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26

05

2009

Réaménagement des quais de l'Isère : présentation des trois projets en compétition... en image

projet berges isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une réunion publique s'était tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Le réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a près de 3 ans par la Ville de Grenoble (lire mon premier article).

Rappelons qu'à l'époque, son budget prévisionnel avoisinait... les 55 millions d'euros... sur 10 ans.

La première phase de concertation publique (lire mon second article) avait pour ambition de présenter les enjeux de ce réaménagement.

Eté 2008, les Grenoblois étaient invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais. Un "premier" diagnostic qui avaient permis d'alimenter la réflexion portée sur les différents travaux des trois équipes d'architectes paysagistes actuellement en compétition (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais de l'Isère.


Nouvelle étape, nouvelles perspectives


Depuis près d'un an, les trois équipes d'architectes urbanistes paysagistes ont travaillé simultanément pour proposer leur idées de réaménagement des quais.

Le 25 mai 2009, lors de la visite de l'exposition [1] dédiée au réaménagement des quais de l'Isère, les différents élus en charge du dossier ont exprimé tour à tour leurs intentions.

"On doit prendre avant tout une équipe et non un projet arrêté par l'équipe qui sera choisie (...) On va regarder les meilleures tranches de projets et rien ne nous interdit de prendre le meilleur de chaque équipe pour aboutir au projet final" explique Philippe de Longevialle, Adjoint à l'urbanisme de la Ville de Grenoble [2].

"Il faut reconquérir l'Isère car au cours de son histoire, on lui a tourné le dos (...) Les quais, c'est un véritable écosystème (...) Ce réaménagement est un projet phare de mon troisième mandat (...) Avec tous les problèmes que j'ai du affronter sur d'autres projets, maintenant, je suis prêt à tout" rappelle Michel Destot, député-maire de Grenoble, justifiant l'importance de la tache à réaliser.

Emballé par l'ensemble des propositions émises par les professionnels, Jacques Chiron évoque le problème de circulation sur zone. "C'est incroyable mais il est vrai que ces trois projets au fond... nous font rêver (...) Pour tout vous dire, actuellement, nous avons 36 000 véhicules qui circulent par jour sur les quais (...) A terme, on aimerait que ça baisse à 10 000" explique l'Adjoint aux Déplacements et à l'embellissement de la Ville de Grenoble.

En septembre 2009, le Conseil municipal de Grenoble choisira l'équipe le projet retenue. Le "jury" sera composé d'élus, de professionnels et d'experts (commission de contrôle...). Le cabinet d'architectes urbanistes paysagistes sélectionné affinera ses propositions en prenant en compte l'avis des Grenoblois intéressés.

Début "volontaire" des premières réalisations : 2013.

Objectifs affichés : finir la première tranche de réalisation... après la mise en place du pont provisoire "Massena"... et avant la Rocade Nord.


Un enjeu majeur


L'enjeu est de taille. La concertation n'a pas empêché l'animation contrastée des débats et des propositions ces derniers mois.

En raison des futurs travaux, les quais seront-ils fermés à la circulation ? Il y aura t-il des nouveaux points de passage, passerelles ou nouveaux ponts sur l'Isère ? Dans quel sens éventuel les véhicules pourront-ils circuler sur les différents quais (Nord et Sud) et dans quelles conditions ? Il y aura t-il une suppression ou une addition de places de stationnement ? Quelle place sera accordée au tram E ? Quelle vie sociale, économique et commerciale voulons-nous sur les quais, dans le quartier Saint-Laurent ?

Les questions d'accessibilités, des modes doux et/ou motorisés, de transport, circulation et de stationnement sont au coeur des préoccupations d'aujourd'hui... et de demain.


Présentation des propositions des architectes urbanistes paysagistes


Du 27 mai au 31 juillet 2009, les Grenoblois auront l'occasion de visiter l'exposition à la Plateforme [3] sur le réaménagement des quais de l'Isère. Un "questionnaire habitants" notamment disponible sur place leur permettra d'exprimer leur avis et de mentionner des suggestions sur l'avenir des quais.

En avant-première, GreBlog vous présente un "slideshow" montrant les différentes propositions de projets de réaménagement sur lesquels les trois cabinets (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge) ont planché depuis des mois.

Mon slideshow : images d'exposition, projet 1 (5 photos), projet 2 (7 photos) et projet 3 (8 photos) [4].



Projet 1, en bref :

Quai Nord : une voie circulée, piste cyclable double sens, trottoir élargi. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : deux voies circulées, un belvédère, trottoir élargi et nouvel accès piéton...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue avant Rocade, transformée en promenade après Rocade, élargissement du trottoir sur ponts...


Projet 2, en bref :

Quai Nord : une voie circulée réduite avant Rocade, suppression voie circulée après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai animé. Promenade, terrasses. Stationnement supprimé...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable double sens, promenade au dessus de la voie sur berge...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, balcons sur ponts...


Projet 3, en bref :

Quai Nord : une voie circulée avant et après Rocade. Piste cyclable double sens, trottoir élargi. Quai festif et aquatique (piscine) avec possibilité de fermeture temporaire...

Quai Sud : réduction une voie circulée après Rocade, piste cyclable à contre sens. Belvédère au dessus de la voie sur berge, trottoir élargi...

Niveau Isère : nouvelle passerelle, circulation maintenue voie sur berge avec sortie quai Créqui, élargissement trottoir sur ponts...


Pour finir, petite nouveauté qui risque d'engendrer quelques mécontentement d'ici quelques semaines. A terme, toutes les places de stationnements [5] (côté quai Nord, Saint-Laurent) seront payantes.

Notes

[1] réservée à la presse

[2] également Président départemental du Modem 38

[3] ancien Musée de Grenoble

[4] le nom des 3 cabinets ne doit pas être associé aux projets

[5] encore gratuites


09

02

2009

Projet Educatif Grenoblois. Vers une semaine de 4,5 jours pour nos enfants sur Grenoble à la rentrée 2009 ?

Bron école Grenoble Depuis la rentrée 2008/2009, nos enfants ne vont plus à l’école le samedi matin. Sur le plan national, des enquêtes d’opinions montrent que cette décision entérinée par le Ministère de l’Education nationale est appréciée par une grande majorité [1] de parents d’élèves.

En instaurant la semaine de quatre jours, le rythme de l’enfant est modifié.

Depuis la rentrée, de nombreux enseignants estiment qu’ils doivent dorénavant "faire en quatre jours ce qu’ils faisaient en quatre jours et demi" tout en assurant l’aide personnalisée apportée aux élèves en difficulté scolaire.

Dans le cadre de l’élaboration du Projet Educatif Grenoblois (PEG), projet qui vise à définir une politique éducative, la Ville de Grenoble entend engager une discussion sur les changements et incidences produits par la réforme sur le "rythme de l’enfant et de la famille".


Projet Educatif Grenoblois, rythme de l'enfant et de la famille


Cette réflexion de la Ville de Grenoble s’appuie principalement sur des études menées par des "chronobiologistes" et notamment sur un entretien avec Philippe Meirieu, Professeur en sciences de l’éducation à l’Université Lumière (Lyon 2).

Le spécialiste en sciences de l'éducation et en pédagogie souligne que la semaine de quatre jours ne convient pas à tous les enfants. Chacun n'ayant pas le même rythme d'apprentissage scolaire, de la vie.


9 demi-journées, cours le mercredi matin, sorties de classe à 15h45


La Ville de Grenoble envisage de proposer dès la rentrée 2009 un passage progressif à 9 demi-journées par semaine pour les enfants (lundi, mardi, mercredi matin, jeudi et vendredi).

Au lieu de sortir de classe le soir à 16h30, les élèves sortiraient... à 15h45 !

Si on respecte le nombre d'heures qu'un élève doit effectuer dans l'année, cet "étalement du temps de travail" sur la semaine devrait logiquement le contraindre à ne pas se rendre à l’école un mercredi sur trois [2].

Annick Debart, responsable de la Vie scolaire souligne que la journée de classe (qui passerait de 6h à 5h15/jour) pourrait être organisée de manière différente : mise en place d'activités sociaux éducatives périscolaires supplémentaires dans le cadre du PEL (Projet Educatif Local) en sortie d'école, après la garderie ou l'étude du soir et la possibilité d'allonger la "pause méridienne" (temps de restauration de l'enfant) de 11h30 à 14h30 au lieu de 13h30.

Un peu moins d’un quart des établissements Grenoblois [3] pourraient être concernés par cette mesure dès la rentrée prochaine. La Ville de Grenoble souhaiterait que ceux situés en zones d’éducation prioritaires (ZEP) puissent les premiers bénéficier de cette dérogation à la semaine de quatre jours [4].

A terme, l’objectif serait d’uniformiser le passage à quatre jours et demi sur Grenoble et d’encourager progressivement d’autres municipalités de l’agglomération à le faire.

Pour Paul Bron, Adjoint à l’Education à la Ville de Grenoble, ce projet est une priorité du Plan Educatif Grenoblois.


