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06

05

2008

Fichier "Base Elèves" : le CIRBE tente d'informer les parents d'élèves, l'Inspection Académique de l'Isère tente de les rassurer

base eleves grenoble S'il y a bien un dossier que je suis depuis quelques mois en diagonal depuis que j'ai goûté aux joies de la paternité et qui m'interpelle en raison des récentes agitations qu'il suscite au sein de la communauté Grenobloise, c'est bien celui du logiciel "Base Elèves 1er degré".

Base Elèves est une application informatique de gestion mise en place progressivement depuis 2005 par le Ministère de l'Education nationale dans les départements Français. Un logiciel qui selon une note distribuée fin avril [1] par l'Inspection Académique de l'Isère à l'ensemble des parents d'élèves des écoles maternelles et élémentaires du département, est destiné à suivre le parcours scolaire des élèves, aider les directeurs d'écoles dans la gestion des dossiers élèves, faciliter le suivi en temps réel des effectifs et produire accessoirement des statistiques précises sur le plan national.

Progressivement mis en place depuis 2004 dans certains départements, Base Elèves sera généralisé d'ici la fin de l'année dans tous les départements. En Isère, certains directeurs d'écoles ont déjà commencé à saisir le minimum de renseignements obligatoires demandés dont la grande majorité est conservée sur une période... de 15 ans. A l'échelon national, ils sont consultables et ne sont plus nominatifs : la clé principale est un identifiant. Dans l'académie, les mairies et les inspections peuvent les consulter.


Un dispositif discrètement mis en place


Peu de parents d'élèves ont actuellement entendu parler de ce dispositif dont l'intérêt ne suscite guère l'enthousiasme des médias traditionnels. Pourtant, son application fait grand bruit notamment au sein de l'agglomération : quelques élus tentent de parler du dossier, de nombreux collectifs font leur apparition pour dénoncer la mise en place et la finalité du système.

Similaire aux outils existants depuis de nombreuses années pour la gestion des collèges et lycées (logiciel BEA, SCONET ...), l'application base de données "Base Elèves 1er degré" contient des champs principaux saisis par les directeurs d'écoles qui ont l'obligation de renseigner une fiche de renseignement... pour chaque élève scolarisé du public et du privé... dès la première année de maternelle.

La saisie des renseignements s'effectue par Intranet sécurisé. Soulignons au passage que la sécurité du système n'était pas du tout fiable au début de sa mise en place [2]. En principe, chaque directeur a reçu une formation par son académie lui permettant de renseigner les fiches des élèves. A présent, celui-ci se voit remettre une "clé OTP" (mot de passe sécurisé jetable et valide durant la durée de la connexion).


Des champs obligatoires, facultatifs, visibles, non visibles...


Acte 1 : principaux champs obligatoires :

un identifiant unique de 18 chiffres réservé à l'EN dont la construction permet d'éviter une connexion éventuelle avec tout autre fichier informatique existant ou à venir [3], des renseignements obligatoires (nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, adresse de résidence avec noms, prénoms et adresse des responsables légaux, type de rattachement avec l'enfant, attribution de l'autorité parentale).

Acte 2 : renseignements saisis uniquement par le directeur d'école :

situation familiale, email, téléphones, professions des parents, CSP, coordonnées des personnes à appeler en cas d'urgence, autorisation ou non de transmission de coordonnées aux associations parents, de la photo de l'élève, assurance de l'enfant, date d'inscription mairie et d'admission, obtention de dérogation, date de radiation de l'école, écoles précédemment fréquentées, cycle, niveau, classe, langues apprises de l'année passée et en cours, absentéisme signalé, validation des piliers du socle de compétences et acquisitions de compétences diverses, projet personnalisé de réussite éducative, activité périscolaire, maintien ou passage à l'issu du cycle...

Acte 3 : renseignements que le directeur ne peut saisir qu'avec l'accord des parents d'élèves :

Besoins éducatifs particuliers dont projet d'accueil personnalisé, service d'aide pédagogique à domicile, modalités de scolarisation, matériel adapté, projet personnalisé de scolarisation, réseau d'aide pour enfants en difficulté et type d'enseignement...

Sous la pression médiatique, au fil du temps, certains champs à renseigner sont devenus facultatifs alors qu'ils étaient obligatoires, d'autres, devenus invisibles au fil des consultations.


Inquiétude chronique et polémique récurrente autour du dispositif


Depuis début 2008, l'Isère est l'un des départements les plus mobilisés contre Base Elèves. Le CIRBE, Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves qui dispose d'un blog très actif sur le sujet, entend mener de nombreuses actions sur le terrain en tentant d'informer les parents d'élèves et autres responsables locaux sur la dangerosité légitime et supposée du dispositif. Kit complet "Non à Base Elèves", réunions programmées, tracts, documents, lettres types, formulaires, comptes-rendus... permettent au collectif d'informer les parents d'élèves sur le terrain de l'Education nationale.

