Le blog local de Grenoble | Plateforme de publication participative et d'expression locale

> Accueil | A propos | Charte | Agenda | Médias | Contact | La Salade Grenobloise | Proposer [ témoignage, communiqué ]    

Mot clé :: [ debats ] - Tag associé à 11 billet(s)

Fil des billets sur ce tag - Fil des commentaires sur ce tag

04

03

2009

Michel Savin, Alain Carignon, Alain Moyne-Bressand rassemblés autour de Xavier Bertrand en Isère : rencontre-débat et vidéos

xavier bertrand grenoble Vendredi 27 février 2009, l'UMP Isère (UMP 38 ) [1] organisait un Comité départemental et une réunion publique à Crémieu, ville médiévale dans le nord du département.

Xavier Bertrand, actuel Secrétaire général de l'UMP, ancien ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité avait fait le déplacement au côté d'Axel Poniatowski, Secrétaire général adjoint du mouvement populaire.

En fin de journée, un point presse [2] a permis de recueillir quelques informations juste avant la réunion du Comité départemental de l'UMP qui s'est tenue à huis clos durant plus d'une heure à la mairie de Crémieu. Parmi les personnalités réunies autour de Xavier Bertrand et d'Axel Poniatowski (voir la vidéo), notons la présence d'Alain Carignon, Michel Savin, Alain Moyne-Bressand, Georges Colombier, Bernard Saugey, Fabien de Sans Nicolas...


Une logique de reconquête


Lors du point presse, Xavier Bertrand, visiblement très décontracté, annonce la couleur et ses objectifs pour le département de l'Isère.

"Nous sommes ici dans une logique de reconquête très clairement (...) Il nous faut de la sérénité et du rassemblement, deux conditions indispensables pour être dans cette logique (...) Si je suis ici, ce n'est pas le fait du hasard, c'est une fédération importante" souligne le patron de l'UMP.

Xavier Bertrand est à la tête du parti depuis deux mois et a pour ambition de consolider, dynamiser le mouvement et de doubler le nombre d'adhérents au sein de l'UMP. "Les militants aujourd'hui veulent être acteur de la politique, plus spectateur, ce qui nous amène à revoir l'organisation du mouvement et à être davantage sur le terrain (...) c'est à dire deux à trois déplacements par semaine, surtout ne pas s'enfermer dans un bureau" explique le Secrétaire général.

Pour Michel Savin, l'objectif est de préparer, de gagner les prochaines élections, de soutenir les réformes engagées par le gouvernement, d'écouter les militants. "Il faut faire remonter au niveau national ce qu'on entend sur le terrain (...) Il faut qu'on fasse des choix pour gagner, plus des choix sur de l'affectif" souligne le Président de l'UMP Isère.


A propos d'Alain Carignon et de Jacques Remiller


Lors du point presse, la participation d'Alain Carignon est évoquée au sein de l'UMP.

"Si vous me posez la question, moi je ne rentrerai pas dans les questions d'hier (...) Il n'y a pas de sujet, il n'y a pas de question de personne (...) On a un Président [3] qui a une légitimité, il faut qu'on rassemble (...) Moi, les querelles du passé, c'est du passé et c'est dépassé" répond explicitement l'ancien Ministre du Travail.

Alain Carignon est arrivé peu avant la réunion du Comité départemental et s'est joint au point presse. Face aux médias, un brin tendu, l'ancien Président de l'UMP 38 évoque son "rôle" et sa volonté de rester au sein de l'UMP (voir la vidéo).

"J'entends rester à l'UMP, c'est ma famille politique depuis toujours (...) Je joue un rôle, j'ai toujours joué un rôle (...) Il y a des fois où on est militant élu, il y a des fois où on est militant pas élu, mais on est toujours militant (...) Vous savez quand on a des convictions comme moi depuis l'âge de 18 ans, on les conserve jusqu'au bout... un évidence" explique Alain Carignon.

Xavier Bertrand revient sur la récente décision prise par Jacques Remiller, député-maire de Vienne. Début février, ce dernier a choisi de se mettre en congés de l'UMP pour une durée indéterminée (explication sur son blog). Un "départ" lié au dossier du TGI de Vienne au cœur de la nouvelle carte judiciaire.


Ma première vidéo, extraits du point presse : Xavier Bertrand, Michel Savin, Alain Carignon...


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus



Xavier Bertrand devant près de 700 militants UMP


Après la réunion départementale, une rencontre-débat était organisée avec les militants de l'UMP 38.

Plus de 700 personnes sont venues écouter les Secrétaires généraux et départementaux du mouvement populaire dans la grande salle des fêtes de Crémieu, non loin de la mairie. Des militants Lyonnais, Grenoblois et du département arrivés en cars, des sympathisants ont pu débattre ensemble et interpeller les intervenants (synthèse de questions communes de militants principalement posées à Xavier Bertrand et à Alex Poniatowski).

A 19h25, Xavier Bertrand arrive dans la grande salle sous une salve d'applaudissement. L'ancien ministre, tout sourire, en toute décontraction, se prête au jeu des photographes avant de monter sur scène. The show must go on.

Face au public, un micro à la main, debout, sans lecture de note, le Secrétaire général de l'UMP répond à chacune des interventions dans la salle associées à des projections de clips vidéos présentant le "projet de société" du mouvement.


Discours critiques envers l'opposition


Dans son discours, Xavier Bertrand ne ménage pas l'opposition lorsqu'il s'agit de présenter selon lui un projet, un texte. "Nos adversaires tirent à vue dès qu'on commence à parler du texte (...) Nous on se donne toujours le temps de faire de la pédagogie mais eux pour la démagogie, ils n'attendent pas (...) Ils décident de jouer à autres choses, la confusion et l'agitation".

A maintes reprises, il s'en prend au leader d'extrême gauche, chef de file du NPA, Nouveau Parti Capitaliste. "Monsieur Besancenot ne s'est pas trompé de siècle médiatique et il ringardise les idées du PS (...) C'est un Monsieur qui s'est trompé de siècle idéologique et se sont ses idées qui sont ringardent les amis" déclare t-il en s'adressant au public.


Enjeux et projets de société


Parmi les nombreux sujets évoqués, pêle-mêle (voir la vidéo) : la crise économique, le congé parental, l'autonomie des universités, les aides publiques, la participation dans les entreprises, le militantisme et l'Internet, le positionnement de l'opposition sur l'échiquier politique ou la nomination de François Pérol à la tête du groupe Caisse d'Epargne - Banque Populaire.

Le Secrétaire général de l'UMP revient sur le congé parental. S'appuyant sur les récentes propositions de réflexion de Nicolas Sarkozy sur le sujet, il propose un congé parental plus court et mieux rémunéré ou un congé parental plus long si le mari prenait une partie de celui-ci. "Si le congé parental est trop long, pendant ce temps là dans l'entreprise, les promotions et les déroulements de carrières n'ont pas attendu la femme qui a pris un congé parental" argumente le patron de l'UMP.