Les Conseils d'écoles doivent rapidement... se prononcer


En février - mars 2009, les Conseils d'écoles du second trimestre (directeur d'écoles, corps enseignant et délégués de parents d'élèves) devront débattre sur les avantages et inconvénients d'une semaine de 4,5 jours et élaborer des propositions de travail pour améliorer le rythme de travail de l'enfant.

Ce sont eux qui auront la charge de se prononcer sur cette dérogation et de la mettre à l'ordre du jour [5]. Les Conseils d'écoles qui choisiront d'opter pour cet étalement du rythme scolaire devront présenter un projet écrit indiquant les raisons de leurs motivations, sous couvert d'une validation effectuée par l'Inspection académique de l'Isère (IA).

Un fois entérinée, la Ville de Grenoble s'engage à respecter la décision prise par les Conseils d'écoles, à maintenir la durée de prise en charge des enfants sur la journée et à soutenir les établissements qui rentreront dans le cadre de cette expérimentation dérogation.

En avril 2009, les propositions d'évolution du rythme et/ou des horaires de l'enfant devront être élaborées en vue d'une mise en oeuvre du processus.

Tout doit être entériné d'ici mai 2009.... pour préparer la rentrée... 2009/2010.


Le schéma de concertation de la Ville de Grenoble


En octobre 2008, les principaux représentants des délégués de parents d'élèves de la ville ont eu partiellement connaissance de cette réforme dérogation.

Mi janvier 2009, la municipalité a présenté un schéma de concertation afin d’impliquer les parents d’élèves dans l’élaboration de son Projet Educatif Grenoblois, en partenariat avec les structures d’éducation populaires (écoles, MJC, centre sociaux…) et les associations concernées. Un tour de table est en cours auprès du corps enseignant et des directeurs d’école.

Au cours du mois de janvier et de février 2009, la Ville de Grenoble organise 7 "réunions de concertation sur les rythmes de l'enfant et de la famille" avec les parents d’élèves dans chaque secteur de la Ville (8000 parents invités à participer).


Réunion de concertation sur les secteurs 4 et 5 : présentation du projet


Jeudi 5 février 2008, de 18h à 20h, les parents d'élèves des écoles Bajatières, Clémenceau, Driant, Elisée Chatin, Ferdinand Buisson et Léon Jouhaux étaient conviés à la présentation du projet de la Ville de Grenoble à La Chaufferie (rue Léon Jouhaux). Lors de cette 5ème réunion, seulement 70 parents d'élèves (sur 6 écoles) avaient fait le déplacement.

En introduction, Paul Bron, Adjoint à l’Education présente brièvement son le projet aux quelques parents d'élèves. Ils sont invités à suivre la projection d'une vidéo de 14 mn de Philippe Meyrieu intitulé "Respecter les rythmes de l'enfant pour l'aider à grandir" (voir la vidéo).

Dans sa vidéo, le chercheur explique notamment que "la concentration est la clé de la réussite scolaire (...) L'important, c'est de comprendre ce que l'on apprend (...) L'année scolaire est mal équilibrée (...) Il faut éviter les cassures dans la semaine (...) Nous avons intérêt à regarder avec les yeux de l'enfant pour suivre et s'occuper de son développement (...) Dans une journée, les deux moments les plus favorables pour l'apprentissage sont la première partie de la matinée et la seconde partie de l'après-midi". Lorsqu'un enfant est devant la télévision, Philippe Meyrieu préconise aux parents de rester près de lui, de l'accompagner durant ce temps devant le petit écran et de lui expliquer le programme qu'il regarde [6].

Dans un second temps, Annick Debart, [7] responsable du service Vie Scolaire rappelle les attributions de la Ville de Grenoble et présente les difficultés rencontrées par les enfants, les principes d'accompagnement de la Ville et les pistes d'améliorations possibles sur la semaine d'apprentissage. Rupture dans la semaine scolaire de l'enfant. Temps d'enseignement trop long. Réduction des temps pour l'éducation artistique, culturelle et sportive. Recherche de l'équilibre dans les temps de travail. Complémentarité et cohérence des différentes offres périscolaires adaptées. Volonté de former des animateurs. Volonté d'amener les moyens nécessaires et de soutenir les écoles qui expérimenteront la semaine de 4,5 jours...

Puis, dans un troisième temps, les parents d'élèves sont invités à débattre avec les porteurs du projet.


Réunion de concertation : positions des parents d'élèves sur le projet


Un premier parent prend la parole : "Il serait bon que vous puissiez préciser votre rôle en tant qu'élu de la municipalité (...) J'ai du mal à voir la cohérence de votre démarche au niveau local par rapport au Ministère de l'Education nationale (...) J'ai l'impression qu'il y a un mélange des rôles ou quelque chose de politique dans la démarche".

Les interventions et questions s'enchaînent.

"Tout ça c'est pas très clair (...) Vous nous avez présenté de beaux transparents, c'est bien gentil mais je ne vois pas bien ce qu'il y a derrière (...) Si mes enfants doivent sortir à 15h45, quels sont les moyens que vous comptez mettre à disposition sur le périscolaire pour les accueillir à la sortie et quel est le financement ?"

"On a vraiment pas l'impression que vous allez mettre les moyens derrière votre projet (...) En théorie, c'est bien présenté mais en pratique par derrière, ça va être dur (...) Déjà, il y a un manque de moyens humains et financiers en MJC alors comment allez-vous faire pour les mettre dans votre projet sur le périscolaire dès l'année prochaine ?" s'interroge un père de famille.

Une mère de famille s'interroge sur l'offre périscolaire : "Le PEL, je trouve ça très bien (...) L'année dernière sur la Bajatière, ça me coûtait 5 euros pour le trimestre (...) Mais maintenant cette année, le tarif est basé sur le quotient familial et les familles arrivent à payer 50 euros pour certaines activités et je me demande dans quelles mesures les parents pourront débourser une telle somme sur plusieurs jours dans la semaine pour occuper leur enfant après l'école de 15h45 à 17h30 - 18h ?".

D'autres réactions font surface : "Je suis absolument contre ce projet (...) Mes enfants sont déjà assez fatigués comme ça (...) Ils ont besoin de buller le mercredi, de se reposer ou de faire des activités en famille, dans un centre ou de prendre le temps de faire des devoirs de semaine (...) Sinon on peut changer aussi la société, on finit tous le boulot à 15h et on va les chercher à 15h45 (...) La réalité c'est le travail (...) Il y a ceux qui iront récupérer leurs gosses à l'heure, ceux qui les mettront à la garderie en attendant l'heure et ceux plus chanceux, les plus riches qui les mettront au PEL" (applaudissement dans la salle).

Une autre maman estime que le projet en soi est intéressant pour le rythme de la famille. Pour elle, se lever le mercredi matin pour emmener ses enfants en MJC revient à les préparer pour les emmener à l'école si ses enfants devaient aller en classe le mercredi matin.

Un délégué de la FCPE souligne son attachement au projet. "On estime que la perte du samedi matin est déjà une mauvaise chose (...) Le samedi, c'était le moment où on pouvait créer du lien social entre les parents, leurs enfants et les enseignants (...) Nous, ça fait très longtemps qu'on prône cette semaine de 4,5 jours".

Marina Girod de L'Ain, sociologue, Conseillère municipale de l'opposition (Ecologie & Solidarité) s'exprime. "Je trouve qu'il y a une certaine précipitation (...) On a l'impression que vous posez les questions et en même temps vous apportez déjà les réponses, c'est 4,5 jours et c'est le mercredi matin (...) Quand j'entends parler d'augmenter la coupure méridienne, on serait pratiquement les seuls à avoir une coupure aussi longue, peut être au monde, alors que les autres pays n'ont même pas une heure".

Paul Bron s'adresse au public et répond aux différentes interventions.

"Je veux bien qu'il y ait des parents qui soient complètement contre et d'autres complètement pour mais je vous demande de la modération (...) Ce n'est pas la mairie qui va décider mais les Conseils d'écoles (...) On peut aussi ne pas bouger, rester sur les 4 jours et on clos le débat (...) Pour nous, il y a une opportunité pour ouvrir le débat'".

"Sur les moyens, il est bien plus simple pour nous ne ne rien vous dire plutôt que de s'engager sur un certain nombre de choses (...) Bien sur qu'on n'aura pas énormément de moyens mais on a une opportunité (...) D'abord, on va renégocier avec les animateurs des structures du mercredi matin pour qu'ils puissent réinvestir les temps du périscolaire sur les quatre autres jours (...) Rien qu'avec les mêmes moyens, on peut les répartir autrement".

Par ailleurs, l'adjoint à l'Education propose d'ouvrir des écoles le samedi matin pour les parents qui veulent se mobiliser pour des activités autour de la parentalité avec ou sans les enseignants.


Après avoir interrogé discrètement quelques parents autour de moi durant la concertation puis à l'extérieur du bâtiment [8], il en résulte qu'environ 3/4 des parents présents ne sont pas favorables au projet présenté par la Ville de Grenoble.

