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11

06

2010

Les 12ème Rencontres de la Démocratie locale à Grenoble. A la recherche d'une nouvelle dimension participative

adels grenoble A l'occasion de ses 50 ans, l'Association pour la Démocratie et l'Education locale et Sociale (ADELS) qui publie notamment chaque mois le magazine Territoires [1] organisait les 12ème Rencontres de la Démocratie locale à Grenoble les 28 et 29 mai 2010.

Avec le soutien administratif, logistique et financier de la ville de Grenoble, de la Métro, des villes de Echirolles, Eybens, Fontaine, Seyssins, du département de l’Isère et de la Région Rhône-Alpes, ces rencontres ont permis de réunir des citoyens, des élus, des responsables de services, des militants associatifs, des membres d’instances participatives et des experts pour venir témoigner, partager, échanger des réflexions autour du thème de "La démocratie hors les murs".

Le principal objectif de ces rencontres était d'ouvrir le débat sur les démarches participatives locales trop souvent "enfermées dans des institutions, des procédures, des logiques ou des façons de faire qui excluent plus souvent qu’elles agrègent" selon l'ADELS.


Un BarCamp "TIC et démocratie locale"


Près de 1800 personnes venues de toute la France et parfois de l'étranger ont pu assister à des conférences thématiques, exposer leurs projets d'avenir dans des forums, témoigner d'une analyse ou livrer leur expérience dans le cadre d'ateliers ouverts aux inscrits.

Un BarCamp [2] "TIC et démocratie locale" [3] était organisé par Villes-Internet et Blog2Roubaix.

Invité en tant qu'intervenant par les organisateurs à promouvoir un sujet, j'ai choisi de présenter [4] brièvement une expérience web locale réussie (celle de GreBlog) et d'expliquer en détail quels sont les facteurs et principaux éléments à prendre en considération avant de se lancer dans le déploiement d'une plateforme web d'expression locale (typologie, veille, cible, maintenance, objectif, moyens, identification, responsabilité légale, production éditoriale, relations avec le monde politique et les médias etc.).

Devant une soixantaine de personnes à l'écoute prêtes à débattre sur le sujet, des sociologues, des chargés de mission, des responsables de communication de collectivités territoriales (de La Metro par exemple), des webmestres institutionnels, des directeurs de publication, des animateurs TIC, des blogueurs, des acteurs du monde associatif et des élus (parmi eux, Gildas Laeron, Conseiller municipal TIC de Grenoble).


A la recherche d'une nouvelle dimension locale "participative"


Le débat qui a suivi en séance (et en coulisse) est révélateur des attentes du public en matière d'exercice de démocratie locale participative sur le web. Nombreux sont celles et ceux qui ont du mal à orienter leur pratique et leur désir d'engagements au regard de certains critères exhaustifs dont ils ne maitrisent pas toujours les tenants et les aboutissants.

Un premier constat s'impose.

Parmi les acteurs, beaucoup s'interrogent sur la nature même de leurs objectifs de positionnement, sur l'opportunité de déployer ou non une plateforme web locale participative, sur leur capacité à animer une forme de démocratie représentative par la participation citoyenne.

Dans le contexte d'une démocratie locale ouverte, possible et acceptée, la plupart rêvent de pouvoir développer un espace d'échange collaboratif fonctionnel et/ou de propulser un réseau social participatif par le biais d'Internet.

Que ce soit un outil d'expression locale d'éducation populaire autour des pratiques et des valeurs citoyennes. Un outil "alternatif" permettant de véhiculer principalement des idées. Un outil "complémentaire" dont l'une des finalités rudimentaires est de pouvoir produire et publier une information ou du contenu local en toute liberté. Un outil pour construire exclusivement des échanges et entamer des amorces de dialogue avec la population. Un outil communicant destiné à router ou valoriser du contenu local institutionnel. Un outil servant à défricher des polémiques et relayer des problématiques locales ayant pour seul but d'interpeller directement ou indirectement les politiques...


Une évaluation des opportunités de déploiement difficile à mener


Le problème, c'est qu'une majorité des acteurs sociaux présents ont généralement du mal à évaluer au départ l'engagement qu'ils doivent fournir pour mener à bien le déploiement de leur projet.

Un manque d'élaboration, de rigueur et de perspectives évaluées dans leur cahier des charges (lorsqu'il y en a un !). Un manque de recul, d'analyses objectives portées sur l'existant et la présence éventuelles d'autres plateformes web locales du même type pour éventuellement élaborer un partenariat. Une difficulté à définir une ligne éditoriale. Une Incapacité parfois à cibler le type de public, à fidéliser ou "canaliser" une catégorie de lecteurs-internautes susceptibles de promouvoir certains contenus d'informations publiées en dehors du contexte éditorial.


Passer le cap de la barrière technique


Un second constat s'impose.

Au coeur des débats, un paradoxe (re)fait surface.

Il est surprenant de constater qu'un grand nombre de participants qui envisage de lancer une plateforme locale participative se heurtent par nature à des critères et facteurs purement techniques.

Une partie considère à tord qu'il est avant tout primordial d'une part de déterminer techniquement le choix d'une plateforme web avant de s'engager plus en avant dans l'aventure. D'autre part, qu'il faut impérativement avoir une culture "geek" ou assimilée et être doté de compétences techniques fortes pour concevoir, réaliser ou déployer un site web répondant à leur besoin de démocratie participative en ligne.

Force est de constater qu'une majorité d'entre eux n'a jamais véritablement pris le temps (un temps précieux) pour effectuer une veille (comparative, technique) pour trouver des solutions intermédiaires et adéquates. L'objectif étant d'évaluer au mieux un cahier des charges avec l'aide d'un prestataire de service et d'effacer en priorité leurs préoccupations "techniques" dans la mesure du possible.

La crédibilité d'un support passe par la qualité intrinsèque de ses contenus. La technique n'est pas une fin en soi.


Entre engagement, frilosité et résignation


Un troisième constat s'impose.

Une forme de résignation latente plane au dessus de leur tête. Et c'est peut-être en soi l'élément le plus déterminant et le plus surprenant.

La grande majorité des participants restent persuadés que le politique est au coeur de l'engrenage médiatique, au coeur des rouages et des décisions qui peuvent contraindre ou altérer l'émergence d'une participation démocratique au niveau local.

"Nous, on voudrait lancer un site participatif où tous les habitants de notre secteur pourraient s'exprimer (...) On a contacté la Mairie pour leur expliquer notre projet et elle nous a refusé une petite subvention pour démarrer". "De toute façon, dès qu'on commence à parler d'un truc qui ne plaît pas aux élus du coin, qu'ils soient de droite ou de gauche, on se fait pourrir et on nous demande de corriger le tir sur nos blogs". "Le citoyen ne va même plus voter de toute façon (...) Les politiques ne viennent même pas voir comment les autres vivent (...) Comment voulez-vous qu'on arrive à se parler normalement, à se comprendre, à changer les choses si on doit refuser d'en parler chez nous sur notre site web de proximité?" pouvait-on entendre ici et là à lors du BarCamp à titre d'exemple parmi les participants.

Chacun paraît camper sur ses positions, tel un renoncement ou une privation de liberté d'expression jusque là détenue soi-disant par les pouvoirs locaux, politiques ou médiatiques. Un pessimisme ambiant et une forme de fatalisme inhérent par la force des choses.

C'est assez consternant.

Il existe pourtant des moyens de les faire réagir et de susciter leur attention à l'égard de leurs concitoyens par le biais d'Internet. C'est ce que j'ai tenté d'expliquer à l'assistance et à d'autres participants en aparté.