Au niveau économique et social, si une entreprise à besoin de licencier, Xavier Bertrand estime qu'il ne faut pas lui interdire de le faire pour éviter que "tout le monde se retrouve au tapis". Une entreprise qui reçoit de l'argent public doit en informer le Comité d'entreprise. Si elle décide de délocaliser, elle doit rembourser cette aide publique.

"Ma propre banque, qui est capable de fermer les yeux sur le fait qu'on détourne dans ses murs 4,9 milliards d'euros et qui refuse de prêter 49 000 euros à une entreprise, je ne peux pas l'accepter et le supporter (...) Monsieur Besancenot est devenu le chef d'orchestre de toute l'opposition au Président de la République (...) Il se trompe complètement, il ne s'agit pas de jeter le capitalisme, il s'agit simplement de remettre sur ses jambes un capitalisme qui a marché sur la tête (...) Si vous voulez répartir des richesses il faut avoir créer des richesses et c'est le capitalisme d'entrepreneurs qui permet de créer des richesses" explique Xavier Bertrand.

Ce dernier revient sur la polémique entourant la nomination de François Pérol à la tête du groupe Caisse d'Epargne - Banque Populaire. S'il était client d'une des deux banques, il préférerait avoir le meilleur à sa tête "plutôt qu'un guignol" selon ses termes. Avant même la parution de l'interview du principal intéressé dans le JDD dimanche 1er mars 2009, le patron de l'UMP soulignait dès ce vendredi aux adhérents que François Pérol avait lui-même demandé l'avis du Président de la commission de déontologie sur la possibilité d'exercer sa mission.


Ma seconde vidéo, extraits de la rencontre-débat avec le public...


Vidéo plein écran : un clic sur la flèche ci-dessus


Avant de quitter les adhérents, les sympathisants et les curieux qu'il qualifie de "majorité silencieuse", Xavier Bertrand s'est mis à chanter la Marseillaise avec les différents responsables de l'UMP et son public en fin de réunion.

Celui que beaucoup présentent en coulisse comme le prochain futur? Premier Ministre de Nicolas Sarkozy rappelle à son entourage les valeurs fondamentales de l'UMP : le travail, le mérite, l'effort, la justice et la famille... avant de conclure en soulignant que la consommation tient en France et qu'il ne s'agit pas de faire une relance par la consommation mais une relance sur l'emploi.

Notes

[1] nouveau site Internet

[2] France 3, Radio France, NSP TV, GreBlog...

[3] Michel Savin


25

09

2008

Micro-électronique et nanotechnologies, opération "Nano 2012" : Crolles 3 ou Crolles 2.1 ?

crolles 3 2 nano 2012 Mercredi 24 septembre 2008, le Premier ministre François Fillon était en déplacement à Grenoble au pôle de compétitivité Minalogic pour rappeler l'engagement du gouvernement d'investir plus de 2 milliards d'euros (1,5 milliard initialement prévu avec l'annonce d'une enveloppe supplémentaire de près de 565 millions d'euros) sur cinq ans pour les 71 pôles de compétitivité en France.

En principe, plus de la moitié de cette enveloppe sera allouée au développement de la future plateforme "Crolles 3" ou "Nano 2012" près de Grenoble . Il s'agit d'une extension du pôle de compétitivité "Crolles 2", centre de développement et de production de supports de circuits et de plaques de silicium dans le domaine de la micro-électronique .


L'alliance "Crolles 2"


A l'origine, Crolles 2 est une alliance collaboratrice entre trois grands acteurs du secteur : ST Micro Electronics, NXP (Phillips) et Freescale (Motorola). Dès 2002, l'objectif était de produire et de graver des circuits de 90 nanomètres sur des plaques de silicium de 300 mm de diamètre. Près de 1,8 milliard d'euros avait été investit, permettant la création de près de 1600 emplois dans notre région.

En 2007, NXP s'est retiré de l'alliance et depuis, ST Micro Electronics s'est rapproché stratégiquement du CEA (LETI) et notamment de la société IBM, détentrice de nombreux brevets dans le domaine de la micro-électronique.

Cette nouvelle alliance, baptisée "Crolles 3", permet à ST Micro de continuer la recherche et le développement sur des circuits de 32 nanomètres (voir moins)... et de maintenir sur "Crolles 2", la production de circuits dérivés [1].


La nouvelle alliance "Crolles 3"


Selon l'ADES, le "retour de taxe professionnelle (TP) n'a été que de 100 millions d'euros pour des aides publiques qui ont atteint 200 millions d'euros" et "la contrepartie en emplois n'était pas une réelle contrepartie puisque les subventions publiques dépassaient allègrement le coût de ces emplois".

"Crolles 3" est un nouveau projet de recherche et de production qui prend forme.

Initialement, sur cinq ans (2008 - 2012), les investissements et dépenses prévus restent conséquentes. Le montant de l'aide publique avoisinerait les 650 millions d'euros, voire plus. Une somme plutôt conséquente, au regard des 660 emplois qui devrait être créés sur le site.

Dans un document, l'association effectue un comparatif et estime que "sur Crolles 3, les engagement pris par ST sont beaucoup plus faible que pour Crolles 2" :

"Crolles 2" : emplois (1200), invest. R&D (1351 M$), matériels (1990 M$), aide de l'Etat (305 M€), des collectivités locales (148M€).

"Crolles 3" : emplois (660), invest. R&D (250 M$), matériels (500 M$), aide de l'Etat (477 M€), des collectivités locales (175M€) dont environ 20M€ pour la Métro et la Ville de Grenoble.


L'engagement de principe des collectivités


Certaines collectivités locales ont déjà donné leur accord de principe sur "Crolles 3" ou "Nano 2012".

Le CG38 s'est prononcé sur le sujet le 10 juillet 2008. Le Conseil Régional RA, le 16 mai. Le Conseil Municipal de Grenoble n'a pas encore discuté et débattu en séance sur la question pour donner sa décision. Etrangement, l'association relève que le 18 avril 2008, "le Préfet de l'Isère a transmis au Ministère de l'Economie la position des collectivités locales sur leur soutien éventuel au programme Nano 2012 de ST Micro Electronics sur Crolles et Grenoble ".

Pour accéder aux technologies d'IBM, ST Micro Electronics a donc conclu un partenariat avec le géant américain.

Dans le cadre du projet "Crolles 3", le géant des semi-conducteurs devrait sur 5 ans, verser tout de même près de 350 M$ à "Big Blue" pour obtenir le droit d'exploiter ses technologies. Dans le cadre de cet accord, les deux sociétés ont également prévu un partenariat d'échange de ressources humaines entre les USA et la France.

Mais l'ADES souligne que "la prochaine convention signée par l'Etat et les collectivités locales ne sera pas signée par IBM, mais seulement par ST Micro et le CEA" alors même que le dossier en cours actuellement présenté aux élus laissent supposer un plein engagement de la société américaine.