Selon l'une de ses responsables, rencontrée au cours d'une réunion d'information du CIRBE ce samedi 2 mai 2008, le collectif touche près de 406 écoles sur les 1013 du premier degré que compte le département de l'Isère. A peine une vingtaine de personnes sont venues écouter l'oratrice : le sujet peine à mobiliser. A ses côtés, une représentante d'une association de parents d'élèves d'une école et un seul élu à s'être déplacé tôt ce samedi matin pour écouter et échanger avec le public : Philippe de Longevialle, nouvel Adjoint à l'urbanisme de la ville de Grenoble.

De son côté, le Conseil municipal de Grenoble a manifesté son opposition à la mise en œuvre du dispositif le 25 juin 2007, réaffirmée le 4 avril 2008 par l'émission d'un vœu réclamant tout simplement l’abandon du fichier Base Elèves.

Au passage, notons simplement que la note de l'Inspecteur d'académie de l'Isère (IA) stipule que "les mairies en charge de l'inscription des élèves ont accès aux seuls renseignements d'état civil, de la classe fréquentée, des activités périscolaires et des informations relatives à l'existence d'une assurance ou à la possession d'attestations (...) Aucune information relative à l'absentéisme n'est communicable via ce fichier à la mairie (...) Le Recteur et le Ministre n'ont accès qu'aux données statistiques donc anonymes (...) Aucune connexion entre académies n'est possible (...) Ce fichier n'est partageable avec aucune autre administration (...) Il n'existe donc pas de fichier national de Base Elèves".

En d'autres termes, une bonne partie de ces informations sont déjà connues de la mairie (la mairie gère les dossiers d'inscription des élèves avec ces champs principaux, le directeur d'école procède à la répartition des classes et fait des pointages réguliers avec la mairie au moment des inscriptions).

L'IA ajoute "Aucun suivi psychologique, aucune information médicale ne sont renseignés dans le fichier (...) Aucune information concernant la nationalité de l'élève n'est saisie dans ce logiciel".

Par ailleurs, selon un avis de la CNIL du 22 juin 2007 (3 jours avant l'avis du Conseil municipal), "les parents ne peuvent s'opposer à ce dispositif concernant leur enfant, l'inscription scolaire étant obligatoire". Bien entendu, un parent peut demander à vérifier les infos contenues dans Base Elèves concernant son enfant... et le droit de rectifier celles-ci au besoin (loi du 6 janvier 1978), mais comme chacun le sait...personne ou presque n'utilise ce droit.


Le CIRBE tente d'alerter l'opinion... à sa manière...


Quand on s'amuse à comparer la liste des champs de la base de données Base Elèves signalés par l'IA avec ceux mentionnés dans le kit complet "Anti Base Elève" fourni par le CIRBE, on reste perplexe et surpris par la différence des annonces.

Premier exemple : l'IA mentionne l'existence du champ "Assurance" (case à cocher, oui ou non). Le CIRBE parle de champs "Compagnie" et "N° de police d'assurance".

Deuxième exemple : le CIRBE signale l'existence de champs de type "Maîtrise des techniques usuelles de l'information et de communication", "Possession d'une culture humaniste", "Autonomie et l'esprit d'initiative" mais également "Lieu de travail : dénomination et coordonnées" des parents, "Poste" occupé... etc.

...informations nullement clairement mentionnées dans le document de l'IA. Il semblerait que le CIRBE extrapole certains champs afin de dramatiser et d'assombrir la situation auprès des parents d'élèves : à moins que ce soit l'IA qui n'est pas tout dit...


Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?


L'Education nationale cherche à communiquer en justifiant l'intérêt du dispositif et en minimisant l'impact soulevé par des opposants de plus en plus nombreux à dénoncer le manque d'information au préalable auprès du public concerné.

Ces derniers dénoncent un système qui est une formidable atteinte à la vie privé. Un dispositif pernicieux lié aux rapports d'expertise collective de l'INSERM en 2005 intitulé "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent" et Bénisti en 2004 sur la "Prévention de la délinquance".

"Une base de données élèves contenant la fiche d'un enfant qui ne donne pas, ni de procure sa vie" ajoute un parent d'élèves lors de la réunion d'information. Les parents témoignent en faisant part de leur angoisse liée à la notion de partage nominatif, à la diffusion possible de données sensibles ou médicales, à une éventuelle portabilité des informations saisies dans Base Elèves d'une administration à une autre.

Philippe de Longevialle exprime son désarroi "Ce fichier pose un problème de société (...) Pour l'instant à Grenoble , il y a une prise de conscience mais il faut que le débat remonte au niveau national (...) Dans tout ça, ce qui est gênant, c'est la confusion des objectifs (...) On ne sait pour l'instant ni trop comment, ni trop pourquoi cela peut t'il servir à l'Etat en dehors des statistiques".

A contrario, d'autres parents s'étonnent du positionnement alarmiste des intervenants et dénoncent l'attitude du CIRBE qui, selon eux, n'expose aucune contre-proposition constructive au dispositif obligatoire en cours de généralisation.

Parmi eux, certains signalent que chacun est fiché depuis bien longtemps dans notre société, que la plupart des données à saisir dans Base Elèves sont déjà inscrites sur d'autres fichiers appartenant à des entités commerciales ou administratives. D'autres estiment que Base Elèves est le moyen d'harmoniser et de mieux contrôler une grande partie de ces données dispersées dans plusieurs fichiers structurellement hétérogènes... et qu'il faut vivre avec son temps.