Le grand paradoxe


La situation peut paraître paradoxale.

Nous avons donc d'un côté des habitants, des citoyens, des associations et d'autres entités morales qui souhaitent croiser, fédérer des pratiques de démocratie locale et des expériences participatives sur le terrain. Des acteurs bénévoles ou professionnels qui souhaitent s'exprimer sur des sujets qu'ils maîtrisent au quotidien à l'échelle d'un secteur, d'une commune et qui ont du mal à dialoguer ou se faire entendre auprès des pouvoirs publics. Ces derniers ayant trop souvent tendance à se désintéresser de leurs projets de démocratie locale, préférant imprudemment les reprendre parfois à leur compte dans l'arène politique.

De l'autre, nous observons que cette "masse d'initiatives de citoyenneté" intrigue de plus en plus les institutionnels et les politiques, interpelle les modes d'organisation des services locaux. Ces derniers ayant trop souvent tendance à se satisfaire de leurs propres initiatives de démocratie locale sans toutefois consulter en amont leurs concitoyens sur la pertinence de leur démarche. C'est une forme de consultation sans concertation préalable qui entraîne parfois un rejet de la population pour ce genre d'initiative non partagée.

Notes

[1] j'étais également chroniqueur pour ce mensuel durant les élections municipales de 2008

[2] "non-conférence" ouverte qui prend la forme d'ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous apporter ou produire quelque chose

[3] Technologies de l'Information et de la Communication

[4] photo: Bruno Lestienne - Le Blog2Roubaix


26

03

2010

Grenoble : le projet de Rocade Nord s'enlise, s'enquille, s'enterre...

rocade nord grenoble Rebondissement plutôt inattendu dans le dossier du projet de contournement de la Rocade Nord.

Mardi 22 mars 2010 dans la journée, la Commission d'Enquête Publique sur le projet de Rocade Nord porté par le Conseil général de l'Isère (CG38) a rendu ses conclusions et ses analyses.

Elles portent à la fois sur l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique du projet, sur les conditions de réalisation, sur le classement en route express et départementale inséré dans le projet, sur la mise en compatibilité du Plan Local d'Urbanisme (PLU) à Grenoble, La Tronche, Saint-Martin-le-Vinoux et du Plan d'Occupation des Sols (POS) de Meylan.

Surprise de taille : les commissaires enquêteurs donnent un avis défavorable au caractère d'utilité publique du projet... dans son ensemble.


Le contexte dans lequel s'inscrit le projet de Rocade Nord


Pour bien comprendre, il est nécessaire de rappeler le contexte dans lequel s'inscrit le projet de Rocade Nord dont le maître d'ouvrage rappelons-le est le CG38.

Globalement, il s'agit de remédier à la saturation des axes majeurs sur l'ensemble de l'agglomération, de limiter au mieux la congestion des déplacements de véhicules, d'éviter une dégradation de l'air et une augmentation de la pollution sur les axes routiers.

Autres objectifs visés, autres volontés : diminuer les impacts du trafic automobile sur la pollution et en matière de bruit, favoriser le "développement urbain harmonieux" des communes traversées, des transports en commun dans l'agglo en favorisant principalement l'implantation de nouvelles lignes de tramway péri-urbaines...


Les conditions de réalisation de l'enquête publique


Les commissaires soulignent le bon déroulement général de l'enquête publique et souligne que "toutes les mesures relatives à la publicité de l'enquête ont été prises" afin d'informer convenablement le public.

Eléments importants à mentionner : dans son rapport, la commission relève que "les manifestations des partisans ou opposants à ce projet (...) n'ont en rien affecté la bonne tenue de l'enquête".

Au fil de l'enquête, plus de 3600 observations ont été soulevées. Parmi elles, 54% des personnes sont opposées au projet, 41% y sont favorables et 3% émettent de fortes réserves (2% non comptabilisés pour cause de doublons).

Coté volume, la Commission s'étonne de l'épaisseur et de la prépondérance des dossiers. "plusieurs tomes d'un millier de pages (...) l'étude d'impact (...) comprend à elle seule 400 pages de textes et illustrations dont plus de la moitié expose l'état initial". Par ailleurs, elle remarque que la qualité de lecture est aisée pour tout public.

Autre surprise dans la conclusion du rapport : l'analyse bilancielle du projet de Rocade Nord est plus portée sur les aspects négatifs que sur les points positifs.


Rocade Nord : peu d'avantages et d'aspects positifs dans le projet


Au niveau des déplacements, la Commission estime que la Rocade Nord apportent des améliorations de temps de parcours, une accessibilité aux pôles Presqu'île et CHU et une diminution de la charge de trafic en centre-ville.

Côté environnement, une incidence "relativement limitée" sur le milieu naturel en raison de la localisation du projet en milieu urbain et une comptabilité avec les plans de gestion de l'eau. Côté nuisance sonore, les dispositions prévues sont adéquates et conformes au projet. Environ 70 propriétés privées seraient touchées par le projet.

Là où le bas blesse, c'est au niveau de la rentabilité économique du projet : "Après analyse, le taux de rentabilité économique de ce projet ne serait pas de 48% (...) mais avoisinerait plutôt les 12%" selon les commissaires. Une rentabilité 4 fois plus élevée, largement (et volontairement ?) surestimée par les porteurs du dossier !


Rocade Nord : beaucoup d'inconvénients et d'incertitudes relevés


Le rapport souligne que le projet "aggrave incontestablement la saturation de ces voiries et le problème des bouchons" au augmentant la charge de trafic sur les autoroutes et les voies rapides d'accès à l'agglomération... et qu'il "ne déleste pas significativement la Rocade Sud" avec une réduction du trafic de 2 à 3% et un péage à 2€ !

Avec la Rocade Nord, la hausse du nombre de déplacements des véhicules particuliers et une diminution de la part modale des transports en commun ne favorisent pas le développement urbain de ces derniers sur l'agglo.

Côté environnement, le bilan des émissions et consommations énergétiques "n'apporte pas de réduction significative de la pollution de l'air". Celui-ci ne prend pas en compte les périmètres d'études des polluants les plus sensibles. En d'autres termes, seul l'impact sur les habitations et habitants proches des infrastructures aurait été pris en compte... et non les organismes, pôles ou entités professionnelles sur le parcours (entreprises, CHU, Presqu'île...).

Les commissaires expriment de sérieuses réserves sur la hauteur des infrastructures routières de la Rocade notamment au niveau de l'arrivée sur la Presqu'île scientifique avec une remise en cause de l'échangeur et du viaduc.

Sur Meylan, "Le tracé qui ne se connecte pas à la Rocade Sud n'est compatible, ni avec le développement complet du projet urbain à la porte nord-est de l'agglomération, ni avec la création d'une plateforme intermodale connectée à la future ligne de TEC" souligne le rapport.

De très nombreuses incertitudes sont émises par la Commission sur les conséquences du trafic, sur l'évolution du prix du péage, sur la problèmatique de l'élargissement de l'A480, sur les effets des travaux durant le chantier, sur les impacts sanitaires liés à l'exposition des passagers des véhicules....

La liste est longue !


La Commission émet un avis défavorable... à l'unanimité


A l'unanimité de ses membres, la Commission porte un "Avis défavorable (...) A ce qu'il soit conféré le caractère d'utilité publique à ce projet de rocade nord de Grenoble".

"Les inconvénients générés par ce projet de rocade, dans sa consistance et ses effets, l'emportent sur ses avantages sans qu'il soit possible, pour autant, d'y remédier, au risque de modifications trop substantielles qui en altéreraient son utilité fonctionnelle et son économie générale".