Pour l'association, il existe un "contrat caché" entre ST et IBM puisque "les détails financiers de l'opération n'ont pas été dévoilés" dans la cadre de "Nano 2012".


Crolles 3 ou Crolle 2.1 ?


Depuis les années 60, Grenoble porte le tablier des nouvelles technologies, de la recherche et du développement en collaboration plus ou moins étroite avec les pôles universitaires de la région. Contrairement à d'autres, cette ville a su anticiper les changements et déployer - souvent avec un temps d'avance - de nouvelles infrastructures permettant de soutenir son tissu industriel et de créer de nombreux emplois dans la région.

En parallèle, le projet "Crolles 2" a révélé les difficultés de pérenniser une avancé technologique et une alliance stratégique entre trois acteurs majeurs de la micro-électronique.

"Crolles 3" est une nouvelle extension, une nouvelle version de "Crolles 2" qui globalement, utilisera le même socle et les mêmes infrastructures existantes embarquant d'autres apports et procédés technologiques.

Crolles 3, c'est en définitive Crolles 2.1 : moins d'investissements prévus, moins d'emplois créés... et le versement d'aides publiques plus élevé sur la période 2008-2012 par rapport à 2002-2007. En contrepartie, comparé à 2007, en prenant en compte les anciens programmes, il semblerait que le retour de taxe professionnel soit moins élevé sur la prochaine période.

Au delà des choix technologiques, se pose la question de la stratégie politique.

Ces projets sont portés et projetés en définitive sur de courtes périodes (2002-2007... 2008-2012) selon les capacités des acteurs, de l'Etat et des collectivités à investir... sur le moment.

Concrètement, face à l'émergence des pays asiatiques et leur énorme capacité d'investissement depuis des années dans ce domaine, notre production risque d'être paralysée à l'avenir si l'Europe n'appuie pas ces opérations à plus grande échelle et si localement, la stratégie reste basée à court terme sur des enjeux locaux bien définis.

Notes

[1] pour ordinateurs, mobiles et autres objets du quotidien


22

09

2008

2ème Forum Libération à Grenoble : ambiance et impressions de fin

forum liberation grenoble Cette année une fois encore, je me suis organisé pour me rendre au 2ème Forum Libération à la MC2.

Comme l’an passé, lors de la première édition, j’ai pu obtenir un « pass » me permettant d’accéder à tout moment à tous les débats afin de choisir ceux qui, à priori, suscitaient mon intérêt et retenaient toute mon attention [1].

Contrairement à l'an passé, la seconde édition du Forum Libération fut marquée par une impressionnante fluidité en matière de déplacement au sein de la MC2. A première vue, en entrant dans le complexe culturel de la ville de Grenoble, on pouvait s'attendre à ce qu'il y ait moins de monde cette année. Erreur.

Dès les premiers regards, pratiquement aucune file d'attente à l'entrée des salles, même au moment où, en raison de l'arrivée de personnalités très attendues, on pouvait s'attendre à quelques débordements. Cette année, le public a choisi d'arriver tôt, occupant et remplissant rapidement les différentes salles alors même que l'arrivée tardive de certains orateurs décalait d'autant le bon déroulement de certains débats.


Assouplissement de l'accès au Forum MC2 Libération


Contrairement à l'an passé, l'accès au Forum Libération fut... assoupli.

Le déploiement des forces de l'ordre fut cette année... plutôt discret. L'objectif étant de ne pas réitérer les erreurs du passé, notamment en matière de filtrage des personnes à l'entrée de la MC2.

Bien présent, le service de sécurité contrôlait avec tact et minutie les entrants, public et personnels accrédités.

De mon côté, je portais un sac avec à l'intérieur, une pochette, un carnet de note, quelques feuilles volatiles, des clés, un PC portable, un appareil photo numérique, quelques cartes mémoires, un médiaphone et son trépied nomade.

Le premier jour, l’un des agents de la sécurité découvre une pomme dans mon sac. Je suis naturellement autorisé à entrer dans le complexe culturel... mais sans la pomme (objet identifié comme dangereux, selon la sécurité... direction…poubelle : à méditer). Même indication pour les possesseurs éventuels de bouteille d’eau plastique ou verre, trousse d'étudiant contenant des ciseaux…


Le Forum Libération : une opportunité pour s'informer


A mon sens, le Forum Libération est une formidable opportunité pour venir se divertir, s’informer, rencontrer des élus et responsables locaux, des journalistes, des personnalités et acteurs de premier plan reconnus pour leur expertise et leur regard aiguisé sur le plan national et international.

Pour certains, le Forum Libération n’est qu’une parodie de démocratie participative. Un lieu de « bla bla » sans fin, dont l'une des finalités est d’instrumentaliser les masses ou de colorier une page médiatique.

Pour d’autres, Le Forum Libération entrouvre les consciences, développe et encourage la réflexion, balaye les idées reçues, soulève les contradictions, révèle les oppositions ou conforte les certitudes de chacun à l’écoute des nombreux intervenants et débatteurs.

Je fais partie de cette dernière catégorie.


Le Forum Libération : une agora populaire locale


Durant trois jours, le public à la liberté de choisir les thèmes et débats qui lui tiennent à cœur. Dans les couloirs, dans les artères du complexe culturel, les gens dialoguent entre eux, entretiennent et continuent des conversations, confrontent à chaud leurs idées, récusent ou partagent ouvertement le discours ou les petites phrases des débatteurs.

Le Forum répond aux attentes des Grenoblois. Il devient une agora populaire locale.

Selon le journal Libération cette année, ils étaient près de 20 000 à se déplacer, soit 5 000 participants de plus par rapport à la première édition en 2007.

Cette année, le programme des débats fut sujet à des modifications de dernières minutes : absence de certains intervenants au dernier moment, changement d'horaires ou de salles. Ces légères perturbations n'ont pas empêché le public de prendre possession des lieux et du plaisir à "venir concocter" son parcours initiatique.

Parallèlement, j'ai été surpris par le nombre de personnes adossées au rayon librairie : visiblement, beaucoup se sont penchées sur les ouvrages des intervenants pour parfaire leur connaissance sur des thèmes abordés en séance.

En majorité, les nouvelles consignes furent respectées : le public a pu davantage s'exprimer et interpeller les débatteurs. Les temps de parole ont été beaucoup plus nombreux, ce qui permettait à la fois d'équilibrer ou d'accentuer la participation lors de débats houleux. Et il y en a eu...


Quelques reproches et réactions


Face au succès rencontré l'an passé et cette année, le Forum Libération devrait perdurer et continuer d'exister à Grenoble du moins, en 2009 (lire mon précédent billet sur la présentation et les objectifs de ce forum).

Malgré tout, il est souhaitable à certains égard de revoir et repenser un peu l'organisation.