En sortie de réunion, sur le parvis de la Chaufferie, une jeune maman explique à une autre "Mais je ne comprends pas (...) On part dans un hypothétique schéma et aujourd'hui, les parents ont besoin de concret et de savoir ce qu'il y a derrière surtout au niveau des moyens sur le périscolaire (...) Déjà le mercredi, on nous dis qu'il manque des animateurs alors tu imagines comment tout ça va fonctionner ?"


Il va de soi que cette dérogation, si elle devait être adoptée par les Conseils d'écoles, n’est pas sans poser des problèmes d’organisation au niveau de la prise en charge des enfants, des gardes, de la gestion des activités extra et périscolaires, du rythme scolaire des enseignants et de celui de la famille.

D'un coté, la Ville de Grenoble souligne son attachement au "rythme de l'enfant" dans le cadre de sa politique éducative.

De l'autre, les parents d'élèves attachés avant tout à l'organisation de leur famille et au fonctionnement de leur quotidien.

Notes

[1] sondages Opinion Way, Psychologies, CSA...

[2] sur le rythme des samedis vaqués les années précédentes

[3] environ 80

[4] Entrevue avec Pierre Brochet, Chargé de mission PEG

[5] d'ici moins de 8 semaines, en comptant les 2 semaines de vacances de février

[6] nombreux parents présents abasourdis par ces propos

[7] voir photo

[8] une alarme incendie s'était déclenchée


15

12

2008

Réunion de concertation du Conseil Général de l'Isère à Grenoble sur le projet de Rocade Nord : principaux arguments

rocade nord grenoble Article maj le 16/12/08 [1].

Jeudi 11 décembre 2008, le Conseil Général de l’Isère (CG38) organisait à Grenoble une réunion publique dans le cadre de la concertation préalable engagée depuis de 15 novembre. Une étape transitoire du projet non définitif au cours de laquelle habitants et porteurs du dossier concernés peuvent s'exprimer et ce, jusqu'au 15 janvier 2009 [2].

Face au public, quatre principaux orateurs venus porter le projet de Rocade Nord : Marc Baïetto, Vice-président chargé de l'aménagement et de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements. Alain Mistral, Vice-président chargé de l'administration générale et des finances. Max Lambert, Chef de projet Rocade Nord au département et Pascal Raoult, Ingénieur.

Dans la salle, de nombreuses associations particulièrement opposées au projet font entendre leur voix au cours du débat. D'autres personnalités sont là. Notons la présence des Conseillers généraux Jacques Chiron, Christine Crifo, Olivier Bertrand et Roger Pellat-Finet ainsi que Jean Cognet, porteur du tracé "Cognet" (voir l'interview).


Le public n'est pas au rendez-vous


Contrairement à l'an passé, le public ne s'est pas déplacé en masse au CRDP. A peine une centaine de personnes dans la salle et de nombreux sièges vides. Un nombre sensiblement identique à celui constaté lors de la réunion du collectif CAIRN [3] à Grenoble il y a quelques jours (lire mon article).

Le dossier reste sensible. Le cadre est fixé en introduction. "Ce projet suscite beaucoup d'intérêts et de points de vue passionnés (...) Je vous demande de respecter la parole d’autrui et de respecter les règles [4] (...) J'espère que vous donnerez une certaine dignité à ce débat" souligne le modérateur de la soirée. Ce dernier fait également part de son étonnement en constatant le peu de personnes présentes.

Durant une trentaine de minutes, les principaux porteurs du projet exposent au public les différentes étapes du projet et leur positionnement en s'appuyant à la fois sur des études et des constatations. Juste avant de débattre, les habitants sont invités à suivre la projection du film [5] (visible ici) commandité par le CG38 présentant une modélisation (images de synthèse) du projet de Rocade Nord.


Les arguments des porteurs du projet de Rocade Nord


"On n'est pas au ordre de la Chambre de commerce (...) Ce projet va libérer du foncier (...) Cette rocade s’inscrit bien dans un cadre, celui du développement des transports publics financés à 80% par l’activité économique de la région" explique dans un premier temps Marc Baïetto.

Max Lambert est chargé de présenter rapidement les différentes familles de tracés "éloignés" (ex : le tracé Cognet) et "rapprochés" (ex : le projet initial de la DDE et... celui du CG38). Son exposé s'appuie notamment sur les conditions techniques de réalisation, la requalification des secteurs urbains, la qualité de l’air. Bien entendu, l'objectif est de focaliser l'attention du public sur le tracé "rapproché" proposé par le CG38 [6], maître d’œuvre du projet de Rocade Nord.

Pour les porteurs du projet, il s’agit je cite... de "mieux desservir l’Agglomération Grenobloise, d’apporter une réponse adaptée aux besoins des Isérois, de réduire le trafic sur les grandes voies urbaines, de limiter l’impact en surface des ouvrages" avec une volonté "d'interdire la circulation des poids lourds".

Pour le Chef de projet Rocade Nord, "Rien n'est arrêté pour le moment (...) Nous réfléchissons à la requalification des échangeurs et diffuseurs (...) La rocade doit contribuer au développement durable du territoire (...) Il sera possible de faire du paysager, du mode doux, de reconquérir des espaces naturelles, de réduire la pollution en diminuant les déplacements dans l’Agglomération (...) Une route intelligente sur laquelle des informations pertinentes de circulation seront proposées aux automobilistes".


Les arguments des collectifs et associations


Le public est invité à débattre. La règle conduit les associations à s'exprimer durant 15 mn.

"Le Conseil Général vient de vous présenter un très joli film de science-fiction (...) Nous aurions bien aimé vous présenter un dossier alternatif mais hélas, il en a décidé autrement" souligne Philippe Zannola de l'ADTC. Applaudissement dans la salle.

L'ADES pose une question : "Dans le dossier de concertation, il manque pas mal de données économiques et financières (...) On voudrait avoir une confirmation sur les chiffres du coût d'exploitation annuelle de 4M€ et du coût des recettes de péage de 15 M€" [7].

Le collectif RESPIRON s'interroge : "Je ne vois pas comment on va pouvoir résoudre les problèmes des bouchons endémiques sur Crolles et Voreppe (...) Je me demande aussi qui, en 2014, va bien pouvoir prendre cette rocade nord ?". Son représentant évoque une phrase qu'aurait mentionnée André Vallini dans un journal. "Le 11 janvier 2008 dans Les Affiches de Grenoble, le Président Vallini m'a donné une réponse, je cite le Président Vallini... nous faisons la Rocade Nord pour les VRP, les commerçants et les artisans, pas pour les salariés qui peuvent prendre le bus" [8].

Marc Baïetto choisi de ne pas rentrer dans le "jeu" des petites phrases et préfère effectuer une mise au point.

"Je n’ai jamais dit que directement la rocade réduirait les bouchons, par contre nous ne les réduirons pas si nous ne faisons pas la rocade (...) Aujourd’hui, on a à traiter une ville qui ne peut fonctionner qu'en s’appuyant sur des moyens de mobilité individuel, qu’on a laisser se vautrer dans l'espace qui est autour de la ville-centre (...) La première chose que nous avons à faire, c'est de densifier la ville, construire des logements (...) Et je le redis, le SMTC, le Département, la Métro peuvent financer de l’investissement mais le problème majeur que nous avons, c'est du fonctionnement (...) Quand vous prenez les transports en commun, nous finançons 17% du coût, ça veut dire qu'il faut trouver 83% ailleurs (...) Le principal usage premier attendu de la Rocade, c'est l'usage économique".


Les arguments du public


Une habitante estime que la voiture doit faire partie du passé. "J’ai 4 enfants, j’ai réussi à abandonner la voiture, nous nous déplaçons en vélo, en bus et je pense que nous avons encore des progrès à faire dans ce sens, inventons un monde nouveau".

Une autre personne souligne l'énorme travail réalisé par les acteurs du projet mais pense que ce dernier arrive un peu trop tard. "Pour moi ce qui ne va pas, c'est qu'on mette des voitures dans cette rocade (...) Il faudrait que ce projet soit recyclable pour y mettre plus tard des trains (...) Faites les tailles des tunnels pour qu'ils soient utilisables plus tard, voyez plus loin que le bout de votre pare-choc".

Autre intervention d'un participant "Ce projet est mal ficelé (...) Un tunnel, c’est fait pour absorber tous les trafics (...) Grenoble a fait tomber son autopont, on va pas refaire un méga viaduc à La Casamaure".

Une habitante s'appuie sur le Grenelle de l'environnement pour justifier ses propos: "Avec le Grenelle, on nous rabâche qu'il faut réduire la voiture et la pollution et là, on développe plus de route (...) En terme de message et de sensibilisation de la population, c'est un petit peu compliqué à comprendre".

Bruno Ferrand, membre du CCS3 [9] de Grenoble, exprime son opposition à l'élargissement et au passage deux fois trois voies de l'A480 et à tout aménagement qui conduirait à une augmentation de la circulation, de la pollution et du bruit. Il évoque le concept "d'autoroute apaisée" à expérimenter : limitation de vitesse à 70km/h de jours comme de nuit.