La réaction des élus et opposants au projet de Rocade Nord


olivier bertrand La réaction des opposants ne s'est pas fait attendre...

"C'est une bombe (...) On n'y croyait vraiment pas au départ" explique Vincent Comparat, porte-parole de l'ADES lors de la conférence de presse "express".

"Une telle décision avec un avis négatif, c'est extrêmement rare (...) C'est moins de 5% des avis en France et encore moins que ça sur des projets d'infrastructures aussi importants (...) Au Conseil général, on a déjà voté 15M€ d'études, tout ça pour aboutir à un avis négatif" souligne avec véhémence et soulagement Olivier Bertrand [1], Conseiller général et municipal d'opposition (les Verts).

Pour ce dernier, ces études ont eu pour principal objectif de cacher la réalité, sur la pollution, l'économie général du projet et sur les déplacements, le trafic. Avec ce rapport, il estime qu'on ne peut tout simplement plus réaliser sur le fond le contournement routier de Grenoble.

"On avait déjà des éléments (...) On savait déjà ce qui s'était passé sur l'étude de l'AURG (...) On connaissait déjà le courrier du président de l'ASCOPARG qui disait déjà que les études de pollution avaient été manipulées par le Conseil général (...) Mais ce qui est important, c'est que la Commission d'enquête reprend ses éléments à son compte (...) C'est essentiellement ça qui amène un avis négatif" argumente Olivier Bertrand.

De son côté, le groupe UMP au Conseil général présidé par Jean-Claude Peyrin a demandé à ce qu'une information plus détaillée soit fournie dès l'ouverture de la séance publique sur le Budget primitif 2010, ce jour.

André Vallini, Président du Conseil général, vient tout juste de faire savoir qu'il va "proposer à l’assemblée départementale (...) de désaffecter les crédits inscrits au Budget 2010 pour l’opération rocade Nord afin de les mettre en réserve".

Une somme de 9M€ devait être greffée au budget du projet de Rocade Nord.


D'autres solutions envisageables ?


Les Verts estiment qu'il faudrait simplement diminuer la part modale des véhicules de 10% (8% selon certaines études) pour illiminer les congestions et les bouchons dans l'agglomération.

L'occasion leur est donnée pour réaffirmer d'autres solutions ou opportunités. Il évoque le principe du tram-train pour étendre une circulation entre le rondeau et Vizille, le concept de l'autoroute apaisée permettant notamment de réduite la vitesse et les distances entre véhicules...


En attendant, tout porte à croire que les perspectives de réalisations de la Rocade Nord semblent sérieusement altérées par ce rapport.

Du côté de la Ville de Grenoble, il semblerait qu'un léger parfum de rejet du projet circule depuis quelques temps dans les couloirs de la Mairie au niveau de sa majorité municipale.

Néanmoins, cette conclusion négative des commissaires enquêteurs n'interdit pas au Conseil général de poursuivre la réalisation dont la mise au point du projet d'exécution devrait (devait?) être signé fin 2010 (mi-2011, début de chantier - fin 2013, fin des travaux lourds - fin 2014, mise en service).

Pour aller plus loin : les partisans du projet, les opposants à la Rocade, le contournement en vidéo...

...et la fameuse conclusion du rapport (Google Docs).

Notes

[1] sur ma photo


22

03

2010

Régionales 2010, soirée électorale : les résultats définitifs du 2ème tour sur Grenoble et en région Rhône-Alpes. Communiqués et analyses.

regionales 2010 grenoble Article maj le 22/03/10 à 19h27.

Dimanche 21 mars 2010 dès 12h, GreBlog.net reconduisait son dispositif électoral [1] mis en place dès le 1er tour des Régionales 2010 afin de vous permettre de suivre pas à pas les toutes premières estimations.

Dans un premier temps, une diffusion des premiers taux de participation publiés à 12h, 17h et 20h au niveau national par le Ministère de l'intérieur.

Dans un second temps, quelques variations et tendances au fil de la journée en continu.

Dans un troisième temps, l'arrivée des premières estimations chiffrées en temps réel concernant la Ville de Grenoble en direct de la Mairie à partir de 19h30 et ce, jusqu'à 23h.


Les résultats du 2ème tour sur Grenoble et sur Rhône-Alpes


Ci-dessous, les résultats du 1er et du 2ème tour comparés, sur Grenoble et sur Rhône-Alpes.

En bas de tableau, 2 feuilles, 2 onglets : résultats sur Grenoble | sur Rhône-Alpes.



La liste conduite par Jean-Jack Queyranne obtient 100 sièges. Celle conduite par Françoise Grossetête, 40. Celle conduite par Bruno Gollnisch, 17.


Les réactions officielles des personnalités


Communiqué de Michel Destot, Député-Maire de Grenoble :

A Grenoble, Jean-Jack Queyranne réalise son meilleur résultat des grandes villes de Rhône-Alpes.

Je tiens à saluer la belle victoire des forces de progrès en France et en Rhône-Alpes.

C'est une chance pour Rhône-Alpes, pour amplifier notre action de développement économique, solidaire et durable, au service de nos concitoyens et de nos territoires, pour renforcer aussi les liens entre nos collectivités.

Dans cette élection, le département de l'Isère a apporté un concours essentiel aux listes de Jean-Jack Queyranne, les plaçant en tête des huit départements rhônalpins, avec 27,3 % des voix au premier tour et 55% au deuxième tour.

La ville de Grenoble elle-même, avec près de 65% ce dimanche 21 mars, arrive en tête des huit grandes villes de Rhône-Alpes et dans les tous premiers rangs en France.

Ce second tour manifeste par ailleurs une augmentation de la participation même si celle-ci n'atteint malheureusement pas les 50%. Il nous reste à cet égard beaucoup à faire pour nos concitoyens les plus touchés par la crise et pour renforcer la cohésion sociale.


Communiqué de l’ADES, Association pour la Démocratie, l’Ecologie et la Solidarité :

Elections régionales, les résultats du 2ème tour à Grenoble sont sans surprise.

Avec une participation plus forte : 47 % au lieu de 42,3 % soit 4000 votants de plus, ce qui est significatif, les résultats indiquent qu’il n’y a pas de changement dans les rapports de force du 1er tour.

Au 1er tour l’ensemble des forces de gauche qui ont fait l’union (PS, Europe Ecologie, Front de Gauche) faisait 62,2 %, au deuxième tour la liste d’union de la gauche et des écologistes fait 64,84 % soit un très bon report de voix et même une progression.

La droite atteint 25,3 % des exprimés soit la somme de l’UMP, des divers droite et du Modem du 1er tour et le FN fait 1 point de plus qu’au 1er tour. La sanction contre la politique gouvernementale est donc confirmée.

Une analyse plus fine, bureaux de vote par bureaux de vote, examinera dans le détail les reports de voix et l’apport des nouveaux électeurs entre les deux tours.

Les leçons du 1er tour restent : le PS n’est pas majoritaire dans la gauche à Grenoble et l’opération d’ouverture à droite des municipales n’est pas validée par les électeurs de gauche.

L’ADES accentuera son travail de propositions politiques alternatives de gauche et écologiste et poursuivra sa dénonciation de la dérive droitière du maire et de sa majorité municipale.


Communiqué de Richard Cazenave, Chargé de mission Le Chêne :

Régionales 2010: Mauvais au national, les résultats sont desastreux en Isère et calamiteux à Grenoble pour l’UMP

En 2004 François Fillon avait parlé d'un 21 avril à l'envers; que dire en 2010 alors que le total gauche, à 56%, progresse de 6% par rapport à 2004! Pour la droite parlementaire c'est le score le plus bas depuis le début de la V ème République!...