Nombreuses sont les personnes qui sont restées longuement devant les panneaux d'affichages en train de se demander quels débats étaient susceptibles de les intéresser sur une même tranche horaire.

L'hésitation et la frustration du public était perseptible. Difficile de choisir ou de sélectionner un débat parmi les six proposés quand on découvre au même moment les interventions de François Hollande, Nathalie Kosciusko-Morizet, Martin Hirsch, Didier Migaud, Eric Woerth ou Alain Lipietz sur une même grille horaire et dans des salles différentes.

Sur trois jours, le nombre de débats est trop élevé. La répartition et la synchronisation des débats est à mon sens, à revoir. De plus, les deux heures de pause entre le matin et l'après midi (13h >15h) n'incitent pas toujours le public à rester sur place l'après-midi. Aucun débat en soirée pour ceux qui ne peuvent y assister en journée pour raison professionnel.

Il manque à cet évènement la mise en place d'ateliers à thème ou de lieux permettant d'accueillir un public à la recherche d'explications ou de démonstrations en rapport avec les sujets débattus. Des endroits plus confinés, où l'on aurait le temps de découvrir l'autre, de discuter avec des spécialistes. Des stands d'initiation à la géopolitique par exemple, d'animation... sans oublier peut être, un petit coin garderie d'enfants, le temps pour un couple, d'apprécier un débat...

En attendant, la MC2 est un lieu adéquate pour accueillir... la 3ème édition du Forum Libération en 2009. Et je dis tout simplement... vivement l'année prochaine.

Notes

[1] je remercie Libération, MC2 et la Ville de Grenoble


06

05

2008

Fichier "Base Elèves" : le CIRBE tente d'informer les parents d'élèves, l'Inspection Académique de l'Isère tente de les rassurer

base eleves grenoble S'il y a bien un dossier que je suis depuis quelques mois en diagonal depuis que j'ai goûté aux joies de la paternité et qui m'interpelle en raison des récentes agitations qu'il suscite au sein de la communauté Grenobloise, c'est bien celui du logiciel "Base Elèves 1er degré".

Base Elèves est une application informatique de gestion mise en place progressivement depuis 2005 par le Ministère de l'Education nationale dans les départements Français. Un logiciel qui selon une note distribuée fin avril [1] par l'Inspection Académique de l'Isère à l'ensemble des parents d'élèves des écoles maternelles et élémentaires du département, est destiné à suivre le parcours scolaire des élèves, aider les directeurs d'écoles dans la gestion des dossiers élèves, faciliter le suivi en temps réel des effectifs et produire accessoirement des statistiques précises sur le plan national.

Progressivement mis en place depuis 2004 dans certains départements, Base Elèves sera généralisé d'ici la fin de l'année dans tous les départements. En Isère, certains directeurs d'écoles ont déjà commencé à saisir le minimum de renseignements obligatoires demandés dont la grande majorité est conservée sur une période... de 15 ans. A l'échelon national, ils sont consultables et ne sont plus nominatifs : la clé principale est un identifiant. Dans l'académie, les mairies et les inspections peuvent les consulter.


Un dispositif discrètement mis en place


Peu de parents d'élèves ont actuellement entendu parler de ce dispositif dont l'intérêt ne suscite guère l'enthousiasme des médias traditionnels. Pourtant, son application fait grand bruit notamment au sein de l'agglomération : quelques élus tentent de parler du dossier, de nombreux collectifs font leur apparition pour dénoncer la mise en place et la finalité du système.

Similaire aux outils existants depuis de nombreuses années pour la gestion des collèges et lycées (logiciel BEA, SCONET ...), l'application base de données "Base Elèves 1er degré" contient des champs principaux saisis par les directeurs d'écoles qui ont l'obligation de renseigner une fiche de renseignement... pour chaque élève scolarisé du public et du privé... dès la première année de maternelle.

La saisie des renseignements s'effectue par Intranet sécurisé. Soulignons au passage que la sécurité du système n'était pas du tout fiable au début de sa mise en place [2]. En principe, chaque directeur a reçu une formation par son académie lui permettant de renseigner les fiches des élèves. A présent, celui-ci se voit remettre une "clé OTP" (mot de passe sécurisé jetable et valide durant la durée de la connexion).


Des champs obligatoires, facultatifs, visibles, non visibles...


Acte 1 : principaux champs obligatoires :

un identifiant unique de 18 chiffres réservé à l'EN dont la construction permet d'éviter une connexion éventuelle avec tout autre fichier informatique existant ou à venir [3], des renseignements obligatoires (nom, prénom, sexe, date et lieu de naissance, adresse de résidence avec noms, prénoms et adresse des responsables légaux, type de rattachement avec l'enfant, attribution de l'autorité parentale).

Acte 2 : renseignements saisis uniquement par le directeur d'école :

situation familiale, email, téléphones, professions des parents, CSP, coordonnées des personnes à appeler en cas d'urgence, autorisation ou non de transmission de coordonnées aux associations parents, de la photo de l'élève, assurance de l'enfant, date d'inscription mairie et d'admission, obtention de dérogation, date de radiation de l'école, écoles précédemment fréquentées, cycle, niveau, classe, langues apprises de l'année passée et en cours, absentéisme signalé, validation des piliers du socle de compétences et acquisitions de compétences diverses, projet personnalisé de réussite éducative, activité périscolaire, maintien ou passage à l'issu du cycle...

Acte 3 : renseignements que le directeur ne peut saisir qu'avec l'accord des parents d'élèves :

Besoins éducatifs particuliers dont projet d'accueil personnalisé, service d'aide pédagogique à domicile, modalités de scolarisation, matériel adapté, projet personnalisé de scolarisation, réseau d'aide pour enfants en difficulté et type d'enseignement...

Sous la pression médiatique, au fil du temps, certains champs à renseigner sont devenus facultatifs alors qu'ils étaient obligatoires, d'autres, devenus invisibles au fil des consultations.


Inquiétude chronique et polémique récurrente autour du dispositif


Depuis début 2008, l'Isère est l'un des départements les plus mobilisés contre Base Elèves. Le CIRBE, Collectif Isérois pour le Retrait de Base Élèves qui dispose d'un blog très actif sur le sujet, entend mener de nombreuses actions sur le terrain en tentant d'informer les parents d'élèves et autres responsables locaux sur la dangerosité légitime et supposée du dispositif. Kit complet "Non à Base Elèves", réunions programmées, tracts, documents, lettres types, formulaires, comptes-rendus... permettent au collectif d'informer les parents d'élèves sur le terrain de l'Education nationale.

Selon l'une de ses responsables, rencontrée au cours d'une réunion d'information du CIRBE ce samedi 2 mai 2008, le collectif touche près de 406 écoles sur les 1013 du premier degré que compte le département de l'Isère. A peine une vingtaine de personnes sont venues écouter l'oratrice : le sujet peine à mobiliser. A ses côtés, une représentante d'une association de parents d'élèves d'une école et un seul élu à s'être déplacé tôt ce samedi matin pour écouter et échanger avec le public : Philippe de Longevialle, nouvel Adjoint à l'urbanisme de la ville de Grenoble.