A l'opposé, une participante estime que la Rocade Nord aurait du voir le jour depuis longtemps et que cette infrastructure est un bon projet pour l'avenir.


L'argumentation des porteurs du projet de Rocade Nord a peu évolué. L'orientation est la même. L'objectif est d'agir. Les réponses sont toutes prêtes. Le ton reste déterminé.

Par ailleurs, les remarques des habitants évoluent également. Au delà des interprétations et justifications de chacun, on a le sentiment que beaucoup ont compris que ce projet de Rocade Nord poursuit sa route et devrait aller à son terme.

Désormais, beaucoup s'interrogent sur la qualification et l'usage du futur contournement routier. Et parmi les principales préoccupations soulevées... la durée de vie de la Rocade Nord.

Notes

[1] ajout d'une remarque sur l'A480

[2] à propos de la consultation

[3] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[4] cadrées, plutôt strictes et formelles...

[5] deux habitants baillent au moment où on rallume la salle après projection

[6] le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[7] mentionnés dans le rapport d'expertise Hersant, lire ici

[8] propos à confirmer

[9] CCS gelés, en hibernation pour le moment...


04

12

2008

Certains élus commencent à soulever des inquiétudes sur le projet de Rocade Nord

rocade nord grenobleLe projet de Rocade Nord n'en fini pas de faire parler de lui.

Depuis la consultation publique organisée mi-2007 par le Conseil Général de l'Isère (CG38), maître d'ouvrage du projet d'infrastructure routière, de nouvelles données, études et analyses sont venues "étoffer" le dossier sensible de la Rocade Nord.

Depuis une année, de nouvelles informations complémentaires viennent préciser officiellement et officieusement le cadre et les perspectives du projet : nouvelles expertises à l'appui, nouvelles prospectives et estimations financières.

Sur ce dernier point, il semblerait que certains élus commencent à retourner leur veste.


La Rocade Nord, depuis un an


A commencer en octobre 2007 par la publication et la diffusion du vrai rapport de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) quelques semaines seulement après la consultation publique. Le document initial contenait des informations sensibles sur la modélisation du trafic. En l'occurrence, des données sur les conséquences d'une prépondérance et d'une attractivité de la voiture dans les déplacements aux dépens des transports collectifs.

En février 2008, pour le compte de la Société Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) en charge de la définition du PDU 2007-2012 (dont la délibération a été annulée le mois dernier), l'AURG a réalisé une étude prospective permettant d'évaluer l'impact du projet de Rocade Nord d'ici 2025. Un rapport très intéressant modélisant différents scénarios sur le trafic, la population et l'usage des transports... avec et sans Rocade Nord.

En juin 2008, suite à un appel d'offre, le CG38 demande à un bureau d'étude indépendant (SECAD, Amiens) d'apprécier les impacts d'un scénario alternatif de déplacements dans la région Grenobloise... en tenant compte de l'existence de la Rocade. Dans sa conclusion, le rapport souligne que "le projet global de déplacement fondé sur la réalisation de la Rocade Nord" (...) nous apparaît favorable au développement d'une mobilité durable dans ses 3 facettes - économique, sociale et environnementale - de l'agglomération Grenobloise".

En octobre 2008, estimant que le chiffrage du coût actuel annoncé n'a pas été pleinement étudié, l'Observatoire des Finances et Politiques Publiques (OFIPOPU) décide d'analyser les coûts successifs estimés pour la réalisation du projet de Rocade Nord. Le PDU 2000-2010 annonçait un premier coût de 300 M€. En 2004, le devis de la DDE sur le projet PDU portait le coût à 763M€ (valeur 2006). En 2006, le CG38 diffusait le chiffre de 580 M€. Fin 2008, l'Observatoire estime que le projet de Rocade Nord couterait au minimum... 733 M€ (valeur 2006) et 836 M€ (valeur juin 2008).


La Rocade Nord, et maintenant


Le CG38 a lancé le 15 novembre 2008 une concertation préalable obligatoire avant projet auprès du public. Jusqu'au 15 janvier 2009, un dossier de présentation et un registre destiné aux observations sont mis à la disposition des habitants à l'Hôtel du département et dans les communes concernées de Fontaine, Grenoble, La Tronche, Meylan, Saint-Martin-d'Hères, Saint-Martin-le-Vinoux et Sassenage.

Début 2009, le CG38 devrait se prononcer sur le coût réel de la Rocade Nord et ses différentes modalités de financement. Au second semestre de la même année, une Enquête d'Utilité Publique (EUP) devrait suivre en attendant le lancement des études de l'avant projet.


Des "propositions alternatives innovantes" à la Rocade Nord


De nombreuses personnes hostiles au projet se mobilisent pour proposer "des alternatives innovantes" à la Rocade Nord.

Une fédération, des unions de quartier, des groupes et de nombreuses associations se réunissent sous l'égide du Collectif pour des Alternatives Innovantes à la Rocade Nord de Grenoble (CAIRN) "convaincu que le projet de Rocade Nord de Grenoble aurait un impact négatif pour notre agglomération, et qui milite pour un Plan de Déplacements Urbains (PDU) alternatif".

Mardi 2 décembre 2008, le CG38 organisait l'une de ses réunions de concertation à Saint-Martin-le-Vinoux[1], . Au même moment, le CAIRN organisait une réunion publique à la Maison des Associations de Grenoble.

Une petite centaine de Grenoblois est venue écouter les arguments du CAIRN. Globalement, le discours est rapide, construit, bien huilé, parfois décousu. Il se veut déclaratif, percutant et particulièrement offensif. Le collectif passe en revue ses "10 idées fausses sur la Rocade Nord" en se basant sur des comparaisons et de nombreux chiffres [2].

La moindre observation émise par les acteurs du projet devient le support d'une contre-proposition "crédible" pour les opposants. Toutes les alternatives sont passées en revue : réseau TER structurant, lignes tram-train, tram urbain, prolongation de lignes actuelles, retour du trolleybus, priorité aux feux, double-sens cyclables et déplacements à vélo, stationnement, intermodalité, paysage immobilier, tarifications à venir, ... jusqu'à l'opportunité de trouver de nouveaux modes de financement.


Inquiétudes de certains élus sur le projet de Rocade Nord


"On sait que deux communes ne veulent pas de la Rocade, La Tronche et Saint-Martin-le-Vinoux (...) Depuis peu, on sait que Saint-Egrève se positionne et que d'autres communes qui au départ avaient accepté la Rocade Nord pour le principe commencent à s'interroger sérieusement depuis un an, voir à reculer en arrière (...) La plupart ne veulent pas le dire tout haut" explique Antoine Jammes, Vice-Président de l'ADTC.

Selon Olivier Bertrand, Conseiller général du canton 1de Grenoble, la vision de la Rocade Nord est bouleversée : "Depuis la consultation de 2007, le projet a complètement changé dans sa manière d'être porté médiatiquement (...) Si vous remarquez bien, il y a une évolution vers le manque d'intérêt du projet (...) La situation financière du Conseil Général est plutôt bonne mais avec la crise, même s'il prend un prêt de 400 M€ pour faire la Rocade, il ne pourra certainement plus financer ailleurs d'autres structure".

Pour le Conseiller général, le financement du projet est la clé : "Attaquer la Rocade Nord sur le fond, je me demande si ça sert à quelque chose (...) Il va bien falloir que le Conseil général s'exprime sur le chiffrage exact et quand on l'aura, on va vite s'apercevoir qu'il ne pourra peut être pas suivre son projet vu le contexte économique (...) En réalité, la question financière est au coeur de la problématique, c'est la seule qui à mon sens peut faire plier le projet".


Réactions du public sur le projet de Rocade Nord


Pêle-mêle, quelques réactions du public lors de cette réunion.

"Il serait temps de repenser la notion du travail en France et d'en parler car on s'attache à se déplacer alors qu'on pourrait faire du télétravail et mieux s'organiser" - "La Rocade Nord si elle se fait, c'est qu'il y a des gens qui ont de l'argent à gagner dans l'histoire" - "De toute façon, on sait bien qu'elle va se faire et qu'elle est déjà décidée en haut lieu et nous on compte pour rien" - "La Métro et la Ville de Grenoble sont de plus en plus endettées, ca va peser sur nos impôts" - "On nous dit que pour réaliser ou financer la future ligne E du tram à Grenoble, les quais ou l'Espanade, la Rocade Nord doit se faire et que tout est lié en attendant les JO de 2018" - "Plus on fait des infrastructures, plus le trafic automobile augmente et pas l'inverse" - "On sait pertinemment que ça coutera plus cher à la fin et ça coutera un milliard d'euros à la collectivité".


L'annulation de la délibération du PDU 2007-2012 inscrivant le principe de Rocade Nord relance une partie du débat sur sa réalisation.