En Isère l'U.M.P rassemble moins d'un électeur sur trois. A Grenoble c'est désormais un électeur sur quatre, alors que le candidat Sarkozy a receuilli 47% aux Présidentielles 2007.

Crise, récession, enjeu régional peu lisible, les causes ne manquent pas pour tirer vers le bas la participation en général et le soutien au gouvernement en particulier, les élections intermédiaires étant généralement difficiles pour le pouvoir en place.

Mais là, le message des urnes va bien au delà des clichés traditionnels. Et, comme on aurait tort de croire que les Français par ce vote créditent la gauche d'une capacité à mieux faire que le gouvernement en place, quels enseignements tirer?

Un enseignement national:

L'organisation politique de la droite et du centre est à revoir. Il ne faut pas confondre unité et uniformité; il faut une offre plus diversifiée, incarnant mieux les courants et traditions gaullistes, libéraux et centristes. Je ne doute pas que des voix s'élèveront...

Un enseignement régional:

L'étiquette politique n'est pas un argument suffisant pour revendiquer l'honneur de diriger une Région comme Rhône Alpes.

Un enseignement isérois et grenoblois:

Avec des résultats pire que jamais, l'U.M.P isèroise et grenobloise va t elle enfin comprendre que l'on ne peut gagner sans travailler, sans s'ouvrir aux autres, sans porter un projet capable de fédérer les énergies et de provoquer l'élan Indispensable à toute victoire?


Communiqué de Geneviève Fioraso, Députée de l'Isère :

Une victoire sans précédent des listes de la gauche rassemblée

Tout d'abord, je me réjouis des résultats historiques des forces de gauche et écologistes qui donnent aux nouveaux conseillers régionaux une responsabilité particulière : celle de répondre aux préoccupations de justice, de solidarité, de défense et d'accès à l'emploi qu'ont voulu exprimer les Français par ce vote qui sanctionne la majorité présidentielle et adresse un sérieux avertissement à Nicolas Sarkozy. Je souhaite que ce message des électeurs soit entendu et qu'il en soit tenu compte pour reconsidérer les réformes prévues dans les mois à venir.

Je voudrais naturellement féliciter Jean-Jack Queyranne pour sa réélection et les 22 conseillers régionaux Isérois qui ont été élus ce dimanche avec un score incontestable et en progression pour la gauche et les écologistes. Notre région, la deuxième de France, va pouvoir poursuivre et amplifier son projet en faveur d'un développement solidaire, ambitieux et durable, ouvert sur le monde, sur le progrès scientifique et social et respectueux de l'environnement.

Dans la première circonscription de l'Isère, la liste menée par Jean-Jack Queyranne est en tête dans tous les cantons et réalise le score historique de 56,18 %. Dans le canton 1 de Grenoble, la majorité présidentielle a recueilli à peine 25 % tandis que la liste de gauche et écologiste obtenait 65% des suffrages. C'est une évolution très nette de cette circonscription dont les habitants ont montré leur soutien à la liste progressiste que j'ai soutenue. Même si l'abstention importante doit modérer des interprétations trop optimistes, les résultats de ce scrutin régional sont tout à fait encourageants pour la gauche et les écologistes. Cela doit nous pousser à approfondir un projet solidaire, plus juste socialement, dynamique pour la création d'emplois et durable pour préserver l'environnement.

Notes

[1] greblog.net/elections - micro-site web dédié afin d'éviter une surcharge habituelle de consultations côté serveur


15

03

2010

Régionales 2010, soirée électorale : les résultats définitifs du 1er tour sur Grenoble et en région Rhône-Alpes. Premières analyses

regionales 2010 grenoble - Article maj le 15/03 et le 20/03 -

Dimanche 14 mars 2010 à partir de 10h du matin, GreBlog.net choisissait de mettre en place un dispositif décalé "spécial élections" sur greblog.net/elections (un micro-site web [1] dédié) afin de vous permettre de suivre pas à pas les toutes premières estimations.

Dans un premier temps, une diffusion des premiers taux de participation publiée à 12h, 17h et 20h au niveau national par le Ministère de l'intérieur.

Dans un second temps, quelques "objets" astucieusement glissés dans un fil d'informations en continu.

Dans un troisième temps, l'arrivée des premières estimations chiffrées en temps réel concernant la Ville de Grenoble, en direct de la Mairie à partir de 20h et ce, jusqu'à 23h20.


Les résultats du 1er tour sur Grenoble et sur Rhône-Alpes


Ci-dessous, les résultats définitifs du 1er tour, sur Grenoble et sur Rhône-Alpes.

En bas de tableau, 2 feuilles, 2 onglets : résultats sur Grenoble | sur Rhône-Alpes.




Premières analyses des résultats


Juste quelques comparaisons intéressantes :

La liste "Une région d'avance" conduite par Jean-Jack Queyranne actuel Président de la région Rhône-Alpes fait 2 points de mieux sur Grenoble par rapport à son score régional.

La liste "Aujourd'hui et demain, ensemble pour Rhône-Alpes" de la majorité présidentielle conduite par Françoise Grossetête creuse un écart de plus de 7 points par rapport à son résultat obtenu au niveau régional.

A l'inverse, la liste "Europe Ecologie Rhône-Alpes autrement et maintenant" conduite par Philippe Meirieu obtient un score très élevé sur Grenoble avec plus de 8 points de différence par rapport à celui obtenu au niveau de la région.

La liste "Front National pour Rhône-Alpes et nos provinces" conduite par Bruno Gollnisch réalise un score supérieur de 5 points au niveau régional par rapport à son résultat sur Grenoble.

La liste "Rhône-Alpes Démocrates" conduite par Azouz Begag obtient sensiblement le même score sur Grenoble et en région Rhône-Alpes.

Les listes "Ensemble pour les régions à gauche" et "Anticapitalistes Tout changer, rien lâcher" passent la barre des 10% sur Grenoble, soit 2 points de plus par rapport à leurs résultats respectifs obtenus en Rhône-Alpes.


Ce que l'on peut dire


La première surprise vient du Front National qui réalise un score plutôt élevé par rapport aux dernières estimations propulsées par les sondages avant le 1er tour des Régionales 2010. En passant la barre des 10%, une partie de la flotte du paquebot devrait se maintenir dans une douzaine de régions pour le 2ème tour et couper l'herbe de la majorité présidentielle.

La seconde vient des écologistes. Globalement, jamais ils n'ont réalisé un score aussi élevé sur Grenoble. Seulement 1 point d'écart avec les socialistes. Un exemple : dans le canton 2 de Grenoble, le bureau de vote de la "Porte de France" a comptabilisé le score de 40,19% pour Europe Ecologie. En devenant la 3ème force politique du pays, Europe Ecologie a gagné l'un de ses paris : balayer, étrangler le MoDem pour "jouer à armes égales" avec le PS au niveau local. Au niveau électoral, Grenoble pourrait prochainement devenir la grande ville la plus "verte" de France. Un fort score dont le Maire de Grenoble devrait tenir compte lors des prochaines échéances. Reste à savoir au niveau régional comment le rassemblement des socialistes et des écologistes va pouvoir s'opérer. Les premiers doivent nécessairement tenir compte du score des seconds pour "gouverner" la région et tenter de rassembler. Les seconds estiment qu'il n'y a aucun mal à "gouverner" avec les premiers malgré les fortes divergences et différences de points de vue qui les animent. A priori, sans trop de difficultés, les écologistes vont pouvoir faire monter les enchères avant le 2ème tour.