De son côté, le Conseil municipal de Grenoble a manifesté son opposition à la mise en œuvre du dispositif le 25 juin 2007, réaffirmée le 4 avril 2008 par l'émission d'un vœu réclamant tout simplement l’abandon du fichier Base Elèves.

Au passage, notons simplement que la note de l'Inspecteur d'académie de l'Isère (IA) stipule que "les mairies en charge de l'inscription des élèves ont accès aux seuls renseignements d'état civil, de la classe fréquentée, des activités périscolaires et des informations relatives à l'existence d'une assurance ou à la possession d'attestations (...) Aucune information relative à l'absentéisme n'est communicable via ce fichier à la mairie (...) Le Recteur et le Ministre n'ont accès qu'aux données statistiques donc anonymes (...) Aucune connexion entre académies n'est possible (...) Ce fichier n'est partageable avec aucune autre administration (...) Il n'existe donc pas de fichier national de Base Elèves".

En d'autres termes, une bonne partie de ces informations sont déjà connues de la mairie (la mairie gère les dossiers d'inscription des élèves avec ces champs principaux, le directeur d'école procède à la répartition des classes et fait des pointages réguliers avec la mairie au moment des inscriptions).

L'IA ajoute "Aucun suivi psychologique, aucune information médicale ne sont renseignés dans le fichier (...) Aucune information concernant la nationalité de l'élève n'est saisie dans ce logiciel".

Par ailleurs, selon un avis de la CNIL du 22 juin 2007 (3 jours avant l'avis du Conseil municipal), "les parents ne peuvent s'opposer à ce dispositif concernant leur enfant, l'inscription scolaire étant obligatoire". Bien entendu, un parent peut demander à vérifier les infos contenues dans Base Elèves concernant son enfant... et le droit de rectifier celles-ci au besoin (loi du 6 janvier 1978), mais comme chacun le sait...personne ou presque n'utilise ce droit.


Le CIRBE tente d'alerter l'opinion... à sa manière...


Quand on s'amuse à comparer la liste des champs de la base de données Base Elèves signalés par l'IA avec ceux mentionnés dans le kit complet "Anti Base Elève" fourni par le CIRBE, on reste perplexe et surpris par la différence des annonces.

Premier exemple : l'IA mentionne l'existence du champ "Assurance" (case à cocher, oui ou non). Le CIRBE parle de champs "Compagnie" et "N° de police d'assurance".

Deuxième exemple : le CIRBE signale l'existence de champs de type "Maîtrise des techniques usuelles de l'information et de communication", "Possession d'une culture humaniste", "Autonomie et l'esprit d'initiative" mais également "Lieu de travail : dénomination et coordonnées" des parents, "Poste" occupé... etc.

...informations nullement clairement mentionnées dans le document de l'IA. Il semblerait que le CIRBE extrapole certains champs afin de dramatiser et d'assombrir la situation auprès des parents d'élèves : à moins que ce soit l'IA qui n'est pas tout dit...


Quelle société voulons-nous pour nos enfants ?


L'Education nationale cherche à communiquer en justifiant l'intérêt du dispositif et en minimisant l'impact soulevé par des opposants de plus en plus nombreux à dénoncer le manque d'information au préalable auprès du public concerné.

Ces derniers dénoncent un système qui est une formidable atteinte à la vie privé. Un dispositif pernicieux lié aux rapports d'expertise collective de l'INSERM en 2005 intitulé "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent" et Bénisti en 2004 sur la "Prévention de la délinquance".

"Une base de données élèves contenant la fiche d'un enfant qui ne donne pas, ni de procure sa vie" ajoute un parent d'élèves lors de la réunion d'information. Les parents témoignent en faisant part de leur angoisse liée à la notion de partage nominatif, à la diffusion possible de données sensibles ou médicales, à une éventuelle portabilité des informations saisies dans Base Elèves d'une administration à une autre.

Philippe de Longevialle exprime son désarroi "Ce fichier pose un problème de société (...) Pour l'instant à Grenoble , il y a une prise de conscience mais il faut que le débat remonte au niveau national (...) Dans tout ça, ce qui est gênant, c'est la confusion des objectifs (...) On ne sait pour l'instant ni trop comment, ni trop pourquoi cela peut t'il servir à l'Etat en dehors des statistiques".

A contrario, d'autres parents s'étonnent du positionnement alarmiste des intervenants et dénoncent l'attitude du CIRBE qui, selon eux, n'expose aucune contre-proposition constructive au dispositif obligatoire en cours de généralisation.

Parmi eux, certains signalent que chacun est fiché depuis bien longtemps dans notre société, que la plupart des données à saisir dans Base Elèves sont déjà inscrites sur d'autres fichiers appartenant à des entités commerciales ou administratives. D'autres estiment que Base Elèves est le moyen d'harmoniser et de mieux contrôler une grande partie de ces données dispersées dans plusieurs fichiers structurellement hétérogènes... et qu'il faut vivre avec son temps.

A Grenoble, malgré un certain silence qui l'entoure, le dossier reste éminemment sensible... en toute circonstance.

Notes

[1] bien tardivement

[2] révélation du Canard Enchaîné du 27/06/07

[3] selon l'IA


07

04

2008

TER Grenoble - Lyon : un confort supérieur au TGV Lyon - Paris

ter grenoble lyon Je n'ai pas pour habitude de prendre régulièrement le train dans mes déplacements extra-muros.

Pourtant, j'ai de plus en plus tendance à privilégier ce moyen de transport, quitte à effectuer plusieurs correspondances intermodales sur plusieurs centaines de kilomètres d'une région à une autre, au détriment de mon véhicule personnel.

A Grenoble, tout le monde rêve d'une ligne TGV directe entre Grenoble et Paris. Un rêve récemment évoqué à maintes reprises et inscrit à l'ordre du jour dans le programme de certains candidats en lice lors des dernières élections municipales 2008 à Grenoble.


Une ligne TER Grenoble - Lyon sans confort apparent...


Sortie du rêve, revenons sur terre.

Tout le monde ou presque s'accorde à dire que la ligne TER entre Grenoble et Lyon n'est pas la plus idéale en matière de transport. Une ligne vieillotte, qui désert habituellement les petites gares du département et qui prive souvent les voyageurs d'un trajet direct sans arrêt. Un TER qui parfois s'arrête à maintes reprises en plein milieu de la voie et qui repart quelques minutes après sans explication apparente aux usagers. Le confort du passager "client" laissent à désirer : le summum est sans aucun doute les nuisances sonores produites à l'intérieur du train entre le bruit des essieux, des rames et des moteurs lorsqu'on n'a pas l'opportunité de monter dans les derniers modèles de rames du TER. Notons par ailleurs que le prix du billet aller simple hors réduction est passé de 13 euros à 18 euros ces dernières années.