A Grenoble, malgré un certain silence qui l'entoure, le dossier reste éminemment sensible... en toute circonstance.

Notes

[1] bien tardivement

[2] révélation du Canard Enchaîné du 27/06/07

[3] selon l'IA


07

04

2008

TER Grenoble - Lyon : un confort supérieur au TGV Lyon - Paris

ter grenoble lyon Je n'ai pas pour habitude de prendre régulièrement le train dans mes déplacements extra-muros.

Pourtant, j'ai de plus en plus tendance à privilégier ce moyen de transport, quitte à effectuer plusieurs correspondances intermodales sur plusieurs centaines de kilomètres d'une région à une autre, au détriment de mon véhicule personnel.

A Grenoble, tout le monde rêve d'une ligne TGV directe entre Grenoble et Paris. Un rêve récemment évoqué à maintes reprises et inscrit à l'ordre du jour dans le programme de certains candidats en lice lors des dernières élections municipales 2008 à Grenoble.


Une ligne TER Grenoble - Lyon sans confort apparent...


Sortie du rêve, revenons sur terre.

Tout le monde ou presque s'accorde à dire que la ligne TER entre Grenoble et Lyon n'est pas la plus idéale en matière de transport. Une ligne vieillotte, qui désert habituellement les petites gares du département et qui prive souvent les voyageurs d'un trajet direct sans arrêt. Un TER qui parfois s'arrête à maintes reprises en plein milieu de la voie et qui repart quelques minutes après sans explication apparente aux usagers. Le confort du passager "client" laissent à désirer : le summum est sans aucun doute les nuisances sonores produites à l'intérieur du train entre le bruit des essieux, des rames et des moteurs lorsqu'on n'a pas l'opportunité de monter dans les derniers modèles de rames du TER. Notons par ailleurs que le prix du billet aller simple hors réduction est passé de 13 euros à 18 euros ces dernières années.

Grenoble - Lyon Perrache, 1h51.
Grenoble - Lyon Part Dieu, 1h16, avec l'opportunité de voyager en trajet direct.
En voiture par l'autoroute, le trajet entre Grenoble et Lyon est souvent plus confortable... et plus rapide.


...mais des rames plus confortables que celles du TGV Lyon - Paris


En tant que passager, Je n'ai jamais véritablement trouvé de confort apparent en seconde classe dans les rames du TGV Lyon - Paris. Le TGV "orange" n'en avaient pas. Celui à la couleur "bleu" en a un peu plus, notamment lorsqu'on a l'opportunité de monter dans l'un des derniers TGV "Duplex" récents.

Malgré tout, il est toujours aussi difficile de trouver le moyen de se détendre dans les rames du TGV entre Lyon et Paris. Le confort et la place accordée au passager en seconde classe restent limités. Prenons un simple exemple : bouger ses jambes devient une opération délicate lorsqu'un passager est assis à côté de soi et certains accoudoirs fixés au siège ne peuvent se relever. Tout ceci n'est pas aisé pour le voyageur embarqué pour un trajet d'environ deux heures.

A contrario, si on a la chance de monter dans un TER Grenoble - Lyon récemment mis en service par la SNCF ces quatre dernières années, la sensation change du tout au tout.

En me rendant à Lyon ces jours derniers, je suis monté dans l'une de ces rames [1]. Les Z 24500 (TER 2N) sont des automotrices électriques de nouvelle génération à deux niveaux, "duplex". J'ai vraiment été surpris par le grand confort de ces nouvelles rames.

Des allées espacées et colorées pour circuler agréablement à l'intérieur sans encombre d'une rame à une autre. Des sièges vraiment confortables. Un véritable espace pour allonger et détendre ses jambes entre les fauteuils. Des prises électriques à portée de main pour brancher son portable ou recharger son mobile durant le trajet. Des porte manteaux d'appoints pour accrocher ses vêtements. Une bonne aération et circulation de l'air au niveau des jambes et non au niveau des vitres. Une lumière non agressive par compartiment passager. De vrais reposes magazines et non des filets comme dans le TGV . Des tablettes bien étudiées pour lire, déposer son matériel ou sa nourriture. Des accoudoirs non fixés. Des coins assis "à quatre" comme dans le TGV...

...et surtout, quelque chose qui m'a bluffé : aucune nuisance sonore apparente, un roulement du TER extrêmement silencieux au contact de la voie (impression de roulements à billes), aucun grincement d'essieux gênant, un bruit de moteur camouflé identique à celui des véhicules récents circulant sur la chaussée.


Un confort à "deux vitesses"


Pour des questions économiques et stratégiques, il est vrai que beaucoup de gens ont l'impression que la SNCF a tendance à trop miser sur le TGV (ou le futur AGV) au détriment des trains circulant sur des petites et moyennes lignes.

Quand on achète son billet de TGV, on à l'opportunité de choisir le type de rame dans laquelle on souhaite monter (simple, duplex, couchette, avec récemment l'arrivée du wifi et de rames "discothèque" sur des longs trajets de nuit...etc.). Mais lorsqu'on prend un ticket-billet TER, il est rare de pouvoir connaître à l'avance le genre de rame que l'on va prendre pour voyager.