La troisième vient du Modem. Un score en dessous de 5% à la fois sur Grenoble et sur le plan régional. Un mouvement asphyxié par les récentes divergences hyperlocales, marginalisé par un score bas, balayé par une vague verte qui n'attendait qu'une élection de ce calibre pour prendre pied et s'imposer. Le Modem n'a pas su trouver le ton juste pour mobiliser les électeurs.

La quatrième vient de la majorité présidentielle. Sur Grenoble, la droite traditionnelle a souvent pour habitude de faire 10 points de moins par rapport à son score relatif au niveau national. Cette fois-ci, elle se tasse, dégringole et ne passe pas la barre des 20% en ville alors qu'elle devance d'un tout petit point les socialistes et arrive en tête du 1er tour au niveau régional. Ne disposant pas de "réserves" de voix à part entière, face aux invectives du Front National, la majorité présidentielle ne peut compter que sur les abstentionnistes du 1er tour pour tenter de remobiliser ses troupes. Pour y parvenir, elle va jouer la carte de l'impossible entente initiale entre ses concurrents et souligner la division récurrente entre les socialistes et les écologistes.

La cinquième vient des forces arrières de la gauche. Le NPA, le Front de gauche et associés n'entendent pas baisser les bras et laisser les socialistes discuter seuls avec les écologistes pour rassembler au second tour. Ensemble, elles passent tout de même la barre des 10% sur Grenoble. Une progression estimée, plus ou moins attendue pour un Front de gauche qui, âgé d'un peu plus d'un an, se paye le luxe d'obtenir un score similaire et comparable à celui du MoDem quelques mois après sa création.

La sixième n'est peut-être pas une surprise. Le score des socialistes était attendu. En s'appuyant sur le bilan de sa région, Jean-Jack Queyranne a réussi à fédérer et (re)mobiliser bon nombre d'électeurs de gauche qui avaient perdu leur marque... et leur foi. La constitution de listes communes pour le second tour notamment avec les écologistes risque de prendre une toute autre tournure. Au niveau local, le PS a l'habitude de négocier avec ses "partenaires-adversaires" en présentant une position hégémonique de circonstance avant toute négociation.

Affaire à suivre pour l'ensemble des qualifiés au second tour...


Revue de web : GreBlog sur France Info !


Ce matin, en prenant mon petit café, j'ai eu la surprise d'entendre le chroniqueur et journaliste David Abiker [2] relayer la manière dont j'ai utilisé le réseautage social "Twitter" pour annoncer de Grenoble les premières estimations des résultats sur le Net en employant un langage "très particulier" mélangeant des objets, des noms communs...

Ecouter la Chronique "Le bruit du Net" de David.

Je vous laisse deviner !

maj le 20/03 : on me signale également que l'émission "L'édition spéciale" sur Canal+ a relayé cette information dans sa chronique du lundi 15 mars [3].

On se retrouve dimanche prochain pour la suite des résultats du second tour des Régionales 2010 sur Rhône-Alpes, sur Grenoble... et en direct.

Notes

[1] Afin d'éviter une surcharge habituelle de consultations côté serveur web

[2] qui m'avait interviewé il y a quelques années sur le "blog de Grenoble"

[3] merci G-b :-)


09

11

2009

Grenoble, projet Rocade Nord : le coût total aurait été sous-estimé de près de 250 millions d'euros

rocade nord grenoble En novembre 2007, le Conseil général de l'Isère (CG38) annoncait avoir pris la maîtrise d'ouvrage de la réalisation du contournement de la Rocade Nord.

A cette époque, l'enveloppe communiquée aux différents acteurs du projet, aux élus et au grand public se montait à 580M€ HT (valeur, avril 2006).

Une somme qui, pour certains, est de fait largement sous-estimée, notamment pour les personnes opposées depuis longtemps à la réalisation de l'infrastructure et qui tentent d'analyser et de "décortiquer" l'ensemble des données chiffrées associées au projet de la Rocade Nord de l'agglomération Grenobloise.


580 M€, un "prix d'appel" politique


"On nous a annoncé 580M€ HT pour la Rocade, c'est environ 200M€ de moins que le projet initial de la DDE qui, rapporté en valeur 2006 sur l'indice TP-01 se montait à 763M€" explique Vincent Comparat, Directeur de l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques (OFiPoPu) lors de son point presse du 5 novembre 2009.

"C'est un prix politique (...) anormalement bas, pour ne pas faire peur aux élus" ajoute ce dernier, persuadé qu'une grande part d'ombre subsiste au coeur du projet et que les élus et référents associés au projet sont loin de connaître l'ensemble des éléments chiffrés du dossier.

Initialement, l'enveloppe prévisionnelle de 580M€ HT prévoyait 410M€ pour les travaux d'ouvrage fonctionnel, 100M€ d'aménagements urbains, 35M€ pour la maîtrise d'ouvrage dont 10M€ pour l'assistance, 5M€ de foncier, 20M€ d'études préalables et 10M€ de maîtrise d'oeuvre sur l'avant-projet.

Convaincu que le CG38 n'avait fait aucune étude "sérieuse" au préalable pour déterminer le montant de cette enveloppe, l'OFiPoPu avait choisi en octobre 2008 de réexaminer ces chiffres et d'apporter lui-même une nouvelle estimation "raisonnable" à partir des indices travaux BTP (TP-01) et des données de l'avant projet de la DDE de 2006.

Ainsi, rapporté aux dates de valeurs et donc à l'évolution des "prix du marché", l'estimation du CG38 d'avril 2006 de 580M€ HT valait 662M€ HT en juin 2008.

Du côté de l'observatoire, en prenant en compte leurs indices et critères (DDE, TP...), leurs estimations s'élèvaient à 733M€ HT (valeur 2006) et 836M€ HT (valeur 2008).

Soit tout de même une différence notable qui avoisinait les... 170M€.


Obtention des documents justifiant l'évaluation de 580M€


Après avoir effectué sa propre estimation en 2008, le Directeur de l'observatoire "a demandé au Président du Conseil général de l'Isère de lui communiquer une copie des documents, lettres et études, provenant des bureaux d'études qui ont confirmé l'évaluation à hauteur de 580M€ (valeur avril 2006) du coût de la Rocade Nord de Grenoble" [1] en novembre de la même année.

Ayant refusé de les communiquer au demandeur, ce dernier a effectué un recours auprès du Tribunal Administratif de Grenoble et "la Commission d'accès aux documents administratifs a émis un un avis favorable à la communication de ces documents" [2].

Récemment, le CG38 [3] fut contraint de donner au demandeur les estimations chiffrées des bureaux d'études.


Estimations financières et synthèses des coûts des travaux


En avril 2008, le Centre d'Etudes Techniques de Lyon (CETE) a évalué le montant des travaux à 525M€ HT. Un coût qui ne prend pas en compte diverses contraintes de réseaux, de maintien de la circulation, de remodelage des berges, de réaménagement de surface, diffuseurs et raccordements aux portions d'autoroutes.

Rapporté en valeur à juillet 2009, l'estimation pourrait donc attendre "au minimum" 600M€ HT selon l'Observatoire.

De son côté, en novembre 2008, le groupe EGIS (filiale de la CDC), spécialisé dans l'ingenièrie et le conseil dans la construction d'infrastructure et systèmes pour les transports remettait une étude détaillée au Conseil général de l'Isère. Le coût était estimé à 550M€ HT (620 en valeur 2009).

Ces estimations de coût ne concernerait que les travaux... de l'ouvrage seul.

Ainsi, sur les 580M€ HT initialement annoncé par le CG38, 410M€ représenterait le coût de l'ouvrage fonctionnel (valeur 2006).

