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Mot clé :: [ consommation ] - Tag associé à 6 billet(s)

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02

05

2008

A Grenoble, les "dégonfleurs anonymes" tentent de rééduquer les possesseurs de véhicule "indécent et énergivore"

grenoble voiture Il y a quelques jours, je rencontrais dans la rue un ami médecin habitant au centre-ville de Grenoble. Ce jeune praticien m'a fait part d'une mésaventure personnelle survenue il y a environ un mois.

Un samedi matin, ce jeune praticien, qui ne dispose pas de garage pour ranger sa voiture, part travailler tôt pour se rendre à son cabinet médical. Il prend son véhicule personnel stationné la veille durant la nuit dans une rue du centre-ville proche de son domicile et prend la route.

Au bout de 300 mètres, le médecin est manifestement obligé de s’arrêter : il sort de l'habitacle et découvre que les deux pneus de son véhicule, situés côté passager, sont dégonflés. Sur le moment, il pense alors à une blague de potaches d'étudiants carabins. Surpris et étonné, il décide d'inspecter minutieusement sa voiture et découvre quelques instants plus tard un tract positionné sous l’essuie-glace avant de son véhicule.


Un tract surprenant apposé sur le véhicule du médecin


Le message qu'il lit sous ses yeux est surprenant, se veut direct et dissuasif. En voici un extrait [1]:

"En ville, les bagnoles (...) Partout, les bagnoles (...) Pour vous déplacer, vous avez choisi un modèle particulièrement indécent et énergivore de véhicule (...) N'avez-vous vraiment pas d'autres moyen de transport ? (...) Nous espérons que ce modeste acte de dégonflage vous laissera le temps de réfléchir aux conséquences de votre choix, sur la vie quotidienne et future de toutes et tous"

Depuis la lecture du message anonyme rédigé en bonne et due forme selon lui par des "adultes bien pensants", le praticien avoue que son étonnement n'est toujours pas retombé.

Ironie de la situation, le médecin venait tout juste la veille d'acheter une Peugeot 407 Break sur laquelle le tract était positionné. Un nouvel achat de véhicule destiné à remplacer sa vieille Renault R21 essence âgée de 17 ans qui consommait et polluait bien plus que le diesel avec pot catalytique de sa nouvelle acquisition automobile. Une R21 qui juste là, n'avait jamais subi de dégonflage intempestif par qui que ce soit depuis ses 13 dernières années de domiciliation en centre-ville.


D'autres véhicules "cossus" également pris pour cible


Ce jour-là, le médecin avoue n'avoir pas constaté de dégonflage sur d'autres vieilles voitures polluantes de la rue. Par ailleurs, il remarque que ces derniers mois, dans les rue du centre-ville de Grenoble, d'autres véhicules ont été la cible de dégonflage : des voitures récentes qui avaient en commun leur aspect "cossu" et plutôt de marque allemande (4x4 ou break). Selon lui, le tort de sa nouvelle 407 Break était sans doute de sortir du garage la veille et donc de briller un peu trop…la nuit.

Etant attendu au cabinet médical et devant l’impossibilité matérielle de changer deux roues dégonflées, le praticien décide de laisser son véhicule au bord du trottoir, non sans avoir mis un peu d’argent pour la collectivité dans l'horodateur. Prévenue de l'incident, son épouse ira jusqu'à renouveler plusieurs fois dans la même journée la durée de stationnement limitée dans la zone à 2 heures.


Un geste "pseudo-rééducateur" qui aurait pu avoir d'autres conséquences


Le médecin sait déjà qu'il est en retard à son cabinet où l'attendent plus d'une dizaine de personnes venues le consulter ce samedi matin. A mains nues, il doit seul transporter un ordinateur portable, un cartable de visite et une mallette imposante contenant des produits médicaux d'urgence. Il décide de prendre le tram : à sa descente, muni de son matériel, il doit encore marcher près d'un kilomètre à pied pour arriver enfin à son cabinet médical... avec plus de 45 mn de retard et 3 patients qui l'attendaient devant la porte de son lieu de travail.

Fort heureusement, le jeune praticien précise que ce jour là, il n'a pas eu à faire de visites à domicile et surtout aucune urgence médicale prioritaire. Il ajoute qu'il aurait pu être de garde la nuit précédente, être dans l'obligation de se déplacer et être dans l’impossibilité de se rendre chez des patients nécessitants une aide en urgence...