Ceci est d'autant plus dommageable que certaines lignes TER offrent désormais un confort supérieur à celui des TGV accessibles dans notre région. Quoi qu'il en soit, mieux vaut tomber sur une rame de Transport Express Régional récente sous peine de crispation, de fatigue et d'énervement.

Notes

[1] en photo, l'intérieur d'un compartiment


03

12

2007

Grenoble Municipales 2008 : deuxième débat participatif de campagne de Michel Destot

debat participatif destot Lundi 26 novembre 2007, je décide de me rendre à la Maison du Tourisme de Grenoble pour suivre le second des six débats participatifs prévus durant la première phase de campagne de Michel Destot, actuel député-maire de la ville et de nouveau candidat aux municipales de 2008 à Grenoble.

Plutôt fatigué, les traits tirés, probablement en raison de ses engagements au quotidien, Michel Destot entre dans une salle pleine prête à débattre sur le thème "Ville à vivre, embellissement et rénovation du centre ville et des quartiers".

En introduction, une présentation du clip de campagne du maire est proposée au public.


Un débat participatif parfaitement cadré


En début de séance, un journaliste animateur prend la parole et explique le principe de fonctionnement du débat participatif. Il signale que chacun à la possibilité de s'exprimer en prenant le micro mobile pour intervenir sur un sujet prédéfini entrant dans le cadre du déroulement de la soirée.

Sur le moment, je suis surpris par la démarche. La personne assise près de moi l'est également. Le public présent n'est pas autorisé à poser directement ou indirectement des questions au maire de Grenoble. Seules les interventions, remarques, situations vécues ou suggestions... sont admises.

Durant la soirée, après une courte intervention en introduction, Michel Destot reste à l'écart, ne participe pas oralement au débat, écoute attentivement les participants et prend note des remarques du public avec assiduité. L'animateur est chargé d'introduire et de présenter les premiers intervenants choisis au préalable afin de lancer le "débat" et inciter dans un second temps le public à "débattre".

Un débat "participatif" essentiellement destiné à recueillir les remarques des habitants, à faire intervenir des spécialistes et professionnels sur le sujet évoqué, permettant de préparer une argumentation et une partie du programme municipal du candidat. En fin de séance, le maire de Grenoble prend la parole, conclut le débat en s'appuyant sur les principales remarques et suggestions des habitants. Fin des "échanges".


Quelques remarques et suggestions soulevées par le public


L'un des premiers intervenants s'exprime sur le quartier Mistral. "Il faut absolument faire rentrer de l'économie et du commerce dans le cadre de votre projet de rénovation du quartier Mistral, déjà, il est difficile d'y rentrer, alors pour en ressortir...". Autre remarque associée : "Il ne suffit pas de raser un quartier pour en refaire un, ça c'est facile, il faut s'attaquer à des quartiers existants et mettre le paquet et ça, c'est moins facile à faire".

Une autre personne suggère de rénover la place Saint-Bruno en proposant de la rendre partiellement piétonne et fait remarquer dans la foulée les difficultés de circulation et de stationnement ai sein du quartier animé. Un architecte met l'accent sur la beauté de la ville : "Grenoble à la singularité de ne pas avoir un patrimoine monumental (...) il y a un endroit magique sur lequel il faudra porter une attention particulière, ce sont les berges naturelles de l'Isère, l'une des composantes importantes de l'extension du centre-ville".

Une retraitée témoigne de son étonnement en matière de transport public et pose néanmoins une question : "Quand on va au quartier Vigny Musset, on prend par exemple le tram pour s'y rendre, mais après, on fait comment pour rentrer chez soi lorsqu'on quitter le quartier et qu'il n'y a plus de liaison dans les transports après 20h30 ?".

Un habitant du quartier "rive droite" signale que depuis une dizaine d'années, rien n'a été fait dans le quartier Saint Laurent et sur l'Esplanade. "Je suis absolument catastrophé et persuadé que tant que le problème de la circulation ne sera pas réglé, on ne pourra rien faire (...) Rue Saint Laurent, on a fait depuis 40 ans une réhabilitation des logements, mais sans qu'il y ait un seul garage de plus, et une seule possibilité de stationnement, sans qu'il y ait de bâtiments publics, poste, annexe de la mairie... et la rue SaintLaurent est une rue morte".

Un autre intervenant signale que "Grenoble s'est bien réveillée (...) Je vais être franc, je ne suis pas socialiste (...) mais je me souviens lors de votre premier mandat Monsieur Destot que rien ne bougeait et qu'un jour j'irai bien à la Bastille comme l'avais fait à l'époque les ouvriers d'Alsthom, mettre un grand panneau "Dormez Grenoblois, dormez braves gens, Michel veille sur vous ! (...) et puis le deuxième mandat est arrivé et on a enfin vu arriver des grues un peu partout à Grenoble".

Poursuivant son résonnement, cette personne amène l'enthousiasme et les applaudissements du public en déclarant "Très franchement, dans une ville entourée de montagne, quand on arrive à Grenoble, il n'y a pas de lumière sur les immeubles, la porte de France, la Mairie et les principaux bâtiments de la ville (...) Monsieur le maire, je pose quand même la question, il y a t'il un ingénieur lumière pour la ville de Grenoble ?".