Soit en valeur juillet 2009 selon l'Observatoire, un estimation de 462M€ HT pour le CG38, 600M€ HT pour le CETE, 620M€ HT pour EGIS et 623M€ HT pour l'OFiPoPu.


Estimations des autres coûts associés


En plus des coûts des travaux sur lesquels les différents cabinets d'études se sont prononcés, il faut ajouter les coûts des déviations de réseau, maintien de circulations et divers (40M€), les études (71M€ - soit 11,5% du coût des travaux basé sur les taux de la DDE), les amenagements urbains (113M€) et les acquisitions foncières (46,7M€ - enquête publique - et non 5M€ comme annoncé en 2006 [4]).


Estimations du coût total... de la Rocade Nord


En avril 2006, le CG38 annoncait publiquement une estimation de coût de 580M€ HT (soit 653M€ en valeur 2009).

L'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques estime de son côté, en novembre 2009, que le coût total serait au minimun... de 890M€ HT (valeur juillet 2009).

Soit un différenciel de... 237M€ !


Concernant le péage et le financement de la concession


L'appel à concession a débuté cet été.

La date de dépôt des dossiers de candidatures auprès du CG38 était fixée au 25 septembre 2009.

Une commission est chargée d'évaluer au préalable les candidatures "recevables" qui seront transmises à l'exécutif du CG38. Celui-ci donnera un avis. Une fois la proposition entérinée par le Conseil général, elle devrait se transformer en "contrat de délégation de service public" (DSP). La procédure est en cours et pour le moment, il est difficile de connaître le nombre et le nom des candidats éligibles pour la concession.

La concession ne porte pas sur les aménagements urbains (113€, valeur 2009). Selon l'observatoire, le concessionnaire prendrait à sa charge près de 260M€ HT (1/3 privé) soit 311M€ TTC et le CG38, 520M€ HT (2/3 public) soit 622M€ TTC de subvention d'investissement (valeur 2009).

Par ailleurs, si le fonctionnement et l'exploitation ne sont pas équilibrés pour financer les 311M€ TTC (hypothèse de tarif de péage urbain susceptible de dépasser les 2€ pour un seul passage véhicule - amortissement probable sur 40 ans - 56000 véhicules payants par jour etc...), il se pourrait que le CG38 soit prêt à donner en plus... une subvention de fonctionnement au concessionnaire.

Si le Président du CG38 obtient la déclaration d'utilité publique (DUP) courant 2010, il se pourrait qu'il soit contraint de lancer un appel au financement public supplémentaire auprès d'autres collectivités pour couvrir la subvention.

Reste à savoir si celles-ci (La Metro, Ville de Grenoble etc...) accepterons de choisir cette option, vu la situation financière actuelle de chacune.

Si l'on prend en compte les sempiternels dépassements de coûts inhérents à la réalisation d'une telle infrastructure et les éléments communiqués par l'Observatoire des Finances et des Politiques Publiques, il est fort à parier que le prix de la Rocade Nord pourrait atteindre le milliard d'euros.


Pour aller plus loin, quelques sites pro et anti Rocade Nord :

Pro Rocade Nord : http://www.isere.fr/424-rocade-nord.htm - http://www.rocade-nord.fr/ - http://www.rocadenord-leplus.com/ ...

Anti Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/ - http://vivreenvillegrenoble.free.fr/spip/ ...

Notes

[1] extrait 1 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[2] extrait 2 du jugement du Tribunal Administratif du 24/09/09

[3] pas réussi à joindre récemment Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au Département par téléphone

[4] voir plus haut


06

10

2009

Nouveau projet de requalification de l'Esplanade de Grenoble : réactions (in)attendues du public

grenoble esplanade Vendredi 2 octobre 2009, La Ville de Grenoble organisait une réunion publique à la Mairie pour présenter son projet de requalification de l'Esplanade.

Un projet urbain imposant qui s'inscrit dans une démarche de concertation liée au réaménagement de l'une des principales portes d'entrée du centre-ville de Grenoble.

Les études préalables ont débuté il y a quelques semaines. Les premières tranches de travaux sont prévues en 2011. La livraison des premiers lots devrait avoir lieu à partir de 2013.


Les enjeux du projet


D'un point de vue global, le réaménagement du secteur de l'Esplanade est étroitement lié au projet de requalification des berges de l'Isère (lire mon article sur le sujet), à celui de la construction de la nouvelle ligne de tram E et à la réalisation éventuelle de la Rocade Nord.

Au coeur de ce nouveau projet, la création d'un grand parc urbain de plus de 7 hectares dédié aux loisirs et à la détente. La future nouvelle ligne de tramway E est la colonne vertébrale du dispositif.

Pour la municipalité de Grenoble, il est primordial de faire sortir le quartier de son environnement autoroutier en prevoyant un "déclassement" de l'arrivée de l'autoroute A48 en ville. "Plus de vie et de vert", "plus de mobilité apaisée" et "plus de centre-ville" soulignent les principaux élus concernés pour introduire leur présentation.

Il s'agit de reconquérir les berges de l'Isère et ainsi de poursuivre l'extension du centre-ville vers le quartier de l'Esplanade en le reliant aux autres secteurs de la ville. Sur zone, la municipalité souhaite favoriser l'habitat, le développement d'espaces verts, d'emplacements commerciaux afin d'améliorer le cadre de vie des habitants.

Sans oublier une profonde réorganisation des déplacements et du stationnement... au profit de l'utilisation des transports en commun (Tram E) et autres modes doux associés.

Principaux objectifs : créer un grand parc, développer le quartier et favoriser les liaisons respectant un nouveau schéma de circulation.


Les elements du projet


Autour de la prochaine ligne de tram E, le schéma de déplacement envisagé comprend de nouvelles dessertes locales interquartier, des "traversées douces" et des "liens végétalistes". Mais également la création de nouvelles liaisons "mode doux" avec la rive gauche et la réorganisation de la circulation en entrée et en sortie du centre-ville.

Au nord du secteur, l'architecte-urbaniste [1] prévoit la création d'un nouveau pont permettant d'améliorer les échanges entre les deux rives.

Selon l'hypothèse B présentée au public (photo), seule une partie de l'existant serait préservée (habitations actuelles côté Chartreuse). Des centaines de nouveaux logements privés et publics [2] devraient sortir de terre [3], associés à des commerces et de nombreuses activités éparpillées sur zone.

En vert sur ma photo, déploiement d'espaces verts, grand parc. Zone bleue, dominante logement. Taches brunes, dominante activités et commerces. Zone grise, existant préservé. Ligne bleue, parcours du tram E.


Un projet concerté


Le calendrier de la démarche de concertation est le suivant :

Octobre 2009 : réunion publique et balades urbaines organisées les 10 et 19 (séances de travail, recueil de photos, de témoignages...).

Novembre 2009 : ateliers urbains en petits groupes permettant de débattre et de faire des proposotions sur les hypothèses de travail des architectes. Constitution de "cahiers d'habitants" adréssés aux architectes. Puis le 9, dernière réunion publique de présentation du projet.

Décembre 2009 : projection et présentation de l'hypothèse d'aménagement retenue.

Début 2010 : constitution du projet de ZAC et lancement des procédures administratives.

Début 2011 : lancement des premiers travaux... première tranche livrée en 2013.


Quelques réactions soutenues dans le public


Le public est venu nombreux découvrir les différentes facettes du projet. Certains habitants sont restés debout au fond de la salle [4].

Parmi les personnalités présentes autour de Michel Destot (Député-Maire de Grenoble), signalons la présence de Philippe de Longevialle (Adjoint à l'Urbanisme), Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements), Christian de Portzamparc (Architecte-Urbaniste désigné) et l'absence de Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale).