Le médecin exprime sa colère et son désarroi


Après avoir exposé les faits et les conditions de sa mésaventure, le médecin me fait part de son opinion par écrit :

"Concernant la pollution en ville, mes enfants respirent l’air du centre-ville, et en supposant que j’aime mes enfants (on pourrait en douter car je roule en voiture "indécente"), je suis bien placé pour être concerné par les problèmes de pollution (...) Ces dégonflages arbitraires ne sont pas dignes de personnes se voulant des citoyens responsables (...) Etre citoyen, c’est aussi respecter ses concitoyens (...) Les solutions collectives se trouvent dans la discussion et non dans des agressions individuelles arbitraires à visée pseudo rééducative, sauf à rester bloqué sur des régimes politiques amateurs de camps de rééducation (...) Malheureusement pour les "rééducateurs dégonfleurs", le choix des véhicules ciblés montre plus la haine du nanti que l’amour de l’air pur (...) Ces actes discréditent les valeurs écologiques qu’elles veulent porter (...) C’est bien dommage car nous avons tous besoin d’air pur".

Il souhaite également s'adresser personnellement aux "rééducateurs dégonfleurs" en leur signalant "Demain, j’irais dégonfler vos pneus pour vous faire réfléchir au tort que vous faites aux valeurs de l’écologie (...) La prochaine fois, pourriez-vous au moins utiliser du papier recyclable pour vos tracts (...) Pourriez-vous aussi me rendre les 2 bouchons des valves des pneus que vous avez conservés ? (...) Je n’ose penser que des "adultes pseudo rééducateurs amis autoproclamés de l’air pur" puissent jeter ce type d’objets sur la voie publique ou alors peut être dans une poubelle "Je trie" !


Agir et revendiquer, plutôt que de communiquer ouvertement


Muni de son matériel professionnel, un médecin est obligé de prendre un véhicule pour se rendre rapidement au chevet d'un patient, pour effectuer des domiciles et répondre aux urgences sur le terrain.

Cette histoire récemment vécue par un ami révèle l'irrésistible besoin de culpabiliser des gens qui ne correspondraient pas au profil d'autres personnes se déclarant plus respectueuses de l'environnement que d'autres.

Une fois encore, une personne est jugée artificiellement pour l'effet qu'elle produit, pour son style et son degré d'apparence au sein de l'espace public. Une fois encore, les plaignants ne cherchent pas à communiquer directement avec elle, préférant s'en prendre au matériel afin de marquer les esprits, préférant user d'une sémantique hasardeuse parfaitement calibrée sur papier pour revendiquer et justifier leur geste. Une fois encore, cette tentative avortée de changement d'un comportement supposé infantilise la personne et ne peut qu'accentuer la recherche de la différence et des antagonismes latents entre les individus.

Notes

[1] tract complet téléchargeable ci-dessous en annexe


04

01

2008

Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige

luxe grenoble Entre Noël et le jour de l'An, je me suis fais accoster en ville, juste en sortant de la Fnac, par un couple d'allemand d'une soixantaine d'années très certainement en vacances d'hiver dans notre région, tout a fait charmant, à l'allure svelte et bronzée.

Habillée d'un beau manteau de fourrure pour Madame, d'une belle parka de marque pour Monsieur, nous entamons une petite discussion en Anglais. Avec le sourire d'une première rencontre, ce dernier me demande "...Ja ... please, where can i find ... a ... Gucci store... you know ?... here... Grenoble". N'ayant pas immédiatement saisi la prononciation de la marque de luxe sur le moment, je lui signale qu'à ma connaissance, il n'en existe pas dans les alentours et lui propose alors de se rendre aux Galeries Lafayette un peu plus loin. L'homme me répond "Nein (...) no... not good !" en grimaçant. Légèrement embarrassé, le couple me remercie avec le sourire, et passe son chemin.

Au fond, cet épisode est assez intéressant et instructif en la matière. En cette période de fin d'année, cette recherche d'une boutique de luxe ne m'a pas étonné.


Marque de luxe, marque de prestige


A mon sens, une marque de luxe se définie comme la marque d'une création dont la genèse fait référence à l'art ou l'artisanat, au sur-mesure. Souvent difficile d'accès, réservée à une clientèle bien déterminée, une marque de luxe tend vers la notion d'unicité. Loin des grandes multinationales et d'une production destinée au grand public, il semble que la marque de luxe soit destinée à être distribuée en petite quantité pour en augmenter la rareté. En d'autre terme, un produit de marque de luxe peut apparaître inutile, confidentiel ou très personnel.