Le maire entend répondre à certaines préoccupations légitimes


En fin de soirée, Michel Destot se lève, conclut et tente de répondre à certaines préoccupations. "Le 1er mandat, on aurait rien fait ? (...) Mais on n'a pas pu faire tout ce qu'on voulait ! (...) On a du s'occuper des comptes, des dossiers, des projets (...) il fallait incarner la rupture avec l'ancien maire (...) Le second mandat, c'est l'impulsion (...) L'une de nos priorités, c'est l'attractivité des entreprises et la rénovation".

Ce débat "participatif" montre que les Grenoblois ont évolué dans leur vision et le rapport qu'il entretiennent avec leur ville. En amenant leurs contributions, ils ne cherchent plus exclusivement à préserver, défendre ou "cultiver leur jardin". Ils font part d'une réflexion plus large, plus ouverte et sont davantage préoccupés par les liaisons "intermodales" et "interquartiers" qu'ils traversent chaque jour.

Il est dommageable que le maire de Grenoble n'ai pas choisi de répondre directement aux questions, remarques ou préocupations des habitants. Ces derniers n'attendent pas forcément d'entrer dans le cadre aseptisé d'un échange quasi unidirectionnel avec le premier magistrat de la ville. En politique, ils sont davantage surpris, étonnés ou séduits par le jeu de la confrontation et de l'intéraction bidirectionnelle.


28

11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


15

09

2007

En direct du Forum MC2 Libération. Troisième journée

fabius finkielkraut Ce matin, je décide d’aller écouter un ténor de la politique et un philosophe de renom.

La journéeLe public rempli la salle de l’auditorium.

Beaucoup de monde à l’entrée, la salle est pleine. Le service sécurité est renforcé. Il est à son maximum.

Les journalistes, libres de circuler, reçoivent quelques indications. Le premier rang est réservé aux personnalités.

Les intervenants entrent sur scène sous l’applaudissement du public.


Laurent Fabius – Alain Finkielkraut « La reconstruction de la gauche ? »



Alain Finkielkraut est le premier à prendre la parole en faisant un focus sur les révolutions de mai 68 et du printemps de Prague pour démontrer à sa manière l’état actuel de la gauche. « Nous avons assisté progressivement à une déconstruction de la gauche (…) Elle doit s’interroger sur la valeur profonde de l’égalité (…) Il faut changer de paradigme, sauver le monde et non pas le changer (…) Les enfants ne sont pas dressés à aimer le monde, mais à aimer les images du monde (…) Le monde est délaissé au profit des écrans (…) On joue avec les images du monde au lieu de le regarder, ce qui pose le problème de la perception écologique ».

Laurent Fabius prend la parole. « Pour sauver le monde –physiquement-, il faut le changer (…) Je préfère le terme de reconstruction de la gauche au terme renouvellement (…) Il est nécessaire de revendiquer nos valeurs qui sont bonnes (…) en revanche, ils nous faut adapter nos propositions (…) Contrairement à la droite, la principale valeur fondamentale de la gauche, c’est l’égalité. La seconde est la solidarité. La troisième est la laïcité (…) Lorsque nous aurons clarifié l’ensemble de nos valeurs, nous pourrons reconstruire la gauche ».

L’ancien premier ministre reste conforme à son image : celle d’un homme d’Etat de premier plan, plein d’humour, argumentant avec clarté, rigueur et pragmatisme. Un phrase attire toutefois l’attention du public « Nous avons perdu en 20007 car nous avons perdu le terrain des idées (…) La lisibilité est l’un des problèmes de la gauche (…) Aujourd’hui, le chemin est brouillé entre la gauche et le citoyen».

Alain Finkielkraut se distingue par de nombreuses démonstrations pertinentes qui finissent par rattraper l’analyse du sujet abordé. A son tour, il fustige les combats internes qui affaiblissent la gauche depuis deux décennies « Les intellectuels de gauche ne cessent d’opposer dominants et dominés (…) La gauche défend mal la sûreté et la notion de sécurité en raison de la critique de la domination, l’explication de tout fait par ses causes (…) A gauche, la critique de la domination est systématique et cela lui dessert (…) A gauche, la critique de l’élitisme ne doit pas se focaliser sur l’argent. Contrairement à la gauche, Nicolas Sarkozy a su installer la volonté et réconcilier les français avec la politique en commençant par rassembler dans son camp, ce que la gauche n’a pas su faire (…) La gauche ne veut entendre parler, hélas, que de la critique de la domination».


Rachida Dati – André Vallini « La justice est-elle juste ? »


dati valliniNous y sommes. Le débat le plus attendu du Forum Libération entre Rachida Dati et André Vallini va commencer. Le public est bien là.

Rachida Dati est la première à s’exprimer. Un style détonnant, une expression tonique, une sûreté à toute épreuve dans ses propos. En introduction, elle commence par évoquer les prochaines actions du gouvernement en matière de justice et rappelle son profond attachement à la lutte contre la discrimination.