Lors de la soirée, le Maire de Grenoble s'est montré particulièrement énergique, déterminé et offensif face aux questions et interrogations du public.

Tout l'inverse de l'architecte-urbaniste, plutôt évasif, peu démonstratif et motivé pour promouvoir ses hypothèses de travail. Pour Michel Destot, il est l'un des meilleurs architectes-urbanistes de l'hexagone... ou du monde.

"Il est important de donner les rythmes de l'Isère à la Ville (...) Installer un parc qui donne envie de venir le matin, à midi, l'après-midi et le soir (...) Un endroit romantique, où l'on voit la rivière, la Chartreuse (...) Faire passer le tram côté parc, c'est une jolie chose avec de belles passerelles, c'est un véritable film" argumente l'architecte rêveur avant de souligner que le Michel Destot est "un Maire qui nous prépare l'avenir..." [5].

Rien de tel pour irriter une bonne partie des habitants plongés progressivement dans un cheminement d'interrogations.

Le public interpelle successivement les porteurs du projet sur le devenir de l'exploitation des ciments Vicats, le type de passerelle prévue au niveau du quartier Jean Macé, les nouveaux moyens de circulation. Mais également sur la prise en compte ou non des avis des associations de quartier dans le déroulement du projet, les différents types de logements et de commerces à construire, le devenir de la foire des Rameaux... tout en faisant remarquer l'absence de schematisation de la Rocade Nord sur les diapositives durant leur projection. Sans compter une critique sur le manque d'information préalable de la Mairie concernant la tenue de la réunion publique, la courte durée de la concertation engagée par la Ville de Grenoble... ou la suppression du grand parking de stationnement actuel de l'Esplanade,

Sur ce dernier point, un habitant s'interroge ouvertement. "On nous a expliqué qu'il y allait avoir un pont, un parc, des restaurants, des logements (...) C'est bien gentil tout ça mais les voitures... où on les met ?".

Jacques Chiron répond fermement "Il y aura le tram, parce que c'est ça aussi (...) Je rappelle qu'on avait avant sur les grands boulevards 60 000 véhicules jours, aujourd'hui, il y en a 27 000 (...) Il y a aussi une modification des habitudes des habitants, on ne fait pas un tram uniquement pour eux (...) On mettra donc des parcs-relais le long de la ligne (...) Rien n'est gratuit, soit c'est le contribuable, soit c'est l'utilisateur qui paye et pour ma part, je suis pour que l'utilisateur paye quand même un peu son automobile".

La salle s'agite. Le public reste dubitatif, visiblement peu convaincu par les propos de l'Adjoint aux Déplacements.

Un Grenoblois interpelle le Maire de Grenoble sur le type de logements à construire. "Ca va encore être un projet pour les promoteurs immobiliers (...) Un espace public qui va être donné, privatisé...".

Débité par ces propos, Michel Destot se lève et hausse nettement le ton. "On est pas ici pour se raconter des histoires (...) Mais le parc, c'est public, c'est pas un parc privatisé (...) C'est des fonctions sociales, publiques, populaires qu'il faut mettre (...) Quelques soient les conséquences, je me battrai, faut aussi savoir ce qu'on veut".

Applaudissements dans la salle.

En sortie de réunion, les Grenoblois étaient encore nombreux à converser ensemble autour d'un rafraîchissement. Chacun racontant ses petites histoires de quartier, une description aiguisée du comportement de ses voisins durant la semaine ou ses petits soucis de voirie, de stationnement, de circulation du moment... en petits comités bien distincts,

Ce genre de réunion publique attire toujours les mêmes personnes d'une même classe d'âge.

L'absence répétée des jeunes générations qui profiteront dans l'avenir de ces nouvelles infrastructures est pour le moins regrettable.

Notes

[1] Christian de Portzamparc

[2] mot d'ordre : mixité sociale

[3] Michel Destot parle d'un millier de logements sur zone

[4] manque de chaises

[5] agitation mesurée dans la salle


22

09

2009

Nouvelles modalités pour la distribution des subventions accordées aux associations socioculturelles à Grenoble

grenoble subvention association Après plus d'un an de concertation avec les principaux acteurs socioculturels de la commune, la Ville de Grenoble vient de présenter ses nouvelles modalités de financement accordées aux associations socioculturelles pour les trois prochaines années (2010-2012).

Un reconventionnement qui s'inscrit désormais dans la nouvelle politique éducative de la ville, en l'occurence, dans le Projet Educatif Grenoblois (PEG) chargé de structurer toute l'action éducative avec ses différents partenariats (Education nationale, parents et associations concernées - lire mon précédent article sur le sujet).

Selon Paul Bron, Adjoint à l'Education de la Ville de Grenoble, cette nouvelle démarche d'aide, de financement et de subventionnement a pour objectif d'apporter plus d'équité dans la distribution des subventions. Une meilleure lisibilité sur les nouveaux modes de calcul et un meilleur équilibre "budgétaire" pour les associations concernées.


3 objectifs, 6 axes et un nouveau dispositif


"La ville a choisi de reconventionner avec les associations (...) Ce qui n'est pas forcement le cas de certaines communes en France (...) Ensuite, on a choisi que ce soit à budget constant et on ne va pas dans des réductions (...) On a le même budget qu'en 2009, soit 5,315 M€ par an qui est consacré à ce reconventionnement sur trois ans et il n'y aura pas de coupe (...) La nouveauté aussi, c'est qu'on va répartir cette enveloppe de façon différente à partir de nouveaux objectifs et critères de répartition fixés par la ville" explique Paul Bron avec une certaine précaution en conférence de presse.

Dans le domaine socioculturel, ces nouveaux objectifs tournent autour de 6 axes.

En ligne de mire : la prise en compte du public essentiellement adolescent.

"Une tranche d'âge qui fuit un peu les associations" selon Hélène Vincent, Adjointe à la Jeunesse. Une offre d'accueil pendant les temps périscolaires. Une volonté d'assurer la qualité des contenus éducatifs "et surtout avec quels intervenants elle doit se faire" ajoute la jeune Adjointe. Favoriser l'accessibilité permettant notamment d'améliorer la fréquentation. Développer les offres de séjour pendant les petites et grandes vacances. Enfin, développer la participation du public, des usagers et des parents au sein des associations socioculturelles "pour qu'elles soient mieux considérées de l'intérieur, pas municipalisées" ajoute Hélène Vincent.


Nouvelles modalités de financement, nouveau mode de calcul


"Jusqu'à présent, il y avait une subvention annuelle de fonctionnement qui avait une part de variable très importante constituée de nombreux dispositifs (...) Aujourd'hui, on veut clarifier ce mode de financement (...) On veut mutualiser les moyens qui ne doivent pas mettre en péril la qualité, ni l'accès pour se donner des marges de manoeuvre et de financement sur des choix, des priorités et pour être plus juste" souligne l'Adjointe à la jeunesse.

Pour élaborer ce nouveau système de conventionnement, la Ville de Grenoble a mené pendant 12 mois un travail commun avec les 21 principales associations concernées (MJC, Maison pour Tous, de l'Enfance et autres associations socioculturelles...) dans les domaines de l'extrascolaire, du periscolaire et des loisirs.

Le nouveau conventionnement s'appuyer sur une première subvention annuelle "fixe" ou "consolidée" pendant 3 ans qui tient compte de la structure, de l'envergure de l'association et de la qualité de ses activités.

Une seconde subvention sera liée à la "fréquentation" des associations (principalement basée sur le nombre "d'heures/enfants" rapporté à la CAF dans leurs activités).

La Ville souhaite garder des marges de manoeuvre.