Contrairement au luxe, la marque de prestige est destinée au plus grand nombre. Son territoire de conception et de production compte beaucoup pour celui qui la revendique. La marque de prestige est plus importante que le produit en lui-même. Celui qui la porte ou l'obtient s'identifie à elle, tout en cherchant à véhiculer un code social permettant d'affirmer vis à vis d'autrui son appartenance à un groupe ou à une entité. Au final, du fait qu'il soit souvent produit en grande quantité, un objet de marque de prestige nous apparaît très utile, peu confidentiel et peu personnel.


Grenoble n'attire pas les enseignes de marques de luxe et de prestige


Nous savons que différents styles d'enseignes et de magasins se côtoient à Grenoble, notamment en centre-ville. Mais quand on observe à la loupe l'éventail des choix de produits en vente proposés par les commerçants, on s'aperçoit très vite que Grenoble, à l'instar d'autres grandes villes de province, dispose de très peu d'enseignes de marques de luxe... ou de prestige.

Pourtant, la Capitale des Alpes, 12ème agglomération de France et son aire urbain de 553 000 habitants, au carrefour de l'Italie , de la Suisse , 2ème agglomération en Rhône-Alpes est censée être bien placée et positionnée pour répondre... aux besoins de ce genre de clientèle. Sans compter l'attirance de Grenoble pour ses nombreux pôles d'innovations et technologiques, son bien-être et son style de vie qui permettent d'attirer chaque année de hauts cadres ou d'ingénieurs, révélant parfois une clientèle huppée qui cherche à parâitre et à se distinguer du grand public...

Force est de constater que les commerçants installés à Grenoblois proposent des produits de marques de luxe ou de prestige dans de nombreux points de vente mais que le nombre d'enseignes ou de boutiques estampillées d'une seule marque est ridicule, voire... rédhibitoire.

Boutique "Hugo Boss" (prestige - 5 place Victor Hugo), "Chevignon" (prestige - 1, rue de Bonne), "Lacoste" [1] (luxe - 2 place Léon Martin)... Quick Silver (prestige - 2 rue millet), Cinna, Roche-Bobois, Aigle... ...mais encore ?

ll suffit de demander aux Grenoblois s'ils arrivent facilement à identifier sur le vif d'autres enseignes à part entière sur Grenoble (des "stores", et non des points de vente ou distributeurs) dont la marque est mondialement connue... A l'évidence, l'identification n'est pas si aisée en ville.

Boutiques "Store"... Nike, Addidas, Nokia Care, Dior, Kenzo, Louis Vuitton, Tag Heuer, Mugler, Sisley, Rabanne, Mont Blanc, Tissot, Audemars, YSL, Mazet, Bretz, Bose, Dupond, Chanel, Gaultier, Valentino, Killy, ...

...absentes, pour la plupart, de Grenoble.


Chercher des réponses


Alors pourquoi Grenoble, - ou la ville de Grenoble - n'attire pas ces "stores" ?

Grenoble ne serait-elle pas tout simplement mal desservie en la matière, coincée entre Lyon, Montpellier, Nice, Cannes ou Annecy ? Serait-elle victime de sa proximité avec ces communes ? Et pourtant, toutes ces villes on une ou plusieurs rues accueillant principalement des boutiques de luxe et de prestige et il suffit parfois qu'une ou deux s'installent pour que d'autres s'y collent après quelques années.

Loin de penser à l'étroitesse du centre-ville, Grenoble ne dispose d'aucun "quartier chic commerçant" regroupant des boutiques de luxe et/ou de prestige. Sur une autre grille de lecture, des villes comme Romans (38) ont su donner un crédit supplémentaire ou complémentaire à leur territoire en choisissant d'accueillir il y a quelques années le concept "Marques Avenue". On peut aller jusqu'à se demander si Grenoble "dispose" des bonnes CSP [2] prêtes à dépenser leur argent dans ces boutiques.

Dans un autre registre, plus aucun Grenoblois ne monte à Lyon pour acheter ses meubles chez Ikea et la présence manifeste et accrue de boutiques de luxe et de prestige à Grenoble confèrerait à la ville une image supplémentaire qui irait de paire avec son dynamisme économique, au moment ou celle-ci est soucieuse de jouer depuis des années et avec justesse, la carte de la mixité sociale, du commerce, des activités et de l'habitat.