A son tour, André Vallini dresse le portrait de la justice française « Je souhaiterai une accessibilité de la justice, une justice plus rapide, un toilettage des mots techniques employés qui font que le citoyen n’a plus confiance en elle (…) la justice donne l’impression qu’elle ne doit rendre des comptes à personne (…) Il faut que les justiciables puissent avoir un accès direct au Conseil de la Magistrature (…) Avec l’affaire D, les français se sont rendus compte que la justice pénale pouvait un jour les concerner en rappelant à tous l’importance de la présomption d’innocence.

Le président du Conseil général de l’Isère rappelle également que 20% des courtes peines ne sont jamais exécutées. Il s’attache à donner de nombreux conseils à Rachida Dati sur le fonctionnement de la justice « Vous plaisez à l’opinion, vous avez la chance d’être ministre de la justice, sachez que d’autres aimeraient être à votre place ».

Le duel est lancé. Le débat devient technique. Moyens de la justice et nécessité d’accroître les sanctions. Compréhension du mineur face à la compréhension et à l’exécution de sa peine. Rapidement, la discussion devient politique, notamment concernant les mineurs récidivistes. Les oppositions s’affirment.

André Vallini évoque l’augmentation des violences physiques et Rachida Dati rappelle l’ensemble des moyens mis en place par le gouvernement actuel. Il affirme « La justice n’a pas les moyens d’appliquer les textes, alors pourquoi vouloir faire une loi à chaque fois qu’un fait divers marquant survient auprès de l’opinion publique ? ». Elle réagit « Ce n’est pas le manque de moyen, c’est la révélation d’un vide juridique qui nous amène à vouloir légiférer dans le cadre de récidive de viol lorsque rien n’est prévu à la sortie de prison pour un violeur dont on sait qu’il risque de récidiver ».

Les sujets évoqués et lancés par André Vallini font l’objet d’un applaudissement constant du public. L’indépendance de la justice, la dépénalisation des affaires, le fichage par ADN. La ministre a réponse à tout : chiffres, signalement de faits et exemples d’affaires à l’appui. Le professionnalisme et l’engagement des intervenants entraînent le public et la qualité des échanges est au rendez-vous. Les sujets évoqués restent sensibles. Chacun prend ses précautions dans ce duel entre personnalités au caractère fort.


Nicolas Baverez – Arnaud Montebourg « Qu’est-ce que le sarkozisme économique »


baverez montebourg Un débat qui s’annonce intéressant et passionnant entre deux avocats.

En introduction, Nicolas Baverez réussit en une dizaine de minutes à donner les principales clés de la politique économique du gouvernement Sarkozy. Sur le fond, les principales mesures économiques sont évoquées. Il dresse un portrait sur l’état actuel de l’économie du pays.

« Nicolas Sarkozy est plutôt libéral, mais certainement pas un ultra-libéral (…) Le modèle que nous avons est le plus anti-social qui soit. Pourquoi notre croissance ne décolle pas ? (…) Sur 100 euros qui circulent, 54 est de fond public (…) Depuis 10 ans, nous vivons sur la consommation alimentée par une dette publique qui enfle »

Arnaud Montebourg exprime son étonnement et préfère évoquer la forme. « La priorité de Nicolas Sarkozy finalement, c’est de plaire. Il reste pour moi un objet non identifié (…) L’ambivalence de son discours vogue entre le souverainisme et libéralisme (…) Durant la campagne présidentielle, il a réussi à faire la gauche et la droite en même temps. En réalité, nous nous sommes trompés. Au départ, nous avons pensé qu’il donnerait une image ultra-libérale. Il s’agit d’une part de malentendu et d’analyse au sein de la gauche ».


12

07

2007

Quand la ville dialogue avec ses cultures : une journée de débats organisée par l’association Robins des Villes

Vendredi 29 juin 2006 a eu lieu à la Bifurk, une journée de débats organisée par l’association Robins des Villes, sur le thème de la culture et de son inscription dans la Ville.

Ces échanges s’inscrivaient dans la lignée d’autres débats, organisés sur des thèmes et dans des villes différentes, en préliminaire aux 4èmes rencontres du cadre de ville – Recyclopolis.

L’objectif de la journée, découpée en plusieurs ateliers, était d’amener des éléments de réponse au ""comment s’exprime la rencontre entre ville et culture". De nombreux acteurs socio-culturels grenoblois ont débattu sur "''l’impact de la culture sur le milieu urbain en termes d’expression des identités, des diversités et de la construction d’un vivre ensemble''".

L’association Robins des Villes a été crée en 1997 par des étudiants de l’Ecole d’Architecture de Lyon. Elle a pour objectif d’amener les habitants à s’approprier leur cadre de vie les conduisant à bâtir une réflexion sur les façons de le transformer.