Elle decide de réguler à la baisse de 5% le montant de toutes les subventions attribuées aux 21 structures... sur la subvention fixe. Ce qui lui permet d'obtenir une enveloppe "redistribuable" sur deux axes : l'évolution de la "fréquentation" des structures associatives et un "appel à projet thematique" géré conjointement par la ville et les associations.

"On a donc des associations qui se retrouvent à la baisse et d'autres à la hausse (...) Une redistribution qui nous paraît beaucoup plus égalitaire (...) Avant, le conventionnement se faisait essentiellement autour du projet des associations et du contenu qu'elles proposaient (...) La ville ne s'y reconnaissait pas forcement" explique Paul Bron.

Désormais, le système de conventionnement sera lié aux projets des associations élaborés en commun avec la municipalité.


Rapprochement et mutualisation


Des projets prenant en compte les besoins, critères et orientations de la ville. "Avec nous, beaucoup d'associations ont apprécié de retravailler sur leur projets associatifs et leurs actions (...) Quelque part, la relation de partenariat est plus claire (...) même si cela pouvait en apparence les contraindre" précise Hélène Vincent.

Et parmi ces nouveaux critères et indicateurs spécifiques à la fois quantitatifs et qualitatifs pris en compte dans le cadre d'une évaluation à terme des structures associatives, notons leur capacité d'appel sur des projets thématiques, l'accueil, la participation du public et des familles, l'ouverture horaire en fonction de certaines tranches d'ages et autres critères d'accessibilité.

Cette nouvelle politique de subventionnement des associations socioculturelles pour les trois prochaines années (2010-2012) devrait être enterinée lors du Conseil municipal de novembre ou décembre.

Reste à savoir quelles sont les associations qui bénéficieront d'une augmentation ou d'une diminution de subvention dans les mois à venir. Il leur reste quelques semaines pour paufiner et "retravailler" leur projet associatif. Pour des questions de fonctionnement et de communication politique, la ville de Grenoble se refuse pour le moment d'indiquer la moindre variation en terme d'allocation de subvention.

Objectifs affichés : mutualisation des structures, des coûts et/ou des moyens par des alliances, de nouvelles directions.

Affaire à suivre...


26

05

2009

Réaménagement des quais de l'Isère : présentation des trois projets en compétition... en image

projet berges isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une réunion publique s'était tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Le réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a près de 3 ans par la Ville de Grenoble (lire mon premier article).

Rappelons qu'à l'époque, son budget prévisionnel avoisinait... les 55 millions d'euros... sur 10 ans.

La première phase de concertation publique (lire mon second article) avait pour ambition de présenter les enjeux de ce réaménagement.

Eté 2008, les Grenoblois étaient invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais. Un "premier" diagnostic qui avaient permis d'alimenter la réflexion portée sur les différents travaux des trois équipes d'architectes paysagistes actuellement en compétition (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais de l'Isère.


Nouvelle étape, nouvelles perspectives


Depuis près d'un an, les trois équipes d'architectes urbanistes paysagistes ont travaillé simultanément pour proposer leur idées de réaménagement des quais.

Le 25 mai 2009, lors de la visite de l'exposition [1] dédiée au réaménagement des quais de l'Isère, les différents élus en charge du dossier ont exprimé tour à tour leurs intentions.

"On doit prendre avant tout une équipe et non un projet arrêté par l'équipe qui sera choisie (...) On va regarder les meilleures tranches de projets et rien ne nous interdit de prendre le meilleur de chaque équipe pour aboutir au projet final" explique Philippe de Longevialle, Adjoint à l'urbanisme de la Ville de Grenoble [2].

"Il faut reconquérir l'Isère car au cours de son histoire, on lui a tourné le dos (...) Les quais, c'est un véritable écosystème (...) Ce réaménagement est un projet phare de mon troisième mandat (...) Avec tous les problèmes que j'ai du affronter sur d'autres projets, maintenant, je suis prêt à tout" rappelle Michel Destot, député-maire de Grenoble, justifiant l'importance de la tache à réaliser.

Emballé par l'ensemble des propositions émises par les professionnels, Jacques Chiron évoque le problème de circulation sur zone. "C'est incroyable mais il est vrai que ces trois projets au fond... nous font rêver (...) Pour tout vous dire, actuellement, nous avons 36 000 véhicules qui circulent par jour sur les quais (...) A terme, on aimerait que ça baisse à 10 000" explique l'Adjoint aux Déplacements et à l'embellissement de la Ville de Grenoble.

En septembre 2009, le Conseil municipal de Grenoble choisira l'équipe le projet retenue. Le "jury" sera composé d'élus, de professionnels et d'experts (commission de contrôle...). Le cabinet d'architectes urbanistes paysagistes sélectionné affinera ses propositions en prenant en compte l'avis des Grenoblois intéressés.

Début "volontaire" des premières réalisations : 2013.

Objectifs affichés : finir la première tranche de réalisation... après la mise en place du pont provisoire "Massena"... et avant la Rocade Nord.


Un enjeu majeur


L'enjeu est de taille. La concertation n'a pas empêché l'animation contrastée des débats et des propositions ces derniers mois.

En raison des futurs travaux, les quais seront-ils fermés à la circulation ? Il y aura t-il des nouveaux points de passage, passerelles ou nouveaux ponts sur l'Isère ? Dans quel sens éventuel les véhicules pourront-ils circuler sur les différents quais (Nord et Sud) et dans quelles conditions ? Il y aura t-il une suppression ou une addition de places de stationnement ? Quelle place sera accordée au tram E ? Quelle vie sociale, économique et commerciale voulons-nous sur les quais, dans le quartier Saint-Laurent ?

Les questions d'accessibilités, des modes doux et/ou motorisés, de transport, circulation et de stationnement sont au coeur des préoccupations d'aujourd'hui... et de demain.


Présentation des propositions des architectes urbanistes paysagistes


Du 27 mai au 31 juillet 2009, les Grenoblois auront l'occasion de visiter l'exposition à la Plateforme [3] sur le réaménagement des quais de l'Isère. Un "questionnaire habitants" notamment disponible sur place leur permettra d'exprimer leur avis et de mentionner des suggestions sur l'avenir des quais.

En avant-première, GreBlog vous présente un "slideshow" montrant les différentes propositions de projets de réaménagement sur lesquels les trois cabinets (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) ont planché depuis des mois.

Mon slideshow : images d'exposition, projet 1 (5 photos), projet 2 (7 photos) et projet 3 (8 photos) [4].



Projet 1, en bref :

Quai Nord : une voie circulée, piste cyclable double sens, trottoir élargi. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : deux voies circulées, un belvédère, trottoir élargi et nouvel accès piéton...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue avant Rocade, transformée en promenade après Rocade, élargissement du trottoir sur ponts...


Projet 2, en bref :

Quai Nord : une voie circulée réduite avant Rocade, suppression voie circulée après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai animé. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable double sens, promenade au dessus de la voie sur berge...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, balcons sur ponts...


Projet 3, en bref :

Quai Nord : une voie circulée avant et après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai festif et aquatique (piscine) avec possibilité de fermeture temporaire...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable à contre sens. Belvédère au dessus de la voie sur berge, trottoir élargi...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, élargissement trottoir sur ponts...


Pour finir, petite nouveauté qui risque d'engendrer quelques mécontentement d'ici quelques semaines. A terme, toutes les places de stationnements [5] (côté quai Nord, Saint-Laurent) seront payantes.

Notes

[1] réservée à la presse

[2] également Président départemental du Modem 38

[3] ancien Musée de Grenoble

[4] le nom des 3 cabinets ne doit pas être associé aux projets

[5] encore gratuites


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