Il faut un peu de tout, pour faire un monde...

Notes

[1] photo : lacoste.com

[2] catégories sociaux professionnelles


19

11

2007

Jardin de Ville de Grenoble : éclairage public à revoir

jardin de ville Dimanche dernier, je suis parti en fin d'après-midi me balader en ville avec mes enfants au parc du Jardin de Ville à Grenoble.

Arrivé sur les lieux à 17h10, je constate avec enthousiasme un nombre élevé d'enfants jouant dans l'air de jeux du parc du Jardin de Ville en compagnie de leurs parents. Parkas, bonnets, moufles, vêtements chauds pour tout le monde. En cette période de l'année, la baisse progressive et régulière des températures du soir et le récent changement d'heure il y a quelques semaines n'incitent pas pour autant les enfants et leurs parents à rester chez eux.

Bien au contraire...


La nuit tombe vite sous les arbres


Vers 17h20, la nuit commence nettement à tomber. En quelques minutes, les feuillages des grands arbres du parc cachent la lumière du jour et la visibilité extérieure s'estompe rapidement sur l'aire de jeux du centre-ville.

Vers 17h25, les lampadaires commencent petit à petit à s'éclairer. Au bout de quelques minutes, il est aisé de constater qu'ils n'éclairent qu'eux-mêmes... et l'allée principale traversant le parc du Jardin de Ville.

L'éclairage de l'aire de jeux est aussi discret et minimaliste que celui d'une exposition en vitrine d'une galerie d'art la nuit tombante.


Parents et enfants jouent dans une obscurité relative


Au moment de partir, vers 18h40, nombreux sont les parents et enfants présents qui restent jouer sur les balançoires, montent sur les toboggans et pont suspendu dans une obscurité relative.

Pour le confort de tous, pour des questions évidentes de sécurité, il serait pourtant judicieux d'ajouter en ces lieux un projecteur de lumière supplémentaire ou apparenté afin d'améliorer sensiblement le confort de jeux et la visibilité des lieux sous la surveillance des parents jusqu'à une certaine heure résonnable.

Pour y remédier, il serait opportun que les services de la ville puissent faire le nécessaire en dégageant par exemple, une toute petite dépense supplémentaire planifiée dans son budget alloué chaque année pour éclairer le centre-ville de Grenoble en ce début de période de fêtes de fin d'année !


08

11

2007

Le point sur les polluants à Grenoble (2/2)

ascoparg polluant Je fais suite au billet rédigé précédemment sur la qualité de l'air que nous respirons à Grenoble.

Celle que nous respirons n'est pas la meilleure de l'hexagone, loin de là.

La plupart du temps, lorsqu'on évoque la pollution de l'air qui nous entoure, nous avons la mauvaise habitude de fustiger principalement les rejets de particules liés aux déplacements des véhicules au sein de l'agglomération grenobloise.

Pourtant, à l'écoute de Nicolas Vigier, Responsable Communication de l'ASCOPARG, nous sous-estimons l'impact d'autres polluants plus difficiles à détecter, parfois bien plus dangereux et plus nocifs que les particules rejetés par nos véhicules, notamment en milieu urbain.

Quels polluants respirons-nous [1] ?


Particules nocives et toxiques en intérieur


Le "résidentiel tertiaire" (42% des émissions de PM10, particules solides) est l'une des principales sources de pollutions en milieu urbain. Cette source à la particularité de produire et de rejeter de nombreuses particules en suspension.

Contrairement aux idées reçues en matière de polluants, Nicolas Vigier signale que le chauffage au fuel et au bois génèrent beaucoup de poussières de particules et selon lui, "cela pose problème". Sur le plan technique, leurs surveillances est assez récente et inquiètent de nombreux scientifiques. Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) sont des composés complexes qui proviennent essentiellement... de combustions incomplètes (bois, charbon…).

"Plus de 80% des émissions de ces polluants sont liés au secteur résidentiel tertiaire (...) le bois est une énergie dont on vante les vertu depuis des années en tant qu'énergie renouvelable (...) elle n’a pas d’impact au niveau de l’effet de serre mais il faut savoir que si la combustion n’est pas réalisée dans de bonnes conditions comme c’est très souvent le cas avec du bois qui n’est pas sec ou qui est de mauvaise qualité, elle a pour effet de rejeter des polluants toxiques (...) la difficulté est de trouver le bon bois et c'est plutôt rare" explique le Responsable Communication de l'ASCOPARG.