Face à la crise économique et financière, le CG38 maintient son cap et ses ambitions sans toujours dévoiler avec précision le détail de ses intentions. Au regard des situations, des élus s'interrogent sur l'opportunité de réaliser un projet structurant devenu un "pretexte" pour en réaliser d'autres au sein de l'agglomération Grenobloise.

En parallèle, le CAIRN admet qu'il n'a pas toujours les moyens de ses ambitions lorsqu'il s'agit d'expliquer son positionnement et ses prérogatives auprès de l'ensemble de la population concernant le projet de Rocade Nord.

Notes

[1] Le CG38 et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.fr/

[2] Le CAIRN et la Rocade Nord : http://www.rocade-nord.org/


27

11

2008

La délibération du SMTC portant sur le Plan de Déplacements Urbains (PDU 2007-2012) de l'Agglomération grenobloise... annulée

pdu grenoble Le 2 juillet 2007, le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'Agglomération Grenobloise (SMTC) adoptait le Plan de Déplacements Urbains (PDU 2007-2012).

Le PDU est un plan d'action qui fixe les grandes orientations pour les projets à réaliser en matière de déplacements dans l'Agglomération. A l'origine, il s'agit d'un document qui définit les principes de l'organisation des transports de personnes et de marchandises, de la circulation et du stationnement dans le périmètre des transports urbains.

En 2001, la loi sur l'Air puis par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) sont venues renforcer la cohérence de cet outil de pilotage qui s'impose à toute agglomération de plus de 100 000 habitants.


Rappel des objectifs du Plan de Déplacements Urbains (PDU)


Les principaux objectifs du PDU 2007-2012 sont cohérents. Il s'agit principalement d'améliorer l'accessibilité aux fonctions urbaines pour tous par une offre de transports alternatifs, d'inscrire une politique concertée d'aménagement du territoire, de favoriser la vitalité économique, commerciale et universitaire de la région grenobloise, d'améliorer la qualité de vie urbaine, de protéger l'environnement quotidien, la santé des habitants et d'instaurer un nouvel équilibre modal pour diminuer le trafic automobile.

En d'autres termes, le PDU [1] cherche à développer l'intermodalité, l'offre et les modes de transports en commun, la maîtrise de la circulation et du stationnement automobile. Il met en cohérence les politiques d'urbanisme et de transport des collectivités territoriales.


Le Tribunal Administratif de Grenoble annule la délibération du PDU


Mais voilà...

En lecture du 20 novembre 2008, dans son article 1er, le Tribunal Administratif de Grenoble décide que "La délibération en date du 2 juillet 2007 par laquelle le SMTC a adopté le PDU pour la période 2007-2012 (...) est annulée".

Mais que s'est-il passé ?


Historique des faits


En septembre 2007, la FRAPNA, l'ADTC, Christine Garnier, Vincent Fristot, Raymond Avriller, Marie-Jeanne Grange et Vincent Comparat déposent un ensemble de requêtes et demandent au Tribunal Administratif de Grenoble (TA) d'annuler la délibération du SMTC pour l'adoption du PDU 2007-2012.

Par habitude dans ce genre d'affaire, le TA regarde en priorité "l'intérêt à agir" des requérants et en premier lieu les requêtes portant sur la forme. Après examen des 27 requêtes déposées par les plaignants, 26 ne sont pas retenues (moyen interne - attaque sur le fond du dossier) et une est retenue (moyen externe - attaque sur la forme du dossier).

Pour le TA, cette seule requête suffit... à annuler la délibération du PDU.


Procédure


Afin de pouvoir se prononcer avant de délibérer, un document de "note de synthèse" devait être jointe au dossier du PDU afin que les membres du Conseil syndical puissent se prononcer en connaissance de cause.

Selon le TA, la note de synthèse du SMTC stipulait la mention "Après avis favorable de la commission de développement et prospective, il sera proposé au comité syndical d'adopter le PDU de l'agglomération grenobloise pour la période 2007-2012 dont la délibération et le document du PDU sont annexés à la présente note de synthèse".

Dans sa décision, le TA mentionne "Si le SMTC soutient que le projet de délibération valait note de synthèse (...) il ressort (...) que ce projet n'a pas été remis au membres du comité syndical - avant - la séance du 2 juillet 2007".


L'avis d'un des requérants, Vincent Comparat


Pour GreBlog, Vincent Comparat, Directeur de publication du journal de l'ADES (des élus écologistes, les Verts, alternatifs...) explique :

"Sur ce genre de dossier, c'est toujours des problèmes de forme (...) En question déjà à l'époque du PDU 2000-2010, la consultation du Comité des usagers du SMTC dans son règlement intérieur (...) Le Tribunal Administratif rappelle que le PDU n'est pas un acte préparatoire mais un acte réglementaire (...) Le règlement ne vaut que pour l'avenir".

Vincent Comparat va plus loin : pour lui, le PDU n'existe plus.

"Pour résumer, le PDU n'existe plus puisque la décision d'adoption du PDU a été annulée (...) donc, le PDU n'a jamais été adopté et quelque part, on retombe dans l'ancien PDU qui lui aussi n'existe plus (...) C'est un peu pour ça que le SMTC va rapidement chercher à recoller les morceaux (...) Une délibération vaut pour l'avenir, on ne peut pas faire une délibération qui rattrape le passé et on peut également se demander maintenant si un PDU de 2007 peut être voté... en 2009".

Le plaignant estime que trop souvent les décisions sont déjà prises en amont par les porteurs du projet et qu'il est parfois "bon de faire vivre la démocratie sur la place publique" selon ses termes.


L'avis du Président du SMTC, Marc Baïetto


De son côté, Marc Baïetto, Vice-Président chargé des transports, des déplacements et de l’aménagement du territoire au Conseil Général de l'Isère (CG38), Président du Syndicat Mixte du Schéma Directeur (SCOT), Vice-Président de la communauté d’agglomération de Grenoble (METRO), Président du Centre de Gestion de la fonction publique territoriale de l’Isère (CNFPT), membre du CA des VFD et de la SEMITAG, Vice-président du forum mobilité d'Eurocités pour 2009, Président de Transcité, maire de la commune d'Eybens depuis 1983 et enfin... ...Président du Syndicat Mixte des Transports en Commun de l'agglomération Grenobloise (SMTC) explique lors de la dernière réunion publique du 24 novembre "Coeur de Ville, Coeur d'Agglo" à la mairie de Grenoble :

"Le PDU a été attaqué par 27 moyens, 26 portant sur le fond, le 27ème portant sur la forme (...) Sur le PDU lui même, au coeur, le Tribunal Administratif a débouté les plaignants (...) Par contre il a considéré que la note de synthèse que nous devons envoyer à l'ensemble des élus avant le vote ne correspondait pas à leurs attentes (...) On est là sur du formalisme (...) Laissez à penser que les 16 membres du Comité syndical du SMTC n'étaient pas informés de la nature des travaux que nous conduisions et n'avaient pas pris conscience de la totalité des enjeux, il y a là quelque chose pour le moins de surprenant".

Pour l'heure, Marc Baïetto souligne qu'il souhaite le plus rapidement possible soumettre une nouvelle délibération "en respectant le formalisme de la note de synthèse".

En s'en prenant à la partie adverse, le Président du SMTC ajoute "le PDU doit continuer à exister, c'est ma responsabilité (...) Je laisserai à ceux qui préfèrent mener des combats d'arrière garde les mener, pour ma part, développer les transports publics sur l'Agglomération".


La délibération annulée vaut-elle l'annulation du PDU 2007-2012 ? Pour le demandeur, c'est oui. Pour le défenseur, c'est non.

Est-il nécessaire de faire appel de la décision ? Faut-il conserver le PDU en l'état, le réviser ?

Quoi qu'il en soit, les enjeux sont importants et les options... peu nombreuses. Le porteur du plan devra rapidement prendre une nouvelle décision.

Notes

[1] télécharger le PDU 2007-2012 ici


01

10

2008

Réaménagement des quais de l'Isère : première réunion publique et réactions des Grenoblois

isere grenoble Lundi 15 septembre 2008, une première réunion publique s'est tenue à l'auditorium du Musée de Grenoble dans le cadre de la concertation engagée sur le réaménagement des quais de l'Isère.

Ce réaménagement des quais de l'Isère est inséré dans le projet de requalification du centre ville, "Coeur de ville, coeur d'agglo" initié il y a 2 ans par la Ville de Grenoble (lire un billet sur le sujet) dont le budget prévisionnel pour rappel, avoisine les 55 millions d'euros sur 10 ans.

Face au public venu nombreux [1], Jacques Chiron (Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville), Laure Masson (Adjointe à la Démocratie locale et à la Coordination des secteurs) et Philippe de Longevialle ( Adjoint à l'Urbanisme) ont présenté le calendrier et les modalités de lancement de la concertation.


Démarche de concertation


Cette première réunion publique avait pour ambition de présenter les enjeux du réaménagement. Mais également, établir un premier diagnostic et alimenter les travaux des trois équipes d'architectes paysagistes en compétition désignées dans le cadre de l'attribution du marché de définition des quais (Alfred Peter Paysagiste - Atelier des paysages, Marguerit - HYL, Christophe Laforge).