Grenoble - Lyon Perrache, 1h51.
Grenoble - Lyon Part Dieu, 1h16, avec l'opportunité de voyager en trajet direct.
En voiture par l'autoroute, le trajet entre Grenoble et Lyon est souvent plus confortable... et plus rapide.


...mais des rames plus confortables que celles du TGV Lyon - Paris


En tant que passager, Je n'ai jamais véritablement trouvé de confort apparent en seconde classe dans les rames du TGV Lyon - Paris. Le TGV "orange" n'en avaient pas. Celui à la couleur "bleu" en a un peu plus, notamment lorsqu'on a l'opportunité de monter dans l'un des derniers TGV "Duplex" récents.

Malgré tout, il est toujours aussi difficile de trouver le moyen de se détendre dans les rames du TGV entre Lyon et Paris. Le confort et la place accordée au passager en seconde classe restent limités. Prenons un simple exemple : bouger ses jambes devient une opération délicate lorsqu'un passager est assis à côté de soi et certains accoudoirs fixés au siège ne peuvent se relever. Tout ceci n'est pas aisé pour le voyageur embarqué pour un trajet d'environ deux heures.

A contrario, si on a la chance de monter dans un TER Grenoble - Lyon récemment mis en service par la SNCF ces quatre dernières années, la sensation change du tout au tout.

En me rendant à Lyon ces jours derniers, je suis monté dans l'une de ces rames [1]. Les Z 24500 (TER 2N) sont des automotrices électriques de nouvelle génération à deux niveaux, "duplex". J'ai vraiment été surpris par le grand confort de ces nouvelles rames.

Des allées espacées et colorées pour circuler agréablement à l'intérieur sans encombre d'une rame à une autre. Des sièges vraiment confortables. Un véritable espace pour allonger et détendre ses jambes entre les fauteuils. Des prises électriques à portée de main pour brancher son portable ou recharger son mobile durant le trajet. Des porte manteaux d'appoints pour accrocher ses vêtements. Une bonne aération et circulation de l'air au niveau des jambes et non au niveau des vitres. Une lumière non agressive par compartiment passager. De vrais reposes magazines et non des filets comme dans le TGV . Des tablettes bien étudiées pour lire, déposer son matériel ou sa nourriture. Des accoudoirs non fixés. Des coins assis "à quatre" comme dans le TGV...

...et surtout, quelque chose qui m'a bluffé : aucune nuisance sonore apparente, un roulement du TER extrêmement silencieux au contact de la voie (impression de roulements à billes), aucun grincement d'essieux gênant, un bruit de moteur camouflé identique à celui des véhicules récents circulant sur la chaussée.


Un confort à "deux vitesses"


Pour des questions économiques et stratégiques, il est vrai que beaucoup de gens ont l'impression que la SNCF a tendance à trop miser sur le TGV (ou le futur AGV) au détriment des trains circulant sur des petites et moyennes lignes.

Quand on achète son billet de TGV, on à l'opportunité de choisir le type de rame dans laquelle on souhaite monter (simple, duplex, couchette, avec récemment l'arrivée du wifi et de rames "discothèque" sur des longs trajets de nuit...etc.). Mais lorsqu'on prend un ticket-billet TER, il est rare de pouvoir connaître à l'avance le genre de rame que l'on va prendre pour voyager.

Ceci est d'autant plus dommageable que certaines lignes TER offrent désormais un confort supérieur à celui des TGV accessibles dans notre région. Quoi qu'il en soit, mieux vaut tomber sur une rame de Transport Express Régional récente sous peine de crispation, de fatigue et d'énervement.

Notes

[1] en photo, l'intérieur d'un compartiment


03

12

2007

Grenoble Municipales 2008 : deuxième débat participatif de campagne de Michel Destot

debat participatif destot Lundi 26 novembre 2007, je décide de me rendre à la Maison du Tourisme de Grenoble pour suivre le second des six débats participatifs prévus durant la première phase de campagne de Michel Destot, actuel député-maire de la ville et de nouveau candidat aux municipales de 2008 à Grenoble.

Plutôt fatigué, les traits tirés, probablement en raison de ses engagements au quotidien, Michel Destot entre dans une salle pleine prête à débattre sur le thème "Ville à vivre, embellissement et rénovation du centre ville et des quartiers".

En introduction, une présentation du clip de campagne du maire est proposée au public.


Un débat participatif parfaitement cadré


En début de séance, un journaliste animateur prend la parole et explique le principe de fonctionnement du débat participatif. Il signale que chacun à la possibilité de s'exprimer en prenant le micro mobile pour intervenir sur un sujet prédéfini entrant dans le cadre du déroulement de la soirée.

Sur le moment, je suis surpris par la démarche. La personne assise près de moi l'est également. Le public présent n'est pas autorisé à poser directement ou indirectement des questions au maire de Grenoble. Seules les interventions, remarques, situations vécues ou suggestions... sont admises.

Durant la soirée, après une courte intervention en introduction, Michel Destot reste à l'écart, ne participe pas oralement au débat, écoute attentivement les participants et prend note des remarques du public avec assiduité. L'animateur est chargé d'introduire et de présenter les premiers intervenants choisis au préalable afin de lancer le "débat" et inciter dans un second temps le public à "débattre".

Un débat "participatif" essentiellement destiné à recueillir les remarques des habitants, à faire intervenir des spécialistes et professionnels sur le sujet évoqué, permettant de préparer une argumentation et une partie du programme municipal du candidat. En fin de séance, le maire de Grenoble prend la parole, conclut le débat en s'appuyant sur les principales remarques et suggestions des habitants. Fin des "échanges".


Quelques remarques et suggestions soulevées par le public


L'un des premiers intervenants s'exprime sur le quartier Mistral. "Il faut absolument faire rentrer de l'économie et du commerce dans le cadre de votre projet de rénovation du quartier Mistral, déjà, il est difficile d'y rentrer, alors pour en ressortir...". Autre remarque associée : "Il ne suffit pas de raser un quartier pour en refaire un, ça c'est facile, il faut s'attaquer à des quartiers existants et mettre le paquet et ça, c'est moins facile à faire".

Une autre personne suggère de rénover la place Saint-Bruno en proposant de la rendre partiellement piétonne et fait remarquer dans la foulée les difficultés de circulation et de stationnement ai sein du quartier animé. Un architecte met l'accent sur la beauté de la ville : "Grenoble à la singularité de ne pas avoir un patrimoine monumental (...) il y a un endroit magique sur lequel il faudra porter une attention particulière, ce sont les berges naturelles de l'Isère, l'une des composantes importantes de l'extension du centre-ville".