Ce dernier ajoute "Les Canadiens commencent à prendre conscience de la toxicité sur leur territoire (...) A Grenoble, les mesures effectuées sur les HAP avec un traceur de combustion bois ne sont pas bons et sont parmi les plus mauvaises de France".

En définitive, à vouloir faire des économies d'énergie en employant un composant noble, renouvelable, naturel, tendance et à la mode, industriels et habitants émettent des particules toxiques dans notre entourage (monoxyde de carbone, imbrûlés solides, HAP en majorité, benzène et autres poussières fines nocives pour la santé [2]).

En matière de consommation d'énergie, un polluant peut remplacer ou en cacher un autre...


Particules nocives et toxiques en extérieur


L'urbain est très attaché à son véhicule dans le cadre de ses déplacement.

Pourtant, Nicolas Vigier explique avec clarté le problème soulevé par la distance et la vitesse de nos déplacements en milieu urbain. Sans détour, il souligne "On considère qu’une voiture doit faire plus d’une dizaine de kilomètres pour que son catalyseur soit suffisamment chaud et efficace pour contenir les particules nocives (...) la faible vitesse des véhicules en ville est pénalisante (...) on considère en moyenne qu’à 70 km, les rejets de polluants sont les plus faibles (...) A faible vitesse en milieu urbain, entre 30 et 50 km/h, cela ne change pas grand-chose et finalement, on se rend compte que la voiture n’est pas adaptée pour la ville".

De quoi s'interroger sérieusement sur l'utilité, l'impact et la mise en place de "zones 30" dans certains quartiers de la ville.

Vitesse ou pollution, il faut choisir...

Notes

[1] >>> 2ème document : télécharger et lire l'étude sur la qualité de l'air, diagnostic PDU

[2] lire le document en annexe


24

10

2007

Le plan de montage d'IKEA dans l'espace public grenoblois

ikea grenoble Mercredi 17 octobre 2007, je prenais deux heures de mon temps pour faire un vidéoblog reportage sur l'inauguration d'Ikea Grenoble, à Saint-Martin d'Hères (lire le billet, voir la vidéo).

Vendredi 19 octobre vers 17h, je décide de déambuler au centre-ville de Grenoble et me dirige en direction de la place Victor Hugo pour acheter un petit cadeau à mes deux fils. En me promenant, j'observe au loin une sorte de "boule de Noël" géante [1] sur la place Grenette . Je m'approche de l'objet et découvre une publicité commerciale IKEA plutôt imposante. Au centre de la sphère, un moteur ventile des objets animés et symboles représentatifs de la tradition suédoise, façonnés IKEA.

Environ 200 mètres plus loin, je découvre un second ballon publicitaire IKEA près de l'Eglise Saint-Louis.


Des publicités ciblées, placées dans des lieux de prédilection


Le moins qu'on puisse dire, c'est que de nombreux enfants sont attirés par ces animations. Ils incitent leurs parents à les amener devant la publicité "IKEA Saint-Martin d'Hères, bienvenue en Suède".

La publicité IKEA cible les enfants et atteint son objectif.

Samedi 20 octobre, en fin d'après-midi, je prends mon véhicule et propose à mes enfants de jouer avec eux au sommet de la Bastille afin de prendre un peu l'air. Arrivé au niveau supérieur de l'embarcadère des bulles de Grenoble, mon fils aîné [2] m'interpelle et me dit "Eh, regarde là papa, les bulles... elles sont toutes jaunes comme le M du MacDo et c'est écrit comme sur le ballon jaune que tu m'as rapporté hier du gros magasin de l'autoroute". A cet instant, je n'avais pas encore remarqué la pose des adhésifs publicitaires des lettres du mot IKEA sur chacune des bulles [3]du téléphérique de la Bastille.

La publicité IKEA cible les visiteurs et atteint son objectif.


L'espace public grenoblois temporairement "privatisé" ?


On peut s'interroger sur ce "plan de montage" d'IKEA au sein de l'espace public de la ville de Grenoble.

Au moment où je rédige ce billet, je n'ai pu obtenir de plus amples informations sur la décision d'autoriser ce genre de publicité en ville en provenance d'une multinationale détaillant de mobilier. Qui a eu l'idée de décorer les bulles de Grenoble ? Qui est l'instigateur de cette démarche publicitaire ? Qui a sollicité qui ? Quels sont les principaux bénéficiaires de l'opération de séduction commerciale ? Ce genre de publicité sur la voie publique est-elle une atteinte à l'image collective de la ville ?

