combustion n’est pas réalisée dans de bonnes conditions comme c’est très souvent le cas avec du bois qui n’est pas sec ou qui est de mauvaise qualité, elle a pour effet de rejeter des polluants toxiques (...) la difficulté est de trouver le bon bois et c'est plutôt rare" explique le Responsable Communication de l'ASCOPARG.

Ce dernier ajoute "Les Canadiens commencent à prendre conscience de la toxicité sur leur territoire (...) A Grenoble, les mesures effectuées sur les HAP avec un traceur de combustion bois ne sont pas bons et sont parmi les plus mauvaises de France".

En définitive, à vouloir faire des économies d'énergie en employant un composant noble, renouvelable, naturel, tendance et à la mode, industriels et habitants émettent des particules toxiques dans notre entourage (monoxyde de carbone, imbrûlés solides, HAP en majorité, benzène et autres poussières fines nocives pour la santé [2]).

En matière de consommation d'énergie, un polluant peut remplacer ou en cacher un autre...


Particules nocives et toxiques en extérieur


L'urbain est très attaché à son véhicule dans le cadre de ses déplacement.

Pourtant, Nicolas Vigier explique avec clarté le problème soulevé par la distance et la vitesse de nos déplacements en milieu urbain. Sans détour, il souligne "On considère qu’une voiture doit faire plus d’une dizaine de kilomètres pour que son catalyseur soit suffisamment chaud et efficace pour contenir les particules nocives (...) la faible vitesse des véhicules en ville est pénalisante (...) on considère en moyenne qu’à 70 km, les rejets de polluants sont les plus faibles (...) A faible vitesse en milieu urbain, entre 30 et 50 km/h, cela ne change pas grand-chose et finalement, on se rend compte que la voiture n’est pas adaptée pour la ville".

De quoi s'interroger sérieusement sur l'utilité, l'impact et la mise en place de "zones 30" dans certains quartiers de la ville.

Vitesse ou pollution, il faut choisir...

Notes

[1] >>> 2ème document : télécharger et lire l'étude sur la qualité de l'air, diagnostic PDU

[2] lire le document en annexe


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