Un objectif qui se décline suivant cinq axes :

  • - la sensibilisation, à travers l’organisation de ballades urbaines et d’événementiel,
  • - la concertation, c’est-à-dire l’accompagnement des populations dans les phases de consultations (au cours desquelles il leur est souvent demandé leur avis sans que leur soit donné les moyens de se forger une opinion),
  • - l’éducation, avec le développement d’un outil pédagogique à destination des enfants et adolescents,
  • - la formation,
  • - la recherche-action

1ère vidéo, l’interview d’Hervé Saillet, Délégué général de Robins des Villes :

2ème vidéo, une restitution des débats effectuée en fin de journée par le journaliste Pierre Gras de la revue Urbanisme. En réponse, l’intervention de Cécil Guitart, Adjoint au développement culturel solidaire, scientifique technique et industrielle de la ville de Grenoble (l'un des rares politiques a avoir participé à la journée). Le complément de Jean-Michel Montfort, Consultant en développement culturel :

Aujourd’hui, l’association possède une antenne sur l’agglomération grenobloise et travaille notamment avec la ville d’Echirolles.


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2007

Rocade Nord : consultation du Conseil général de l'Isère sur les déplacements, le questionnaire à remplir

Au moment où les élus du SMTC valident et entérinent le Plan de Déplacements Urbains (PDU) 2007 - 2012, un peu plus de 492 000 électeurs de l'agglomération grenobloise (261 communes sur les 533 de l'Isère) sont invités cet été, et jusqu'au 11 août 2007, à donner leur opinion sur le projet de "Rocade Nord" soutenu par le Conseil général de l'Isère.

Le 28 juin dernier, en aparté de la réunion de présentation du projet (lire le billet), je rencontrais Max Lambert, chargé de mission et chef de projet "Rocade Nord" pour en savoir plus sur les rouages de cette consultation.

Au cours de notre discussion, ce dernier m'informe du coût et des modalités de l'opération. "Oui, je confirme (...) la consultation coûte un peu plus de 600 000 euros, majorée d'une dizaine de milliers d'euros supplémentaires en fonction du traitement et du nombre de réponses retournées (...) Le fichier principal ayant servi à l'envoi des questionnaires par voie postale mentionnant les noms et adresses des destinataires a été détruit (...) Nous avons intégré un code composé de lettres sur chaque enveloppe pré-affranchie permettant à l'huissier de valider chacune des réponses retournées afin d'éviter la fraude" me confiait Max Lambert.

En début de semaine, j'ai reçu le fameux questionnaire "Rocade Nord". Une brochure explicative du CG38 "Rocade Nord, un projet pour mieux circuler, une nouvelle façon de se déplacer", une enveloppe T, le questionnaire et une notice explicative.

Une réponse possible pour chaque question. Analysons-les en surface :

Question 2 : "Pensez-vous que l'amélioration des conditions de déplacements passe : par des aménagements routiers, par le développement des transports collectifs, par un ensemble comprenant à la fois des aménagements routiers et l'amélioration des transports collectifs ?

La dernière réponse reprend les deux premières en parlant d'amélioration et non plus de développement ! On sait qu'une majorité de transports collectifs circulent sur les aménagements routiers. Une partie de l'un ne va pas sans l'autre. Que doit-on comprendre exactement ? Bien vu la question !

Autres questions  :

Un choix de réponses identiques pour les questions 1,3, et 4. Trois adjectifs au choix, dont deux qui s'opposent littéralement par définition (utile, inutile), deux ayant une définition relativement homogène, proche et similaire (indispensable, utile).

Indispensable : dont on ne peut se passer (synonyme : essentiel, inévitable, obligatoire, primordial, vital)

Utile : qui rend un service (synonyme : bon, avantageux, efficace, opportun, pratique, salutaire)

Inutile : Qui n'est pas utile, qui ne sert à rien (synonyme : futile, accessoire, superflu, superfétatoire)

Question 1 : Pensez-vous qu'améliorer les conditions de déplacement dans la grande région urbaine grenobloise soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", c'est qu'il ne connaît absolument pas Grenoble, sa région, ses difficultés intrinsèques et inhérentes de déplacements urbains depuis des décennies. La réponse "inutile" est inutile.

Question 4 : "Pensez-vous que le développement des trains régionaux, du réseau de tramway et des lignes de bus express soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Franchement, si un consulté répond "inutile", soit il refuse la communauté des transports publics, soit il récuse les services publics, soit il n'aime pas de se déplacer en présence d'autrui, soit il ne jure que par son véhicule personnel pour ses déplacements. Les habitués des modes doux au quotidien ne peuvent répondre "inutile" puisque la communauté de transports publics les aide à se déplacer.

Question 3 : "Pensez-vous que la réalisation de la Rocade Nord de Grenoble, pour réduire les 'bouchons' et pour diminuer le trafic urbain, soit : Indispensable, Utile, Inutile ?

Il s'agit de la question la plus orientée. Certainement celle qui intéresse le plus le CG38 et qui, par son affirmation, laisse les trois autres questions en arrière plan. Jeudi 28 juin 2007, Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements a retenu toute l'attention du public lors de sa présentation du projet "Rocade Nord" en soulignant quasi-furtivement "Si nous avions voulu résoudre les bouchons, c'est d'autres solutions (que la rocade nord) que nous aurions choisies". Je vous laisse méditer sur ces propos. La réduction des bouchons n'est donc pas une certitude, ni une fin en soi. Il a va de même pour la diminution du trafic urbain. En fin de compte, tout ceci n'est que probabilité.

La question 3 aurait du être posée vraisemblablement de la manière suivante, avec plus de simplicité, de clarté, moins d'affirmations et de suggestions.