Par ailleurs, il me semble que l'image internationale du groupe IKEA suffit en elle-même à entraîner le déplacement de milliers d'habitants du grand Grenoble jusqu'aux portes de l'enseigne. Depuis longtemps, ces derniers sont préparés à la venue d'IKEA dans notre région. Au fond, le groupe ayant fait un chiffre d'affaires de 15,2 milliards d'euros en 2006 n'a pas véritablement besoin d'exposer ce genre de publicité en ville et il est fort à parier que ce "plan de montage" marketing d'IKEA ne soit pas du goût de tout le monde.

Notes

[1] voir la photo

[2] bon anniversaire, 5 ans, ce mercredi

[3] voir la photo


18

08

2007

Corenc, Biviers, Saint-Ismier et MontBonnot au top des villes françaises au plus hauts revenus en province

Corenc Grenoble Prenez la mesure !

La majorité des gens emploient le terme "riche" pour signaler une personne qui possède beaucoup de biens où qui gagne très bien sa vie. Ou se situe la limite de l'emploi du mot, trop souvent utilisé d'une manière péjorative et connotée ?

Je déteste entendre ce mot prononcé à l'égard d'une personne. Un terme d'un autre age, d'une autre époque. Je préfère de tout évidence parler de personnes fortunées, disposant de hauts salaires, de revenus élevés, d'un patrimoine aisé. Récemment, une amie me signalait qu'elle considérait une personne "riche" à partir du moment ou son revenu mensuel dépassait la somme de 5000 euros. Etonné par cette affirmation, je m'empressais de lui indiquer qu'il fallait différencier le revenu et le patrimoine pour tenter toutefois d'approfondir le sujet.

Il y a quelques semaines, le magazine l'Express étudiait la question et signalait qu'il y avait deux catégories de "riches" : "ceux qui ont des revenus importants et ceux qui ont un patrimoine confortable (...) Ce ne sont pas toujours les mêmes et ils n'habitent pas toujours les mêmes lieux".

Les dépenses d'un ménage ne sont pas toujours proportionnelles au nombre de personnes qui le composent. Si l'on sépare les habitants d'un territoire en deux groupes en prenant en compte la moitié de la population qui gagne le plus et l'autre qui gagne le moins, on arrive à dégager le "revenue médian par unité de consommation", somme des ressources déclarées par les contribuables avant abattement". Et le patrimoine n'est donc pas pris en compte !

Dans le peloton de tête des vingts premières villes de province au plus haut revenus en 2004, force est de constater que la région grenobloise n'est pas en reste.

La commune de Corenc est classée en 1ère position des 8564 communes françaises [1] pour le revenu par habitant, avec 30 742 euros.

Biviers, 5ème, avec 29 007 euros. Saint-Ismier, 6ème, avec 28 127 euros. MontBonnot Saint-Martin, 12ème, avec 27 407 euros. La moyenne nationale est de 15 849 euros.

Rhône-Alpes se distingue nettement : les alentours de Grenoble, Lyon, Genève et Annecy sont ainsi marqués en haut du classement des plus hauts revenus, tandis que les communes championnes de l'ISF en province sont largement situées sur la côte d'Azur.

Bizarrement, il n'existe pas de statistiques disponibles pour les localités de moins de 20 000 habitants concernant le nombre de redevables à l'ISF rapporté à la population. Il est donc difficile de mesurer le patrimoine des contribuables des municipalités au plus haut revenu citées dans la région grenobloise [2].

Tout porte à croire que les assujettis à l'ISF ne sont pas si nombreux qu'on pourrait le penser à Grenoble et dans ses alentours. On voit bien que les villes principales les plus dynamiques sont celles qui attirent la matière grise, des emplois très qualifiés et proposent les revenus les plus élevés. La dépense de ces derniers étant probablement plus liée à la consommation de biens et de services, à l'achat de valeurs mobilières qu'au besoin de faire fructifier son patrimoine immobilier.

Les temps changent. De nos jours, le top du luxe n'est-il pas de cacher ses ardeurs et sa richesse matérielle aux yeux du plus grand nombre ? N'est-il pas de rechercher la simplicité ? N'est-il pas de vivre en toute discrétion, en dehors de toute agitation, toute mixité sociale, toute spéculation verbale à l'encontre de quiconque ?

Notes

[1] de plus de 1000 habitants

[2] selon l'Express et la DGI