En amont cet été, les Grenoblois ont été invités à fournir des photos illustrant leur perception actuelle des quais de l'Isère.

Au final, seulement 17 contributeurs (associations réunies, habitants isolés...) ont participé à la démarche et 178 photos ont été préalablement sélectionnées par les rapporteurs de la Ville de Grenoble. Une sélection de ces clichés et un film retraçant une partie de l'histoire des quais fut projeté au public pour étayer les premières constatations sur le terrain.

Au point de vue chronologique, la démarche de concertation va s'étendre sur une année : comité de suivi en octobre, exposition au 1er trimestre 2009, seconde réunion publique et bilan au 3ème.

Concernant le marché de définition : programme et fin des proposition d'aménagement d'automne à fin 2008, désignation du cabinet d'architecte au printemps 2009. Études de maîtrise d'ouvrages, appel d'offres entre 2009 et 2010. 1ère phase d'aménagement prévue vers 2012 - 2013 (incluant le remplacement du pont provisoire "Massena" (lire mon billet sur le sujet), puis 2ème tranche vers 2014 (vision Rocade Nord...).

Pile poil... horizon... prochaines élections municipales.


Une requalification nécessaire et attendue


Au passage, rappelons que 81% des Grenoblois estiment que l'Isère n'est pas suffisamment mis en valeur et que 66% aimeraient faire visiter les quais à leurs amis s'ils étaient mieux aménagés [2].

Mais qu'entend-on vraiment par "aménagement" requalification restructuration ?

Premier élément de réponse : durant la réunion, l'un des rapporteurs analyse un série de photos projetées à l'écran face à un public... complètement hilare. Il faut dire que ses explications sont peu pertinentes.

Extrait audio :



Réaménagement des quais : le point de vue du public Grenoblois


Pour le public Grenoblois, les préoccupations sont nombreuses, claires et limpides.

Extraits : perceptions et réactions de la salle au fil des échanges au cours de la soirée.

"Les quais, il faut leur attribuer un rôle et il ne faudrait pas que les aménagements futurs oublient les raisons pour lesquelles ils ont été réalisés à l'origine (...) Ce projet doit être à la hauteur de la représentation de la ville (...) On fait souvent référence à ce que fait la ville de Lyon mais notre contexte est différent (...) Il faut aussi être ambitieux et réfléchir au plan de circulation de la ville, ça va être à mon avis extrêmement difficile (...) Il risque d'y avoir conflit entre les piétons, la circulation" souligne pêle-mêle les premiers intervenants.

"Réglons d'abord les problèmes de stationnement (...) Les deux rives sont à double voies, il faut qu'elles perdent leur statut d'artère qui invitent les automobilistes à rouler vite" explique un habitant.

Un autre met en garde la municipalité. "Les conséquences de la réduction de la circulation automobile peuvent devenir extrêmement grave et déporter les engorgements ailleurs (...) Les études à venir ne remplaceront jamais la réalité des choses, il est fondamental de faire un essai et des tests de circulation un temps, en grandeur nature".

C'est au tour d'une Grenobloise d'exprimer sa vision : "J'ai relativement peu entendu des questionnements sur les modifications concernant les modes de vie des Grenoblois et les conséquences sur les familles, les personnes âgées qui ont besoin de ce rapport charnelle avec la rivière (...) Ceci va au delà des problèmes de circulation".

"Il y a un quand même un problème crucial, c'est que si nous ne connaissons pas le schéma de circulation automobile prévu par la Mairie, on ne pourra jamais percevoir le travail des paysagistes (...) En plus, on a une arrivée d'autoroute à la Porte de France, c'est invraisemblable, c'est aussi toute la partie vers l'Espanade qui doit faire partie de vos plans de requalification (...) Planter des arbres ou des fleurs, tout le monde sera d'accord (...) Si vous commencez à planter des arbres et des ponts un peu partout, je crois que le résultat sera médiocre" argumente un habitant du quartier Saint-Laurent.

"Le long de l'Isère, il faut mettre des activités (...) Si on veut supprimer les voitures, à part les sportifs, tout le monde ne va pas monter à Chamrousse en petit vélo (...) Il y a un autre endroit aménageable sur l'Isère, regardez sur la carte [3], il y a une grosse tache blanche, c'est le Cimetière et là, le foncier, ça coûte pas cher (...) Le Cimetière, on en fait un lac avec des activités, et là, tout le monde est content" rétorque un Grenoblois. Le public est conquis par la stupidité des propos.

Pour répondre aux inquiétudes partagées dans l'ensemble par les Grenoblois, Jacques Chiron, Adjoint aux Déplacements et à l'Embellissement de la Ville déclare en guise de conclusion "N'ayons non plus pas peur (...) Si on avait écouté les craintes, on n'aurait jamais fait la 3ème ligne du tram (...) Sachons aussi regarder les choses de manière plus globale et voir les évolutions actuelles".


Comme on l'aura compris, les habitants sont à la fois soucieux et déterminés par principe. En matière de requalification, la grande majorité considère que l'axe principal de réflexion doit se porter sur les questions de circulation. Cycles, piétons et automobilistes compris.

Cette première réunion publique a également fait ressortir les inquiétudes des habitants concernant le devenir du Palais du Parlement et l'intégration de la Rocade Nord (sortie du tunnel) au sein du projet de requalification des quais de l'Isère.

Etrangement, très peu d'échanges se sont portés sur... les transports en commun.

A méditer.

Notes

[1] souvent, toujours le même

[2] extrait de l'enquête CSA, sept. 2008

[3] voir photo


16

09

2008

Exceptionnel : une visite virtuelle panoramique et intéractive de Grenoble sur le web, "full 360°", plein écran, en haute définition

grenoble virtuel panoramique Avez-vous déjà eu l'opportunité de découvrir Grenoble, en images haute définition, dans une immersion panoramique totale évolutive " full 360° " sur le web ?

En juin 2008, dans ces colonnes, j'interviewais une des collaboratrices des PagesJaunes au sujet du pré lancement de Grenoble en 3D sur Internet "Ville en 3D".

Grenoble , quasi entièrement modélisée en 3D. Grenoble, photographiée sous différentes facettes. "Ville en 3D" est un sur service de navigation virtuelle associé à un système de recherche de contenus sur la toile (lire le billet).

Début septembre 2008 : un photographe professionnel nous fait découvrir Grenoble autrement.


Une visite virtuelle panoramique de Grenoble en haute définition


Cette fois-ci, sur un registre similaire mais différent d'un point de vue technologique, un photographe professionnel spécialisé dans la réalisation de photos panoramiques haute définition (HD), propose de nous faire visiter Grenoble sur le web, sous plusieurs angles en " full 360° ".

Immersion visuelle garantie.


Une technique professionnelle particulière


Techniquement, le photographe dispose d'un excellent appareil professionnel placé sur un trépied. Il réalise plusieurs dizaines de photos prises en haute résolution (HD) avec des sensibilités différentes [1] sur une surface de 360 degrés (rotation complète de l'appareil sur l'axe du support).

A priori, prendre des photos "sans trop bouger" autour d'un axe de 360° est une tache qui s'avère peu compliquée (j'arrive à faire la même chose avec mon Nokia N95 - 8go 5 Mpx - sur son mini-trépied nomade).

Mais là ou les choses se compliquent, c'est au moment où il faut juxtaposer et corréler les photos entre elles. Il ne s'agit pas de réaliser une simple bande rectangulaire sur laquelle on viendrait placer des photos contiguës. Plusieurs techniques et logiciels dédiés sont nécessaires [2] pour parvenir à traiter, accorder puis associer les images au pixel près au sein d'un "moteur" panoramique spécialement développé pour produire l'effet visuel escompté.

Compatibles en lecture sur tous les navigateurs Internet dernière génération [3] disposant de la dernière version du lecteur Flash (Adobe), ces vues panoramiques interactives suscitent l'intérêt et la curiosité. Le poids de chargement en ligne d'un seul panorama virtuel varie selon la définition des images (HD ou SD) : en moyenne, entre 3 et 8 Mo. Bien entendu, il convient de disposer au minimum d'une connexion de type ADSL pour apprécier le résultat et naviguer entre les vues.


Immersion totale au dessus... et dans Grenoble


En déplacement dans la région, le photographe a accepté de réaliser une visite virtuelle de Grenoble - à ma demande -.

Suivant mes conseils, le professionnel s'est rendu à la Bastille et plus précisément, sur le toit du restaurant du "Téléférique" pour immortaliser une première vue plongeante sur la ville. Le temps est au beau fixe. Après avoir finalisé cette réalisation, il décide de s'accorder du temps supplémentaire et rejoint le cœur du centre-ville de Grenoble . A sa façon, le photographe découvre ainsi d'autres lieux et souhaite ajouter d'autres panoramas virtuels à son catalogue professionnel.

D'une part, une vue panoramique " full 360° " de Grenoble à partir de la Bastille.