Une retraitée témoigne de son étonnement en matière de transport public et pose néanmoins une question : "Quand on va au quartier Vigny Musset, on prend par exemple le tram pour s'y rendre, mais après, on fait comment pour rentrer chez soi lorsqu'on quitter le quartier et qu'il n'y a plus de liaison dans les transports après 20h30 ?".

Un habitant du quartier "rive droite" signale que depuis une dizaine d'années, rien n'a été fait dans le quartier Saint Laurent et sur l'Esplanade. "Je suis absolument catastrophé et persuadé que tant que le problème de la circulation ne sera pas réglé, on ne pourra rien faire (...) Rue Saint Laurent, on a fait depuis 40 ans une réhabilitation des logements, mais sans qu'il y ait un seul garage de plus, et une seule possibilité de stationnement, sans qu'il y ait de bâtiments publics, poste, annexe de la mairie... et la rue SaintLaurent est une rue morte".

Un autre intervenant signale que "Grenoble s'est bien réveillée (...) Je vais être franc, je ne suis pas socialiste (...) mais je me souviens lors de votre premier mandat Monsieur Destot que rien ne bougeait et qu'un jour j'irai bien à la Bastille comme l'avais fait à l'époque les ouvriers d'Alsthom, mettre un grand panneau "Dormez Grenoblois, dormez braves gens, Michel veille sur vous ! (...) et puis le deuxième mandat est arrivé et on a enfin vu arriver des grues un peu partout à Grenoble".

Poursuivant son résonnement, cette personne amène l'enthousiasme et les applaudissements du public en déclarant "Très franchement, dans une ville entourée de montagne, quand on arrive à Grenoble, il n'y a pas de lumière sur les immeubles, la porte de France, la Mairie et les principaux bâtiments de la ville (...) Monsieur le maire, je pose quand même la question, il y a t'il un ingénieur lumière pour la ville de Grenoble ?".


Le maire entend répondre à certaines préoccupations légitimes


En fin de soirée, Michel Destot se lève, conclut et tente de répondre à certaines préoccupations. "Le 1er mandat, on aurait rien fait ? (...) Mais on n'a pas pu faire tout ce qu'on voulait ! (...) On a du s'occuper des comptes, des dossiers, des projets (...) il fallait incarner la rupture avec l'ancien maire (...) Le second mandat, c'est l'impulsion (...) L'une de nos priorités, c'est l'attractivité des entreprises et la rénovation".

Ce débat "participatif" montre que les Grenoblois ont évolué dans leur vision et le rapport qu'il entretiennent avec leur ville. En amenant leurs contributions, ils ne cherchent plus exclusivement à préserver, défendre ou "cultiver leur jardin". Ils font part d'une réflexion plus large, plus ouverte et sont davantage préoccupés par les liaisons "intermodales" et "interquartiers" qu'ils traversent chaque jour.

Il est dommageable que le maire de Grenoble n'ai pas choisi de répondre directement aux questions, remarques ou préocupations des habitants. Ces derniers n'attendent pas forcément d'entrer dans le cadre aseptisé d'un échange quasi unidirectionnel avec le premier magistrat de la ville. En politique, ils sont davantage surpris, étonnés ou séduits par le jeu de la confrontation et de l'intéraction bidirectionnelle.


28

11

2007

Adoption en séance du Projet de Rocade Nord par le Conseil Général de l’Isère

rocade nord cg38 Ils étaient quelques dizaines à braver le froid devant le Conseil Général de l’Isère en attendant le démarrage de la séance publique crutiale et tant attendue du 9 novembre 2007.

Dans leurs mains, des tracts vilipendant le projet de Rocade Nord. Devant eux, des banderoles prenant à parti les Conseillers généraux.

"Conseillers, vous avez le choix entre la honte et le conflit (...) Si vous votez pour, vous aurez la honte et le conflit".

Lorsque les portes de l’hémicycle s'ouvrent, ils se serrent sur les bancs des spectateurs. Et la séance démarre par une présentation de Marc Baïetto du "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie". Celui-ci comprend, outre la Rocade Nord, un volet transports en communs et le projet de réaménagement du polygone scientifique, dit projet "Giant" (Grenoble Isère Alpes Nano-Technologies).


L'opposition intervient, la séance est mouvementée


L’opposition intervient alors. Les discours sont préparés et lus avec application. Il est fait remarquer que le projet de Rocade Nord a évolué depuis la consultation de l’été : l’extension prévue de la ligne de tram vers Meylan et le projet Giant entraînant des modifications dans le tracé.

De plus, le financement du projet reste flou et laisse craindre une augmentation à court terme de la fiscalité des ménages. L’opposition affirme que l’on ne peut discuter du projet en occultant le volet financier.

C’est au tour des Verts de prendre la parole et d'enchaîner sur le coût du pétrole qui ira en augmentant, nécessitant la recherche de solutions alternatives et le développement massif des transports en commun. Et d’enchérir sur le coût du projet encore méconnu à ce jour, les études n'étant pas assez avancées. A cet instant, le public applaudit.


Les partisants du projet rappellent la necessité de la Rocade Nord


Puis interviennent les partisans du projet [1], qui saluent l'ambition du projet Giant et rappellent la necessité de la Rocade Nord, plébiscitée à l'occasion de la consultation lancée par le CG38. La Rocade est présentée comme un élément indispensable pour l'aménagement en "marguerite" des transports automobiles et il est rappelé l'explosion de la péri urbanisation qui encourage l'usage de l'automobile pour les trajets domicile-travail.

Des Conseillers généraux en profitent pour "prêcher pour leur paroisse" et rappeler notamment que la Rocade Nord ne doit pas faire oublier la Rocade Sud ou le reste du département de l'Isère. Le public s'agite, siffle ou prend à parti certains intervenants.

André Vallini, en chef d'orchestre, distribue la parole aux uns et aux autres, sans répondre à leurs altercations. Si débat il y a, ce n'est pas devant nos yeux qu'il se déroule car on assiste plus à un enchaînement de déclamations qu'à un véritable échange. Les décisions ont déjà été prises comme l'atteste le résultat du vote.

Le "Plan métropolitain pour les déplacements au service du développement économique et de la qualité de la vie" est adopté à une quasi unanimité, bien qu'il n'y ait pour toute réponse aux questions sur les évolutions et le financement du projet "nous ne sommes pas encore assez avancés dans les études, l'avant projet sommaire nous le dira".

Finallement, on peut s'intérroger et se demander si les Conseillers généraux n'auraient pas signé... un chèque en blanc.

Notes

[1] ...et toujours, le sondage GreBlog en cours sur le sujet ici


15

09

2007

En direct du Forum MC2 Libération. Troisième journée

fabius finkielkraut Ce matin, je décide d’aller écouter un ténor de la politique et un philosophe de renom.

La journéeLe public rempli la salle de l’auditorium.

Beaucoup de monde à l’entrée, la salle est pleine. Le service sécurité est renforcé. Il est à son maximum.