Finalement, on peut s'interroger sur l'utilité de cette consultation en tentant d'analyser la chose autrement.

Si on tient compte des facteurs du projets et des modalités de la consultation : une consultation en été au moment ou les gens partent en vacances, une consultation qui n'inclue pas le choix d'autres projets de contournement routier de l'agglomération grenobloise, des questions-réponses un tant soi peu ambigües ou décentrées vis à vis du projet de "Rocade Nord", la déclaration d'André Vallini, président du Conseil général de l'Isère "Si la majorité des gens trouve cette réalisation inutile, nous ne la ferons pas", le coût élevé d'une consultation aux yeux de certaines personnes...

... on peut tout de même s'attendre a un résultat négatif. En exprimant une éventuelle opposition au projet dans le cadre de la consultation, en ne recevant pas un nombre de réponses escomptés en amont, les instances concernées et collectivités pourraient légitimer une hibernation du projet "Rocade Nord", le mettre en suspens durant une longue période, l'écarter des enjeux des prochaines échéances électorales et en profiter pour indiquer "les électeurs ont choisi... le projet n'est plus d'actualité" !...

Attendons avec intérêt le résultat de cette consultation !


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2007

Rocade Nord : reunion publique à Grenoble avant consultation : surprenante assurance du Conseil général de l'Isère

Jeudi 28 juin, je me suis rendu au CRDP à la 8ème réunion publique organisée par le Conseil général de l'Isère. Une réunion d'information-débat destinée à présenter le "projet Rocade Nord" retenu par le CG38 dans le cadre du vaste plan de déplacements urbains (PDU), avant la consultation publique qui aura lieu cet été, du 25 juin au 10 août.

De nombreuses personnalités étaient présentes : Michel Destot, Geneviève Fioraso, Stéphane Gemmani, Christine Garnier, Hervé Gerbi, Gilles Kuntz, Jérôme Safar, Vincent Fristot, Gisèle Pérez, Marina Girod de l'Ain... également des représentants de tous bords, associations, unions de quartier, collectifs d'opposition au projet, alternatifs, GO Citoyenneté, ADTC, ADES, PS, PC, MODEM, UMP. Le sujet interpelle toutes les sensibilités...

Marc Baietto, 1er vice-président chargé de l'aménagement, de l'organisation des territoires, des transports et des déplacements, Max Lambert, chargé de mission, chef de projet "Rocade Nord" et Jacques Chiron, adjoint à la mairie de Grenoble chargé des déplacements, président de la Semitag, présentent tour à tour dan un premier temps les détails du projet de contournement.

Puis, durant près de 2 heures, le public pose diverses questions aux principaux intervenants. En majorité, elles portent essentiellement sur une opposition au contournement urbain et la manière dont le Conseil général de l'Isère présente le projet de Rocade Nord. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le Marc Baietto et Max Lambert maîtrisent parfaitement leurs discours et le sujet principal. Habitués à répondre aux nombreux contradicteurs présents dans la salle, les orateurs démontrent à chaque instant une assurance déconcertante : études mesurées et qualitatives, projections de chiffres à l'appui, simulations de bureaux d'études, expertises et contre-expertises, exemples de situations vécues dans d'autres villes de part le monde, réponses franches et courtes adressées aux différents interlocuteurs démontrant une parfaite maîtrise des rouages du projet de Rocade Nord par les instances du Conseil général de l'Isère...

La contradiction est à peine relevée par les acteurs du projet. Le public tente d'apporter d'autres chiffres, de s'appuyer sur d'autres études, d'amener de nouvelles suggestions liées à des facteurs environnementaux, écologiques, économiques et sociaux... mais en vain. Les avis contraires soulevés sont pris en compte et sont brillamment contrecarrés par une démonstration aiguisée, une réponse à tout. Au cours de la soirée, je discute avec différentes personnalités n'ayant pas les mêmes affinités politiques. Le constat est le même : la plupart sont étonnées par l'attitude et l'assurance des orateurs. Certaines déclarent "De toute façon, c'est plié (...) La consultation qui va suivre cet été est légale, mais finalement, à quoi peut-elle bien servir (...) Les oppositions se sont affirmées ce soir, mais en face, ils sont forts... ils sont blindés".

En vidéo, la présentation du projet Rocade Nord :

En audio, l'ensemble du débat, toutes les questions du public et réponses des orateurs :

Fichier audio seul : Cliquez ici

. Auteur, Chrys, 81mn 44s.

Le sujet de la Rocade Nord fait débat depuis plus de 30 ans. De nombreux projets ou variantes ont vu le jour. Des associations émergent et revendiquent leur opposition au tracé, au principe de contournement. Des collectifs s'engagent pour sa faisabilité et sa réalisation. Depuis le désengagement de l'Etat, le Conseil général entend assurer la maîtrise de l'ouvrage, associé aux collectivités et si besoin au secteur privé. La notion de péage est envisagée. Le projet du CG38 est initialement estimé à 580 millions d'euros. En attendant, plus de 492 000 électeurs commencent à recevoir dans le cadre de la consultation sur le contournement autoroutier de Grenoble un questionnaire... durant l'été. Coût de l'opération : plus de 600 000 euros.