D'autre part, des visites virtuelles supplémentaires devant le Musée de Grenoble, la place Saint-André, la place Victor Hugo et la place de Gordes.

Tout simplement magique et magnifique !


Pour le moment, à ma connaissance et sur Grenoble, il s'agit d'une exclusivité sur le web tant au niveau du rendu, du support et des choix techniques embarqués. En accord avec le professionnel de l'image, GreBlog MonGrenoble est heureux de vous présenter cette visite virtuelle de Grenoble.

Visites virtuelles de Grenoble " full 360° " en plein écran à partir de photos panoramiques haute définition.


Rendez-vous sur :

http://www.greblog.net/grenoble360/


Utilisez la molette et les boutons de votre souris... maintenez, cliquez, orientez... passez en mode plein écran navigateur... découvrez le menu interactif présentant d'autres lieux de Grenoble... à vous de jouer !


Autres exemples de visites virtuelles réalisées par le professionnel en France, à l'étranger. Rendez-vous sur :

http://www.visitea.com/



Notes

[1] certains trépieds disposent d'un moteur pour automatiser les prises de vue

[2] je ne rentrerai pas dans les détails...

[3] également sur le dernier en date, "Google Chrome"


02

09

2008

Grenoble, vue par des touristes, des provinciaux, des européens... en vacances

grenoble en france Les vacances d'été 2008 s'achèvent presque pour tout le monde ou du moins, pour ceux qui ont eu l'opportunité la chance de partir cette année à la découverte d'autres horizons.

Ne nous cachons pas derrière les mots mais analysons plutôt l'effet les faits.

Cette année, les Français sont effectivement moins partis en vacances. Cette sensation fait place à une situation palpée sur le terrain. Une constatation d'autant plus évidente qu'elle témoigne des difficultés à aborder la rentrée scolaire pour de nombreuses personnes.

Plus de temps passé dans les magasins à éplucher les étiquettes. Vérification des prix à la pompe, restrictions des animations estivales. Le calcul l'emporte : c'est le porte-monnaie qui fut le fidèle compagnon de voyage du vacancier.


Le porte-monnaie, fidèle compagnon du vacancier


Les Français qui ont eu la chance décidé de partir cette année ont principalement privilégié l'hexagone. Par nécessité, des séjours plutôt courts, décalés ou écourtés dans le temps. Si possible, près de ses proches, dans sa famille, à seulement quelques centaines de kilomètres de chez soi ou dans sa région.

Un constat établi sur le terrain après avoir discuté avec de nombreux vacanciers ou professionnels du tourisme durant le rush estival.

Sur le terrain, l'hôtellerie et la restauration ont été partiellement boudées au profit des campings (bungalows toile, tentes, plutôt que mobile home...) et de la restauration rapide (sandwicheries rapides sur autoroute et aux abords des plages plutôt que carte de restaurants...).

Jamais, en cette période dite de "haute-saison", je n'ai vu autant d'emplacements vides et de locations vacantes dans les campings dans le Sud de la France (région Centre, Aquitaine...). Même constat dans les terres, à seulement une vingtaine de kilomètres des plages.

Dès la fin du printemps 2008, face à un climat social particulièrement tendu lié à la notion de "pouvoir d'achat" [1] au sein des ménages, j'appréhendais globalement la baisse de fréquentation touristique qui se profilait cette été.


Des vacances sans reservation


Cette année, nous avons opté pour une plus grande amplitude et liberté dans nos mouvements et déplacements [2].

Plus d'aléas, d'"itinérance" au jour le jour [3], de lieux à visiter, selon notre humeur et nos envies. Moins de contraintes sur le terrain . Aucune série de réservation systématique liée à l'hébergement ou à l'animation. Les enfants étant plus grands (4 et 6 ans), nous avons choisi avec ma femme le camping sous tente avec tout l'équipement sympa : réchaud, glacière électrique, smartphones [4], mini lecteur DVD, matelas, cerfs-volants, chaussures de randos, polaires...

Chose surprenante : alors qu'il est indispensable de réserver à l'avance une maison, un chalet, un mobile home ou tout autre location similaire en versant habituellement un acompte ou des arrhes, il a fallu parfois parlementer par téléphone avec des propriétaires de camping pour obtenir une place la veille de nos déplacements pour une ou plusieurs nuits sous tente. Alors même que tous les campings "visités" étaient loin d'être complets, force est de constater que l'objectif est de sous-tirer au maximum des frais de dossier annexes ou de réservation supposée auprès de la clientèle potentielle pour combler le manque à gagner au niveau du chiffre d'affaires de la saison. Une mesure commerciale pour ma part, difficile à admettre.

En famille, nous avons choisi de nous rendre dans le sud de la France.

La campagne (Saint Nectaire, les volcans du centre, l'Auvergne...). La mer (Hossegor, Saint-Jean-de-Luz, le pays Basque et l'Espagne...). La montagne (randos, Villard de Lans...).

Durant nos courts séjours, comme beaucoup, j'ai eu l'opportunité de discuter durant nos séjours avec quelques touristes, provinciaux et européens. Dès que l'occasion se présentait, je leur demandais comment voyaient-ils Grenoble, sous quel angle, et quelles représentations ou images gardaient-ils de notre ville, de notre région.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Grenoble est vue sous des angles assez surprenants. De quoi réfléchir, de quoi s'inquiéter parfois face aux diverses réactions recueillies sur le terrain.

Morceaux choisis :


Grenoble, vue par les vacanciers ou habitants de tous horizons


Commençons par la destination la plus proche :

Villard-de-Lans, Isère, Alpes

En terrasse de café, sur la place de l'Ours du village, quelques réactions en provenance d'une discussion anodine.

Un Tourangeau (Tours) : "Ici, c'est beau, on respire bien mais il me semble que chez vous en bas à Grenoble, vous avez toujours beaucoup de pollution non..? (...) Vous avez une équipe pas mal en foot cette année je crois et un nouveau stade (...) Il n'y avait pas eu une histoire de fou avec des gars qui dormaient dans les arbres à la place de votre stade ? (...) Alors, il y a toujours des règlements de compte de truands à Grenoble ? Ca donne pas envie de venir sauf sur vos montagnes"

Un couple d'Anglais en location chalet : "Chez nous, en Angleterre , on a aucun sommet supérieur à 1000m (...) quand on est sur le balcon ici, on est déjà plus haut, c'est fantastique (...) Avant d'arriver, on croyais qu'on faisait du ski à Grenoble, mais en fait, il faut monter dans les montagnes, ce n'est donc pas une station de ski en bas comme on nous avait dit mais une grande ville de passage, il me semble".

Saint-Nectaire, Puy-de-Dôme, Auvergne

La boulangère en bas de l'Eglise : "Ah ben oui, chez vous, y a le ski, il fait froid tout le temps, y a pas beaucoup de soleil dans votre patelin (...) j'irai pas vivre chez vous moi, je suis bien ici (...) Nous, on a des volcans, des châteaux du Moyen-Age pas loin, un casino pour jouer et du bon fromage (...) Chez vous, y a de la noix hein c'est bien ça... mais vous en faites quoi, c'est quoi ce que vous mangez ?".

Un Montpelliérain (Montpellier) m'accompagnant dans la queue pour une animation au parc Vulcania : "C'est marrant parce que Grenoble pour moi, c'est pas une ville dite de culture, c'est une ville de labos, de chercheurs... vous devez pas trop faire la fête, je me trompe ? (...) C'est plutôt Montpellier la ville de culture en France, on a le soleil et la mer, on est des fêtards (...) Pour moi Grenoble, on y va pour le ski (...) Et vous, dites-moi ce qu'ils font les Grenoblois ? Ça bouge ou pas chez vous ?".

Marmande, Lot-et-Garonne, Aquitaine

Le propriétaire d'un camping : "Fait pas souvent beau chez vous à Grenoble (...) Paraît que y a plus de neige en station pour faire du ski avec le réchauffement climatique (...) Vous savez, mon truc c'est le vélo et je dis je dis chapeau à la Longo, c'est complètement fou ce qu'elle fait (...) Ma fille a passé 6 mois en stage là-bas à la fin de ses études, elle s'y plaisait bien mais y avait pas de boulot pour elle à Grenoble à la sortie d'après ce qu'elle m'a dit, elle cherchait un poste dans le social et le culturel, elle m'a dit que c'était verrouillé. Là, elle a trouvé un bon job à Toulouse ".

Hossegor, Landes, Aquitaine, Côte d'Argent

Un pizzaiolo dans son camion pizza ayant travaillé 5 ans comme pâtissier à Saint-Ismier : "Ah bonjour Grenoble, alors... c'est bon, il est enfin fini le nouveau tram des boulevards ? C'était la chianli tous ces travaux, fallait voir (...) C'est qui maintenant le Maire, c'est Carignon ou Destot ? Non je déconne (...) Celui là alors, c'est un requin moi je vous le dis, il a fait ce qui a voulu et vous vous rappelez l'histoire du nuage de Tchernobyl ? Bah, c'est du passé maintenant (...) Ça chauffe toujours ou pas à Teisseire ? C'est pas là qu'il y a eu des meutres y a pas longtemps ? (...) Par contre, le foot, là... ca y va, hein... le stade tout neuf et la montée de Grenoble en Ligue 1... doit y avoir des petites enveloppes qui circulent (...) Sur le coup, j'ai jamais compris pourquoi ils ont choisi de faire ce foutu stade en pleine ville ?".