Les journalistes, libres de circuler, reçoivent quelques indications. Le premier rang est réservé aux personnalités.

Les intervenants entrent sur scène sous l’applaudissement du public.


Laurent Fabius – Alain Finkielkraut « La reconstruction de la gauche ? »



Alain Finkielkraut est le premier à prendre la parole en faisant un focus sur les révolutions de mai 68 et du printemps de Prague pour démontrer à sa manière l’état actuel de la gauche. « Nous avons assisté progressivement à une déconstruction de la gauche (…) Elle doit s’interroger sur la valeur profonde de l’égalité (…) Il faut changer de paradigme, sauver le monde et non pas le changer (…) Les enfants ne sont pas dressés à aimer le monde, mais à aimer les images du monde (…) Le monde est délaissé au profit des écrans (…) On joue avec les images du monde au lieu de le regarder, ce qui pose le problème de la perception écologique ».

Laurent Fabius prend la parole. « Pour sauver le monde –physiquement-, il faut le changer (…) Je préfère le terme de reconstruction de la gauche au terme renouvellement (…) Il est nécessaire de revendiquer nos valeurs qui sont bonnes (…) en revanche, ils nous faut adapter nos propositions (…) Contrairement à la droite, la principale valeur fondamentale de la gauche, c’est l’égalité. La seconde est la solidarité. La troisième est la laïcité (…) Lorsque nous aurons clarifié l’ensemble de nos valeurs, nous pourrons reconstruire la gauche ».

L’ancien premier ministre reste conforme à son image : celle d’un homme d’Etat de premier plan, plein d’humour, argumentant avec clarté, rigueur et pragmatisme. Un phrase attire toutefois l’attention du public « Nous avons perdu en 20007 car nous avons perdu le terrain des idées (…) La lisibilité est l’un des problèmes de la gauche (…) Aujourd’hui, le chemin est brouillé entre la gauche et le citoyen».

Alain Finkielkraut se distingue par de nombreuses démonstrations pertinentes qui finissent par rattraper l’analyse du sujet abordé. A son tour, il fustige les combats internes qui affaiblissent la gauche depuis deux décennies « Les intellectuels de gauche ne cessent d’opposer dominants et dominés (…) La gauche défend mal la sûreté et la notion de sécurité en raison de la critique de la domination, l’explication de tout fait par ses causes (…) A gauche, la critique de la domination est systématique et cela lui dessert (…) A gauche, la critique de l’élitisme ne doit pas se focaliser sur l’argent. Contrairement à la gauche, Nicolas Sarkozy a su installer la volonté et réconcilier les français avec la politique en commençant par rassembler dans son camp, ce que la gauche n’a pas su faire (…) La gauche ne veut entendre parler, hélas, que de la critique de la domination».


Rachida Dati – André Vallini « La justice est-elle juste ? »


dati valliniNous y sommes. Le débat le plus attendu du Forum Libération entre Rachida Dati et André Vallini va commencer. Le public est bien là.

Rachida Dati est la première à s’exprimer. Un style détonnant, une expression tonique, une sûreté à toute épreuve dans ses propos. En introduction, elle commence par évoquer les prochaines actions du gouvernement en matière de justice et rappelle son profond attachement à la lutte contre la discrimination.

A son tour, André Vallini dresse le portrait de la justice française « Je souhaiterai une accessibilité de la justice, une justice plus rapide, un toilettage des mots techniques employés qui font que le citoyen n’a plus confiance en elle (…) la justice donne l’impression qu’elle ne doit rendre des comptes à personne (…) Il faut que les justiciables puissent avoir un accès direct au Conseil de la Magistrature (…) Avec l’affaire D, les français se sont rendus compte que la justice pénale pouvait un jour les concerner en rappelant à tous l’importance de la présomption d’innocence.

Le président du Conseil général de l’Isère rappelle également que 20% des courtes peines ne sont jamais exécutées. Il s’attache à donner de nombreux conseils à Rachida Dati sur le fonctionnement de la justice « Vous plaisez à l’opinion, vous avez la chance d’être ministre de la justice, sachez que d’autres aimeraient être à votre place ».

Le duel est lancé. Le débat devient technique. Moyens de la justice et nécessité d’accroître les sanctions. Compréhension du mineur face à la compréhension et à l’exécution de sa peine. Rapidement, la discussion devient politique, notamment concernant les mineurs récidivistes. Les oppositions s’affirment.

André Vallini évoque l’augmentation des violences physiques et Rachida Dati rappelle l’ensemble des moyens mis en place par le gouvernement actuel. Il affirme « La justice n’a pas les moyens d’appliquer les textes, alors pourquoi vouloir faire une loi à chaque fois qu’un fait divers marquant survient auprès de l’opinion publique ? ». Elle réagit « Ce n’est pas le manque de moyen, c’est la révélation d’un vide juridique qui nous amène à vouloir légiférer dans le cadre de récidive de viol lorsque rien n’est prévu à la sortie de prison pour un violeur dont on sait qu’il risque de récidiver ».

Les sujets évoqués et lancés par André Vallini font l’objet d’un applaudissement constant du public. L’indépendance de la justice, la dépénalisation des affaires, le fichage par ADN. La ministre a réponse à tout : chiffres, signalement de faits et exemples d’affaires à l’appui. Le professionnalisme et l’engagement des intervenants entraînent le public et la qualité des échanges est au rendez-vous. Les sujets évoqués restent sensibles. Chacun prend ses précautions dans ce duel entre personnalités au caractère fort.


Nicolas Baverez – Arnaud Montebourg « Qu’est-ce que le sarkozisme économique »


baverez montebourg Un débat qui s’annonce intéressant et passionnant entre deux avocats.

En introduction, Nicolas Baverez réussit en une dizaine de minutes à donner les principales clés de la politique économique du gouvernement Sarkozy. Sur le fond, les principales mesures économiques sont évoquées. Il dresse un portrait sur l’état actuel de l’économie du pays.

« Nicolas Sarkozy est plutôt libéral, mais certainement pas un ultra-libéral (…) Le modèle que nous avons est le plus anti-social qui soit. Pourquoi notre croissance ne décolle pas ? (…) Sur 100 euros qui circulent, 54 est de fond public (…) Depuis 10 ans, nous vivons sur la consommation alimentée par une dette publique qui enfle »

Arnaud Montebourg exprime son étonnement et préfère évoquer la forme. « La priorité de Nicolas Sarkozy finalement, c’est de plaire. Il reste pour moi un objet non identifié (…) L’ambivalence de son discours vogue entre le souverainisme et libéralisme (…) Durant la campagne présidentielle, il a réussi à faire la gauche et la droite en même temps. En réalité, nous nous sommes trompés. Au départ, nous avons pensé qu’il donnerait une image ultra-libérale. Il s’agit d’une part de malentendu et d’analyse au sein de la gauche ».


- page 1 de 2