Si on s'amuse à faire un petit bilan non exhaustif...

A Grenoble, il fait souvent froid, il y a bientôt plus de neige, on manque de spécialité gastronomique, on s'entretue de temps en temps, il doit toujours y avoir Alain Carignon, il n'y a que des chercheurs, pas beaucoup de culture... au final, on ne doit pas beaucoup s'éclater dans notre contrée. Un seul trait, un seul angle de vue revient sans cesse : le ski.

Quelles belles images, n'est-ce pas ?

Notes

[1] pour ma part, une notion tout à fait relative

[2] voir la carte, en photo

[3] merci au GPS sur mobile

[4] web, actu, micro-blogging...


27

06

2008

Ville en direct, ville en 3D : lancement de Grenoble en 3D sur Internet

grenoble 3d N'avez-vous jamais rêvé de visualiser en trois dimensions la ville de Grenoble, de survoler la Mairie, le nouveau Stade des Alpes, les Grands Boulevards, de vous promener au dessus du centre-ville, de redécouvrir les angles du site de la Bastille ou tout simplement observer votre quartier vu du ciel ?

Ouvert le 18 juin 2008, lancé officiellement le 26, Grenoble en 3D, "Ville en 3D" n'est plus un rêve mais devient réalité... sur Internet.

Après être parti depuis quelques années à la découverte des différents services bien connus de géolocalisation, de visualisation de panoramiques, de reliefs, de cartographies ou de mondes virtuels sur Internet grâce à Second Life, Google Maps, Google Earth, Via Michelin, Mappy ou l'excellent Géoportail et consorts, voici que les pagesjaunes proposent une expérience virtuelle unique sur la toile.


Grenoble en 3D, une nouvelle expérience virtuelle sur le web


Après le lancement dans les villes d’Aix-en-Provence, Bordeaux, Issy-les-Moulineaux, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Rennes, Toulouse et Versailles, Grenoble bénéficie à son tour d'un service de navigation virtuelle exclusif sur Internet.

Grenoble entièrement modélisée en 3D, Grenoble visitée et photographiée sous des angles différents.

C'est le pari que s'est fixé la filiale du groupe PajesJaunes, 1er éditeur européen d'annuaires sur Internet qui fin 2006, lança en priorité une première architecture expérimentale en 3D sur Rennes, puis sur Paris. Un pari relevé avec succès puisque le service d'une part est entièrement gratuit, d'autre part d'une grande qualité et qu'il promet chaque jour d'évoluer techniquement et d'embarquer de nouveaux contenus.

Grenoble en 3D. Le survol est une invitation au voyage.

Chaque pixel de l'écran représente une surface aérienne de 25 cm en qualité haute résolution. La modélisation 3D de Grenoble repose essentiellement sur une association et une juxtaposition d'images et de clichés retravaillés. Plus de 200 types de façades de bâtiments et plus de 30 monuments principaux ont été entièrement modélisés "à la main" pour accentuer la lisibilité des lieux et refléter les spécificités architecturales locales de la ville de Grenoble. Pour valoriser les vues et panoramiques d'ensemble, plus de 50 000 arbres de la ville ont été implantés et redessinés.


Grenoble "Ville en 3D", associée à un moteur de recherche


La prouesse technologique ne s'arrête pas là.

Il est également possible d'effectuer des recherches par ce biais et de localiser des professionnels et des particuliers... en 3D.

En passant par les bases de données et les services initiaux proposés habituellement par le site des pagesjaunes, il suffit de saisir l'activité d'un professionnel ou de préciser le nom d'une enseigne, d'une entreprise, d'un artisan ou d'un particulier pour visualiser son emplacement ou sa domiciliation. Le choix de la zone de recherche est étendu grâce à l'option de "recherche à proximité" qui répertorie les points clés et centres d'intérêt de Grenoble.

Visuellement, les "marqueurs" de géolocalisation issus de vos recherches sont symbolisés par des petits cubes animés de couleurs différentes. Le jaune, pour une information simple relative aux coordonnées ou activités : le rouge, pour des informations relatives aux professionnels ayant choisi de diffuser une publicité.

Sans compter le triptyque "navigation et vues en 3D - plan et carte en 2D - photographie des lieux" permettant à chaque instant de visualiser l'endroit où l'on se trouve.


Exemple de recherche : tous les magasins de sports à Grenoble


Je clique sur "Quoi" en haut à droite pour rechercher un professionnel. Je saisi au clavier "sports". Un choix complémentaire de rubriques s'affiche : j'affine ma recherche en sélectionnant "Article de sports > magasins de sports" et je valide.

Apparaît automatiquement en 3D une vue générale des "pointeurs" ou "marqueurs" affichant l'ensemble des enseignes de sports. Si je veux en trouver une proche d'un lieu, j'utilise la carte 3D. Si je veux cibler en priorité un magasin, je clique plusieurs fois sur son nom dans la liste pour révéler pas à pas sa position sur la carte.

Après avoir choisi le commerçant, je désire m'y rendre : je clique sur un cube jaune ou rouge et ses coordonnées s'affichent. Puis, je clique en bas sur "photo de ville" pour afficher les images précises de la rue du magasin sur trois volets. Enfin, en cliquant sur l'un des volets, j'ai la possibilité de naviguer de photos en photos pour visualiser le quartier et les rues adjacentes.

Cerise sur la gâteau : dès que je sélectionne une photo (d'une rue), un petit bonhomme jaune indique l'orientation de la vue en temps réel sur une navigation 3D auto déroulante.


Objectif et perspectives en vue


Pour en savoir plus sur la plateforme, j'ai pris contact cette semaine avec l'une des collaboratrices du pôle Presse des PagesJaunes à Paris.

"Notre objectif n'est pas de proposer des services en accès payants mais on vit aussi de la publicité de nos annonceurs (...) On peaufine le service, on fait tout pour que le rendu soit fluide et on veut vraiment voir jusqu'où on peut aller dans ce domaine (...) Il faut souligner que le service est franco-français, on est associé depuis le début avec Archi Vidéo, avec l'IGN et des mairies (...) Le service 3D s'inscrit dans le module Ville en Direct ou l'on peut déjà observer la météo des villes, visualiser des webcams ou des bons plans (...) Notre objectif à terme est de couvrir toute la France" souligne Orith Tabeur, chargée des Relations Presse.

L'une de mes questions s'oriente sur une éventuelle portabilité du système sur plateforme mobile. "On est en train d'optimiser le système pour le porter sur Iphone, voire sur des mobiles haut de gamme" explique t'elle.

S'agissant de savoir quelles seront les prochaines villes qui bénéficieront d'une visite virtuelle en 3D, l'interlocutrice garde précieusement le secret.


Principaux avantages du système


La principale force du dispositif repose sur une visite virtuelle ludique en 3D de la ville de Grenoble , sans forcément avoir besoin de rechercher du contenu ou des coordonnées précises. Le second point fort est sans aucun doute la charnière entre les modules "navigation et vues en 3D - plan et carte en 2D - photographie des lieux" : à partir d'une cible choisie et localisée, de nombreuses informations complémentaires et de proximités viennent agrémenter notre recherche.

Sans compter la pertinence visuelle, la modélisation et la retouche des éléments permettant de valoriser les ensembles visités.

Le chargement des données est assez rapide. La navigation reste fluide et assez précise. Le déplacement de la souris et l'utilisation de sa molette permettent de naviguer en toute simplicité en s'affranchissant des boutons directionnels. L'application est capable de se mettre en veille pour minimiser les ressources prises par le système.


Principaux inconvénients du système


Pour pouvoir naviguer et vous rendre sur Grenoble "Ville en 3D", il vous faut en premier lieu disposer d'une configuration machine plutôt musclée (avec ADSL, un bon processeur, une bonne carte graphique 3D et de la mémoire vidéo conséquente, JS activé, au moins 1 à 2 Go de mémoire RAM : plus on navigue, plus elle se remplie).

Il faut également télécharger le plugin "Shockwave Player" (technologie Shockwave Director) [1] sur lequel a été portée l'application en ligne. Mieux vaut être patient et respecter la procédure d'installation.


Pour conclure, une chose amusante : en ouverture de l'application, la première vue ou pointage 3D sur Grenoble s'effectue directement sur le bureau du Maire de Grenoble [2].

Ville en 3D, vue 3D de Grenoble,
c'est sur http://v3d.pagesjaunes.fr/grenoble/ en accès direct.

Notes

[1] ne pas confondre avec Flash Player

[2] non, je déconne... mais presque :-)


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